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Texte n°2 du concours "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Ciseaux.jpg

 

 

 

SUBSTITUTION

 

 

 

"Marie-Christine, vous ne savez pas vous servir d'une paire de ciseaux ?"

 

La question perturbe le silence délicieux de notre cours de couture, juste troublé par les petits déplacements.  Mon cœur se serre. Une fois de plus, notre institutrice, Mademoiselle Thérèse, s'adresse à ma voisine de banc. Sait-elle que la mère de la fillette passe la moitié du temps à l'hôpital ? Sait-elle que son père se débrouille comme il peut pour que Marie-Christine et son frère ne manquent de rien ? De mon point de vue, mon amie Marie-Christine n'est ni plus bruyante ni plus dissipée que les autres. Et pourtant, combien de réprimandes n'encaisse-t-elle pas à longueur d'année ? Est-il donc si vrai que son écriture n'est que patte de mouche, que ses jeux ne sont que dangereux et que son comportement n'est que désobéissance ? Si elle est si nerveuse, n'est-ce pas que sa vie est loin d'être un jeu de société sans anicroche ?

 

Sur le banc, à droite, des ciseaux qui ne coupent guère. Propriétaire : Marie-Christine. De l'autre côté de la rangée, les mêmes ciseaux efficaces, fiables et performants, eux ! Ceux de Sonia…Marie-Christine s'évertue à couper un fil qui résiste. Quand elle y arrive enfin, le résultat n'est guère fameux… Elle va sûrement avoir des problèmes pour enfiler son aiguille ! Elle va encore perdre un temps précieux et se faire réprimander.

 

Je désire que mon amie soit aussi bien considérée que les autres. Elle et moi, nous vivons souvent dans une même bulle, celle où le réel est enjolivé. J'ai raconté que j'avais vu sa poupée à la magnifique robe rose et sa machine à coudre, comme celle de Maman. Elle a décrit ma salle de jeux et mon dernier cadeau de Noël, un petit magasin presque aussi grand que celui de Madame Rita, l'épicière, a-t-elle prétendu ! Pour les autres élèves, nous sommes les témoins mutuels de nos réussites et de nos exploits.

 

Nous habitons le même quartier et pourtant nos parents se connaissent à peine. Sur le chemin de l'école, nous nous confions nos chagrins et nos projets. Quand nous nous retrouvons en tête-à-tête, pas besoin de tricher !

 

Pour cette histoire de ciseaux récalcitrants, ma décision est prise. J'éviterai une nouvelle humiliation à Marie-Christine ! Tout le monde est penché sur son napperon. Subrepticement, je vais demander conseil à l'institutrice et en passant, je permute discrètement les ciseaux. Bien malin qui pourrait dire quelle paire appartient à qui ! Le père de Sonia n'aura qu'à aiguiser et à réparer s'il le faut ! Le problème est dans l'autre camp, celui d'une gamine choyée et appréciée de tous ! Le temps passe et plus il passe, plus je me réjouis de mon astuce. L'atmosphère est tranquille. Personne ne saura rien de ma malice…  

 

- Sonia, que faites-vous avec vos ciseaux ?

 

- Ils ne vont plus, Mademoiselle.

 

- Essayez encore…

 

Brève tentative et constat affligé : "Un bon ouvrier a de bons outils, Sonia. Tenez, voici les miens !" Silence dans la classe… Mademoiselle Thérèse fait les cent pas. D'une voix douce, elle recommande : "Faites de plus petits points… Soyez fières de votre ouvrage !"

 

Quelques minutes plus tard, elle constate : "Tiens, Sonia, vous avez les mêmes ciseaux que ceux de Marie-Christine. Marie-Christine, c'est vous qui avez pris les ciseaux de votre compagne ?"

 

"Mais non, Mademoiselle."

 

Ah, cet accent de sincérité, ce cri du cœur !

 

"C'est bien,  je vous crois. C'est peut-être un défaut de fabrication après tout."

 

Qui a remarqué ma substitution ? Qui a jugé que l'institutrice avait été injuste en dépannant l'une et pas l'autre ? Qui, plus tard, fera comme moi le rapport avec "Les animaux malades de la peste", une fable de La Fontaine ?

 

 

Marie-Christine n'a jamais su ce que j'avais fait pour elle. Après l'école primaire, nous nous sommes perdues de vue mais je sais qu'elle a réussi des études universitaires. Ses problèmes familiaux ne s'étaient pas estompés, son père et sa mère sont morts relativement jeunes mais elle avait manifesté ténacité et volonté.

Publié dans concours

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Texte n°1 du concours pour "Les petits papiers de Chloé"

Publié le par christine brunet /aloys

le-premier-soir-des-vacances.JPG

 

Le premier soir des vacances

 

 

Enfin ! On peut dire qu'on les aura attendues. Longtemps. Ce soir, c'est les vacances ! Pour un moment, on peut remiser dans un lointain recoin de sa tête tous les soucis de la journée passée comme des précédentes. On prend son temps. Le soleil est déjà bas dans le ciel, mais ce soir, pas d'urgence. On rassemble tranquillement, lentement, toutes ses affaires, en écoutant le silence d'une salle vide et calme. Le même que tous les soirs à vrai dire.

Pourtant, aujourd'hui, on y prête davantage attention. Cela pourrait presque sembler triste mais, au contraire, une profonde sérénité emplit l'atmosphère. L'avait-on seulement remarquée, cette odeur légèrement grisante dans l'air ambiant ? Les senteurs des arbres en fleurs à travers la fenêtre entrouverte, sans doute. Il fait bon, et les rayons obliques du soleil donnent aux ombres des formes insolites et amusantes, comme lorsque l'on regarde des nuages dans le ciel. On traîne encore un peu, puis finalement, on rentre. On continue de ne pas se presser.

Oh, non, surtout pas ! On sait déjà que cette heure où le temps est comme suspendu n'est que trop éphémère et que, demain, ce ne sera plus qu'un lointain et agréable souvenir, à demi effacé par le rythme du quotidien. Alors on respire de toutes ses forces, à pleins poumons. Et on savoure.

