- Dis, Papy, c’était comment, quand t’étais petit ?
Le plus grand s’est fait le porte-parole des autres encore en peine de s’exprimer, mais qui manifestent leur soutien inconditionnel à la démarche de l’aîné par un silence approbateur. Même les garçons adorent qu’on leur raconte des histoires avant d’aller au lit. Toutes les tactiques sont bonnes pour retarder le moment fatidique.
- Dis, Papyyy !!!
- Il était une fois un temps que vous, les petits, ne pouvez pas connaître.
Un temps, vous ne sauriez l’imaginer une seconde,
Sans portables, ni consoles, ni jeux vidéo.
Où les seules tablettes étaient en chocolat.
- Les soirs d’été, le journal parlé de l’INR bouclé et le souper terminé, le voisinage se réunissait
devant chez Parrain dont la maison avait le plus large perron. On sortait les chaises et chacun prenait place. C’était parti pour la vesprée. Il y avait Maria la voisine, toujours bien emmitouflée en raison d’un rhumatisme agressif, le Maître de l’école communale des garçons, représentant le savoir laïc, un fonctionnaire retraité et son épouse incarnant la respectabilité, Catherine une autre voisine d’une rurale jovialité, et des parents montés du bas du village.
- Papa avait la singularité, devenue curieuse au XXIe siècle, d’être à la fois père biologique, géniteur, social, nourricier, légal et légitime. Cela nous évita de pénibles démarches pour retrouver nos racines identitaires, voire biologiques, nous les avions sous les yeux au quotidien.
- Au sud des barrières nationales, c’est l’étranger, et même l’exotisme. L’accent y est bizarre, le verbe haut, les phares des voitures sont jaunes (à l’époque). On mange différemment, on y déjeune lorsque nous dînons, et ils dînent lorsque nous soupons. Leur pain a une forme bizarrement allongée, contrairement au bon pain normal, bien rond, à la rigueur carré. Ils l’appellent baguette ; nous l’appelions très logiquement le pain français, ce qui faisait bien rigoler leurs boulangers.
- « Sa vocation se dessina très tôt ». Tel est le lieu commun de rigueur dans les discours officiels et les éloges funèbres. Pourtant, non, je n’ai pas fait partie de ces nouveau-nés qui, au terme de leur première tétée, se sont exclamés : « Moi, quand je serai grand, je serai PDG, trader, avocat pénaliste, PELÉ, Président…, ou Chirurgien … (rot libératoire) spécialisé dans la cure de hernie …(courte interruption pour un deuxième rot jubilatoire et expiratoire) droite non étranglée. Na ! Areu ! ».
BIOGRAPHIE
Né à Namur dans un autre siècle. Docteur en médecine, chirurgien et enseignant (à la retraite). Et petit-fils, fils, époux, père, beau-père et grand-père.
Également l’auteur de S’il te plaît ! Dessine-moi un stéthoscope (Éditions namuroises, 2009), Ô Lazaret (Editions Publibook, 2010), Curieuse histoire de la médecine (Éditions Jourdan, 2019), et La Satanique Covidie (Editions Vérone, 2022).
RESUME
Les petits-enfants, cousins égaillés en divers coins de la planète, se retrouvent périodiquement pour les vacances.
« Dis, Papy ! Comment c’était, quand tu étais petit ? » L’auteur essaie de répondre à leur question par un regard amusé sur trente années glorieuses, quarante années professionnelle et quelques années de grand-père, en de multiples tableaux proposés aux petits-enfants et aux moins petits. Avec quelques apartés entre « grands » et quelques réflexions sur la façon dont l’univers de l’enfant et son éducation ont évolué. Était-il vraiment différent d’aujourd’hui, le monde de l’après-guerre ?
« (… ) trop excité pour dormir ce soir si tu continues à manger ces saloperies ! »
« On ira là où ils font le homard. Tu sais, là où tu peux demander deux préparations… »
« … tes cadeaux à la fin ! Si ça continue, ton père va finir par se… »
« … de boire un verre. Ils ont de la Triple d’Anvers dans ce bar et tu devrais la goûter avant de mourir… »
Les bribes de conversation l’effleurent sans s’y accrocher, comme si leurs doigts, malingres et malhabiles glissaient sur une armure. Depuis son nouveau départ, les gens n’ont plus de prise sur lui. Il est invulnérable, il n’a plus rien à craindre de la vie désormais.
