ACTE 5 - Hors-série - Texte 9 - DERNIER TEXTE ! VOTEZ sur ce post jusqu'à 20h !
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Le mystérieux manoir de Dustanburgh
Dans cette terrible nuit de Noël de 1903, au manoir de Dustanburgh, un événement étrange se produisit …
Le manoir de Dustanburgh était un lieu étrange et mystérieux. Enveloppé d’une lumière opalescente, il trônait au sommet d'une lugubre montagne. Autour, la forêt sinistre dégageait une atmosphère angoissante, pesante, froide. Des craquements retentissaient, le hurlement sournois des hiboux effarouchés en haut des obscures sapins retentissait ; le frémissement des feuilles mortes tapissant le sol glacé effrayait les esprits. Le bâtiment imposant, aux multiples façades en pierres sombres possédait des tours rondes, semblables à de petits donjons. De loin, il paraissait abandonné, sauvage, mais se tenait parfaitement droit. A l'arrière, perchée sur les raides murs, une fenêtre en ogive était éclairée.
Au bout de la route pavée menant à la bâtisse, la claire obscurité de la pleine lune éclaira une silhouette. Un être longiligne marchait d'une allure soutenue.Il portait une chemise d'un blanc éclatant, une cravate marron, nouée d'une bague en or, où la lettre « C » était finement gravée. Une redingote protégeait du froid cet être élégant et d'un beauté remarquable.
Il se retourna soudain, tendit l'oreille. Il observa les alentours, regarda le chemin s'étendre dans la vallée, puis poursuivit son chemin vers le manoir. Avait-il entendu une voix ? Le sifflement du vent à travers quelques branches ? Le déplacement indiscret d'un ou plusieurs animaux ? Une chose était sûre : la puissance de la lumière qui flottait derrière la fenêtre de la demeure augmenta.
L'homme s'approcha de l'entrée principale. Il leva le bras et saisit le heurtoir en fer. Il le fit claquer à trois reprises. L'objet qu'il tenait fermement se trouvait entre les crocs pointus d'un lion en bronze. Il y eut ensuite un silence effrayant. Tout à coup, dans un grincement aigu, la porte s'ouvrit. Un grand corridor, illuminé par de petites lanternes, se présenta face à lui. Il rentra. Ses souliers claquaient sur les dalles brunes. Plus loin, au centre, s'étendait un long tapis rouge aux franges dorées, qui menait aux escaliers.
Célestin gravit les marches et fut conduit ainsi jusqu'à un bureau sur la porte duquel on pouvait lire en lettres d'or : « Bureau de Gustave Duchêne ». Au centre de la pièce, trônait une table en noyer ; aux murs des photos encadrées commençaient à prendre la poussière. L'homme en décrocha une. Derrière le verre, souriait un homme à l'air assez hautain, portant dans ses bras un bébé charmant, une haie de jasmin fleurissait à l'arrière plan. Alors Célestin se mit à pleurer ; de chaudes larmes coulaient sur ses tendres joues, qu'il essuyait de temps en temps de son index.
Soudain, dans la cheminée, un trou circulaire apparut dans un fracas monstrueux. Célestin terrorisé se pelotonna dans un angle de la pièce. Les bêtes gravées sur les pans de la cheminée prirent vie et il les vit se ruer furieusement vers lui. Il ferma les yeux, terrorisé !
Quelques instants plus trad, le silence régnait à nouveau dans la pièce. Célestin, lui, était était apaisé, heureux, respirant l'odeur du jasmin dans l'allée du jardin.
Sur la photo pendue au mur du bureau, l'on pouvait désormais observer un vieil homme à l'air autoritaire se promenant accompagné d'un jeune homme délicat.