Carine-Laure Desguin a lu "La fille aux yeux bandés" de Nicole Graziosi

Publié le par christine brunet /aloys

  

 

Je referme ce livre de 162 pages et une seule question à laquelle je n’aurai pas de réponse me taraude : pourquoi une mère qui a mis un enfant au monde est-elle capable de tant de haine envers cet enfant ? Car il est question de ça dans ce roman, d’agressivité, de malveillance, de perversité et de torture psychologique tout à fait gratuites. D’une mère envers sa fille aînée. Et de, si pas la complicité active du père (mais quand même, gifler sa fille …), tout au moins une complicité tout aussi vicieuse puisque ce haut fonctionnaire français n’a jamais osé contrarier sa femme. Jusqu’à se faire maltraiter lui aussi vers la fin de sa vie par cette femme manipulatrice, menteuse, égocentrique, malsaine, et j’en passe.

   Dorine est l’aînée de trois enfants. Son frère Pascal et sa sœur Marianne sont élevés chez leurs parents. Tandis que Dorine, éloignée volontairement dès sa naissance, passe son enfance dans le Dauphiné auprès de sa grand-mère maternelle, une femme bienveillante qui n’est pas dupe du caractère odieux de sa propre fille. Là, Dorine, devant les montagnes grenobloises comme décor, connaît des années heureuses loin de ses géniteurs. Car c’est comme ça qu’elle appelle ses parents, ses géniteurs. Adolescente, Dorine retournera chez ses géniteurs, à Paris, et elle connaîtra ce qu’on peut appeler l’enfer. Vers l’âge de 20 ans, le géniteur, grâce à des relations professionnelles, trouve à Bruxelles un travail pour Dorine. Mais même éloignée des siens, celle-ci reste le souffre-douleur de sa génitrice. Voici quelques extraits très explicites de ce livre :

Page 66 : …Mes manifestations d’affection étaient systématiquement repoussées, mes quêtes restaient vaines, mes chagrins inconsolés …

Page 69 : — Mais enfin, pourquoi est-ce que je ne peux rien faire comme les filles de ma classe ? 

                        — File dans ta chambre et que je ne te revoie pas.

Page 74 : — Si tu veux lire, tu n’as qu’à prendre ton livre d’histoire.

                    — Mais ça n’a rien à voir, quand même.

                     — Prends un dictionnaire et apprends des mots. Et puis d’abord finis ce que tu as dans ton assiette ! 

Page 96 : … j’étais seule à tout ignorer de Brassens, jusqu’à son existence …

Page 98 : … La radio, puis beaucoup plus tard, la télévision était dans la chambre des parents …

Page 108 : — Maintenant que tu gagnes bien ta vie, il va falloir que tu penses à nous.

Lui annonce son père lorsque Dorine commence à travailler. Pour rappel, le père, un haut fonctionnaire français …  

Page 117 : … peu après la première incursion des parents dans ma nouvelle vie, j’ai constaté la disparition de quelques couverts …

Page 131 : — Bien sûr tu es contente, mais dis-toi bien que ton pain noir il faudra quand même bien que tu le manges un jour ! 

Lui dit sa mère lorsque Dorine attendait son premier enfant.

   Plus tard, Dorine apprendra que sa mère n’avait pas envoyé les faires-parts de son mariage et donc presque personne de la famille n’avait été présent ce jour-là. Elle prendra aussi connaissance que sa mère a tout fait pour l’éloigner de sa belle-famille, racontant même des mensonges le jour du mariage. La génitrice a donc tout fait pendant des années pour empoisonner la vie de sa fille.

   On pourrait continuer cette maltraitance et ces comportements toxiques pendant des pages et des pages … Ce livre écrit à la première personne est plus que poignant et me laisse sans mot. Alors, me demanderez-vous, comment Dorine a-t-elle survécu ? A-t-elle un jour enlevé ce bandage qui lui barrait la vue ? Invitation donc aux futurs lecteurs à lire la vie cauchemardesque de Dorine.

https://www.editionschloedeslys.be/nos-livres/1142-la-fille-aux-yeux-bandes.html

http://carineldesguin.canalblog.com

 

Publié dans avis de blogs

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M
Quelle horreur !
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C
Oui, tu as bien résumé tout ça.
A
Je l'ai terminé et j'en suis encore sans voix ! Bravo pour la note Carine-Laure, c'est tout à fait ça !
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C
La lecture de ce livre m'a bouleversée et après ça, ISSA ABDOULLAH. Je suis encore à l'envers :D
P
Ohlala ! Un livre bien dur, apparemment ! <br /> Espérons que ça n'ait rien d'autobiographique !
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C
Hum hum ...
E
Oui... quel livre ! Quelle "mère "...
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