Jeu de l'auteur mystère : 3e et dernière partie !!! Alors qui est l'auteur ???

Publié le par christine brunet /aloys

La solution à 18h si vous n'avez pas trouvé l'auteur de cette nouvelle !

Althea a parlé de littérature. N’avais-je pas quelque chose à lire pour la classe ?

Je me traine jusqu’à la bibliothèque, une pièce de trois mètres carrés où les livres, la plupart obtenus par charité, s’entassent pêle-mêle. Cette anarchie n’est pas voulue, l’un des pensionnaires, Chet, un enfant terrible comme on dit pour ne pas heurter, avait reçu la mission d’y mettre de l’ordre. Chet avait vécu dans la rue avec ses parents jusqu’à ses six ans, quand un autre sans-abri avait décidé de dépouiller la famille et, pour faire bonne mesure, avait éclaté la tête du père de Chet sur le trottoir puis avait égorgé la mère avec un tesson de Budweiser.

Le gamin avait échoué à Saint Jérôme après avoir fréquenté plusieurs établissements qui avaient tous fini par le mettre à la porte.

Son comportement destructeur le rendait ingérable, Althea avait compris qu’il lui fallait occuper son esprit. Elle l’avait d’abord chargé de s’occuper des repas, hélas, l’individu n’était guère doué et avait fini par se battre avec d’autres garçons après que ceux-ci lui aient dit ce qu’ils pensaient de ses plats.

L’entretien du jardin n’avait pas remporté davantage de succès car en pur citadin, Chet n’avait pas la main verte.

La vieille Althea avait alors eu l’idée de lui confier la gestion de la bibliothèque après l’avoir surpris en train de lire « La Pastorale américaine » de Philip Roth.

Chet ne savait pas bien lire, mais, avec l’aide la Très Chère Pseudo Mère, il avait progressé chaque jour.

Le garçon avait commencé à ranger les bouquins à peu près au moment où j’étais arrivé à l’orphelinat. Je me souviens vaguement d’un gaillard brusque au visage rubicond que je n’avais côtoyé que quelques semaines. Un mois et demi après le début de son travail, on l’avait retrouvé pendu à la climatisation de sa chambre.

Aucun mot, aucune explication, il s’était foutu en l’air sans rien dire à personne.

Althea en avait été profondément affectée, elle avait un faible pour les âmes égarées.

Depuis, plus personne ou presque n’était entré dans ce local qui sentait la poussière et le vieux livre.

Il y fait chaud, mais comme il n’y a pas de fenêtre, la température y est encore supportable.

Je parcours les rayonnages, y déniche de grands auteurs américains tels qu’Hemingway, Steinbeck, Faulkner, London, Auster.

Je tombe même sur quelques bouquins de littérature française et espagnole. Pendant une demi-heure, je cherche l’ouvrage pour lequel je suis supposé rendre une fiche de lecture, malheureusement je ne me rappelle ni du titre, ni de l’auteur. L’information est sur mon téléphone, comme le résumé que je comptais simplement lire d’ailleurs.

Puis, frappé par l’évidence, je me cogne de front en me traitant de crétin. Althea nous a envoyé le devoir de lecture également par message auquel je peux avoir accès sans passer par le Net. Je dégaine mon téléphone portable, fouille un bref moment et le trouve : « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » d’une certaine Harper Lee.

Il me faut trois-quarts d’heure de recherche intenses pour mettre la main dessus. Je suis en nage, mes vêtements collent à moi comme un vieux pervers à une jeune fille lors d’un slow.

Je me saisis de l’objet et quitte les lieux, le laissant dans un état encore pire qu’à mon entrée.

De retour à la cuisine, je me jette sur le frigidaire, attrape une bouteille de Pepsi et en avale la moitié d’une traite. Je roterai pendant dix minutes, aurai peut-être mal au ventre, mais sur le coup, ça me fait un bien fou.

La salle est climatisée, pourtant, je n’y resterai pas. Les autres vont bientôt se réveiller et l’envahir. Ma propre chambre parait être l’endroit indiqué, même si je n’aime pas trop y séjourner entre le coucher et le réveil. Je m’y rends pourtant.

Une fois sur le lit, stores baissés pour éviter que les rayons ne rentrent, je lis la quatrième de couverture. L’histoire se déroule dans les années trente pendant la Grande Dépression. Je sors mon téléphone pour savoir ce qu’est cette dépression, avant de me rappeler que je n’ai toujours pas de connexion.

