Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

fiche de lecture

Christine Brunet a lu "Les dix petites négresses" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

10negresses

 

J'ai lu "Les dix petites négresses" de Bob Boutique, Ed. Chloé des lys

 

"Dis, tu as vu le nouveau bouquin de Bob Boutique ? Qu'est-ce qui s'est passé, tu crois ? En manque d'imagination qu'il se met au plagiat ?" Voilà ce que j'entends autour de moi depuis qu'on parle du 3e roman de Bob Boutique," Les dix petites négresses". 

 

Alors, plagiat ou pas ?

 

Je vous vois venir, vous allez me demander de parler du bouquin... pas de problème mais pas question de vous en révéler l'histoire ! Sinon Bob me cloue au pilori et je l'en crois tout à fait capable depuis que j'ai lu son dernier opus. 

 

Alors, c'est l'histoire de dix petites négresses... pas si négresses que ça... dix personnages très connus que ce soit virtuellement ou pas, d'ailleurs (très connus = vous en avez déjà, même vaguement, entendu parler !). Mais si !

 

Je vous vois tendre l'oreille... Allez, prenez le livre, ouvrez-le à la 4e page, vous savez, l'une de celles qu'on a l'habitude de zapper... Trois lignes d'avertissement qui en disent long sur la suite ! "Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé n'est probablement pas due au hasard mais très dificile à prouver. Pardon"... ça vous met la puce à l'oreille ? Non?

 

De toute façon, comptez sur Bob pour vous mettre les points sur les "i" si nous n'avez pas compris : pas question de laisser une seule zone d'ombre ! Il va même jusqu'à vous faire un dessin (enfin, dix, puisqu'elles sont dix...), pas de vagues crayonnages mais un croquis ultra ressemblant (je vous en laisse la surprise...).

 

Bon, revenons à l'histoire. Tiens, une question : avez-vous lu "Les dix petits nègres" d'Agatha Christie ? Non ? Grave erreur... Oui ? Je vous félicite mais ça n'a rien à voir ! 

 

Alors, les Dix petites négresses ?

Un rythme dingue, des personnages décrits au couteau tant physiquement que psychologiquement, des rebondissements à chaque page, des hurlements, des pleurs, des regards en coin, des coups tordus, des paysages comme si vous y passiez vos vacances (un conseil d'amie, évitez le coin...) et lorsqu'enfin, vous pensez tenir la coupable, rétropédalage et la folie s'installe !

 

Voilà un thriller totalement atypique qui se lit en apnée, jusqu'à la délivrance... surprenante.

 

Une belle peinture de moeurs, une magistrale étude des comportements dans un flot de bruits, de couleurs, de sensations comme si vous y étiez. Un coup de coeur ! que je ne me lasse pas de relire : j'y découvre, à chaque fois, avec bonheur de nouveaux détails qui donne une autre texture au récit... et aux événements.

 

Bob Boutique croque (avec ce goût prononcé de la caricature que nous lui connaissons) ses personnages, les triture, les malmène pour notre plus grand plaisir. Il nous propose avec "Les dix petites négresses" un voyage au coeur de l'Humain, au coeur de l'étrange... et au coeur du crime ! N'hésitez plus, lisez !

 

Au fait, si vous avez une soudaine envie de vous plonger dans l'univers des Dix petites négresses, je rappelle que vous pouvez le commander sur le site de CDL (www.editionschloedeslys) comme tous les livres au catalogue ou via Bob Boutique (baudouin.boutique @skynet.be. Dans ce dernier cas, livraison en 3 jours ouvrés, prix 15 euros +2 euros de port...)

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

E16 (1)

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Rolande Michel a lu Galinda, la forêt des ombres, de Laurent Femenias

Publié le par christine brunet /aloys

galinda avant ISBN9782874596926

 

 * J'ai lu GALINDA de Laurent Femenias, par Rolande Michel :


 

Galinda est une très belle histoire d'amour de la nature et des hommes, de solidarité, d'espoir en la capacité de vaincre le Mal pour qui garde un cœur pur.
 
Laurent Femenias a le don de nous entrainer au cœur de la Forêt devenue sombre. Oscura, la Dame Noire, aidée de ses Ombres, poursuit inlassablement son travail de destruction et nous nous laissons emporter par la peur, celle-là même qui donne aux Forces du Mal leur puissance. Avec John et Sam, nous vivons cette histoire. Avec eux, nous affrontons les pièges et les dangers dissimulés dans la Forêt. Avec eux, nous combattons, nous souffrons.
 