L’odeur des churros, des barbapapa, des amandes enrobées de sucre, tout ce charivari odorant ne l’écœure même plus. Pourtant, le mois dernier, il n’aurait même pas été capable de se mêler à la foule de peur que ses narines captent l’un de ces fumets. Il craignait de vomir, le front collé à un mur, le corps cassé en deux comme l’un des fêtards intempérants de Saint-Géry. Il a toujours redouté le regard des uns et encore davantage la compassion des autres. Depuis qu’il est malade – mais est-ce réellement un repère temporel, il l’est depuis tellement longtemps – il a développé une allergie aux bons sentiments, l’obligeant à fuir ses amis, et même sa famille alors qu’il n’a, tout au plus, que des cousins éloignés dont il n’a plus de nouvelles depuis qu’il a fait sécession avec la société.
Disséminées un peu partout à grands frais par le bourgmestre et sa clique de menteurs, les enceintes diffusent une daube sirupeuse tout à fait consensuelle et dans l’air du temps. Ça dégouline d’esprit de Noël, d’amour et d’autres conneries absolument insupportables. Il a la tentation de s’éloigner, de contourner les cabanes outrageusement illuminées où les commerçants ont l’air de bouder, mais cela signifierait effectuer un détour considérable. Il aime aller droit au but, c’est dans sa nature. Il fend donc la foule sans se presser, s’écartant uniquement pour laisser passer les poussettes – une idée de dingue ! Quel genre de personne s’encombre de ce type d’engin pour se noyer dans la masse ? – évitant les gamins bourrés de sucre et les couples enlacés qui se croient seuls au monde.
Sur son dos, le sac pèse une tonne, il lui scie les épaules et les reins. Bientôt, il le déposera et il se sentira bien mieux. Sisyphe bientôt débarrassé de sa pierre…
« (… ) du manège, mon chéri. Celui du Vismarkt est bien plus beau, je t’assure. »
Il passe devant l’un des carrousels qu’on nomme « steampunk », il tourne chaque hiver depuis qu’il est gamin. L’homme a toujours eu un peu peur de ces monstres mécaniques, surtout de l’improbable batracien flanqué d’une coque sur le dos, ses yeux fixes et flous l’ont toujours terrifié. La première fois qu’il l’a vu, il a cauchemardé une semaine entière.
Quel est le dangereux névropathe qui a un jour décidé de remplacer les gracieux chevaux de bois multicolores par ces horreurs ?
« (…) Grande roue après ? Il paraît qu’on voit toute la ville. Mais quel froid de gueux, par contre. La dernière fois, j’ai failli perdre mon portable… Heureusement que… »
Devant le stand de confiseries, il y a du monde. Les gens sont indisciplinés ; au lieu de se placer en file, les gourmands se massent anarchiquement par grappes. Pauvre société ! Ça bouffe, ça picole, ça gueule, ça n’a aucune allure. Il s’occuperait bien de ceux-là s’il en avait le temps.
C’est alors qu’il pose les yeux sur ELLE, celle pour qui il a fait tous ces efforts.
Flanquée du logo de la société des jeux la plus célèbre d’Europe, la grande roue se voit de très loin comme un hideux phare urbain. Autrefois, dans son ancienne vie, il y grimpait, ne fut-ce que pour ressentir un peu d’adrénaline. Désormais, il la voit comme un furoncle immonde sur le dos de la capitale. Il ne la supporte plus, rien que sa vue l’exaspère, elle est le symbole de cette société putréfiée.
Dans son sac à dos, enroulé autour de ses épaules, il a calé entre des mètres de papier-bulle, une bombe artisanale. Il n’aura qu’à déposer ses charges dans l’une des nacelles sous les sièges – le sac est blanc, il sera presque invisible – qu’il quittera après le tour de rigueur. Ensuite, après s’être éloigné suffisamment, il n’aura qu’à actionner le détonateur.
