Carine-Laure Desguin a lu "Impala" de Marie-Thérèse Carlier
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D’emblée, le lecteur se demande, Que fait donc cette antilope en première de couverture ? Cet animal grâcieux est un impala, une antilope africaine, réputée pour sa vitesse et son agilité à bondir. Et cet oiseau, là, qui se repose sur l’impala ? Ça, c’est un pique-bœuf. Et ? L’auteure nous l’explique sur la quatrième de couverture, le pique-bœuf se pose sur l’impala pour le débarrasser des tiques et des parasites incrustés dans son pelage. Et ? Ces 35 poèmes auraient pour rôle d’alléger le lecteur des parasites de son existence, la solitude, la monotonie d’une vie sans relief, le désintérêt de l’humain pour l’humain, etc. Ce recueil serait donc une thérapie face à la noirceur de tout ce qui nous l’entoure. Il l’est.
Je termine la lecture de cet ouvrage et je ne peux m’empêcher de poursuivre les réflexions engagées par l’auteure. Tout d’ailleurs dans ce livre invite à la réflexion, y compris les quelques mots de remerciement : à plus Haut que moi, Et qui se reconnaîtra. Il y a aussi l’avertissement : Toute ressemblance avec une Personne de ce monde est fortuite.
Impala serait pour Marie-Thérèse Carlier une première publication et les poèmes seraient écrits sans aucune correction ou presque, en toute spontanéité. Cependant, à chaque texte, on perçoit la maîtrise et la maturité de l’écriture. Mystère.
L’impala est un animal toujours sur le qui-vive. Sans doute l’auteure nous invite-t-elle, dans nombre de ses textes dans lesquels elle pointe la souffrance de l’Humain (mais sans pathos) et en particulier celle des plus démunis, à éveiller en nous, quelque chose qui nous dépasse, à ne pas rester indifférent face à la souffrance.
Page 3, Ces petits :
Tous ces petits … trop tôt anéantis … qu’ont-ils fait, honnis En leur courte vie ?
Souvent, au sein du texte, il y a le contraste entre l’ombre et la lumière, mais c’est toujours l’espoir qui jaillit, au final.
Page 7, Côte à côte :
…. Au jour du grand pardon
Ils renaîtront …
Grâce aux mots magiques de l’auteure, une certaine libération naît de chaque texte, un peu comme une clé qui ouvrirait les portes vers un chemin lumineux.
Page 17, Futur :
…. Nous sommes arbitres de paix …
Ces textes sont une recherche, des mains tendues vers un futur meilleur, une quête vers la recette d’une chimie salvatrice.
Page 27, Je pars :
Comment transcender le mal en substance divine ?
Page 28, Je veux vivre :
L’amour de l’amour
C’est encore trop court
Dans Mal-être, page 34, il y a problème et solution :
Je serai ramasseuse de larmes
Pour ceux qui souffrent en leur trame humaine
La mort est omniprésente et là aussi il y a un chemin de lumière.
Page 37, Mort subite :
Ton cœur dort, au cœur des bienfaits d’un autre monde
Où mes mots sont inutiles, où l’amour attend
Les petits oubliés de la vie
L’argent n’est rien au final car page 39, dans Or, argent :
Ils réaliseront, aux abords de la mort,
Qu’ils auraient pu s’inscrire dans un autre monde.
Page 43, dans Prendre des mots, la mise en évidence de l’écriture comme support thérapeutique :
Les mots sont toujours beaux
Quand des humains ils apaisent les maux.
Un autre monde, un ailleurs, peuplé d’êtres différents, reste présent.
Page 68, Un beau métier :
Quel beau métier, que d’être un ange !!!
(par les 3 points d’exclamation, on comprend que l’auteure insiste)
Page 76, Renaissance :
Mais toi, où trouves-tu gîte ?
Sur un nuage haut-perché,
Ma bien-aimée égérie, tu habites ?
Et parfois, deux mondes se croisent, page 85, Sur terre :
Mais vos chemins vont se rencontrer, au croisement de
Deux univers ,
Néonatal pour les uns et fatal pour vous.
Donc vous l’avez compris, de ce recueil émane une spiritualité tout en finesse et en grâce, à l’instar des mouvements de l’impala. Il n’est pas question de religion (encore qu’étymologiquement religion = religare (du latin) = relier, attacher), quoique l’on puisse penser que la Poésie nous relie justement à la quête d’une force, une élévation personnelle vers quelque chose d’ordre immatériel qui nous allègerait de notre quotidien tel l’oiseau bique-bœuf évoluant en symbiose avec l’impala.
Carine-Laure Desguin