Marcelle Dumont a lu "La posologie des sentiments" de Michel Beuvens
J’ai lu La posologie des sentiments
Michel Beuvens m’a d’emblée intéressée. Son côté artisan, patient, obstiné est admirable. Il me l’a confié en toute simplicité, à l’époque où il planchait sur la maquette texte de son roman La posologie des sentiments. « Ce n’est pas facile… mais on a la satisfaction que le faire soi-même. J’ai mis 18 ans pour restaurer une voiture à vapeur : c’est le même genre de satisfaction quand on arrive au bout ».
J’ai donc lu son roman avec un intérêt soutenu. Que voilà un beau titre qui intrigue et qui va si bien au côté mesuré de l’auteur. Il décrit ici avec justesse, entre humour et mélancolie, l’univers étriqué des administrations, ainsi que le machisme feutré de deux fonctionnaires. Lesquels combattent leur impuissance à aimer les femmes pour ce qu’elles sont : des êtres humains à part entière, avec leurs drames, leurs sentiments, leurs grandeurs et leurs faiblesses, en passant leur temps à les réduire à des machines à susciter les fantasmes.
Humour encore avec les incises que sont les lettres envoyées par plusieurs femmes à une agence matrimoniale, ce miroir aux alouettes qu’Internet remplace aujourd’hui avec plus ou moins de bonheur.
Toutefois la découverte de Lucien, son protagoniste, qu’il ne faut pas se fier aux apparences et savoir découvrir l’or véritable de chaque personne me laisse sur ma faim. Preuve que Lucien est attachant, puisque je me suis prise d’intérêt pour lui et que j’aimerais trouver le moyen de mieux combler sa solitude. Est-ce un moine, Lucien ? Il a un petit côté janséniste qui me surprend. Mais peut-être que Michel Beuvens donnera une suite à La posologie des sentiments.
Marcelle Dumont
A paraître "Nuageux à couvert"