En s’approchant de la monstruosité de métal, un doute l’assaille. Et si les charges n’explosaient pas ? Il se met à transpirer. Que ferait-il si cela ne fonctionnait pas ? Son pas ralentit alors qu’il s’approche de la file de celles et ceux qui attendent devant la grande roue en dévorant des churros, des gaufres et autres immondes sucreries. Aucun garde n’est posté à l’entrée pour demander aux gens d’ouvrir leur sac. En revanche, deux agents postés non loin de là portent sur la foule un regard las. Ils sont sans doute de faction pour rassurer le peuple, mais ils ont l’air de s’ennuyer plus que des gamins à un repas de charité.
Il braque ses yeux vers le sol afin d’éviter leur regard, puis il se rend compte qu’il fait tout pour attirer leur attention, il doit faire l’effet d’un acteur de cinéma mal dirigé. Il ne doit pas se faire pincer, pas si près du but.
L’homme se redresse, pas trop car le sac est pesant, puis se place en bout de file. À vue de nez, il ne montera pas dans la nacelle avant une dizaine de minutes, si pas davantage. Il se demande si, tout compte fait, il ne devrait pas actionner ses charges maintenant. Il n’aurait qu’à déposer discrètement son bagage et faire semblant de prendre un appel en s’éloignant lentement, il possède un vieux portable qui le fonctionne plus depuis belle lurette, mais il ferait sans doute illusion quelques instants.
Soudain, tout lui parait beaucoup moins évident que lors de l’élaboration du plan. A-t-il la berlue ou les flics se sont rapprochés de lui ? Il trouve que l’un d’eux le regarde avec trop d’insistance et porte la main à sa ceinture, sans doute pour appeler des renforts.
L’individu ne tient plus et rompt les rangs, trop vite, il n’a pas eu trop le temps de réfléchir… Il fait un pas, suivi d’un autre, son cœur pompe à toute berzingue, ses mains sont tellement moites qu’il serait incapable de tenir quoique ce soit, il sent les veines de ses tempes pulser. Il en est sûr, il va exploser avant sa bombe.
Bio
Auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles parus chez différents éditeurs, Gauthier Hiernaux est un auteur belge francophone né à Mons en 1975 et résident à Bruxelles depuis les années 2000.
Il est licencié en Langues et Littératures romanes de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et possède une agrégation de l’enseignement supérieur.
Il est formateur en informatique depuis plus de vingt-cinq ans et partage sa vie entre sa famille, son travail et ses activités littéraires.
Résumé
Bruxelles, 18 décembre, Plaisirs d’Hiver (Marché de Noël de Bruxelles)
Un engin explosif provoque la mort de dizaines de citoyens, dont la fille de la Ministre de l’Intérieur.
À un an de la retraite, le Commissaire-divisionnaire Abel Van Dockx se voit confier les rênes d’une cellule extraordinaire destinée à arrêter le coupable. Cette traque le mènera à côtoyer de nombreux milieux, des bas-fonds de la capitale aux nobles familles belges.
Tandis que Van Dockx remonte péniblement la piste, il combattra un autre adversaire qui lui dévore peu à peu les poumons et contre lequel il ne peut rien.
La biographie que je propose dans la fiche de référencement est à la troisième personne, concise et en lien direct avec mon livre. En voici une plus personnelle et développée :
Je suis né en Flandre, comme plusieurs membres de ma famille. Je suis né en 1963, un 3 mars, à Courtrai, mais j’ai vécu mes 10 premières années à Mouscron. C’est sur les planches d’un théâtre de cette ville wallonne que mes parents se sont rencontrés. À ma naissance, ils ont renoncé aux planches, mais ils m’ont donné le goût des mots et de la lecture.
À dix ans, j’ai déménagé à Bruxelles, qui est très vite devenue ma ville de cœur. Depuis maintenant 25 ans, j’habite à Ogy, un village aux portes du très beau Pays des Collines, entre Flobecq et Lessines.
Je considère que je n’ai aucun talent particulier, mais au fil du temps, en dehors de la lecture, j’ai développé une affection particulière pour l’architecture ; la politique et les réflexions sur l’environnement. Je me suis d’ailleurs impliqué pendant 18 ans dans la vie politique lessinoise.
