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Alfred Herman nous présente son recueil de poèmes "Rêver de ma Belgique"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Biographie

Alfred Herman est né à Tirlemont, le 15 juillet 1922. Belgo-suisse, il habite 21, Boulevard de la Forêt, CH 1009 Pully.

Ses débuts littéraires remontent à 1938. Il écrit ses premiers poèmes. Résistant de 1940 à 1945, secouriste Croix-Rouge avec médaille d’argent pour services éminents rendus au pays, il a fait un bref séjour en prison de la Gestapo. Il est pharmacien depuis 1947 et poursuit son envol littéraire. Né en région alors bilingue d’un père wallon, il garde ce sang en ses veines, d’où sa culture, essentiellement française comme sa langue maternelle, son éducation, ses études. De là ces brimades flamandes hostiles, par les cris « Walen buiten » (Wallons dehors). Il voudrait retourner à Liège où il habitait en 1930, mais ne trouvant de pharmacie en Wallonie, il aboutit à Lausanne comme pharmacien au CHUV. Son premier recueil paraît en 1961 et il termine le 33ème. Il écrit des nouvelles, des méditations, des études comme celles sur l’ésotérisme du gothique sacré, celles sur les pièges de sa langue française qu’il défend avec ardeur.

Il accumule médailles de bronze, argent, vermeil et or, nombreux trophées et autres distinctions honorifiques.

On a souvent cité le parcours exceptionnel de ce pharmacien-poète dont la vie fut si bien remplie et dont le palmarès est vraiment remarquable et réellement hors du commun.

De plus tous ces textes, poèmes ou prose, sont porteurs de très importants messages en langue clair mais souvent voilé, un apport d’une certaine lumière en un monde plongé dans les ténèbres.

Quand on lit ces longues laisses en vers réguliers, on a souvent l’impression de lire du Lamartine et du Victor Hugo lorsque le poète se fâche. On a dit qu’il faisait le pont entre Verlaine et Verhaeren. Le poète apporte une vision d’ensemble avec le reflet des climats d’une âme sensible aux décors de la vie et des existences spirituelles et métaphysiques.

C’est une poésie de proximité qui s’élève jusqu’à l’épopée. Il existe donc encore un vrai poète lyrique digne de tous les grands poètes lyriques anciens.

 

 

Accroche

Pourquoi tel recueil après 45 ans en Suisse ?

Avec l’âge et la méditation sur la vie et sur ses alea, Alfred HERMAN a tenté de renouer avec ses racines et surtout avec ces souvenirs perdus au fils des temps. Loin du berceau de sa famille, cette région de Liège, Aubin et Dalhem, il songe à tous ces temps passés, à la Meuse, à l’Amblève, aux Ardennes comme à cette Mer du Nord.

Surgissent aussi des sujets touchant à des moments capitaux en leur essence par une influence sur son départ, et surgissent alors cette sensation d’avoir perdu ce qu’il avait de capital : sa Liberté.

Il revoit des scènes de son jeune temps, des scènes typiques du folklore, et toutes ces visions se mêlent et s’incrustent dans une vision pittoresque de son Pays natal qui plonge en son cœur comme l’ancre du navire s’incruste en la tourbe pour que s’arrête le navire. Un cœur, un navire nommé : MA BELGIQUE.

Il y eut certes ces mouvements flamingants dont il a souffert, car c’était pour Alfred Herman une atteinte à sa langue française dont il s’est toujours fait acharné défenseur par tous moyens depuis l’âge de 15 ans. Mais il part du principe que flamand et wallon ne sont que des prénoms, Belge est le nom de famille. Il aimait cette parole d’Émile Verhaeren.

Et souvent il croit entendre chanter au loin ce Coq Wallon…

 

Extraits

La perle

 

Dieu créa l'Univers, vit que tout était bon,

Mais avant le repos, sa force qui fascine,

Dans sa grande sagesse, souhaita un fleuron

Couronnant son œuvre d'une beauté divine.

