Emmanuel Araguas nous propose quelques pistes de réflexion pour son ouvrage "L'archipel des hommes debout"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Quel est le prix que nous acceptons de payer pour nous sentir déliés ?

De quelle monnaie le payons-nous : monnaie-loyauté, monnaie-temps, monnaie-souffrance ?

 

1 – Récit de Voyage

Il s’agit d’un récit, mais surtout d’une « relation » de voyage, de voyage intérieur en même temps que de voyage de l’autre côté de la « ligne ». Commandé par des travaux d’enseignement (en English Contract Law) le voyage est l’occasion d’alimenter une recherche doctorale en droit comparé dédiée au « rapport d’obligation ». Cette « relation » est donc double : étudier ce « lien de droit » et éprouver les « liens du cœur » fait de ce récit la relation d’une relation.

 

2 – « Il faut rester debout ! »

Mais un drame a frappé, bouleversant tout alors que voici l’obligation au départ ! Or, il faut bien vivre, même dans l’effondrement, même dans la déchirure de la natte intime tressée de tous ces liens. Se redresse-t-on toujours ? Peut-on toujours rester debout comme m’y exhorta le Pr. Buisson ? Que signifie « Long God yumi stanap ! », cette devise nationale du Vanuatu, sinon un mystérieux appel intérieur à se redresser ?

 

3 – Un système mixte insulaire ?

Au fil du parcours, des découvertes et des rencontres, le récit décrit plusieurs coutumes modernes dont la relation n’aurait pas sa place dans une thèse mais qui ne méritent pas de ne pas être recensées pour autant car elles ont des choses à montrer à ceux qui veulent rester debout ou se redresser. il y a la « Kastom » bien sûr, mais il y a aussi l’apprentissage de ce qu’est le don, de ce qu’est le contre-don répondant au don et de ce qu’est le par-don, par-dessus le don. Or, ceci, notre « coutume de monnaie » nous le masque, nous qui, pour nous soumettre à nos obligations, nous dicte de « travailler comme des esclaves » pour vivre sans plus vivre de par-don mais seulement de monnaie-souffrance.

 

4 – (P)rendre la parole

La parole se donne plutôt, avec « respect et humilité », sur la natte, cet espace de palabre en coutume mélanésienne. Sur mon propre « chemin coutumier », invité à deux mariages coutumiers, ma natte intérieure fut rapiécée. Je compris que les liens précèdent la norme en ce « pays des hommes debout » que sont le Vanuatu et la Kanaky. Ma « relation » de voyages (voyage premier – professoral –, voyage second – doctoral – et tiers voyage – viscéral) m’a délié. Livrée au monde, l’écriture de ce carnet « aux antipodes de la thèse » offre à tous de mesurer si, mesurant le prix coutumier à payer pour non pas prendre mais rendre la parole, je suis devenu un « homme debout ».

 

Emmanuel ARAGUAS

Publié dans Présentations

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A
Le récit d'une rencontre et d'une expérience humaine marquante, semble-t-il.
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C
Intéressant.
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P
Pas le genre de livres qu'on rencontre habituellement ici. C'est bien de diversifier.
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