Le don de soi à une cause, l'amitié désintéressée, le respect de la vie sous toutes ses formes, la patience indispensable à l'acquisition du savoir et que les livres seuls ne peuvent dispenser, voilà quelques-unes des leçons à tirer de ce très bon roman.
Ce roman fantastique est très bien écrit, dans une langue riche et pleine de poésie.
S'il peut sembler, à première vue, destiné aux adolescents, il a pu me faire vibrer et est captivant pour les lecteurs adultes capables de s'extasier devant les merveilles de la nature.
 
 
 
 
 Rolande Michel 
 http://www.bandbsa.be/contes3/jeanne.jpg

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Christine Brunet a lu "Galinda, la forêt des ombres" de Laurent Femenias

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine Brunet

 

J'ai lu Galinda, La forêt des ombres, de Laurent Femenias

 

Je m'attendais à un récit heroic fantasy, un peu dans le style "Seigneur des Anneaux". Une couverture qui attire l'oeil, une 4e qui attise la curiosité, des extraits sur Aloys qui m'entraînent sur une fausse piste. Non, le roman de Laurent Femenias ne colle pas au genre fanatsy, ni fantastique d'ailleurs.

Il s'agit d'un conte. Conte de fée, conte de sorcière avec tous les ingrédients du genre : la lutte entre le Bien et le Mal, les fées et les sorcières, mais plus encore en mettant en scène des fantômes, des âmes noires dévoyées, des êtres des bois mi elfes-mi hommes, de vieux hermites étranges, des héros téméraires, des armes enchantées.

Nous sommes à la croisée de Narnia, de l'univers des frères Grimm, d'Eragorn (sans dragon)galinda avant ISBN9782874596926 et du Seigneur des Anneaux. un monde magique, bien planté. Pas d'ennui, l'auteur nous offre simplement quelques heures de rêve. 

Juste une petite déception à la fin plus dans la tradition du conte que de l'heroic fantaisy (mais puisque ce n'en est pas, pour se plaindre ? ...)

Un livre destiné aux jeunes ados, aux adultes qui ont gardé leur âme d'enfant. Alors, est-ce que j'ai aimé ? Evidemment !!! A quand une autre histoire, Laurent ?

 

J'ai passé le livre à une jeune fille dévoreuse de ce type de récit... A suivre pour un nouvel avis très bientôt !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

E16 (1)

 

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Contes Bizarres II de Bob Boutique, une lecture de Joseph Bodson, président de l'AREAW

Publié le par christine brunet /aloys

Bob Boutique, Contes bizarres 2

 

http://areaw.org/?p=988

Bob Boutique, Contes bizarres 2, Chloé des Lys, 2011, 244 pp., 23,60 €.

Bob Boutique est un homme polyvalent: chanteur de cabaret, reporter, libraire, humoriste, dont la langue est plus proche de San Antonio que de celle de Philippe Sollers. On ne s’en plaindra pas trop: entre deux saints, il faut parfois choisir le moindre.

Il n’a qu’une confiance mitigée dans la bonté du genre humain, et elle se réduit à rien, ou presque, dès que l’on pénètre sur les terres du genre divin.

Il a en tout cas un art du récit remarquablement maîtrisé, avec une prédilection pour les nouvelles « en boucle », où le serpent (le diable) se mord la queue, où le malin est pris par où il avait péché. Un monde contrefait, où il prend le contrepied des clichés de pensée. Une écriture très moderne, qui entre directement dans le vif du sujet, sans tergiverser. L’électronique lui est familière, elle pourrait donner des idées aux écrivains qui n’en ont pas, leur fournir notamment des idées assez déroutantes sur le plagiat. Et l’on se rend compte, en le lisant, qu’internet, les blogs, l’informatique modifient plus profondément qu’on ne le croit le rapport entre l’auteur et le lecteur.

Ce n’est pas le marquis de Sade déguisé en petit chaperon rouge, mais tout de même, plus d’un grand méchant loup risque de s’y faire croquer. Des nouvelles parfois assez cruelles, certaines, comme L’idiote, commencent comme un conte de fées pour déboucher dans l’absurde. A la page 227, une de ses héroïnes définit assez clairement sa propre écriture: J’aime beaucoup. Elle part d’un petit détail de la vie courante et tire dessus comme on tire sur le fil d’un pull, pour en faire toute une histoire. (elle mime avec ses doigts)…qui souvent finit mal.

