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interview

Pour Justine Caizergues, l'écriture c'est : "laisser les mots venir à nous..."

Publié le par christine brunet /aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes3/quandfaneRV.jpg

 

 

 

En créant ce blog, j'avais décidé d'aller vers les artistes et de les faire parler de leur passion, de leur art. Cette démarche est parfois simple... lorsque mon interlocuteur brode, tente d'expliquer sa démarche.

 

Mais parfois, l'auteur préfère me renvoyer la balle en un jeu qui, je dois dire, me laisse sur ma faim. Pourtant, cette démarche cherche l'essentiel. Un trait de caractère ? Peut-être une simple façon d'écrire et de se décrire. 

 

Justine Caizergues fait partie de ces auteurs adeptes de la brièveté, de la concision. Je vous laisse juger...

 

 

 

 

Justine, tu te présentes, s'il te plaît ?


Je m'appelle Justine Caizergues, j'ai vingt ans et deux petits frères. En deuxième année de fac de lettres, je me passionne pour l'écriture depuis l'âge de dix ans.

 

Depuis quand écris-tu ? Pourquoi ? Un déclecheur ?

 

Pour les dix ans d'une amie, je lui ai écrit une nouvelle. Quand j'ai vu qu'elle tenait la route et que je m'étais régalée à l'écrire, j'ai réalisé combien j'aimais ça. Mais le véritable élément déclencheur a été mon professeur de français en classe de première. Il fallait faire des écrits d'invention pour le baccalauréat, et il me mettait de très bonnes notes.. il m'a encouragée, et voilà !

 

Parle-nous de ton roman... 

 

Je l'ai écrit d'une traite en une quinzaine de jours.. il parle d'amour, d'amitié, de handicap et d'adoption..

 

Donne-moi ta définition du mot "écriture"


Laisser les mots venir à nous.


DSCF4285.JPGComment voit-on ton activité d'auteur autour de toi ?


Les gens sont soit étonnés,soit très fiers!!


Parle-moi de tes personnages : comment sont-ils nés ?


De mon imagination, et un peu inspirés de mes connaissances!


Facile ou compliqué de mettre un point final à tes romans ?

 

Facile, je commence par la fin!

 

 

Tu commences par la fin ! Alors là ! Tu m'expliques ta façon d'écrire, de créer ton histoire?

 

Souvent, je réfléchis à la fin, que j'écris, et elle m'aide à faire découler les événements du récit!

 

Ton roman est-il totalement fantaisie ou y a-t-il un brin de réalisme ?DSC04918.JPG

 

Seulement réaliste!

 

 Tes personnages sont, un peu, inspirés de ton entourage. Comment procèdes-tu pour les créer ?

 

Je ne sais pas répondre à cette question ! ils me viennent comme cela, je ne fiche pas leurs caractéristiques physiques, morales etc, je les invente juste..

 

Quand écris-tu ? Des rituels ? Ecris-tu à la plume ou sur ordi ? Relis-tu à l'écran ou sur papier ?

 

A l'ordinateur et je relis à l'ordinateur, j'écris toute la journée, pas de moment précis! ni rituels!

 

Concernant la rose, dis-m'en plus... Je comprends qu'elle est le reflet de la cover mais encore... Quelle adéquation avec ton roman ?

 

En fait, elle a un lien avec le roman : l'un des personnages principaux va offrir à sa femme un bouquet dans lequel il y aura une fausse rose, qui du coup ne fanera jamais.. (image de son amour pour elle)

 

282379_10151083419234021_1947476300_n.jpgJ'essaie, tu vois, de te faire approfondir tes réponses trop évasives à mon goût : cette brièveté est-elle ta "marque de fabrique" ? Un trait de caractère ?

 

Oui je suis assez synthétique, pour être claire en général!  c'est sûrement pour ça que mes réponses sont trop brèves j'ai du mal à faire autrement..

 

Parle-moi de ta couverture


Je la voulais en rapport avec le titre, et la rose que m'a dessinée la dessinatrice était magnifique..

 

Utilises-tu un plan  ? Ecris-tu au fil de la plume ?

Pas de plan même si je sais que je devrais.. disons que j'ai la trame dans ma tête! Oui au fil de la plume voilà!

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Jean-Claude Slyper : Je crois que mes personnages sont ordinaires, banals, triviaux comme peut l’être le quotidien, ils sont aussi absurdes et grotesques, mais émouvants

Publié le par christine brunet /aloys

S7300123_3.jpeg    Jean-Claude Slyper est un auteur, mais pas seulement : il démontre une fois de plus que la création peut être multiple, passionnelle mais réfléchie.

 

     Jean-Claude, tu te présentes, s'il te plaît ?

     Je suis né à Paris, je vis à Paris, mais il y a d’autres villes qui m’ont charmé, emballé, attiré : Berlin, Londres, Rome, Bruxelles, Dublin, Erevan, Marseille. Je pratique la basse et la contrebasse. Depuis tout petit j’aime arpenter la ville de jour comme de nuit, surtout la nuit, quand tout est silence, taches de lumière et ombre. J’adore rouler sur de petites routes et découvrir de cette façon les pays, des chemins de traverse en quelque sorte, je reconnais ne pas faire œuvre écologique à rouler ainsi en voiture mais je me donne bonne conscience en me disant que ce serait pire en avion.

J’écris depuis le milieu des années soixante-dix. De petits textes, souvent pour composer des chansons quand je jouais en groupe. Je n’ai pas le souvenir d’un événement déclencheur en particulier, plutôt mon appétence pour les histoires, les contes, les scénarios qu’enfant j’imaginais pour mes jeux, les rédactions à l’école.


   Quel genre de texte écris-tu ? 


Comme je le disais, mes premiers textes étaient courts puisque paroles de chansons, puis ils se sont allongés pour raconter des histoires plus longues. En réalité, je ne choisis pas vraiment entre la nouvelle et le roman, entre un écrit d’une page et un autre de centaines de pages. La rapidité et la brièveté me replongent dans mon passé musical, c’est un jeu de raconter vite une idée ou une histoire, trouver le tempo, la musicalité. Evidemment, certains sujets demandent longueur, largeur et temps afin de les fouiller et d’en déterrer les secrets.

 

   Tu me donnes ta définition de l'écriture, s'il te plaît ?... et puisque tu y es, de ton style...

  Une définition de l’écriture : ça peut être le besoin de figer sur un support stable l’activité humaine ; ça peut être fouiller ce que l’on appelle l’âme ; c’est aussi essayer de comprendre comment et pourquoi évoluent les femmes et les hommes dans leur environnement. Ecrire peut être une thérapie. Ecrire, c’est aussi être un conteur dépositaire de la culture et de l’histoire de sa famille, de son clan, de son peuple. Ecrire c’est toucher l’universalité. C’est aussi et surtout un outil pour découvrir et comprendre le monde.

 Mon style est assez classique, j’aime jouer avec les mots, les situations dans lesquelles nous plonge le quotidien.


Tes personnages... Comment les crées-tu ? D'où sortent-ils ?   

 Mes personnages sont dans l’interface, hommes, femmes, animaux ou parfois objets, ils ouS7300127_2.jpeg elles se frôlent, se frottent, se heurtent comme ils ou elles se cognent dans la réalité de leur vie, de la ville. Ils ou elles sont dans le décalage entre leur vision d’eux-mêmes ou d’elles-mêmes et l’image que leur renvoient les autres. Ils ou elles agissent rarement comme on est supposé le faire, sans penser à mal, parfois, ils ou elles sont presque aussi absurdes que leur vie, que la vie. Leur naissance peut être provoquée par un souvenir, une odeur, un paysage, une discussion, une image, un paradoxe, il y a souvent une touche d’immatériel, de saugrenu ou fantastique, ils ou elles le sont souvent, parfois, jamais. Ils ou elles me confrontent à la difficulté de la communication entre ce que voient mes yeux, ce qu’entendent mes oreilles, ce que pense mon cerveau et ce que voit l’autre, ce qu’il ou elle entend, ce qu’il ou elle pense, ou pas d’ailleurs ; souvent mes personnages ne pensent à rien juste à continuer à vivre.

 Dirais-tu que tes héros s'inscrivent dans ton univers comme dans la vraie vie, dans des rapports sociaux quotidiens ?

Je crois que mes personnages sont ordinaires, banals, triviaux comme peut l’être le quotidien, ils sont aussi absurdes et grotesques, mais émouvants. Evidemment je grossis le trait afin de faire émerger la poésie des petites choses de tous les jours, la part émouvante et attachante des hommes et des femmes, des animaux et des choses aussi ; il me semble que toutes les personnes portent en elles des réserves de bizarre, de fantastique que je cherche à dénicher. Mes héros ou  héroïnes jouent avec les concepts, les émotions et les sentiments en les poussant jusque dans leur absurdité enfouie. Alors oui, ils et elles s’inscrivent dans mon univers comme dans la vraie vie, mais ils et elles en sont un miroir déformant et grossissant.

 

 Tu parlais de l'écriture : dans quel style te retrouves-tu le plus ? La brièveté (en rapport avec ton univers de chansons...) ou la longueur ?

