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Ani Sedent nous propose une nouvelle en 4 actes ! Les aventures capillotractées de mademoiselle Camélia Tuemouche. Deuxième épisode : le mécano-chat

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Une boutique en particulier avait retenu son attention.  Elle proposait des objets qui avaient convaincu mademoiselle Camélia Tuemouche que sa quête du grabi s’avérerait peut-être finalement plus courte que prévu.  Le vendeur, monsieur Chiptou, un raton laveur endimanché, au poil et à la truffe luisants, avait observé un bon moment le croquis présenté par la camerlinguette.  Il avait ensuite consulté un des nombreux catalogues qui encombraient son arrière-boutique, puis avait ôté ses lorgnons en secouant la tête.  Mademoiselle Camélia Tuemouche avait été fort déçue de l’entendre avouer qu’il ne possédait pas ce genre d’article, avant de se sentir revigorée par l’annonce de l’existence d’un certain mécano qui pourrait peut-être l’aider.  Monsieur Chiptou lui avait promis une carte indiquant l’atelier de l’intéressé, puis l’avait invitée à acquérir une charmante babiole à épingler sur son corsage.  La camerlinguette, sous le regard insistant du vendeur, n’avait pas osé refuser et était ressortie de la boutique en possession de la précieuse carte, le décolleté orné d’un lapin nanti d’une grosse montre au squelette ronronnant.

  Le quartier où l’avait envoyée monsieur Chiptou était fort différent de ce qu’elle avait pu voir jusqu’à présent.  Ici, les champignons ouvraient sur des fabriques où résonnaient d’inquiétants bruits qui avaient donné envie à mademoiselle Camélia Tuemouche de prendre ses jambes à son cou.  Seule l’image de la première carmelinguette persiflant sur son échec lui avait insufflé le courage de continuer.

  Arrivée à l’adresse indiquée, elle s’était prudemment aventurée dans l’atelier d’un matou en salopette qui avait salué son arrivée d’un clin d’œil.  Il s’était ensuite moqué de ces zinzins qui logeaient au palais, faisant ricaner le rat à grosses lunettes de cuir et métal qui l’assistait.  Devant tant d’impolitesse, mademoiselle Camélia Tuemouche avait rangé son croquis et, laissant errer son regard sur l’atelier, avait théâtralement déclaré que le palais allait être fort déçu que monsieur Minet ne soit pas l’artisan de talent qu’on lui avait décrit.  Le vilain matou avait aussitôt sorti les griffes.  Que pouvait donc bien lui vouloir le palais ? La camerlinguette avait ressorti le croquis de sa petite aumônière, avant de le tendre avec réticence à l’impatient greffier en précisant qu’il s’agissait d’un grabi.  Ce dernier avait étudié le dessin un instant, avant de le tendre au rat dans un grand éclat de rire.  C’est là que mademoiselle Camélia Tuemouche avait appris que le grabi tant convoité était un véhicule pour amoureux des sports extrêmes et se nommait : grand bi.  Monsieur Minet, intéressé par le défi, avait accepté de fabriquer l’engin à condition de connaître la taille du pilote.  La camerlinguette avait aussitôt rejoint l’Intérieur en quête du renseignement. 

Et c’est que les choses étaient devenues embarrassantes.

Depuis son retour et à sa grande honte, mademoiselle Camélia Tuemouche se trouvait dans les appartements sublimissimes, devant un Grand Truc dont les pieds baignaient dans une mare de soie colorée et rien d’autre sur le dos.  Ayant bien compris que l’enthousiasme de Sa Sublimissimité empêcherait toute tentative d’expliquer qu’une robe de chambre ne pouvait nuire à l’exactitude de l’étude de Sa longueur, elle tenta de refiler la corvée du métrage à un valet de pique.  Mais le rusé vilain semblait atteint d’une surdité aveuglante !

Sapristi !  La camerlinguette ferma les yeux.  Si au moins les courtisans cessaient de ricaner et venaient plutôt l’aider.  Mais nooon ! ils allaient d’abord la laisser mourir d’embarras.  Et bien sûr, ses consœurs étaient occupées ailleurs… ce qui, tout compte fait, n’était peut-être pas plus mal. 