 

Dieu désira sur terre un reflet du soleil,

Un réel paradis d'amour très poétique,

Et forgea la perle d'un éclat sans pareil,

Étincelant bijou que l'on nomme: Belgique

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Frank Greiner nous présente son roman "Bleu absolu"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

Un court extrait :

 

L’essentiel de ses bagages se trouvait ailleurs, dans son matériel de peintre : principalement ses couleurs, qu’il rangea méthodiquement dans l’espace désormais libre. Des pigments dans leurs tubes et leurs flacons, et une multitude de petites feuilles peintes, la plupart sans aucun dessin, simplement pour visualiser les diverses teintes et nuances de sa palette. Au reste, il y avait aussi son ordinateur, outil indispensable du peintre ou du plasticien actuel. Je ne comprenais pas très bien sa démarche. Il avançait dans une région incertaine du savoir, quelque part entre l’art et la science. Il m’expliquait qu’il était à la recherche du bleu absolu. Tout était parti, me révéla-t-il, le jour où sa boîte, du temps où il travaillait encore comme directeur artistique, lui avait demandé de réfléchir à un spot télé pour une marque de sandales. Il me montra quelques esquisses auxquelles il avait travaillé en ce temps-là. On y apercevait une femme marchant sur le bord d’une plage. L’image me fit immédiatement penser à une série de photos que j’avais prises de Mary, lors de nos vacances en Crète. Je la lui montrai. Il s’étonna aussi de la ressemblance. On aurait dit que les esquisses avaient été décalquées sur les photos. La vie recèle d’étranges coïncidences. On y vit en tout cas le signe que Raphaël avait bien fait de venir se loger chez moi pour y poursuivre sa quête. Tout était donc parti, me dit-il, de ce spot. Des sandales il était passé au bleu du ciel et de la mer, puis à une réflexion de plus en plus exigeante, laquelle l’avait inévitablement éloigné de son projet publicitaire et avait même provoqué son licenciement.

 

 

Biographie :

 

Frank Greiner a déjà publié un recueil de nouvelles aux éditions Chloé des Lys. Il est également l’auteur de nombreux articles, conférences, essais portant sur l’ésotérisme et sur l’histoire de la littérature. Il enseigne à l’Université Lille 3.

 

 

Résumé :

 

Mary s’est suicidée sans motif apparent. Pour René écrire revient à se souvenir, pour arracher Mary à l’oubli ou percer le secret de sa mort volontaire. Peu à peu apparaît l’incroyable vérité. Mary est toujours là sans qu’il puisse la voir ni communiquer avec elle. D’autres voix se mêlent à celle de René : celle de Mary dont on apprend qu’elle cherche vainement l’issue du monde où elle se trouve désormais enfermée comme en prison, celles aussi de Georges, le théosophe, et d’un jeune peintre, Raphaël, obsédé par une couleur fondamentale, peut-être celle de la mort ou de son au-delà : le bleu absolu. Un bleu extraordinaire qui se révèlera bientôt étroitement lié au destin de la jeune défunte.

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Charlie Zampi nous présente son ouvrage "Le Bleu"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

BIOGRAPHIE

 

Originaire de Charleroi, plus précisément de Marchienne, j’ai touché à beaucoup de domaines et ai beaucoup voyagé. Cette passion de l’aventure m’a conduit dans beaucoup de régions du monde. Tantôt avec mon sac-à-dos, tantôt pour le travail, les études, mes recherches, j’ai voulu découvrir, rencontrer, comprendre.

D’abord assistant social pendant plusieurs année, j’ai ensuite étudié l’anthropologie. Ce parcours universitaire m’a permis de voyager en Afrique. Plus que mes recherches sur l’animisme et la maladie, j’ai été frappé par la culture africaine…

Aujourd’hui, j’enseigne dans une Haute Ecole. La philosophie, l’anthropologie, etc. sont des passions que je tente de transmettre aux étudiants.

Plus près de moi, le partage, la rencontre, la découverte permettent de façonner le regard que l’on porte sur chacune de nos aventures.

 

RESUME DU LIVRE

 

 ISBN : 978-2-87459-984-2

Le 11 août, Lomé, Togo

Ce matin-là ou ce soir-là, la lumière était particulière. Elle n’était ni jaune clair comme celle d’un soleil d’Est ni même rougeâtre alors qu’il tombe sur l’Atlantique. A l’horizon, tout était roux, des feuilles des baobabs jusqu’à la route poussiéreuse de la ville. J’avais pourtant déjà été surpris par les couleurs du ciel, allongé sur ma natte en plastique, mais jamais comme ce onze août. J’avais alors décidé que ce serait un jour important, un moment qui allait bouleverser ma vie à tout jamais et qui me permettrait de rompre avec mon existence « d’hier ». Ce ciel, que je regardais sans cesse et depuis si longtemps, m’ordonnait à présent  de partir loin, sans rien prendre avec moi, juste peut-être de quoi m’allonger et mon sac-à-dos orange.

