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interview

Fabienne Merkelbag : l'écriture, c'est "Oser dire les choses, parce que l’écriture permet de se dépasser."

Publié le par christine brunet /aloys

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Pouvez-vous vous présenter, svp ? Parlez-moi de votre /vos livres en quelques mots.

Fabienne Merkelbag, 50 ans, mère de deux filles, Florence (23 ans) et Romane (19 ans). Après une enfance passée en Allemagne, je vis dans la région liégeoise depuis l’âge de 18 ans. J’y ai effectué mes études de master en Histoire à l’Université de Liège. Après avoir travaillé comme collaboratrice parlementaire pendant plus de dix ans, je suis depuis 2002 Inspectrice de la Culture au Ministère de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

Mon livre, Sagrada Familia, est un ensemble de chroniques inspirées de faits réels mais détournés sur un ton impertinent, mêlés d’humour et de mauvaise foi.


Voilà qui promet ! Original, en tout cas... Depuis quand écrivez-vous ? Un déclencheur ?

L’écriture a toujours fait partie de ma vie. Je fais partie d’une génération qui écrivait régulièrement à sa famille pour les vœux, les anniversaires, les vacances etc… cette habitude d’informer la famille sur les petits faits quotidiens m’a amenée à raconter de manière plus humoristique les événements qui m’ont marquée.

 

Définissez le mot écriture 

 

L’écriture est pour moi un Art. Lorsque je lis, je suis impressionnée par le style de certains auteurs. Leur capacité de faire vivre un personnage ou une intrigue estimages-0165.jpg finalement assez rare. C’est à force de lire que j’ai eu envie de m’y essayer. Poser les mots sur un papier et imaginer comment il sera perçu par le lecteur. Oser dire les choses, parce que l’écriture permet de se dépasser. Comme la peinture, la sculpture ou la musique…


Votre style ?
 

Je crains n’appartenir à aucune style. Ni romancier, ni nouvelliste, ni essayiste. Juste une « écriture spécifiquement belge » comme me l’a écrit l’écrivain belge Patrick Virelles (Peau de vélin, Bestaire impertinent…) en 2006 lors d’une participation à un concours de ‘nouvelles’. C’est vrai que le ton est familier et composé d’expressions wallonnes et bruxelloises.


L'écriture est-elle une passion ? En avez-vous d'autres ? Si oui, y at-il interaction entre vos passions ?

 L’écriture est une réelle passion. Je ne peux rester devant une feuille, un bout de papier ou un post-it sans y griffonner quelques mots. Mon autre passion est la lecture. J’adore les auteurs contemporains. Je ne me déplace jamais sans avoir un livre avec moi. Dans mon sac, dans la voiture… et bien sûr partout dans la maison.


Comment appréhende-t-on votre travail d'écriture autour de vous ?
 

images-0292.jpgDepuis des années, l’envoi par mail de mes « bafouilles » ravit mes proches. J’ai été régulièrement encouragée à continuer. Mais il s’agissait de mon entourage, que je savais bienveillant… Ce sont les encouragements de Patrick Virelles, auteur reconnu, qui m’ont poussée à les mettre en forme pour une publication éventuelle. J’ai été enchantée lorsque Chloé des Lys a eu envie de miser sur mon livre…


Facile ou compliqué d'être lu ?
 

Facile ; il s’agit d’une écriture simple, familière, enjouée… 

 

Vous êtes historienne : pourquoi ne pas avoir choisi d'écrire un roman historique ou, tout au moins, un roman très ancré dans l'histoire ?

  

Le roman historique est une discipline qui demande une grande rigueur, en termes de respect des faits, des personnages et de la critique historique. Je préfère, grâce à l’écriture, me laisser aller à la description d’une série d’événements qui me touchent. Je ne peux écrire que lorsque les mots qui s’alignent me bouleversent, ou me font rire. Lorsque l’on a reçu une éducation stricte, cadrée, c’est peut-être dans l’expression libre et créatrice que l’on trouve un exutoire… A croire qu’en cas de « débordement », ou d’impertinence, je pourrai me retrancher derrière un « c’est pas moi, c’est mon personnage qui l’a dit »… 

 

Pour l'avant-dernière question, j'aimerais vous la poser différemment : vous partez du

réel pour raconter vos histoires, 

      a/ vos personnages sont-ils fortement inspirés de votre entourage ?

Dans Sagrada Familia, tous les personnages existent. Que ce soit Florence, Romane, Gisèle, Claire ou Simonne, tous partagent ma vie, de près ou de loin. Chaque chapitre débute d’ailleurs par un prénom. Une manière de leur rendre hommage, sans doute. Ma façon de leur dire que je les aime… Dans mon quotidien, j’ai beaucoup de mal à le dire. L’écrire m’est plus facile… 

 

       b/ écrire, c'est se dévoiler, plus ou moins... Vrai/faux ?

C’est particulièrement vrai puisque je parle de moi et de mes proches. Même si mes récits sont ‘romancés’ ou font preuve de mauvaise foi, c’est tout un pan de ma personnalité qui est dévoilé… Lors d’une allocution que j’avais faite lorsque j’ai gagné le deuxième prix de l’Eau Noire à Couvin en 2006, j’avais dit que je comparais l’envoi d’un manuscrit à un accouchement. L’impression de se livrer. De se donner. Complètement. Sans pudeur. Le jour où l’on diffuse un texte, on n’en est plus maître. C’est angoissant … et terriblement excitant…

 

       c/ Là, je vous suis à 100% !!!! l'auteur s'expose, quelque part... D'où ma question : est-il compliqué pour vous d'être lue.

 

Au début, certainement. Mais voilà plusieurs années que je partage mes textes avec mes proches. Je reconnais que j’ai besoin du regard des autres pour m’améliorer. L’important est que les commentaires soient sincères. Je préfère une critique négative à des propos flatteurs qui ne respirent pas la sincérité. Je tiens compte des remarques ou des conseils que l’on me donne. J’en ai besoin. C’est cela avancer…

 

Vous dites imaginer comment vos écrits vont être perçus par vos lecteurs : écrivez-vousnoelNouvelAn2007et08-133--1-.jpg pour vous ou essentiellement pour les autres ?

Dans un premier temps, j’écris pour moi. Et puis, rapidement, l’envie de partager mes écrits avec les autres. L’envie de partager…

 

 Qu'apporte, selon vous, le mélange de "langues" à vos récits ? N'avez-vous pas peur que cet aspect restreigne le nbre de vos lecteurs ?

Inclure des expressions « belges » dans mes textes est apparu comme une évidence. Le récit se voulant avant tout ‘oral’, j’écris comme pourrait parler « monsieur tout le monde ». Avec des mots comme « chique », « lacquemants », « frappadingues » ou « zine », je me permets un ton insolent qui dénote avec le langage « bon chic bon genre »… Et j’aime citer des lieux typiquement liégeois, c’est une manière de dire que je suis bien dans la cité Ardente… Je ne pense pas que ces quelques termes effrayeront le lecteur. Au contraire…

 

Allez, un extrait pour vous mettre en appétit...

 

Une semaine sur mon voilier nous propose Claire ? Nous, c’est Lucrèce et moi. Le voilier est amarré à Cadix. Cadix, en Andalousie, pas Cassis, à côté des calanques. Cadix, c’est plus à l’Ouest. Et plus au Sud… Oui, parce que la proposition n’était pas encore digérée que j’ai vite fait de revisiter ma boussole. Parait qu’un marin ne parle pas comme moi. ‘Au dessus’, c’est le Nord, ‘en bas’, le Sud. ‘A droite’, tribord et ‘à gauche’ babord.

 

Merde, faudra que j’informe Di Rupo qu’il est de babord et à de Wever qu’il est tribordien. Quant à l’ouest, j’y suis assez régulièrement pour savoir l’identifier rapidement…

 

Venez faire du bateau qu’elle nous dit Claire, à trois on passera le détroit de Gibraltar. Je vous expliquerai comment on navigue… Fastoche, me dis-je. Sportives comme pas deux, Lucrèce et moi avons, dans nos jeunes années, pratiqué une série de sports. On connait tous les termes concernant la pratique du canasson et nous sommes capables de traduire les yeux fermés les ‘lets’, ‘sets’, et autres ‘smashs’ tennistiques.

 

N’empêche, je dois bien admettre mon incompétence en termes de jargon maritime : j’ignorais qu’un ‘phoque’ pouvait s’écrire ‘foc’ et n’était pas uniquement un mammifère pinnipède ; je pensais qu’une ‘défense’ n’était que de l’ivoire interdit à la vente depuis le massacre de nos amis les éléphants ; je ne savais pas que le ‘duc d’Albe’ était, outre un tortionnaire ibérique, un poteau planté dans l’eau des ports, et encore moins qu’un ‘pont’ était autre chose qu’un jour où les fonctionnaires ont –encore- congé ; enfin, un ‘génois’ n’était dans mon esprit étriqué qu’un petit suisse beau, riche et consterné de ne pas m’avoir encore rencontrée…

 

 

Comme Fabienne Merkelbag l'a très justement écrit, un livre est, qu'un auteur ne veuille ou non, un reflet de lui-même, de son univers de sa personnalité. Cela transparaît dans l'écriture, le genre choisi, le style... Cela le rapproche du lecteur... et fait, en même temps, son unicité. 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 E16 (2)

Publié dans interview

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Claude E. : Pour moi, l'écriture, c'est un art de vivre.