Il est également fait mention de l’Amérique sudiste ségrégationniste. Cela doit se passer au Mexique, me dis-je bien que le mot « ségrégationniste » ne me soit pas familier.

Sans trop y réfléchir, j’imagine que cela à un rapport avec les cartels. Après tout, on verra bien...

C’est le premier véritable bouquin que je tiens entre les mains, beaucoup plus léger d’une tablette.

Dès les premières pages, je comprends que je me suis totalement fourvoyé : le récit se déroule en Alabama, aux USA, donc, pas en Amérique du Sud. Les aventures de la famille Finch et de leur gouvernante noire qui leur tient lieu de mère (tiens, tiens, une Pseudo Mère), appelée Calpurnia, finissent par me captiver, même si, au début, je dois avouer que j’ai beaucoup de mal à entrer dans le récit.

Je le lis presque d’une traite, le prenant même aux toilettes et à la cuisine quand nous sommes appelés pour le repas.

Je l’achève vers dix-neuf heures trente, les yeux rougis, la tête affectée d’un léger tournis. Jamais je n’ai lu autant en si peu de temps. L’odeur du papier, un peu moisi, m’a quelque peu enviré. Sentiment non négligeable, je me sens désormais un peu plus intelligent car je possède désormais davantage de vocabulaire.

Au moment où je repose l’ouvrage sur ma table de chevet, on pénètre dans la chambre sans frapper. La porte s’ouvre à la volée et la tête hirsute de la directrice apparait dans l’encadrement.

  • Elle n’est pas avec toi ?

Je m’étire avant de répondre que je ne comprends pas à qui elle fait référence. En réalité, j’ai pigé, mais son arrivée tonitruante m’a mis dans de mauvaises dispositions à son égard. 

« Abelle. Elle n’est pas descendue pour le déjeuner. »

  • C’est normal, il fait trop chaud. Elle viendra peut-être ce soir si la température baisse… ou alors cette nuit. Elle doit être dans sa chambre.
  • Elle n’y est pas.

Le visage d’Althea est gris de panique, je ne l’ai jamais vue dans cet état. Je décide alors de quitter le relatif confort de ma chambre climatisée pour suivre la vieille Mère dans le couloir.

« Comment ai-je pu être aussi sotte ? répète-t-elle sans cesse, tout en ouvrant les portes des chambres. »

Alors que j’avais pris l’affaire par-dessus la jambe, l’attitude de l’aînée commence à m’effrayer.

Si Abelle n’est pas dans son antre, c’est qu’elle a bougé. L’affaire est déjà étrange, mais en observant la femme aux cheveux afro qui se démène malgré la chaleur à tenter de la retrouver, je me dis que la situation devient interpellante.

Alors qu’elle s’apprête à rentrer dans les douches, je saisis la directrice par le coude et l’oblige à se retourner.

  • Que se passe-t-il ? Que craignez-vous ? Elle n’a pas pu aller bien loin.

Des larmes viennent aux yeux de la vieille. Sans encore sangloter, elle m’explique qu’Abelle est venue la voir hier et qu’elle leur a expliqué leur pari.

La fille a expressément demandé à la directrice d’occuper son ami pendant qu’elle lui préparait une farce.

  • Je n’y ai vu aucune malice, pleure-t-elle à présent. Je ne pensais pas qu’elle ferait ça. Quelle idiote ! Mais quelle idiote j’ai été !
  • Faire quoi, Mère ?

Elle ouvre de grands yeux comme si elle se rendait compte de mon insondable bêtise.

  • Je crois qu’elle est à l’extérieur, Robby.
***

 

Le corps d’Abelle est récupéré aux alentours de vingt heures par les ambulanciers équipés comme des cosmonautes et enfermé dans le camion frigorifique.

Malgré la combinaison artisanale qu’elle s’est confectionnée dans le plus grand secret, l’adolescente n’a pas survécu au Soleil. Elle est morte d’un arrêt cardiaque sous les pommiers stériles du verger de Saint Jérôme.

Althea a appelé les secours d’un vieux téléphone datant sans doute du début du vingt et unième siècle. Sans ça, Abelle aurait encore séché quelques heures de plus entre les herbes et pommes pourries du printemps.

