Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

fiche de lecture

Bob Boutique a lu 'Nouvelles à travers les passions" de Micheline Boland

Publié le par aloys.over-blog.com

bobclin"Nouvelles à travers les passions", critique de Bob Boutique

 

Je vous ai déjà parlé de Micheline à propos de son premier recueil intitulé ‘Nouvelles à travers les saisons‘ et dit à l’époque tout le bien que j’en pensais. Lorsque son deuxième livre est sorti à l’occasion de ‘Tournai la Page’, ‘Nouvelles à travers les passions’, je me suis donc précipité dessus, en espérant retrouver les mêmes sensations. Gagné. C’est de la même veine et pourtant différent. Ce qui m’évitera de devoir me répéter.

 

Première remarque. On nous propose cette fois-ci sur 172 pages, 24 textes qu’on pourrait classer en trois groupes. Des nouvelles classiques ( de loin mes préférées), quelques récits historiques et enfin des écrits beaucoup plus courts, glanés sans doute dans les ateliers d’écriture auxquels Micheline participe.

 

Personnellement, c’est dans ses nouvelles traditionnelles, que je me retrouve le mieux. Des histoires simples, presque anodines, dont on se demande si ça vaut la peine d’en parler. Puis l’auteur gratte un peu et derrière les personnages conventionnels, banals, parfois falots, se profile une passion, une douleur, une phobie… bref, une humanité criante qui semble nous rappeler qu’en fin de compte, on est toujours seul.

 

L’univers n’a pas changé. C’est celui de la petite bourgeoisie hennuyère catholique dans laquelle vit l’auteur. Un milieu où les conventions, le qu’en dira t-on et le ‘ce qui se fait’ tiennent lieu de morale. Un monde étriqué, où tout se passe dans la tête, faute de pouvoir l’exprimer avec emphase. Un milieu coincé, où le péché est vécu comme une calamité, alors qu’il fait peut-être tout simplement partie de la vie.

 

Et en matière de péchés, elle s’y connaît notre Micheline : qu’il s’agisse de la jalousie, de l’avarice, deM. Boland Nouvelles à travers les passions  l’envie… ou d’handicaps véniels (je ne trouve pas d’autre mot) qui vous rendent rêveuse, suiveuse, épieuse, hésitante, influençable, bigotte… lisez : la palette est très large et tous les personnages du livre en sont atteints, d’une façon ou l’autre.

 

Un exemple ?

C’est une Mémé, une bobonne tout ce qu’il y a de plus traditionnel, avec ses recettes de cuisine, les petits enfants qu’il faut chercher à la sortie de l’école, le mari qui est plutôt gentil… bref, une petite vieille qui n’a pourtant que 53 ans. Et puis un jour… comme ça, sans raison, une impulsion : elle enfile son manteau, court jusqu’à la gare et prend le premier train venu ! Il va à Namur… Peu importe. Elle s’assoit sur une banquette, encore étonnée par son escapade et essaie de faire le point d’une vie bien rangée, sans doute un peu terne.

 

Puis le remords ou le simple bon sens ? Elle se rend compte qu’elle ne va nulle part, descend à Châtelet et retourne à pieds. Lorsqu’elle rentre à la maison, personne n’a remarqué son absence ou si peu et tout reprend comme avant. Voila, c’est tout. Il ne s’est rien passé. C’est une non-histoire.

 

Sauf que racontée par Micheline, cela tourne à la grande aventure. Le dérisoire devient passionnant et la petite bonne femme une héroïne qu’on voudrait écouter pendant des heures en lui tenant la main. Car (et c’est peut-être la leçon principale, sous-jacente, qu’on retrouve dans ces nouvelles) chacun de nous a droit à la compréhension et ira en fin de compte au paradis. Comme dans la chanson de Polnareff.

 

Enfin, moi, c’est comme ça que je l’interprète.

 

Pour le reste, est-il utile de rappeler que le style est quasi parfait, le français d’une richesse sans forfanterie, les descriptions imagées avec une acuité toute particulière et le rythme soutenu. On arrive au bout avant de même de comprendre qu’on lit de jolies phrases littéraires.

 

Encore une fois bravo au comité de lecture de Chloé des Lys qui a su reconnaître un vrai talent.

