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INTERVIEW N°1 DE DIDIER FOND POUR "LES SOMNAMBULES"

Publié le par christine brunet /aloys


 

« Ainsi donc, les Somnambules, c’est ton cinquième roman édité chez Chloé des Lys ?

- Le cinquième dans l’ordre de parution, oui. Mais pas dans l’ordre d’écriture. Il va falloir faire une grande remontée dans le temps pour comprendre sa gestation.

C’est-à-dire ?

- Eh bien ce n’est pas le cinquième roman mais le premier que j’ai écrit d’où ces tâtonnements successifs et le temps que j’ai mis à le composer, car il y a eu au moins trois ou quatre versions, de plus en plus longues. La première idée, je dis bien idée, pas le premier jet écrit, je l’ai eue en 1980. C’est en écoutant quelques chansons de Mélina Mercouri que j’ai imaginé non pas la trame mais quelques éléments du futur roman. Mais je n’avais aucune idée sur la façon de les relier entre eux. C’est donc resté à l’état d’idée jusqu’à l’été 1983. J’ai commencé la rédaction sur cette simple trame : la vie d’un groupe de gens dans une ville abandonnée pour x raisons et écrasée par une .chaleur épouvantable. Et j’ai eu la maladresse de mêler à cette trame pas mal d’éléments autobiographiques.

Pourquoi « maladresse » ? Le sujet pouvait s’y prêter.

- Non. Et c’est Léda, l’amie à laquelle je dédie le livre, qui me l’a fait comprendre. Je m’embrouillais dans des détails totalement inutiles et comme j’avançais à l’aveuglette, sans savoir où j’allais car je n’avais pas de trame précise à part celle exposée plus haut, bien trop vague pour permettre un développement intéressant, le récit s’enlisait et s’éternisait. De plus, m’a-t-elle expliqué, ce mélange de presque fantastique, en tous cas étrange, et les remarques sur ma vie personnelle ne passaient pas du tout ou du moins, pas de la façon dont je le concevais. J’avais en fait deux livres en un seul : une autobiographie très ordinaire et un récit intéressant qui, si je le peaufinais et l’approfondissais, pouvait donner un roman passionnant. Je la revois encore tenant entre ses mains les feuilles tapées à la machine (on n’avait pas encore d’ordinateur) et les séparant en deux groupes : l’histoire inventée d’un côté et les éléments personnels de l’autre. Le deuxième tas devait réintégrer le tiroir où je rangeais le manuscrit et le premier être posé sur mon bureau et être relu, corrigé et poursuivi.

- C’est ce que tu as fait ?

- Non, encore une fois. J’ignorais comment continuer, je n’avais pas d’idées. Et surtout, j’étais à une époque de ma vie où je faisais tout pour changer de travail. J’ai repris mes études de lettres, j’ai passé les concours d’enseignement, je suis devenu professeur. Je n’ai pas « oublié » le roman ; simplement il m’était impossible de penser sereinement et efficacement à une suite correcte, j’étais trop accaparé par le but que je m’étais fixé et par mes nouvelles fonctions.

- Et quand as-tu pu enfin reprendre ce récit ?

Partiellement en 1993 ; j’ai retravaillé ce qui était déjà écrit, avancé un peu en me laissant guider par mon imagination et le souvenir des scènes auxquelles j’avais pensé. La même année, pendant un congé maladie, j’ai enfin eu la vision globale de ce que pouvait contenir ce roman et je l’ai achevé d’un trait. Et très fier de moi, je l’ai fait lire à Léda.

- Laisse-moi deviner : elle t’a dit : « c’est nul, copie à refaire »

- Pas de cette façon aussi brutale. Mais bon, ça revenait au même. Surtout, elle m’a expliqué ce qui d’après elle, n’allait pas. Ce n’était pas l’intrigue, ni la langue : la trame était bonne, mais tout était trop rapidement expédié. Pas de description des lieux, des personnages, pas d’approfondissement dans la psychologie de mes héros, une fin certes grandiose mais mal reliée à ce qui précédait. Le lecteur était incapable de se représenter les personnages et donc de s’identifier à eux. Je précise tout de suite que cette fin, je n’ai jamais réussi à la rendre aussi parfaite que je l’aurais voulu, malgré de nombreuses réécritures. Je voyais très bien ce que cela aurait donné, mais impossible de faire coïncider l’imagination avec la réalité. J’ai fini par me contenter de celle du manuscrit.

