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"Méandres" de Salvatore Gucciardo dans la revue TRAVERSEES
https://traversees.wordpress.com/2015/05/30/salvatore-gucciardo-meandres-editions-chloe-des-lys-mouscron-belgique-2015-98-p-2360-euros/
Chronique de Jean-Paul Gavard-Perret
Gucciardo ne cesse d’oxygéner la distance qui sépare l’homme – en ses miels et sels obscurs – du cosmos. Il balaie l’horizon noir, opte pour la lumière en faisant le tri dans des « sentiments entremêlés » envahis de chiendent et autres mauvaises herbes au sein des profondeurs de l’être. En effet, à l’heure de leur départ de quelle étroite blessure se souviendront les hommes s’ils ne font que se laisser bercer sous les laves du ciel ? Le poète se rappelle ainsi au bon souvenir de ceux qui ne cultivent que l’image matérialiste emmagasinée dans leur cervelle. Le poète – en Salvatore donc en sauveur – en rappelle le miaulement macabre et les miasmes.
Plus qu’un autre il opte pour le pari mystique, la bavure des sages, la sapience qui si elle ne remédie apparemment à rien, garde raison de tout. Seule la flamboyance des astres, les symphonies divines peuvent faire baisser les gardes et tronquer les œillères à travers quelques trous de verdure dans les tiédeurs du jour. La saveur mystique tient alors les paupières ouvertes au gré du vent et sèche au besoin les passions qui ne permettent même plus de reconnaître l’autre.
Abondamment noué de soleil, le poème avance à reculons du temps. Certes la tombée du crépuscule arrivera. Néanmoins et afin que l’être ne s’y vautre pas avec le fracas d’un capitaine ivre, il faut au sein des bourdonnements, des arabesques de la chair non pas poster des breloques de pudeur mais atteindre l’inaccessible flegme qui mène aux portes de lumière.
Le poète appelle donc à retrouver la nourriture spirituelle plutôt que cultiver le précipice dans lequel trop meurent d’envie de se jeter. Qu’on se rassure : le temps viendra de ce feu d’artifice ou de cette chinoiserie. C’est pourquoi il faut apprendre à s’y lancer avec élan afin que – lors du tout au trou – l’être puisse s’enflammer l’âme plutôt que de la froisser. A sa manière Gucciardo ne reprendrait-il pas le pari de Pascal ?
©Jean-Paul Gavard-Perre
Philippe Danvin dans l'Avenir.net
http://www.lavenir.net/cnt/dmf20150505_00643584
Sérieux ou pas sérieux, c’est la question
Le dimanche 10 mai à partir de 15h30, l’Association des compagnies théâtrales du Hainaut met Philippe Danvin à l’honneur à l’Arrêt 59.
Entre deux préparations pour ses cours d’histoire et de français à l’athénée royal de Péruwelz, une expo consacrée à Napoléon à structurer pour les journées «Portes ouvertes» de l’école, son dimanche du 10 mai qui approche, le spectacle 2016 à mettre sur rail, Philippe Vandermaelen, alias Danvin, est proche du burn-out. Pour s’en sortir, il accompagne «le personnage principal de la prochaine pièce et son amie vers un gîte rural. Pour y retrouver le calme et l’inspiration. À deux pas d’un camping où vit une copine d’antan…» et c’est parti pour un scénario plein de rebondissements et de bonne humeur. «Sur une étincelle, comme ça, jaillie du quotidien. Mais quand je manque de point de départ, je passe par le fichier “ idées ” de mon ordinateur où je note tout ce qui pourrait générer une situation intéressante. Ensuite, ça se déroule sans que je sache où je vais. Je n’aime pas les schémas typés, ni les caractères figés. Parfois mes personnages me surprennent, parce qu’ils évoluent de manière autonome. Il m’arrive de m’arrêter en me posant des questions. Je deviens le spectateur de mon histoire. C’est étrange.»
Seize pièces ont ainsi vu le jour et ont été jouées en Belgique, en Suisse, en France, au Canada et récemment à Alger. Deux textes ont été publiés chez Chloé des Lys à Tournai et six chez Art et Comédie à Paris. Une troupe de théâtre, la Compagnie des Sources, s’est construite. C’est ce travail qui sera raconté le dimanche 10 mai à partir de 15h30, à l’Arrêt 59. Philippe Danvin y sera l’auteur hennuyer mis à l’honneur par l’ACTH, l’Association des compagnies théâtrales du Hainaut. La présidente, Cécile Delsine, propose de«découvrir ou redécouvrir avec d’autres troupes hennuyères des lectures et des mises en voix d’extraits de pièces de Danvin.» Vers 19h30, tous se retrouveront au Zorba pour partager impressions, souvenirs, anecdotes avec Philippe, «ce passionné du verbe et de la répartie qui puise souvent son inspiration dans l’actualité et qui a cette noble prétention de faire rire son public en se disant que l’esprit de sérieux n’a pas de raison d’être en ce monde…» C’est pourtant avec beaucoup de sérieux que l’œuvre de Philippe Danvin se construit, pas à pas.