 

Bob Boutique

bandbsa.be/contes.htm


Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Gauthier Hiernaux a lu H.I.E.R comme Hier de Michel Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

hierhiernaux J'ai lu "H.I.E.R comme hier" de Michel Hiernaux !

 

 

Que dire quand on doit commenter, non pas le recueil de poésies d’un proche mais celui d’un homme – davantage que proche puisqu’il est mon père – alors que la plupart des textes qui y figurent vous suivent depuis l’enfance ?

C’est un peu comme si votre vie vous était chuchotée à l’oreille et que chaque page faisait remonter des souvenirs comme les bulles d’un délicieux champagne.

Michel nous livre ici des poèmes personnels terriblement poignants (A mes enfants, A papa, A ma mère, Pourquoi vous êtes partis si tôt ?,…) mais également des écrits plus légers (Intermezzo, La guerre froide, Vatican, Psychédéliquement,…) ou des textes où amour est chanté (J’irai te cueillir des cerises, Une femme,…).

« H.I.E.R comme hier » est, aux dires de l’auteur, un rassemblement de textes hétéroclites mais dont l’agencement fait, selon moi, partie d’un tout. On ne pourrait l’amputer sans que la structure s’en ressente puisqu’on retrouve ici la vie d’un homme, avec tout ce qu’elle comporte de joies et de peines, d’amour et d’humour, couchés sur papier avec la délicatesse d’un père qui couche son enfant.

« H.I.E.R comme hier » parle à toutes celles et à tous ceux dont le cœur a battu un jour par amour.



Gauthier Hiernaux

grandeuretdecadence.wordpress.com

 

gauthier hiernaux2

 

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Christine Brunet a lu "Le rêve de Maximilien" et "le livre de Saon" de Gauthier Hiernaux"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Photo Christine Brunet

 

J'ai lu "Le rêve de Maximilien" et "Le livre de Saon" de Gauthier Hiernaux

 

 

Le rêve de Maximilien et Le livre de Saon,, tome 1 et 2 d'un même opus. Je le savais, enfin vaguement, sans vraiment me préoccuper du fait. Le livre de Saon en haut de ma pile des ouvrages à lire, j'ai commencé par lui... bien vite rappelée à l'ordre par Gauthier d'ailleurs et heureusement parce que j'aurais terminé le récit sans problème mais sans en avoir compris tous les recoins, les méandres, les sous-entendus.


Je termine les dernières lignes de l'épilogue et un fait me saute aux yeux... je l'avais pressenti avec Le triangle sous le sable mais le détail prend à présent toute son ampleur... et je comprends comme une évidence le titre du site de l'auteur "grandeur et décadence"... Grandeur et décadence d'un empire, grandeur et décadence de sesLe Rêve de Maximilien G. Hiernaux populations. La rédemption dans la mort, le crime pour avancer, les conspirations pour s'imposer, les manipulations pour étouffer, étrangler, asservir, museler.


Cet empire, je le place sur une autre planète Terre... J'ai trop peur qu'il ne devienne une réalité sur la mienne.


Gauthier Hiernaux propulse le lecteur dans un univers d'intrigues qui écrase, du moins en apparence, des êtres qui cherchent à se libérer du carcan d'une dictature sanglante soutenue par un canevas religieux inquisitorial... des intellectuels parfois illuminés qui ouvrent les yeux sur leur condition, et périssent en voulant semer les graines de la réforme.


Ces deux ouvrages nous proposent un avenir alternatif qui nous ramène involontairement aux heures sombres de notre humanité. On frissonne, on a peur pour les quelques héros Le Livre de Saon G. Hiernauxemblématiques qui oscillent entre le bien et le mal mais on soupçonne que leur lutte relève du pot de terre contre le pot de fer et on s'attend à une fin sans espoir... Et pourtant...


Ces deux ouvrages sont très différents du premier que j'ai lu... Où Le triangle sous le sable joue plus le registre de l'aventure sur, néanmoins, un fond politique et historique identique, Le rêve de Maximilien et Le livre de Saon jouent avec bonheur la carte de la fresque "historique fantaisie" en recréant de A à Z une structure politique et un environnement social... Un mélange de Moyen-âge, d'inquisition, d'Antiquité, et d'esclavage qui interpelle, accroche le lecteur et l'amène à se poser certaines questions. Lesquelles ? Lisez et vous comprendrez...