Et ça finit…aussi mal que ça peut finir. Dans un monde qui pourrait être celui de Simenon, mais visité par un coquin de sort qui entraîne les personnages dans un ballet à l’humour maléfique.

Bref, vous l’aurez compris, on ne s’ennuie pas, chez Bob Boutique.


Joseph Bodson

http://areaw.org/


Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Christine Brunet a lu "Est-ce que ce monde est sérieux ?" de Philippe Leclercq

Publié le par christine brunet /aloys

Photo Christine Brunet

 

J'ai lu "Est-ce que ce monde est sérieux ?" de Philippe Leclercq

 

 

Une fois de plus, j'ai marché à l'instinct avec ce roman... Lorsque la couverture m'intrigue, j'ai toujours envie d'aller plus loin. Parfois, c'est une amère déconvenue qui m'attend. 

Ce livre est un roman fleuve de 514 pages... et il commence par une préface ! Aïe ! Là, je déteste et, en général, je zappe. Sauf que le "Salut à toi" me retient de sauter au chapitre 1. Cette préface s'adresse directement au lecteur dans un tutoiement très... belge. De fait, l'auteur est Belge. Mais c'est également une promesse... Philippe Leclerc nous promet quoi ? Et bien du suspense, des personnages glauques et inquiétants, de l'humour décalé, quelques moments croustillants... Rien que ça !

Alors, promesses tenues ?

Premières pages lues, un peu désorientée par le style qui mêle digressions et phrasescouverture3 percutantes, ultra courtes qui nous fait plonger dans l'intimité d'un détraqué ? on peut dire ça, Philippe ?

20 e page... Un crime... Un assassinat aveugle, sans états d'âme et une prise d'otage qui va permettre à l'auteur de nous dévoiler ses héros comme on abat ses cartes. Toutes gagnantes ? Ben, pas vraiment...

En 4e de couverture, Philippe Leclercq se définit comme un adminrateur de Frédéric Dard et de fait, j'ai eu l'étrange impression que Dard veille au grain d'un air satisfait.

Style décalé? Univers décalé ? Mots crus, contrepèteries, jeu d'images, digressions qui entraînent, chez le lecteur qu'il prend à témoin page après page, un rire franc ou un grincement de dents. Certains passages font passer "50 nuances..." pour du pipi de chat...

Univers glauque, situations gores, descriptions jubilatoires, personnages "ultimes", "est-ce que ce monde est sérieux ?" propose une réflexion sensée sur un tableau insensé.

Du suspense ? Là, même si l'auteur s'ingénie à brouiller les cartes, le lecteur averti discerne un doigt accusateur qui désigne l'assassin dans l'obscurité ambiante. Qu'importe... le plus important est le cheminement des personnages et vos réactions au fil des pages. 

 

Un livre à lire ! Bravo à l'auteur !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Couverture Nid page 1

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Christine Brunet a lu Lucioles, de Gauthier Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

 

Voici le nouvel opuscule de Gauthier Hiernaux, un auteur spécialisé dans le fantastique. Un long moment que je l'attendais...

Lucioles est une nouvelle un peu étoffée, bien ancrée dans le réel. Un décor exotique (un coin perdu des States), des personnages déchirés entre famille et amitié, entre convictions et opportunisme, des existances ébranlées par la vie.

Un style fluide, comme toujours, au service d'une histoire pas vraiment banale maishttp://www.bandbsa.be/contes3/lucioles.jpg quelque part extrême.

Lorsque les meilleurs amis se déchirent, que reste-t-il ?

 

Lucioles se lit très vite sans chercher à jouer avec notre imaginaire :  un texte différent à bien des égards des autres romans signés Gauthier Hiernaux...

 

 

Je reste vague ? intentionnel... Cette histoire se découvre au fil des mots et des péripéties. Mais, me demanderez-vous, pourquoi ce titre ? Serait-ce à cause d'un brin de romantisme ? Pas de poésie, non ! Les Lucioles sont... Non, finalement je vous en laisse la surprise !