J’ai besoin des deux styles, court et long, dans le style court je retrouve effectivement l’énergie qui tend le blues, le jazz, le rock’n’roll, le rythm‘n’blues, il faut maintenir un rythme élevé, si possible, avec une histoire simple ; dans le rythme long, l’immersion dans la vie des personnages doit être totale et demande de prendre son temps pour la raconter, enfin moi je prends mon temps, un peu comme si j’étais réticent à les abandonner, j’ai besoin de les sentir vivre en moi, et je pousse le plus longtemps possible leur compagnonnage, je replonge en enfance quand je détestais quand une histoire se terminait, que ce soit un film, un livre, et même la visite des ami.e.s.

Dans mon quotidien, j’ai besoin d’écouter une chanson de Bob Dylan, de Janis Joplin, de Nina Simone mais aussi un opéra de Verdi ou de Borodine, court et long, toujours, de lire un poème de Pouchkine, Le cœur est un chasseur solitaire de Carson McCullers ou Melmoth, l’homme errant de Charles Robert Maturin.

 

 Comment perçoit-on ta passion d'écrire autour de toi ? 

C’est assez mitigé, bizarrement, on pourrait croire que l’on trouve ma passion d’écrire formidable, mais dans mon entourage certains sont indifférents, par moments j’ai l’impression que ça les ennuie, que ça les embête même, quand d’autres, et c’est la plupart, approuvent totalement et avec entrain. Je crois que l’on balance toujours dans son entourage entre jalousie et bienveillance, ce qui rejoint ta dernière question : je crois que c’est beaucoup plus compliqué d’être lu par des intimes que par des inconnus, pour ma part je préfère être lu par des inconnus car les émotions des rapports intimes ont tendance à polluer le jugement, les enjeux ne sont évidemment pas les mêmes. Avec les intimes je ne sais jamais si l’éloge est sincère, si derrière la critique ne se cache pas quelque ressentiment, et quand il n’y a ni éloge ni jugement c’est encore pis car ça me plonge dans un océan d’indifférence, mais peut-être est-ce de la timidité dans ce cas.

 

 Facile ou compliqué d'être lu ?(tu parlais d'écriture thérapeutique... on met tous un peu de nous dans nos mots...)

 

 S7300124_2.jpegMais pour répondre plus précisément à la question facile ou compliqué d’être lu, je réponds facile, car c’est quand même le but du jeu d’être lu, quand tu fais de la musique c’est pour être écouté, quand tu écris c’est pour être lu, enfin c’est ainsi pour moi. Après des années à lutter contre ma réticence à faire découvrir mes écrits — je ne me sentais pas prêt, comment l’être quand on a la prétention de pénétrer dans l’univers de la littérature ? — j’ai sauté le pas. Et maintenant je trouve normal d’être lu, je peux même dire que j’aime ça. C’est peut-être un des aspects thérapeutiques de l’écriture : oser se montrer, oser s’offrir aux critiques, plus qu’aux critiques, au j’aime ou j’aime pas. Pis encore, il y a l’indifférence, le mouais ou c’est bien pour uniques commentaires. Finalement, c’est le même trac de monter sur scène et de se montrer à lire. Parfois c’est douloureux d’écrire, c’est difficile de se montrer sévère et intransigeant envers soi, de suivre une certaine discipline  — je dois dire que je n’y arrive pas toujours —, mais heureusement des instants de bonheur compensent les maux de tête. Juste une phrase qui nous enchante, un enchaînement de mots, de sonorité et d’images.

 

Publié dans interview

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Clarène Meyers... Son interview !

Publié le par christine brunet /aloys

Lorsque je demande aux auteurs qui passent par ce blog depuis quand ils écrivent, généralement, la réponse est "depuis l'adolescence". Clarène a 15 ans et démontre qu'il n'y a finalement pas d'âge pour s'immiscer dans le monde de l'édition et imposer son univers, son imaginaire, son écriture. J'ai voulu savoir comment un auteur aussi jeune aborde l'écriture et les lecteurs.

_MG_0118.jpgDepuis quand écrivez-vous ? Un déclencheur ?

Je pense que j’écris depuis toujours... Depuis mes 6 ans, j’ai vraiment trouvé un moyen d’expression qui me correspond. Mes tiroirs sont d’ailleurs remplis de petites histoires et poèmes que je composais pour m’amuser lorsque j’étais à l’école primaire. Depuis lors, mes écrits ont évolué : je ne parle plus des  mêmes choses et mon style est certainement devenu plus imagé. Mais l’idée reste la même : j’écris pour le plaisir, pour exprimer ce qui est en moi et pour le faire découvrir à d’autres. Si l’écriture n’existait pas (si je vivais par exemple à la préhistoire), je pense qu’il me manquerait vraiment quelque chose.

Qu'écrivez-vous ? Quel genre littéraire ?

Le roman que je vais publier est un roman « Heroic Fantasy ». C’est un style que j’adore ! Dans ce type d’histoire, les personnages sont réalistes, en ce sens qu’ils éprouvent des sentiments très humains (il est donc facile de s’identifer à eux), mais ils évoluent dans un univers fantastique et extravagant. Un univers dans lequel on a vraiment envie de plonger pour découvrir une vie et une faune complètement différentes des nôtres. La plupart des romans que je lis durant mes temps libres sont des romans d’heroic fantasy et ont pour auteur Pierre Bottero, Brussolo, Erin Hunter, Suzanne Collins,… Mais je lis aussi d’autres livres, notamment grâce à l’école. Les auteurs contemporains sont ceux que je préfère. J’aime par exemple Amélie Nothomb, Eric-Emmanuel Schmidt et Philippe Claudel.

Définissez le mot "écriture"

L’écriture pour moi… c’est une manière de mettre des mots sur des sentiments, des émotions ou des rêves qu’on ne sait pas toujours exprimer oralement. Par écrit, on prend le temps de choisir les bons termes. On se relit. On se corrige. On prend le temps d’améliorer sa pensée. On prend aussi du plaisir à être lu par d’autres, à leur partager un univers et à faire vivre des personnages pour eux.

Vous vous présentez svp ?

Comme vous l’avez sûrement compris par mes réponses précédentes, je suis une jeune auteure : j’ai 15 ans et je suis en 4e secondaire en options math-sciences. J’aime lire, écrire, dessiner, composer des paroles de chanson pour mon frère et je joue aussi du piano depuis 6 ans. Je n’ai pas encore beaucoup de « vécu » derrière moi, mais j’aime écrire et je pense que le roman que j’ai écrit plaira aux ados de mon âge. Il peut même déjà convenir aux enfants à partir de 10 ans. Ma petite sœur l’a déjà lu et elle a apprécié.

Définissez votre style.

P5193577b.JPGVu le public auquel s’adresse « La vie en mauve », j’ai essayé de garder une écriture simple, narrative et descriptive, voire cinématographique. Je voulais vraiment que les lecteurs visualisent les villes, les lieux, les animaux que j’ai imaginés. Je voulais qu’ils aient envie de s’y trouver et de rencontrer les personnages, de vivre avec eux. Le côté « cinématographique » se retrouve dans cet aspect visuel, mais aussi dans la construction de mes chapitres que j’ai construits un peu comme les séries télévisées, avec un dernier événement à la fin qui amène chaque fois du suspense et donne l’envie de lire le chapitre suivant.

Parlez-moi de vos héros : comment les créez-vous ?

Les personnages principaux de « La vie en mauve » sont Samy et Lara, deux enfants de respectivement 13 et 8 ans. Même si je ne m’en suis pas tout de suite rendue compte, ils sont assez bien inspirés de mon frère et de ma sœur, au niveau physique mais également au niveau des pensées et du comportement. Ce n’était pas conscient de ma part, mais à la re-lecture, j’ai réalisé que c’était probablement un peu mon frère et ma sœur tels que je les imagine dans un monde idéal…  Le chaton de Samy et Lara est lui aussi inspiré de mon entourage vu qu’il ressemble très fort à Bamboo, mon chat !

Racontez-moi l'histoire de "la vie en mauve"

La vie en mauve raconte l’histoire de deux enfants, Samy, 13 ans, et Lara, 8 ans, qui se retrouvent dans un monde parallèle au nôtre. Ils y ont été appelés pour résoudre un conflit qui dure depuis plusieurs siècles. Ils partagent ainsi la vie d’un peuple, isolé et très évolué (car ils ont inventé une formule de jouvence et trouvent leur énergie dans le sommeil, sans jamais devoir manger ou boire), mais ce peuple des Fils de la Force et de l’Esprit est soumis aux attaques de la nature et des animaux. Samy et Lara vont les aider à lutter contre la nature hostile mais surtout à comprendre les raisons de sa haine. Je ne vais pas vous raconter le dénouement de l’histoire, mais, je peux juste vous dire que, comme souvent dans les conflits, rien n’est simple : il n’y a pas vraiment de méchants et de gentils, mais seulement des mauvais choix qui sont parfois posés et des habitudes auxquelles on s’accroche.

Comment et quand écrivez-vous ?