Ces deux livres, je les ai dévorés en quelques heures... J'attends le prochain opus avec impatience.

 

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Alain Magerotte a lu "C'est le brol aux Marolles" de Georges Roland

Publié le par aloys.over-blog.com

AlainC’EST  LE  BROL  AUX  MAROLLES

                                           par Georges Roland

 

Le défunt «Pourquoi Pas ?» avait écrit Georges Crabbé... qui signait ses textes sous le nom de Virgile. Depuis peu, CDL n’est plus en reste. Elle a SON Virgile en la personne de Georges Roland.

L’air de rien (j’aurais pu dire «mine de rien»), cela rassure. En effet, jadis, Brel prétendait que plus personne n’avait cet accent-là, sauf «lui-même à la télévision».

Mais pas op (prononcez pazop, ce qui veut dire «attention»), crions pas victoire trop vite, malgré cette réconfortante recrue Bruxédélienne, ce «drôle de parler» est en voie de disparition... victime du «multiculturel» ? Ah, non, peut-être ? (Traduction : «Mais oui, certainement !»).

Ceci est une constatation pas une condamnation (on sait jamais, s’il y en a «qui savent pas rire avec ça»).

Mais entrons dans le vif du sujet, autrement dit, venons-en à cette curieuse histoire qui se passe dans les Marolles (quartier populaire de Bruxelles)…

Maureen, une receleuse, est assassinée. L’inspecteur Guy Carmel, une épée, mène l’enquête. Et l’on rencontre ainsi, dans un périmètre réduit et champêtre (un parc), une série de personnages hauts en couleurs (des noirs, des blancs… mais sont-ce des couleurs ou est-ce une absence de couleur ?... Stop, hein, fieu, on n’est pas là pour zieverer… tu laisses ça à ceusse qui n’ont rien d’autre à faire).

Il y a un Angliche orphelin, une chaleureuse mamie aux airbags aguichants, une adepte du kick-boxing et son mouflet, un matamore qui prend les têtes pour des punching-balls, un punching-ball appelé Jules, un Pirauld… man (il aime incendier les jeunettes, ça lui coûtera deux dents), Kanga, Dieudonné son oncle, Christian, Coco, des poulets…

Notre «echte» brusseleir (Georges) sait y faire. On sent que l’homme connaît la chanson. Tu vas me rétorquer que c’est normal quand on s’appelle Roland… hep, pas si vite ! J’ai un de mes potes qui s’appelle Cuisinier, Jean Cuisinier… il n’est même pas foutu de se faire cuire une omelette !

Mais revenons-en à Georges. Celui-ci donc plonge le lecteur dans un récit aux nombreux rebondissements où tout ce petit monde se croise, se décroise, se toise, se cherche des noises (certains seulement).

Georges et le suspense (le verbe qui suit est au singulier car Georges et le suspense ne font qu’un) te prend par la main pour te conduire à travers un récit droldement bien ficelé où le fil rouge, Rosa, «la rame», remplace le tram dans une trame qui vire au drame. Quelle histoire, Madame !

Je ne vais évidemment pas te raconter la fin, ni le début d’ailleurs. Par contre, je peux te dire que, moi qui suis ordonné de nature, c’est la première fois qu’un «brol» m’a autant séduit.

Ah, mais oui, j’imagine… comme tu n’es pas de Brusselle tu te demandes comment tirer ton plan pour comprendre la signification du mot «brol»… tu ne sais pas de chemin avec, parce que t’as trop réfléchi...

Alors, c’est quoi du «brol» ?... Ben, c’est du «bucht», tiens… Je te signale que le ch ne se prononce pas «ch», ni «k», mais c’est une espèce de râle comme si tu voulais cracher.     

Assez tergiversé (ça, tu le comprends); sers-toi une pils (bien prononcer le «s») en demi (0,25 litres et non 0,5 litres), prépare-toi des tartines au fromage blanc avec des radis et déguste sans retenue… «C’est le brol aux Marolles» (aux Editions Bernardiennes).