  Enfin, un brave valet de cœur lui proposa son assistance, ce que mademoiselle Camélia Tuemouche accepta avec soulagement.  La mesure prise, la camerlinguette s’en fut aussitôt porter l’inestimable renseignement à monsieur Minet, qui se contenta d’en prendre note… et déclara que trois lingots de cornaline éblouissante seraient également nécessaires.  Aïe, mademoiselle Camélia Tuemouche allait encore devoir faire les boutiques ! Ce que confirma le mécano-chat en faisant remarquer que cela lui donnerait l’occasion de voir du pays.  Mais que pouvait-il bien entendre par là ? À la consternation de la camerlinguette, le chat lui expliqua que les lingots de cornaline éblouissante ne se trouvaient qu’en Bizarrerie, la grande île située à l’ouest de leur chère Grandioserie.

 

À suivre…

Publié dans Nouvelle

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Ani Sedent nous propose une nouvelle en 4 actes ! Les aventures capillotractées de mademoiselle Camélia Tuemouche. Premier épisode : Le grabi

Publié le par christine brunet /aloys

Jamais, au grand jamais, mademoiselle Camélia Tuemouche n’avait imaginé se retrouver un jour dans un tel embarras.  Il est vrai que sa condition de troisième camerlinguette, qu’elle n’avait pas recherchée mais qui lui était tombée dessus comme une buse sur un mulot, était encore trop récente pour qu’elle soit déjà habituée à ce douteux privilège de seconde vue, aux effets aussi verts que peu mûrs, inhérent à la fonction.  Et bien sûr, ses deux consœurs avaient brillé par leur absence lorsque, ce matin-là, émergeant de sa chambre enroulé dans une de ces choses soyeuses et chamarrées qu’il affectionnait tant, le Grand Truc Bozzo avait exigé un grabi !  Un grabi ? Qu’est-ce que c’est que ça ? s’était inquiétée la camerlinguette avant que le  Grand Truc affirme qu’il s’agissait d’une chose tout à fait ravissante et très utile.

  Ignorante de ces choses merveilleuses dont raffolait Sa Sublimissimité et qu’il découvrait dans ses sommeils artificiels, mademoiselle Camélia Tuemouche s’était donc renseignée sur cette nouvelle lubie.  Malheureusement, l’aridité du terrain des connaissances qui caractérisait les labyrinthiques couloirs du palais s’étant montrée à la hauteur de sa réputation ‒ et bien plus encore ‒ elle n’avait trouvé personne pour éclairer sa pauvre lanterne.  Néanmoins, le tortueux fossile possédait une relique des temps passés, que la camerlinguette évitait habituellement de fréquenter mais qui, cette fois, s’était honteusement imposée comme seule source d’éclairage.  C’était une vielle chose, un imbroglio de tuyaux, rouages et rivets, qui ronflait et fumait depuis une éternité au fond de son cagibi.  Mademoiselle Camélia Tuemouche détestait tout particulièrement sa manie de vous fixer avec son gros œil, qui faisait comme une vilaine protubérance verdâtre sur son ventre vrombissant, mais les désirs du Grand Truc étant des ordres elle s’était résolue à braver le dragon dans son antre.  Houlette Placard ‒ c’était son nom ‒ avait longuement bourdonné puis, entre deux chuintements et quelques hoquets, avait craché l’image un peu floue d’un curieux… euh… machin.

  Les mains en coupe autour de ses joues, la camerlinguette avait réalisé, horrifiée, qu’elle allait devoir se rendre en Extérieur ! En traînant les pieds, elle avait rejoint sa chambre, avait remplacé ses chaussons de soie par des bottines à talons d’argent, avait mis ses mitaines en dentelle, sorti son haut-de-forme le plus ordinaire et pris l’ombrelle noire assortie à sa robe de taffetas.  Elle s’était ensuite traînée jusqu’à la porte du palais, celle donnant sur le parvis et la cité en contre-bas.  Née et ayant grandi en Intérieur, l’Extérieur la laissait toujours perplexe.  Tous ces visages étranges, tous ces sons, toutes ces odeurs inconnues !  Cependant, aucun autre choix n’ayant eu le bon ton de se présenter à sa porte, elle s’en était courageusement allée dénicher le résultat des cogitations de la vieille Houlette.

  Depuis le parvis, surgissant parmi un invraisemblable méli-mélo de tuyaux, la cité ressemblait à une hallucinante forêt de champignons aux chapeaux bleus et verts hérissés de cheminées qui crachaient des volutes de fumée rose.  À l’abri de son ombrelle, mademoiselle Camélia Tuemouche avait rejoint les premiers bâtiments tout en réfléchissant au problème qui l’occupait, se demandant qui, parmi les habitants, allait pouvoir la renseigner ?  Frissonnante, elle s’était enfoncée dans le dédalle de ruelles qui parcourraient la cité, était passée devant toutes sortes d’étals, où des personnes à la voix puissante l’avait interpellée de manière scandaleusement effrontée, de tavernes d’où s’échappaient des odeurs curieuses en même temps que des éclats de voix et de rires, jusqu’à rejoindre un quartier de petites boutiques aux vitrines prometteuses.

