2018 : publication de Vie qui déraille chez Chloé des Lys.
Œuvre à venir : Oh mon ange !
Résumé
Difficile de résumer Vie qui déraille. Il s’agit du journal intime d’un jeune homme de 23 ans, qui se livre à de très, très nombreuses réflexions, quant au comment du pourquoi de l’existence. Ce journal totalement décousu, invite le lecteur à partir, ni plus ni moins qu’en quête du bonheur. Il n’y a pas une minute à perdre, c’est le moment de sauter sur cette belle occasion d’enrichir son âme.
Extrait
Tape-m'en cinq Génie !
Aujourd'hui, soyons dingo, et faisons un saut dans l'univers d'Aladdin. Laissez libre cours à votre imagination... À la suite d'un concours de circonstance, vous dénichez sur un coup de bol une lampe 'magique'. Vous la frottez plusieurs fois afin d'ôter la poussière qui la recouvre ; puis soudain, un Génie en sort, au milieu d'une épaisse fumée... Celui-ci se dit être à vos ordres, et consent à vous octroyer trois souhaits. Vous pouvez lui demander quasiment n'importe quoi... Étant assez rationnel, j'en utiliserais seulement deux. Ne soyez pas étonné comme ça ! Le premier serait que mon journal intime soit publié ; qu'il fournisse aux lecteurs une bonne dose d'humanité, et qu'il ait cinq étoiles sur le site Amazon.fr ; il est toujours bon de croire aux miracles (sourire en coin). Le second serait lui aussi altruiste : je souhaiterais que le Génie soit totalement libéré de sa lampe. Évidemment, il serait attrayant de solliciter cet être mirifique pour qu'il exauce des vœux plus 'classiques' ; par exemple, qu'un climat de paix s'instaure dans le monde, que la pauvreté régresse, qu'aucun enfant ne soit plus jamais maltraité... Mais bon, si les lois de la nature sont ainsi faites, ce n'est pas un hasard ; un simple 'mortel' n'a pas à fourrer son nez là-dedans. Enfin, voilà. Vous, si vous aviez trois souhaits à faire, que seraient-ils ?
Né à Saint-Quentin (France) en 1970. A peine sorti au grand air, emmailloté comme un saucisson par les bonnes-sœurs, à l’ancienne (dixit sa maman). Peut-être l’origine de son goût pour les vieilles choses et les habitudes d’autrefois ? Passe son enfance en France d’abord, en Belgique ensuite, entre le Condroz et le vieux village familial de Ferrières. Que des bons souvenirs d’une belle et heureuse enfance, avec ses parents et ses deux sœurs.
Musicien, il joue du violon depuis l’âge de 9 ans et de la contrebasse depuis quelques années, et s’intéresse aussi beaucoup aux musiques traditionnelles et populaires. Après des études d’histoire de l’art et archéologie à l’université de Liège, il commence par enseigner quelques années dans des écoles secondaires de Liège, Huy et Namur, pour finalement rentrer, en 2000, au musée des instruments de musique de Bruxelles. Comme il aime l’art autant que la musique, il voyage aussi à travers l’Europe et les Etats-Unis, pour faire découvrir à des groupes d’amateurs motivés les merveilles des musées du monde et les beautés architecturales des petites et grandes cités.
Stéphane Colin vit à Namur, avec sa femme Anne-Sophie et ses trois enfants, Victorine, Lucie et Pierre, à qui il aime raconter beaucoup d’histoires.
Résumé :
« Promenade au pays hanté » est, comme son nom l’indique, un petit voyage à travers une Belgique mystérieuse. En chaque endroit, ville ou campagne, a lieu une rencontre avec un fantôme, gentil ou inquiétant, amusant ou effrayant. Chacun de ces êtres venus de l’au-delà plonge le lecteur au cœur d’un aspect historique, géographique ou encore artistique du paysage. Ces dix petites histoires, accessibles de 10 à 99 ans et même au-delà, sont autant de contes ludiques qui feront découvrir, ou apprendre à voir autrement, notre petit mais bien joli pays.