 

Alain Magerotte 

www.facebook.com/group.php?gid=15339708991

 

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Carine-Laure Desguin a lu "Triangle sous le sable" de Gauthier Hiernaux

Publié le par aloys.over-blog.com

desguinGauthier Hiernaux, c'est en quelque sorte notre Anthony Troloppe, ce romancier britannique tellement prolifique ...

Pourquoi me demanderez-vous ? Et bien, je termine la lecture du Triangle sous le Sable, le troisième tome de la saga Grandeur et Décadence l'Empire de la nouvelle Ere et mon désir est de voyager encore et encore dans cet univers diapré que nous décrit ce licencié en langues et littératures romanes ...

Habitée par la certitude de découvrir le secret des secrets, j'ai suivi Archibald Von Espen, le Grand d'Empire et Oussur Kedi à travers les déserts des terres de feu !

Aventurière dans l'âme, j'ai salivé en espérant pénétrer la pyramide et m'immiscer au centre du secret...Je me suis heurtée au codex que les Dieux avaient dicté au premier Imperator et à la langue impériale, l'Idioma ...

 

Ce monde que nous décrit ce Jules Verne est un monde hiérarchisé sur lequel plane une autorité suprême, celleCouv Livre Triangle2 des Dieux ? Recevrai-je moi aussi comme chaque citoyen une puce d'identification dans mon telecom ?

 

Vous l'avez deviné, il est ardu de s'évader de ces deux cent cinquante - huit pages écrites avec un style autant parfait que facile à lire. Les descriptions des personnages et  des cités sont menées avec finesse et précision.

 

Sur le blog de l'auteur http://www.grandeuretdecadence.wordpress.com/ , un glossaire est mis à notre disposition : un plus pour le lecteur qui aime la précision.

 

De suite, envoyons un exemplaire du Triangle sous le sable à Georges Lucas et dans quelques mois, seront portées à l'écran ces images d'un monde imaginé par un auteur dont nous entendrons parler ...

 

Et si cet Empire de la Nouvelle Ere devenait une bande dessinée ?

Ce n'est pas une dragonnade en patrouille qui m'impressionera et puis....maintenant que je le sais, je prie mon Dieu Tutélaire ..

 

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com.

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Une fiche de lecture originale signée Georges Roland !

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes2/rolandtete.jpgLes fines recettes... de cousine Georgette

Aujourd’hui : le Magerotte au coin du feu


Ingrédients :

un AlainMagerotte selon goût (voir encadré)

les éditions Chloé des Lys

un bouquet garni d’humour de suspense et de savoir-faire


Attention : Le Magerotte est une denrée rare, particulièrement raffinée. Vous ne le

trouverez donc sous forme d’icône, d’avatar ou de signature modulée dans aucun

forum, ni chat (huant), ou toute autre présentation tonitruante.

Vous pourrez le consommer soit en bloc, soit en darnes prédécoupées par

l’auteur, selon votre humeur et le temps dont vous disposez. Je ne donne ici que

la recette du bloc de plusieurs livres.


Préparation : plusieurs mois par livre.


Cuisson : à feu doux pour le bloc : quelques heures par livre ;

à feu vif pour les darnes : environ cinq arrêts de métro par nouvelle.


Demandez à votre libraire favori (bon faiseur en sa matière) de vous ficeler deux

livres de Magerotte en recueils policiers, ou deux autres en recueils fantastiques,

selon votre goût personnel. Vous pourrez aussi faire un panaché de l’ensemble :

quatre livres de Magerotte ne doivent pas vous faire craindre de prendre un

gramme. L’aliment est très digeste et ne vous occasionne aucune lourdeur.

Pour les policiers, on peut les servir saignants, mais il est recommandé de

poursuivre la cuisson un peu plus à coeur. Quant aux fantastiques, on peut aussi

les présenter à la Diable avec une sauce idoine. Il y a tant de naturel dans cet

univers, que l’on finit par croire que c’est le sien propre, et que le sosie de Jim

Bartlett, c’est le type qui mâchonne son ticket de métro en face de vous quand

vous partez au boulot.


Notre homme est un conteur hors pair, la symbiose de ses personnages avec ses

décors et ses récits est telle qu’il est inutile d’y adjoindre quelque liant que ce fût.