- Finalement, quand as-tu été « satisfait » du résultat global ?

- Jamais. Je concède à ce roman de très nombreuses qualités, notamment au niveau de la langue que j’ai beaucoup travaillée, mais il reste encore des passages dont je ne suis pas vraiment satisfait, plus de trente ans après, notamment le dialogue final entre Eralda et Axel qui me parait à la fois trop explicite et pas assez. Mais ce que m’a dit Léda m’a fait réfléchir et j’ai ainsi pu décrire en profondeur le cadre dans lequel se déroule l’action et rendre mes personnages beaucoup plus intéressants que les simples silhouettes qu’ils étaient auparavant.

- Et qu’est-ce qui t’a poussé –ou qui – à le présenter chez CDL ?

- J’ai fini par admettre que je ne ferai rien de meilleur en insistant, que j’avais donné tout ce que je pouvais donner. Et puis, honnêtement, je commençais à en avoir assez de ce bouquin que je traînais avec moi depuis des années. J’avais d’autres trames en tête ; je l’ai laissé de côté et j’ai écrit d’autres ouvrages. Et puis un jour, je l’ai relu et, avec du recul, je l’ai trouvé bon. Un peu maladroit par moment mais tout à fait apte à affronter le comité de lecture de CDL. Léda était de mon avis. Alors, j’ai envoyé le manuscrit et j’ai attendu. Et voilà.

- Tu as parlé tout à l’heure de deux chansons qui ont été à l’origine du roman : tu te souviens desquelles ?

- Très peu : les titres ne sont pas restés dans ma mémoire. Je réentends dans ma tête la voix de Mercouri, un peu la musique, mais les paroles, franchement, je les ai pratiquement toutes oubliées. Il y avait une chanson qui parlait d’amis disparus et dont il ne restait que des photos et une autre d’un homme qui affirmait qu’il ne fallait pas perdre espoir, qu’une sorte de « Messie »viendrait nous délivrer ou quelque chose comme ça. J’ai repris cette idée dans la chanson qu’interprète Eralda au cabaret, lors de la soirée. Comme j’étais incapable de pondre des paroles, j’ai simplement donné un très vague aperçu de ce qu’elle disait et j’ai préféré insister sur les sentiments qu’elle faisait naître chez le public.

- Il y a quelque chose qui m’intrigue dans le roman : à aucun moment, le narrateur n’est nommé. Il n’a pas de nom. Je suppose que c’est voulu mais pourquoi ? Et as-tu eu des problèmes avec le nom des autres personnages ?

- Pourquoi un narrateur anonyme ? Honnêtement, je ne sais pas. Je n’arrivais pas à lui trouver un nom qui me satisfasse. Et puis, je me suis dit que ce personnage n’avait pas forcément besoin d’un nom, qu’il pouvait représenter tous les hommes dans sa situation. Mais je ne peux pas être plus précis. Par contre, pour répondre à la deuxième question, oui : donner une identité précise aux autres personnages m’a posé des problèmes : ainsi Louis s’est-il d’abord appelé Michel, puis Bruno : je n’étais pas satisfait de ces deux noms, je les trouvais communs et mon héros me semblait être quelqu’un certes d’ordinaire mais avec une aura tragique (son destin est horrible) qui devenait de plus en plus perceptible au fur et à mesure que le récit avançait. Et puis, j’ai pensé à Louis, prénom à mon avis plus original, surtout moins utilisé. Eralda n’a posé aucun problème, je l’ai trouvé tout de suite en abrégeant le prénom d’Esméralda dans Notre-Dame de Paris. Axel et Raphaël m’ont donné plus de fil à retordre. Ils changeaient de nom au fur et à mesure des différentes versions. Ils ont été d’abord Olivier (Axel) et Renaud (Raphael) : prénoms trop fades, trop courants pour ce qu’ils sont censés être. Je ne me souviens plus des prénoms dont je les ai affublés ensuite ; Axel et Raphael sont venus en dernier : j’ai été séduit par leur consonance et leur côté un peu mystérieux. Mais tout ceci est évidemment très subjectif. Quant aux prénoms des autres personnages, ils avaient moins d’importance : je me suis amusé avec les noms d’Eralda, Mona-Lisa, Arabella, Laura, Elsa : Pierre Benoit avait décidé que le prénom de ses héroïnes commencerait toujours par un A. J’ai voulu faire le contraire, j’ai choisi des prénoms se terminant par A. Ca n’a rien de génial, mais bon… On s’amuse comme on peut.