Tu sais, toi ? est la première histoire que je publie. C’est un très court roman. Certains diront même que c’est plutôt une longue nouvelle ou plus précisément une « novella ». J’en ai écrit la première ligne peu après le décès de mon père, en 2004 (sa disparition brutale m’avait ébranlé comme jamais je n’aurais pu l’imaginer). Pour diverses raisons, j’ai pris mon temps pour l’écrire. Pendant quelques années, je l’ai aussi laissé au fond d’un tiroir car il fallait que le temps passe et que je fasse mon deuil, comme on dit.
Tu sais, toi ? est le titre que je lui ai trouvé spontanément, dès que j’ai écrit la première ligne. Il a un côté candide et profond qui m’a tout de suite plu : c’est une question que pose Jérémie, le petit garçon de mon histoire, à sa peluche, à lui-même et au lecteur. C’est une question qui en couvre plein d’autres !
Tu sais, toi ? n’est pas un texte autobiographique, mais avec lui, j’ai pu faire revivre l’enfant que j’étais. Grâce à lui, j’ai pu faire remonter à la surface des liens invisibles que j’avais noués avec mon père, que par pudeur, par bêtise aussi, je n’avais pas voulu voir.
EXTRAIT DU LIVRE :
« Maman trempe une tartine grillée dans son café. Elle la tient avec ses deux mains et regarde les gouttes de café tomber. Elle ne me voit pas arriver. Quand elle relève la tête, son visage est fripé comme si elle avait passé la nuit en boule dans son lit… Je m’approche. Elle me sourit, dépose sa tartine et m’ouvre grand ses bras. Je me serre contre elle. J’aimerais l’embrasser mais c’est elle qui me couvre de baisers. Ai-je passé une bonne nuit ? Je devine que la sienne a été difficile. Par solidarité, j’aimerais lui dire que non. Je ne veux ni mentir, ni lui faire de la peine, alors je lui dis que ç’a été. Elle me dit qu’elle me fera un chocolat chaud. Le couvert est mis ; je n’ai qu’à m’installer et à me tartiner une belle tranche de pain avec la confiture aux prunes de Mamie en attendant. Son visage se défripe peu à peu. Elle s’active, sort le chocolat, le lait, un poêlon, une cuillère en bois. Pour un peu, elle chantonnerait car ce chocolat semble lui faire encore plus plaisir à elle qu’à moi. À défaut de notes enchantées dans mes oreilles, c’est la douce odeur du chocolat qui vient me caresser les narines. Elle ajoute le lait sur le chocolat fondu et touille avec la cuillère. C’est bientôt prêt. Le téléphone sonne dans la pièce d’à côté. Maman me demande de prendre le relais quelques instants, le temps de répondre. »
RÉSUMÉ DU LIVRE :
À dix ans et demi, Jérémie perd brutalement son père. Il découvre la mort, des rituels vides de sens, et voit les adultes sous un autre jour. Refusant que les cendres de son père soient soustraites au cycle de la vie, il prend la folle décision de « les libérer ». Il fugue, dérobe l’urne au cimetière et prend la route vers la ville côtière où il passe habituellement ses vacances. Ce voyage va le transformer. Sur le chemin, Jérémie ment pour avancer, découvre de nouvelles sensations libératrices et sent grandir en lui l’amour qu’il porte à son père. Arrivé au bord de la mer, il ne comprend pas tout, mais il sait que son père sera à jamais avec lui.
« Tu sais, toi ? » est un texte tendre et lumineux sur le deuil, l’enfance et la puissance des liens invisibles.
Une puissance venue du futur a implanté dans le présent les graines d’un avenir sans espoir pour l’Humanité.
Axelle de Montfermy s’engage alors dans un voyage temporel à très haut risque entre sociétés spécistes agressives et sociétés porteuses d’espoir afin de trouver le flux capable de réparer les dégâts.
La boucle du temps se referme sur un choix : ne pas repartir, lutter dans le présent pour tenter de sauver l’Humanité de son destin ou repartir pour créer, au sein du flux temporel choisi, une contre puissance forte et implacable. Mais l’ennemi veille…
Quel flux temporel l’emportera ?
Extrait :
Le début de la boucle…
Les coups pleuvent comme autant de coups de boutoir. Elle ne sent plus son corps. Sa tête semble sur le point d’exploser. Sa gorge est partiellement obstruée par le sang qui a envahi sa bouche. Elle va y rester, cette fois. Axelle de Montfermy joue avec le feu depuis des années, infiltrant et démantelant des groupuscules factieux violents : sa spécialité.