Consommez sans modération, vautré confortablement dans un fauteuil pour les

blocs mitonnés, calé sur un siège de bus pour les darnes.


Accompagnement :

Pour les blocs policiers, un verre de Straight Kentucky Bourbon sur glace dans la

main droite (prévoir un fauteuil à accoudoir plat pour y déposer le verre afin de

tourner les pages)

Pour les blocs fantastiques, une Duvel (traduction : Diable) dans un verre ballon

(captif si vous tenez à la terminer seul)


Bon appétit.

 


Georges ROLAND

 

  http://bernardiennes.wifeo.com  et  http://www.georges-roland.com

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

J'ai lu "C'est quoi ton stage" de Sophie Vuillemin

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

Impressions de lecture

 

"Sous de fallacieux prétextes d'expérience et de savoir, nos parents prétendent connaître la vie et être à même de décider en notre nom. Et plus l'homme grimperait en âge, meilleur il serait? Non, franchement, qui peut croire pareille sottise ? Les rides, sillons de sagesse, je demande à voir."


 Ah, Pierre, dans quoi t'es-tu donc fourré ! La vie a parfois de ces surprises...

 

Tour à tour très drôle, enlevé ou sérieux, le texte nous plonge à pieds joints dans l'universsophie-vuillemin.jpg d'un ado de 14 ans confronté à la fin de vie.

 

Beau tour de force de nous projeter dans la peau de Pierre: voilà à nouveau mes 14 ans et le regard que j'avais à l'époque sur la vie... Bizarre, je m'en souviens soudain parfaitement... Mêmes questions, mêmes agacements, même impression d'être incomprise... Mais les souvenirs qui apparaissent sont plus profonds. Pierre se charge de les faire renaître: ne sentez-vous pas la chair douce, trop fine d'une main dans la nôtre ? N'entendez-vous pas les semelles de vos chaussures accrocher au lino poisseux de désinfectant ? Ne sentez-vous pas l'odeur particulière qui traine dans ces maisons de retraite ? Ne voyez-vous pas les regards un peu perdus autour de vous ?

 

Description méticuleuse, attentive, aiguisée au service d'un style simple et alerte. Le pouvoir des mots... Sophie Vuillemin le maîtrise avec maestria :  C'est quoi ton stage ? est un feu d'artifice d'impressions, d'odeurs, de couleurs qui explosent en touches tendres et drôles, qui nous prennent par la main et nous amènent à envisager différemment notre avenir...

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com


www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Gauthier Hiernaux a lu "Contes Bizarres" de Bob Boutique

Publié le par aloys.over-blog.com

gauthier hiernaux2La petite boutique du bizarre

 

Si vous aimez les histoire courtes (une moyenne de 20 pages par nouvelle) et accrocheuses comme la bande annonce réussie d’un film, ce livre, sorti il y a quelques années des imprimeries Corelap, est fait pour vous.

J’ai passé un excellent moment en sa compagnie, me plongeant, toujours avec volupté, danscover ses « Il était une fois », attendant, souvent avec impatience, son « Et arriva ce qui devait arriver ».

 « A+ », « Via España », « Le Bunker d’Hitler », « Il neige », autant d’histoires qui m’ont emportées dans leur tourmente. J’avais l’impression d’être sur un manège fou, m’attendant à chaque tour d’être renversé.

A vrai dire, je n’ai pas pu lâcher le livre avant de les avoir toutes terminées.

« Contes bizarres » de Bob Boutique : à conseiller aux amateurs d’Alfred Hitchcock ! 

 

 

 

Gauthier Hiernaux

grandeuretdecadence.wordpress.com


Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Cathy Bonte a lu "Nouvelles à fleur de peau" de Micheline Boland

Publié le par aloys.over-blog.com

http://idata.over-blog.com/0/51/93/56//Cathy-2.jpg"Nouvelles à fleur de peau", critique de Cathy Bonte

 

Elle m'a bien eue la petite dame ! J'avais déjà eu l'occasion de lire un de ses livres "Nouvelles à travers les saisons" et j'avais bien aimé. Des personnages simples, un peu Monsieur et Madame tout-le-monde auxquels nous pourrions nous apparenter facilement, des histoires de tous les jours que nous pourrions vivre un jour ou l'autre. Oh, il y a bien un petit meurtre de temps en temps dont Micheline a le secret, histoire de bousculer un peu l'univers petit bourgeois de certains héros, et puis une écriture tout en finesse, facile, gaie, alliant une description intelligente de l'état psychologique des protagonistes.