Dans la voiture, on choisit un disque avec soin : c'est que ce dernier sera notre précieux compagnon de voyage, pendant toute la durée de notre retour en douceur à la réalité. Bientôt, la routine reprendra sa place rassurante entre le ronronnement sourd de la machine à laver et le monologue berçant de la télévision. On soupire une dernière fois, on hésite à peine, puis on sort de sa voiture en baillant.

On arrive chez soi. En fait, on est bien content ! On va pouvoir souffler, se reposer, se laisser aller. Comme pour nous conforter dans cette idée, le chat s'approche à pas de velours du fauteuil dans lequel on s'est installé et vient frotter tout doucement sa tête contre le bas de notre pantalon, en quête de caresses. Et dans ce début de nuit, seul continue d'exister, pendant quelques trop courtes minutes encore, l'instant présent.

 

 

Publié dans concours

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Texte n°7 !!! A vos votes !

Publié le par christine brunet /aloys

VACANCES DE REVE

 

La Toscane, un soir d’été…

J’ai vingt ans, le miroir me fait la cour .

L’air s’est parfumé aux mille odeurs entêtantes exhalées par les fleurs, l’eau bleue, les peaux chaudes de soleil, les mets qui rissolent dans la grande cuisine aux carreaux blancs …

Et Lui, Tiziano, alangui contre moi, ses cheveux couleur de jais que l’on croiraient imbibés d’huile précieuse , frôlant mon épaule.  Je frémis au contact de sa peau ferme et douce, ambrée, qui s’étire tout le long de son corps viril . Il est nu, comme moi, ange affolant, fier de sa beauté, éperdu devant la mienne…

Sa main , posée sur un de mes seins , s’anime soudain et la caresse me tétanise, hérisse ma peau. J’ai l’impression d’être argile sous les doigts d’un sculpteur. 

Comme pour se mettre au diapason de cette perfection, une douce mélodie italienne s’élève depuis la plage , se fondant dans les rires séducteurs des jeunes gens qui entament les parades amoureuses de la nuit.

Tiziano murmure des mots sucrés, me parcourt de baisers velours qui laissent sur ma peau une vapeur humide , puis  sans transition me saisit les cheveux brutalement , écrase mes lèvres dans sa bouche gonflée et me pénètre d’un seul coup .

Les cascades de fleurs tournent devant mes yeux , décorent de fresques le ciel indigo qui les renvoie dans la mer où elles explosent tel un feu d’artifices.

L’explosion me fait sursauter , hagarde, en sueur….

Quoi ?  Où ?  Comment ?

 

C’est le réveil qui vient de tout bousiller , me ramenant à Bruxelles, sous un ciel gris , dans un lit single .

Publié dans concours

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Texte 6... Avant dernier texte du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

VIVE LES VACANCES !

 

 

 

 

1er juillet, 3 heures du mat. Le réveil sonne.  Un peu à l’avance, non ? Ah ! c’est vrai, il faut le temps que  j’émerge, le jour tant attendu est arrivé : nous partons en vacances. Un coup d’œil du côté de mon épouse : elle est déjà debout. D’habitude, je dois l’appeler trois fois avant qu’elle ne daigne mettre un orteil par terre ! Et là, elle s’active. La voilà nue, elle file dans la salle de bains en chantonnant. Dans trois minutes, elle sera prête. Les autres jours, elle mobilise l’endroit pendant au moins une demi-heure.

Chéri, tu te lèves et tu réveilles les enfants ?

Elle crie de la salle de bains, j’entends le ronron de la brosse à dents électrique. Il est temps que je me lève. Je ne suis pas trop pressé de me taper huit cents bornes dans la chaleur, moi. Bien sûr, on pourrait conduire à deux, même notre ainée pourrait s’y mettre mais pas question que mes femmes ne commandent ma bagnole. Ma voiture, c’est mon bijou. Je l’aime … autant que mes enfants, je dirais. Il faut dire qu’elle m’obéit au doigt et à l’œil, elle, pas comme eux !

Chériiiiiiii, je suis prête.

Bon allez, je me décide. J’affiche mon plus beau sourire et je me dirige vers la chambre des enfants. Olivia dort comme un bébé ; j’entends du bruit dans la chambre de Sébastien.  Toujours excité quand on part en voyage, lui. Il va encore embêter sa sœur et ça va se chamailler tout le trajet.  Tiens, il n’a qu’à commencer tout de suite.

J’ouvre la porte de sa chambre ; il est habillé. Il se lavera demain, ce n’est pas grave !

Salut, mon pote, déjà debout ?

Tu le vois, non ?

Va réveiller ta sœur et dis-lui de se magner le train !

OK, je prépare un seau d’eau…

Je ne discute pas, ça ne servirait à rien. De la salle de bains, j’entends les cris d’Olivia. Toujours son langage châtié ! Ouh ! Mais c’est qu’il en reçoit, le petit !

Olivier, va voir ce qu’il se passe chez Olivia, me crie ma chère et tendre de la cuisine.

Je ne réponds rien, le petit, il est capable de se défendre tout seul et puis il l’a cherchée, il l’a trouvée !

Vroum ! Un train passe devant la salle de bains. Non, c’est Sébastien poursuivi par sa sœur. Il dévale les escaliers, elle s’arrête net, jette un coup d’œil vers moi.

T’es pas encore prêt ? Tu sais bien que j’ai besoin de la salle de bains.

Bonjour, Olivia, tu as bien dormi ?

Tu parles, c’est la nuit la plus courte que j’ai jamais eue de toute ma vie ! Quel besoin a-t-on de partir au milieu de la nuit ?

En partant tôt, on évite les bouchons autour de Paris, tu le sais bien, et puis, on arrive tôt…

Et quel besoin a-t-on d’arriver tôt ?

Là, je ne réponds plus. C’est vrai ça ! Quel besoin avons-nous de partir tôt ?

Bon, tu te tires ?

Je descends torse nu. Je sens l’odeur écœurante du café et du pain grillé.  Alice s’active dans la cuisine. Moi, de toute façon, je ne pourrai rien avaler. Remplir mon estomac à 3 heures du mat, très peu pour moi !

