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Carine-Laure Desguin nous propose une nouvelle en épisodes : Deux jours pour l’éternité - 3

Publié le par christine brunet /aloys

  

 

Encore très soucieux de la scène dont il vient d’être témoin, Franck Nussdorfer remonte vers la digue tout en ne pouvant chasser de sa vue l’image de ce disque géant d’un gris-bleu se mêlant si bien au bleu-vert des vagues et se glissant entre elles dans un silence quasi-mortifère. Une fois arrivé sur la digue, il jette encore un regard interrogatif vers la plage et là, suprême stupeur. Tous les coquillages se sont rassemblés de manière à former une figure géométrique, un cercle, un gigantesque cercle d’au moins cinquante mètres de diamètre. À l’intérieur de ce cercle, d’autres cercles parfaits, le tout conférant une structure visuelle impeccable, sans aucune fausse note. Les crops circles ne sont à ce jour visibles que dans les champs de maïs ou de blé, et de préférence en Angleterre. Et pas sur la plage d’une petite station balnéaire belge. Ça, Franck Nussdorfer le sait.

Eh bien, si Gillian voyait ça, elle s’écrierait « Ils sont là, ils arrivent, c’est un crop circle parfait annonçant la venue prochaine des extra-terrestres, je te l’ai toujours dit, Franck Nussdorfer ! »

Oh Franck, casse-toi d’ici au plus vite, ne reste pas le jouet d’un mauvais jeu vidéo ! Ce ne sont que des hologrammes, ceci n’est pas la réalité !

 

   La plage est encore déserte et à présent, il est presque midi. Le temps grisâtre et cet interminable crachin n’engagent pas à la promenade. Sur la digue, Franck croise des promeneurs. Aucun ne fait mine de descendre sur la plage et, vu le calme ambiant, aucun n’a encore remarqué qu’au loin, un crop circle formé de coquilles vivantes attend de communiquer d’une façon ou d’une autre.

   Franck Nussdorfer presse le pas, il a hâte de raconter sa mésaventure à Gillian. En longeant les maisons de la Kerkstraat, il constate avec étonnement que les travaux de voierie ont déjà presqu’atteint son immeuble. Et qu’à quelques mètres de là, juste en face de son garage, deux combis de flics sont stationnés.

   Dans l’ascenseur un voisin lui lance « Ah vous voilà enfin de retour, monsieur Nussdorfer, quel soulagement de vous revoir sain et sauf ! Et votre épouse qui justement ne … » Franck se contente de sourire béatement en opinant de la tête, il ne prend pas le temps d’écouter la fin de la phrase du voisin, il avance. Son cœur bat très fort, il craint pour Gillian. Il n’a même pas pris la peine de lui envoyer un SMS comme il le fait d’habitude lorsqu’il se balade sur la plage. Il s’énerve, il ne parvient pas à introduire la clé dans la serrure de la porte, sa main tremble trop fort. Il tambourine de toutes ses forces sur la porte. C’est un flic au visage perplexe qui lui ouvre.

  • Gillian, Gillian ! hurle-t-il en bousculant le flic.

   Gillian est assise sur le coin du divan, elle affiche un air abattu. Autour d’elle, des papiers éparpillés, des GSM, et tout un tas de photos. Les yeux de Gillian sont rougis, elle sanglote lorsqu’elle voit son mari : « Oh Franck, mais où étais-tu donc passé ? »

   Franck ne comprend plus rien. Il aperçoit un autre flic à l’autre bout de la pièce. Ces flics sont donc présents pour lui. Parce qu’il est allé comme chaque matin se dégourdir les jambes sur la plage et qu’il reviendrait avec une heure de retard ?