 

C'est donc dans le même esprit que je m'apprêtais à lire son dernier recueil "Nouvelles à fleur de peau". Belle surprise !

 

Dès la première histoire ("La chaise vide"), la belle-mère m'énerve ! Je meurs d'envie de lui mettre une claque ou de lui faire un croche-pied… à moins que… ?

 

L'histoire suivante ("La porte") m'envoie dans un monde où les peluches et les poupées s'aiment… Et si c'était vrai ?

 

La troisième ("Rencontre de vacances") me plonge carrément dans un univers étrange quihttp://www.bandbsa.be/contes2/nouvellepeaurecto.jpg me fait tout de suite penser aux "Petits contes cruels pour mal dormir" de Dominique Leruth. De même que "La statue" qui me glace un peu.

 

"L'ange" me fait penser à cette photo en noir et blanc représentant un socle vide, une échelle posée dessus, et des pas qui s'éloignent dans la neige… *

 

Une larmichette d'émotion pour "Les ballons" ou encore pour "Critique et vengeance" car je sens et je sais ce qu'il y a derrière…

 

21 nouvelles viennent ainsi étoffer le quatrième recueil de Micheline. Du suspens dans chacune d'entre-elles, une écriture qui a mûri, qui s'est affirmée, une bonne dose de psychologique qui nous fait glisser dans la peau des autres : Comment se sent-on quand on devient retraité du jour au lendemain ? Que sommes-nous prêts à faire devant une statue qui nous trouble ? En pleine canicule, face à un mari qui nous énerve, que fait-on avec le couteau à viande qu'on a justement en main ? Etc… À chaque fin d'histoire, l'envie de poursuivre le recueil pour savoir comment sera la suivante.

 

Un magnifique travail, Micheline, bravo !

 

Un petit bémol ? Quelques fins m'ont laissée sur ma faim… Je m'attendais à plus de meurtres Il y en a, bien sûr, mais je vous laisse deviner dans lesquels…

 

* Après avoir écrit cet article, je suis allée sur le blog de Micheline et j'ai découvert la fameuse photo. Micheline s'en est bien inspirée pour écrire cette nouvelle !

 

 

Cathy Bonte

cathybonte.over-blog.com


Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Christian Van Moer a lu "Grand père va mourir" de Didier FOND

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/chrismellone.jpgGRAND-PÈRE VA MOURIR

De Didier FOND, aux éditions Chloé des Lys

 

J’ai lu Grand-père va mourir, le roman de Didier Fond édité chez Chloé des Lys.

 

L’INTRIGUE

 

Cherche le bonheur : tu ne le trouveras pas. 

 

Depuis vingt ans, cet oracle mine sournoisement l’existence d’Alex Thomas, le héros central du roman, pour qui les nombreux succès littéraires et une vie mondaine plaisante compensent mal le fiasco conjugal.

Un coup de fil de son frère Marco va le ramener vers un passé qu’il a vainement tenté d’effacer : dans sa Sicile natale, son père, à l’article de la mort, le réclame à son chevet. Voilà notre écrivain français qui retrouve, le temps d’un bref mais éprouvant retour au pays, son rang de noble sicilien et son nom de baptême : Alessandro Tolomei.

La Sicile !... Ses traditions obsolètes toujours bien enracinées dans les esprits, ses crimes d’honneur, son omertà… Le feu des passions, que les cendres de l’Etna ne parviennent jamais à étouffer et qui couve des années durant avant de refaire surface, de réveiller de vieux démons, de rouvrir d’anciennes blessures, comme une ordalie conditionnant l’apaisement des âmes.

Depuis vingt ans, dans le village natal d’Alessandro, deux familles jadis très liées semblent définitivement brouillées : les Tolomei, qui perchent dans « la forteresse », et les Angelotti qui se cloîtrent dans « la grande maison ».

Ce n’est pas de gaîté de cœur, mais bien mal à l’aise, qu’Alessandro retrouve deux lieux9782874594823_1_75.jpg clos, hantés par ses fantômes.