 

Ayo est atteint d’une maladie ; il est aveugle d’une couleur. Il n’a rien fait pour la provoquer ; elle survenue en un éclair, violemment et sans qu’il n’ait pu le prévoir. Sans attendre, il décide, à onze ans, de chercher un remède à sa maladie. Il part ainsi sur les routes du Togo, son pays natal, pour ensuite voyager à travers l’Afrique. Il se perdra parfois mais sans faillir à la promesse qu’il s’est faite : guérir.

L’histoire ne s’arrête pas là ! Ayo a vécu avant d’être malade ; il a vécu à côté de Pierre et de Madame Duchêne, des personnes qui l’ont enrichi et qui lui ont donné une force peu commune. Oui, avec eux, Ayo a repoussé les limites du mot « espoir ».

Mais il devra attendre quelques années pour connaître le secret de sa guérison. Où ? Chez Mama, la grande prêtresse de Togoville. Enfin…c’est ce qu’il croit, parce en vérité, l’aventure ne fait que commencer.

En effet, à Bamako, au Mali, quelqu’un vient d’atterrir ; elle s’appelle Lincar.

Lincar quitte son pays, la Belgique, pour partir enseigner le français dans un lycée de le capital malienne. Elle sort tout juste de l’université. Ayo, lui, a bien grandi ; il est un jeune homme.

Le hasard, du moins en apparence, les fait se rencontrer. Un autre chemin s’ouvre alors à eux…

 

 

EXTRAIT DU LIVRE

 

Dans mon vieux carnet, j’écrivais chaque rencontre, je décrivais chaque ville, parfois je dessinais aussi. Les pages se remplissaient donc d’histoires sans intérêt. Plus que mes histoires, c’était ma vie qui était sans intérêt. En voyageant, je croyais guérir mais à chaque étape, l’échec m’attendait comme pour me rappeler que j’étais aveugle et cela, qu’importe l’endroit où je me trouvais. Je me suis ainsi oublié à Amlamé ou Mandouri en m’accrochant à l’espoir. Sur le retour, près de là où j’étais parti des années plus tôt, l’aventure se transforma en une amère désillusion. J’acceptais doucement de ne plus revoir le bleu. Je voulais mourir.

            

Résigné, je décidai de poursuivre ma route à pied, depuis Vogon jusqu’à Lomé… Et, c’est sur cette courte route qui allait me mener à l’océan, sur la plage que j’avais aimé autrefois, que je m’arrêtai, à mi-parcours…

Mon carnet, le début, Togoville

« Patience Ayo… Tu as trouvé le chemin. Oui ! Très loin, dans un pays que tu ne connais pas, existe un remède. Mais tu dois encore marcher quelques mois ou quelques années pour le trouver », j’appris dans la maison, tout en haut de la rue.

 

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Christine Brunet présente la bande annonce de son nouveau thriller "HX13"

Publié le par christine brunet /aloys

A PARAÎTRE le 1er OCTOBRE 2017

aux EDITIONS GASCOGNE

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=Sxgja_J4080

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Cécile Biehler nous propose un extrait de son roman "Esquisse d'un chef d'oeuvre"

Publié le par christine brunet /aloys

 

3

Pianissimo

(très doucement)

 

 

Dans cette boutique, les horloges à répétition et les montres ne s’exprimaient jamais.

Ici, c’était à l’épaisseur de la couche de poussière sur les armoires, les lampes ou les vieux périodiques que l’on mesurait le temps qui passait.

Jacques, le propriétaire des lieux, chérissait ces objets. Tout petit déjà il s’était attaché à eux. Vers cinq ou six ans, il avait pris l’habitude de vivre perpétuellement avec certains d’entre eux : une superbe pierre aux reflets d’opaline, une pince à linge violette, sa première dent de lait tombée.

 

 

Ils constituaient des points d’adhérence au monde qui se modifièrent subtilement à mesure que son âge avançait : il vivait actuellement en concubinage avec une salière, une punaise, une télécommande, un cendrier et un réveil arrêté.

