Rayan Zowsky nous propose une nouvelle "Purple Dance"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Purple Dance

 

Je suis assis au comptoir du Réverbère. Nous sommes dimanche soir. Et je n’ai pas trop le moral.

Il y a deux semaines de cela, Maman était partie rejoindre Papa. A présent, mes parents ne sont plus sur cette Terre. Bon Dieu ! Comme ça fait mal…

Je me souviens encore, c’était un soir de 1984. J’avais alors 10 ans.

Papa, Maman et moi mangions tranquillement. Personne ne prononçait un mot. Il faut dire aussi que Papa et Maman s’étaient disputé quelques minutes avant. J’avoue, je n’étais pas du tout à l’aise. J’avais tellement envie qu’ils se réconcilient. Mais je n’étais qu’un gosse, je n’osais pas intervenir.

Papa se leva et alluma la radio. Je me sentais légèrement mieux, ce silence commençait vraiment à me peser...

Michael Jackson avait terminé de chanter. Dommage, c’était « Beat It ». J’adorais cette chanson. L’animateur annonça alors un nouveau morceau, un inédit… « Purple Rain » d’un certain Prince. Dès les premières notes, je commençais déjà à accrocher. Quelle claque ! Quelle musique !

La chanson continuait… quand commença le fameux solo guitare. J’avais vraiment l’impression que des petits ours me déposaient des bisous sur mes oreilles.

C’est alors que Papa se releva. Il avait fait un de ces bonds ! J’avais très peur. Qu’allait-il se passer ? Pourvu que…

Papa s’approcha de la radio… et monta le son. Il s’approcha ensuite de Maman… et l’invita à danser. J’étais sur les fesses, Papa avait toujours eu horreur de ça. Mais apparemment, il en avait assez d’être fâché avec Maman.

Maman le regarda… elle lui sourit et lui prit la main. Tous deux dansèrent un slow. Je ne le savais pas encore, mais j’étais en train de vivre le plus bel instant de mon enfance. C’était beau. C’était grand. C’était immense. C’était l’amour…

Je reviens en 2025. Je ne peux pas m’empêcher de regarder le ciel à travers la grande vitre…

Soudain, une autre chanson commence à se faire entendre. Une chanson que je ne connais que trop bien… Je m’apprête à quitter le café, l’émotion sera trop éprouvante… quand un homme se lève de sa chaise. Il a fait un de ces bonds ! Il tend la main à une dame… celle-ci lui sourit et lui prend la main. Tous les deux s’installent au milieu de la salle… et commence à danser un slow.

C’est dingue… la noirceur disparaît, je me surprends même à sourire.

Comme ils sont beaux…

 

 

Rayan Zowski

 

Publié dans Textes

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E
C'est très beau, et dans la ligne "il n'y a pas de hasard...". Quel joli signe, non?
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P
Un émouvant et bel instant !
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M
Quelle jolie évocation ! Comme la musique parvient à ancrer en chacun de merveilleux souvenirs !
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P
Merci pour ce texte empreint de nostalgie.
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A
Avec Rayan, c'est vrai que la vie est belle... et quand elle ne l'est pas, elle le devient ! 🌻
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