- Et il y a encore des romans en préparation, qu’on pourra lire un jour ?

- Pas en préparation. Mais j’en ai un certain nombre de côté qui ne demandent qu’à être relus, corrigés, allégés ou développés… et édités !

Publié dans interview

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Marcelle Pâques et Thierry-Marie Delaunois interviewés par Philippe de Riemaecker pour "Les fruits de ma passion"

Publié le par christine brunet /aloys

https://www.youtube.com/watch?v=e6B1SbLePw8&feature=youtu.be

Publié dans interview

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Un interview de Thierry-Marie Delaunois dans "Bruxelles Culture" du 15/12

Publié le par christine brunet /aloys

Un interview de Thierry-Marie Delaunois dans "Bruxelles Culture" du 15/12
Un interview de Thierry-Marie Delaunois dans "Bruxelles Culture" du 15/12
Un interview de Thierry-Marie Delaunois dans "Bruxelles Culture" du 15/12

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Bob Boutique a répondu à quelques questions à l'occasion de la prochaine parution de son nouveau thriller

Publié le par christine brunet /aloys

La nouvelle publication de Bob Boutique pointe son nez... BLUFF. 

Avant de vous en proposer un retour de lecture, j'ai décidé de lui poser quelques questions, histoire de comprendre ce qui l'a motivé à nous proposer ce troisième thriller. Policier, SF, aventure ? Il va sûrement nous le dire !

Bob, tu nous proposes un nouveau thriller... Le dernier d'une trilogie 

 

 

 

Au fait, pourquoi une trilogie ?

Pour être sincère, en écrivant "2401" (je rappelle au passage que ce n' est pas une date mais 7 à la quatrième puissance) je ne pensais pas du tout à une suite. Puis je me suis attaché aux personnages, Johan et Lieve, deux flics hollandais un peu décalés... Or comme à la fin du thriller Johan s'en va sans répondre aux avances de sa collègue (le mec est coincé pas possible) je me suis dit qu' on ne pouvait pas laisser ça comme ça... alors j' ai écrit une deuxième histoire dans la même lignée "Chaos" (avec toutefois un scénario totalement différent) . Et là, idem. Comme  je m' attachais de plus en plus à cet escogriffe un peu bourru qu' on s' est mis à appeler le Bouledogue et comme ça marchait de mieux en mieux et que mes lecteurs(trices) en redemandaient j' ai décidé de continuer avec un troisième, "Bluff" (toujours complètement différent), pour en faire une trilogie. Donc ce n' était pas programmé. Je me suis quelque part coincé moi même, mais avec  le plus grand plaisir.

 

 

Donc un thriller ? Pour toi, c'est quoi, un thriller ?

 

Je préciserai, un thriller d' aventure. Une histoire d' abord, avec des rebondissements qui vont crescendo jusqu'à une finale à laquelle on ne s'attend pas. En fait un film style américain qu' on va voir pour se marrer avec  de chips et du coca. Mais tu connais la réponse à ta question puisque tu es ma modèle en la matière, la spécialiste du thriller français. En plus sérieux et surtout plus noir, beaucoup  plus noir.