Ici, les vieux meubles craquaient, une pile de journaux pouvait s’effondrer, certaines bagues lui narraient des amours périmés. Seuls y étaient interdits de séjour les objets marquant les heures de la journée.

Jacques détestait qu’on lui dictât le temps.

Avec l’expérience, il avait appris que lorsque l’on n’avait pas un instant défini pour chaque acte, celui-ci se réalisait de lui-même au bon moment.

Il ne pouvait souffrir, surtout, la fréquentation des montres-bracelets : menottes d’un temps autoritaire, de son ego démesuré.

 

L’une seule d’elles en état de marche aurait faussé toutes les perspectives de sa journée.

Funambule en perpétuel déséquilibre entre les heures imposées, inéprouvées et celles libertaires plus ajustées, il craignait perpétuellement de basculer.

Dans le vocabulaire de l’horlogerie, ne parlait-on pas d’ailleurs de montres à compensation, de frottements et autres expressions barbares ?

Seul le terme « échappements libres » lui convenait.

Il aimait cela plus que tout : la liberté. Celle de converser à tous moments avec les tableaux, les commodes, les fauteuils Voltaire. Chaque journée amenait de nouvelles confessions : un bois joyeux, un velours triste.

Il naviguait des uns aux autres avec douceur, arrangeur de leurs états d’âme afin que l’ensemble forme une composition harmonieuse.

 

Souvent, les meubles frémissaient d’impatience à son approche.

Il se nourrissait de leurs expériences, de la charge affective déposée en eux.

Certaines fois, il en tombait presque amoureux.

Dernier béguin en date : une théière en faïence écrue incrustée de fleurs mauves et son col ébréché. De celles que l’on rencontre parfois dans les maisons de campagne surmontées d’un porte-filtre d’où s’exhale l’odeur familière du café du matin.

L’amertume de s’en être séparé la semaine passée…

D’autres objets plutôt rusés ne lui faisaient pourtant guère illusion comme cette roublarde de table faussement marbrée.

 

La patine meurtrie, dépressive, l’armoire qui manque d’étouffer : peu de ses clients savaient écouter, peu estimaient à leur juste valeur les marques du passé.

D’emblée, lorsque l’un d’eux passait la porte, commençait à feuilleter un incunable ou posait ses mains sur la rayonne d’une liseuse, il pouvait arrêter son jugement ; leurs doigts étaient bien souvent trop brutaux et vulgaires pour faire d’eux une famille d’adoption convenable.

Lorsqu’il avait ouvert son commerce, selon les prix qu’on lui en proposait, il avait bien souvent bradé certains objets.

S'en sont suivies, ensuite, des nuits d’une blancheur coupable.

Ecœuré de lui-même : sa puanteur surtout, celle d’un maquereau en décomposition ayant passé sa vie à vendre des corps au plus offrant. Jusqu’à saturation, jusqu’à la pose de l’écriteau dans la vitrine : « Bail à céder ».

Bientôt il lui faudra choisir les objets qui l’accompagneront au-delà de la fermeture.

Quatre ou cinq pas plus, qu’il gardera près de lui contre l’isolement des vieux jours.

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Cecile Biehler nous présente son ouvrage "Esquisse d'un chef d'oeuvre"

Publié le par christine brunet /aloys

 

L’auteur

 

CECILE BIEHLER, monteuse audiovisuelle et auteure de onze ouvrages (nouvelles, poésie, poésie illustrée, recueil épistolaire…) dans lesquels dialoguent souvent son travail de plasticienne et d’écrivain ; écrits teintés de mélancolie et d’humour, en quête d’une vulnérabilité salvatrice.

Tous ses ouvrages sont consultables à l’adresse internet suivante :

http://biehlercecile.wix.com/cantique-des-etoiles

Parallèlement, elle anime des ateliers d’écriture pour adultes et dans les collèges et lycées de sa région où ses ouvrages sont étudiés.

 

Le livre

 

« Esquisse d’un chef d’œuvre » est un roman sous la forme d’une longue suite mélodique.

 

Jacques, un antiquaire en recherche d’une seconde vie professionnelle se fera vendeur de souvenirs pour Nathan à qui il manque tous ceux d’un père.

Jean-Yves, comptable coincé et obsessionnel se reconnaîtra en l’enfant et se découvrira une raison d’être en prenant soin de lui.