La « forteresse », ancrée tel un nid d’aigle sur son éperon rocheux, surplombe et domine le village ; bastide séculaire des comtes Tolomei, elle abrite les personnages principaux du roman, garde leurs lourds secrets, leur impose l’omerta.

La « grande maison », en contrebas, derrière ses hauts murs, ses fenêtres et son imposant portail toujours clos, enveloppant de mystère des blessures que le lecteur pressent profondes, est le refuge des derniers Angelotti.

Si Dona Lucrezia et le comte Lorenzo ne s’étaient pas aimés, si Fabrizio n’avait pas séduit Estella, si Alex n’avait pas fui son destin… 

 

 

Si… Voilà, vous en savez déjà presque trop, je n’en dévoilerai pas davantage, pour ne pas écorner le suspense qui rend le récit de Didier captivant.

 

EXTRAITS : LE RETOUR DU DÉSERTEUR

 

C’est une sorte de chemin de Damas que Didier Fond fait suivre à son héros. Et paradoxalement, c’est la mort qui va remettre celui-ci sur les rails de la vie, le réconcilier avec l’existence. La mort effrayante qui l’a poussé à fuir le bercail l’y ramène péremptoirement lorsque « Grand-père (son père, en réalité) va mourir »

Au travers de quelques passages révélateurs de son cheminement douloureux, accompagnons-le jusqu’à sa reviviscence.

 

- La décision « irrévocable » du jeune Tolomei : fuir à jamais.

 

« Je partirai », affirma le jeune homme en se redressant. L’angoisse avait quitté son visage, une farouche résolution se lisait dans ses yeux.

 

« Tu auras beau essayer, tu n’oublieras jamais tes racines (…) Il te faudra bien un jour y retourner. Ne serait-ce que pour exorciser les démons. »

« Jamais, avait-il répondu avec force et conviction. Jamais la forteresse ne me reverra. »

 

- Le retour au bercail : force du souvenir.

 

Et maintenant il était là, dans ce train ; de nouveau habité par cet étrange amour qui ressemblait tant – et cependant si peu – à la haine…

 

Le train qui l’emmenait à Raguse traversait une campagne verdoyante, couverte d’amandiers, d’orangers, de citronniers en fleurs. Avril éclatait de mille couleurs et Alex, fasciné, se sentait envahi par un sentiment soigneusement refoulé depuis vingt ans, une sorte de nostalgie du pays natal qui lui fit tout à coup monter les larmes aux yeux. Qu’elle était belle, cette Sicile d’autrefois… Bien qu’absente de sa pensée pendant si longtemps, elle n’avait pas changé : toujours aussi fière, majestueuse, sauvage, même si cette sauvagerie était, par la grâce de cette matinée printanière, dissimulée sous une parure rose et blanche.

 

- L’arrivée à la forteresse : persistance du malaise redouté.

 

Alex était seul, avec ses fantômes.

Il sut presque immédiatement qu’il ne pourrait pas les apprivoiser. Surtout celui de l’adolescent qu’il avait été. Il allait se dresser contre lui, nuit après nuit, lui reprocher d’avoir, par peur ou par désespoir, renoncé à ce qui aurait pu être le bonheur. « Je voulais vivre, murmura-t-il à voix haute. Es-tu capable de comprendre cela ? » Il lui sembla entendre un écho étrange, à mi-chemin du rire et du sanglot, comme si son double se moquait de lui. Vivre. Qu’est-ce que cela signifiait ? Qu’était devenu, entre ses doigts, ce futur incertain qui se dessinait alors dans l’aurore naissante dont les premières lueurs éclairaient faiblement la forteresse ? « Cherche le bonheur, tu ne le trouveras jamais. » Ce n’était plus la Comtessa Elena qui prononçait ces mots terribles. C’était l’autre, celui qui l’attendait depuis vingt ans, cloîtré dans cette chambre à l’odeur de moisi, malgré la présence d’un bouquet de fleurs sur la table de chevet.

 

- Les retrouvailles du père et du fils : l’abcès enfin crevé.