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

E16 (1)

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Christine Brunet a lu : Jeanne, de Rolande Michel

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

J'ai lu son roman dans le train qui me ramenait de Paris... D'une seule traite, sans lever les yeux vers le paysage qui défilait de l'autre côté de la vitre : à quoi bon ! Le voyage aux côtés de Jeanne était bien plus coloré, plus attrayant, plus distrayant. 
Certes, je ne m'attendais pas à ce genre de roman, à ce genre d'histoire. Difficile de dire pourquoi, d'ailleurs. 


jeannerv
Jeanne nous propose un voyage dans son imaginaire, un univers qu'elle s'est construit poursuppléer à ses frustrations d'enfant. Jeanne est poète, elle parle aux animaux et les arbres sont ses amis. Un jour, tout bascule pour la petite fille et ses rêves deviennent sa réalité. Avec son meilleur ami, elle remonte le temps pour vivre une vie d'aventures extraordinaires.
Ce livre n'est pas forcément destiné qu'aux enfants... Je pense même qu'il est conçu pour les adultes qui se souviennent d'avoir été, un jour, des enfants rêveurs, des enfants aventureux ou des enfants terribles. Il ravive les souvenirs, nous propose, à sa façon, de remonter le cours de notre existence, de revivre des moments heureux et d'autres, beaucoup moins. 
Ce livre est rempli de tendresse. Il sait nous faire sourire mais également nous tirer une larme. Jeanne est un livre à découvrir, tout simplement.
Christine Brunet
www.christine-brunet.com
nidvipererecto

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Bob Boutique a lu "Par la fenêtre" d'Alain Delestienne

Publié le par christine brunet /aloys

 

parfenetre.jpg

 

 

 

"Par la fenêtre” d’ Alain Delestienne

Un petit préambule pour commencer. 

Vous savez sans doute que j’ai horreur qu’on m’envoie un livre en cadeau et ce pour diverses raisons. La plus évidente étant que cela m’oblige indirectement à le commenter et alors… quid, s’il ne me passionne pas ?

Lorsque j’ai reçu le bouquin d’ Alain par la poste, avec une très belle dédicace, j’ai d’abord râlé, avec la ferme intention de ne jamais le lire. Puis je me suis rappelé le personnage que je ne connais que par facebook mais qui m’a toujours donné l’impression d’être le contraire du m’as-tu vu et de l’intriguant. Un internaute calme, mesuré et particulièrement attentif à ce que font les autres. Bref, je me suis aussi vite radouci.

Puis j’ai admiré la couverture que je trouve magnifique et qui a été realisée par une de ses filles, Anne. Et enfin j’ai remarqué au verso de l’ouvrage le commentaire d’une auteure pour qui j’ai le plus grand respect, Laurence Amaury: “le paradis retrouvé, avec un parfum d’enfance ! On voudrait que ce soit plus long…” 

J’ai compris qui’il y avait méprise dans mon chef. Alors j’ai deposé le livre sur la tour de mon pc en me promettant d’y revenir, lorsque j’aurai terminé ce superbe “Lovebirds” d’ Edmée De Xhavée. D’autant plus que Christine Brunet venait de publier son propre commentaire sur ce bouquin et que la connaissant, elle avait dû aimer? Pas le genre à cirer les pompes… je n’ai pas lu bien sûr, histoire de ne pas me laisser influencer.

**

Bon ! Voyons voir… j’ai un petit quart d’heure, le flacon à moitié enfouï dans le sable est à portée de bras, je tends la main, prends l’objet, même pas cent pages, l’ouvre, parcours rapidement les remerciements et autres mentions souvent intéressantes, car elles émanent d’un auteur qui a jugé important de les y mettre…

Vous allez trouver tous ces details futiles. Mais pour moi, lire un livre c’est une histoire, une affaire sérieuse, ou si vous préférez, une sorte d’engagement d’offrir à un(e) écrivain(e) une des deux choses les plus inestimables qui existent dans cet univers: l’amour et… le temps. Le premier étant inimaginable sans le second.

“Ca faisait déjà pas mal d’années qu’il passait ses matinées à regarder par la fenêtre…”

Je n’ai plus arrêté avant le mot “fin”, après 74 pages !

**

Henri, le héros ou l’anti-héros, ressemble furieusement à l’auteur: une santé précaire qui le cloue définitivement à la maison avec trois chiens et une grande fille visiblement bien éduquée car elle tient une compagnie joyeuse à son enfant de père qui lui prépare en retour les repas du soir. Il est divorcé mais en ayant réussi ce tour de force de faire de son ex sa meilleure amie ( je m’incline jusqu’au parquet )… 

Henri vivote donc doucement et s’ennuie avec douceur.

