"Ayma" de Sophie Vuillemin, une lecture signée Carine-laure Desguin
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Emma est photographe et vit aux États-Unis depuis cinq ans. Là, elle s’est mariée avec Ryan. Le couple tente d’avoir un enfant. En vain. Tension dans le couple. Emma se pose pas mal de questions dont celle-ci, désire-t-elle vraiment un enfant ? C’est à cette période qu’elle apprend par sa mère, que son père, viticulteur à Nantes, n’est pas trop en forme. Emma n’hésite pas, elle retourne illico dans sa famille.
Dès le début du roman, on devine une blessure chez Emma. L’auteure distille ça et là des « indices ». On comprend petit à petit. Le grand frère d’Emma, Théo, a disparu voici cinq ans. Les trois enfants de la famille, Théo, Emma et la cadette, Louise, étaient très soudés. Cette disparition est dramatique.
Emma retrouve donc l’ambiance familiale, un père pas trop facile qui cache ses sentiments, et une mère bienveillante qui fait de son mieux pour dissimuler la tristesse de ne pas revoir Théo. Louise travaille à Paris et revient elle aussi à la maison.
Les deux filles revivent les moments heureux de leur enfance et aident leur mère au mieux. Les vignes, c’est du boulot, et pour leur père, c’est toute une vie de travail. On s’affaire et on reparle cep, chai, muscadet, et potions bio. Au milieu de tout ça, l’absence de Théo, à chaque heure de chaque jour. On apprend que Théo a envoyé une lettre dix jours après sa disparition. Et que donc, les recherches judiciaires se sont arrêtées à ce moment-là. Parfois l’espoir renaît, on aurait revu Théo ici ou là.
L’écriture de Sophie Vuillemin est à la fois si naturelle et si précise que l’on vit vraiment au sein de cette famille et que l’on ressent les sentiments les plus intimes de chacun de ses membres. C’est une écriture qui détaille chaque scène et qui analyse le caractère de chacun des personnages avec une rare subtilité, presqu’en douceur. Le lecteur n’a donc aucun mal à s’imaginer tous les moments difficiles vécus par cette famille. Et pourtant pce roman n’est pas triste !
Alors, afin de ne rien spoiler de cette histoire, je ne vous dirai pas pourquoi Théo est parti. Au fait, reviendra-t-il ? Et Emma, retournera-t-elle avec Ryan qui avait débarqué lui aussi à Nantes ? Et pourquoi ce titre, Eyma ?
Un roman très réussi dont l’écriture captivante me rappelle celle de Leïla Slimani, auteure goncourisée en 2016. Et c’est surtout cela que je retiendrai de ce livre, non pas l’histoire en elle-même, mais l’écriture fluide et attachante de Sophie Vuillemin.
Carine-laure Desguin
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