Concours 4 : Texte 3
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Des vertes et des pas mûres !
Si aujourd'hui l'écriture est ma passion, ce n'est pas avec orgueil que je clame que mon imagination a été fertile depuis mon enfance, et pas seulement pour le bien commun !
Peut en témoigner mon pauvre lapin en peluche, cadeau de ma chère grand-mère. J'avais bien conscience pourtant qu'il n'était pas vivant mais, pour ma cervelle d'enfant, cela ne signifiait pas pour autant que son pelage ne pouvait pas pousser par lui-même ! Un jour, j'entendis une maman dire qu'elle avait coupé les cheveux de son bébé afin qu'ils repoussent plus beaux. Et me voilà, le soir même, cachée sous ma couette, une paire de ciseaux à la main, coupant à ras les poils de cette peluche. J'étais persuadée que le pelage serait bientôt magnifique, qu'il repousserait encore plus doux et que ma Mamie serait fière de moi. Tous les jours, pleine d'espoir, j'inspectais ce pelage inerte...
Et que dirait mon frère ? Lui que j'entraînais dans nombre de mes bêtises ! L'immeuble qui jouxtait notre maison était le Graal de la grimpeuse que j'étais. Je l'y ai entraîné ! Nous avions 9 ans et 7 ans. J'en ai escaladé une partie (assez haute pour ma taille d'enfant !) en m'aidant d'une remise qui permettait d'accéder à la paroi du premier étage. Puis, toute fière mais craignant de me faire prendre, j'ai regagné l'allée de l'immeuble, je l'ai parcourue à toute vitesse et j'ai rejoint ma maison en passant par la rue. J'avais l'impression d'avoir vécu une aventure incroyable lorsque je rejoignis mon frère resté en arrière !
Et mes enseignants ? L'un d'eux en aurait une belle à raconter ! Un jour, âgée d'une dizaine d'années, j'ai voulu tricher à un devoir d'histoire. J'avais écrit quelques réponses sur mes paumes. Classique, me direz-vous ?! Sauf que j'avais utilisé un feutre noir à mine épaisse ! Plus visible, ce n'était pas possible ! Je fus, bien sûr, grillée en quelques secondes...
Que dire des prunes, si difficilement produites par mes grands-parents, que je dévorais toutes en cachette en une prise ? De ma robe neuve que je laissais traîner dans une flaque de boue en Maternelle afin que la maîtresse soit obligée de me la nettoyer à la place du prochain cours ? De ma langue qui s'amusait à toucher celle de mon ami Jean alors que nous n'avions que cinq ans ? De la fois où mon père me surprit sur le toit de notre maison, vivant une aventure des plus folles ? Des mouches que je harcelais afin de parvenir à les embrasser ? Des conversations d'adultes que j'espionnais, mes jambes se balançant sans bruit le long de la rambarde de l'escalier ? Des explorations, totalement illicites mais si excitantes, de souterrains abandonnés et de cuves remplies d'eau ? Des compotes que je mélangeais avec des yaourts pour obtenir de belles couleurs mais un goût infâme ? Des jardins dans lesquels j'entrais sans permission ? Des maisons abandonnées que je visitais, la boule au ventre mais les yeux brillants ?
Ah... Mes bêtises d'enfant... Elles étaient bien plus mémorables que mes bêtises d'adulte !