Le matin, il contemple par la fenêtre de la cuisine un jardin qui change de couleurs et d’animaux avec les saisons. Et l’après-midi il va faire les courses puis se promène dans un parc, toujours le même, pour terminer en sirotant un café à la terrasse du café de l’étang. Voilà.

Ah bon ? Et c’est tout ? Ca fait pas un roman ça !

**

Attendez ! Un peu de patience nous répète l'auteur chapitre après chapitre, mon histoire va bientôt commencer. Mais laissez moi d’abord vous décrire ce jardin qu’envahissent les oiseaux, les insectes et les fleurs, chacun servant de nourriture à l’autre. Un microcosme grouillant qui joue sous ses yeux attendris la pièce immuable d’une vie qui se perpétue de l’infiniment petit à l’ infiment grand. Le tout est de savoir regarder… Ouf ! C'est pas de lui, mais de moi. Il l'aurait écrit plus simplement.

**

Bien, d’accord… on est très content pour Henri… les insectes, les oiseaux, les fleurs et croyez-moi il en connaît un bout, mais tout ça ne fait pas un roman !

Attendez, un peu de calme et laissez vous porter par le style étonnant de l’auteur dont c’est pourtant la première oeuvre… ses paragraphes sont courts et son écriture fluide, policée, agréable. C’est bien simple, on ne se rend même pas compte que les pages défilent. Et puis ne lui dites surtout pas qu’il ne se passe rien lorsqu’une saison vient chambouler l’autre et révolutionne l’envers de sa fenêtre où des populations entières disparaissent tandis que d’autres apparaissent pour se nourrir de nouvelles plantes… et ainsi de suite.

Et puis, quel évènement ! Henri a decidé de rafraîchir sa cuisine avec de nouveaux meubles, d’autres couleurs, des faïences sur les murs…le va et vient des amis avec leurs rouleaux et pots de peinture… ça secoue son homme, non ?

Soit, à la rigueur, on compatit, on applaudit… mais n’empêche, tout ça ne fait pas un roman !

**

Ha bon ? Et cette semaine qu’il passe chaque année avec ses filles à Nieuwpoort , à la Mer du Nord, dans un appart de location ? Les promenades interminables le long de la plage, à la lisière mouvante des vagues, le cerf-volant d’Eglantine et les glaces qu’on mangeote pendant des heures à la terrasse d’un resto de plage, en regardant defiler la Belgique en uniforme de vacanciers ?

Je pourrais vous citer trois lignes ciselées à la plume d’oie à chaque page… 

D'accord, on apprécie... mais en signalant quand meme qu’on vient d’humecter son doigt pour tourner le Feuillet 50 ( sur 7O, je vous le rappelle) et qu’on a pas encore vu un seul drame, un petit meurtre, pas même un vol de sac à main ! 

Non. On reste sur notre première impression… c'est de la belle ouvrage, mais ça ne fait pas un roman ! 

**

Et pourtant je continue ma lecture. Un, parce que tout est juste ,dans le ton et les images, et deux, parce qu'on sent, on pressent, qu’il va arriver quelque cbose d’inattendu !

Hé bien oui…

En se balladant sur la plage, à la ligne des déchets que depose la marée, notre flâneur qui se promène toujours le nez au vent, à observer le monde des crabes et autres vers de sable découvre une bouteille à la mer.

Ou plutôt non, un flacon à la mer, avec un bout de papier enroulé sur lequel une personne du sexe feminin a écrit un message…

La voilà notre histoire, enfin, ça y est, on démarre… et là, je dois vous avouer que le Sieur Delestienne m’a bluffé ! Roulé dans la farine...

Tout se dénoue. Mais ne comptez pas sur moi pour vous révéler en quoi et comment, même sous la torture. Un chèque à la limite et encore, pas sûr !

**

Ce livre est un vrai petit bijou et je ne résiste pas à l'envie de vous donner un extrait de la fin, une scène grandiose, digne d’un grand film romantique:

“une ombre obscurcit la page où il écrit. Un vilain nuage de plus ? Non, derrière la fenêtre, une gigantesque nuée d’étourneaux qui occupe Presque tout le ciel. Par leur danse synchronisée, à plus de mille, ils dessinent une variété infinie de figures et l’imagination d’ Henri n’a plus de limites.

Au centre de cette masse sombre et mouvante entourée d’un fin liseré bleu ciel, il aperçoit resplendissante, la belle déesse indienne. Grande et mince, très droite, sa longue chevelure noire s’agite en tous sens avec le mouvement des oiseaux…”


“De ma fenêtre” est un vrai beau livre, touchant, tendre, émouvant, gentil… et profondément triste.