  • Gillian, explique-moi !
  • Mais Franck, c’est toi qui dois nous expliquer ! Tu es parti avant-hier et te revoilà seulement aujourd’hui! Je t’ai envoyé des centaines de messages et d’appels téléphoniques et pour toute réponse je n’avais que ta ridicule messagerie !
  • Gillian, je ne comprends vraiment pas, vraiment pas. Je suis parti comme d’habitude, tu dormais encore. Et puis me revoici, à peine deux heures plus tard !
  • Oh Franck, tu ne peux pas comprendre tout ce qu’il m’est passé par la tête. J’ai contacté tous les hôpitaux, et même les morgues. J’ai craint le pire, je te le répète, le pire. Surtout depuis les actualités surprenantes de ces dernières heures !

 

   Un des deux flics toussote afin de marquer sa présence et demande à Franck ce qu’il s’est réellement passé. Des recherches ont été effectuées à des kilomètres à la ronde et les appels téléphoniques, on ne les compte plus. Sur sa lancée, il s’excuse, il ne s’est pas présenté, « Inspecteur Jeff Cattrysse et voici mon collègue, l’inspecteur David Bartels. »

  • Monsieur Nussdorfer, où étiez-vous donc ces quarante-huit dernières heures?

   Franck s’assoit et tente de se ressaisir. Il ne comprend rien, l’ex-scientifique ne maîtrise pas du tout cette situation énigmatique. Aurait-il perdu connaissance à son propre insu ? Mais non, il s’en serait aperçu dès qu’il aurait repris ses esprits. Gillian essuie ses larmes, l’émotion reste vive. Les deux flics s’impatientent, ils attendent une explication.  

  • Prenez-vous des médicaments qui pourraient justifier cette « absence » ? demande Cattrysse tout en mimant au moyen de ses deux index les guillemets au moment où il articule le mot absence.
  • Non, les médicaments que j’utilise sont tout à fait inoffensifs et anodins, ils n’ont aucun effet secondaire.h
  • Écoutez, monsieur Nussdoffer, vous êtes chez vous et c’est très bien. Nous vous proposons une hospitalisation afin d’écarter tout souci de santé. Vous avez déjà été victime paraît-il d’une attaque cérébrale. Il serait dommage de zapper un problème médical important. Et ensuite, revenez au poste de police, il y aura des documents à remplir, poursuit Cattrysse sur un ton qui ne cache pas un certain énervement.
  • Je suis désolé de vous avoir causé autant de soucis, vraiment. Mais je cherche encore ce qu’il m’est arrivé, murmure Franck Nussdoffer tout en haussant les épaules afin de marquer son interrogation.
  • Vous n’auriez pas par hasard passé ces deux derniers jours chez une petite amie ? demande Cattrysse afin d’enfoncer le clou un maximum.
  • Nous allons vous laisser tous les deux, reprend Bartels, un peu gêné par la question acerbe de son collègue.

 

A suivre

Carine-Laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

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Carine-Laure Desguin nous propose une nouvelle en épisodes : Deux jours pour l’éternité - 2

Publié le par christine brunet /aloys

  

 

Franck marche d’un bon pas, il ne court jamais. Brad lui a déconseillé la course qui provoquerait trop de chocs au niveau des lombaires. De toute façon Franck n’a jamais été un sportif accompli et cette marche tonique et cadencée sur la plage déserte lui convient très bien. À cette heure matinale et surtout sous cette grisaille hivernale qui perdure, Franck ne croise personne. Lorsqu’il jette un regard circulaire vers la digue il ne repère que quelques badauds qui baladent leur clébard.

   Franck en mettrait sa main au feu, en frôlant de ses pieds les premiers grains de sable quelques instants auparavant, la mer aux couleurs bleu-vert était houleuse, les vagues se chevauchaient, s’entrechoquaient dans un boucan d’enfer. Et là, à ce moment précis, ce profond et long silence interpelle Franck. Les vagues se montrent violentes et agressives mais n’émettent aucun son, pas même le son d’un modeste clapotis. Franck secoue la tête et tapote sur ses tympans à l’aide de ses index. Un moment, il craint pour sa santé, n’est-il pas en train de se payer à nouveau un accident vasculaire ? Sa vue s’était brouillée lors de sa première atteinte et là justement, sa vue et son ouïe disjonctent, à coup sûr. Il n’en croit pas ses yeux. À une distance qu’il a difficile d’évaluer sans commettre d’erreur, il discerne un immense disque plat de couleur argentée, vierge sur ses parois de tout symbole ou écriture, s’introduire par une subtile glissade dans la mer, et puis en ressortir à une vitesse fulminante. Et ce sans même provoquer un seul « splash ». L’étrange engin métallique répète ce surprenant mouvement de va-et-vient une dizaine de fois, comme s’il prenait un élan pour une autre destination ou encore comme s’il avait l’intention qu’un ou l’autre promeneur le remarque. Franck Nussdorfer, cet ex-scientifique, note que les bancs de mouettes s’éloignent illico de cette zone improbable. Et toujours ce silence, lourd et intense, ce silence inquiétant.

