Concours 2 Texte 4
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Mon plus beau souvenir de vacances
Le soleil dardait ses plus beaux rayons et je songeais à tous les vacanciers qui se prélassaient sur le sable chaud. Nous n’étions que quelques âmes insensées à nous tenir assis sur ce trottoir urbain, au milieu d’une circulation dense et d’une pollution étouffante. Tandis que les heures défilaient et que ma patience s’effeuillait, je ressentis un infime désir de profiter normalement de ce séjour unique que je ne revivrai jamais plus.
Aussitôt, je secouai la tête comme pour chasser cette alternative raisonnable. Dans les yeux de mes compagnons d’attente, je décelais la même fièvre. Nous savions pourquoi nous étions là, dans ce quartier nauséabond, face à ce portail dont nous guettions l’ouverture avec avidité. Ce tas de ferraille coulissant était réellement une frontière entre leur monde et le nôtre. Je bus quelques gorgées avec mesure car je ne savais pas combien de temps j’aurai encore à tenir.
C’était pour eux que nous souffrions ainsi et, pour eux, aucune souffrance n’était insupportable. Oh, bien sûr, nous n’avons pas toujours été déçus : plusieurs fois, le portail s’était ouvert ; plusieurs fois, des acteurs, -des stars comme nous les surnommions-, ont diligemment signé une poignée d’autographes ou posé pour quelques clichés. Mais, chaque jour, je revenais subir la même attente. Toujours insatisfaite. Le cou tendu vers ce portail grisâtre. Les yeux rivés sur ce trottoir qu’elle avait sûrement foulé de nombreuses fois.
Cet après-midi-là encore, c’était elle que j’attendais. Tous les autres, si brillants qu’ils soient, si renommés, si adulés, étaient éclipsés par cette femme que j’adorais chaque soir à travers mon écran de télévision. Je nourrissais une jalousie impitoyable envers les fans qui avaient eu le privilège de poser à ses côtés. Je crois que je n’en demandais même pas autant. Je voulais seulement la voir. Juste la voir sourire en vrai. Elle est si belle…
Le soleil déclinait lentement mais les jours d’été s’étirent tant que cela ne m’inquiétait guère. Oui, je venais encore de sacrifier plusieurs heures de ces vacances dont j’avais tant rêvées et que j’avais préparées pendant des mois. Mais, je ne regrettais rien. Si je pouvais avoir le bonheur de lui parler... Quelle audace ! Lui parler ? A elle ? Cette femme si talentueuse, si parfaite ! Voilà que je m’emportais ! Les vagues de l’excitation me parcouraient à nouveau, et, à chaque grincement d’ouverture du portail, mon cœur s’emballait à se rompre.
19 heures déjà. Il serait bientôt l’heure de rejoindre ma famille pour une dernière soirée au bord de mer. Les vacances touchaient à leur fin. Et je restais sur ma fin…
Ce jour-là, j’avais la certitude qu’elle était en tournage. On nous l’avait dit. Nous le savions tous. Et pourtant, ce soir-là, elle a quitté les studios sans emprunter « le portail des fans », mon portail. Lorsque le vigile nous a avertis que tous les artistes avaient déserté les lieux de tournage, j’ai cru que le quartier s’effondrait autour de moi. Je partis, le cœur serré, les mains moites, le dos glacé. Sur le chemin du retour, je tentais tant bien que mal de me raisonner, de me rappeler que je n’avais pas besoin de la voir pour aimer les personnages qu’elle incarnait si brillamment. C’était inutile.
Après cela, quel souvenir de vacances allai-je bien pouvoir raconter à ma grand-mère ?