Jacques Martel nous présente son ouvrage "Renaissance"
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RESUME
Les premiers textes de ce recueil sont nés pendant les confinements du COVID : ils explorent des chemins inattendus. Moments suspendus, peurs diffuses, naïveté de joies éparpillées : retour au temps zéro ?
Les poèmes suivants questionnent la relation amoureuse : entre les rêves, les souvenirs, les fantasmes, y a-t-il une part de vérité, pour ceux que le passé a figé, parce que le présent leur échappe, et que le futur n’est jamais là ?
Puis, lorsque l’on croit que la vraie vie – teintée d’amour, ou pas – revient, c’est la guerre qui nous paralyse, nous immobilise, alors qu’on la croyait confinée, encadrée, encastrée dans nos livres d’histoire. La guerre en Ukraine touche l’auteur à plusieurs titres : il a vécu sept années en Russie, pour essayer de percer le mystère de ce pays. Alors qu’il pensait avoir des bribes de compréhension, tout s’est écroulé en quelques heures, même si les choses étaient en partie prévisibles.
Viennent ensuite quelques poèmes qui titillent la notion du temps, ami-ennemi, qui parfois vole la mémoire de nos proches…
Enfin, le recueil se referme sur un texte écrit pour un spectacle ballet, joué à Bruxelles.
BIOGRAPHIE
Né à Rennes, je suis diplômé de la Sorbonne (Master 2 de Lettres Modernes) – j’ai travaillé sur les œuvres de Rimbaud, de Lautréamont et de Jaccottet-, mais je suis aussi licencié en russe et détenteur d’un Master en Français Langue Etrangère.
J’ai vécu 12 ans entre Prague, Saint-Pétersbourg et Séville, avant de m’installer à Bruxelles en 2008.
J’ai appris une dizaine de langues et ai publié un premier recueil de poésie chez L’Harmattan en 2013 (Eclats de mémoire). J’écris aussi des nouvelles et des romans.
J’ai travaillé dans l’enseignement des langues et la culture. J’ai été par exemple directeur de l’Institut français de Saint-Pétersbourg, ou encore directeur du service Culture à la Ville de Bruxelles.
Le 1er juin 2024, je me suis lancé comme indépendant pour offrir mes services de coaching, de formation, d’ateliers d’écriture et de teambuilding (cf mon site internet : L’Esprit du large).
Mélomane, j’ai appris le violon et la guitare ; je pratique aujourd’hui le piano.
EXTRAITS RENAISSANCE
Mystère
Les étoiles tissent leur toile
Sur la voûte argentée
Et mes pensées s’étiolent
Sur cette Voie lactée
Ces milliards de lumières
Me clignent des yeux
Me parlent d’univers
Et de mondes merveilleux
Je pense aux yeux fermés
Qui ne voient que le noir
Alors qu’un tel ciné
Est projeté chaque soir
Au milieu de l’océan
Privé de toute lumière
Le ciel enfin se dévoile
Nous évoque son mystère
Mais l’homme préfère cacher
La splendide vérité
S’inventer des histoires
Des brèves de comptoir
Il se construit des dieux
Des fables qui l’apaisent
Comme des petits mouchoirs
Pour essuyer ses yeux
Tandis que le Mystère est là
Juste posé là
Qu’il suffirait d’admirer
En toute humilité
Sans prétendre savoir
Mieux que son voisin
Ce que dit le grimoire
Cet étincelant parchemin
Mémoire
J’écris sur le bruit des oiseaux
Toi tu marches seule au fil de l’eau
A la recherche des mots anciens
Mais tu cherches et cherches en vain
Quel est ce visage qui peu à peu s’efface
Un froid sans fin s’innerve dans la glace
Prométhée t’a repris le feu
Qu’il est loin le temps de tes aïeux
Quel est le nom des places et des allées
Des pays des villes maintenant en allés
Quelle est cette ombre qui fut ici jadis
Rendez-lui le Pausilippe et la mer d’Italie
Tu as beau lutter tu luttes mais rien n’y fait
Tout s’échappe tout s’envole et rien ne se crée
Un voile imperceptible a lentement glissé
Sur ce que tu croyais être ton passé
Et moi qui gis à six mètres sous terre
Je t’attends déjà les bras ouverts
Viens rejoins-moi au sein de l’éther
Où tout est lumière où il n’y a plus de mystère
Si seulement je pouvais dire vrai
Et t’accueillir paisiblement
Le jour prochain où tu fermeras les yeux
Apaisée enfin au pays merveilleux
Ah si je pouvais t’offrir ma mémoire
Pour que tu te souviennes un peu
Des jours anciens où nous étions heureux
Et que j’oublie mon obsédante histoire
Mais j’écris seul sur le bruit des oiseaux
Et toi tu marches au fil de l’eau
En attendant
La maison est fermée
Les stores et les volets cassés
L’herbe a envahi le gravier
Depuis longtemps personne n’est entré
Il n’y a plus de chien dans le chenil
Les colombes se sont envolées
Il y a comme un air d’abandonné
Et plus de braise dans le fournil
Mais la silhouette reste là sur son fauteuil de paille
Et regarde au loin les gens s’éloigner
Les cris croisés comme des réminiscences
Les bulles effacées d’une autre enfance
De l’aube au soir elle garde le sourire
La table et le cœur ouverts
Le jour où l’autre franchira la porte
Ce sera beau festin de verre
La lumière inondera de nouveau
Les photos et les portraits jaunis
La commode remplie de vieux effets
Le lit froid et le canapé endormi
Des notes bleues s’élèveront au ciel
Le vin soyeux coulera à flots
Les corps s’épancheront comme avant
Comme avant les ventres frémiront
Et peut-être ô peut-être
Qu’un jeune chiot rejoindra le chenil
Et les colombes se poseront
Sur le toit réchauffé du veux fournil