 

À suivre…

Publié dans Nouvelle

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La hargne... Un texte signé Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

LA HARGNE, c’était le thème pour GRABUGE 2.

 

L’an dernier mon texte figurait déjà dans cette anthologie numérique, GRABUGE :

https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/2023/07/16/grabuge-anthologie-numerique/#14-carine-laure-desguin

 

Merci à Gabriel Grossi pour cette deuxième anthologie poétique numérique et comme l’an dernier, de nombreux participants.

 

Le blog de Gabriel Grossi, Littératures Portes Ouvertes :

https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

L’anthologie numérique que vous pouvez télécharger, c’est gratos :

https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/2024/08/02/grabuge-n2-la-hargne/

 

Et voici ma hargne :

 

… et au milieu de ces chants mystiques, pyramidaux, universels, intergalactiques, le chaos perpétuel du bing bang (celui de Georges Lemaître) appelle à une renaissance perpétuelle, de l’alpha à l’omega, aux renversements des pôles dans un vase de tulipes jaunes (de hollande, celles qui respirent et parlent le langage secret des moulins à vent), à des révolutions printanières revêtues de fleurs de pissenlit et de glycine (celle de la chanson de Serge Lama) jusqu’au nucléus d’un trou de ver ou celui, immense, d’une bomba nucléaire désarticulée et gesticulant dans un de ses méga-concerts, au repeuplement des mondes parallèles, à la résurrection plus que probable du miroir des elfes et de celui des dompteurs de fourmis amnésiques (elles ont assisté à un des concerts de la bomba), à l’hydratation des humains de l’intra-terre jusqu’aux énigmatiques portails d’orge et de sirènes, et n’en déplaise, oufti, aux charmeurs de serpents sans sonnettes, aux délivreurs de bocaux d’anguilles sous roche, et aux hargneux invisibles accrochés à leurs cerfs-volants …

 

Carine-Laure Desguin

Ici dans l’anthologie poétique :

grabuge-2-la-hargne-anthologie-textes-recueillis-par-gabriel-grossi (1).pdf

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Christine Brunet a lu "Journal d'une Bad teacher" de Rosa A. Haelsman

Publié le par christine brunet /aloys

Journal d’une Bad Teacher

 

J’ai choisi ce roman pour… son titre… accrocheur, vous ne trouvez pas ? Et pour la curiosité qu’il a fait naître inéluctablement en moi. La première page me rappelle bien des souvenirs… Echo de cette première fois devant des élèves… Oups…

Au fil des pages, on sourit, on s’étonne, on stresse avec ce prof en manque de solutions.

Ecrit sous forme de journal, on suit jour après jour, presque heure par heure, une enseignante confrontée à ses élèves, à ses doutes, à ses sautes d’humeurs et d’humour… Vision détonante et réaliste (mais oui !) d’une prof qui se retrouve pour sa première année d’enseignement en poste, dispatchée sur plusieurs établissements scolaires, dans des classes disparates tant au niveau de l’instruction que du côté de l’âge ou de la classe sociale. Face à la violence, à l’irrespect, à l’ignorance, à l’indifférence affichée, comment réagir ?

Lorsque les classes ne sont que le reflet d’une société en butte à ses propres doutes…

C’est un coup de cœur ! Découvrez l’écriture nerveuse d’une auteur sans fard qui vous entraînera dans un microcosme que vous êtes sans doute loin de soupçonner !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Publié dans actutuv

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Carine-Laure Desguin nous propose le poème 22 du recueil "Le vieux de la zéro/vingt-trois"

Publié le par christine brunet /aloys

22

 

 

 

il remue ses mots ses questions

et ses points de suspension

il dépoussière ses silences

déballe ses interrogations

devant chaque ectoplasme

furtif courant d’air

 

un écho surgit

un boomerang indocile

au-delà des éclats

d’humanité d’inhumanité

le vieux de la zéro/vingt-trois

affamé d’autodérision

se délecte des non-dits

 

les bestioles invisibles

à chaque seconde chaque instant

ont bon dos

elles rebondissent plus subtiles

que la chair qu’elles

envahissent

sur chaque protocole

ambulant

 

Carine-Laure Desguin

Le vieux de la zéro/vingt-trois

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Micheline Boland nous propose une nouvelle "Souffle de colère"

