Texte 6 Concours 3
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Souvenir Saint-Nicolas
J’avais un an quand mes parents, ma sœur et moi avons déménagé pour habiter dans une petite épicerie de village que ma mère allait tenir pendant huit ans, le temps de réaliser les travaux dans la maison qu’ils avaient achetée quelques années plus tôt.
De ma chambre, la vue s’étendait sur une petite place face à l’église du village et sur le café où se retrouvaient notamment tous les colombophiles du coin.
Chaque année, Saint-Nicolas se rendait dans ce cabaret et, sponsorisé par la mutuelle socialiste, offrait des cadeaux aux enfants qui avaient la chance d’avoir des parents qui avaient souscrit à cette mutuelle. Ce qui n’était pas mon cas.
De ma chambre, je pouvais donc voir un homme entrer dans la salle qui renfermait habituellement les pigeons en attente du grand voyage et je voyais ressortir le Grand Saint à la place. Je n’ai sans doute pas compris, les premières années, que le quidam et le saint patron des enfants étaient un seul homme.
Je ne comprenais pas, à cet âge peu avancé, pourquoi certains enfants avaient droit aux cadeaux et pas moi qui m’étais pourtant efforcé d’être bien sage…
Que m’ont dit mes parents à ce propos, je ne m’en souviens pas. Ils me promettaient sans doute que le vieil homme passerait chez nous pendant la nuit et m’apporterait donc ce dont je rêvais, Il me suffisait donc de patienter jusqu’au lendemain pour découvrir les légos que j’avais commandés.
Mais un jour, ou plus justement un beau soir, j’ai vu le vieux barbu sortir du café pour entrer dans cette fameuse salle où il s’habillait. Avant que la porte ne se referme sur lui, j’ai pu voir qu’il ôtait sa grand barbe blanche mettant fin ainsi à quelques années d’illusions et à une partie de mon enfance.