Les failles, les manques, les peurs de François et Jean-Yves vont se rencontrer à la croisée de deux tables de café. Ils vont se repousser l’un, l’autre. Ils ne savent pas encore qu’ils ont un dénominateur commun : Nathan. L’un est son père biologique, l’autre deviendra son père adoptif.

L’antiquaire constituera une aide précieuse pour retrouver leurs souvenirs, la petite amorce d’un changement qui trouvera son accomplissement grâce à Louis, gardien de phare, poète et rêveur. Le seul à avoir suffisamment de détachement pour les amener au pardon et à la rédemption.

Les plaies cicatrisées, le passé accepté, le père retrouvé, toutes ces mémoires enfin assumées : françois pourra alors vivre pleinement et sereinement sa mort.

Il aura compris cette leçon fondamentale : la vie n’est rien d’autre qu’une immense symphonie avec ses silences, ses mouvements, ses temps et contretemps (d’où le rythme singulier adopté pour les chapitres de l’ouvrage).

Il aura compris que c’est uniquement en incarnant sa misérable condition humaine qu’on peut espérer transcender son existence et tenter d’en faire un chef-d’œuvre.

 

EXTRAIT

 

Les bruits, les sons et quelques clichés photographiques pris depuis le sommet du phare : sa définition à lui de la vie, de ses joies, de ses peines. Il avait su apprivoiser cela. Les mots, il y en avait trop ou pas assez, il n’arrivait jamais à mettre la main sur le bon et n’aimait pas les choses trop compliquées.

De là-haut, il observait le monde sans définition ni date.

Il avait ce temps-là, cette liberté-là outre quelques menues tâches quotidiennes : allumer et éteindre la lampe, nettoyer les réflecteurs paraboliques ainsi que la chambre de veille, réparer les vitres brisées.

Sa seule responsabilité : veiller à éclairer les navires en conjurant le mauvais temps ; prendre garde qu’ils ne s’égarent au loin, actionner la corne de brume au besoin.

Sa seule raison d’être ? Encore une fois, aucune définition ne lui venait.

Aux yeux du monde, il incarnait la solitude du phare (hormis ses quelques promenades buissonnières au café du port qui lui valaient de descendre puis de remonter la centaine de marches de l’escalier en colimaçon jusqu’à son poste de travail).

Aux yeux du monde, il semblait, comme son caban, n’avoir ni envers ni endroit.

Les gens, contrairement à lui, paraissaient tenir beaucoup aux catégories.

 

Louis, c’était bizarrement d'en-haut qu’il se sentait le plus concerné par les gens et le paysage.

A force d’observer à distance, il pouvait deviner l’humeur des gens rien qu’à leur manière de se tenir sur la digue : courbés, bien droits, ramassés sur eux-mêmes, contemplatifs face à la mer…

Il trouvait que les hommes ressemblaient beaucoup aux dunes : des embonpoints, des boursouflures mais à des endroits différents.

Souvent, après, il oubliait, c’est à cela que lui servaient son carnet et son vieux Leica.

Le même depuis vingt ans. Il n’en aurait changé pour rien au monde !

Les nouveaux appareils possédaient tous des zooms qui faisaient un tel raffut que leur présence aurait dérangé l’ordre des choses.

 

S’il préférait l’humanité vue de là-haut, c’est que Louis savait très bien que les chimères ne quittaient guère la terre de plus de quelques centimètres alors que les idéaux s’envolaient bien plus haut. Il en allait de même pour les rires.

Cette vue panoramique sur le monde : sur les humains et sur l’océan avec leurs colères inexplicables, les mouvements de foule sur la plage, les éclaircies d’un soleil en sursis…

Le flux et le reflux des vagues contre le pied du phare, sa rage d’être éclairé par l’érectile édifice…

Le vent aussi, toujours, celui qui rendait fous les nuages en les obligeant à se courir après toujours plus vite ; celui qui emmêlait les cheveux et les esprits, celui qui peut-être le rendrait dingue lui aussi un jour ou l’autre.

 

 

Ce petit goût de sel sur la langue lorsqu’il penchait la tête au-dehors…

Parfois une mèche blanche de sa chevelure mal peignée venait se glisser subrepticement sur l’une ou l’autre photographie, parfois aussi une ou deux volutes de ses Gitanes. Il aurait préféré que sa présence fut une absence discrète. Il préférait que les hommes, les choses ne fassent que passer comme les oiseaux.