Mais cette fois, la mission est pourrie : les données transmises par son superviseur sont vérolées. Elle s’est préparée pour affronter un groupe de terroristes salafistes, a peaufiné son identité pour coller au profil, mais est tombée sur des suprématistes blancs dirigés par une ordure de première, un albinos à la mâchoire et aux oreilles démesurées, une caricature d’inhumanité qui prend son pied, depuis des heures, à la torturer.
Elle n’a même plus peur : elle encaisse sans réagir, détruite aussi bien physiquement que psychiquement. Ses yeux ne voient plus. Les voix ne sont plus qu’un brouhaha indistinct. Seuls les hurlements de son corps sont encore audibles.
Une odeur de fumée. La morsure ultime et salvatrice des flammes…
Biographie
Née dans le sud de la France, elle a poursuivi des études linguistiques de russe, de tchèque à Prague puis d’arabe au Caire. C’est à Preston (GB) qu’elle commence à écrire, d’abord des thrillers SF puis policiers.
Après un détour en Bourgogne puis en Auvergne, elle retrouve Marseille et sa Provence natale. Globe-trotter dans l’âme, elle parcourt le monde à la recherche de la différence.
Aujourd’hui rédactrice en chef de la revue littéraire « Les petits papiers de Chloé » et de la Web TV « ActuTv », directrice de publications aux Editions Chloé des Lys, elle a publié douze thrillers. Les veines du temps est son treizième roman et le 3e tome de la saga HX13.
Elisabeth Chancel est née au Nord de la Bretagne, entre une mer indomptable et une forêt mystérieuse. Bien que son métier d'enseignante occupe une grande place dans sa vie, elle en accorde une encore plus importante à l'écriture. Après avoir auto publié de nombreux livres sous format "e-books", elle se lance pour la première fois dans l'aventure de la publication en format papier.
Synopsis
Dans le pays de Brocéliande, l'émoi règne. Des témoins affirment avoir aperçu d'authentiques druides se mêler aux ombres des ormes majestueux. Lorsqu'un meurtre a lieu, la tranquillité des Bretilliens est définitivement rompue. Au début, le gendarme Maxence Lamien ne réalise pas l'ampleur de cette enquête qui le conduira à douter de tous et de tout, y compris de l'amour.
Extrait
"La cagoule lui fut enfin retirée et elle se frotta les paupières pour habituer ses yeux à la lumière, pourtant faible, du lieu. Le trio s'était arrêté dans une clairière baignée d'une étrange lueur jaunâtre qui ne provenait pas de la lune mais de sept flambeaux plantés autour de la scène. La nouvelle venue se pinça discrètement le bras. Un rire moqueur montait en elle mais elle se garda bien de laisser le moindre son franchir ses lèvres."
Où, dans une bourgade rocheuse du nord de la Norvège se rencontrent et se téléscopent assassins, policiers et enquêteurs, Samis éleveurs de rennes, pêcheurs de crabes, la boutique à souvenirs et surtout des victimes malchanceuses…
Décor très vivant parmi ces morts, la neige, les usines où on traite le poisson, la montagne qui devient falaise et tombe brutalement dans une mer agitée couleur plomb fondu, ourlée d’écume blanche, les petites maisons de bois vivement colorées sur le ciel lourd, et surtout des morts spectaculaires : la tête de la première victime est retrouvée accrochée sur le séchoir à morues du quai, au milieu des têtes de poissons.
Hedda Bergström, la capitaine de police norvégienne, revenue dans son village pour se reprendre après une rupture amoureuse, sera aidée d’Olaf Brekke dont l’épouse appartient à la communauté samie et Nils Mathissen, un cyber-génie.
Les soupçons iront dans toutes les directions, les locaux, un couple de Français, des Samis, une terroriste islamiste potentielle, et on est un peu en bobsleigh, descendant à toute allure et frémissant dans les tournants, jusqu’au dénouement…
Un voyage dans le grand nord qui donne froid pas seulement dans le dos, et se déroule à toute allure. Prenez les doudounes et accrochez-vous, on n’a pas le temps de s’ennuyer !