 

 

Tu proposes les mêmes personnages : sont-ils le fil conducteur ce cette trilogie? Qui sont-ils ? Pourquoi les abandonner à leur sort ? Oui, mes personnages sont essentiels, je les connais aussi bien que s' ils

étaient vivants !  je ne pourrais pas raconter ces histoires sans eux,  comme un réalisateur qui décide de faire un film pour des acteurs bien précis. Encore une fois tu connais la réponse puisque tu fais la même chose depuis dix ans... avec Axelle de Montfermy et maintenant cette incroyable Gwen Saint-Cyrq.

 

 

 

Un titre choc... mais inhabituel : BLUFF

 

Oui, ce sera peut-être un choc car j' ai une vision du réchauffement climatique (le thème du livre) fort différente de ce qui est devenu comme une religion (En Europe, ailleurs ils s' en  fichent) pour 36 bonnes et mauvaises raisons ? Je sais que tu ne partages mon point de vue mais c' est pas une raison suffisante pour qu' on se tire la gueule... en fait, je ressens toujours le besoin  de glisser un grand thème universel dans mes livres, derrière l' histoire pour ne pas em...  ennuyer le lecteur. Dans "2401" c' était la tératologie (la science des monstres et enfants nés difformes), dans "Chaos" les religions et dans "Bluff", le climat.

 

 

 

Comment s'est imposé ce titre ? 

 

Simple, je pense à tort ou à raison, qu' on se fiche de nous à ce propos, bref qu' il  y a un énorme bluff politique à propos du climat. Faut lire. Je ne prétends pas avoir raison, mais si ce bouquin réussit à semer le doute et surtout à entraîner les gens à se faire "leur" opinion, avec du bon sens, sans  se prosterner devant les ukases des médias européens, j' aurai fait une petite chose utile. Peu importe la façon dont les lecteurs verront et analyseront le problème. Du moment qu' ils réfléchissent et se fassent un avis sur base de "leur" propre réflexion.

 

 

L'avais-tu au début de l'écriture ? 

Non, j' ai trouvé le titre en cours de route. Au départ je n 'avais rien en tête sinon l' envie de poursuivre l' évolution de Johan et Lieve dans un scénario qui comprenait le climat en lame de fond. J' ai choisi "Bluff" car j' aime bien les titres courts et chocs qui se retiennent facilement !

 

 

Le thème dans l'air du temps mais comme d'hab. un sujet "touchy" qui va en faire bondir plus d'un... dont moi. Tu as traité avec Chaos du djihadisme et de l'intégrisme musulman. Là, c'est le climat.

 

Précisons: je parle dans "chaos" DES intégrismes... musulmans et chrétiens ! On oublie les chrétiens car ils ne représentent plus grand chose aujourd'hui en Europe, mais on oublie qu' ils étaient aussi intégristes que les djihadistes il  y a quelques centaines d' années. Perso, je trouve dommage  d' avoir  mis plus de mille ans pour se libérer des curés, pour les remplacer aujourd'hui par des imams ! (là, je viens de perdre deux cents lecteurs potentiels). Oui, le climat, c' est touchy et encore une fois je pense que je ne vais pas me faire que des amis... mais je demande simplement aux gens de ne pas croire les yeux fermés tout ce que leur racontent (en Europe du sud principalement, moi je suis un flamand du nord) les médias très orientés dans leur ensemble vers une idéologie politique dominante. Tout à fait dépassée à mon avis mais bon... on est en démocratie et chacun a le droit de se faire une opinion, pourvu que ce soit  la sienne et pas le copier/coller de la presse et de la télé.

 

 

 

Comment ce sujet s'est-il imposé ?

 

Très naturellement, je pense et réfléchis comme tout le monde et ai l' impression désagréable qu' on nous bluffe, c' est tout.

 

 

As-tu voulu faire réagir ? faire passer TES idées ? Un peu à l' évidence, mais en précisant quand même que l'Europe est en train de changer et que "mes idées" (c' est un grand mot mais j' ai le droit de penser autrement) deviennent d' année en année celles d' un plus grand nombre. Ca ne plaira pas à tous, je le comprends fort bien. Mais la démocratie c' est ça aussi. Les majorités mettent beaucoup de temps à se modifier,  mais on sent très clairement un trend, une tendance vers une autre façon de voir les choses. 