Extrait
Le soir tombe. Le ciel d'un bleu sombre tire au jaune orangé vers l'horizon. Je suis seul sur la route de la crête. À mes pieds s'étend la vallée de l'Amblève. Au-delà les collines s'échelonnent dans le lointain bleuté du soir. Plus loin, en contrebas de la route, le chemin du Thier monte depuis le village. Tout est tranquille. Un chien aboie par là-bas. La cloche d'une église tinte doucement, assourdie par le froid. Il est temps pour moi de rentrer.
Soudain, dans le calme de la nuit, un véhicule monte de la vallée. Sans doute un tracteur : je reconnais les coups d’accélérateur qui font ronfler le moteur. Mais … ? Non ! Il y a aussi un autre bruit. Un cliquetis caractéristique. Ça fait plutôt penser à un engin à chenilles. Un bulldozer ? La clairière ravagée me revient à l'esprit. Les mystérieux bûcherons sont-ils de retour ? À une heure aussi tardive ? Bientôt apparait le véhicule. Je l’aperçois à intervalles réguliers, entre les peupliers dénudés qui bordent la route. De couleur pâle, il avance lentement. Il faut vraiment bien regarder pour le distinguer dans la neige. Mais lorsque, dépassant les derniers arbres qui le cachent partiellement à ma vue, il se trouve complètement à découvert, ma bouche s'ouvre toute grande de stupéfaction. Ce n’est pas un bulldozer ! C'est …
Charles Lathan naît à une époque où l'herbe pousse sur les parkings automobiles. Dans sa maison d'enfance il n'y a rien de décoratif accroché à des murs pourtant très solides. Puis trois éléments surgissent et s’érigent en souvenirs : le fameux calendrier des postes (toujours des chats), un canevas représentant des moutons grimpés sur un rocher, une nappe imprimée de cavaliers et de chiens pourchassant des cerfs aux abois.
Charles grandit à proximité d'un terrain vague investi d’Italiens comme lui, d'Espagnols, de Portugais et saupoudré d'Algériens. Par ailleurs il y a les filles et les fils des paysans : les Français de souche.
Charles est mélancolique. Ecole, vélo, école, vélo ... Un jour sa chaîne déraille. Un garçon qu'il ne savait pas vivre dans le quartier s'approche et dit : « laisse, tu vas te couvrir les mains de graisse, je suis allemand, je vais te la remettre. » Charles comprend que la mouise infiltre d'autres personnes que lui. En 1968, en Alsace la Deuxième Guerre travaille toujours les corps.
Puis il y a la maladie, plusieurs années d'hôpital. Quand il ressort de ça, le Centre Beaubourg est construit à Paris. Par miracle (voyage scolaire) un jour Charles se trouve face aux monochromes bleus et aux éponges dorées d'Yves Klein. Sur le coup et pour longtemps il ne comprend pas, mais d'emblée il aime. Il se sait désormais affilié à l'art. La brèche des possibles s'est ouverte à lui.
Il entre dans un monde inédit, commence de lire Sigmund Freud, George Groddeck, Antonin Artaud, Henry Miller, Philip k. Dick, William Faulkner… et surtout, surtout, surtout lire et relire Monsieur Ouine de Georges Bernanos. Si bien qu'à dix-huit ans il n'a toujours pas franchi le seuil d’un hypermarché Auchan. Il n'en soupçonne pas même l'existence.
Puis il y a les alcools, les drogues, l’amour impossible. Les jours se font de plus en plus courts et les nuits de plus en plus longues. Un long temps passe.
Vers sa cinquante-cinquième année, prenant acte qu’il est toujours vivant, Charles Lathan commence d’écrire Le retour de Marcel. Clopin-clopant, du bout des doigts, le désespoir optimiste il mène l’aventure à son terme.
Et voilà !
Résumé :
Des milliards de mots imprimés chaque jour pour redire et refaire le monde.
Je vous défie, je vous prends au mot.
Mot à mot je progresse dans le jeu avec un sérieux bagage à la main : le mot-valise qui contient tout.
Le mot circule.