P6293138b.JPGIl y a deux bonnes années, durant les vacances d’été, j’ai commencé à écrire une histoire, comme j’aime souvent le faire. J’adore inventer de petits textes, simplement à mon bureau, sur un bout de papier. Mais la plupart du temps, ces petites histoires sont, soit fort courtes, soit sans suite. Cette fois, je ne sais pas exactement ce qui m’y a poussé (peut-être la pluie), mais j’ai vraiment pris goût à l’histoire et j’ai continué à avancer dans les chapitres. Et finalement, quand je me suis retrouvée avec une dizaine de chapitres, je les ai fait lire à ma mère, qui m’a encouragée à continuer. J’ai alors fait une halte pour bien réfléchir et savoir où je voulais aller, comment les personnages allaient évoluer et comment l’histoire se terminerait, car je me suis dit que, plutôt que d’écrire juste pour le plaisir, ce serait peut-être bien aussi de faire passer un message dans le livre… Une fois que tout a été clair dans ma tête, j’ai repris l’écriture de manière plus structurée. Cette fois, j’ai tout retapé sur l’ordi et, puis, j’ai continué à essayer de rédiger un chapitre par jour. Les idées principales étaient choisies et fixées, mais beaucoup de petits détails ont aussi afflué au fil du récit. Une fois l’histoire terminée, cela a été une grande joie de tout relire, mais également encore beaucoup de travail pour corriger les derniers points incohérents et les mauvaises tournures de phrase. Je crois que j’ai encore relu le roman au moins cinq fois ! A chaque fois, je trouvais des points à améliorer ou à corriger... Maintenant que le livre est complètement finalisé, c’est vraiment le résultat que j’avais envie d’obtenir.

Vous faites partie de la génération du numérique : que pensez-vous des tablettes/liseuses ?

Même si je consulte beaucoup de sites sur internet, je n’ai encore jamais lu de livres entiers sur une tablette. Je ne suis pas équipée pour… Et puis, par habitude, je préfère le contact avec le papier, surtout, en tant qu’auteur… C’est beaucoup plus agréable de voir son livre publié sur papier, de pouvoir le mettre dans sa bibliothèque et le tenir en mains.

Vous allez être lue... Facile ou compliqué, selon vous, d'affronter le regard des lecteurs ?

J’ai déjà fait lire mon livre à mon entourage familial et à mes amis. C’est vrai que j’ai ressenti une certaine crainte en leur passant le livre, car, même si moi, j’adore l’histoire de Samy et Lara, ce n’est pas pour ça que les autres vont apprécier. Heureusement, ils ont tous aimé le livre. Son point fort, je pense, est que l’écriture est facile et agréable à lire : les chapitres sont courts et finissent chaque fois sur une touche de suspense… Ce sont des éléments qui donnent envie de savoir la suite. Je sais que je ne peux pas plaire à tout le monde, mais j’espère vraiment sastifaire un maximum de lecteurs, principalement ceux qui sont sensibles au style « Heroic Fantasy ». Et puis surtout, il faut prendre le livre comme il est, sans prétention : c’est un livre écrit par une jeune auteure et pour les jeunes lecteurs.  

 

 

Pourquoi la vie en Mauve ? N'avez-vous pas peur que les lecteurs pensent plutôt à un roman sentimental ?

Pourquoi le titre « La vie en mauve » ? D’abord parce que ça sonnait bien !. Ensuite et surtout, parce que le mauve a une signification particulière dans le roman. Il y est présent dès le début et deviendra en quelque sorte un symbole de connaissance et d’éternité… La couverture du livre est d’ailleurs principalement dans les tons de mauve. Je n’ai donc pas trop peur que les lecteurs s’attendent à un livre sentimental, car l’illustration est assez explicite pour qu’on se rende compte du type de livre dont il s’agit : deux enfants, dans un monde fantsatique, où le mauve a une place prédominante. C’est le côté aventure qui ressortira donc principalement de la couverture…

 

Clarène se positionne dans un univers qu'elle connaît parfaitement, dans un lectorat qui lui ressemble (quoique le thème m'interpelle et me donne envie...). Une couverture qui interpelle, une démarche complètement assumée malgré le jeune âge de l'auteur ! Bravo et beaucoup de succès !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Lorsqu'un conte de Bob Boutique se rebiffe, ça donne... les dix petites négresses !

Publié le par christine brunet /aloys

 

Bob Boutique... Je me souviens le jour où, juste après la signature de mon premier contrat chez Chloé des lys, il m'a contactée pour son interview... Très intimidée, à l'époque, j'assistais, médusée voire apeurée ou suffoquée (tout dépend des moments) à ses interventions sur le forum, par exemple.

 Et puis, j'ai décidé de créer le blog passion créatrice et ma première idée a été de lui demander de répondre, à son tour, à quelques questions. Mais j'ai mis des semaines avant d'en avoir le courage... et le résultat a été un jeu rapide et mordant que j'ai eu bien du mal à maîtriser... parce que Bob est du genre "immaîtrisable" ! Vous lui posez une question, et il vous renvoie un interview quasi bouclé ! Et cette fois n'a pas fait exception !

Avec certains d'entre vous, (les auteurs concernés se reconnaîtront), j'ai du mal à obtenir les infos que je cherche... Pas simple de décortiquer son écriture, j'en suis consciente... Pour Bob, ça va de soi... Une facilité qu'on retrouve dans ses réponses...

Les années passent... Pas trop, quand même et voilà Bob avec un nouveau bouquin, différent des deux précédents, plus... enfin, faudra le lire pour comprendre !

 http://www.bandbsa.be/contes3/10negresses.jpg 

 

 

 

Bon, je commence, alors... Dis, Bob, c’est curieux...  On s’attendait à te voir publier un « Contes Bizarres III » et voilà que tu nous sors un roman « Les 10 petites négresses » ! 

C’est une erreur !  J’étais effectivement en train d’écrire un troisième recueil de contes bizarres et me lançait dans une cinquième nouvelle, lorsque celle-ci  s’est rebiffée…

 

Rebiffée ?

Tout à fait. Normalement mes contes font, grosso modo, une  trentaine de pages, après quoi j’en arrive tout naturellement au fameux  « et arriva ce qui devait arriver » suivi de la chute. Un processus bien huilé dont je ne suis absolument pas responsable, car tout cela se trame dans ma tête sans que j’aie le moindre mot à dire…  un matin vers sept heures je commence à écrire, sans trop savoir où je vais, je tape sur les touches, je tape, je tape , l’histoire se développe sans que j’en connaisse la fin, pas de plan, pas de notes, rien… et trente A4 plus loin, ben…  c’est fini.


Et pour Les petites négresses ce ne l’était pas ?

Exactement, j’arrivais plus à terminer ! Chaque fois que j’achevais un paragraphe, un autre se profilait… faut dire que c’est un peu particulier.(ça, je confirme !!!!)

Dans ce conte devenu un roman, je mets en place des personnages qui ressemblent quand même très fort à des amies que nous connaissons toi et moi et ça, ça m’ amusait, tu peux pas savoir… ( oh, mais je m'en doute !!!) Je crois que j’ai rigolé du début jusqu’ à la fin…

 

Et comme en plus tu les as dessinés, le doute n’est plus possible ! D'ailleurs l'une de tes négresses me ressemblerait que ça ne m'étonnerait pas... Je me trompe ?

Bah, tu connais l’ expression… toute ressemblance avec des personnages existants etc…

 

… Est difficile à prouver, c’est ce que tu as mis dans ta préface, hein !

Pour le cas où.  Je dois admettre à ma grande honte ( mais aussi à ma grande jubilation) que je ne les ai pas favorisées. Mais bon… je les adore et elles ont toutes beaucoup d’humour. Enfin, je l’espère.

 

Comment as-tu choisi tes têtes de turc, comme ça à pouf ?

Si je me moque de quelqu’un, c’est que j’ai de l’admiration ou même du sentiment pour lui. Il me viendrait jamais à l’idée de ridiculiser une personne qui m’est indifférente (perte de temps) ou que je déteste. Dans ce dernier cas, je vais  la trouver et lui mets un coup de boule. Et, croyez-moi, ce n’est pas une figure de style. Ici, je me suis limité à dix, mais j’aurais pu en ajouter encore l’une ou l’autre.

 

Pas peur des retours de bâton ?

Ben quand on ouvre une porte, faut s’attendre à ce qu’elle se referme… parfois même en coup de vent. Je sais là contre, comme dit à Bruxelles.

 

Toi qui as pas mal baroudé, tu connais l’endroit où l’histoire se passe ? On peut expliciter ?

Oui, je connais. Tout comme toi, je suis incapable de parler d’une région sans y avoir été… Poussin, Juju  et moi avons traîné nos godasses dans le coin. Tout est vrai et vérifié, garanti sur facture.

 

Pourquoi ce titre qui évoque évidemment Agatha Christie ? Tu venais de le relire ?

Non. Mais c’est un policier qui m’a marqué à l’époque. D’ailleurs, je l’explique dans le bouquin… Pour moi « Les 10 petits nègres » est une espèce de modèle du genre. Une histoire qui vous scotche et vous énerve tout autant, car on n’arrive pas à trouver la clé, sauf à la fin lorsque… enfin, je vous laisse lire, je ne vais pas déflorer le sujet, même s’il a été pas mal copié depuis.

En plus, on y trouve les trois grands classiques du théâtre appliqués à  la littérature policière : l’unité de lieu,- ici c’est une espèce de huis-clos -, de temps, - neuf jours-, et d’action : une mécanique qui fonctionne comme une horloge avec les douze coups de minuit.

 

Tu as donc dû faire un plan ?