Longtemps professeur de français à l'Institut Saint-Luc de Ramegnies-Chin, Bernard Wallerand a toujours aimé écrire, surtout des poèmes. Depuis quelques années, il est animé par l'envie profonde de raconter des histoires, d'écrire des récits de vie où l'humanité et le renouvellement coexistent, mêlant engagement social et sensibilité. Ses ambitions littéraires se situent à la croisée de la résilience et de l'exploration de l'âme.
Les raisons qui l'ont motivé à écrire "Chant d'Amour ukrainien" sont multiples. Tout d'abord, le fait que ses petits-fils et leurs parents vivent en Pologne, pays limitrophe de l'Ukraine. Lorsque la guerre a débuté, il a imaginé le danger qui pouvait les frôler. Il a donc suivi cette guerre, au cœur de ces inquiétudes, de ces fragilités. Ensuite, il a eu l'occasion de donner des cours bénévoles à des primo-arrivantes ukrainiennes et russe. Il a été bouleversé par leur amitié qui fait fi du conflit. Dès lors, on ne s'étonnera pas qu'à travers ce chant d'Amour ukrainien, il veut écrire l'espoir au cœur du fracas des armes. Comme pour chacun de ses romans, il veut faire voguer ses pensées sur les vagues de la vie. Les faire rejaillir dans des ondulations poétiques, dont son écriture est empreinte, en un geyser d'espérance !
Synopsis
"Chant d'Amour ukrainien" est un murmure d'espoir au cœur du fracas des armes. L'auteur tisse les fils de l'Amour, la Vie et l'Espérance dans le tumulte de la guerre. Son roman est une ode à la paix, là où l'ombre cherche à étouffer la lumière. Au centre du récit, une famille ukrainienne : brisée par la séparation, marquée par l'exil, mais portée par de profonds élans de tendresse. A travers elle, le roman évoque les six premiers mois du conflit entre la Russie et l'Ukraine, période de chaos durant laquelle subsiste, pourtant, un besoin vital : préserver à tout prix les rêves suspendus…
Extrait :
En Ukraine, la vie ne serait plus la même. S'estomperaient les visages souriants. Pâliraient les joues colorées d'insouciance. Se pinceraient les lèvres ivres de joie de vivre. S'effaceraient à coup sûr les moments de vie heureux. Rien qu'à deux ! Au coin du feu. En famille, avec les enfants ! À la plaine de jeux du coin. À l'ombre des appartements.
En Ukraine, la vie serait tout autre ! Aux instants de fêtes baignés de soleil succéderaient des moments de déchirante désolation. Se figeraient sur le sol les pas de danses folles. Celles qui animaient les fêtes familiales. Se briseraient, cassées dans leurs élans, les farandoles. Celles qui faisaient lever tous les convives de leurs chaises. On ne se tiendrait plus par l'épaule. On ne s'embrasserait plus à tour de rôle. D'un coup de baguette disparaîtrait aussi la magie des danses traditionnelles. C'en serait fini des acrobaties des hommes. Leurs élans vertigineux s'unissaient si harmonieusement aux mouvements lyriques des femmes. Ainsi donc, le tempo de l'existence allait changer. On rangerait au placard les guimbardes et les sopilkas. Se désaccorderaient les bandouras et les balalaïkas.
En Ukraine, la vie allait épouser la nuit. Sans aucune forme de préavis. Dès lors, le pays allait être plongé dans l'ombre. Pétrifié de froideur et d'heures sombres.
Assis à son bureau en bois foncé, le Président russe, Vladimir Poutine. Le visage de marbre.
Comment donc chroniquer un récit si luxuriant, si riche et varié en anecdotes, paysages, personnages, nourriture ou animaux sans en trahir la narratrice ?
Dans ce foisonnement, j’ai choisi de sélectionner ce qui m’a le plus marquée, impressionnée, émue ou fait sourire. J’ai fait ce choix sans suivre la chronologie de l’auteur mais bien le plaisir de ma lecture.
On visite Montclair et sa colline d’iris, l’’île de Manhattan où se mêlent toutes les parties du monde, de Little Italy à Chinatown, les campus de Yale ou Princeton, la jolie petite ville de Woodstock, ses boutiques artisanales et ses tomates bio.
On flâne lors des promenades-maisons dans les beaux et les moins beaux quartiers.
