C’est à la suite du trailer élaboré par l’auteur de ce roman que j’ai décidé de lire ce qui semblait, à première vue, être une romance : un homme, François, et une femme, Sophie, fous amoureux, vivent ensemble mais tout se dégrade lentement alors que les soubresauts de la vie sapent les fondations de leur existence.
Elle tombe enceinte, lui est au chômage et ne parvient pas à se projeter dans son rôle de futur père. Ils se séparent dans la douleur : ils ne veulent plus la même chose a priori. Mais quand le destin s’en mêle…
Au fil des pages, le lecteur comprend qu’il ne lit pas de la romance mais s’enfonce au cœur d’un drame. Personnages bien campés, avec leurs faiblesses et leurs côtés sombres. Va-et-vient entre Hardelot et Lille… Détours par Tournai, Boulogne…
Amitiés, amours, calculs, drames personnels, tout y est !
Synopsis : « Ira côtoie les personnages de ce livre dans quatre vies ayant un contexte différent. Toutes ces vies ont en commun l’apprentissage philosophique, le cheminement de l’âme dans l’obscurité et la lumière. Baignés dans le fantastique, les thèmes récurrents sont la quête de la Connaissance, la spiritualité, l’art, la recherche de la sagesse. Tel un halo par-delà le bien et le mal, l’Amour omniprésent dans ce livre fait parfois vaciller une perspective dualiste du monde ».
Compliqué de livrer une chronique après pareil résumé… Mais je vais essayer…
Livia Ov nous propose une réflexion sur l’Amour, la Vie, la Mort, la vie après la mort au travers d’un récit de vie… celui d’Ira, jeune femme hypersensible qui, au travers d’une quête quasi mystique, cherche des réponses aux aléas de sa vie.
Un ouvrage en quatre actes qui conduit le lecteur à cheminer au fil des pensées de l’héroïne, un cheminement intérieur très personnel…
Difficile de résumer ce livre ! Il vous faudra le lire !
Gauthier Hiernaux… Un auteur éclectique aussi à l’aise dans le genre fantastique, dystopique que dans le genre policier. Cette fois, il nous propose un polar à l’ancienne, style Léo Malet ou Georges Simenon. Vous voyez le style ?
Un flic proche de la retraite, atteint d’un cancer, qui fait face, avec son expérience forgée au fil des années, à une affaire complexe qui démarre par un attentat… sujet brûlant d’actualité pour un policier balloté par sa hiérarchie, ses propres problèmes et ses doutes.
Un choc d’ambiance, un choc générationnel même.
Ce roman de 351 pages réserve bien des surprises, que ce soit aux personnages ou aux lecteurs qui suivent les pistes avec curiosité et froncements de sourcils. On cherche, on se dit que… puis non, que celui-là n’est, peut-être, pas si net…
En fait, comment vous dire ? Aucun personnage n’est vraiment clean… net… Tous cachent quelque chose. Lorsqu’on s’est, enfin, forgé une opinion, tout est remis en cause par une découverte, une piste de dernière minute.
« Comme des ombres » porte bien son titre… A découvrir !
Quel nom bizarre… Vous ne trouvez pas ? Donc, ce personnage, Monsieur Qivy, écrit. Il écrit des histoires que nous découvrons au fil des pages. Un but ? Bien entendu… Mais ça, on ne le sait qu’à la fin. Il écrit des histoires courtes, voire très courtes où la nuit et la lumière jouent un rôle indissociable.
Ces mini contes sont ses balades au gré des rues de Tournai où l’obscurité n’est qu’un prétexte pour proposer un voyage plus intime, plus délicat, un chemin lumineux vers l’âme sœur, toujours bienveillante, parfois inatteignable.
Hymne à l’amour et à la réalisation de soi au travers de ces sentiments profonds, ces nouvelles sont à la fois pudiques et lumineuses, servies par une écriture simple, sans fard qui apporte de la pureté au(x) personnage(s) masculin(s) qui est (sont) au centre même si l’épicentre n’est autre, selon moi, qu’ « elle », cet être omnipotent capable de soigner les maux de « il ».
Je vais aller plus loin : « Les histoires de Monsieur Qivy » ne sont qu’une déclaration d’amour, celle d’un homme timide qui a du mal à exprimer ses sentiments et qui a trouvé, en l’écriture, une alliée de poids.
Un livre court. Quelques phrases sur chaque page. Un jour par page. L’histoire se passe en septembre 2011, une histoire intense et qui oblige le lecteur à se poser des questions, tout comme d’ailleurs le personnage du livre.
Dans un espace qu’on suppose être une chambre, un homme s’éveille. C’est lui qui écrit, il disposerait donc d’un matériel pour écrire, il ne précise rien à ce sujet. Il constate qu’un plateau repas est à sa disposition. Il a faim, il dévore le repas. Il constate qu’il est amnésique. Il voit le jour grâce à de hautes fenêtres dont il ne peut s’approcher car un cabinet de toilette est solidement fixé au sol, juste devant les fenêtres. L’homme ne voit donc rien de l’extérieur à part la lueur du jour. Ce qui explique qu’il peut compter les jours. Il a des soupçons, il serait drogué, sa nourriture contiendrait des somnifères. Il constate des traces de piqûres sur un de ses avant-bras. Ce qui l’angoisse, c’est qu’il n’entend aucun bruit venant de l’extérieur. Lorsqu’enfin il verra quelque chose de l’extérieur, sa découverte le ….