Publié le par christine brunet /aloys

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Une superbe couverture, vous ne trouvez pas ? Mais qui est Claude E. ?

Niçois à l'origine, je suis installé au Canada depuis une quarantaine d'années. J'enseigne le droit à la faculté de droit de l'Université d'Ottawa. Dans le cadre de mon travail, J'ai publié plusieurs livres de droit et une grand quantité d'articles à caractère juridique : v. Claude Emanuelli sur Google. Je suis marié et nous avons deux enfants;

J'écris depuis l'age de douze ans. À l'époque, j'ai été cloué au lit pendant plusieurs mois par une maladie. C'est à ce moment là que j'ai commencé à écrire ( un roman de science-fiction ). Depuis, je ne me suis jamais arrêté. J'ai surtout écrit des textes juridiques dans le cadre de mon travail mais aussi, à temps perdu, des poèmes, des pensées, un scénario de bande dessinée, des esquisses de romans entamés mais pas terminés, etc. Je viens d'achever sept nouvelles assez longues que j'aimerais faire publier sous forme de recueil.

L'élément déclencheur? Il y a cette maladie qui m'a immobilisé plusieurs mois quand j'avais douze ans. Il y a aussi Jacques Prévert. C'était mon parrain. Je l'ai bien connu dès mon plus jeune âge. Il m'a impressionné, m'a fait découvrir des livres ( pas seulement les siens ), m'a donné le goût de lire et d'écrire. Il était très impressionné lui-même quand en 1974, mon mémoire de maîtrise a été publié par Pédone.

 

Pour moi,l'écriture, c'est un art de vivre. Je ne passe pas une semaine sans écrire quelques pages ou sans peaufiner ce que j'ai déja écrit; j'ai besoin d'écrire;

 

Vous pourriez développer, s'il vous plaît ?

L'écriture pour moi c'est un art de vivre: j'ai un mode de vie, une façon de vivre quiCover-Claude2.jpg accordent une grande importance à l'écriture, aux projets qu'elle véhicule, aux joies qu'elle procure, etc. L'écriture fait partie de ma vie courante :  dans mon travail, bien sûr, mais aussi dans d'autres cadres; par exemple, pour bien résoudre un problème complexe, j'aime en coucher les données sur papier et à partir de là explorer une ou plusieurs solutions par écrit, les comparer, les travailler, lier certains de leurs éléments,en distinguer d'autres. Ça m'aide à réfléchir.

 

Votre style ?

Mon style a été modelé par mon travail de professeur. Dans ce cadre,il se doit d'être concis, clair et direct. Je pense que mes autres écrits reflètent aussi cette tendance. Cela dit, j'essaie toujours de construire de jolies phrases qui sonnent bien.

 Seriez-vous un auteur "tatillon" qui peaufine ses textes, sans cesse insatisfait ? êtes-vous resté dans le domaine de la SF ? Quel genre littéraire vous semble plus proche de vous ?

Je suis un auteur très tatillon, ce qui correspond à ma personnalité ( perfectionniste ). Je peaufine mes textes jusqu'à ce que j'en sois satisfait. C'est ce que je fais actuellement avec les nouvelles que j'ai terminées. Je tente d'obtenir un résultat qui du point de vue du fond comme du style tient la route. En général, j'obtiens, en fin de compte, quelque chose qui me convient. Les textes que j'écris aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec la science-fiction. Ils concernent plutôt des histoires de moeurs, des drames qui révélent les faiblesses de l'être humain, ses travers, etc.

 

Facile ou compliqué d'être lu ?

Concours-Oratoire-Sapere-Aude--15-mars-2012--067-copie-1.jpgDans le cadre de mes cours, les étudiants n'ont pas toujours le choix; ils doivent lire certains de mes textes. Par ailleurs, mes écrits sont souvent cités par les tribunaux, y compris la Cour suprême du Canada, et dans les travaux de certains de mes collègues. Certains amis lisent volontiers les textes que j'écris dans des domaines non juridiques. Je n'ai pas de difficulté à me faire lire.

 

 On met peut-être moi de soi dans les textes juridiques, très encadrés, que dans des textes issus de son imaginaire ?

Naturellement, il m'est plus difficile d'être personnel  dans mes textes juridiques. Dans ceux-ci, j'essaie surtout d'être clair du point de vue du fond et de la forme, juste aussi. Cela dit, mes idées, mon style trahissent ma personnalité quand l'on cherche bien.

 

 Mettre un point final ? C'est plus facile si je suis satisfait de la conclusion, sinon je reviens sur mon texte aussi longtemps que nécessaire.

 

 Ce travail ne casse-t-il pas le côté spontané de l'écriture ?

Mon écriture est spontanée quand j'écris le premier jet. Ensuite, elle est travaillée. EnTranche-Claude-E.jpg fin de compte, le texte n'a plus grand chose de spontané mais il a d'autres qualités plus importantes à mes yeux.

Dans l'ensemble, ceux qui me lisent ne se plaignent pas. Mes étudiants, mes collègues, les juges qui me citent dans leurs jugements me trouvent généralement clair et semblent apprécier mon travail. Il en va de même des amis qui ont lu mes écrits à caractère non juridique.

J'aime travailler mes textes pour que l'histoire se tienne, que le texte soit bien bâti, que les phrases soit bien construites, que le style soit soigné. Pour moi, ce sont des qualités essentielles pour avoir un bon résultat.

Je me suis rendu compte au fil de votre interview que nombre de mes réponses sont influencées par le fait que l'écriture est pour moi, d'abord et avant tout, un outil de travail dans le cadre de ma profession. Çela a un impact sur l'importance que l'écriture a dans ma vie depuis bien longtemps, sur ma façon d'écrire, etc. 

 

D'où sortent vos personnages ? De la vie réelle ?

 Plusieurs personnages de mon livre m'ont été inspirés par des gens que j'ai connus çà et là. D'autres sont le fruit de mon imagination. Cela dit, celle-ci est nourrie par mon acquis, mon vécu, mon inconscient, mes fantasmes, mes frustrations, mes préjugés, etc. Après, ils leur arrivent souvent de s'imposer à moi, de se construire, de s'étoffer d'eux même au fil de l'histoire. Parfois aussi, je les façonne pour les faire correspondre au personnage que je veux décrire.


 Vous m'en dites plus au sujet de votre livre ?

  Malgré le titre du livre, l'histoire tourne autour de Constant, un professeur d'université dans la cinquantaine qui s'ennuie. Pour tromper cet ennui, il fréquente assidûment les bars de danseuses à Ottawa où il vit. Un jour sa femme le quitte, il apprend le décès tragique de son ami Serguei et il rencontre Caline, danseuse au Mirage. Il cherchera à attirer Caline dans ses filets, à élucider les circonstances mystérieuses dans lesquelles son ami est mort, mais ne tentera pas de ramener sa femme au bercail; trois choix qui lui coûteront cher. C'est un roman noir qui se situe dans le milieu des danseuses pour l'essentiel, d'où plusieurs scènes érotiques qui devraient plaire aux amateurs du genre.

 

L'auteur en a juste assez dit pour éveiller ma curirosité et me donner envie de lire son roman ! 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Publié dans interview

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Rolande Michel : Mes personnages et, plus précisément, ceux de ce premier roman jeunesse, évoluent de façon imprévisible.

Publié le par christine brunet /aloys

Tout est partie d'une volonté de Rolande Michel de présenter son roman sur le blog Aloys... (Une présentation que vous retrouverez le 19 février...). La curiosité a fait le reste, d'autant que j'aime lire la littérature "jeunesse" et reste fascinée par les auteurs qui sont capablesd'écrire dans un univers qui n'est, a priori, plus le leur. L'auteur  deJeanne a été prompte à répondre à mes questions... et je l'en remercie très vivement.
Vous vous présentez ?
Je suis née à Callenelle, un petit village du Hainaut Occidental, le 29 juillet 1942.
J'aurais voulu faire du théâtre, mais devant le refus catégorique de ma mère, je suis devenue prof de langues modernes. Je me suis contentée de faire du théâtre en amateur en menant de front une carrière professionnelle prenante et l'éducation de mes quatre enfants que j'ai dû élever seule. Après un premier roman psychologique édité pour compte d'auteur ( à condition que ce soit sous mon nom d'épouse!), j'ai dû renoncer à écrire et me suis exprimée à travers des poèmes qui ont été une véritable thérapie, face aux aléas de la vie.
A présent retraitée et heureuse grand-mère de huit petits-enfants, je me suis remise à écrire.

