Concours 4 Texte 5
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Tout en gardant une certaine distance de sécurité, je tentai de raisonner Magali mais elle ne m'écoutait pas. Je décidai de la suivre, ayant toutefois eu du mal à choisir entre la solitude et sa compagnie. La suite des événements me fit regretter ce choix.
Alors que je m'approchai un peu trop près de ma « guide », elle fit volte-face et se jeta à mon cou pour m'étrangler. Mes yeux révulsés tentaient encore de l'amadouer mais elle serrait de plus en plus fort. J'allais renoncer lorsque, sans raison apparente, elle lâcha son étreinte et disparut dans la pénombre.
Je m'accroupis au sol, toussant et crachant. J'étais donc seule dans ce combat et je croyais parfaitement la Fanny diabolique lorsqu'elle disait que je n'avais aucune chance de sortir avant que les trois heures -deux heures trente plus précisément- se soient écoulées.
Je repris ma marche au hasard, non sans ruminer. Je l'avais bien cherché après tout. Toujours à vouloir l'aventure, à frôler les limites, à plonger tête baissée vers l'inconnu. Combien de membres allais-je perdre dans cette histoire ? La scie de la fillette maquillée de sang ne me paraissait pas de bon augure...
Je devais donc trouver ce diamant. Voilà que je participais à une chasse au trésor ! En ce qui concernait l'aventure, j'étais servie ! Alors, pourquoi est-ce que je tremblais autant ?
Un cri glaçant, semblable à celui que j'avais auparavant entendu lorsque je me trouvais dans la salle aux bancs avec Magali, résonna.
Mon cœur rata quelques battements avant de redémarrer à toute vitesse. C'est alors que je la vis : une lueur dans la pénombre, à hauteur d'homme, dans une étroite niche creusée dans le mur. Je tendis la main et tâtai fébrilement le renfoncement. Non... c'était trop facile... les arêtes tranchantes et les surfaces lisses ne me trompaient pourtant pas : je l'avais trouvé ! Serrant le gros diamant contre mon cœur, je hurlai de joie ! J'étais sauvée !
Je courais maintenant dans les couloirs, laissant le hasard et mon allégresse me guider.
Lorsque je repris mes esprits, épuisée, je réalisai que je me trouvais à nouveau dans la salle aux bancs de pierre. Les trois heures s'étaient écoulées... Je patientai longtemps, très longtemps... Le terrible cri résonnait régulièrement, me plongeant dans un effroi aux confins de la folie. Soudain, j'explosai de rage. « Fanny ! J'ai gagné ! Hé ! ». Un bref écho rebondit sur les parois de la salle avant que le silence assourdissant ne revienne en maître. Mes nerfs lâchaient. C'en était trop.
J'en étais à rêver de mon canapé et d'un plaid lorsque deux silhouettes féminines se dressèrent devant moi, m'extirpant un nouvel hurlement. Cette fois, le seul écho fut des rires hilares, des rires qui m'étaient familiers. Lorsqu'elles daignèrent enfin allumer leur téléphone, je les reconnus. Mes deux meilleures amies se tenaient devant moi, incapables de s'arrêter de rire, au point de se tenir les côtes.
La situation se passait clairement d'explication. Jeanne et Dorothée haïssaient l'obscurité, les souterrains, l'inconnu et l'aventure... Si elles se trouvaient là, c'est qu'elles avaient tout manigancé pour éprouver mon âme aventurière. Il faut dire que je ne cessais de les harceler pour qu'elles m'accompagnent dans des endroits toujours plus périlleux. Mais, cela, jamais je le reconnaîtrai devant elles. Aujourd'hui, je n'étais plus la même.
Ma froideur et mon agacement ne diminuèrent aucunement leur hilarité. Entre deux éclats toujours plus bruyants, elles déballaient la complicité de Magali, la cousine de Jeanne, le jeu d'actrice de Fanny, sa fille fan de Halloween, la présence inquiétante des frères de Dorothée vêtus en noir, les gadgets des farces et attrapes, le faux diamant... Bref : le prix de l'aventure !
Une fois à l'air libre, pâle comme un suaire, je ne pus m'empêcher de lancer avec condescendance, à l'intention de mes deux amies :
-C'est ça que vous appelez « aventure » ?