Il parait que son corps, enfin, une partie a brûlé, mais c’est ce que racontent les imbéciles du pensionnat. Je n’y crois pas une seconde.

Je vais trouver les ambulanciers avant qu’ils prennent congé et leur demande si la fille tenait quelque chose dans la main quand ils l’ont trouvée. Les professionnels échangent un regard avant de me répondre qu’elle transportait en effet un truc, un machin si étrange qu’ils n’y ont pas cru.

  • C’était une omelette, n’est-ce pas ? je leur demande sans montrer d’émotion particulière.

Ils ne me répondent pas tout de suite, l’un d’eux me sourit tristement, puis opine avant de remettre son casque.

Je regarde leur camion s’éloigner dans l’allée avant de disparaître à l’horizon.

Lorsqu’il n’y a plus rien à observer, je retourne dans la salle principale où tous les orphelins se sont réunis pour parler de l’affaire.

A l’écart, La Très Chère Pseudo Mère s’est écroulée sur un divan en cuir ravagé, le regard vide, les jambes écartées, les bras ballants.

Je prends place à ses côtés. Je me dis que je devrais la consoler, lui caresser doucement l’avant-bras car je sais que c’est ce qu’il faut faire dans ces cas-là. Je n’y arrive pas, je n’ai jamais touché personne ni laissé quiconque le faire.    

« J’ai bien aimé le livre, lui dis-je après être resté un long moment silencieux. C’est Abelle qui l’a choisi pour me distraire, c’est ça ? »

Althea ne peut pas répondre, la culpabilité l’écrase, elle reste totalement immobile, dénuée de force.

Je me dis alors que le moment est peut-être venu d’en profiter :

« Très Chère Mère, peut-être pourrais-tu te servir de ton vieux téléphone pour contacter ceux qui réparent Internet ? »

Même si je suis très loin d’être un spécialiste des relations humaines, je me dis que la demande vient sans doute beaucoup trop tôt.

Je réessayerai demain, quand les choses se seront un peu tassées.

Publié dans auteur mystère

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C
Un coup de l'IA?
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A
L'AI, plutôt !
C
Peter Pen?
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C
Magerotte?
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C
Bob Boutique?
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C
Il est 18h38, nous sommes le premier avril mais quand même. On attend :D
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A
Le chat s'est étouffé ?😄
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P
Il est 18h là 😊
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C
Vous donnez votre langue au chat ?
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C
C'est bizarre que tu ne devines pas parce que, Carine-laure, tu as déjà lu des livres de cet auteur... comme Edmée, d'ailleurs...
A
Si c'est Carine-Laure qui nous balade, je lui offre la médaille du plus grand Pinocchio !🤥...ou celle de Cléo, son poisson (d'avril) 😄
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C
Je jure que ce texte n'est pas de moi. A moins que je sois amnésique.
M
Une bien triste fin. Une histoire accrocheuse. Je ne pourrais hélas deviner qui est l'auteur mystère.
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P
Malgré ses dénégations, je retrouve Carine-Laure dans ce texte, ces mots , ce lieu, quelques bizarreries .... ! <br /> Texte dur, mais beau !<br /> Bravo à l'auteur en tout cas!
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P
Je ne suis pas du tout doué pour trouver les auteurs des textes que tu proposes. <br /> Il y a un peu de Carine-Laure, là-dedans, même si elle n'avoue pas, peut-être un peu d'Ani aussi. <br /> Quoi qu'il en soit, merci à l'auteur(e) pour ce texte.
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A
Pas sérieuse cette histoire de mystère... et puis mystère qui, d'abord ? On fait dans le British, maintenant ?
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C
Aucune idée, vraiment. Encore vérifié, ce n'est pas moi, inutile donc de me coller cette histoire sur le dos, bien que ns soyons un premier avril. Un très bon texte mais de qui? Je reste sur mon idée, Christian Eychloma. Sinon Ben Napier, Ben Nacheval, Ben Navélo, etc.
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A
C'est très amusant de retrouver l'auteur mystère, bravo à lui ou elle pour cette histoire ! J'ai bien pensé à Ben Nappier, mais j'ai un doute, alors je reste sur ma première idée... euh... Joe ?🫤
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C
Joe... si tu passes par là, tu nous dis ?????