A postériori. Le premier jet s’est fait en quinze jours… puis j’ai dû relire et relire, pour gommer toutes les invraisemblances et mettre les rouages au bon endroit.

 

Il y avait des couacs ?

Oui, surtout dans la répartition du temps et dans la désignation des personnages… chaque négresse a en effet son nom de carte d’identité et le surnom qu’elles se donnent entre elles. Là, il fallait pas que je m’emmêle les pinceaux. C’est pour ça que je les ai dessinées… afin que le lecteur les visualise et ne les confonde pas lorsqu’elles parlent entre elles ou bougent dans un même espace…

 

Une sorte de Cluedo en fin de compte ?

Tout à fait ! Qui a tué Miss Scarlet ou le professeur Plum ? Est-ce le colonel Moutarde ou le révérend Green ? On distribue les cartes et on tente de percer le mystère.

 

Sauf que dans les « 10 petites négresses »…

On n’en parle pas !!! Par pitié. L’ histoire est ce qu’elle est, mais la solution finale est, je crois, très particulière et je supplie ceux qui auront lu le bouquin de ne surtout rien révéler, je dirais même de ne pas faire de commentaire, car dans ces pages TOUT compte : le moindre mot, le plus petit détail…

 

Là, je confirme !!!! Dis, un truc me chiffonne... Chloe des Lys n’a pas fait d’ennuis pour accepter ce manuscrit ?  Les clés y sont quand même grosses comme des serrures de portail et  les négresses, qui se reconnaîtront, chargées à mort, non ?

Non, je crois que CDL a la chance d’avoir un comité de lecture d’une qualité et d’une intelligence hors du commun. Et je ne dis pas ça pour les flatter… d’ailleurs ils m’ont refusé le premier manuscrit !

 

Ah bon ?

Oui, pas pour le sujet qui je crois leur a plu, mais pour mes innombrables fautes d’orthographe ! Plus d’une par page et il y en a cent cinquante ! Je pourrais te montrer leur avis circonstancié : c’est oui, à la condition expresse que je leur propose un nouveau manuscrit corrigé ! Heureusement que j’ai trouvé une bonne poire bien blête, prête à tomber de l’arbre, pour revisiter mes textes et apporter les corrections… j’imagine d’ici les profonds soupirs qu’elle a du exhaler tout au long de son calvaire. Une sainte… c’est la même qui a fait cette splendide couverture qui donne le tournis. Vous la reconnaîtrez.

 

Passons. Donc pas de résumé de l’histoire ?

Surtout pas.

 

Et les autres contes déjà écrits avant que ce cinquième ne dérape ?

Ils seront repris dans un « Contes Bizarres III » que j’espère publier début 2014, si le comité de lecture l’accepte.

 

Toute dernière question, si tu veux bien... Tu as un style très particulier : à certains moments (pas si rares d'ailleurs), ton texte est poétique, très imagé. A d'autres, il est très parlé. Est-ce que cette ambivalence est un reflet de ta personnalité ( et est donc inné), ou est-ce que cette multiplicité de styles est là pour réveiller le lecteur, ou booster le texte ?

 

En tous les cas, il n'y a  rien de préparé ni de volontaire, je suppose donc que c'est inné. En fait,  je n'écris pas mais "raconte" des histoires et je le fais comme si nous étions toi et moi dans un resto ou à la maison à bavarder tranquillement. Je t'explique, je fais de grands gestes, je suppose que je dois tirer des mimiques pas possible, j'imite les voix de mes personnages et parfois même je crie ! C'est une sorte de one man show et je suppose qu'inconsciemment j'en ajoute un peu pour créer l'ambiance et maintenir le suspense.

Après y'a plus qu'à retranscrire...

Dans chaque village de France et de Navarre, tu trouveras un conteur capable de captiver son public de cette façon, sans l'avoir appris. C'est comme ça !

 

Peut-être, oui... Il est vrai que "Les dix petites négresses" tiennent autant du thriller, je dirais, que du conte. En tout cas, les personnages qui s'y cotoient sont plus vrais que nature ! 

Je n'en dirai pas plus, même sous la torture, juré Bob! Mais j'ai hâte que le livre sorte pour le tenir entre les mains et vous livrer une fiche de lecture pas piquée des hannetons !!!! Ma vengeance à moi...

 

Vous le savez tous, mais je vous rappelle que tout l'univers de Bob se retrouve dans ses deux précédents opus (Contes bizarres 1 et 2) et, bien évidemment, sur son site, www.bandbsa.be/contes.htm.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

 

 

 

 

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Ann Merkelbag : "écrire, c'est raconter une histoire, pas son histoire."

Publié le par christine brunet /aloys

livre dis couverture chloe des lys ann (1)
Une couverture qui ne passe pas inaperçue... pas plus que le titre ! "Dis-lui que tu l'aimes", un nouveau roman aux éditions Chloé des lys, à paraître... Ann a accepté de m'en dire un peu plus... un interview qui va à l'essentiel...  

 Tu te présentes, s'il te plaît ? 

J'ai vécu dix ans à bruxelles, dix ans en allemagne, vingt ans à liège et maintenant à bordeaux ; 
une formation de prof qui m'a emmenée dans le public et le privé, de la rtbf comme assistante culturelle d'abord, puis comme éditrice d'un journal télévisé pour enfants  jusqu'aux girondins de bordeaux comme professeur de français pour des joueurs de football professionnels et pour préparer le baccalauréat avec des jeunes footballeurs du centre de formation du club.  je suis maintenant dans une école supérieure. vous le voyez, des univers et des lieux très variés. 

Pourquoi écris-tu ? Un déclencheur ? j'ai une famille joyeuse et tapageuse mais sans maison de famille ni lieu de retrouvailles : ni chez mes grands-parents, ni chez mes parents. il y a toujours l'un ou l'autre qui se trouvait loin. la lettre était pour nous une évidence. elle a été assurément un déclencheur dans le besoin d'écrire. aujourd'hui, c'est moi qui suis loin d'eux. et je leur écris plus que je ne leur téléphone.

Tu écris quoi ?... Je veux dire, quel genre de littérature ? j'ai écrit des chroniques , des billets culturels, je collabore à un livre de recettes j'ai écrit un court roman et un conte ; je suis plongée dans le second roman que j'écris avec ma plus jeune soeur. j'ai toujours un stylo et un carnet dans mon sac. j'ai même écrit sur un mur de la maison !
    les phrases sont plutôt courtes, incisives. je n'aime pas les majuscules que j'oublie parfois d' utiliser dans les documents plus protocolaires.

Ecrire... C'est quoi pour toi ? écrire, c'est pour moi poser des émotions, des fêlures. je me nourris de fragments de viec'est surtout une liberté absolue que je sais précieuse. 

As-tu d'autres passions ? je peins, je lis beaucoup, j'aime le théâtre ; j'aime surtout partager mes passions : mes jeunes élèves footballeurs pourraient témoigner : je les ai emmenés au grand palais à paris, au théâtre national de bordeaux ; ils ont pu converser avec daniel pennac, participé à un atelier d'écriture et être publié dans le journal "Le Monde" ... j'ai des idées à la pelle pour partager mes passions.

Pour toi, l'écriture va-t-elle de soi ? facile d'écrire parce que c'est un besoin ;  mais pas facile d'être lue parce que je doute toujours de la qualité du texte.  

annbordeaux
Allez... Tu nous parles de ton livre à paraître chez CDL... et d'abord, quel en est le sujet ? être éditée est un vrai bonheur ; j'aime les livres, le papier, les mots ; ouvrir le mien, c'est une sensation nouvelle, exaltante. 
Et c'est grâce à cette petite maison d'édition . Cela me paraît encore incroyable.

C'est l'histoire d'un duo entre une petite-fille et son grand-père ; zoé  raconte des bribes de sa vie et essaie d'offrir à ce vieil homme qu'elle aime tant des moments légers, des histoires rocambolesques.
elle est dans une vie trépidante alors que lui est dans une vie lente.

Depuis le début de cet interview, un détail me gêne... Pourquoi zapper les majuscules dans tes textes ?
je ne sais trop. elle rend un texte officiel. trop peut-être.

Tes héros... Comment naissent-ils?
ils naissent lentement ; les personnages du deuxième roman, cela faisait cinqann-lanzarote.jpeg ans que j'y pensais. et puis, à un moment, tout se met en place et l'écriture devient fluide, tout d'un coup.

Sont-ils issus de personnes de la vie réelle ? Issus, oui. Il y a sans doute une Zoé quelque part. Mais c'est un roman, les personnages sont fictifs. 

Mets-tu un peu/beaucoup de toi dans ses écrits, ou pas du tout ? écrire, c'est raconter une histoire, pas son histoire. 

Donc,  tes histoires qui ne s'inspirent pas de faits réels... Est-ce de l'imagination totale ? certes, c'est une partie de soi mais cela doit déborder. Beaucoup déborder.  C'est donc de l'imagination mêlée à la réalité : la mienne, mais aussi celle des autres. 

Tes récits gardent-ils, néanmoins, un peu de toi ? je m'y retrouve dans le style : bref, vif. je m'y retrouve en partie seulement dans le récit .  

Es-tu une auteur qui peaufine ses textes ou préfères-tu la spontanéité du premier jet ? j'écris un premier jet ; puis je triture, je malaxe. j'y reviens encore et encore. même aujourd'hui, quand le texte est imprimé, si je le pouvais, je troquerais encore un mot pour un autre, je raccourcirais une phrase.


