Concours 1 : "Quand l'aventure frappe à notre porte" Texte 1

Publié le par christine brunet /aloys

Dans trois jours et trois nuits

 

   Impossible de plonger dans les bras de Morphée. Ce que j’ai vécu cet aprèm, était-ce réel ? Une hallucination ? Serai-je devenue schizo ?  Je m’en veux à mort, je n’ai même pas pensé à allumer mon GSM. Pour une photo ou deux de ce truc-là et me rappeler que je n’ai pas rêvé.  

   La journée a commencé comme d’hab, une putain de journée. Ma beldoche, Johanna, avait accroché une liste de tâches sur la porte du frigo, une liste longue comme les rouleaux de la Mer Morte (je sais pas pourquoi cette métaphore car je n’ai jamais vu ces machins-là mais depuis cette « rencontre » je deviens bizarre). La salope. Jamais mon daron n’aurait dû se remarier avec cette chieuse. Pas facile de subir un veuvage mais quand même. Tomber sur cette conasse et en plus lui passer la bague au doigt, fallait l’faire. Il ne l’a pas subie longtemps, il a clampsé quelques mois plus tard. Donc voilà, mon jour de congé, le mardi (il faut bien que ce soit mardi une fois par semaine), je le vis entre torchons et raclettes, et raclettes et torchons. La sorcière pourrait de temps en temps déléguer les corvées à ses deux godiches de filles, mais non, la boniche, c’est moi. Pendant ce temps-là, le duo machiavélique (appelons un chat un chat), Brenda l’aînée et Miranda la cadette, se la joue super cool en ville : SPA de luxe, pédicure, manucure, salon de coiffure, un p’tit tour chez Delvaux, un autre chez Bulgari, etc. Taxi pour l’aller et taxi pour le retour car ces demoiselles ne prennent ni le bus ni le tram, bien trop dégradant pour pareilles pin-ups. Voilà le topo ! Mais ça, c’était avant.

   Donc j’ai astiqué toute la journée en fulminant, car j’en avais ras-le-bol de décrasser les saloperies de ces trois godiches. Ah si un mec beau et riche passait par ici … Pour me défouler, j’écoutais Rammstein à fond la caisse. Tout à coup, silence total dans la baraque, en plein milieu de « Du hast ». Je secoue les appareils. Rien. Tout autour de moi, plus aucun bruit. Les perruches, elles aussi, ont le bec cloué. J’écarte deux lamelles des stores et là, consternation, les voitures à l’arrêt en pleine rue. Sur le trottoir, des commères sont face à face, comme figées. Une espèce d’effet d’Oz ! Dans ma rue ! Puuutain, je me dis, c’est quoi ce bordel ? Je me tâte. J’existe encore, ouf. Et soudain, dring. On sonne à la porte. J’ai le trouillomètre à zéro, c’est la raclette qui me soutient. Dring. Dring. Téméraire, j’avance. J’ouvre la porte. Consternation. Devant moi … une vraie princesse ! Nippée dans une robe bleue qui scintille de partout, des manches bouffantes, un jupon volumineux. D’une voix rassurante et maternelle, elle me dit :

  • Comme je comprends ta tristesse, et ta colère aussi, Mirabelle. J’ai connu pareille situation. Je te promets que tout cela s’arrangera. Patiente encore trois jours et trois nuits. Je reviendrai et te présenterai ton Prince Charmant. Et ce sera plus si … affinités !

Je reste baba devant cette dame qui, en plus d’illuminer tout le quartier, connait mon prénom ! Puutain ! Je zieute ses pieds et que vois-je ? Des pantoufles de vair !

  • Ah, j’oubliais … Je m’appelle Cendrillon. Rappelle-toi, dans trois jours et trois nuits, je serai là. Tu sais, Mirabelle, je suis ici grâce à l’effet miroir. C’est ufologique. Je sais que tu comprends tout ça. Continue tes recherches ufologiques ! Continue !

Avec grâce, Cendrillon fait demi-tour et monte dans son véhicule, un carrosse super-éclatant de couleur jaune doré. Qui s’élève direct dans les airs en deux secondes. Sans aucun bruit.  À la place du carrosse, devinez quoi ?  Une citrouille ! Une citrouille !

 

 

Publié dans concours

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
E
Trop savoureux ! J'ai adoré détester les deux soeurs monstresses et leur maman avide, et j'ai aussi adoré deviner le goût de la vengeance...
Répondre
M
Cendrillon genre trash. Je voudrais voir la gueule du prince charmant. Et merci pour "vair" ( le seul à ne pas dire merci est l'écureuil sacrifié mais c'est trash aussi )
Répondre
P
Ohhhh, Cendrillon .... belle aventure !
Répondre
J
Ouch, ça commence en fanfare ce nouveau concours !
Répondre
C
Ce premier texte donne le "La"... Et ce n'est qu'un début !!!!
Répondre
M
Cela démarre fort.
Répondre
C
Sur des chapeaux de citrouille.
C
Une histoire de ouf pour démarrer ce concours, ça promet.
Répondre
A
Une citrouille ufologique, voilà qui n'est pas banal ! Le concours commence sur les chapeaux de roues... de carrosse, on ne pouvait rêver mieux !
Répondre
P
Cela prouve que les contes de fée, ce n'est pas seulement dans les recueils vieillots !
Répondre