 

4 heures du mat. On s’engouffre dans la voiture. Olivia a passé une demi-heure dans la salle de bains ; Sébastien a taché son nouveau tee-shirt avec la marmelade d’orange de sa grand-mère et pas question qu’il mette un de ces vieux trucs qui trainent dans sa garde-robe. Il a fallu détacher la valise du porte-bagages et en extirper un tee-shirt propre.  Heureusement que j’avais tout bouclé hier soir.

 

6 heures du mat. Nous approchons de Paris, la circulation devient dense. Les enfants se chamaillent et Alice s’énerve. Moi, je reste zen même quand Olivia crie que le chien a pissé sur ses pieds. Impossible de m’arrêter ici. Je  promets : je ferai un arrêt sur la première aire d’autoroute afin que ma fille chérie puisse se laver les pieds.

J’sais plus me retenir !

Ca, c’est Sébastien qui crie comme un porc qu’on égorge. Qu’est-ce qu’il croit ? Que je vais m’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence pour qu’il puisse satisfaire son besoin le plus pressé. Il a treize ans, merde, sa prostate fonctionne bien, il peut attendre, non ?

 

14 heures. Il y a longtemps qu’on a passé Paris. Le chien a pissé trois fois sur des aires d’autoroute, Sébastien aussi. Olivia, elle, continue de râler toute seule. Le petit s’est endormi.

Ma fille a 18 ans et considère qu’elle n’est plus obligée de nous accompagner dans « ce bled pourri » ! C’est beau, l’Ardèche, pourtant ! C’est calme ! On est loin de tout, loin du bruit de la ville, de la circulation, de la pollution. Aucun des arguments qu’avance sa mère ne fait mouche. Ce bled est pourri, un point c’est tout. Ses copines vont au club Med et ça fait belle lurette qu’elles n’accompagnent plus leurs parents en vacances.

Il faut bien que tu ailles voir ta grand-mère de temps en temps, lui réplique sa mère.

Je l’avais oubliée, celle-là. Mais comment ai-je pu ? Dans l’euphorie du départ, j’avais complètement occulté le fait que nous allons passer un mois chez belle-maman, celle de la marmelade d’orange. On revient chaque année avec un chargement de victuailles diverses : marmelade, compote, confits, sans oublier les châtaignes qui datent de l’année d’avant car, des châtaignes, en juillet, on n’en trouve pas, même dans ce bled pourri. C’est vrai qu’il est pourri, ce bled, et puis, la bouffe de ma belle-mère me donne mal au ventre. Tiens, rien que d’y penser, j’ai des crampes d’estomac. Là-dessus, je ralentis l’allure. A quoi ça sert d’arriver tôt, hein ?

 

18 heures. Nous sommes arrivés à Thueyts.  J’aperçois déjà la maison de mes beaux-parents. Tiens, ma belle-mère n’est pas sur le pas de la porte. D’habitude, elle est là, debout, sur le seuil à guetter notre arrivée. Comme si on allait arriver plus vite comme ça. D’habitude, dès qu’elle voit la voiture, elle rentre. Ben, oui, elle va réchauffer le bon petit plat qu’elle nous a préparé. Ça creuse la route !

Maman, fallait pas te donner tant de mal, lui dit Olivia.

Elle est peut-être morte, dit Olivia.

Tais-toi, hurle Alice.

On sort précipitamment de la voiture, on ouvre la porte de la maison et on trouve mon beau-père en larmes dans son fauteuil. Sur la table, une lettre qu’il nous désigne.

Alice l’arrache, je jette un coup d’œil  par-dessus son épaule.

Ma mère est partie, dit-elle en s’asseyant sur des chaises en bois de la cuisine.

Elle est partie en vacances ? demande innocemment Sébastien.

Elle est partie, répond mon beau-père, partie, avec un autre.

 

1er août, 4 heures du mat. Nous sommes repartis. Nous avons passé tout le mois à chercher ma belle-mère. Nous sommes allés partout : chez ses amis, dans la famille de ma femme, même chez les commerçants du coin. Personne ne l’a vue, disparue la belle-mère. Je ne peux pas dire qu’elle m’ait manqué mais bon j’aurais bien aimé passer mon mois de congé à autre chose qu’à jouer à Sherlock Holmes.

 

18 heures, même jour. Nous arrivons en vue de notre appartement. La fenêtre de notre chambre est ouverte.

On a été cambriolé ! me lance Alice.

On descend rapidement de la voiture. Une tête passe à la fenêtre, un buste se penche, une voix s’adresse à nous : « Il est petit votre appartement. A cinq, il faudra se serrer un peu. »

C’est pas vrai, elle n’a quand même pas décidé d’habiter chez nous ? .

 

Publié dans concours

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Texte 5 du concours

Publié le par christine brunet /aloys

texte 5

 

Un été à Moustiers, un conte étoilé.

 

 

Hier encore le Nord, la pluie, le gris, celui que l’on fuit aujourd’hui, celui qui nous recouvre même la nuit. Tout est gris : le ciel, les maisons, l’herbe, même les gens paraissent ternis, sauf une chose, une chose formidable, une chose extraordinaire, qui ne peut que vous plaire, le cœur de ces gens, le cœur de ces géants, un cœur si grand que tous les êtres vivants sont leurs parents, leurs enfants, leur sang. Ce sang noir qu’ils ont puisé au fond des mines de ce terroir, et qui les nourri d’espoir. Un cœur si gros, qu’ils donneraient tout, et même plus s’il le faut, pour vous faire plaisir. Pourtant aujourd’hui je quitte cette « patrie». Direction le soleil, les abeilles, le jaune, la couleur, les odeurs de bonheur. Nous sommes tous entassés dans la voiture, plus une petite place pour mettre …un centimètre carré. On est heureux, joyeux, on chante, parle, joue pour faire passer le temps. Le chien jappe, dors, bouge, il participe, à sa façon, au bonheur de notre rejeton.

