Carine-Laure Desguin a lu "Une vie très douce" d'Amélie Colelli
/image%2F0995560%2F20260928%2Fob_bac20d_9782390184072-1-75.png)
Dans son premier roman publié en 2017, LA DEBUTANTE, nous faisions connaissance avec Laure, une jeune diplômée en histoire de l’art confrontée aux codes inattendus de la société. Voir ici l’interview de l’auteure :
https://chloedeslysblog.canalblog.com/archives/2018/02/18/36103063.html
Dans ce second roman, UNE VIE TRES DOUCE, nous retrouvons Laure. Elle est mariée à Pierre, et est mère de deux jeunes enfants, Adam et Ludmila. La petite famille habite dans un appartement à Paris, près de Ménilmontant. UNE VIE TRES DOUCE, c’est un thriller domestique de 110 pages qui se divisent en 15 chapitres chacun titré par un prénom et une date.
Le premier chapitre s’intitule « Laure, 16 juin 2017 ».
La femme est morte …. Elle ne pouvait pas se rater …. Six étages, c’était trop haut.
Dans les chapitres qui suivent cet acte malheureux, nous remontons le temps et apprenons ce que fut la vie de Laure, son enfance, sa vie de femme mariée, de mère de famille, et surtout ses lourdes déceptions par rapport à tout ça.
Le couple de Laure et Pierre s’étiole peu à peu. On comprend l’éloignement qui s’installe entre eux. Pierre est égocentrique et le pire, il force Laure lors des relations sexuelles. Les parents de Pierre critiquent l’éducation que Laure donne à ses enfants.
Dans l’immeuble, les femmes avec qui Laure fait vaguement connaissance ne sont pas très heureuses en ménage. Il y a Rosalie qui sourit lorsque son mari décède, Célia qui marche la nuit pour oublier ses déboires conjugaux, Audrey qui considère Laure comme une rivale lorsque Pierre décide de quitter Laure. Une fois seule, Laure élève ses enfants avec difficultés. Elle essaie de faire de son mieux. En vain. Car Laure n’a connu que de la maltraitance de puis son enfance, vu le comportement décousu de sa mère et lorsque ses enfants sont turbulents, Laure repense à son enfance, ses colères imprévues et les déménagements successifs. Ce livre, c’est un cri. Celui d’une femme qui n’a été ni soutenue, ni entendue.
UNE VIE TRES DOUCE, c’est bien sûr un titre ironique car entre la vie espérée et la vie réelle, il y a ces 110 pages de désillusion. Avec des mots simples et des phrases courtes, Amélie Colelli nous plonge en direct dans le quotidien de Laure, sa charge mentale, le machisme des mecs, la complexité des rapports avec l’entourage. Le quotidien est détaillé comme un peintre qui détaillerait son œuvre. Peut-être parce que l’auteure est critique d’art et que, via son blog articlesdart.com, Amélie Colelli décrit si bien les œuvres des plasticiens et autres artistes.
Sur le site des Éditions Chloé des Lys :
https://www.editionschloedeslys.be/nos-livres/1450-une-vie-tres-douce.html
Carine-Laure Desguin
/image%2F0995560%2F20260928%2Fob_2670e9_photo-areaw.jpg)