"Épilogue" de Nicole Graziosi. Une lecture d'Edmée de Xhavée
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Voilà un livre qui bouscule, secoue, et puis berce et réconforte en final. C’est le premier de l’auteur que je lis, mais il est certain qu’il y en aura d’autre, tant la découverte m’a intéressée.
Plusieurs chapitres commencent par Je ne veux pas l’hiver de ma vie. Défilent alors toutes les feuilles mortes pourrissantes, les courants d’air, les journées sombres, le ralenti impitoyable de la vie qui arrive dans son hiver. Mais que c’est bien énoncé, pensé, exprimé… L’auteur n’a de pitié pour aucun de ces ennemis hivernaux : les mots ou fins de phrases qu’on ne trouve plus, les rides qu’en revanche on trouve trop bien, l’inquiétude à l’idée qu’on a déjà dit ça et qu’on lasse, le suspens lors des contrôles chez le médecin, la conscience que oui, c’est la dernière ligne droite – et combien sera-t-elle droite, d’ailleurs ?, le refus de l’assistance, la crainte des « on a bien dormi ? On a bien mangé ses petites tartines ? Maintenant on va bien prendre son sirop. On a bien bonne mine aujourd’hui ». En regard de cette longue liste pourtant, les souvenirs tendres déferlent. Des vacances, des personnages, des membres de la famille, des anecdotes, conversations, les expressions désuètes et si charmantes.
Suivent les chapitres commençant par Il approche, l’hiver de ma vie. Il faut mettre de l’ordre, regarder les photos, choisir ce qui pourrait plaire ici ou là, ne pas laisser d’incertitudes si possible. Voir le fruit de ses entrailles faire son chemin. Écouter les musiques aimées, fêter des anniversaires. Comparer les points positifs des photos d’autrefois que l’on mettait dans des albums et regardait assis dans le divan, ou celles d’aujourd’hui, immédiates, retouchables et améliorables sur le champs, partagées d’un clic.
Quelques réflexions aussi suivent la phrase Je n’aime pas davantage l’hiver de l’Autre. L’Autre de toute une vie, qui n’entre pas dans son hiver du même pas, et a vécu ses saisons précédentes à sa manière aussi.
Pour arriver à l’apaisante constatation : J’aime l’hiver de ma vie. L’auteur la remercie, cette vie, avec toute la passion et fraicheur qu’elle mérite, et entre de plain-pied dans cet hiver et ses joies, une à la fois.
Un livre profond et très vivant malgré son propos. Un livre qui se lit en semant des émotions variées : nostalgie, amusement, déjà vu, compassion, partage. Un livre courageux aussi, sans aucun doute.
Edmée de Xhavée
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