Mais ce travail de relecture ne nuit-il pas, justement, à la spontanéité de tes récit ? 

si tu veux dire spontané comme vrai ou sincère, alors il n'est pas spontané ; l'histoire ne doit pas me ressembler ; si vous voulez dire libre, sans cadenas, alors il est spontané ; travailler un texte, c'est lui donner le plus possible de la puissance, de la force.

ann-Maroc0346_2.jpeg 

 

Revenons à tes personnages : te hantent-ils pendant l'écriture ? le point final posé, passes-tu facilement à autre chose ? 

 les personnages ne me hantent pas pendant l'écriture mais je les habite, tous pour qu'ils soient crédibles. 

le texte me procure un plaisir pendant l'écriture, jusqu'au point final. après, je lui souhaite une existence en-dehors de moi.

Même si, finalement, tu écris depuis toujours, comment voit-on ton travail d'écriture/auteur autour de toi ?
Mon travail d'écriture amuse certains, émeut d'autres. J'en parle peu en fait. La sortie de ce premier livre va surprendre certains.

Pourquoi avoir choisi, pour t'exprimer, plutôt la prose que la poésie ? 
La poésie demande une musicalité et un pouvoir d'évocation que je n'ai pas. j'aime la poésie mais je ne suis pas à l'aise avec ce genre littéraire en tant qu'auteur.



Un extrait en guise de conclusion ?

charles

 

elle est belle. je l’attends. elle va venir. il est onze heures trente. elle ne rate jamais un rendez-vous. elle est en retard. elle est toujours en retard. je m’en fous, j’ai le temps. je me suis levé tôt ce matin pour savourer chaque minute qui précède son entrée. j’ai mis le pullover qu’elle m’a offert la fois dernière. je suis fou d’elle. elle est mon soleil. son énergie me transperce et me nourrit pendant plusieurs jours. chaque fois qu’elle annonce son passage, je débouche une bouteille de pessac léognan ; un rite immuable et un plaisir qui me grise, un peu plus encore.

il est midi. aujourd’hui, j’ai choisi un petit restaurant italien près de la gare. un endroit animé, où on parle fort. elle va adorer. j’entends ses talons marteler le pavé vivement. elle est en retard. elle le sait. elle aussi s’en fout.

 

zoé

 

il va m’attendre. comme toujours. même si j’arrivais à l’heure convenue, je le trouverais là, assis dans son vieux canapé, prêt depuis une heure au moins. une habitude militaire : ponctuel, impeccable, disponible. j’ai laissé la radio allumée ; le linge traîne mouillé dans la machine ; la vaisselle déborde dans l’évier. quand je le vois, j’abandonne tout. je veux savourer ces quelques heures de complicité. je me dépêche. mes talons claquent sur le pavé. je veux être belle, pimpante pour lui.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Françoise Castera nous revient avec un nouveau recueil... Contrastes

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes2/souvenirscastera.jpgFrançoise n'est pas une inconnue. Elle a déjà publié un livre chez Chloé des lys, "Souvenirs" publiés en 2009. Elle écrit des poèmes... Allez, Françoise,  tu nous rappelles un peu qui tu es, ce que tu as publié aussi ?

je viens d'une famille athée, qui avait un grand sens de la justice et de la tolérance-  je n'ai jamais perçu de racisme- j'ai été très  marquée par la forte personnalité d'un père d'apparence cynique, mais, en fait, très tendre, mort très jeune, qui pratiquait une médecine d'avant-garde - ce qui m'a évité d'ingurgiter beaucoup de crasses (antibiotiques et autres-- hé oui, cela existait dans ma jeunesse !!!)
je me suis mariée très jeune parce que, à l'époque, cela se faisait quand on était enceinte, non pourjeff-castera.jpg des raisons religieuses, mais ??? morales ??? bref, mariage éclair et divorce éclair- arrêt des études et obligation de travailler -(j'avais terminé des humanités dites anciennes- et cela m'a permis de reprendre des études vingt ans plus tard)
vie affective chaotique jusqu'à la rencontre qui a percuté toutes mes décisions, par exemple de ne plus avoir d'homme dans ma vie-- c'était en 1972 et nous nous sommes mariés en 78 parce que nous désirions adopter un enfant-- ce qui fut fait- mon mari étant haïtien, tout naturellement nous avons adopté un haïtien- et je précise, pour tous ceux qui m'ont fait des réflexions idiotes quant à la voix du sang, que, ayant fait les deux expériences,  j'affirme que cela ne fait aucune différence-  d'ailleurs, à l'arrivé de mon fils, quand je regardais les autres enfants,, je trouverais qu'ils avaient ous une mine épouvantable !!! n'est pas café au lait qui veut !!!
 Un second recueil --- parce que les humains m'attristent - parce que j'ai peur des guerres - parce que je ne supporte pas les souffrances des enfants, des bêtes- je ne supporte ni le bruit ni la violence-
j'avais envie de parler de mes resssentis, aussi en tant que femme, qui a perdu son mari après 26 ans de vie commune, qui a connu d'énormes difficultés avec son fils lequel est devenu exceptionnel, dans son humanisme (comme son père adoptif), dans son ouverture aux autres (itou)--
entre les deux recueils, j'ai édité chez publibook "histoire tendre et douce d'un (petit)chien qui
s'appelle Jeff"  j'ai toujours eu et adoré les chiens, celui-ci, qui est le plus joli chihuahua de Belgique, sans fausse modestie, écrit- il a raconté avec humour et tendresse notre rencontre et parle de notre vie commune-- d'ailleurs il a entamé un deuxième récit "chihuahua non grata" (avis aux éditeurs amateurs)  je signale d'ailleurs que la couverture de "contrastes" est la photo de Jeff et de mon fils, et du chat et d'un voisin.

 Pourquoi ce second recueil ? Une ligne directrice ? Un sujet en particulier ? Comment définirais-tu ton style ? 
difficile de définir son style- je dirais que les émotions prennent le pas sur le reste-- et que j'ai envie de communiquer avec les autres et de partager.
et l'écriture me permet sans doute de me défouler et d'essayer de toucher les autres-
OUF   si tu me fais parler--- je ne m'arrête plus !
http://www.bandbsa.be/contes3/contrastes.jpgQuestion sans doute idiote, Françoise... Pourquoi t'exprimer en poésie et pas en prose ? Tu as vécu des tas de trucs et la prose me paraîtrait plus appropriée pour raconter ta vie, tes coups de coeur...  
la poésie vient naturellement--- l'écriture en prose aussi-- mais ce  n'est pas une question idiote-- je dirais que le poème permet de cacher un peu tes émotions-- mais l'histoire de jeff est en prose et j'ai mis une semaine pour écrire cent pages, sans corrections ou relecture et sans travailler pendant des heures- la suite de l'histoire de jeff (que j'ai arrêtée temporaitement - santé et soucis-) j'ai écrit une quarantaine de pages en cinq fois deux heures-- évidemment, comme dit bob, si on n'est pas capable d'apprendre à manipuler l'informatique, on fait autre chose!!!!   ce qui ne me donne pas à réfléchir, car chacun ses qualités.

Donc, si je te comprends bien (je pousse le bouchon mais c'est un peu le but du jeu...), la poésie est, pour toi, naturelle mais il est plus simple d'écrire en prose... => deux genres littéraires pour des sujets différents ?
voilà-- mais je vais te dire que quand j'écris un poème, c'est rapide et sans rature-  tout le récit de jeff, en prose, est une façon de dire ce que je pense...
Merci, Françoise !!!

Christine Brunet
www.christine-brunet.com

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Gauthier Hiernaux nous présente "Histoire de moi", le livre posthume de son père, Michel Hiernaux

Publié le par christine brunet /aloys

Michel Hiernaux... Un auteur Chloé des lys qui avait eu la gentillesse de répondre à mes questions sur Passion créatrice en 2011 (http://www.passion-creatrice.com/article-michel-hiernaux-61223235.html), un peu avant son décès. Il nous avait présenté son dernier né, H.I.E.R. et nous annonçait " Histoire (s)de moi ".

 

Son ouvrage est en passe d'être référencé et j'ai demandé à son fils, Gauthier, de bien vouloir m'en parler... Comme toujours, il a été prompt à me répondre !

 

 

Gauthier, peux-tu nous présenter à nouveau Michel Hiernaux ? Qu'a-t-il écrit ?

 


http://www.bandbsa.be/contes2/hiernauxmichel.jpgMichel, mon père, était un professeur de français dans l’inférieur. Il aurait voulu vivre de sa plume, mais la vie en a décidé autrement.
Il a commencé à écrire sur le tard. Sa première publication a été un livre pour enfants baptisé « Tétine ». L’ouvrage est sorti en 2005 chez Chloé des Lys. On peut donc dire qu’il a été l’un des pionniers de notre maison d’édition.

 


http://www.bandbsa.be/contes2/tetine.jpg

 

 

Il a ensuite fait publier un recueil d’aphorismes (Water l’eau) puis un recueil de poésies (H.I.E.R comme hier). J’aime beaucoup ce dernier car il contient les paroles des chansons qu’il nous interprêtait lorsque ma soeur et moi étions enfants. C’est un bel héritage pour nous.