François Noul dans L'Avenir.net
http://www.lavenir.net/cnt/dmf20150503_00642433
Les récits exquis de François Noul
- Le fil d'actu - lundi 4 mai 2015 06h00 - Françoise LISON - L'Avenir
On le connaît pour ses chroniques gourmandes et jardinières. François Noul publie un recueil d’histoires tendres, parfois effrontées.
L’écriture le taraude depuis l’adolescence: à quinze ans, il était déjà correspondant de presse, à Meslin-l’Evêque, pour Le Courrier de l’Escaut. Après un parcours d’assistant social à Charleroi, François Noul rassemble ses contes et nouvelles dans un recueil édité chez Chloé des Lys.
Mots et papilles
«Enfant, je voulais être vétérinaire ou boucher», confie celui qui fit partie de Meslin Esquinterie, une équipe de balle pelote, championne du Hainaut. L’intéressé ne regrette absolument rien de ses choix: il a créé et dirigé la Ferme Boccace, un outil de réinsertion pour des jeunes gens en rupture sociale. Aujourd’hui, la culture des belles lettres et du potager nourrissent ses projets: le conférencier et chroniqueur ne délaisse pas le clavier. Il accompagne deux talentueux comédiens carolos, Jacky Druaux et Nathalie Beckmans, dans un spectacle construit à partir des extraits de son livre «Jardiner sous les étoiles».
Le volumineux recueil fait la part belle aux histoires que l’on se raconte avec humour, truculence et tendresse. Car le gaillard de Ghoy cueille la vie à grands bras et en fait un breuvage fruité, pour toute une tablée. On se régale en lisant l’aventure d’Arsène, le coq anglais, ou celle du noble cochon. Ceux-là se dégustent un jour ou l’autre, à l’instar des harengs amoureux et du lapin du Lundi perdu. Ancrés dans la région, du pont du Carmoy à un hameau oublié, les personnages surgissent d’un imaginaire poétique, rural et contemporain à la fois. Ils franchissent les frontières des âges et celles du cœur, clament ou taisent leurs émotions, leurs échappées belles, leurs espiègleries et virulences. «L’idée de la sorcière m’est venue alors que je roulais sur l’autoroute, je me suis arrêté pour l’écrire», confie François Noul qui donne volontiers la parole à un enfant, un Grospa, un cerisier, un Arsène ou une Mama Paula. «C’est vrai que j’ai tendance à suivre mon inspiration, qui m’emmène parfois bien loin et permet aussi de sortir des coquineries sans tomber dans la vulgarité. Pas question d’engendrer la désespérance via mes récits», précise l’écrivain qui sème le plaisir de vivre au fil des pages.
Jean-Marie Sobrie dans l'Avenir avec "Pêle-mêle"
MOUSCRON
« Pêle-Mêle » : quatre nouvelles
- Le fil d'actu - lundi 30 mars 2015 06h00 - F.L. - L'Avenir
- http://www.lavenir.net/cnt/dmf20150329_00625243
Après un recueil publié l’an dernier, Jean-Marie Sobrie revient vers ses lecteurs avec une suite de récits. «Si j’écris aujourd’hui, c’est parce que j’ai le temps de le faire, non pour passer le temps», confie volontiers ce romaniste qui enseigna à l’athénée Bara de Tournai.
Il lui arrive d’utiliser des souvenirs liés aux discussions de sa vie étudiante ou professionnelle. «Le Bison de Pologne», titre de la première nouvelle, tient à la fois d’une réalité scientifique et d’une conversation animée autour de la censure. Le jeune universitaire achètera-t-il la revue qu’il convoite dans différents kiosques et qu’il n’oserait arborer en présence de ses proches? L’un de ses amis ne se pose pas la question.
En puisant dans les moments d’échange avec un grand nom de la philosophie, Bernard Jeu (Centre lillois de recherche et d’analyse du sport), l’auteur de Pêle-Mêle s’en donne à cœur joie. Il fut lui-même titulaire d’un cours intitulé Sport et Littérature à Lille. C’est tout naturellement que Jean-Marie Sobrie s’est abondamment documenté sur un sujet qui le passionne depuis l’enfance. Les intrigues de deux nouvelles sont basées sur des dialogues épinglant, l’un le sport, l’autre, la guerre. On assiste, dans «Le prof d’univ», à un tournoi de balle pelote en région des Collines. On apprend, dans «Le soldat méconnu», qu’un seul soldat de Chercq fut tué, en 1940, à quelques heures de la capitulation.
Le lecteur est invité à passer d’une atmosphère à une autre. «Vingt minutes», un récit de fiction, le fait entrer dans le monde du football, dans celui du Mondial. «Ils devraient attaquer, se découvrir et peut-être encaisser un quatrième but. Guillaume se prend à rêver. Il sent que ses partenaires y croient. Il sent aussi qu’il est devenu capitaine de fait sans que le vrai capitaine s’en offusque. Il encourage, il conseille; on l’écoute.»