Je suis l’écrivant Charles Lathan. J’ai le monde à bout de bras dans le mot-valise. Approchez mesdames et messieurs, et les enfants devant. Instant sacré, sacré instant : J’ouvre la valise. Admirez mes belles pages. La salive vous vient ! Des machins, des trucs, des bidules, des espaces et des astres. Soyez somptueux, osez mon ouvrage fertile. Pour vous, ici j’ai repoussé les limites du monde. Voyez ces corps étendus, voyez ces étendues nouvelles sans bornes et sans balises. J’ai enrichi la carte du monde de plats inédits. Mettez-y les pieds dedans et marchez sans scrupules. Soyez hors de vous, entrez dans la matière du monde.
Le monde motériel.
Extrait
Deux mois que c'est arrivé, deux mois que la Criminelle patauge. C'est abscons, de la poésie de moniteur d'auto-école. Vous l'avez lu dans les journaux comme nous : Le mercredi 9 janvier, en fin d'après-midi, après l'affolante tempête de neige, le corps d'Alice Chatouilli fut retrouvé, découpé en quatorze morceaux alignés sans souci autre que celui d'une exposition aérée semble-t-il, le long de la ruelle qui monte à la cascade.
Ce qu'on sait de plus que vous, parce qu'on les a vus de nos yeux et qu'ils nous ont émerveillés, éblouis, laissés sur le cul et culpabilisés ces quatorzemorceaux, c'est qu'en se brisant le vase prend tout son éclat. Certes, entièreelle était jolie Alice, mais découpée et redisposée de la sorte, chaque quartier devenait le chapitre d'un ouvrage dramatique émouvant et grave. Nous étions émus, non horrifiés. L'évidence nous échappait. Nous formionstous le vœu étrange que les portions d'Alice étaient les oignons de quatorze nouvelles Alice. Des oignons qu'il eût suffi de planter et d'arroser, sans faire de chichi, pour que le miracle s'accomplît.
Ce terrible samedi 9 janvier nous avons tous vu Henri Lebeau, le coiffeur, dérober la main droite d'Alice. Nous l'avons tous accompagné dans son geste, tant le désir de faire de même nous travaillait. T'aurais vu le commissaire Loch Ness lui faire une prise de jiu-jitsu, du grand art ! Et lecoiffeurquilâchelamain.Etlamaindevaldinguerhaut,sihautdans les airs, souple, fine : une circonlocution délivrée au-delà du point final. Du coup chacun s'avise de courir en dessous de la main volante pour se l'accaparer avant qu'elle ne s'écrase au sol. Ensuite, s'enfuir avec. Chacun pour soi. Ni morale, ni loyauté, ni civisme, rien que de la vilenie. Crocs enjambes, coups de coudes et foire d'empoigne. Certes un brin de sport aprèsla grande biture et le dégobillage salvateur, ça se concevait. Le besoin de secouer son anatomie comme chiens au sortir de l'eau est chose plaisante mais là l'exaltation des corps n'apportait à chacun que plaies, bosses et nouvelles inimitiés. La main fignolait par-dessus l’avidité des hommes son vol esthétique pour au final s'écraser, sarcastique et cuisante, sur la joue droite du commissaire. Piqué au vif par cette claque post-mortem etfulminant contre nos manières de charognards, le commissaire qui somme toute est un sanguin, tira son arme et gueula :
« Si vous arrêtez pas vos conneries, je tire dans le tas. »
Le pharmacien, qui avait fait fac de psycho, la première année, et qui avait serré la main de Gandhi ou de quelqu'un qui lui ressemblait beaucoup, annonça haut et fort pour ramener la paix :
« J'offre une tournée générale de bonbons contre la toux au miel de sapin des Vosges. »
Bernadette Gérard-Vroman a jeté l’ancre en terre poésie en 2010. Sans cesse encouragée par ses pairs, l’auteur a une soif d’apprendre insatiable, sur ce chemin où les frissons d’âme s’évaporent du plaisir d’écrire.
Originaire de Belgique, elle aime s’enraciner à la montagne, où, pour rattraper ses rêves d’enfant, elle s’identifie à l’edelweiss.