 

La voix du Comte était presque inaudible mais elle tremblait d’une férocité inouïe. Alex écoutait, hors de lui, ces paroles qui sonnaient comme autant de malédictions. Jamais, comme à cet instant-là, le père et le fils ne s’étaient autant haïs. Et puis, chez l’un comme chez l’autre, ce fut soudain le reflux de cette marée de violence barbare. Elle se retira aussi vite qu’elle était montée et ces deux âmes sœurs, si semblables dans leur orgueil farouche, cessèrent cette lutte inutile. La main du vieil homme s’empara de celle d’Alex, la serra longuement. Les ténèbres de la chambre s’étaient tout à coup dissipées, ne laissant que la douce et ardente lumière de la tendresse qui unissait ces deux mains encastrées l’une dans l’autre.

 

- Le cimetière familial : la sève des ancêtres, les racines dont on ne peut se couper.

 

Quelle tranquillité, ici, songea-t-il. Quel repos ! (...) 

Il alla s’asseoir sous l’arbre, appuya son dos contre le tronc. Avec un peu d’imagination, il aurait pu sentir le frémissement de la sève qui montait de la terre vers la cime, parcourant les branches, les rameaux, à l’instar de ce sang si chaud qui coulait dans ses veines. Comme il était étrange de se sentir aussi vivant à cet endroit où seuls régnaient la mort, le silence et l’immobilité. (…)

A ce moment-là, Alex sut, au plus profond de lui-même, ce qu’était l’éternité.

 

Il comprit alors qu’il ne pourrait jamais reposer définitivement ailleurs qu’en haut de ce pic, dans ce qui était le jardin de ses racines.

« Je reviendrai, dit-il à voix haute. Je reviendrai ici pour y mourir, et je serai enterré à cet endroit, avec les miens… » (…) Cette certitude le réconfortait. Non, tous les liens avec la forteresse n’avaient pas été rompus. Il en restait un, plus fort que toutes les tempêtes, que tous les orages, inaltérable, indestructible : celui qui l’attachait au jardin des morts, à ses ancêtres, à ceux qui l’avaient fait tel qu’il était, humble maillon d’une chaîne qui ne s’achèverait jamais…

 

- Le retour en France : retour d’Alex ou d’Alessandro ?

 

« Crois-tu être le même que celui qui est arrivé il y a quelques jours, Sandro ? »

« Non, reconnut-il. Je pense que j’ai enfin mûri, ce qui, à mon âge, est assez ridicule. Mais mieux vaut tard que jamais. »

Non, Alessandro rentré en France n’est pas redevenu Alex pour autant. Car s’il regagne son pays d’adoption soulagé d’un grand poids, avec les réponses à pratiquement toutes les questions qui l’ont taraudé durant vingt ans, une surprise de taille l’attendait en Sicile, et il ramène dans ses bagages une charge affective inattendue, bien lourde à porter et à gérer.

 

L’ÉCRITURE

 

L’auteur fait démarrer son récit après la tourmente passionnelle qui a emporté et meurtri tant les maîtres de la forteresse que les gens de la grande maison. Ne vous attendez donc pas à un style ardent, emporté et pathétique. Le feu qui a dévoré les personnages est déjà recouvert de cendres et sommeille. Lorsqu’il se réveille, il ravive la flamme et la souffrance, mais ne dévore plus, ne détruit pas davantage ce qu’il n’a déjà que trop consumé. Il cautérise, même. Et il retourne bien vite couver sous la cendre. Et l’écriture de Didier, tour à tour calme ou vive, épouse les mouvements du feu.

Les descriptions, jamais didactiques, jamais fastidieuses, lourdes ou malvenues, éclairent le lecteur sur l’état d’esprit du personnage, lui permettant de suivre les méandres de ses sentiments et de sa pensée. Les dialogues, vivants et bien menés, rythment le récit avec bonheur. La progression dramatique maintient le suspense jusqu’à la fin.

Didier Fond écrit en bon français : sa syntaxe sûre, son vocabulaire précis, imagé, rendent la lecture de son roman vraiment plaisante et captivante.

Oui, j’ai bien aimé ce Grand-père va mourir, Didier, et je n’hésite pas à en recommander la lecture.

 


 

Christian VAN MOER 

11-12-2010


 

 

http://christianvanmoer.skynetblogs.be

 

 

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

<< < 10 20 30 40 41 42 43 44 45 46 47 > >>