"Le géant Elias", une nouvelle signée Rayan Zowski

Publié le par christine brunet /aloys

Le géant Elias

 

Laissez-moi vous raconter une histoire, celle du géant Elias. Cette histoire ne date pas d’il y a longtemps, elle est de nos jours.

Je ne pourrai pas raconter le début de sa vie, je n’ai aucune information à ce sujet. Tout ce que je sais, c’est qu’à l’âge de douze ans, Elias mesurait déjà plus d’1,80 mètres. C’était un enfant fort réservé, et donc fort malheureux. C’est très difficile, la différence…

A l’âge de 17 ans, Elias s’était inscrit dans l’équipe de Basketball de Senvy, les « Purple Kangoo ». Sa grand-mère lui répétait souvent : « Tu seras doué, mon grand. J’en suis certaine. » Il lui avait fallu six mois pour franchir la porte du hall des sports. Mais Elias l’avait fait !

Dès que l’entraîneur le vit, celui-ci exprima un grand sourire. Il tenait désormais une arme, une arme absolue. Un ado de plus de deux mètres, cela ne se refuse pas…

Le premier match d’Elias eut lieu un beau dimanche d’automne. Lorsque vint la distribution des numéros, il ne restait plus que le 13. Elias sourit, ce numéro ne devrait que lui porter chance.

Senvy jouait contre Saint-Morcq, le voisin. C’était donc un derby. Et un derby, cela ne se joue pas. Cela se gagne ! Et qu’importe la force de l’adversaire !

L’entraîneur demanda à Elias de s’asseoir sur le banc. « Tu seras notre arme secrète », lui dit-il à l’oreille. Elias ne rechigna pas, le coach a toujours raison.

Le score était de 8 à 36. Saint-Morcq était bien plus fort que prévu. Le coach fit signe à Elias de s’échauffer, il était grand temps…

Le match se termina. Quelle rencontre ! On peut dire que c’était une sacrée taule. Cette partie restera à jamais gravée dans la mémoire…

Le lendemain, Elias se présenta à l’entraînement, tout heureux. On peut dire qu’il avait bien mouillé le maillot. C’est simple, il avait gagné le match à lui tout seul. Quelle immense fierté !

- Elias, je voudrais te parler, lui dit l’entraîneur.

Elias quitta le hall des sports, la tête basse. « Tu es beaucoup trop fort. Désolé, mon grand. » Le coach a toujours raison…. Elias se retourna et regarda une dernière fois le hall des sports. Les larmes coulèrent… Rentré chez lui, Elias s’assit sur son lit. « Ce monde n’est pas le mien, il est beaucoup trop lourd à porter… »

 

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La capitale. Un hôpital. Un septième étage.

Elias regardait un match de basket dans le salon commun. On peut dire que les États-Unis étaient vraiment redoutables.

Une jeune femme entra dans la pièce.

- Où en est la rencontre ? demanda t-elle.

- Les Américains dominent largement. Je ne pense pas que leur adversaire vont renverser la situation.

- En même temps, les USA ont Mike Danjon.

- « Mike Danjon » ?

- Tu ne le connais pas ? C’est actuellement le meilleur joueur de la NBA. Et donc, le meilleur joueur du monde !

- Excuse-moi, je l’ignorais. J’aimerais tellement pouvoir suivre cette compétition, moi aussi. Mais…

- « Mais » ?

- Cela pourrait me faire atrocement mal. Ici, c’est différent, on prend soin de nous. Mais chez moi…

- On t’a rejeté ?

- Oui. J’étais trop grand…

- Ou trop fort.

- Je ne sais pas…

Silence…

- Moi aussi, j’ai été exclue. Je voulais faire partie d’une équipe. Mais comme je ne mesure même pas 1, 60 mètres…

- C’est injuste…

- C’est comme ça. Nous sommes des bannis, toi et moi…

- Je le pense, aussi…

Ils se sourirent tous les deux. Elias osa tendre la main…

 

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Des années et des années plus tard.

LE choc de ce week-end ! Les Lakers de Los Angeles affrontent les Bulls de Chicago. Le spectacle promet d’être grandiose ! C’est la NBA !

Dans les gradins, un homme et une femme sont assis côte à côte.

- Rachelle, je peux te poser une question ?

- Je t’en prie, Elias.

- Pour toi, qui est le plus grand joueur de tous les temps ?

- Michael Jordan. Parce qu’il n’a jamais dit qu’il était le meilleur.

- Bonne réponse, dit Elias en souriant.

Ils se regardent dans les yeux…

Les joueurs sont tous à leur place. Ils sont prêts ! Elle pose la tête sur son épaule. Quant à lui, il pose la mains sur la sienne.

Ce monde est le leur. Ils le portent… ensemble.

 

Rayan Zowski

 

Publié dans Textes

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A
Une jolie histoire qui finit bien ! Trop mimi ces deux-là !
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P
Encore une jolie nouvelle! Bravo!
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C
Un dimanche qui commence avec de l'espoir et de belles histoires, ouf. Je pense à monsieur Atlas qui habitait le Tournaisis. Il mesurait plus de deux mètres. Il n'a pas ri tous les jours, je suppose. Et puis, toutes ces autres différences vécues par tellement de gens.
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M
J'aime beaucoup les nouvelles de Rayan. Bravo !
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P
Rayan a beaucoup d'imagination !
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