Enfin, mon Titi s’est endormi, le voyage va être encore long pour lui. Je ferme les yeux, pour profiter, un peu, de ce temps de répit, On est heureux ! Le temps passe, les kilomètres défilent, la chaleur commence à monter, le vent frais vient frôler mon visage, tourné vers le paysage. Les yeux toujours fermés, je cherche quelques souvenirs de Moustiers. Souvenirs de ces doux moments, de cette douceur de vivre, qui n’existe nul par ailleurs, douceur dans les mouvements, dans les couleurs, douceur dans la chaleur de l’été, dans le regard des personnes âgées qui connaissent bien cette contrée. Je revois ce petit village, blotti dans les bras du « Montdenier », accroché, prêt à tomber, arrimé là depuis que les eaux se sont reculées, retirées, vers la mer méditerranée. Les bâtiments légèrement colorés, ne peuvent bouger, figés dans la pierre de ce mont tant admiré. Il est là depuis des milliers d’années, surplombé par cette étoile dorée, suspendue à quelques centaines de pieds de là où l’on est. Les yeux rivés vers cette étrange merveille, que fait-elle là ? Qui l’a accroché ? Qu’elle symbole peut-elle nous conter ? Des réponses ? Il y en a : Un chevalier, qui, avant de partir guerroyer, aurait juré, que s’il revenait, il suspendrait une chaine doré en hommage à une sainte nommée : Marie. Il n’a pas failli, une fois revenu dans son pays, il gravit la montagne, il suspendit la chaine et son étoile. Et depuis, elle veille sur Moustiers Sainte Marie. Plus d’une fois elle est tombée, mais chaque fois on l’a raccroché. D’autres histoires sont racontées, mais nul ne sait vraiment, celle qui dit la vérité. Il faut la mériter, il faut grimper, grimper pour pouvoir l’admirer. Une fois arrivé, plus près de cette étoile dédiée à une mère, l’atmosphère y est encore plus prospère à la prière. C’est ainsi qu’ils y ont bâti une chapelle, pour que chacun y fasse un rituel : prières, requêtes, sollicitations en tout genre, sont énoncées au sein de cette maison.

Quant à la place du marché, joliment ombragée par cet arbre verdoyant, il faut parfois, s’en éloigner, les rues bondées par les touristes pressés de trouver le cadeau qu’ils vont ramener, ne permettent pas de tout admirer. Il faut longer ruelles, petits passages, venelles, pour découvrir un autre visage de ce magnifique paysage : Un lavoir où on aime s’assoir, pour déguster la glace que l’on vient d’acheter. Une glace un peu spéciale, conçue de milles pétales, au goût tout aussi alléchant que les produits du terroir, le miel de lavande, la truffe ou huile d’olive réalisés comme dans l’ancien temps. Il est beau ce village, ses bâtiments chapeautés de tuiles canal, flammées lors de leur cuissons, ce qui leur confère différents tons.

Un souffle de vent chaud me rappelle à la raison, un cours instant, juste le temps de voir la destination : Lyon. Mes paupières sont encore lourdes de sommeil, elles se baissent doucement, oubliant le temps, oubliant le vent…Me voilà posée sur un drap de plage aux pieds du lac sainte Croix. Quelques canots flottent sur l’eau, attendant patiemment un client, ils me crient : vient, vient te balader, nous pouvons te montrer des contrées que nul n’a jamais frôlé. Vient, vient nous chercher, nous t’emmènerons voguer sur des eaux plus colorées, plus calme que celle de la méditerranée. Non ! Pas aujourd’hui ! Les flots bleus, bleus comme les yeux de mon amoureux, sont bien jolis, ils me rappellent le ciel Bleu du Nord, lorsque le soleil l’éblouit de ses rayons capricieux, mais ce bleu ne m’aura pas pour lui, je ne me baigne pas, je reste là admirant le paysage que voilà.

Je me souviens aussi, des silences, silence de la rivière, des cigales, du soleil, qui nous repose de ces journées passées au bord de ce ciel bleu d’été. Tous deux, mon amoureux et moi, nous rangeons nos valises de l’année, elles sont posées fermées, voire cadenassées, pas question que quelqu’un vienne délivrer tout ce poids accumulé depuis juillet de l’an dernier. Nous sommes là sans parler, apaisés, heureux de ne rien faire, de ne rien se dire, admirant le ciel où, parapentes virevoltent doucement, jouant avec les ascendants, ils volent lentement, c’est magnifique, un enchantement pour petits et grands, une parade de planant, tel des vers luisants, ils filent dans le ciel couchant.

Les jours, les semaines s’écoulent lentement. Balades, randonnées, jeux et baignades rythment chaque instant. Le soleil luit tout le temps, parfois cela en devient fatiguant, une sieste ou deux, de temps en temps, pour faire pareil que les gens de cette région et même les bâtiments. Ces derniers paraissent dormir au gré du vent, rempart, aqueduc, chapelle d’antan, sont parvenue jusque maintenant, tout simplement en prenant leur temps. Le temps de dévoiler leur secret, leur indice, leur beauté. Ils ont le temps, nul besoin de ce presser comme dans ces grandes villes nettoyées, propre de tout ce qui est et a été. Des secrets, Moustiers ne nous les a pas encore tous dévoilés, pour que demain, dans un an, elle puisse, encore, nous époustoufler. Ça y est, les vacances sont bientôt terminées, il nous faut remonter.

Voilà la rentrée qui montre le bout de son nez, cahier, stylos et cartable, doivent être préparés, C’était de belles vacances, mais la maison commence à nous manquer, nous sommes heureux, aussi, de remonter, comme nous l’étions de venir à Moustiers. Les gens au cœur de géant nous manquent un peu. Le temps aussi ! Ici, jamais il ne pleut, ou si peu. Les maisons et les bâtiments sont souvent fermés, les volets sont repliés pour empêcher la chaleur de rentrer. Pas questions d’y entrer s’y vous n’y êtes pas invité ! Une chose que le Nord ne connait, la clé est là, dans le soulier, dans le creux de la maisonnée, rien à voler, juste le souper ou peut-être quelques jouets.

Les vacances sont terminées ! Vivent les vacances ! Mais, avant, il nous faudra rêver, rêver a un autre jour d’été sur les bords du Lac Sainte Croix de Moustiers.

