Philippe Hocepied nous présente son ouvrage "Tu sais, toi ?"
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BIOGRAPHIE
La biographie que je propose dans la fiche de référencement est à la troisième personne, concise et en lien direct avec mon livre. En voici une plus personnelle et développée :
Je suis né en Flandre, comme plusieurs membres de ma famille. Je suis né en 1963, un 3 mars, à Courtrai, mais j’ai vécu mes 10 premières années à Mouscron. C’est sur les planches d’un théâtre de cette ville wallonne que mes parents se sont rencontrés. À ma naissance, ils ont renoncé aux planches, mais ils m’ont donné le goût des mots et de la lecture.
À dix ans, j’ai déménagé à Bruxelles, qui est très vite devenue ma ville de cœur. Depuis maintenant 25 ans, j’habite à Ogy, un village aux portes du très beau Pays des Collines, entre Flobecq et Lessines.
Je considère que je n’ai aucun talent particulier, mais au fil du temps, en dehors de la lecture, j’ai développé une affection particulière pour l’architecture ; la politique et les réflexions sur l’environnement. Je me suis d’ailleurs impliqué pendant 18 ans dans la vie politique lessinoise.
Tu sais, toi ? est la première histoire que je publie. C’est un très court roman. Certains diront même que c’est plutôt une longue nouvelle ou plus précisément une « novella ». J’en ai écrit la première ligne peu après le décès de mon père, en 2004 (sa disparition brutale m’avait ébranlé comme jamais je n’aurais pu l’imaginer). Pour diverses raisons, j’ai pris mon temps pour l’écrire. Pendant quelques années, je l’ai aussi laissé au fond d’un tiroir car il fallait que le temps passe et que je fasse mon deuil, comme on dit.
Tu sais, toi ? est le titre que je lui ai trouvé spontanément, dès que j’ai écrit la première ligne. Il a un côté candide et profond qui m’a tout de suite plu : c’est une question que pose Jérémie, le petit garçon de mon histoire, à sa peluche, à lui-même et au lecteur. C’est une question qui en couvre plein d’autres !
Tu sais, toi ? n’est pas un texte autobiographique, mais avec lui, j’ai pu faire revivre l’enfant que j’étais. Grâce à lui, j’ai pu faire remonter à la surface des liens invisibles que j’avais noués avec mon père, que par pudeur, par bêtise aussi, je n’avais pas voulu voir.
EXTRAIT DU LIVRE :
« Maman trempe une tartine grillée dans son café. Elle la tient avec ses deux mains et regarde les gouttes de café tomber. Elle ne me voit pas arriver. Quand elle relève la tête, son visage est fripé comme si elle avait passé la nuit en boule dans son lit… Je m’approche. Elle me sourit, dépose sa tartine et m’ouvre grand ses bras. Je me serre contre elle. J’aimerais l’embrasser mais c’est elle qui me couvre de baisers. Ai-je passé une bonne nuit ? Je devine que la sienne a été difficile. Par solidarité, j’aimerais lui dire que non. Je ne veux ni mentir, ni lui faire de la peine, alors je lui dis que ç’a été. Elle me dit qu’elle me fera un chocolat chaud. Le couvert est mis ; je n’ai qu’à m’installer et à me tartiner une belle tranche de pain avec la confiture aux prunes de Mamie en attendant. Son visage se défripe peu à peu. Elle s’active, sort le chocolat, le lait, un poêlon, une cuillère en bois. Pour un peu, elle chantonnerait car ce chocolat semble lui faire encore plus plaisir à elle qu’à moi. À défaut de notes enchantées dans mes oreilles, c’est la douce odeur du chocolat qui vient me caresser les narines. Elle ajoute le lait sur le chocolat fondu et touille avec la cuillère. C’est bientôt prêt. Le téléphone sonne dans la pièce d’à côté. Maman me demande de prendre le relais quelques instants, le temps de répondre. »
RÉSUMÉ DU LIVRE :
À dix ans et demi, Jérémie perd brutalement son père. Il découvre la mort, des rituels vides de sens, et voit les adultes sous un autre jour. Refusant que les cendres de son père soient soustraites au cycle de la vie, il prend la folle décision de « les libérer ». Il fugue, dérobe l’urne au cimetière et prend la route vers la ville côtière où il passe habituellement ses vacances. Ce voyage va le transformer. Sur le chemin, Jérémie ment pour avancer, découvre de nouvelles sensations libératrices et sent grandir en lui l’amour qu’il porte à son père. Arrivé au bord de la mer, il ne comprend pas tout, mais il sait que son père sera à jamais avec lui.
« Tu sais, toi ? » est un texte tendre et lumineux sur le deuil, l’enfance et la puissance des liens invisibles.