Aujourd’hui, il n’avait rien photographié encore. Il observait l’enfant en contrebas.

Souvent sur la plage, les gens s’agitaient, criaient, couraient en tous sens et Louis ne pouvait s’empêcher de penser à tout ce vide qui devait les habiter.

Mais pas l’enfant, l’enfant c’était autre chose qu’il ne pouvait clairement définir encore…

 

 

La teinte de son regard peut-être : un gris de ciel trop chargé.

De ces couleurs qui ne devraient pas avoir droit à l’existence ! Criminel pour un enfant d’avoir à porter celle-ci.

Louis pensa qu’il fallait parfois beaucoup de mélancolie amusée pour supporter le monde, pour accepter toutes ses finitudes : celle de la plage, celle de l’horizon, celle de sa place, là, tout simplement.

Là pour saisir la douceur extrême avec laquelle l’eau avait pris soin de déposer quelques navires de papier aux pieds de l’enfant. Louis savait qu’ils préserveraient une part d’imaginaire sortie tout droit de la matrice de l’océan.

Louis savait qu’il devait éclairer les pas du petit vers ceux de son père.

 

 

Louis, en attendant, le veillait de son regard bienveillant tandis qu’en cette nuit le paysage se recouvrait d’un doux lavis d’encre de Chine.

 

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Alexia Zampunieris nous présente son recueil de nouvelles "Mademoiselle cherche le soleil"

Publié le par christine brunet /aloys

Biographie

 

Passionnée d’écriture, Alexia Zampunieris publie son premier recueil de nouvelles, « Mademoiselle cherche le soleil ».

*

 

Résumé du livre

 

Ces héros n’en sont pas. Ils ne sont ni spécialement beaux, ni riches, ni célèbres et n’ont aucun talent particulier.

Ils font des erreurs, changent de destinée, aiment passionnément et détestent profondément. Ils ont entre 0 et 81 ans, ne se connaissent pas mais partagent le même désir : celui d’être enfin acteurs de leur propre vie.

Douze nouvelles, et autant de destins différents qui, mis en lumière, reflètent nos propres vies.

 

*

Mademoiselle cherche le soleil

Extrait

 

J’aurais voulu que tu me dises que j’étais ton monde et que moi seul pouvais le faire tourner. Je donnerais n’importe quoi pour qu’un simple de mes regards suffise à te déstabiliser. J’aurais adoré être ton nord, ton sud, ton est et ton ouest, ton repère dans ce monde de fous. Etre tes matins d’hiver et tes soirées d’été. J’aurais aimé que tu me dises que plus rien ne comptait lorsque tu étais près de moi, que mes baisers te manquaient et que tu ne trouvais plus de sens à ta vie puisque je n’étais plus près de toi. Alors, oui, tu vas me trouver égoïste, peut-être, de te dire tout cela. Tu vas me répondre qu’il est trop tard, que j’aurais dû te dire tout ça avant. Avant que tu partes. Mais je ne réalisais pas à quel point tu comptais pour moi. Je ne me rendais pas compte qu’avec toi, il ne faisait jamais nuit. Que tu rendais mon ciel toujours plus bleu, que tu donnais une saveur particulière à n’importe quelle nourriture, que je n’avais pas à m’inquiéter de l’avenir puisque mon avenir, c’était toi.

 

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La planète de Pâques... courte évocation signée Marion Oruezal

Publié le par christine brunet /aloys

 

Ah, l’île de Pâques… Son nom seul est synonyme d’exotisme. J’imagine volontiers Indiana Jones en quête d’un trésor fabuleux sur cette île perdue du Pacifique. Je l’imagine percer les secrets les plus opaques des Moais, les célèbres géants de pierre à la silhouette si caractéristique. L’île de Pâques, c’est un désert abreuvé de mystère.

Mais l’île de Pâques, c’est aussi un passé chargé d’Histoire. Une bien sombre histoire. Celle des hommes qui exploitent les ressources naturelles avec une insoutenable intensité. Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus rien. Et qu’ils finissent, au cœur de cette Nature dévastée, par mourir à leur tour.

Aujourd’hui, les hommes modernes reproduisent les erreurs commises par les peuples anciens de l’île de Pâques. Les moyens techniques, titanesques, sont tout autres. Et l’échelle, planétaire. La planète tout entière revit la désastreuse histoire l’île de Pâques.

