Texte 4 concours 3
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Père Noël et sa vigilance de protecteur
C’était une fin d’après-midi plutôt douce de la mi-décembre. Ma voisine Anne-Marie, m’avait emmenée avec elle jusqu’au centre-ville pour que je puisse faire des achats chez un parfumeur et un confiseur afin de gâter un peu des membres de ma famille et des relations à l’occasion des fêtes de fin d’année. J’avais près de quatre-vingts ans et Anne-Marie environ quinze ans de moins que moi. J’avais simplifié les choses en effectuant plusieurs fois les mêmes achats et avais choisi des présents peu encombrants tels que des petits savons, des petits flacons d’eau de Cologne, des sujets en massepain,…
Anne-Marie était entrée chez un bijoutier pour acheter des breloques de fantaisie. En l’attendant, je faisais quant à moi lentement les cent pas dans le piétonnier et remarquai que Père Noël faisait de même. J’avais salué fort poliment ce gentil monsieur, je lui avais adressé ce que j’espérais être mon plus large sourire et il m’avait répondu d’un aimable « Bonne journée à vous, Madame !».
Après quelques minutes, je fis le choix de m’asseoir sur un banc. Je déposai mon sac de courses à mes côtés et suspendis mon sac à main au dossier du banc. Je prenais plaisir à observer les allées et venues. Soudain, j’entendis un grand cri assorti de paroles : « Va-t’en ! Comment tu oses ! ». Père Noël se fâchait bel et bien et faisait tout un tintamarre comme s’il s’en était pris à un molosse.
Puis il vint se figer face à moi et me dit : « Madame, vous êtes imprudente. Cet individu qui s’encourt cherchait à prendre votre sac ! Rien n’est simple de nos jours. Il ne faut pas faire confiance aux inconnus. » Je remerciai le brave Père Noël. Il me fit un discours sur l’évolution de la société, sur les arnaques, sur le manque des respect envers les personnes les plus fragiles. Il me décrivit aussi l’espèce de désespoir qui au fil des années l’habitait de plus en plus : « On ne croit plus en moi, on ose me critiquer. Dans quelques années, je me retrouverai sans doute au chômage ! » Pour le consoler, je laissai agir mon empathie et je lui offris un flacon de deux cents cinquante millilitres d’eau de toilette. Pour me remercier, il se pencha vers moi, me fit la bise et la voix un peu tremblante me dit : « Ce n’est plus de Père Noël que notre monde a besoin, c’est de mamies comme vous ! ». Il m’offrit ensuite une boule de Noël qu’il avait sortie rapidement de sa poche. Sur cette boule, je reconnus son visage. Je remarquai alors qu’il avait le même regard bleu que notre ancien concierge !
Bientôt, Anne-Marie me rejoignit et conclut : « Eh bien Ginette, on en apprend chaque jour ! J’ai vu la petite scène. Je ne savais pas que tu étais l’amie du Père Noël ! »