Rayan Zowski nous propose une nouvelle : "Joyeux Noël"

Publié le par christine brunet /aloys

Joyeux Noël

 

Je marchais seul dans la ville.

 

Mamie m’avait invité à passer le réveillon chez elle. On peut dire qu’elle avait bien insisté. En effet, Mamie n’aime pas que je reste tout seul dans mon studio. Alors la nuit de Noël… Je ne voulais pas y aller car l’oncle Henry serait là.

Je n’aime pas beaucoup mon oncle. A chaque fois qu’il me voit, il me fait toujours la remarque que je n’ai pas de copine. Il ne me rate jamais. Je crois même qu’il y prend du plaisir. En fait, je dois me l’avouer, je déteste l’oncle Henry. Je ne peux pas le sentir. Il est tellement méchant...

Si j’étais sorti, c’était dans le seul et unique but de souhaiter un joyeux Noël à Mamie. Je savais que cela allait lui faire plaisir. Après tout ce qu’elle avait fait pour moi… Je m’en veux vraiment qu’elle se tracasse fort pour moi, c’est comme ça depuis mon enfance. Disons que j’ai toujours été différent. Pour faire très simple, on me prend souvent pour une personne autiste. Je ne le suis pas. Mais il est vrai que je suis quelqu’un de très réservé, ce qui ne m’aide pas du tout.

Je commençai à avoir froid. Pour pouvoir me rendre chez Mamie, je devais passer par le quartier chaud. J’avais horreur de ce coin. Disons que je ne suis pas trop à l’aise avec les choses qui se trament là-bas. Mais comme je commençai vraiment à me les geler...

J’étais arrivé dans la toute dernière rue. J’avais réussi, et ce sans croiser personne. J’étais vraiment soulagé… quand je la vis.

Elle devait avoir mon âge. Je crus que c’était elle. Mais non, c’était impossible. Elle était partie loin, très loin...

Je décidais d’aller à sa rencontre.

- Bonsoir.

 

Je vis qu’elle était embarrassée. Elle ne me regardait pas dans les yeux. Elle n’avait pas choisi. Comme aucune autre. Je ne sais pas alors ce qu’il me prit.

- Vous demandez… ?

 

Elle leva les yeux. Ils étaient verts. Comme l’émeraude. Ils brillaient dans la nuit.

- Je ne sais pas.

 

J’étais complètement perdu. Je ne savais absolument pas comment me comporter. C’est alors que j’eus le besoin de lui dire :

- Vous lui ressemblez.

 

Elle fût surprise.

- Comme vous lui ressemblez…

 

Elle avait compris.

- Je suis vraiment désolée.

- Vous n’avez pas à l’être. Ce n’est pas de votre faute.

 

On se regardait.

Soudain, on entendit quelque chose. C’était la cathédrale. Les douze coups de minuit sonnaient.

On continuait à se regarder.

- Puis-je vous embrasser ?

 

Ce fût plus fort que moi.

Contre toute attente, elle s’approcha alors de moi. Juste avant que ses lèvres ne touchent les miennes, elle me dit :

- Joyeux Noël...

 

Rayan Zowski

 

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P
Très joli conte ....
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E
Je trouve ce conte magnifique, j'ai adoré... tellement beau !
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A
Un petit conte de Noël qui finit comme il se doit, tout en douceur...
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M
Magnifique conte de Noël !
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C
Un conte de Noël comme on les aime.
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