“Du bist ein Ezel” Alain !

 

Bob Boutique

www.bandbsa.be

10negresses

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Un juif nommé Samuel Braunberger de Maurice Stencel – lecture Edmée De Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/braunberger.jpg

 

Un juif nommé Samuel Braunberger – lecture Edmée De Xhavée



Il ne passe pas inaperçu, ce petit livre. La couverture démarre fort, colorée, violente avec humour, ou humoristique avec violence, je ne sais trop. 106 pages qui nous racontent Samuel Braunberger.

Maurice Stencel a sa plume propre, sa voix bien à lui. Un ton terre à terre, comme celui d’un narrateur éduqué qui lit, sans émotions de timbre, des histoires qui paraissent  tout d’abord anodines, à l’intensité bien particulière pourtant. Très particulière pour beaucoup d’entre elles. Qui contiennent une émotion sous-jacente, silencieuse et qui vous pénètre au fil de la lecture. Il y a toujours le profil de la mort, un zeste de désespoir, une pincée de lassitude, une bonne mesure de cette sexualité vitale et rédemptrice, en couleurs.

Ici nous suivons Samuel Braunberger, un Juif qui pendant tout un temps ne savait pas ce que c’était que d’être Juif. La guerre lui apporte la réponse. Enlève à jamais pour lui la perception d’être tout simplement un enfant. Il est un enfant juif. C’est à la fois la même chose et aussi… un peu différent. On change son nom, parfois. On change de pays, d’autres fois. On n’a pas toujours prise, ancrage, racines sous les pieds, généalogie facile à remonter. Mais, oh merveille aussi, on a hérité des récits de la vie de ceux qui nous ont précédés, et ils sont délicieusement différents. Samuel Braunberger a beau être un "Belge », eh bien au lieu de vous raconter les échos d’une famille de tanneurs dans le namurois, nous voici à Czestochowa en Pologne, suivant Benjamin Warschawski qui a une ferme et prête de petites sommes d’argent à un taux qui nous fait peur mais n’effrayait personne car on ne le remboursait jamais.

L’humour est là, sans tapage, il faut le saisir pendant qu’il passe et alors il vous surprend comme une piqûre de moustique :

« A l’époque de la photo, il était âgé, à vue de nez, si on peut parler de nez à propos d’un Juif, de soixante ans. »

« Il n’y a que dans les mélos du dix-neuvième siècle, et dans l’Ancien Testament, que le fils prodige revient au chevet de sa mère à l’heure où elle s’éteint. Imaginez la joie qui illumine son visage, ce visage qui sera son visa lorsqu’elle rencontrera le très Haut. »

On émigre beaucoup, on se marie et on a des enfants, on s’éparpille, on ouvre des commerces dans toutes les langues. Finalement… on vit, c’est un mouvement perpétuel… Et bon, certains arrivent et s’arrêtent en Belgique :

« Ce qui avait décidé Louis à rester en Belgique, c’était le comportement des ivrognes. En Pologne, lorsqu’un Juif empruntait en sens inverse le trottoir que suivait un ivrogne, par prudence il descendait du trottoir et traversait la rue. En Belgique, il le répétait à qui n’était pas fatigué de l’entendre, c’est le contraire qui se produisait. L’ivrogne descendait dans le caniveau en s’excusant. Un pays avec de tels ivrognes méritait beaucoup de considération. Vive le Roi, vive la Belgique. »

On ne peut pas vraiment capturer ce récit dans un style ou une histoire ou un genre. On voyage avec Samuel, on le regarde être Juif et être homme, on le regarde jouer, grandir, observer, être amoureux, voyager, se sentir étranger lorsqu’il retourne à Czestochowa où il est né, issu de gens qui y sont nés et y ont grandi… Il est Belge désormais… Episodes burlesques, sombres ou gais, décors de guerre, de mariages, de camaraderies, la mort est toujours encerclée par la vie.

J’ai aimé suivre Samuel au long des chapitres choisis par l’auteur pour nous le faire entrer dans le cœur. Et c’est finalement l’histoire d’un jeune homme que la guerre rencontre, que la politique fait déménager, et que la vie forme. Il est juif aussi.