   Tout à coup, l’incroyable instant suspendu se rompt. Un avion de la compagnie Lufthansa fend le ciel en direction de l’aéroport d’Ostende. La vie et ses bruits reprennent leur cours habituel.

   Franck Nussdorfer se dit qu’il a sans doute rêver, que tout cela n’est que le fruit de son imagination, peut-être même que son premier accident cérébral a court-circuité des neurones, ce qui ne serait pas un cas isolé. Il ne poursuit pas sa marche en direction d’Ostende, il fait demi-tour. Sa montre affiche 11:20.

Fichtre, déjà 11:20 ! Cette montre déconne ! Décidément, tout fout l’camp aujourd’hui !

   Il constate également que pendant tout ce temps il a effectué une distance très courte bien qu’ayant marché pendant un peu plus d’une heure. Cela l’intrigue. À son insu, les battements de son cœur s’accélèrent, toujours le stress de vivre un second accident cérébral. Par humour il éjecte d’office le mot deuxième, ce qui impliquerait l’annonce d’un troisième accident.

   La vue d’une multitude de coquillages éparpillés autour de lui sur le sable mouillé captive son attention. Il ne se souvient pas, quelques minutes auparavant, les avoir vu dispersés de cette façon entre toutes les méduses. Et la marée est toujours basse, la marée haute n’est pas pour tout de suite.  Enfant, il aimait ramasser ces coquillages rejetés par la mer, les compter un par un et puis les offrir à Méryl, sa petite sœur. Avec ses copines, Méryl commerçaient d’allure, dix coquillages contre une fleur en papier. Ces coquillages-ci sont tous entiers, bien plus grands que ceux de son enfance. Franck se penche et ramasse un bulot d’allure parfaite. Sa surface ne présente aucun éclat. Il reste très surpris lorsqu’il touche le coquillage. La coquille est lisse alors que les nervures sont visibles et la matière calcareuse devrait produire un aspect plus solide, moins souple. Or, ce bulot ne présente aucune rigidité. De sa vie Franck n’a tenu entre ses doigts un pareil coquillage. Malgré qu’il soit vidé de son mollusque, la coquille semble vivante. Oui, vivante. Sans hésiter, Franck en ramasse un autre, puis un troisième, et puis encore un autre. Tous révèlent une espèce de souplesse, comme s’ils étaient amputés d’une partie de leur calcaire ou autre matière. Et tous, oui, tous paraissent vivants et même semble avoir la volonté de communiquer. L’ex-scientifique ressent des vibrations au niveau de son thorax à chaque fois qu’il touche un de ces coquillages. Tout cela l’interpelle, il reste perplexe.

   Il n’y a eu aucune tempête, c’est vraiment étrange autant de coquillages en ce laps de temps. Des lavagnons, des couteaux, et tous ces bulots intacts, des plombes que je n’en avais vu d’aussi beaux, et intacts de surcroît. Mais ces coquilles sont d’une souplesse, jamais vu ça. Et il ne leur manque que la parole. Ces vibrations ressenties lorsque je touche cette matière organique, ces vibrations pénètrent mon esprit et me soufflent quelque chose comme « Nous débarquons mon pote, nous débarquons. » Je rêve ou quoi ? Franck, te casse pas la tête, laisse-toi vivre, enfin. Et rentre illico auprès de Gillian, le pilier de ton existence depuis, depuis ….. tellement d’années !