Votre livre, vous m'en parler un peu avant d'aller plus loin ?
 Jeanne, une petite fille de huit ans, espiègle et rebelle, fait plein de bêtises (pas bienhttp://www.bandbsa.be/contes3/jeanne.jpg graves) avec le gros Pierre, le fils du boucher.
Pour fuir la lourdeur d'un quotidien où elle entretient des rapports difficiles avec sa mère, elle s'évade dans son monde imaginaire. 
Un jour, elle fait une chute en classe et Birdie, l'oiseau qu'elle nourrissait depuis des années, l'entraîne au sommet de l'arbre au pied duquel elle jouait avec son grand-père.
Pierre la rejoint en pédalant dans les airs.
Avant de survoler le Tournaisis et d'atterrir à Bruges, ville mythique pour Jeanne, ils doivent choisir: plonger dans le passé ou découvrir leur avenir.
Très intéressée par son avenir, Jeanne accepte d'accompagner d'abord Pierre dans le passé. Ils embarquent dans un étrange sous-marin : le Dreamicus qui leur permet de découvrir les fonds marins. Ils y croisent des poissons au comportement très proche de celui des humains et partagent la vie des hippocampes avant d'être renvoyés, trois siècles en arrière, sur une plage des Caraïbes. Ils y partagent l'existence des pêcheurs jusqu'au jour où, après avoir été enlevés par des marchands d'esclaves, ils sont sauvés par le héros de Pierre : Barbe Noire, le pirate.
Ils sont alors obligés de refaire, en sens inverse, le chemin parcouru.
Jeanne se retrouve au pied de l'arbre. Un miroir y a été déposé. En s'en approchant, elle découvre un avenir plutôt inattendu.       

Un petit extrait ?

Et me voilà repartie ! Suis-je bête ! Décidément, je ne changerai jamais ! Je fuis constamment la réalité pour me nourrir de mes rêves, je fais d'eux un monde plus réel que celui où je vis, je m'y plonge tout entière sans réfléchir, je me délecte d'aventures ou de situations imaginaires dans lesquelles je me sens parfaitement à l'aise, toute-puissante, presque divine._MG_2118.jpg
Depuis quand écrivez-vous ? Élément déclencheur ?


J'écris depuis toujours. Enfant, j'inventais des histoires pour mes copines et j'évacuais mon mal-être à travers des poèmes.
Editée en 1994 pour compte d'auteur, j'ai dû, suite au départ de mon mari, assumer seule l'éducation de mes 4 enfants tout en enseignant à temps plein. J'ai renoncé à écrire.
Il y a trois ans, mon fils cadet m'a montré le livre d'une personne que je connais et m'a dit froidement : "Tu pourrais faire mieux ! Quand vas-tu t'y remettre ?"
Cette réflexion m'a fait l'effet d'un électro-choc. J'ai acheté un pc et m'y suis remise, sans trop croire que je puisse être éditée. J'ai eu beaucoup de chance.
Là, je suis en train de peaufiner un second roman jeunesse. J'ai pratiquement terminé un roman psychologique que je veux laisser un peu mûrir avant de le retravailler.   


 Définissez le mot écriture...

C'est une passion l'accès au rêve, la porte ouverte vers l'Infini.
C'est aussi un moyen d’exorciser mes peurs, mes angoisses, de livrer une part de moi-même, fût-elle infime.

Mon style ?
Difficile à dire. Des personnes qui ont lu mon livre le disent sobre, nerveux, imagé, poétique par moments.

 L'écriture est une passion. En avez-vous d'autres ? Si oui, y a-t-il une interaction entre vos passions ?


C'est une passion. Quand je manquais de temps, j'écrivais des poèmes, c'était un besoin vital. Je les garde au fond d'un tiroir et ne les montre à personne. Il m'arrivait aussi dejeannerv.jpg griffonner des textes et de les laisser là. J'en retrouve par hasard.
J'ai d'autres passions : les enfants et les gens en général. J'essaie de comprendre les autres et je trouve souvent des circonstances atténuantes à leur comportement. C'est sans doute pour cela que le roman psychologique m'attire.
J'ai aussi une grande passion pour le théâtre dont j'aurais voulu faire mon métier. J'ai joué dans plusieurs troupes d'amateurs. J'ai également écrit des sketches que mon fils cadet et moi avons joués. J'ai en projet une comédie.
Le théâtre est une forme d'écriture qui se veut plus vivante, plus proche de la réalité du quotidien.


Comment appréhende-t-on votre travail d'écriture autour de vous ? 


Comme je suis quelqu'un qui ne se prend pas la tête, les gens qui me connaissent moins bien sont étonnés. Les autres m'encouragent.


Facile ou compliqué d'être lu ?


Se faire connaître n'est pas simple. Etre lu ne me paraît pas facile. Heureusement, les auteurs édités par Chloé des Lys ont la chance de bénéficier de nombreuses aides.
C'est vraiment extraordinaire, à l'heure où tant de maisons d'édition ne lisent même pas votre manuscrit et vous le retournent au bout de deux semaines en prétextant qu'il ne répond pas à leur ligne éditoriale du moment. Etre lu devient alors une sorte de mirage 
Selon moi, Jeanne est plutôt destiné aux adolescents et jeunes adultes.
Malgré moi, dans ce que j'écris, il y a toujours un petit côté psychologique. Je crois vraiment que le vécu des gens les suit tout au long de l'existence et influence ou conditionne leur comportement.

Parlez-vous de vos personnages, de la façon dont ils viennent à vous...
rolande-theatre.jpgMes personnages, je les crée un peu par hasard. Pourquoi Jeanne ? Je n'en sais rien. Pourquoi a-t-elle 8 ans ? peut-être parce que c'est une des périodes où la fraîcheur de l'enfance est encore intacte ou bien parce que, à cette période de mon enfance, je n'avais pas encore pris vraiment conscience de la réalité de l'existence et de la cruauté du monde.
Mes personnages et , plus précisément, ceux de ce premier roman jeunesse, évoluent de façon imprévisible. J'avais bien un plan très vague en tête, mais je ne l'ai pas suivi.
Mes personnages sont, en partie, le reflet de personnes réelles, mais en partie seulement. 
Ainsi donc, Jeanne, c'est un peu moi enfant : elle est espiègle, curieuse, gourmande, nulle en gym ; elle adore sa grand-mère qui la comprend et elle se ressource auprès d'elle. La maison de ma grand-mère était mon havre de paix.
La différence entre Jeanne et moi, c'est que j'étais bonne élève, mais toutes les deux on devient prof.
A travers Jeanne, on retrouve les silences, le fossé entre le père soumis et la mère dominante, le manque d'amour maternel, l'évasion dans des petites blagues idiotes mais pas bien méchantes.    

Que diriez-vous de votre style ?
Les formes d'expression que j'utilise sont toutes proches de moi. Leur importance varieimages-0001.jpg en fonction des moments. M'exprimer à travers mes poèmes m'a aidé à supporter un certain mal-être à certaines époques de ma vie.

Pourquoi un roman destiné à la jeunesse ?
Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi d'écrire un roman jeunesse (un second est presque terminé ). En fait, j'ai une prédilection pour les romans psychologiques dans lesquels il y a forcément une part de moi.
Par contre, les sketches que j'ai écrits et jouais avec mon fils sont drôles. J'adore faire rire. On me dit marrante. Mais,... ne dit-on pas aussi que "le clown est triste" ?
Une dernière répartie qui en dit long sur le ton du roman et sur la personnalité de l'auteur ! Je ne sais pas vous, mais moi, cette présentation m'a donnée furieusement envie d'en découvrir plus !

Christine Brunet
www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Un interview dingue, dingue... Ah, Carine-Laure... Desguin, bien sûr, lorsqu'elle s'y met...

Publié le par christine brunet /aloys

-34 recadré 3Bonjour à tous !

L’autre jour, peinarde, cool, je me baladais dans un endroit dont je tairai le nom. J’aime les secrets ! Je me dis « paie-toi un bon p’tit verre ma vieille », je rentre dans un bistrot et plops, qui je vois ? Devinez ? Christine Brunet ! Elle baratinait le barman, question de son dernier roman policier « E16 ». Le gars lui expliquait, entre deux cocktails et avec de très grands gestes,  qu’il avait lu les deux premiers romans et qu’il s’impatientait, il voulait connaître la suite des aventures de cette aventurière, Aloys. Je pensais être tranquille et boire mon p’tit verre dans mon coin mais non, voilà que Christine se retourne et se lance sur moi. Moi qui aspirais à quelques minutes remplies de paix et de calme, c’était foutu.

— AH, salut Christine, je pensais justement à toi ! ( C’est pas vrai, j’avais un texte dans la tête et j’avais envie de griffonner deux ou trois phrases) Tu boiras bien un verre avec moi ! ( Faut bien être gentille, parfois)

— Oh volontiers Carine-Laure ! Des projets en ce moment ?

Bordel, c’est toujours la même chose avec cette hyperactive, elle s’imagine que tout ‘monde lui ressemble, un projet à droite, un livre à gauche et six séances de dédicaces par semaine.

—Non, je me repose ! Tu bois ? Moi j’aurais bien envie d’un muscat de Beaume de Venise, et toi ?

— Moi, un coca light !

Ben v’là aut’chose maint’nant, elle se fout de moi ou quoi ?

— Oh Carine-Laure, tu mens ! Je vois que tu mens ! Tu bouillonnes et ne me dis pas que ta tête est vide ! D’ailleurs, tu sortais ton cahier et ton crayon, je suis certaine que tu allais écrire…

— Non, je commençais ma liste de courses, beurre, œufs, salami…

— Menteuse !