Edmée de Xhavée

edmee.de.xhavee.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes3/lovebirds.jpg

 

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Bob Boutique a lu "Lovebirds" d'Edmée de Xhavée

Publié le par christine brunet /aloys

 

lovebirds finish (1)

 

« Lovebirds » d’ Edmée De Xhavée

Soyons honnêtes, Edmée tout comme Christine et quelques autres sont des ami(e)s que je respecte et aime beaucoup et que je serais par conséquent incapable de critiquer, au alors en privé et uniquement de façon très amicale et positive. 
Dans le même temps, j’achète et lis tout ce qu’ils ou elles publient, parce que j’aime leur monde et qu’il m’intéresse de savoir comment il évolue.
Je précise bien “j’achète”, car j’ai horreur de recevoir des bouquins en cadeau, dans la mesure où cela m’oblige pratiquement à les lire, donc à les commenter, même lorsqu’ils ne m’ont pas enthousiasmé ! 
J’ajoute enfin que je les “achète” car je trouve qu’il y a derrière chaque ouvrage un tel investissement personnel que c’est bien la moindre des choses que de payer les quinze ou vingt misérables euros affichés sur la couverture.
“Lovebirds” je l’ai donc commandé à l’instant même où j’ai appris qu’il allait sortir et Edmée n’en savait rien… je ne le regrette pas, que du contraire, ce livre m’a même étonné et je vais tenter de vous expliquer pourquoi.

**

Parlons d’abord de l’objet: un beau livre de plus de trois cent pages, bien imprimé, avec une couverture originale de Maureen Debbaut. Je ne vais pas vous dire le contraire, car c’est ma petite nièce et qu’elle est trrrès susceptible.
28,50 euros c’est beaucoup trop cher, mais ce prix se réduit à 19,90 lorsque vous le commander en direct sur le site de Chloe des Lys et ça, c’est tout à fait raisonnable !
J’ai bien rigolé en lisant le pitch du verso qui présente Edmée comme une baroudeuse internationale ( ce qu’elle a effectivement été ) et résume fort bien le bouquin en titrant: huit récits qui parlent d’amour. C’est exactement ça, des histoires “qui ont inspiré à cette femme de conviction (oh que oui !) des récits d’archéologie des sentiments humains !” 
Là, je n’ai plus très bien compris ! Associer la jolie Edmée a de l’archéologie ? A la Vénus de Milo peut-être ? Passons.

**

Premier étonnement et non des moindres, la préface de Luc Beyer de Rycke. 
Pour les plus jeunes ( en dessous de quarante ans ) ce nom n’évoquera rien. Et pourtant ! Après avoir présenté le journal télévisé de la Radio Télévision Belge pendant près de vingt ans dans les années 60-70, il devint député européen et écrivit de nombreux essais sur la politique internationale et sur la Flandre dont il est un des enfants. Car Luc est gantois et fait partie de ses flamands bilingues et francophones qui manient parfois mieux la langue de Voltaire que les français eux-mêmes.
“La nouvelle est un art plus difficile que le roman, explique t-il, et Edmée De Xhavée y excelle”… 
Je confirme ( le fait qu’elle y excelle ) et cela m’ interpelle d‘autant plus qu’elle n’avait écrit à ce jour que des livres particulièrement riches en personnages, en style, en descriptions brillantes, parfois même époustouflantes, en psychologie fouillée et donc… en nombre de pages. Un De Xhavée, c’était toujours une brique et on entrait dans ses romans comme on entre en religion, avec des semaines voir des mois de lecture.
Et puis voilà qu’elle se lance dans la nouvelle avec des récits courts et rapides torchés en trente ou quarante pages ! Elle sait donc tout faire.
Et Luc Beyer qui s’y connait en littérature d’ajouter: “l’ auteur ressent profondément le tragique de l’ existence… mais laisse transparaître au bout du jeu, l’idée d’une rémission”.
Je ne l’avais jamais entrevu de cette façon, j’ai même été voir sur Wikipedia ce que signifiait exactement le mot “rémission” (une sorte de pardon ou de rachat) et je trouve cette réflexion particulièrement juste… surtout lorsque Luc conclut qu’ “Edmée de Xhavée est au fond une petite fille à la peine, atteinte jusqu’au fond du coeur et de l’âme… Elle se meurt, mais elle survit”.