Résumé
Un regard sur cette terre, sphère à deux inconnues : la vie et la mort.
La vie, un chemin sur lequel Bernadette Gérard-Vroman avance, en écrivant, à la découverte de soi, à la découverte des autres, lors de ses rencontres, partages, moments qu’elle privilégie.
La mort et ses questions inexorables et l’amour, incontournable.
Ce qui la caractérise est sa sensibilité et la force dans les mots que revêt sa plume, qui, comme l’amour et la paix vers lesquels ils tendent, sont les symboles de l’edelweiss, qui la représente.
Une poésie qui se libère de plus en plus des contraintes, comme un envol entre terre et ciel, comme un écho à la Terre.
La nuit tombe et emporte avec elle mes pensées qui tourbillonnent. Je les vois embrasser l'espace, légères, elles s’accrochent aux ailes du temps, transpercent les nuages… Me vois-tu ?... Me sens-tu ?... M’entends-tu ?... J’aurais voulu te dire, mais je n’ai pas pu… J’ai tant attendu que tu me dises, mais tu n’es jamais venu… As-tu senti ma présence à tes côtés ?... As-tu emporté notre silence avec toi pour l’éternité… ? C’était hier, deux étoiles brillaient, l’une au terme d’un dernier voyage et une autre prête à plier bagage, et entre les deux, mon âme errait, entre abysses et montagnes, en quête de lumière, pour toi, pour moi, pour elle. Au sommet des montagnes, tu veilles sur l’edelweiss qui me sourit, l’astre de la nuit aussi. C’était hier, je n’ai pas oublié qu’entre deux tempêtes, le soleil brillait… Comme un éclat de mille feux au beau milieu de la nuit, je laisse mes pensées se disperser, mes yeux s'entrouvrent et ta présence à mes côtés me rappelle que le présent est là.
…
« Je me terre au pied d’un hêtre
Et nos deux êtres entrent en fusion ;
Il m’offre la sérénité,
À l’abri du froid.
Je vois les mots férus, frivoles,
Poursuivre leur chemin
Et se frayer un passage
Sur les pavés de mon existence.
Ils fredonnent un refrain
Parsemé de fous-rires,
Une farandole se forme,
Ils s’envolent dans un frou-frou de plumes.
Je les retiens, les serre une dernière fois encore
Cathie Louvet, un nom que nous commençons à connaître sur ce blog. Cathie est une blogueuse passionnée de thrillers, polars et même de SF, une grande lectrice désormais membre de l'équipe de la revue "Les petits papiers de Chloé".
Mais elle est aussi auteur ! De policiers ? Que nenni... du moins pour le roman que je viens de lire.
Je ne sais pas vraiment à quoi je m'attendais, mais sûrement pas à cela en ouvrant le livre ! Déstabilisée dès les premières pages par ce roman historique atypique, j'ai rapidement été propulsée dans un univers fantasmé par de nombreux réalisateurs de films : celui de ce peuple mythique et multiple que furent les Vikings !
Grâce à une documentation précise et sérieuse, Cathie Louvet nous fait revivre une époque finalement méconnue coincée entre la fin de la dynastie mérovingienne et la construction de l'Empire de Charlemagne, entre religion païenne et chrétienne.
Le lecteur devient spectateur du quotidien d'une société structurée, hiérarchisée, tournée vers la mer et le commerce mais basée sur le pillage et la peur face à la progression tentaculaire et agressive d'une chrétienté riche propulsée par l'intelligence du premier des Carolingiens. Ce côté historique est passionnant, jamais lourd et inutile... Il nous fait réfléchir et nous amène à comprendre une période tourmentée de notre continent et gomme très à propos quelques a priori.
L'auteur nous invite à comprendre qui furent ces fiers guerriers aux côtés d'une famille, celle d'Eryndr et de Thorkell et de leurs descendants. Entre batailles et récoltes, l'existence des personnages s'écoule, ponctuée par les trahisons, les razzias, les amitiés et "les affaires".
Cathie nous propose ici une saga passionnante qui nous trimbale entre les Shetlands et le Danemark, entre fjords brumeux et falaises abruptes. Beau voyage...