J’éclate de rire et je me dis que je ne sais rien dissimuler. Et puis, à quoi bon ? Autant partager un peu les choses quand elles ne sont pas trop merdiques.

 — Ben deux projets me tournent dans la tête…

— Tu vois bien Carine-Laure ! Alors raconte !

Obligée de capituler sinon Christine Brunet me harcèlera jusqu’au moment où j’aurai craché un petit morceau.

— Tu connais l’évènement « art balade » à Charleroi ?

— Hum, hum, ça me dit quelque chose…

— Oui souviens-toi, en 2010 ou 2011, le temps passe si vite, j’avais participéimage-1 à cet évènement ou plutôt, j’avais accompagné un participant.

— Ah oui, ton texte racontant la vie de Piet Vandenhende était installé dans une vitrine de cette grande librairie de Charleroi et…

— C’est ça ! Piet présentait des sculptures à la librairie « Molière » et il avait eu la gentillesse de mettre mon texte aux côtés de ses œuvres.

— Tu veux bien ne pas m’interrompre, j’allais te le dire, je me souviens très bien Carine-Laure Desguin !

— Ecoute Christine Brunet, l’autre jour c’est toi qui me clouais le bec et cette fois, ce sera moi ou sinon, je me tais et ton papier pour les blogs, tu ne l’auras pas. Na !

— Soit Carine-Laure, soit ! Merci garçon !

On trinque un coup à tous nos projets car Christine Brunet et moi, on se dispute sans cesse mais on s’aime bien. Obligées, nous sommes dans la même maison d’édition et Laurent Dumortier, le boss, préfère une équipe pacifique. On le comprend. Déjà qu’éditer des romans policiers desquels coulent le sang et autres joyeusetés…

Je poursuis.

— Donc, chaque année, des commerçants de la ville accueille un artiste ou deux. Ou plutôt leurs œuvres…

— Ah, ce n’est pas toi qui seras en vitrine…

— Pfffff ! Je ne te réponds pas ! Je continue…Le comité organisateur a lancé un appel aux artistes peintres et aquarellistes et j’ai pensé que mettre en évidence deux ou trois de mes textes ne serait pas une mauvaise idée. Ce qui fut accepté en deux temps et trois mouvements. Trois de mes textes seront donc visibles dans la vitrine de chez Omniburo, rue de Dampremy à Charleroi ! C’est magique ! Mes textes dans une papeterie, génial !

— Si tu le dis ! Et tu as les dates ?

— Oui, minute, impatiente que tu es ! Laisse-moi boire une fois ! Les œuvres seront installées du 10 mai au 5 juin 2013 et tout le monde pourra voter ! Donc si tu comprends bien…

— Oui, explique car je ne comprends rien à ton histoire…

— Pas compliqué pourtant ! Pour une fille comme toi qui jongle avec des histoires d’espionnage…Bref ! Les commerçants de Charleroi accueillent dans leurs vitrines des œuvres de peintures ou autres. Un circuit sera prévu et toutes les explications seront distribuées dans tous les commerces de la ville ! Votez pour mes textes ! Votez pour mes textes !

— Oh ! Du calme Carine-Laure, du calme ! On reviendra sur cet évènement dans quelques semaines car…

— Votez pour mes textes, votez pour mes textes !

— Tais-toi Carine-Laure et ne crie pas comme ça ! Tout le monde nous regarde ! Non, ne vous inquiétez pas, c’est juste Carine-Laure qui s’exprime….pardon ? Oui, c’est Carine-Laure Desguin…Oui….Dépêche-toi, raconte-moi la suite de tes projets car tout ce monde, ces yeux braqués sur nous, ça m’énerve, ça m’énerve…

— Ah, ah, ah, j’adore quand tu t’énerves !

— Continue et débite des trucs intéressants et pas tes âneries imbéciles !

— Pfffff, on peut pas s’amuser avec toi ! Moi j’aime bien, tous ces gens qui se demandent ce que nous nous disons…Je vais leur distribuer mes tracts concernant mes deux premiers livres, tiens...A propos, tu sais qu’il est possible que je donne des cours de poésies !

— Toi ? Des cours de poésies ! Ben ça alors ! Tu enseigneras aux élèves, ces pauvres petits, tes histoires d’oiseaux de ville et autres machins ?

— Christine Brunet, je sais que toi et la poésie c’est deux, mais moi j’aime ça ! Et puis, je n’enseignerai pas à « de pauvres petits » mais bien à des adultes majeurs et vaccinés !

— Ah !

image2— Oui ! La ville organise des activités pour le troisième âge et une section poésies sera

Ouverte…

— Passionnée Carine-Laure, j’ai l’impression que d’en parler tu prends feu ! Tu connais déjà la direction de tes cours ? Et puis, es-ce que tu sauras donner cours, hé, hé ?

— Non mais dis donc Christine Brunet ! J’ai quand même mon diplôme d’aptitudes pédagogiques !

— Ah !

— Oui, ah ! Et prends une de mes cacahuètes, ça t’aidera à réfléchir avant de parler ! La direction de mes cours disais-tu, oui, je réfléchis…De toute façon, une séance de présentation sera organisée le mois prochain. Et je saurai bientôt à quelle date et dans quel local. A Charleroi, bien sûr ! Durant cette première séance, les futurs participants m’éclaireront et me diront ce qu’ils attendent du cours….Pour ma part, j’espère lancer  à la fois de la théorie comme …

— Comme par exemple ?

— Ce sera d’après les desiderata, mais disons que nous pouvons traverser les grands courants de la poésie et s’attarder sur l’un ou l’autre poète. Mais ce qui me tient à cœur ce serait bien sûr que ces cours soient interactifs, que les élèves aient l’envie d’écrire des textes et à ce moment-là, tout est permis et plein de possibilités s’ouvrent à nous comme…

— Comme ?

— Comme une expo de textes, comme un recueil collectif, comme des jeux…

— des jeux ?

— Oui, des jeux ! Cadavres exquis …

— Boira du vin nouveau ! Oui, je connais ! Ne me prends pas pour une sotte sous prétexte que je n’aime pas trop la poésie, Carine-Laure Desguin !

enfantsjardinr— Pfff ! Je ne te réponds pas, je continue. J’aimerais que les participants se divertissent et apprennent en même temps. Et aussi qu’ils créent eux-mêmes et s’aperçoivent qu’ils sont capables ….

— Je suis perdue, tu résumes ?

— C’est moi qui bois de l’alcool et toi qui se perds ! Bref ! Je donnerai les lieux et dates de ce cours de poésies ! Qui sera axé selon les desiderata des élèves ! Comme je prône les libertés, je ne vais certainement rien imposer ! D’ailleurs, je mettrai une boîte à idées et chacun pourra déposer ses idées afin de diriger au mieux ce cours qui se donnera une fois par semaine, le vendredi après-midi. A Charleroi !

— Tu prendras bien un second verre, Carine-Laure. Je parie que tu as soif…

— Puisque tu le dis !

Christine commande deux verres et puis un silence de quelques minutes s’installe. Christine note et note et note. Puis elle relève la tête et demande :

— Tu ne m’as pas signalé les titres de tes trois textes qui seront dans la vitrine de chez Omniburo…

— C’est grave Christine Brunet ?

— Carine-Laure Desguin, tu fais souvent les choses à moitié, en traînaillant ! Et moi je ne suis pas comme ça, je marche jusqu’au bout !

— Pffff ! Attends deux secondes, ça me revient…

— J’attends mais pas deux heures, je dois lancer les articles sur les blogs, contacter Bob Boutique pour le prochain actutvgoogle, Laurent Dumortier au sujet des salons et des séances de dédicaces et…

— Dis Christine Brunet, tu crois que je glande ? Tu vois bien que je cherche…Voilà, ça me revient ! Les textes choisis : « Dans mon pays », « L’arrivée », « Jusqu’au matin ».

— Et dans ton recueil « Spirales urbaines », ces textes seront …

— Oui ! Ces trois textes seront inclus dans le recueil « Spirales urbaines » queLes-enfants-et-preparation-art-balade-005.JPG

 

 

 

j’attends d’une semaine à l’autre…

Et puise encore une cacahuète Christine Brunet car je parie que tous ces poèmes t’étouffent…

— Non, ça ira, t’inquiète Carine-Laure Desguin…Et n’oublie pas des photos de ces évènements car…

Je n’ai pas entendu la fin de sa phrase. En même temps qu’elle me parlait elle avalait des cacahuètes, elle enfilait sa veste, elle faisait signe au barman, elle glissait son carnet de notes dans la poche de son jeans et décrochait son gsm….

 

http://carinelauredseguin.over-blog.com

 

 

Publié dans interview

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Actu TV... Une aventure de curieux et de passionnés

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

actutvcarre

 

Actu TV... Aujourd'hui, bon nombre de lecteurs de livres publiés aux Editions Chloé des lys, la plupart des auteurs de cet éditeur... (euh, c'est le mien aussi...), et des curieux qui reviennent parce qu'enthousiastes, ont entendu parlé de l'émission mensuelle Actu TV. Bizarre ? D'abord, combien d'éditeurs ont une émission de télé ? Combien ont une chaîne dédiée ? Moi, je ne vois que Chloé des lys !