**

Après de tels commentaires, vous allez certainement imaginer un livre noir et désespéré.
Hé bien, Pas du tout. Les personnages d’Edmée sont rarement reluisants, encore moins courageux, mais souvent drôles dans leurs efforts pathétiques pour cacher ces imperfections. Et comme rien n’échappe à l’oeil impitoyable de l’auteure, qui démonte tous les jeux et faux semblants avec une précision d’entomologiste, c’est franchement jouissif ! 
Les “lovebirds” ( ou “inséparables” en français ) sont ces petits perroquets qui vont toujours par deux et donnent l’impression rassurante de couples éternels et fidèles.
Dans les huit récits d’amour d’ Edmée, la réalité est beaucoup moins ydillique. Les amants font de très gros efforts pour donner l’illusion aux autres ( parents, amis et connaissances ) que tout va bien dans leurs couples et qu’ils s’adorent. Sauf que la plupart du temps, c’est tout le contraire : ils se déchirent, se mentent, se trompent ou vont jusqu’à se mépriser !

**

Dans le premier récit qui donne son nom au livre « Lovebirds » un couple de randonneurs se promène, sac au dos, dans une réserve située à quelques kilomètres de New-York. J’y ai déjà été plusieurs fois et ignorait complètement qu’ une telle forêt montagneuse et perdue existait si près de la Pomme. Même qu’on y aperçoit les buildings de Manhattan des hauteurs de cette petite montagne. Faisons confiance à Edmée qui connaît une bonne partie des States comme sa poche…
Pour leur entourage, ce couple est presque parfait et amoureux, mais « de jeune fiancée ardente puis jeune épouse consciencieuse elle s’était , en trois ou quatre ans, transformée en vierge de fer et de béton, en femme qu’il ne fallait pas brusquer d’avantage si on l’aimait vraiment. » 
Puis l’incident, nos deux hikers tombent en plein bled sur des « Jackson White », des espèces de sauvages new-âge qui vivent dans ces forêts de tout et de rien, quasi comme des bêtes, et cette rencontre tourne mal… on songe évidemment à « Délivrance » le célèbre film de Boorman. Mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler l’ histoire…
Un autre récit évoque l’amour démesuré et malsain d’une mère, donc d’une belle-mère ! Un troisième de l’amour papillon d’un Don-Juan qui m’a beaucoup amusé ( vous lirez…) , un quatrième de celui empêché, maladroit, malhabile, qui se repent dans une effroyable tristesse à l’heure de la mort dans une chambre d’hôpital et ainsi de suite… 
Huit histoires, fort bien racontées et toutes différentes, qui valdinguent dans tous les sens et sur tous les continents avec un tempo enlevé qui mène le plus souvent vers un dénouement inattendu ( on a vraiment pas le temps de s’ennuyer )
Avec à chaque fois, le même fil rouge: l’amour avec un tout petit “a”, qui aimerait tant pouvoir s’écrire avec une majuscule, ou alors des amours insensées, aigries, trahies, comme des plantes qui poussent de travers…
Et puis arrive, comme si bien ressenti par Luc Beyer… la rémission… le pardon, car tout ce qui tourne autour de l’ Amour est en fin de compte bien dérisoire.

**

Dernière interrogation. Peut-on écrire des nouvelles avec le même brio et la même richesse de style qu’on met dans un roman de trois cent pages ?
Pour Edmée de Xhavée, la réponse est oui, incontestablement. Le roman est un voyage en solitaire de plusieurs mois dans un pays où tout est à découvrir tandis que la nouvelle ressemble plus à un city-trip où le temps vous oblige à foncer sur l’essentiel. Mais elle maîtrise… 


«Le feu ouvert projette sur le visage de Vincent une lueur chaude et ondoyante qui longe les courbes de son visage. Dans ses mains, un verre de cognac sur lequel son image se reflète à l’envers, dans des teintes ambrées et mouvantes. »
« Elle voit un dindon sauvage dans le jardin arrière de la maison. Elle s’approche et imite son glouglou avec douceur. C’est un jeune mâle qui n’a pas encore de barbe, au plumage d’un beau bronze métallique aux reflets verts et soyeux, se terminant par de belles plumes tachetées de noir… »

Il vous faut un dessin ?
Un très bon livre, auquel je ne m’attendais pas. Il est déjà rangé dans ma bibliothèque avec un tas de graffitis et de notes griffonnées dans les marges, pour être sûr que personne n’aura envie de me le piquer.

Bob Boutique

www.bandbsa.be/contes.htm

http://www.bandbsa.be/contes3/10negresses.jpg

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 40 > >>