Pourquoi ce dernier livre ? Quel en est le thème ?


http://www.bandbsa.be/contes2/hierhiernaux.jpg

 

 

 

Lorsqu’il a appris qu’il était condamné par la maladie, il a mis en chantier ses mémoires qu’il a intitulé Histoire(s) de moi. Il ignorait s’il allait vivre encore quelques semaines ou quelques mois, alors il a décidé de rédiger cet ultime roman sous forme de petites nouvelles de quelques pages.
C’est un véritable florilège des anecdotes de sa vie. 

 

http://www.bandbsa.be/contes3/histoiremoi.jpg

 

 

 

Comme il est décédé avant de pouvoir faire la maquette, j’ai divisé « Histoire(s) de moi » en trois parties qui correspondent aux trois moments majeurs de sa vie : l’enfant, l’adulte et le grand-père. Les récits ne sont aucunement mélancoliques, bien au contraire ! Mon père avait l’humour facile et il faisait souvent mouche. Les personnes qui ont déjà lu « Histoire(s) de moi » m’ont affirmé avoir beaucoup ri.


J’ai placé un extrait sur mon site. Celui-ci s’intitule « Mon école est un jardin »  http://grandeuretdecadence.wordpress.com/2013/03/27/mon-ecole-est-un-jardin-michel-hiernaux/

 

Un résumé ?  http://grandeuretdecadence.wordpress.com/2013/01/10/histoires-de-moi-michel-hiernaux/ 

 

Bonne lecture !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

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Marcelle Pâques : L'écriture comme un pont au dessus du néant, un chemin à parcourir vers moi.

Publié le par christine brunet /aloys

Marcelle Pâques, c'est une présence sur le blog Aloys, un univers qu'on découvre peu à peu depuis quelques mois au fil des vers qu'elle nous propose.

Et voilà, son recueil arrive : impossible de ne pas lui demander de me parler de son livre, de son écriture. 

 

livre-paques-001.jpgDepuis quand écris-tu?
 
Petite fille, je lisais beaucoup, j'aimais m'isoler et rêver. Vers mes 8 ans, j'ai écrit mon premier poème pour participer à la page 
des petits poètes du mercredi dans le journal " Le Soir".
J'ai été sélectionnée dans les 10 meilleurs du mois.
 
Tu écris des poèmes, pourquoi ce choix de la poésie?
 
Kierkegaard, un philosophe notait que la vie d'un poète s'apparente à une lutte avec la réalité toute entière...
Pour moi ce n'est pas une lutte mais une autre vision de la réalité.
Comme un rayon de soleil transforme le paysage, la poésie illumine ma vie, réinvente les jours.
Je pense au tableau de Magritte " Ceci n'est pas une pipe".
 
Un genre littéraire qui te colle à la peau ?
 
P5270041.JPGPas particulièrement, en littérature comme en musique, je suis éclectique, j'aime les rencontres, les émotions.
Mon premier coup de coeur " Le Petit Prince".
Ensuite, Prévert, Baudelaire, Aragon, René Char et beaucoup d'autres...
J'ai adoré " La petite dame en son jardin de Bruges". Charles Bertin- un  portrait d'une tendresse irrésistible !
  - Milena Agus - " Mal de pierres". Mystère, passion, un style sobre et poétique...
  - Athina Papadaki - " La brebis des vapeurs".-Et son superbe poème - L'évadée de l'évier-
 
As-tu écrit des nouvelles ou des textes plus longs?
 
J'ai écrit des contes pour mes enfants et petits-enfants, les derniers " Les aventures de Billy".
Un ours magique qui se transforme la nuit pour résoudre les problèmes des enfants.
 
Définis le mot écriture...
 
L'écriture comme un  pont au dessus du néant, un chemin à parcourir vers moi.
C'est aussi un partage, une rencontre avec les lecteurs.
Une aventure toujours, car parfois le chemin bifurque presque à notre insu et nous découvrons des horizons
insoupconnés.
 
Crois-tu la poésie capable d'aborder tous les thèmes ?
 
Oui ! Tout est permis dans la palette des sentiments.101_4475.JPG
Dans la forme, classique, libre, haïku,tercet, etc...
C'est donc l'infini des possibilités, mais pour moi c'est aussi une certaine façon d'appréhender la vie.
J'adhère à cette pensée de Romain Gary :
" Je suis devenu prudent, je feins l'adulte, mais secrètement, je guette toujours le scarabée d'or, et j'attends qu'un oiseau se pose sur mon épaule, pour me parler d'une voix humaine et me réveler enfin le pourquoi et le comment ?"

 

Crois-tu qu'un auteur met autant de lui-même que dans un texte en prose? Plus? Moins?
 
Tout dépend du choix du sujet. Pour ma part il y a parfois un peu, beaucoup, pas du tout ...
 
Parle-moi de ton recueil, le thème...
 
Le premier paru chez Chloé - " Bientôt les jonquilles".
C'est une métaphore, quand les ennuis tombent sur nous comme des flocons de neige...
Il nous reste l'espoir, le renouveau, la lumière qui change le paysage des jours...
 
Le deuxième qui vient d'être accepté - " Pourquoi pas?".
En fait, je me suis inspirée d'une citation de Georges Bernard Shaw-
" Certains regardent la réalité et disent : Pourquoi ?
 Moi je rêve de l'impossible et je dis : Pourquoi pas ?".
 
J'adhère totalement, car j'aime me lancer des défis et reculer les limites de l'impossible !
 
La note du comité de lecture c'est :
 
Poésie - Joli équilibre entre textes longs et courts-
" Le chêne foudroyé" est très émouvant-
- Beaucoup de légèreté- Petits textes aériens comme des bulles de savon -
 
Tu dis que la poésie est une façon de voir la vie : la poésie, une philosophie de vie?
 
Pour moi c'est un état d'esprit, une façon d'habiller le quotidien et cela depuis toujours...bientotjonquilles.jpg
Ma mère me demanda un jour ( j'avais 4 ans ), pourquoi les fleurs se referment le soir ?
J'ai répondu pour protéger le sommeil des fées...
 
Ne pas s'arrêter aux apparences...
Comme pour une Matriocka, sous la première poupée se cache une autre et ainsi de 
suite.
La dernière est souvent la plus émouvante !
 
Définis ton style, poésie hermétique, classique...
 
Saltimbanque de la vie, j'aime jongler avec les mots.
Poésie libre, classique, haïkus, etc...
Les possibilités sont infinies.
 
-566388008212850437.jpgComment choisit-on un thème en poésie? 
Comme on choisit un roman selon toi?
 
 
Pour moi c'est une idée qui s'impose, une émotion à partager, des mots caresses comme 
des vagues sur la plage de nos vie...
 Mais aussi des mots tempêtes !

 

Quelle conclusion !!!!! J'aime beaucoup ton approche des mots, ta définition de ton style. Oui, j'en suis certaine, la poésie est un état d'esprit, une forme de vie et de pensée.

 

Pour retrouver l'univers de Marcelle Pâques, un blog!             http://marcellepaques.skynetblogs.be/

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com
 

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Virginie Lauby : "j’écris depuis que je sais tenir un crayon entre mes doigts"

Publié le par christine brunet /aloys

1ere_couverture_Nannig.jpg

 

      Nannig, on en parle... Une interview originale sur les chapeaux de roue !


Une courte présentation ? Qui es-tu ? Qu'as-tu écrit ? Tu en dis quelques mots ?

Je m’appelle Virginie Lauby, c’est mon nom de naissance. J’habite depuis mes 9 mois dans les Ardennes françaises mais mes origines sont diverses : ardennaises, corréziennes mais aussi belges. Je travaille chez Pole-Emploi (le FOREM français), je suis aussi responsable d’une association, ancienne élue municipale… et j’ai encore pleins de projets dans mon sac.

J’ai écrit à ce jour trois romans. Chronologiquement Nannig est le premier. En 2009, j’ai commencé la rédaction du mouroir aux alouettes (paru en 2010 aux éditions Ex Aequo) et en 2012, j’ai rendu mon troisième manuscrit à mon éditeur français (parution prévue courant 2013). Ce sont trois romans très différents.

Quand j’ai commencé à écrire Nannig, j’étais encore étudiante. Je l’ai bâti avec une intention « littéraire » et non une simple envie de raconter une histoire. Je voulais que ce soit un roman fantastique dans le sens où deux interprétations sont possible (Anne est-elle une simple jeune fille ?) mais aussi dans lequel la dimension tragique serait présente (le personnage principal est prisonnier de son destin, manipulé, il court inexorablement à sa perte)

2) Depuis quand écris-tu ? Un déclencheur ?

Je pense que j’écris depuis que je sais tenir un crayon entre mes doigts. Quand j’étais enfant, j’ai eu lavlhs4.JPG chance d’habiter dans un logement de fonction qui était à la fois une école, une mairie, une maison commune, une bibliothèque…C’était un endroit ouvert sur l’ensemble de la communauté où tout le village transitait à un moment ou un autre. Mais surtout, dans la salle de la mairie, un objet extraordinaire me fascinait : la machine à écrire. Elle était grise un peu rugueuse comme une toile émeri, elle claquait dans le silence laborieux du secrétariat. Je n’ai eu le droit d’y toucher que vers 9 ou 10 ans. Les touches étaient dures et quand on faisait une faute, il fallait recommencer toute la feuille. A 12 ans j’avais réussi à construire une histoire d’une centaine de pages (interligne au minimum et sans marge !) qui a été évidemment refusé par tous les éditeurs (et comme je les comprends).