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Texte 3 du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

VOYAGES PARALLÈLES

 

photo-l-assiette-boland.jpg

 

Ô ma Solange, tu m’as quitté. Tu viens de me déposer au "Centre d’Accueil Temporaire Les Lilas". Dès que je suis sorti de la voiture, j’ai été happé par les odeurs. Les jardins qui entourent la grosse villa embaument la rose et l’herbe coupée. D’un coup, je retrouve quelque chose de ma jeunesse. Le grand parc près de la maison de grand-père, les gazouillis d’oiseaux, les parfums de lys, d’œillets et de lavande. Te souviens-tu de ce parc où nous avions posé pour les photos de nos fiançailles ?

 

Ainsi, ma Solange, tu m’abandonnes aux mains d’infirmières, tu me laisses en compagnie de personnes peu ou prou handicapées. Aux Lilas, on accueille des gens qui sont, comme moi, incapables de vivre seul. Le docteur Maret a laissé entendre à mots plus ou moins couverts que je présentais des signes de démence sénile. Sans doute est-ce pour cette raison que l'infirmière me pousse à participer à l'atelier mémoire. Je suis juste un peu plus angoissé que je ne l’ai été durant toute ma vie active et j’ai juste quelques petites pertes de mémoire, ma Solange. Rien de plus, je te l’assure.

 

Solange, ma Solange, tu es en route pour l’Italie avec ton amie Jeannette. Tu as pris la décision pour moi : "Changer chaque jour d’hôtel, c’est impensable pour toi." Tu t’es justifiée : "Tu sais, j’ai besoin d’évasion. Une semaine de vacances, ça passera vite !"

 

Te reverrai-je, ma Solange ?

 

Il est midi, ce vingt-cinq août. Je vais prendre mon premier repas aux Lilas. Dans la salle à manger, les tables sont dressées. Nappes en coton blanc damassé, assiettes blanches au fin décor, soliflore garni d’une rose rouge sur chaque table. Une vraie salle de restaurant, ma Solange !

 

Il est midi. Nous avons droit à un apéritif sans alcool, un bitter, accompagné de petits légumes au vinaigre. Un régal, ma Solange.

 

Ton Pierre goûte à ces bouquets de chou-fleur croquants et parfumés, à ces morceaux de poivrons, à ces carottes ! Ton Pierre est attablé en compagnie d'une petite vieille élégante en chaise roulante. Elle s'appelle Marguerite et se parfume au patchouli comme ta cousine Léa. À la même table, Christophe, un homme encore jeune qui s’est fracturé les deux jambes.

 

Après cet apéritif, ma Solange, on nous sert un minestrone. Il dégage un tel fumet que cela te mettrait sûrement l’eau à la bouche. L’ail et le basilic, la poitrine fumée, tu sais, ces ingrédients que tu y mets chez nous.

 

Rien que du bonheur quand Marguerite essuie ses lèvres à la serviette. Au patchouli se mêle un parfum de vanille. Cette femme émet des "Eh bien" qui ont l’élégance des répliques d’Edwige Feuillère. Christophe nous raconte son accident de ski nautique. Un casse-cou, ce Christophe. À quarante ans, on se croit invincible. À quatre-vingt-huit comme Marguerite, on se laisse vivre. À soixante-neuf, comme moi, on s’angoisse. Oui, j'ai peur de ne pas te revoir. Je crains que tu ne me trouves pas quand tu viendras me rechercher. Quand je doute, Christophe me rassure à sa façon. Quand je m'égare dans les couloirs des Lilas, une infirmière me guide. Ne m'oublie pas, ma Solange.

 

Quant au plat, ma Solange… Deux beaux cannellonis aux pleurotes et une cuisse de canard. Ah, cette farce, ses effluves de persil. Sentir puis goûter. Laisser fondre en bouche le canard, la pâte, le morceau de pleurotes. Se taire. Regarder briller le regard de Marguerite. Voir sourire Christophe, le voir joindre pouce et index. Le bonheur de manger multiplié par trois. La lenteur devenue recette du plaisir. La vertu du bien manger ! Rien qu’un peu de Mozart. Rien que des saveurs et des parfums. Je ferme les yeux, ma Solange.

 

Le docteur Maret a conseillé de me suralimenter. La bonne consigne ici, crois-moi.

 

Nos assiettes sont vides. Marguerite bavarde. J’entends "galettes, fruits de mer, fromage, pommes, vanille, cidre…" Ses paroles m’emmènent ailleurs. Je suis repu. Je pense à la Bretagne. Je revois la mer sauvage qui s’emporte contre les folies humaines. Je sens le sel sur tes lèvres, ma Solange.

 

Dans un petit ravier, un tiramisu. L’onctuosité du mascarpone, la touche de liqueur d'amandes. Le pouce et l’index de Christophe de nouveau joints. Une pose cocasse pour un sportif comme lui !

 

C’est d’un drôle, mon cœur.

 

"Thé ou café ?" "Café, s'il vous plaît". Tu vois, moi aussi ma Solange, j’ai fait un petit voyage. Ce soir, ce sera tomates mozzarella, ciabata, pastèque. Christophe est au courant des menus. "J’ai deux moyens de m’évader des Lilas. M’imaginer dans la salle de musculation que je fréquente habituellement deux fois par semaine et repenser aux endroits où j’ai déjà dégusté les plats qu’on nous prépare ici. Sans cela, quatre semaines ici, ce serait vraiment dur."

 

Je vais jusqu’au petit salon. Je m’assoupis, ma Solange. Me viennent des images du lac de Garde, de Venise, de Milan. Je suis avec toi, mon cœur…

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texte 2 du concours

Publié le par christine brunet /aloys

Ça y est !

 

Ça y est ! Elle est là, insidieuse, déjà tenace, nichée au creux de l’estomac, comme si j’avais avalé des cerises avec leurs noyaux. Et pourtant, il reste encore tant de semaines à passer.