Aujourd'hui, l'émission a trois ans : trois ans d'innovations (mais oui... qu'est-ce que vous croyez ?), trois ans de travail acharné, d'interviews, de reportages, de découvertes. Voilà qui donne envie d'en savoir plus sur le (ou les ?) instigateurs du projet, sur le pourquoi du comment, du qui et du "jusqu'où". J'ai réussi après de longues tractations à interroger le chef d'orchestre de l'émission, Bob... Euh, Bob Boutique, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore... 


Franchement, Bob, qu'est-ce qui t'a pris de vouloir passer derrière la caméra... et devant? Un rêve de gosse ? Un défi fou ? Un défi solitaire ? Un pari ?

La vérité, c’est que j’ai toujours envie de tout faire ! Je vois une bonne femme comme Cécile Bertrand qui fait de chouettes caricatures politiques dans « la Libre Belgique », je me mets à griffonner . Je vois un clip de Ferré, je m’imagine  déjà sur scène dans un rond de lumière et j’apprends le piano. Je vois un gamin comme Frédéric Legrand qui bidouille  ses films, et j’imagine déjà un scénario… J’ai la naïveté d’un enfant, je ne doute jamais. Je sais que ce sera moins bon, mais je m’en fous. Je fonce.

Question idiote... Comment fait-on pour créer une chaîne TV ??????? Il faut de l'argent, des moyens, des connaissances, des passe-droits ?

Rien de tout ça… zéro euro, zéro centime ou presque. Tout se trouve sur internet avecactu5.jpg des tutoriaux  pour expliquer de A à Z comment procéder. Sauf que ça ne marche jamais comme ils disent. Et là commence la galère. Il faut tout trouver, ré-inventer, apprendre, jeter l’ ordi par la fenêtre, descendre le récupérer et recommencer une fois calmé… bref,  sans passion et une solide dose de ténacité, laisse tomber… sans Dan, le Commandant Danofsky je n’y serai sans doute pas arrivé, ou alors pour 2020. Peut-être.

Vous n’ étiez donc que deux au départ ?

Tout juste, un artiste génial mais ingérable et un schtroumpf  speedé qui parle tout le temps et enfonce des portes ouvertes.

actu1Faut bien cerner l’ambiance : le Dan super-cool qui peint des légumes  sur un morceau de planche puis laisse tomber ses pinceaux pour gratter un Léonard Cohen sur sa guitare, puis s’arrête devant son Mac pour échanger deux phrases philosophiques avec le monde entier… et le Bob monté sur ressort, qui refait du café, se promène dans la pièce en discourant les bras en l’air, en lançant des idées comme on jette des confettis.

Allez, raconte-moi une anecdote sur ce démarrage...

Un matin d’octobre 2009. Il est onze heure. J’ explique à Dan que faire un skype, c’est déjà faire de la télé et qu’il suffit de multiplier les intervenants pour faire une émission. Il réfléchit une seconde (ce que je ne fais jamais), avale un éclair au chocolat (chaque fois que j’allais  dans sa tanière flamande, je lui en apportais. Maintenant il habite Tournai)  puis se lance dans un long discours sur le streaming, les fichiers mp4 etc… auxquels je ne comprends  strictement rien,  pour conclure : ‘faut voir… ‘.

Tout ça est de sa faute, s’il m’avait dit ‘non ça ne tient pas debout’, ACTU-tv n’existerait peut-être pas.

actu3Tu en as parlé tout de suite à Laurent (Laurent Dumortier, patron des Editions Chloé des lys)?

Sûrement pas, le gars est trop occupé. Laurent, faut lui apporter un projet quand il est au point.

On a donc ‘d’abord’ réalisé une première émission en direct, avec des webcams pourries, deux spots  branlants, un pot de fleur pour le décors et douze téléspectateurs morts de rire…

Laurent n’est arrivé que plus tard, quand il s’est rendu compte que le bateau flottait tout seul. Alors, il a accepté d’ouvrir, non entr’ouvrir, son porte-monnaie pour nous allouer une petite subvention. Plus radin, tu meurs. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Sans la communauté de Chloe des Lys, toujours prête à aider un collègue qui tente une aventure, ACTU-tv n’aurait pas continué longtemps.

Depuis 3 ans, Actu TV a drôlement évolué. De plus en plus de reportages, de rencontres de gens plus ou moins connus certes mais certaines figures de poids dans le show bizz. Comment fais-tu pour les attirer, les amener à coopérer ?

Je leur casse les pieds. J’envoie un mail pour leur expliquer ce qu’on fait (preuve àhttp://i2.ytimg.com/vi/ejb_dl7rPKI/mqdefault.jpg l’appui) puis je les contacte comme si je devais leur vendre un aspirateur. Parfois ça marche, parfois pas. Mais une fois qu’un d’eux finit par accepter, il me donne les coordonnées d’un autre et ça rebondit. Bon, ça ne fonctionne que si j’ai mis le max pour essayer de lui faire une séquence qui tienne la route… sont sympas mais pas cons quand même.

Comment fais-tu évoluer l'émission ? As-tu une vision de là où tu veux emmener l'équipe ? Aucune ?

http://i2.ytimg.com/vi/-JM-mUpflhQ/mqdefault.jpgOn ne fait pas une télé pour en faire une de plus. Si on a créé ACTU-tv, c’est parce que les autres ne s’intéressaient pas à nous, jugeant sans doute qu’on était trop petit pour passer à l’antenne, Alors on s’ est dit qu’on allait le faire nous-mêmes !

Je répète souvent qu’on vaut les autres et crois-moi, je le pense vraiment. Pas meilleurs, mais certainement pas moins bons. Moins connus, c’est tout.

On va donc continuer à parler de nos amis et des amis de nos amis que nous jugeons intéressants ou ( ce qui pour moi est tout aussi important ) FONT et tentent des choses. Il y a tant de mecs et de filles qui glandent, copient ou paradent que ça me fout les boules.

Nous sommes actuellement 17 dans l’équipe, 17 bénévoles qui s’amusent (c’est essentiel), ne se prennent pas la tête (capital), déconnent, se plantent  parfois mais toujours en en tirant les leçons et en essayent de s’améliorer. Le tout avec un seul but : dire qu’on existe et qu’on a le droit comme les grands à une petite place dans le monde médiatique. 

17 ? Qui sont-ils ?

On ne va pas les citer tous ! certains sont plus actifs que d’autres, parce que plus disponibles, mais tous sont des auteurs de Chloe des Lys et figurent sur la page des podcasts :  http://www.bandbsa.be/podcasts.htm

http://www.bandbsa.be/contes3/actuyoutube.jpg

Aucun de nous n’avait jamais fait de télé auparavant et aucun n’est formaté. A chacun son style et son accent. Nous avons même une présentatrice marseillaise qui ne peut pas cacher ses origines. Quelle importance ? L’ essentiel est d’être vrai et je pense même que notre amateurisme éclairé joue en notre faveur et donne un cachet de sympathie à l’émission.

En fait, on les choisit au coup de cœur. On ne peut bien travailler ( et crois-moi c’est un vrai boulot ) qu’avec des gens qu’on apprécie et surtout, surtout, qui ne tirent pas la couverture à eux…

Notre télé est encore confidentielle, mais logée dans une niche ( la littérature et l’art en général ) qui intéresse peu les médias. Du coup nous apparaissons ( en Belgique en tous les cas ) comme un truc à part qui mérite au moins l’attention.

Et puis il  ya l’ aspect ‘projet pilote’, sans business, sans pub… je ne connais d’ailleurs pas d’autre exemple.

As-tu le trac lors d'un lancement d'émission ?

Un peu quand même… on est sur le net, en streaming, tout peut arriver ! Et puis il y a quand même un peu de technique informatique derrière tout ça… je fais un test une heure avant, puis tombe à genoux et prie le Seigneur que tout se déroule normalement.

 

Mais bon, le temps de l’improvisation est quand même révolu et on prépare un max.

http://i4.ytimg.com/vi/7Zezd0R1pX8/mqdefault.jpgQuel est le truc le plus dingue que tu ais fait pour Actu TV ?

Il y a une bonne année, on s’ est rendu compte deux jours avant l’émission qu’il n’y avait pas moyen de la transférer sur l’hébergeur… aucun programme ne répondait ou alors, le fichier ( plusieurs gigas ) se déconnectait en cours de transfert. Pas d’hébergeur, pas d’émission !

J’étais en transe et téléphonais à tour de bras à Paris où se trouve le maxi-serveur pour m’entendre répondre que pour eux tout était normal et que le problème ne pouvait se situer que chez nous ?  Bref, la cata.

Et ?

J’ai appelé Dan au secours. Il était en ribotte dieu sait où, mais a tout laissé tomber pourhttp://i1.ytimg.com/vi/0Nag9Sl8n8I/mqdefault.jpg venir me dépanner, aussi zen que s’il venait de méditer sur un pic de l’ Everest. Ca a duré quand même toute une journée… il a téléchargé , détourné et craqué un autre logiciel de transfert puis bidouillé un programme qui a tourné toute la nuit. Le lendemain dimanche à 20h00 pile, le générique se lançait sur le net comme si de rien n’était. Oufti !