Je pense que l’élément déclencheur a été cette vieille machine…

 Original !!! Tu me définis le mot "écriture"

Le Robert en donne sept définitions, dont entre autre celle de 1879: « Manière de s’exprimer par écrit ». Qu’est-ce que je pourrais ajouter ?

 Est-ce tout ce que représente l’écriture, pour toi ? Une simple manière de s’exprimer ?

A bien y réfléchir, oui. Pour moi, c’est exactement ça. La définition du petit Robert est particulièrement appropriée pour Nannig. J’ai en effet porté attention à la façon dont les mots se succèdent, au rythme des phrases, à la structure narrative… C’est un texte très travaillé qui n’a rien de spontané. C’est une tragédie au sens le plus classique du terme où la manière de s’exprimer sert la thématique.


Poussons la question... Définis ton style !

A part Nannig qui a été travaillé en profondeur, mes autres romans sont plus spontanés. Je ne sais pas si j’ai un style particulier, en tout cas, rien de très visible pour le moment. C’est Franz Bartelt qui m’a dit cet automne : « il faut écrire beaucoup et un jour un style s’impose ». Je n’en suis pas encore là…

 

Facile ou compliqué d'être lu pour toi ?

C’est toujours délicat de se soumettre au jugement d’autrui. Entre les amis ou la famille qui vous assure que c’est formidable (mais sont-ils impartiaux) et l’indifférence polie de certains éditeurs (l’ont-ils lu d’ailleurs ?) c’est difficile de se faire une juste idée.

Mais quand le livre sort en librairie, cela devient assez difficile, effectivement, d’être lu par le plus grand nombre, de sortir du cercle d’amis ou d’amis d’amis…


Facile ou compliqué de mettre le point final à un livre ?

Comme je commence toujours par écrire la fin de mes textes, je n’ai pas de difficultés pour mettre le point final. Tiens ! Que voilà une manière originale d’écrire ! Est-ce style Colombo (je ne sais… enfin pas vraiment, ce que tu écris, donc…) on connaît le coupable au début et on déroule ensuite l’intrigue ou bien est-ce un moyen de te rassurer en te donnant le point d’arrivée ? => Comment construis-tu tes textes ??? Par contre j’ai besoin de me construire un synopsis qui va évoluer au fil des pages rédigées mais qui me guide (même si parfois, finalement, je m’en éloigne assez fortement). => tu fais donc un plan, tu as la structure et tu écris sur cette base-là ? oui Je n’ai pour le moment jamais réussi à mener à terme un projet dont je n’aurais pas écrit la fin. => on en revient à ma question : as-tu besoin de savoir où va ta plume ? D’ailleurs, je fais la même chose comme lectrice : je commence toujours par lire les dernières pages…

Argh !!!!!!!!! Que voilà un crime… enfin pour un certain type de romans… 

Nannig, tu le classerais dans quelle catégorie ?

 C’est une tragédie fantastique : tous les ingrédients de la tragédie sont présents mais l’histoire a une double lecture : Philippe est-il seulement idiot ou est-il manipulé par une force supérieure ?

et que lis-tu comme livre ? Un peu de tout. Je n’ai pas de style particulier mais j’évite maintenant (j’étais plus cliente il y a 20 ans) les thrillers trop sanglants ou les romans d’épouvante type S King.


Comment voit-on ton travail d'écriture autour de toi ?

J’ai toujours reçu pour le moment un accueil bienveillant. Il m’a été difficile « d’avouer » que j’écrivais. C’est la première publication de Nannig qui m’a obligé à me découvrir. Avec la sortie de mon troisième roman, il m’est plus facile d’en parler, peut-être parce que, maintenant, je me sens un peu plus légitime. Mais je ne suis toujours pas très à l’aise avec l’exercice de promotion…

 

Je crois que c'est le cas de nous tous face aux lecteurs, face à un exercice qui nous est plus étranger que le maniement de la plume !

 

Merci pour cet interview ! Et bonne route à Nannig !

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 


 

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Alexandra Coenraets : "Ecrire, c'est se dire avec un filtre."

Publié le par christine brunet /aloys

100 1665 style rétroAlexandra Coenraets, c'est d'abord une couverture qui accroche le regard et attise la curiosité. Ce sont ensuite quelques mots lâchés lors d'un interview donné à Bob Boutique pour l'Actu Mag (cf www.bandbsa.be). Jugez plutôt...

A la question "Quel ouvrage vas-tu publier ?" elle répond ainsi :

"C’est particulier. C’est un roman dans lequel des éléments autobiographiques et fictionnels se mêlent.

« Naissance », c’est son titre. C’est l’histoire d’une femme, trentenaire, qui apprend à vivre après un inceste subi enfant. On suit les différentes étapes de sa reconstruction. Cette femme me ressemble, mais ce n’est pas moi, elle a une existence propre, des expériences à elle. 
J’aimerais que ce livre parle aux survivants de ces agressions insupportables, mais aussi aux autres, à l’entourage, à la société, qu’ils en saisissent l’ampleur des conséquences sur l’être humain, et puissent, dès lors, agir de manière appropriée."

 

De quoi vouloir en savoir plus !

Alexandra, depuis quand écris-tu ? Un déclencheur ? 

 

J'ai 37 ans et suis traductrice de formation. J’ai travaillé dans l’industrie pharmaceutique pendant près d’une dizaine d’années, comme assistante en recherche & développement et recherche clinique. Je me suis réorientée vers la relation d’aide et suis formée en Analyse Transactionnelle et à la pratique de la médiation (accompagnement et gestion de conflit).

J'ai commencé à écrire vers neuf, dix ans. Impossible de dire pourquoi, c’était en moi, c’était naturel, ça coulait de source. J’ai commencé par réaliser de petits journaux avec mes deux frères, qu’on allait vendre vingt francs belges aux commerçants du coin. Au même âge, j’ai demandé et reçu ma première machine à écrire. Je me souviendrai toujours de l’émerveillement que j’ai ressenti en la découvrant...

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Définis le mot écriture...

L'écriture... J'ai une préférence pour la sonorité du mot "écrire". Ecrire, c'est se dire avec un filtre. Voilà ce qui me vient spontanément. Ecrire, c'est partir. Dans l'imaginaire. Ecrire, c'est aussi revenir. A soi, à l'essentiel. Quelqu'un a dit "l'écriture est l'expression de l'âme", non ? Je compléterais: écrire ouvre une porte à l'expression des mouvements du corps et du coeur. Ceci n'est pas une définition définitive, tant il me semble difficile de définir l'écriture ! En donner une définition résonne en moi comme de tenter d'en cerner les contours, or elle me paraît mouvante, infinie, évolutive, bref indéfinissable (rire).

 

Je rebondis sur ta phrase "J'ai une préférence pour la sonorité du mot "écrire""... puis sur la suite de ta définition (qui me paraît être la plus belle qu'on m'ait donné :

 Ah bon ? Merci, je suis flattée !

 

Es-tu une auteur attentive aux mots et surtout aux sonorités qu'ils engendrent ? Un gros travail sur le style et les sonorités ?

 Oui, en effet, je travaille beaucoup sur la sonorité des mots, leur symbolique aussi, et le rythme des phrases. Je peux passer un bon moment sur une seule phrase...Juste pour trouver le mot qui sonne bien, qui va avec les autres, qui décrit la sensation ou l'émotion exacte que je veux transmettre.

 

Revenons au sujet de ton livre... Tu m'en parles un peu plus ?

Ce roman raconte le chemin d’une femme, trentenaire, son parcours semé d'embûches pour apprendre à vivre après un inceste subi enfant. Le lecteur ou la lectrice l'accompagne dans sa reconstruction. J'ai vécu un inceste, j'ai été abusée par mon géniteur lorsque j'étais enfant et j'en ai fait un roman. Je voulais mêler le témoignage et le littéraire, j'ai voulu que ce soit un mélange des deux. J'ai été en contrat avec une autre maison d'édition, en 2009-2010, qui m'a finalement priée de transformer mon roman en témoignage "pur et dur". Je n'ai pas voulu, ça ne m'aurait pas ressemblé, dès lors, je n'en voyais pas l'intérêt. Je suis reconnaissante à Chloé des Lys de laisser aux auteurs cette liberté dans le contenu et la forme. 