Ils étaient tous partis. Le petit connard d’en face était parti ; lui et son affreux chien  qui passait sa journée à courir après les chats du quartier. Je les avais vus monter tous les deux dans leur voiture bourrée de valises et de cannes à pêche, me gratifiant d’un sourire méchant et d’un aboiement stupide ; d’un aboiement méchant, d’un sourire stupide, je ne savais plus. « En route ! », avait dit son père, bien fort pour que toute la rue l’entende. En route vers les « pays imbéciles où jamais il ne pleut », selon le vers d’une chanson d’un poète à moustaches que mon grand-père écoutait souvent. Parties aussi les voisines, deux pimbêches qui passaient le plus clair de leur temps à se tirer les cheveux et à se traiter de tous les noms d’oiseaux. Et tous les autres, tous les autres aussi. Des déserteurs happés par un appel irrésistible lancé chaque été ; inévitablement là, comme les grippes en hiver.

Mon amie la pluie était devenue ma seule compagne de vacances. Elle venait frapper à mon carreau comme le grand Tom quand il voulait faire une partie de foot. Le grand Tom ! Un gaillard long comme un poireau monté dont la peau laiteuse, à son retour, aura pris des teintes de poivron rouge.

Ça y est ! Je l’avais un moment oubliée celle-là. Elle a bougé, un petit saut vers les intestins. Je n’ai pourtant pas mangé de cerises. « P ...d’appréhension ! » dirait mon père qui ne manque jamais d’illustrer ses discours de jurons. Trois semaines encore !

Nous aussi, nous allons partir. La mer ou la montagne ? Chez nous, c’est beaucoup plus simple que ça. Un large consensus, selon une expression que j’ai entendue une fois à la radio. Chaque année, une fois pour toutes, c’est la mer et la montagne. La mer et la montagne : Un accord sur lequel ni mon père ni ma mère ne reviendront. Moi, on ne me demande pas mon avis. Mais qu’importe ! J’en ai déjà assez avec ce poids d’une tonne au moins qui me bloque la poitrine. Mes parents ont passé plusieurs heures hier sur l’ordinateur, chacun leur tour, l’une pour trouver des maillots de bain deux pièces, l’autre des chaussures de randonnée. Un signe qui ne trompe pas, le départ est proche.

Et ça voyage ! La poitrine maintenant !

La mer et la montagne. Concrètement, c’est d’abord une semaine, allongé sur du sable brûlant, souillé de mégots et de noyaux de pêches et, malheureusement, des nouilles à tous les repas ; un menu imposé par la petite cousine, une chipie forte de son statut d’hôtesse. Et dans la foulée, une autre semaine à suivre l’oncle dans ses folles randonnées pédestres, un être autoritaire qui, dans les moments les plus durs me lancent des regards pleins de reproches où je crois lire cette terrible phrase qui en a fait trembler plus d’un : « Marche ou crève ! »

Le retour enfin ! Une peau qui part en lambeaux, des ampoules aux pieds prêtes à exploser. Douleurs insignifiantes comparées à cet étau qui me broie tout le corps.

 

Le moment, l’évènement, l’épreuve est proche.  Un tremblement, parfois, me saisit tout le corps. Je me réveille la nuit, en sueur, oppressé.

Ça y est ! Je suis dans la situation de la victime qui ne peut plus échapper à son agresseur. Elle nous a fait asseoir, promenant sur chacun, ses cibles, son regard de myope où je n’ai jamais vu briller la moindre lueur d’humanité. J’ai eu l’impression qu’elle s’attardait même sur moi. Et, de sa voix de caporal enroué, elle a enfin prononcé la phrase tant redoutée : « Racontez en trente lignes vos dernières vacances. Vous avez cinquante minutes. »

Une éternité déjà vécue l’année précédente. Cinquante minutes qui me paraîtraient bien plus longues que toutes les journées qui allaient suivre. Jusqu’aux prochaines vacances.  

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Texte 1 du concours...

Publié le par christine brunet /aloys

 

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L’Amour venu d’Orient

 

 

Hal-Hamrà’, la rouge – forteresse et palais

dominant Grenade l’andalouse, flamboie.

Dans le soleil mourrant, l’Alhambra soigne ses arabesques.

Il me renvoie à ce magnifique ouvrage

tant de fois feuilleté et aujourd’hui perdu.

 

Les bonheurs de ses princes nasrides

flottent encore dans sa cour des myrtes,

entre les tours barlongues de la puissante enceinte.

La torpeur hors d’atteinte se retire comme un poisson volant

au ras des flots de la mer du milieu.

 

Il aime sa province, sa Sierra Nevada,

ses filles aux fines tresses.

Voyageur du plaisir, douceur des prochains matins.

De ton souffle fin, continu, qui berce des champs brûlés,

tu soulèves les sens.

 

Assagi par le temps, mais comblé de cris et de silences,

j’admire ton image voilée, par les chaudes effluves

qui résistent toujours.

 

L’Amour venu d’Orient suit ton exemple,

et ne cède d’un pouce.

Il ne chérit que soutenu par la seule façon d’aimer,

donnant de lui totalement.

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Et la nouvelle gagnante est la n°...

Publié le par christine brunet /aloys

Encore un très grand bravo aux auteurs, édités ou pas.

Un clin d'oeil tout particulier à Renaud Delamare et Karine Fage, rencontrés en dédicaces, qui se sont prêtés au jeu avec brio... deux jeunes passionnés d'écriture qui, je l'espère, tenteront, un jour, l'édition. Belle imagination, belle plume !

 

Il est grand temps de dévoiler le nom des auteurs des différentes nouvelles :


Texte 1 Christian Eychloma

Texte 2 Adam Gray

Texte 3 Micheline Boland

Texte 4 Edmée de Xhavée

Texte 5 Jean-Michel Bernos

Texte 6 Didier Brochon

Texte 7 Hélène Van Caneghem

Texte 8 Adam Gray

Texte 9 Micheline Boland

Texte 10 Louis Delville

Texte 11 Josiane Lion

Texte 12 Renaud Delamare

Texte 13 Karine Fage

 

La nouvelle gagnante est la 12. Bravo Renaud Delamare ! 9 votes. 


La nouvelle qui vient ensuite est signée Edmée de Xhavée, n°4, 5 votes.


Textes 7 (Hélène Van Caneghem), 8 (Adam Gray), et 3 (Micheline Boland) 2 voix.

Texte 1, Christian Eychloma, 1 voix.