Qui est cet homme ? Que fait-il là ? Qui le retient prisonnier, qui l’a amené là et surtout pourquoi ?
Une économie de pages, oui, mais quel suspense jusqu’au dernier mot et … au-delà. Cet homme aura-t-il des réponses à ses questions ? Laurent Dumortier, une fois encore, nous entraîne dans le labyrinthe de son univers et il n’est pas si facile d’en sortir (j’y suis restée :D). Il est question ici d’enfermement. Ne sommes-nous pas tous enfermés ? Il est question de la recherche d’identité. Savons-nous vraiment qui nous sommes ? Ne sommes-nous pas amnésiques de quelque chose nous aussi ?
Je vous laisse vous envoler par cette lecture, Un mois, de Laurent Dumortier. Et prendre connaissance vous aussi de ces drôles de choses que cet homme amnésique découvrira une fois la porte ouverte, une fois les fenêtres rendues accessibles.
Succulent, méchant, violent… Voilà les trois adjectifs qui me viennent à l’esprit en terminant ce recueil de nouvelles. Etude de mœurs, histoire de famille, histoires inavouées, cruelles, mesquines…
Les personnages sont magnifiquement campés. On grimace, on sourit, on s’indigne… On participe aux malheurs des uns, aux trahisons des autres, aux bassesses, aux coups bas, aux mauvaises décisions et à leurs conséquences dévastatrices.
Premier texte, une claque. Pas l’habitude de lire ce type d’histoire sous la plume aiguisée d’Edmée de Xhavée. J’arrive au point final, hébétée. Le second texte me cloue sur place !
Je tourne les pages… et j’arrive à mon texte préféré : « Noirhomme-Larivière contre Villeneuve, clap de fin » : truculent ! Jubilatoire !
Je ne vais rien vous révéler de ces courts récits : ce serait tellement dommage de vous gâcher la surprise !
Un méga coup de cœur ! Bravo, Edmée, tu m’as bluffée !
D’emblée, le lecteur se demande, Que fait donc cette antilope en première de couverture ? Cet animal grâcieux est un impala, une antilope africaine, réputée pour sa vitesse et son agilité à bondir. Et cet oiseau, là, qui se repose sur l’impala ? Ça, c’est un pique-bœuf. Et ? L’auteure nous l’explique sur la quatrième de couverture, le pique-bœuf se pose sur l’impala pour le débarrasser des tiques et des parasites incrustés dans son pelage. Et ? Ces 35 poèmes auraient pour rôle d’alléger le lecteur des parasites de son existence, la solitude, la monotonie d’une vie sans relief, le désintérêt de l’humain pour l’humain, etc. Ce recueil serait donc une thérapie face à la noirceur de tout ce qui nous l’entoure. Il l’est.
Je termine la lecture de cet ouvrage et je ne peux m’empêcher de poursuivre les réflexions engagées par l’auteure. Tout d’ailleurs dans ce livre invite à la réflexion, y compris les quelques mots de remerciement : à plus Haut que moi, Et qui se reconnaîtra. Il y a aussi l’avertissement : Toute ressemblance avec une Personne de ce monde est fortuite.
Impala serait pour Marie-Thérèse Carlier une première publication et les poèmes seraient écrits sans aucune correction ou presque, en toute spontanéité. Cependant, à chaque texte, on perçoit la maîtrise et la maturité de l’écriture. Mystère.
L’impala est un animal toujours sur le qui-vive. Sans doute l’auteure nous invite-t-elle, dans nombre de ses textes dans lesquels elle pointe la souffrance de l’Humain (mais sans pathos) et en particulier celle des plus démunis, à éveiller en nous, quelque chose qui nous dépasse, à ne pas rester indifférent face à la souffrance.
Page 3, Ces petits :
Tous ces petits … trop tôt anéantis … qu’ont-ils fait, honnis En leur courte vie ?
Souvent, au sein du texte, il y a le contraste entre l’ombre et la lumière, mais c’est toujours l’espoir qui jaillit, au final.
Page 7, Côte à côte :
…. Au jour du grand pardon
Ils renaîtront …
Grâce aux mots magiques de l’auteure, une certaine libération naît de chaque texte, un peu comme une clé qui ouvrirait les portes vers un chemin lumineux.
Page 17, Futur :
…. Nous sommes arbitres de paix …
Ces textes sont une recherche, des mains tendues vers un futur meilleur, une quête vers la recette d’une chimie salvatrice.
Page 27, Je pars :
Comment transcender le mal en substance divine ?