Laurence me ressemble, mais elle n’est pas moi, elle a une existence propre, des expériences à elle. J’aimerais que ce livre parle aux survivants de ces agressions insupportables, et aux autres, à l’entourage, à la société, qu’ils en saisissent l’ampleur des conséquences sur l’être humain, et puissent agir de manière appropriée. Souvent, la méconnaissance du traumatisme et de ses séquelles induit un comportement inadéquat. C'est le tabou sur les crimes d'inceste que je m'attache aussi à dénoncer: on ne touche pas à la famille, c'est sacré. Or, on sait bien que la majorité des abus - qui sont nombreux - se déroulent dans les familles. La société, consciemment ou inconsciemment, renvoie beaucoup de honte et de culpabilité aux victimes, c'est exactement le même mode d'action que celui de l'agresseur. Tout est fait pour réduire les victimes de viol, et évidemment, d'inceste, au silence. Heureusement, quelques voix s'élèvent, il y a des survivants qui écrivent, des gens qui veulent porter haut et fort cette parole, dont Clémentine Autain, et son livre "Viol, elles se manifestent", paru au mois de mars, dans lequel je témoigne aussi. Qu'il y en ait qui en parlent est primordial. Je me rends compte que c'est plus facile de passer par le mot "viol" pour se faire entendre auprès d'un large public. Le terme "inceste" est encore plus tabou, du fait même, me semble-t-il, qu'il renvoie à l'un des tabous fondateurs de l'humanité ! La preuve en est qu'il n'est pas mentionné dans le code pénal belge. En France, il y a fait son entrée en 2010, pour qu'ensuite sa définition soit abrogée, car déclarée inconstitutionnelle ! Il est frappant de voir le nombre de témoignages d'incestes commis sur des mineurs qui se retrouvent dans le livre que je viens de citer. 

 

L'écriture t'a-t-elle aidée à te reconstruire ? (écriture "thérapeutique"- je n'aime pas le terme) ou as-tu décidé d'écrire après être parvenue à 'surmonter' ton traumatisme ? (peut-on jamais surmonter pareille chose ?)

 

Je n'aime pas trop non plus le terme "thérapeutique", lorsqu'il se rapporte à l'écriture. Je suis depuis plus de dix ans dans une démarche thérapeutique pour me reconstruire, mais à l'écriture, j'aime mieux associer le terme "artistique". Cela dit, l'écriture de ce livre est intimement mêlée à mon parcours de reconstruction. L'écriture m'a aidée à me reconstruire, de même que me reconstruire a aidé l'écriture ! Si j'ai commencé vers neuf-dix ans, j'ai passé plusieurs années sans pratiquement rien écrire, dans la vingtaine. J'étais absorbée par beaucoup d'autres choses, travail, couple, amis, etc. et je ne laissais pas s'épanouir cette dimension artistique tellement vitale pour moi, elle n'apparaissait que par bribes, n'avait pas sa juste place. J'y avais très peu accès. Mon agresseur, en me violant, a voulu détruire la richesse que j'avais, et je l'ai refoulée au fond de moi pour survivre. J'imagine que les gens qui m'ont connue il y a dix, quinze ans, diraient qu'ils sentaient déjà chez moi ce côté un peu artiste...Mais je dirais moi que tout cela restait en surface, en attente d'être vraiment pris à bras-le-corps, approprié, ancré, comme je le fais depuis qu'entre autres, j'ai recommencé à écrire. J'ai vécu une période bouleversante quand j'ai pris conscience que mon géniteur m'avait abusée (dans tous les sens du mot: trompée, trahie, salie), et j'ai eu besoin de sortir de moi cette douleur, d'exprimer ces ressentis nouveaux, pénibles et merveilleux en même temps, car je m'autorisais à les ressentir. L'écriture étant pour moi quelque chose de presque animal, l'envie d'écrire s'est réveillée avec ce bouleversement, comme si elle sortait d'anesthésie. Ce sont ces ressentis nouveaux qui m'ont donné la force et l'envie nécessaire pour commencer, continuer et terminer d'écrire ce roman. Je suis très contente de voir aboutir ce projet, d'autant plus que je le porte depuis plusieurs années. C'est un accouchement : l'accouchement d'une partie de moi qui était morte, l'accouchement d'un "bébé", à qui je souhaite la plus belle des vies.

 

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Non, on ne se remet pas d'un inceste, on vit avec les séquelles. Aller mieux est possible, se reconstruire est possible, mais ça prend énormément de temps, surtout dans une société où le tabou pèse encore. Pour ne parler que de mon expérience, ce n'est pas linéaire, ce sont des vagues. C'est un travail de longue haleine.  Il y a des paliers. Un jour après l'autre, je rajoute quelques mailles supplémentaires à ces nouveaux liens qui remplacent ceux qui ont été bousillés par des parents destructeurs. Je resterai toute ma vie marquée au fer rouge, la trace de cette destruction physique et psychique est indélébile. Comme le numéro sur le bras d'un survivant des camps de concentration. Cette comparaison a du sens, les lecteurs et lectrices le verront en lisant le roman. Pour terminer, je suis mitigée quant à l'emploi du mot "résilience": je trouve qu'il est bradé, servi à toutes les sauces et commercial. Ça devient une étiquette, et ça me gêne.

 

 

Comment définirais-tu ton style ?

Mon style ? Je pense qu'il fait la part belle aux émotions, aux sensations, en tout cas c'est ce que je tente de transmettre. On m'a dit aussi qu'il était subtil et rigoureux. Nuancé. Et donc, je fais très attention aux sonorités. A chacun-e de se faire son idée selon sa propre sensibilité !

 

Ton rapport avec les lecteurs : facile ou compliqué d'être lue ?

Facile ET compliqué d'être lue. Facile, parce que j'ai envie de partager, de transmettre, il y a ce désir très fort en moi. Compliqué, parce que c'est accepter de se mettre à nu, du moins partiellement, c'est prendre un risque et l'émotion que je ressens est tellement intense quand je sais que je suis lue: la boule dans la gorge, le ventre noué (ou l'inverse ;-) à chaque fois. En même temps qu'une intense libération! La joie du rêve d'enfant qui devient réalité et la confrontation à cette réalité, justement. Mettre un point final à mes récits ? ça dépend de ce que tu entends par là...(Nuancée, voyez !). Je suis très intuitive, quand c'est la fin du récit, c'est la fin, elle s'impose à moi, je le sens, point final. Par contre, après, il y a le retravail qui commence. Et là, c'est beaucoup plus difficile de s'arrêter. Je suis aussi très exigeante, perfectionniste. Il y a un moment où je me force à ne plus relire, pour ne plus rien modifier. Il y a quand-même un moment où il faut savoir s'arrêter (que voilà une parole sensée !).

 

As-tu pensé au moment où tu devras présenter ton roman (d'abord, est-ce un roman? Une grosse nouvelle?)à tes lecteurs ?Je veux dire, face à face ? TU dis ne pas avoir de mal à mettre ton point final... IL s'impose à toi => ton histoire terminée, tu penses déjà à une autre ?

 C'est bien un roman (il fait près de 300 pages). Pour être sincère, j'appréhende un peu le moment où je devrai présenter "Naissance" aux lecteurs, en face à face. Il traite d'un sujet intime, ce n'est forcément pas facile d'en parler. Mais je l'ai voulu, l'envie est là, et je m'en sens capable. On verra !

Je constate que j'ai besoin d'une période de sevrage entre deux romans (rire!). Donc, non, même si la fin d'une histoire s'impose à moi, je ne pense pas directement à une autre. Il y a bien des idées qui me traversent, mais elles ne font que passer et ne s'accrochent pas : je ne suis pas prête et n'ai pas l'énergie disponible. Actuellement, je suis en plein dans cette période: j'ai terminé mon second roman il y a quelques mois et suis en train de le digérer. C'est curieux, mais je décrirais le processus comme suit: après avoir expulsé tous ces mots hors de moi, parfois dans la douleur, j'ai besoin de réingérer le produit fini, de le laisser s'installer puis s'ancrer en moi, prendre une assise, et me remplir.

 

Comment voit-on ton travail d'écriture autour de toi ?

 Autour de moi, je n'ai que des réactions remplies d'énergie positive sur mon travail d'écriture, c'est très gai, ça fait du bien, je m'en nourris beaucoup.

 

Parle-moi de tes personnages pour terminer...

Laurence, c'est la femme dont j'ai parlé plus haut. Loïc et Sylvain sont deux hommes qui croisent sa route. Elle les confronte à leurs limites, leurs peurs, leurs désirs, ils la confrontent à tout cela également. C'est le penseur indien Krishnamurti qui a dit "les relations sont sûrement le miroir dans lequel on se découvre soi-même", je trouve que cela illustre bien ce que j'ai voulu explorer. Et quand il y a l'inceste en fil rouge, chacun de nous se trouve confronté à ce qu'il y a de plus intime en soi.

 

Sans aucun doute. Donc, Laurence, c'est un peu toi. Mais tes autres personnages sont-ils inspirés de ton entourage ? Sont-ils totalement fictifs ?

Je préfère laisser planer le mystère et garder ça pour moi... En tout cas, il me semble que même dans le cas de personnages fictifs, on s'inspire toujours bien de quelqu'un, non ?  Me concernant, ça peut être quelqu'un que j'ai connu ou que je croise dans la rue. Après, c'est la plume créative qui prend le relais ! 

 

Un auteur s'expose fatalement lorsqu'il décide d'être publié. Dans la plupart des cas, la fiction est prépondérante et camoufle l'auteur mais dans d'autres, l'auteur est "en première ligne". Je ne sais pas si je serais capable de gérer ça. Cette histoire est certes romancée mais extrêmement personnelle. Tu m'as donné envie de découvrir "Naissance" et je me demande comment la lectrice que je suis va réagir en tentant de faire cohabiter fiction et vécu ! Plus d'infos au sujet de l'auteur ?

Vous la retrouverez sur son blog  http://quandilnaitdusens.wordpress.com.

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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