 

Voici donc la nouvelle gagnante qui sera publiée dans le prochain numéro de notre revue "les petits papiers de Chloé".

 

Alors qui est Renaud Delamare ?

 

Né en 1977 à Saint-Pierre d’Autils, un petit village Normand, il passe son enfance et ses études à la campagne. Très rapidement, il se passionne pour la lecture et dévore les livres de Stephen King et d’Edgar Allan Poe.

delamarer.jpgA l’âge de 13 ans, il rédige sa première nouvelle fantastique pendant les récréations tandis que ses camarades s’amusent dans la cour. A la même période, soutenu par sa famille et avec la complicité de son frère aîné, ils écrivent et tournent ensemble des courts métrages.

 Curieux et débordant d’imagination, il s’est essayé à la prose, à la poésie mais également à l’infographie et à l’animation 3D. 

Installé en région parisienne depuis plusieurs années, il travaille dans un cabinet d’Audit et de Conseil financier. 

Après quelques années sans écrire, son épouse l’incite à reprendre la plume, sa première passion, ce qui l’a motivé à participer à des concours d’écriture.

 

Quant à sa nouvelle, la revoici ! Bonne lecture !

 

Si j’ai décidé d’écrire cette lettre, c’est pour que quelqu’un puisse, un jour, la lire lorsque tout cela sera fini.

J’espère que cette personne sera comme moi et pas comme ces choses dehors qui envahissent les rues chaque jour un peu plus, grossissant en même temps leur groupe.

J’entends leurs cris horribles de damnés. Je jette souvent un œil à travers les volets, solidement verrouillés et je les vois, plus bas, déambulant, lentement, dans ma rue. On aurait dit une manifestation de contestataires, mais sans banderole, ni mégaphone.

 

J’avais pris un fusil-mitrailleur à un soldat mort avant de venir me barricader chez moi. Et je n’étais pas très fier d’avoir fait ça mais, poursuivi par ces monstres depuis la sortie du RER, dans le tunnel, je n’ai pas eu le choix. Il faut me comprendre !

Quoiqu’il en soit, il n’y a pas à dire mais le Service Militaire marque plus qu’on ne le pense car je me suis rapidement souvenu du maniement de l’arme.

 

Il fait chaud. J’ai l’impression d’être dans un sauna. Il fait 30 degrés dans mon studio et je suis en nage.

Je suis là, assis derrière la table de ma chambre, ce papier devant moi et une bougie qui m’éclaire pendant que j’écris.

Six jours déjà que l’électricité ne fonctionne plus.

Cela fait donc six jours que tout a basculé…

 

Je suis pris d’une folle envie d’écrire. Il faut que je vous raconte comment on en est arrivé là. Comment tout cela a commencé… Mais j’allais oublier les bonnes manières !

 

Je me présente, je me nomme David Räuden. Je suis journaliste...enfin, j'étais journaliste dans le quotidien Le Parigo.

J’écrivais régulièrement mon article et le mettais ensuite en page, sur deux colonnes.

C’était un boulot tranquille, je l'aimais bien. J'ai suivi des études de sociologie à Rouen, à la Faculté de Mont Saint Aignan, pendant trois ans. Puis je me suis lancé, sur un coup de tête, dans la psychologie et ensuite dans le journalisme.

Un peu chaotique mon parcours mais je ne regrette rien. J'ai 28 ans, bientôt 29.

Un étrange sentiment m’envahit en écrivant ces lignes. Comme une impression de rédiger mon testament...

 

Mon premier travail s’est passé dans le célèbre Institut de sondage dans le 13ème.

J'y ai appris des tas de choses en tant qu’intérimaire sur la démographie. Cette expérience a confirmé ma passion pour l'étude sur la société.

Intéressant, n'est-ce pas ? Enfin c'est bien beau tout ça mais c'est du passé maintenant.

Ah! Je pourrais écrire une colonne sur le comportement des zombis !!! Je vois déjà le titre, en police Arial de taille 20 : « Comment appréhender la psychologie d'un zombi en 5 points »

Je suis vraiment stupide des fois... !

 

La journée n’est pas terminée et je réalise que j’ai déjà bu trois bières. Il faudrait que je fasse attention à ma consommation et penser à la réduire. J'ai encore de quoi tenir quelques jours mais après je serais bien ennuyé. Je ne me vois pas sortir pour faire mes courses !

Enfin. Il faut que je vérifie si les volets sont bien fermés. Ça y est je suis devenu un vrai maniaque. Allez, il ne faut pas que je défaille maintenant. Je dois continuer d'écrire ce qui est arrivé.

 

             Tout avait commencé alors que les magasins du Boulevard Haussmann dans le 8ème brillaient de toutes parts avec leurs guirlandes.

Les Parisiens finissaient d’acheter leurs cadeaux de Noël.

Au début, personne n’avait fait attention à lui. Encore un homme ivre qui faisait la manche. Mais lorsqu’il s’attaqua à un passant, ce fut la panique. Et très vite les personnes mordues se jetèrent à leur tour sur d’autres personnes.

Ensuite tout s’accéléra et les mordus devinrent de plus en plus nombreux.

Nous étions le 21 décembre 2012… la fin de l’humanité venait de commencer…

 

 

 


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Récapitulatif des textes du concours et vos votes...

Publié le par christine brunet /aloys

Vous avez été très nombreux à venir découvrir les textes des auteurs participants à notre concours et je vous en remercie. 

Treize textes donc, mais si les auteurs des Editions Chloé des lys ont participé massivement, d'autres auteurs d'univers différents se sont prêtés au jeu avec brio. Bravo à tous et à toutes : les histoires sont toutes de grande qualité.

Voici les premières phrases de chaque texte, histoire de vous les remémorer. Certains d'entre vous ont déjà voté (mais peuvent encore changer d'avis, évidemment) :

Emma et J-M Bernos pour le texte 4

Raymonde Malegreau pour le 3

Edmée pour le n°12

Adam pour le n°7.

 

Vous avez jusqu'à ce soir minuit pour vous prononcer sur le blog, sur cette page, dans la partie commentaires : votez ! 