Page 28, Je veux vivre :
L’amour de l’amour
C’est encore trop court
Dans Mal-être, page 34, il y a problème et solution :
Je serai ramasseuse de larmes
Pour ceux qui souffrent en leur trame humaine
La mort est omniprésente et là aussi il y a un chemin de lumière.
Page 37, Mort subite :
Ton cœur dort, au cœur des bienfaits d’un autre monde
Où mes mots sont inutiles, où l’amour attend
Les petits oubliés de la vie
L’argent n’est rien au final car page 39, dans Or, argent :
Ils réaliseront, aux abords de la mort,
Qu’ils auraient pu s’inscrire dans un autre monde.
Page 43, dans Prendre des mots, la mise en évidence de l’écriture comme support thérapeutique :
Les mots sont toujours beaux
Quand des humains ils apaisent les maux.
Un autre monde, un ailleurs, peuplé d’êtres différents, reste présent.
Page 68, Un beau métier :
Quel beau métier, que d’être un ange !!!
(par les 3 points d’exclamation, on comprend que l’auteure insiste)
Page 76, Renaissance :
Mais toi, où trouves-tu gîte ?
Sur un nuage haut-perché,
Ma bien-aimée égérie, tu habites ?
Et parfois, deux mondes se croisent, page 85, Sur terre :
Mais vos chemins vont se rencontrer, au croisement de
Deux univers ,
Néonatal pour les uns et fatal pour vous.
Donc vous l’avez compris, de ce recueil émane une spiritualité tout en finesse et en grâce, à l’instar des mouvements de l’impala. Il n’est pas question de religion (encore qu’étymologiquement religion = religare (du latin) = relier, attacher), quoique l’on puisse penser que la Poésie nous relie justement à la quête d’une force, une élévation personnelle vers quelque chose d’ordre immatériel qui nous allègerait de notre quotidien tel l’oiseau bique-bœuf évoluant en symbiose avec l’impala.
Voici une escapade sans pareil pour laisser derrière soi tout le poids que le réel parfois dépose dans notre sac à dos. Entrons donc nous rafraichir et découvrir un autre monde où tout est… magi-possible, si je peux me permettre.
Car l’auteur nous a concocté un monde magique, où on se magi-transporte, on magi-crypte, on consulte des magi-cartes, on convoite des magi-gemmes. La magie foisonne et explose. Que vous dire pour vous glisser la clé de la porte entre les doigts, et qu’elle vous démange ?
Que c’est un monde imaginaire si bien construit qu’il semble vrai de vrai. Les lieux ont des noms scintillants : le domaine de Grandmanoir, celui de Majorcastel, Fort-les-Forts, Bellépine, le Pont des âges, Beauchêne, la forêt des songes, le Mont de la Licorne, la plaine Herborisse, Longvaisseau, le Fleuve sans fin...
Et les personnages ne se trouvent pas souvent dans le calendrier : Dame Hortie, la marraine-fée Angélie, l’ignoble Arcadius, Merlin (himself !), Octopia, Mornebouille, Saturnin Chantepouille le bibliothécaire, la druidesse Cécelina, la sénéchale Aldred, le jeune mage de troisième niveau Artorius, l’elfe Glawhenn, Callista l’enchanteresse. Et bien entendu, Valérian, le héros…
Tout ce beau monde est bien entendu entouré, aidé et parfois menacé par des animaux incroyables ou êtres étranges, bons et mauvais : Pégase ; Lupin (dont la description n’est pas banale : il s’agit d’un énorme loup bleu, impressionnant tant par la taille que par l’impression de force qui en émane. Il est également très beau ; ses couleurs, myrtille et blanc, comme étirées par le pinceau d’un peintre en longues vagues brillantes, s’écoulaient vers un poitrail et des pattes tachetés. Ses yeux dorés, entourés d’un masque bleu, surmontaient un museau d’un ton plus clair moucheté de blanc où pointait une truffe noire » ; les elfes noirs, les mange-cœur, les nains, les revenants, les cheverles aux longs poils blancs et à l’aspect dégingandé, les dragons, centaures et amazones – pour n’en mentionner qu’une pincée.
Et la nature ne manque pas de nous surprendre, elle non plus. Ne cherchez pas sur google ni même sur magi-google, vous ne trouverez pas trace de bosquets de mornouillers, pas plus que de houppiers où le vert et le bleu se disputent le grand rôle. Oubliez aussi les chaminets aux troncs noueux et le wisguier.
Quant aux aventures de Valérian… elles regorgent de miroirs magiques, de bulles de silence, de filtres, potions, remèdes, poudres merveilleuses, boucliers… C’est un récit d’action, de combats épiques, de l’enlèvement d’un enfant, du temps qui se traverse en avant et en arrière – avec bien des précautions -, de splendides descriptions poétiques, de paysages enchanteurs et surprenants. On arrive à la dernière page prêts à repousser ennemis, casse-pieds, maladies, mauvaises nouvelles par un tour de magie souverain découvert dans ces pages qui nous ont offert une aventure grandiose où tout finit bien pour la plupart des bons, et où on se réjouit de voir la fin très désagréable de certains très mauvais…