J’ai horreur de ce genre de choses, car une émission comme ACTU-tv ne peut pas tomber en panne. Il y va de sa crédibilité. Elle peut-être moins bonne, mais elle doit être diffusée. C’est comme un vélo, si tu arrêtes de pédaler, tu tombes.

Allez... Un autre projet en tête ??? Tu m'en parles ?

Un scoop ?  On aimerait bien lancer une autre émission, trimestrielle dans un premier temps, sur le cinéma d’auteur ! Les réalisateurs ont exactement le même problème que les écrivains…

Plus personne ne veut distribuer leurs films.

Alors, on remue ciel et terre pour essayer de mettre ça au point. Une présentation des œuvres ( courts ou longs-métrages ), suivie de leur diffusion bien sûr et pour terminer un petit débat avec le ou les auteurs.

Quelqu’un m’a dit avec un peu de condescendance que c’était impossible à cause des droits, des formats de fichiers etc… juste ce qu’il ne fallait pas faire.

 

Parle-moi de l'audimat... Actu TV est parti de zéro ou presque. Et maintenant ?

C’est très curieux, mais depuis sa création l’émission n’a pas cessé de grimper en audience,http://i4.ytimg.com/vi/stqr7aBUwN4/mqdefault.jpg lentement mais sûrement, que ce soit au nombre des téléspectateurs directs ou celui des podcasts.

En fait, on double chaque année, en partant de zéro il est vrai. Actuellement on frôle la centaine en direct ( tous ne  participent pas au tchat ) et on vient de dépasser deux fois les 500 visites en podcasts.

Si on compare ces chiffres avec ceux des tirages des revues littéraires belges on doit être bien placé. Surtout si on leur ajoute les consultations de notre chaîne YouTube qui approche les 35.000.

Bref ce n’est plus insignifiant. Evidemment nous ignorons tout des audiences périphériques et des forwards, celles et ceux qui copient nos séquences et les reprennent sur leurs sites.

Le tout est de tenir, comme notre éditeur Chloe des Lys, mais on va dans la bonne direction.

 

Sans aucun doute !!!! Rendez-vous au prochain anniversaire !

Pour voir, revoir, s'informer, une adresse : www.bandbsa.be. L'émission, je le rappelle, passe une fois par mois, le dernier samedi du mois à 20h pile et dure aux alentours d'une heure et demie. Puis elle peut être podcastée (revue) via ce site ou via la chaîne CDL Youtube.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

Publié dans interview

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Beaudour Allala : J’écris les silences que je ne peux taire, quand ils me parlent trop fort.

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes3/beaudourtete.jpgBeaudour Allala, c'est d'abord un nom et un prénom peu communs et une première de couverture qui ne peut laisser indifférent. C'est ensuite un univers et une présentation sur le blog aloys, alléchante.

Je lui ai proposé un interview mais je dois avouer qu'au départ, elle n'était guère partante, son référencement encore éloigné. Et puis... elle a enfin accepté de répondre aux questions qui se bousculaient dans ma tête ! Et je l'en remercie...

Tu veux bien te présenter, stp ?

Je suis une autodidacte qui a toujours étudié, lu et rencontré les autres… Mon prénom est perse et je suis originaire de la Tunisie. Une femme « entre deux », deux cultures, deux pays, dichotomique mais entière…


Depuis quand écris-tu ? Une passion ? Une vocation ? Un hobby ?

D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours écris poèmes et histoires…

Ma passion est d’exprimer de manière métaphorique, sens et émotion. Autrement dit, écrire ethttp://www.bandbsa.be/contes3/valseinfi.jpg traduire en image. Je réalise court-métrages et documentaires. Je sculpte également des pièces figuratives et des bustes (enfants et adultes). 


Définis le mot écriture

J’écris les silences que je ne peux taire, quand ils me parlent trop fort.

Magnifique définition ! Définis ton style ?

On dit que mon style est métaphorique et poétique. Voici un court extrait de mon livre :

« La mort n’est pas celle que l’on croit ! Elle est tapie dans la lâcheté, bien plus mordante que celle qui ensevelit les corps, grignotant seulement une partie de nous-mêmes. Il existe des corps éteints, muets dans leur respiration conformiste, des corps qui s’éloignent de vous et dont le deuil est plus difficile à faire parce que ces derniers sont encore bien vivants. »


Parle-moi de ton bouquin ? Quel genre ?

C’est un genre  « roman/nouvelles » avec 12 histoires courtes qui s’articulent, les unes aux autres, grâce à un narrateur omniscient. 12 couples intergénérationnels se frôlent dans une soirée dansante où l’on célèbre les 50 ans de mariage d’un vieux couple… 12 histoires d’amour, impossibles, infidèles, passionnés… 


Comment voit-on ton travail d'écriture autour de toi ?

Addicte, jusqu’à l’overdose…


Tiens, ça me dit quelque chose... Facile ou compliqué d'être lu ? de mettre le point final ?

Je suis une adepte du roman n’excédant pas 200 pages… Il faut savoir donner l’essentiel aux autres… Le pavé a tendance à me faire fuir… Les histoires courtes comme les courts métrages gagneraient à être reconnus… Stephan Zweig, mon maître incontesté, comme Maupassant, étaient des nouvellistes, avant de passer à plus long.

image004.jpgAs-tu déjà publié tes poésies ?


Oui, à compte d’auteur. Le recueil s’intitule « L’éveil de la sensualité » est a reçu un prix modeste en 1995 en Tunisie.


Dans quel genre littéraire te sens-tu le plus à l'aise ?

Je me sens à l’aise tant dans la mélodie que peut revêtir la poésie, que l’intrigue qu’offre la nouvelle ou le scénario jusqu’au roman qui nous permet un plus long voyage… En bref, tout ce qui est mot pour embellir les maux…  


Comment es-tu arrivée chez CDL ? Quand as-tu signé ton contrat ?


C’est la journaliste et critique littéraire Savina de Jamblinne qui m’a conseillé d’envoyer à 10 éditeurs, «La valse des infidèles »… Elle a très bien ciblé, car parmi les  dix à qui j’ai envoyé mon manuscrit, un d’entre eux m’a répondu positivement : « CDL ».

J’ai signé mon contrat en juin 2012 et le référencement  dans le réseau des libraires est prévue pour avril 2013. Ainsi la promotion du livre pourra débuter.


image005.jpgTu écris des nouvelles. Parle-moi de tes personnages ? Ta relation avec eux ? Comment les crées-tu ?


Mes personnages m’habitent,  corps et âmes… Immanquablement, ils ressemblent à ceux qui se cherchent sur notre planète sans jamais parfois se rencontrer, alors par la magie de l’écriture, je rends la chose possible. Je  les crée mes personnages comme je le fais avec la terre glaise pour mes bustes, un peu de terre de mots, de phrases pour en former les contours et faire en sorte qu’ils soient palpables …


Facile d'être lue ? Crois-tu qu'un auteur se livre un peu dans ses textes ?


Il est facile d’être lu lorsqu’on a la chance d’être repéré parmi des  millions de manuscrits qui sont expédiés pour espérer une réponse positive d’un éditeur… J’ai eu cette chance et combien même, ce n’est pas Gallimard qui a répondu mais une maison d’édition modeste comme CDL à laquelle, à jamais, je serai reconnaissante, l’important c’est d’être lu, de croire en soi et aux autres, pour continuer à créer et à donner…

Le livre a ceci d’extraordinaire qu’il permet de se livrer « déguisé »… Je suis un vieil homme, septuagénaire et, à travers sa sagesse, je m’apaise face à la lucidité trop piquante de la vie ou bien,  je suis cet enfant qui dévoile, avec innocence, ses sentiments et, croque la vie par méconnaissance de son goût amer…


sculpture-pied.JPG

Reparlons un peu de ta façon d'écrire : tu dis ne pas vouloir dépasser les 200 pages pour créer un texte resserré. Retravailles-tu beaucoup tes textes ?


Ma quête du nombre de pages pas trop importantes, n’est pas tant pour construire un texte resserré que pour permettre une lecture qui ne soit pas de l’ordre de l’effort, mais du plaisir…

Les longues descriptions d’un paysage ou d’un appartement m’ennuient profondément… Mes seuls décors sont mes personnages… c'est-à-dire, les mettre en situation avec les objets de l’appartement ou de la nature environnante, au fur et à mesure des évènements qu’ils vivent.

J’ai eu pour habitude, comme pour mes sculptures de ne jamais retravailler la matière, seulement j’ai compris que c’était une erreur. Oui, pour aboutir à une profondeur de pensée juste, il faut creuser l’âme jusqu’à sa moelle, comme pour mes pièces sculptées, elles méritent d’être retouchées jusqu’à obtenir la courbe maîtrisée.


Facile ou compliqué de mettre le point final ? 

Le point final n’est jamais final, je crois. Il doit laisser toujours libre l’imagination du lecteur … Ainsi, il s’accapare mon personnage pour lui donner une autre vie… Une forme d’écriture participative, en quelque sorte, avec mes lecteurs…


 image002.jpgY a-t-il, selon toi, interaction entre l'écriture et la réalisation d'un court métrage ?... ou même le travail de sculpture que tu fais ? Puis-je avoir quelques photos de tes réalisations ? N'y a-t-il pas contradiction entre la sculpture, figée (une image à un moment donné d'un sujet) et l'écriture qui évolue tout le temps ?