 

Texte 1 

 

Le jour où ça craquera

Je veux être dans tes bras  *

 

« Quand, à force de n'y pas croire,
Notre monde explosera,
Quand se fera la nuit noire
Je veux être dans tes bras. (...)"

Texte 2

 

ROUGE CHLOROPHYLLE

 N’es-tu point lasse, ma sœur ? Je le suis, moi.

Si je… Quoi ? Je ne prie pas, non. Ne sois pas stupide ! Non, tu vois, je suis simplement assise, là, en tailleur, sur un rocher, et ce depuis des heures, et des heures… Et des mois !

J’écoute le bruit de l’eau qui coule, en une majestueuse cascade, qui va nourrir le fleuve, bien plus bas. Et même si ce bruit est passablement tonitruant, il m’apaise… Il est pur. Si pur. Merveilleusement pur dans toute sa puissance.

Texte 3

 

FIN DU MONDE

 

En rentrant du jardin avec une branche de thym, je passe dans le hall. Mon attention est attirée par des chuchotements. Au début, c'est juste un murmure, une parole retenue comme si quelqu'un se parlait à lui-même ou faisait des confidences au téléphone. Je saisis à peine un mot ou deux. Je m'approche de la porte du bureau. Je dresse l'oreille. J'entends : "J'ai peur. Je ne veux pas mourir."

Texte 4

 

 

Leçon de tricot, leçon de finance 

 

Chantal tricote, et le clic clic clic de ses aiguilles, un peu glissant, se noie dans ses vieilles mains adroites. Un pull pour sa petite fille, a-t-elle annoncé. Violette – que Chantal ne nomme qu’en chantonnant Viiii-o-lette-bi-cy-clette ce qui s’est hélàs étendu aux autres pensionnaires fréquentant la salle commune – Violette donc fronce les sourcils en tentant de deviner à quoi ressemblera cette étrange orgie de couleurs, matières et points. 


Texte 5

 

Un jour ordinaire de la fin du monde

 

Vendredi 21 décembre 2012, 7h45 du matin, le réveil n’a pas sonné. J’avais pourtant changé les piles la semaine dernière ! Quitte à être en retard, je vérifie toutes celles qui restent dans le blister avec le contrôleur de batteries : aucune ne fonctionne !

Entre midi et deux, quand les lumières du bureau auront été éteintes après le départ de mes collègues, et que je pourrais enfin consulter mes messages, je rédigerai rapidement une bafouille pour me plaindre !


Texte 6

 

Et si 2012 voyait la fin de l’humanité ?


S’il est une peur collective qui a la vie dure, c’est bien celle-là : la fin du monde. Elle remonte à des temps immémoriaux, elle est tenace, malgré l’absence d’annonces de tout danger imminent pour notre vaisseau spatial, par le monde scientifique, en particulier la NASA et les astrophysiciens qui sont un peu nos vigies, et guettent les passages d’astéroïdes, planètes et de tout objet spatial à proximité de la Terre, en permanence. 


Texte 7

 

ET SI 2012 VOYAIT LA FIN DE L’HUMANITE ?

 

Je range mes crayons, ma latte et ma gomme d’un côté du buvard.  De l’autre, où il me faut beaucoup plus de place, je dispose mes belles éditions illustrées qui parlent de la fin du monde.  La dernière date annoncée est le 21 décembre 2012.  Tout de même…Je ne peux m’empêcher de penser égoïstement que si c’est vrai, c’est pour ma pomme.

 

Texte 8

 

SAYONARA

 

Amiko l’aperçoit de loin, lui, le vieil illuminé hirsute à la longue barbe blanche qui, chaque jour, scande que la fin du monde est pour cette fin d’année 2012, qui est l’année du Dragon.

Slalomant entre les véhicules roulant au pas et les pousse-pousse traditionnels, elle traverse la route pour ne surtout pas croiser la sienne, car il lui fait terriblement peur.


Texte 9

 

DÉCEMBRE 2012

 

21 décembre 2012, 7 heures du matin. Une journée une peu spéciale en perspective. À quelques jours de Noël, même si le moral n'y est pas, il serait bon que je m'active. Je me lève. Je me prépare un petit café. Je me motive comme je peux en pensant à mes deux petits-fils. J'ai prévu d'aller acheter un sapin et de le placer dans le living. Ensuite, je préparerai mon fameux boudin de poissons et de crustacés.

 

Texte 10

 

"ET SI 2012 VOYAIT LA FIN DE L'HUMANITÉ ?"

 

Qu'est-ce que j'apprends ? La fin du monde pour le 21 décembre ? Ils sont fous ces Mayas. Ils ne pensent qu'à eux…

Jugez plutôt. Je viens d'avoir 50 ans et je suis déjà à la retraite. Il faut dire que, lorsqu'on travaille pour la défense nationale, on est vite largué… Mais aussi on apprend à se défendre et à anticiper.


Texte 11

 

Et si 2012 voyait la fin de l’humanité


 

Soit, acceptons cette hypothèse ! Après tout les Incas ont peut être raison. Mais, le modus opérandi nous est inconnu. Aussi, modélisons cette fin du monde. Etayons cet axiome par  des formes potentielles, connues, vérifiables. Quel élément peut balayer cette civilisation mondiale, cette fourmilière trépidante et décadente qu’est devenue la terre ? Un bolide fonçant dans l’espace et dont la trajectoire va malencontreusement croiser celle de notre planète ? 

Texte 12


 

Si j’ai décidé d’écrire cette lettre, c’est pour que quelqu’un puisse, un jour, la lire lorsque tout cela sera fini.

J’espère que cette personne sera comme moi et pas comme ces choses dehors qui envahissent les rues chaque jour un peu plus, grossissant en même temps leur groupe.

J’entends leurs cris horribles de damnés. 


Texte 13

 

 

21 novembre 2012 : 8h10

Deux mois ce sont déjà écoulés depuis le début de l’automne et toujours aucune accalmie. Pas une goutte de pluie, pas le moindre petit souffle de vent. Le jour vient à peine de se lever et le thermomètre indique déjà 34°C. Ah !!! Si seulement nous étions en vacances, près d’une plage, à buller, un cocktail à la main… Mais l’hiver approche et personne ne peut inverser la tendance. 

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