Sur la planète de Pâques, les hommes sauront-ils, cette fois, s’arrêter à temps ?

« La Planète de Pâques » est un roman de Marion Oruezabal. Sensible aux causes environnementales et à l’avenir de l’humanité, Marion est très engagée auprès de nombreuses associations.

 

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fj nous présente ses deux recueils d'Haïkus

Publié le par christine brunet /aloys

fj nous présente ses deux recueils d'Haïkus
fj nous présente ses deux recueils d'Haïkus

Biographie :

Née en champagne, elle est venue habiter l’Eure-et-Loir depuis plus de 25 ans. Amoureuse de l’Asie et plus particulièrement de la Chine, sa culture, ses traditions… où elle est allée trois fois déjà, elle en empreigne sa peinture et son écriture par ses haïkus (Japonais mais qui tire son origine de la Chine). Ses petits poèmes très courts sont des instants de vie, ils lui viennent lors d’une émotion (douleur, amour…) ressentie très fortement. Peintre, elle aime illustrer ses recueils. Les éphémères éternels et pensées intemporelles.

Les éphémères éternels

 

Extrait 

Un deux trois

Elles glissent légères glacées

Larmes-pluie

 

Accroche : l’Haïkus tradtui une sensation instantané…. Il ne se travaille pas, il est rapide et concis.

 

Pensées intemporelles

 

 

Extrait

Le soleil brille

Impertinent

Voile gris sur mon âme

 

 

Accroche : l’Haïkus est un petit poème qui vise à dire et célébrer l’évanescence des choses.

Publié dans présentations, Poésie

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Didier Moné nous présente son recueil poétique "A fleur de plume"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Quelques mots sur l’auteur :


Didier Moné est né au Cameroun où il a grandi et étudié, avant de s’installer en Belgique.

Diplômé des Facultés de Droit de l'Université de Yaoundé II et de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), il a entamé depuis quelques années déjà une carrière de juriste d'Entreprise.

 

Après son premier roman « Sous une pluie de pierres », publié en mars 2015, ce passionné de sport et de littérature propose à ses lecteurs une poésie spontanée, variée et sans tabou, des textes riches en émotions et pleins de légèreté.

 

 

 

Phrase d’accroche :

Ces poèmes portent l’empreinte de leur auteur : un équilibre instable entre clair et obscur, mais toujours le souci du mot juste, et une grosse dose de spontanéité.                            

L’amour, la douleur, le plaisir ou l’absence ; en un mot, la vie célébrée à fleur de plume…

Quelques Extraits :

 

  1. ET SI L’ON PARTAIT

 

Et si l’on partait,

Par-delà les montagnes, contempler la lagune

Qui dessine à l’aurore sous un manteau de brume

L’ombre des murs aux charmes éternels

Masques et costumes, patrimoine universel

Façades défraîchies par le temps qui s’étire

Cachots oubliés qui se noient pour mourir.

La valse des barques et Vaporetto

Emportant dans leurs pas au fil de l’eau

Sourires et paysages à jamais immortalisés

Sous les yeux d’amoureux aux promesses d’éternité…

 

 

 

 

  1. DOMINUS

 

Quand il referma la porte

Lentement, elle lâcha ses cheveux

Ce soir elle n’est plus cette autre

Qui refuse de se dévoiler

Celle qui s’interdit la liberté

Courtisane, fille de joie, qu’importe

Ce soir elle est vôtre,

Et c’est tout ce qu’elle veut.

 

Brisez mes chaines,

De femme trop bien-pensante

Prenez les rennes,

Je veux être immorale, indécente

Soyez la bête qui hante mes rêves

Le seigneur au puissant glaive.

 

 

  1. A LA FRONTIERE DES DEUX MONDES

 

III- Lampedusa…

 

Aux plages de sable blanc, tachées de sang noir

Mer cristalline, mirage aux allures de mouroir

Cimetière où reposent pour l’éternité

Les âmes des nôtres, tombés sans dignité.

Que deviennent les prières de ceux qui sont restés ?

Perdues dans les abîmes de l’indifférence…

Dans le silence complice de ceux qui sont bien nés

Le mépris de l’aide empreinte de condescendance.

Tes côtes luisantes au parfum de majesté

Camouflent tragédies en Méditerranée.

Et dans la nuit de la prochaine traversée,

Isola bella, ne perds pas ton humanité.

Publié dans Poésie, présentations

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