Publié le par christine brunet /aloys

SOUFFLE DE COLÈRE

 

 

Il a près de soixante ans. Il était enseignant, mais à présent il ne travaille plus. Après de graves problèmes de santé qui l'ont fragilisé, il a choisi de demander sa prépension. Chaque jour, il fait à pied le tour de la ville. C'est un homme de haute taille, plutôt maigre, au visage pâle, habillé

de manière classique d'un pantalon de flanelle grise, d'une chemise blanche, d'un foulard  et d'une veste bleus. Il porte un masque. C'est une habitude qu'il a gardée suite à la pandémie de Covid-19. Il dit "Bonjour" à tous ceux qu'il croise, jeunes ou vieux, beaux ou laids, connus ou inconnus. Il est en colère contre ceux qui l'ignorent, qui ne lui répondent pas, qui ne le regardent pas, qui ne lui adressent même pas un petit signe de tête.

Il est en colère contre son histoire de vie. Il est de ceux qui ont perdu leurs deux parents avant d'atteindre la trentaine. Il est de ceux qui ont subi plusieurs interventions chirurgicales et ont dû bénéficier de séances de chimiothérapie. L'avenir, lui semble-t-il, ne peut guère continuer qu'à lui réserver des perspectives peu encourageantes. "On n'échappe pas à sa destinée", se plaisait à répéter sa mère bien avant son décès des suites d'un cancer. Pourtant, il lui semble adopter des comportements adéquats. Il est ordonné, ponctuel, méticuleux, économe. Il range, il nettoie, il contrôle ses écrits, il règle ses factures, il mange sainement, il fait quotidiennement des exercices de gymnastique, il prie. Il vit dans le grand appartement hérité de ses parents, il dispose chaque mois d'une pension satisfaisante et possède un pécule suffisant pour faire face à d'éventuels imprévus.

Il est en colère contre ceux qui sèment le désordre, qui salissent, qui ne respectent pas les règles, qui se livrent à des incivilités.

Ce jour-là, il a salué une petite vieille qui ne l'a pas salué en retour. Ce jour-là, il a proposé, à cette  petite vieille, qu'il voyait embarrassée et hésitante face à l'escalier qui menait à l'entrée de la poste, de l'aider à gravir les trois marches. La petite vieille a refusé, l'a fixé d'un regard froid, lui a lancé : "C'est peut-être gentil, mais mêlez-vous de vos affaires. Laissez-moi en paix, bon sang !". La colère a affleuré en lui comme aurait soufflé une bourrasque de vent sur de fragiles fleurs sauvages. La colère a affleuré, mais il l'a contenue en se forçant à rebrousser chemin.

En marchant, il s'est souvenu d'incidents datant de deux ans. En une seule semaine, il avait décoché un coup de poing à un homme qui refusait de présenter des excuses à une femme qu'il venait de bousculer en rue pour tenter vraisemblablement de lui prendre son portefeuille et giflé un jeune homme qui, dans la librairie tenue par sa filleule, avait laissé des traces de chocolat sur la couverture en carton d'un livre qu'il avait parcouru tout en refusant de reconnaître les faits et d'en assumer les conséquences.  Ces incidents auraient pu l'amener à passer en justice avait affirmé un copain greffier à qui il s'était confié.  "C'est de la brutalité. Cela aurait pu te coûter cher. Je crois que consulter un psy te ferait sans doute du bien…", avait conclu d'ailleurs son copain. 

Ce jour-là, en rentrant chez lui, il a bu un thé et a prié le Ciel d'empêcher que cette colère ne se concrétise jamais en une sorte d'éclair de folie meurtrière.  

 

Micheline Boland

Publié dans Textes

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Christine Brunet a lu pour ActuTV "L'enchère" d'Alain Charles

Publié le par christine brunet /aloys

L’enchère

 

"L’enchère" est le troisième roman d’Alain Charles qui titille ma curiosité ( sans doute à cause de la première de couverture ou du synopsis... je ne saurais dire) et je dois vous avouer que j’avais hâte de découvrir ce titre. 

Comme toujours, l’auteur nous propulse dans un monde différent, un futur guère enviable au cœur d’une planète surpeuplée aux inégalités marquées.

Une fois de plus, Alain Charles met en scène une "héroïne", Annabelle, une jeune femme qui a tout pour elle, la jeunesse, la richesse, la position sociale. Ce qu’elle veut, elle l’a… Et cette fois, elle a très envie de s’amuser à… chasser… Un animal ? Non, un homme, aux abois, qui a perdu son travail, sa compagne, toute raison de vivre. Lui est intelligent mais désespéré. La suite ? 