Un roman à découvrir ! Et vous savez quoi ? "De glace et de feu" est le premier volet d'un triptyque... (mais on peut le lire seul sans aucun problème)... hâte de découvrir la suite du destin des fils de Thorkell !
Né en 1945, à La Louvière (Belgique), il décroche une licence de journalisme à l’Université Libre de Bruxelles en 1975 et se consacre pendant 30 ans à l’enseignement dans une Haute Ecole du Hainaut, où il diffuse principalement des cours de philosophie. Une partie importante de sa vie professionnelle et affective est chaotique, il travaille à Paris en 1968 où il participe aux « événements de mai », pratique de multiples petits boulots en Belgique et en France, se retrouve parfois en état de clochardisation entrecoupé de cures de désintoxication en milieu psychiatrique, adhère enfin aux Alcooliques Anonymes en 1993 qui lui permettent de découvrir une « nouvelle vie », celle de sa « vraie naissance » . . . Aujourd’hui, retraité, il vit en couple depuis 13 ans, il a quatre enfants et quatre petits-enfants. Il tente de modeler son éthique personnelle sur celle d’Epicure en privilégiant le bonheur de l’instant présent.
Résumé de « L’Alcoolique anonyme »
Il ne s’agit pas d’un roman et moins encore d’un recueil de nouvelles puisqu’on y trouve jetés pêle-mêle des textes plus ou moins courts, une pièce de théâtre, un poème, l’ensemble entrecoupé de réflexions (ou de délires), tous écrits à des époques très espacées de mon existence et qui n’ont jamais eu la prétention d’être publiés au moment où je les produisais. Il n’est pas question non plus d’un récit autobiographique. S’il
fallait, par convention, identifier le genre littéraire auquel je me livre, je parlerais volontiers d’ « archives de vie » ou mieux encore, de « traces d’existence ».
Extrait de « L’Alcoolique anonyme »
« . . . Naturellement elle m’avait désigné d’emblée comme son interlocuteur privilégié, avec cette sorte d’instinct infaillible qui permet aux fascistes de débusquer la vulnérabilité psychologique d’autrui. Elle s’acharnait sur moi. A ses yeux, nous symbolisions la caste des gens « cultivés ». Surtout je ne devais pas briser ses illusions et, malgré l’exaspération que j’éprouvais à la conforter dans sa suffisance, je ne cessais de la renforcer dans la certitude de son écrasante supériorité culturelle. Elle m’a filé des cigarettes. Tous les jours. Trop. Si bien que ces dons incessants m’ont rendu prodigue et que j’en fis largement profiter la communauté des « ignares ». Elle se mit alors en tête de m’offrir des fringues, j’ignore où elle les avait dénichées. Elle me regardait les enfiler avec un regard concupiscent. Comme une pute, je me mettais à poil et, à la rigolade générale, je faisais les essayages. Dans ma dérision coupable, je lui répétais sans qu’elle m’écoutât : « J’aime mon médecin traitant, elle va m’apporter mes vêtements, les miens, et mes objets de toilette a moi ! Je serai propre, désinfecté de ta charité. Puis nous irons faire l’amour ». Elle ricanait stupidement comme si mes incantations n’étaient que du vent. Le cul rejeté en arrière dans ses jeans crasseux qui moulaient des amas de gélatine, toutes dents dehors, elle exigeait que je l’embrasse. Et je l’embrassais en dépit de mon dégout. J’avais besoin d’elle. Il me fallait des Gauloises bleues sinon, privé de mes tétines de contenance, je sombrais définitivement dans la démence . . . »
André Elleboudt, né en 1953, aime parler, écrire, chanter, jardiner, partager connaissances et convictions. Depuis toujours, ou presque, la musique à écrire et chanter, les mots à entendre, dire ou écrire, la nature à regarder, travailler et cultiver, l'Europe à découvrir à travers ses gens et ses paysages, la pédagogie à appliquer, inventer et expérimenter, … forment, avec la famille, des raisons de vivre. Et puis un jour, l'édifice se déstructure quand la santé prend les rênes de sa vie et du reste.