« Il n’est pas rare de voir une maison dont le côté fait face à la rue, ce qui lui donne l’air d’un train ou d’une roulotte mal garé. Le manque d’appuis de fenêtres donne un aspect plat et frêle qui correspond à la réalité. »
On se balade encore. « Seule pour la plupart du temps, j’aimais me promener sur la route déserte qui s’enfonçait loin dans le rien entre les collines, une heure dans un sens, et le retour. »
On s’arrête au bord des routes « des stops peu diététiques dans les ‘diners’ pour se remplir l’estomac de crêpes au sirop, café et jus d’orange, le tout servi par des dames en tablier de nylon rose mâchant du chewing gum, un bic enfoncé dans la laque des cheveux qui nous appelaient Honey et Sweetie. »
On déguste les tortillas d’Angel, les pupusas chaudes du matin d’Antonio, le gâteau au chocolat indigeste d’une vieille indienne « mais fait avec le cœur, ingrédient de choix… ». Bien sûr, la dinde de Thanksgiving, juteuse et rondelette, le hominy, une préparation de maïs dégustée lors d’un repas cherokee, le homard de Mystic au fumet et à la texture mémorables.
On s’égare dans les allées-avenues des supermarchés où on trouve peu de produits frais. « Le rayon de légumes et fruits, c’était le rayon du compost : plants de céleri jaunes, raisins moisis, tomates effondrées, pêches frémissantes sous les moucherons heureux… et le tout désespérément insipide. »
Lola, Simone, Gastonne et Clara m’ont séduite avec leurs grandes et belles plumes rayées, dindes chéries accompagnées de dindons sauvages qui mettaient à mal pelouses et parterres de fleurs.
Les chats du matin en attente de caresses et de leurs chansons m’ont bien fait rire.
Puis, on croise mille personnes. Les amis, les voisins, la famille.
Les clients de l’imprimerie-photocopie, la surprenante et enjouée Cindy, Clément au rire communicatif, Theresa, une sans abri, Mohammed, un Afghan magnifique, « deux mètres et 120 kgs de gentillesse », Susan, « une white trash enjouée qui avait des dents de murène d’une couleur peu proche du blanc » d’autres affublés d’un surnom , le Croque(mort), l’Avocate.
Et les Indiens, nomades splendides sur la grande route des pow wows dans une ambiance douce, calme et respectueuse. Ils se déplacent d’Etat en Etat se lançant dans des joutes pacifiques de danse, de tambour ou de costume. « Les pow wows bénis par un temps clément sont les mieux réussis parce que le son des tambours n’y rebondit pas sur des murs nus, s’élançant au contraire dans la beauté du monde, sans que rien ne le retienne. Les odeurs de pain indien frit, ragoût d’élan, tacos, riz sauvage avec bison se rencontrent avec bonheur. »
Je m’arrête ici dans la présentation de ce récit, prospère tranche de vie, que je vous invite à découvrir avec le même ravissement que moi.
Carine Argoud, vit en France près de Grenoble où elle enseigne dans le primaire. Elle a grandi au pays de la noix, au pied du Vercors. Adolescente, elle commence à écrire et c'est pour elle un exutoire.
Plus tard, passionnée de l'âme humaine, c’est au cours d’une période de deuil qu’elle reprend l’écriture automatique. Inspirée par ce qu’elle traverse, elle se nourrit aussi de témoignages spontanés.
Un jour, entre les lignes, se dessinent les prémices d’une histoire. En quelques semaines, les personnages de Derrière le hasard s’imposent à elle. Elle écrit son premier roman.
Extrait
Madame,
Au vu de votre dossier, nous avons le plaisir de vous informer que votre candidature a été
retenue pour une mission humanitaire au Cambodge, à Phnom Penh. […]
Je monte quatre à quatre les marches d’escaliers jusqu’au second étage, pénètre chez moi et
saute comme un cabri à travers l’appartement. Heureuse et soulagée d’un poids. Le poids
d’un retour au travail.
Résumé
À 33 ans, Jeanne a tout pour être heureuse, une famille et des amis sur qui elle peut compter, un métier qu’elle a choisi, une vie sociale bien remplie.
Cependant, elle ressent un mal-être croissant, au point qu’il lui devient impossible de poursuivre sa vie sans se mettre en quête de réponses. Elle nous entraîne dans son parcours initiatique.