Ben Nappier nous propose une nouvelle" La balançoire"
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La balançoire
La nuit est tombée depuis longtemps sur la ville d’Anvy. L’automne est déjà bien installée, lui aussi.
Minuit sonne, nous sommes le 1er novembre à présent. Et donc, nous ne pouvons nous empêcher de penser aux êtres chers qui nous ont quitté. La douleur est bien présente, mais nous continuons d’avancer. C’est ce qu’ils voudraient…
Dans le quartier Est, un jeune homme avance vers une plaine de jeux. La pleine lune pose ses rayons sur la balançoire, cette dernière possède deux sièges. Notre ami s’assoit sur celui de gauche, comme à son habitude.
Le jeune homme reste silencieux. Il ne craint pas la nuit, contrairement au jour. Cela fait maintenant six mois. Six mois, déjà…
Un sourire se dessine sur le visage de notre ami. Il commence à parler, à raconter le conte comme on dit dans la région. Le réveil a été très difficile, il n’a pas été à l’école aujourd’hui. D’ailleurs, cela fait bien un sacré moment qu’il n’y est plus retourné. Non, il a marché, marché et marché dans la ville. Pour ne pas dire « errer ».
Avant de venir dans ce lieu rempli de beaux souvenirs, il a quand même regardé un film : « Les noces funèbres » de Tim Burton. Ce n’est pas un film d’horreur, c’est vrai. Mais il est quand même dans le thème d’Halloween. « C’est toi qui me l’a fait découvrir. » dit-il.
Silence…
Il promet. Il promet d’essayer d’aller consulter quelqu’un. Une amie de sa maman connaît une psychologue, une très bonne à ce qu’il paraît. On verra bien… « Je te le promets, vraiment. Mais là, pour l’instant, je ne le sens pas encore. Ce n’est pas encore le bon moment. »
Notre jeune ami ne dit plus rien. Il lève les yeux vers la pleine lune. De l’espoir ? Peut-être. Oui, peut-être…
Cinq bonnes minutes passent. Il décide de se lever, le besoin de rentrer à la maison est maintenant présent. Il se lève, dépose les mains dans les poches de son jean et commence à marcher. Notre ami ne peut s’empêcher de se retourner vers la balançoire. « Tu me manques... »
Il regarde la balançoire pendant quelques secondes… Puis reprend son chemin.
Il règne un calme absolu dans la plaine de jeux. Il est minuit et vingt minutes.
Le siège droit de la balançoire commence à valser. Il lui manque... à elle aussi.
BEN NAPPIER