Publié dans Nouvelle

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Et si vous participiez aux concours organisés sur notre blog ?

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans ANNONCES

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Carine-Laure Desguin nous propose une nouvelle en épisodes : Deux jours pour l’éternité - 1

Publié le par christine brunet /aloys

 

Deux jours pour l’éternité

 

   Comme chaque matin, depuis l’accident vasculaire dont il a été victime voici un an, Franck Nussdorfer enfile pantalon, veste de sport et chausse ses nouveaux sneakers. Gillian, sa compagne, n’est pas encore éveillée. Franck traverse la cité balnéaire à son rythme et se dirige vers la digue. Face à la mer, pendant une dizaine de minutes et quel que soit le temps, le sexagénaire pratique les exercices physiques conseillés par Brad, son kiné. « Et n’oublie pas les inspirations et les expirations lentes et profondes bien coordonnées lors de chaque mouvement, n’est-ce pas, champion ! », avait lancé Brad. Franck est de plus en plus rassuré et redevient très enthousiaste, chaque jour il progresse. Il retrouve même, d’après Gillian, sa souplesse d’antan. Certaines semaines, il est performant, il se surpasse. « Les prochains jeux olympiques sont dans la poche ! », aime plaisanter Gillian afin de soutenir au mieux son courageux compagnon. La forme revient et pas seulement au niveau de la mobilité de ses membres. La mémoire se montre excellente comme lorsqu’il avait vingt ans et qu’il avalait sans rechigner, lors de ses études universitaires, des centaines de pages rébarbatives noircies de formules barbares liées aux mathématiques ou à la physique, de quoi se perdre dans un espace-temps improbable ou dans les méandres d’un multivers.

   Tout en descendant la volée de marches en pierre bleue qui le conduisent vers la plage, Franck respire à pleins poumons des goulées de cet air iodé qui le revigore au maximum et renouvelle chacune de ses cellules. Il bénit presque cet accroc de santé qui lui a permis de décrocher d’une façon prématurée de ce boulot énergivore et qui au fil du temps lui pesait si lourd sur les épaules. Toutes ces expériences scientifiques et ces équations à n’en plus finir commençaient à le fatiguer. D’autant plus que ses travaux bousculaient les esprits trop scientistes et que cet innovateur ne pouvait même pas les diffuser via les revues dites scientifiques. Des bulles quantiques à la téléportation en passant par les forces de l’antigravitation, Franck Nussdorfer avait décidé de replier son espace-temps professionnel. Le spécialiste en charge de lui expliquer tout le protocole de sa maladie ne le lui avait pas caché, « Votre accident cérébral, vous le devez à une surcharge de travail, une espèce de trop plein pour votre corps, ça j’en suis certain mon cher ami ». « La belle affaire » se dit à présent Franck en admirant le spectacle des vagues violentes et si belles, me voici tout jeune retraité et au diable la physique quantique, les vibrations, l’étude du temps et tutti quanti. La seule question de ma journée c’est, Une fois sur la plage, est-ce que je vais à gauche vers Dunkerque ou à droite vers Ostende ? Pure ironie pense-t-il puisque Dunkerque est à une quarantaine de kilomètres. Franck bifurque vers la droite. Il jette un coup d’œil furtif vers sa montre, celle-ci affiche 10:10. Le temps est gris et un petit crachin bien gras salit les verres de ses lunettes. Tout cela ne le dérange en rien, il apprécie à cent pour cent ces riches instants face à lui-même.

C’est marée basse. Les méduses envahissent la plage. Leur apparition en masse ne correspond plus à grand-chose. Encore une constatation inexplicable à mettre sur le dos du réchauffement climatique. Il a bon dos celui-là.

   L’esprit de l’ex-scientifique enchaîne malgré lui sur tous les problèmes qui sont restés sans solution aucune, en suspens entre les murs de son laboratoire isolé dans le troisième sous-sol d’une institution bruxelloise. Puis il zappe tout ça, pas évident pour lui de lâcher-prise.