Oui, bien sûr, il y a une véritable interaction entre l’écriture et la réalisation d’un film quel qu’il soit, car l’écriture est avant tout représentée dans le mental des lecteurs sous forme imagée… Nos lecteurs ont une salle de projection personnelle à l’intérieur du crâne et, c’est heureux. A nous, écrivain de leur donner à voir les plus belles ou terribles images pour leur transmettre de l’émotion… Tout livre peut être adapté au cinéma…

La sculpture, par contre, est pour moi une complémentarité pour me permettre après l’imagination qui passe par le visuel et l’auditif, d’accéder au kinesthésique…


 

Crois-tu que l'écriture s'inscrit dans le mouvement ? ou penses-tu comme beaucoup de poètes qu'elle est plus proche de la sculpture dans la dimension cisèlement des mots ?

 

J’ai parfois l’impression que mes neurones sont au bout de mes doigts et que je ne peux écrire qu’en laissant ma main se mouvoir… Oui, pour moi l’écriture est un mouvement imperceptible qui se passe de l’intérieur, sans que rien ne soit visible sur le corps, sauf si la main écrit. 
Bien sûr, ensuite le ciselage des mots, après, est possible avec le raisonnement. Pas trop dans la poésie, mais dans les nouvelles et romans cela est indispensable de raisonner, pour apporter de la structure, comme l’ossature qui maintient la matière d’une sculpture…

 

AUT_3414.JPG

Peux-tu écrire dans n'importe quel environnement , dans n'importe quel étât d'âme? Un/des rituel(s) ? Crois-tu que ton écriture (et p.e aussi ta sculpture) est le reflet d'un état d'esprit ponctuel ?


Oui, j’écris mieux lorsque je suis dans un état « naissant », c’est-à-dire proche de celui où l’on est prêt à tomber amoureux. En fait, je préserve cela en moi, j’essaye de regarder le monde avec un regard neuf qui redécouvre les choses et les êtres…

 

Je crois avoir fait le tour de ce que je voulais te demander. Je vais te laisser le soin de conclure à ta guise l'interview.


Je voudrais conclure par ce « merci » que l’on oublie de dire, à toute chose ou tout être, à tout ce qui nous paraît usuel ou acquis… Alors merci, Christine et à Chloe des Lys qui m’a fait confiance.

 

Merci à toi !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Bruines de Laurent Dumortier... Un interview express

Publié le par christine brunet /aloys

 

bruines-avant

 

Interview express pour la sortie de « Bruines »

 

- Vous publiez un livre par an, vous vous occupez de votre maison d’édition et pourtant, on vous voit peu. Est-ce un choix ?

Oui et non. En pratique, avec toutes mes activités, littéraires, éditoriales, alimentaires (ben oui, il faut bien bouffer et en ce qui me concerne, ça coûte un pont), mon agenda est surchargé et je suis amené à faire des choix. J’ai donc privilégié la proximité géographique (Wallonie Picarde surtout) et la sélection de projets. Je ne peux pas tout faire, mais certaines propositions me bottaient vraiment : membre du jury à Ath, conférence-débat à Comines, etc..

 

- La page blanche, ça vous angoisse ?

La page blanche non, le manque de feuilles et d’encre oui : j’ai les idées mais le temps manque. Là, je viens de boucler un recueil de poésie et je m’attaque à mon recueil de nouvelles que j’aimerais achever d’ici la fin de l’année…

 

- Poésie et fantastique, vous n’avez pas le sentiment de vous disperser ?

Pas vraiment, c’est le même matériau, mais l’angle d’approche est différent. La technique d’écriture est différente. Finalement, j’ai besoin des deux pour équilibrer. Et le public n’est pas le même non plus…

 

- Quelques mots pour vous définir :

* stressé/posé ? Stressé, toujours !

* adulte/enfant ? Enfant, avec toutes les activités qui vont avec ; adulte, c’est très chiant, finalement !

* Barry/Paris ? Les deux : Barry, c’est l’endroit où je vis, où je récupère, où je fous rien et où je crée ; Paris ce serait plutôt Tournai, à une dizaine de kilomètres d’ici : j’y ai vécu 5 ans mais comme Barry n’est pas loin, j’ai le calme de la campagne avec la proximité de la ville. Les deux me sont indispensables, mais dans une juste proportion…

* Passé/Futur ? Futur : le passé, c’est le passé, on ne peut pas le modifier ; le futur, on a toutes les clés en mains…

* Jour/Nuit ? Le jour à Barry, la nuit à Tournai, mais l’inverse est valable aussi !

 

 

Publié dans interview

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Le nouveau livre d'Adam Gray... Une publication atypique, une fois de plus !

Publié le par christine brunet /aloys

PHOTO pour 4me de COUVERTURE (ADAM GRAY)J'ai déjà présenté sur ce blog Adam Gray, auteur chez Chloé des lys d'un recueil pas comme les autres, " ... Euphoriques et désespérées". (http://www.aloys.me/article-un-interview-d-adam-gray-74127959.html)
Il nous revient avec un ouvrage surprenant "Merci Dorothée !", un hommage à la célèbre présentatrice télé qui a marqué l'enfance de bon nombre d'entre nous. Je vous rappelle au passage qu'Adam Gray est également auteur/mélodiste/ et interprète ses chansons, des textes présentés dans son premier livre mais également dans celui-ci.
Il a accepté de répondre à mes questions et d'expliquer sa démarche et je l'en remercie... 

Un livre sur une présentatrice de tv, c'est original. mais pourquoi ce choix ?
Le choix d'écrire ce livre est né d'un manque, et de la joie retrouvée quand Dorothée est revenue petit à petit à la télévision. J'aurais pu lui écrire une lettre, mais j'ai voulu faire un petit peu plus...

Te considères-tu comme un fan, un admirateur du personnage ou, tout simplement de son approche de l'univers de l'enfance et des enfants ?
Je suis fan, oui. J'aime la femme, sa discrétion et son humilité. Sais-tu que c'est elle, lahttp://www.bandbsa.be/contes2/euphoriques.jpg toute première, qui a voulu importer le Téléthon en France ? J'aime ses chansons, en particulier ses chansons douces et parmi les plus méconnues du grand public, mais aussi ses chansons festives et populaires. J'aimais son approche familiale et sans chichis de la télévision. C'est quelque chose qui, personnellement, me manque énormément aujourd'hui. Je ne regarde presque plus la télévision. Et puis, comme elle, je crois que j'aurais toujours sept ans et demi quelque part... Tu sais pourquoi, je crois...

Qu'est-ce que Dorothée... ou son émission, t'a apporté ?
Beaucoup de joie, un équilibre certain. Dorothée réunissait petits et grands. Avec le recul, des émissions comme celles de Dorothée faisaient qu'enfants et parents étaient réunis. Est-ce le cas aujourd'hui ? J'en doute... Les enfants n'ont plus aucune référence humaine à la télévision. Les nouvelles "idoles" me font peur pour la jeunesse...

Tu as écrit des chansons... Les as-tu mises en musique ? les as-tu proposées ? As-tu eu un retour de Dorothée ?
Je n'ai rien mis en musique, non. Dorothée a toujours été fidèle a ses compositeurs et musiciens, et je respecte cela. C'était un petit "plus" pour le livre. Il me tarde de pouvoir envoyer le livre à Dorothée. J'espère qu'elle accueillera ce témoignage d'amour avec bienveillance...

Qui a conçu la couverture de ton bouquin ?
C'est ma maman, qui aimait beaucoup dessiner autrefois. Je suis très fier d'elle. Ma maman est toute ma vie. Je suis heureux que ses dessins illustrent Merci Dorothée ! Cela restera... C'est très important pour moi.

Je trouve que cette couverture correspond bien à l'état d'esprit du livre. Comment ce livre est-il perçu autour de toi ?
Il faudrait leur poser la question... On parle très peu "livre" chez moi. Il y a ceux qui ont compris que ce "métier", cette passion (je préfère), nécessitait énormément de patience avant un hypothétique bouleversement, qui n'arrivera peut-être jamais, je suis juste réaliste... Et il y a ceux qui, de toute façon, s'en moquent éperdument. Simple constat. Les premiers temps, quand j'ai commencé à parler à certains proches de ma première publication, je me suis heurté à de l'indifférence. Je préfère, depuis, rester en retrait, et être ravi quand ceux qui s'y intéressent vraiment me posent des questions sincères.

http://www.bandbsa.be/contes3/mercidorothee.jpgS'agit-il, en fait, d'un retour sur ton enfance ou d'un regard plus adulte sur un univers qui t'a passionné ?
Un peu les deux... Il y a cette lettre d'amour et de remerciements à Dorothée, un retour évident sur l'enfance, sur les années Dorothée, et un regard bien sûr plus adulte mais surtout ému sur un passé plus présent que jamais. Est-ce un phénomène de société ? Les gens qui ne sont pas si bien que cela dans leur époque ? Regarde le succès actuel des vedettes des années 1980 et l'amour des gens pour ces icônes... Le cinéma qui puise dans les succès des années 1980, tous supports confondus... Je n'y répondrai pas mais je répète ce que j'entends et lis très souvent : c'était mieux avant.