Je n’ai aucune envie de vous en dire plus sur l’histoire en elle-même. Si elle est bien menée, elle est servie par une véritable ambiance, pesante, stressante à certains moments. L’auteur crée un monde cauchemardesque, qui pourrait, pourquoi pas, devenir réalité si rien ne change.

« L’enchère » est un roman « à vivre », je dirais. Les personnages sont forts et complexes comme toujours dans les romans de cet auteur. On lit vite, impatients de découvrir ce qu’il va advenir de lui… et d’elle.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

Publié dans actutuv

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Matthieu Roger nous présente son recueil "Le Chant des Passiflores"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Matthieu Roger est né le 18 août 1986 à Angers.

Il est poète, chroniqueur littéraire, artiste performeur et directeur d’un bureau d’accompagnement d’artistes chorégraphiques basé à Tours.

Après Centuries en 2019 et Genèses en 2021, où il déploie le mouvement perpétuel du Temps, Le Chant des Passiflores est son troisième recueil de poésie publié aux Éditions Chloé des Lys.

 

Résumé

 

Grâce au conte et au voyage à travers temps, Le Chant des Passiflores continue d’explorer l’inéluctable marche en avant des siècles.

L’auteur y confronte les contingences de l’attente à celles de la solitude et à l’ambivalence des sentiments amoureux. Nourrie d’un vocabulaire riche, sa poésie nous transporte jusqu’au lointain insoupçonné de périples imaginaires, sans pour autant délaisser la magie ordinaire du quotidien. Pulsation douce ou clameur exaltée, chaque poème compose ainsi la partition d’une ode au féminin sensible et vibrante.

 

Extrait :

 

ESSUF

 

 

La femme boit le vent. Elle chuchote pierres.

Tendue vers le soleil couchant, elle bruisse l’air

De terres oubliées striées d’absconses runes.

Elle enfouit ses deux mains, rongées par l’infortune,

 

Dans les sables mouvants d’un passé inconnu

Renié par les dieux. Mais ici, à jamais

Répète-t-elle encor, à pas lents et ténus,

Sa dernière danse. Elle sait désormais

 

Que tout se finit là. Là-haut souffle le vent.

Ici-bas gisent rocs encastrés sous les dunes,

Enterrés, oubliés, ressuscitant les lunes

En mers évaporées s’échouant au levant.

Publié dans Poésie

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Carine-Laure Desguin nous propose le poème 21 du recueil Le vieux de la zéro/vingt-trois

Publié le par christine brunet /aloys

21

 

 

un oiseau déplie son nid

le plateau du dîner

a glissé seul vers un chariot

les masques ne tombent pas

les jours ne se décomptent

plus au fil d’eux-mêmes

tout cela est de mauvaise augure

s’indigne

le vieux de la zéro/vingt-trois

 

il débranche sa sonnette

histoire d’ajouter une compresse

à cette ambiance d’abattoir

 

 

Carine-Laure Desguin

In recueil Le vieux de la zéro/vingt-trois

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Ani Sedent a lu pour ActuTv "Les statues" de Jean Louis Minot

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Tout d’abord, je voudrais remercier Edmée de Xhavée sans qui je n’aurais probablement pas lu ce livre et cela aurait été bien dommage !

Dans « Les statues » Jean Louis Minot nous emmène dans un voyage intérieur.  Celui d’un homme dont l’adolescence s’est brisée sur une tragédie, un homme que la souffrance et la colère ont mené en prison au terme d’un nouveau drame.

Mais le voyage intérieur de cet homme est aussi celui d’un retour à la vie, difficile, rempli de culpabilité, que deux femmes vont l’aider à surmonter.  À sa sortie de prison, pour l’une, puis lors du difficile retour vers les siens, pour l’autre.

Malgré le thème dramatique ce livre, loin d’être dépourvu de lumière, se laisse lire facilement.  Il nous happe dans son univers, celui d’un jeune homme tourmenté, et nous donne envie d’en découvrir l’aboutissement. 

La plume fluide de l’auteur, tout en atmosphères et couleurs, fait souffler le vent, crépiter la pluie, nous fait toucher la pierre, la terre ou l’écorce des arbres, donne vie aux fantômes et un soupçon de magie à l’amour avec une simplicité maîtrisée.

C’est un beau livre qui mérite d’être découvert… alors, bonne lecture !

Publié dans avis de lecteurs

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