Alors, écrire devient le lieu d'une nouvelle liberté dans l'adversité.
Le Rivage d'un Océan sans Terre/Résumé
Le titre, pour qui veut en pénétrer l'intime, exprime ce lieu qui devrait être "la terre en vue" d'un marin. Mais, à y bien penser, un océan sans terre ne peut avoir de rivage. Cet océan, d'ailleurs, existe-t-il ? C'est dans ce vide, ce non-lieu que je me retrouve quand la douleur permanente me casse. Les pages du livre parlent du quotidien de la souffrance, description doublée de manière plus poétique par l'expression, difficile, du ressenti.
Mais il n'est pas question de plainte. Il s'agit moins de "lutter contre" que de "pouvoir vivre avec".
Un extrait
J’ai subi une attaque et je suis occupé. Mon corps est occupé, comme un pays en guerre. Croyez-moi ou pas. J’ai été attaqué par des objets. Mon corps est devenu un territoire sous contrôle ennemi. L’occupant ? Des objets, des outils de toutes sortes.
C’est une histoire étonnante que je m'en vais vous narrer. C’était comme si le quotidien inerte avait pris possession de mon quotidien vivant. Jusque-là ma vie s’était pourtant déroulée normalement. Une vie normale, normale comme quand ce qui nous arrive n’appartient pas à l’extraordinaire, au hors norme.
Ma vie était normale et belle.
Un soir, au terme d'une journée de travail en plein air à entretenir le jardin familial, le bain salutaire vit s'approcher un couple de clés à molette qui sans crier gare et malgré ma nudité rose s'emparèrent de mes poignets et, fermant leur mâchoire, déclarèrent qu'elles prenaient à ce jour possession desdits poignets pour en faire un lieu de seconde résidence. Grande fut ma surprise et totale mon incapacité à me défendre. Depuis ce jour, les poignets occupés ne sont que sècheresse, dureté ; ils mènent une vie solitaire, séparés d'un corps duquel ils ne semblent plus se préoccuper. Ils portent ce qu'ils veulent quand ils le veulent, développent la force que leur bon vouloir estime suffisante dans toute tâche de manutention. Bref, ils se sont désolidarisés du reste du corps si ce n'est du cerveau à qui ils communiquent fidèlement maux et douleurs, faiblesses et impuissances. Et cela dure toujours.
Cela fait une dizaine d'années qu’un soir, affalé dans le canapé, quelque peu las à la fin d’une journée de travail, je sentis l'attaque insidieuse d’un chargeur de batteries. C’est utile, un chargeur dans la boîte à outils, cela permet de redonner puissance aux tournevis, aux foreuses. Je me reposais, couché dans le canapé et soudain, lentement, imperceptiblement mais incontestablement, une sorte de courant électrique se répandit dans mes jambes suscitant une forme de tremblements, de pincements et puis de tressautements totalement incontrôlables. Surprise, étonnement, inquiétude et difficulté d'expliquer ce qui était en train de se passer. Les jambes bourdonnaient-elles, brûlaient-elles, se refroidissaient-elles, c'était un peu tout cela à la fois, une sensation l'emportant parfois sur l'autre dans un concert qui semblait ne pas devoir se terminer. Et puis, ces jambes qui tressautent sans raison, qui pédalent vers nulle part, cela a de quoi interpeller. Et cela dure toujours.
« Inventé quoi ? Le maïs ? Le riz ? Des matières vivantes que les paysans cultivent depuis des millénaires (...) sans jamais exiger qu’on leur paye un dû ? Allons donc ! »
Résumé :
L’action se déroule dans un parc national concédé par les autorités mozambicaines à une multinationale de l’agro-alimentaire afin qu’elle y développe des cultures transgéniques destinées à l’exportation. Elle se double d’une intrigue parallèle : la tentative folle de faire renaître l’ancien empire africain du Monomotapa.
Bio :
Né à cheval sur trois frontières politiques, linguistiques et culturelles, Jean Dallier a passé la majeure partie de sa vie en Afrique, en Asie et parfois même en Europe, que ce soit comme enseignant, chercheur, gestionnaire de projets de développement ou voyageur. Il est l’auteur de trois romans, de nouvelles et d’études socio-économiques.