Comment as-tu abordé cette écriture ?
Le plus simplement du monde : en écrivant avec le coeur et uniquement. La démarche n'était pas la même que pour un roman ou un recueil de nouvelles.

Combien de tps as-tu mis pour écrire ce livre ? 
3 ou 4 mois peut-être. Je ne sais plus. Le plus long aura été d'imaginer de nouvelles chansons dans le style Dorothée. Tu sais que j'écris des paroles mélancoliques d'habitude, et ce fut donc un défi fort plaisant.

T'es-tu documenté ? Auprès de qui ?
Documenté, non. Je ne voulais pas. J'ai juste, pour la partie "Souvenirs en vrac du bon vieux temps", demandé son autorisation au webmaster du site planete-jeunesse.com d'utiliser quelques informations comme des dates, principalement. Je voulais, le plus possible, puiser dans mes propres souvenirs. De A à Z, ce livre est un livre fait avec le coeur et l'âme. La suite, ce sera des nouvelles et des romans de style fantastique, épouvante, mais Merci Dorothée ! restera un livre sans prétention mais très important pour moi. C'est mon bébé...

Vous pouvez retrouver tout l'univers d'Adam Gray sur son blog adam-gray.skyrock.com link


Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Mais c'est quoi, Actu ? Un interview qui met les points sur les i...

Publié le par christine brunet /aloys

      Voilà, pour bien démarrer ce second semestre...

 

 

 

http://www.bandbsa.be/contes/actu.jpg

 

C’est quoi ACTU ?

 
Un site comme il en existe des milliers sur le Web et que nous avons initié en 2009 pour parler de l’activité culturelle de nos amis et des amis de nos amis….

C’est typiquement Belge ?

 
Plus du tout. Comme la plupart de nos amis sont Belges, nous évoquions au départ principalement des activités belges. Mais depuis,le concept s’est étendu et les français débarquent de plus en plus souvent dans cette page.

Précisément, parlons-en du concept…

Très simple. Parler de ce que les gens font, du moment qu’ils y mettent de la passion. Peu importe que ce soit très bon, bon ou même moyen . Peu importe que ces « artistes » soient connus ou professionnels.

Un club de théâtre amateur qui répète deux fois par semaine pendant six mois, pour jouer trois soirs devant un parterre clairsemé, a autant de mérite qu’une troupe chevronnée qui obtient deux minutes de télé avant chaque spectacle.

Nous ne cherchons pas non plus à tout citer. A quoi bon ? Les médias le font mieux que nous. Le but est de faire une ‘tit place aux « sans grades » qui essaient, démarrent, insistent et surtout : progressent. Chanteurs, peintres, écrivains, dessinateurs, poètes, conteurs, acteurs…

Pas de règles ni de limites, sauf la religion, la politique et le sexe. Ca, on n’y touche pas. Nous avons des opinions bien sûr, mais ce n’est pas l’endroit pour les exprimer. Point.

Combien êtes-vous pour gérer tout ça ?

Au début une seule personne et c’est bien normal. Mais depuis quelques temps, avec l’extension de la formule, des amis sont arrivés qui nous envoient des reportages, des photos, des idées ou des notes de lecture… Il y a un an, on se demandait le lundi matin ce que nous allions faire paraître dans la semaine. Maintenant, c’est le contraire… nous devons trier.

Entre quoi et quoi ?

La vraie info et le communiqué marketing qu’on retrouve partout. Annoncer les Francofolies de Spa dans ACTU, ça n’a aucun sens. Tout le monde sait que ça a lieu et on voit les affiches partout. Mais signaler que le musée Emile Verhaeren de Roisin a créé un salon du livre pour les auteurs de la région montoise... oui. Ca c’est tout à fait dans nos cordes.

On a parfois l’impression que l’éditeur Chloe des Lys règne en maître dans ACTU ?

Normal. Non seulement il a accepté de publier le premier recueil de « Contes Bizarres » du créateur de ce site, mais il nous a permis par la suite de rencontrer des dizaines d’auteurs de sa maison d'édition, dont beaucoup sont devenus des ami(e)s. Ceci dit, les autres existent aussi. Nous suivons ainsi de très près des amis comme Pierre Guelff qui est chez Jordan, Christine Brunet chez Pierregord, Jean Vigne, Claude Colson, Anaïs Valente… et beaucoup d’autres.

Au fond, Chloe des Lys est plus qu’une maison d’éditions à compte d’éditeur ( en clair : qui vous publie sans que vous ne deviez investir le moindre cent ), c’est un véritable mouvement littéraire. Nous avons lu une centaine de leurs bouquins et sommes sidérés par la diversité, la richesse et surtout la vérité de ces écrits.

Tout ce qui sort de là est bon… rien à voir avec les remakes et re-re-copies des grands auteurs à succès parfois excellents, il est vrai... Rien à voir non plus avec les écrivains officiels subsidiés par le Ministère de la Culture, pour qui on crée des prix comme on offre des sucettes. On pourrait citer des noms, un peu connus dans les cercles littéraires, mais dont les livres sont barbants à mourir, et qui ne vendent rien, en dehors des commandes obligées des bibliothèques publiques.

En outre, ils sont pratiquement tous de la même tendance politique. Curieux non ? 

Soit. Chloe des Lys n'a jamais touché un cent de subsides et n'en veut pas.

Et vous arrivez à vendre ?

Autant que la plupart des autres. Parce qu’on se démène, on organise des séances de dédicaces, on participe aux foires financièrement à notre portée etc… et le résultat très concret de tout ça est que nous sommes devenus le premier éditeur de romans du pays ! 

Ceci dit, le boss de CDL, Laurent Dumortier a toujours été très clair. Tout le monde peut s’en aller quand il veut, si ça marche pour lui, et sauter dans le train d’un éditeur plus important et mieux distribué. C’est un pur ce mec… un peu fou, mais un pur.

Et l’avenir ?

Nous avons plein de projets. Un site qui continue à se développer, une web-télé ACTU-tv qui s'installe doucement dans le paysage médiatique et qui vient par ailleurs de nouer un partenariat avec Arts et Lettres de Robert Paul, un des sites culturels le plus important de Belgique... Idem pour Aloys.com de Christine Brunet avec qui nous travaillons en parfaite synergie. 

Mais essayons avant tout de consolider ce qui existe. Plus ACTU-magazine sera vu et plus son impact médiatique sera utile aux auteurs que nous essayons de promouvoir.

Précisément, comment choisissez-vous cet ordre de passage, au petit bonheur la chance, selon vos humeur ou copinages ?

Pas du tout. En plein accord avec Laurent qui soit dit en passant ne nous a jamais demandé de parler de qui que ce soit, à commencer par lui-même.

Pour simplifier: nous évoquons ‘les évènements’.

Lorsqu’un auteur, nouveau ou non, reçoit le premier exemplaire test de son livre, on peut déjà en préparer la promo, en l’ interviewant par exemple et en publiant des photos. Le but est bien sûr de préparer le terrain, mais également de lui apporter un peu de répondant vis à vis de sa famille et de ses amis qui parfois le relancent avec ironie ou scepticisme en lui demandant "et alors ? Ton bouquin ? Il va sortir..."

Lorsque le bouquin est enfin référencé (cela prend parfois beaucoup de temps) on en reparle une deuxième fois, avec un scan de la couverture et des commentaires sur le contenu.

Une fois que le livre a démarré sa vie, on continue à en parler chaque fois qu’il se produit quelque chose de significatif : un article de presse, un passage radio ou télé ou des notes de lecture lorsqu’elles sont de bon niveau et positives. 

Uniquement positives ?

C’est un choix… nous estimons à tort ou à raison qu’il y a une telle somme de travail et de vécu derrière un livre qu’on a pas le droit de le descendre en flammes. Il existe des revues et sites pour ça, qui jouent parfaitement leur rôle. Pas dans ACTU.

Et si c’est mauvais ?

Un, c’est très subjectif.

Deux, rappellons que tous ces livres ont été retenus par un comité de lecture dont tout le monde reconnaît la très grande qualité. Disons que nous avons pris le parti de ne pas écrire de commentaires laudatifs sur un bouquin que nous n'aimons pas. Mais d’autres le feront peut-être, parce que cela leur a plu… la page est ouverte.

Un dernier point important : ACTU-magazine est aussi un outil. Toutes les infos qui y passent sont archivées et peuvent par la suite être recopiées sans la moindre autorisation, pour servir un blog privé ou être insérés dans un dossier de presse.

Tout aussi capital, le site tourne à une telle allure, que la moindre info qui y circule se retrouve presqu’aussitôt dans la première page de recherche de Google, puis sur facebook, bientôt twitter etc.... Ce qui n’est pas à négliger. 

En gros ACTU-magazine sera ce que vous voudrez bien en faire.

http://www.bandbsa.be

actutvcarre

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Carien-laure Desguin à la RTBF le 6 juin...

Publié le par christine brunet /aloys

Vivacité mercredi 6 juin 2012 002

 

 

  Un lien pour écouter l'émission

http://www.rtbf.be/radio/podcast/player?id=1734845 link

 

 

 

 

Vivacite-mercredi-6-juin-2012-001.JPG

Publié dans interview

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