                                                                                 A suivre

Carine-laure Desguin

http://carineldesguin.canalblog.com

Publié dans Nouvelle

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L'émission 13 est en ligne !

Publié le par christine brunet /aloys

Publié dans vidéo

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Dans le ciel, un court poème signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

DANS LE CIEL

 

Dans le ciel

La douceur de fils d'argent

Divaguent des nuages

Comme divaguent mes pensées

Chaque instant offre une histoire à tisser

Vienne l'aventure

Avec le pétale voyageur

Avec le sifflement du merle

Avec le reflet d'un insecte

 

Micheline Boland

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Carine-Laure Desguin nous propose le dernier poème de son recueil Le vieux de la zéro/vingt-trois

Publié le par christine brunet /aloys

 

26

 

 

il entasse les mots

dans un vase vide

les fleurs artificielles

il les a déposées

sur son plateau du matin

pour les jours pairs

il n’a pas d’enfant

le vieux de la zéro/vingt-trois

et pour les jours impairs

quand il en a assez

de compter les gouttes de pluie

qui s’écrasent contre

ses fenêtres

les mots illisibles

il les met de côté

pour un prochain vingt-neuf février

c’est juste pour rire

il se dit

 

sarcastique

 

 

Carine-Laure Desguin

In recueil Le vieux de la zéro/vingt-trois

http://carineldesguin.canalblog.com

 

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La pluie, un poème signé Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

LA PLUIE

 

Tombe la pluie

Laisse-la parler de l'ennui

Des grisailles d'automne

 

Laisse-la jouer

Un petit fond musical de fin de journée

 

Laisse- la pleurer

Telle une veuve inconsolable

 

Laisse-la nettoyer

Les traces de tes rancunes

 

Tombe la pluie

Laisse-la faire l'éloge

De la monotonie

 

Laisse-la apprivoiser

La muette inspiration tapie au fond de toi

 

Micheline Boland

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"FAMILY CRASH" de Jonathan SIEL dans le Bibliothécaire

Publié le par christine brunet /aloys

"FAMILY CRASH" de Jonathan SIEL dans le Bibliothécaire
"FAMILY CRASH" de Jonathan SIEL dans le Bibliothécaire
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Micheline Boland nous propose un poème... "Un jour, la ville"

Publié le par christine brunet /aloys

UN JOUR, LA VILLE

 

Un jour couleur de blé se lèvera

Et la ville dévoilera des facettes méconnues.

Les banlieues seront ouvertes sur des jardins d'oiseaux

Et s'épanouiront sur un horizon peuplé d'arbres.

Dans les rues le temps coulera moins vite.

Le presque silence des parcs donnera faim de chants et de musiques.

 

Un jour, la ville portera des habits taillés dans des pans de soleil

Et les rires des enfants déborderont des écoles.

Les papillons donneront leur nom aux rêves

Et les promeneurs auront les poches pleines de joies.

Dans leurs têtes, résonneront des bruissements d'insectes,

Leurs pas suivront les pas de danse des funambules.

 

Un jour, la ville aura le visage de la patience

Et les boutiquiers vendront des instants de quiétude.

L'eau des fontaines s'abandonnera à la tendresse

Et répandra les effluves de parfums délicats.

Des mémoires, s'effacera l'ancienne agitation des hommes.

L'amour sera la matière première de la liberté.

 

Un jour, dans un frémissement de lucidité

La ville offrira à chacun une part de bonheur.

Les citadins s'enivreront des paroles échangées

Et leurs mains rencontreront d'autres mains.

Ils prendront modèle sur l'indolence du chat et son espièglerie.

La violence s'estompera ne laissant que la fougue des mots.

 

Un jour, la ville célébrera les noces de l'herbe et de l'acier,

De la brique et du lierre, de l'intelligence et de l'émotion.

Les saisons y ricocheront comme dans la campagne,

Un jour, les bonnes volontés se cristalliseront.

Un jour, l'utopie libérera les réalités

Et l'espoir s'enroulera autour des hommes.

 

Micheline Boland

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