« Mon amour à Pompéi » : ce que l’on peut lire sur la quatrième de couverture…
Passe encore pour le juge Roland Lévêque qu’un doux rêveur ait sollicité un rendez-vous pour tenter de faire innocenter un homme condamné sur la base d’un dossier où pratiquement rien ne plaidait en faveur de l’accusé. Mais on a beau s’imposer de garder en toutes circonstances l’esprit ouvert, il est des choses que l’on n’est pas prêt à entendre…
Le juge, après avoir patiemment écouté les explications du professeur Liévin et malgré la réputation de ce dernier, demeure tout aussi sceptique tant ce qui lui est révélé lui paraît incongru. Mais devant les preuves qui lui sont ensuite administrées, il est bien forcé d’admettre la possibilité de voyages dans le passé.
Conséquence inattendue, ce qui n’avait été jusqu’alors qu’un aimable fantasme prend tout à coup beaucoup plus de vraisemblance. Car faire véritablement la connaissance de l’admirable créature qu’il n’a jamais pu voir qu’à travers un portrait datant de vingt siècles n’est plus du tout une chimère. Plus du tout.
Et après une nuit très agitée, le juge décide d’être le premier voyageur temporel de l’histoire…
Quelques explications supplémentaires…
On ne « déflorera » pas vraiment le sujet (voir le titre et la couverture !) en précisant que "Mon amour à Pompéi" est le récit d’un voyage temporel au premier siècle de l’empire romain, et plus précisément en l’an 79, deux mois avant l’éruption du Vésuve.
On m'a déjà assez souvent demandé pourquoi j'avais choisi de situer l'essentiel des péripéties de mon roman dans cette ville plutôt que dans une autre. Après tout, un candidat au voyage temporel n'avait que l'embarras du choix ! Alors, pourquoi Pompéi ?
Pour des raisons qui tiennent à la rigueur que l'écrivain doit selon moi à ses lecteurs. Et par conséquent à la "crédibilité" de la fiction qu'il a choisi de développer. Car il me paraît plus facile d'adhérer à une histoire lorsqu'elle se déroule sur un fond historique riche de détails authentiques. Et avec Pompéi, il me semblait beaucoup plus facile d'atteindre cet objectif.
Parce que l'on en sait plus en effet sur cette ville de l'antiquité que sur n'importe quel autre endroit "perdu dans la nuit des temps". Parce que l'exhumation des ruines de Pompéi a révélé au monde stupéfait un véritable "instantané" de la vie sous l'empire romain. Et il est à peine exagéré de prétendre que, à condition de n'être pas perdu dans le flot des touristes, la visite des ruines de la cité donne la curieuse impression de réellement se promener dans ce petit coin du passé...
Il s'agissait donc pour moi d'asseoir mon récit sur une base historique aussi rigoureuse que possible. On l'aura compris, les références ne manquaient pas sur la toile, et des ouvrages comme "La vie quotidienne à Pompéi" de Robert Etienne, "Vies des douze Césars" de Suétone, et "La Rome des Flaviens" de Catherine Salles m'ont fourni un abondant matériau...
Pour le côté scientifique, maintenant. Parce que, oui, pour aussi bizarre qu’il y paraisse, cette fiction s’appuie également sur une théorie très sérieuse : l’hypothèse des mondes multiples d’Hugh Everett.
Les surprenantes interprétations des phénomènes étranges observés en physique quantique sont présentées de façon très informelle au chapitre 2 de mon roman (lorsque le juge Roland Lévêque reçoit le professeur Jacques Liévin dans son cabinet).
Je m’abstiendrai de revenir ici sur la célèbre expérience dite « des fentes de Young », décrite en détails dans tous les ouvrages de vulgarisation ainsi que sur un grand nombre de sites web, et qui permet de se convaincre de la réalité de ces « états quantiques » qui se « superposent » jusqu’à ce que l’observation du résultat de l’expérience force en quelque sorte la nature à choisir entre plusieurs éventualités (la fameuse « réduction du vecteur d’état »).
Enfin, ce qui précède correspondant au paradigme classique adopté par un grand nombre de théoriciens ! Mais pas par tous…
L’interprétation dite des « mondes multiples », qui suscita au début pas mal de haussements d’épaules dans la communauté scientifique, est en train de faire un spectaculaire retour en force. Et les récents progrès des chercheurs qui travaillent à l’élaboration d’un ordinateur quantique pourraient y être pour quelque chose…
Pour les curieux :
Le mieux est sans doute de renvoyer le lecteur sceptique au chapitre 9 de l’ouvrage de vulgarisation « L'étoffe de la réalité », du physicien David Deutsch. L’auteur y développe l’hypothèse de l’exécution de l’algorithme de Shor (quelques milliers d’instructions…) sur un ordinateur quantique pour la factorisation d’un nombre de 250 chiffres.
On découvrira d’abord avec effarement que factoriser aujourd’hui un tel nombre en utilisant la meilleure méthode connue lancerait un processus qui prendrait plus d’un million d’années avec un réseau d’un million d’ordinateurs classiques !!! D’ordinateurs classiques…
Mais l’avènement de l’ordinateur quantique risque bientôt de changer la donne. Et pas qu’un peu. Car pour résoudre le même problème (la factorisation d’un nombre de 250 chiffres), l’algorithme de Shor lancerait 10500 calculs identiques (vous avez bien lu) en parallèle ! Ce qui signifierait en réalité quelques milliers d’opérations arithmétiques seulement, mais dans chacun des 10500 univers qui participeraient au calcul en interférant ensemble…
Ce calcul n’a certes pas encore été fait. Mais le principe en a déjà été validé sur des plateformes matérielles encore rudimentaires et il apparaît que la disponibilité d’un calculateur quantique apte à factoriser un nombre de 250 chiffres n’est qu’une question de temps.
Dans ce même chapitre, David Deutsch invite le lecteur à réfléchir sur les conséquences, au niveau paradigmatique, de ce qui vient d’être présenté, en le mettant au défit d’expliquer comment peut bien fonctionner l’algorithme de Shor sans impliquer l’existence de ce que l’on appelle le « multivers ».
Car lorsque cet algorithme se sera exécuté en utilisant 10500 fois la puissance de calcul de la plateforme matérielle posée sur votre bureau, « où » diable aura été factorisé notre fameux nombre ? Sachant qu’il n’existe « que » 1080 atomes dans tout l’univers visible, un nombre minuscule si on le compare à 10500…
Si donc, comme le fait valoir David Deutsch, toute la réalité physique se bornait à notre univers visible, elle serait très loin de pouvoir offrir les ressources nécessaires à la factorisation d’un tel nombre !
Conclusion :
Un bon roman de science-fiction doit certes d'abord divertir, c’est sa première vocation ! Mais aussi selon moi - surtout s'il s'agit de ce qu'il est convenu d'appeler de la "hard fiction" - amener le lecteur à réfléchir avec l’auteur sur les possibles conséquences de l'utilisation d'une technologie qui pourrait après tout se trouver un jour à notre portée. Technologie souvent associée à la validation par l'expérience de théories d'avant garde très sérieuses mais parfois considérées comme "fumeuses" ou comme relevant de simples conjectures...
On ne s'étonnera donc pas si, dans mes romans, je m'arrange pour présenter au lecteur les résultats auxquels pourrait conduire la mise en pratique de certaines théories scientifiques si elles se trouvaient confirmées par la réalité des faits. Ainsi, dans "Mon amour à Pompéi", la validité de la théorie des "mondes multiples" (hypothèse très sérieuse...) se trouve-t-elle confirmée par l'interférence accidentelle entre deux univers parallèles (ici commence bien entendu la fiction !), permettant du même coup d'envisager les transferts temporels...
A ne pas trop prendre au sérieux, donc, pas plus que le réductionnisme matérialiste du professeur Jacques Liévin ! Mais bon... Qui pourrait jurer sans la moindre crainte de se tromper que tout ceci restera éternellement du domaine de la science-fiction ?