 

 

 

Parlons à présent écriture : Pour toi, c'est quoi, écrire ? 

 

Raconter. Point. Je ne m' intéresse pas trop à l'écriture, j' essaie d' être naturel et de raconter. Pour le style, l' orthographe, la cohérence et tout ça... j' ai une coach qui me redresse les bretelles quand je dérape. C' est extrêmement confortable. D' ailleurs, je crois que tu la connais...

 

 

 

Des projets ? Toujours dans le policier ? Une bande annonce prévue ? 

Oui, je ferai une bande annonce pour "Bluff"... j' ai déjà le thème de mon prochain thriller (j' ai même piqué l 'idée à une amie qui se reconnaîtra avec son accord of course) mais j' attends la sortie de "Bluff" pour me mettre au travail.

 

 

Un résumé de l'histoire ??? Si non pourquoi ? Peur de la réaction des lecteurs a priori ?

Jamais peur ! Le prochain thriller sera très original (je ne pense pas avoir déjà trouvé ce thème où que ce soit, merci mon amie) en revanche il ne heurtera personne car il ne remet rien de "convenu"  en question. Le seul scoop que je peux dévoiler à Aloys (qui le mérite cent fois) c' est qu 'on y retrouvera le Bouledogue et la Petite. J 'arrive pas à m' en séparer. Une quadrilogie en quelque sorte.

 

Merci Bob !!

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans interview

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Christine Brunet interviewe Cathie Louvet...

Publié le par christine brunet /aloys

Cathie Louvet... Un nom qui nous dit bien évidemment quelque chose sur ce blog ! Elle participe à notre revue "Les petits papiers de Chloé" depuis peu. Elle est blogueuse : "legere imaginare perigrinare", c'est elle. Elle écrit également : j'ai publié sur aloys la chronique de roman roman historique "De glace et de feu". Des activités et des passions multiples... Une interview s'imposait... Forcément !

 

Tu veux bien te présenter, stp ? 

Tout d'abord, un grand merci à toi Christine de me « recevoir » et pour ton intérêt pour mon bouquin et mon activité d'écrivain.

Si je devais me présenter, je dirais que je suis avant tout une très grande passionnée de lecture et de littérature. J'ai commencé à lire de manière quasi compulsive dès l'âge de 8 ans. Et devinez quelles étaient mes lectures préférées ?? Je vous le donne en mille...Toute la série des « Alice » et des « Soeurs Parker », « Le club des cinq », « Les six compagnons ». J'étais déjà attirée par les histoires de mystère et d'enquêtes...

Après des études de Lettres Modernes et d'histoire, j'ai enseigné en lycée pro et collèges, mais j'ai rendu mon tablier il y a quelques années pour me consacrer à mes activités littéraires. Je me considère avant tout comme écrivain, même si pour l'instant je traverse une période de désert en matière de création littéraire...

 

 

Comment te qualifierais-tu ? blogueuse compulsive, lectrice compulsive, les deux ? 

Indéniablement lectrice compulsive...Mon rêve absolu : hiverner de la Toussaint jusqu'à Pâques avec une montagne de livres à lire et de la nourriture, of course...

Je ne pense pas être une blogueuse compulsive, même si je consacre beaucoup de temps à rédiger et publier mes articles.

 

Qu'est-ce qui t'a décidé à créer un blog littéraire ? Un déclencheur ? tes motivations ? 

En réalité, je ne sais pas trop mais je vais essayer de retracer la genèse de ce projet:)  A l'époque, il y a trois ans, ma fille aînée tenait un blog consacré au maquillage et à tout ce qui touche à l'esthétique. Je me suis intéressée à son activité et un jour je lui ai demandé si c'était compliqué de créer un blog. Je pense que l'idée de partager mes lectures avec d'autres passionnés faisait son trou depuis un bon moment dans un coin de mon esprit.

Avec son aide, j'ai alors créé mon premier blog qui n'avait rien de très abouti ; les articles étaient très succincts et, à l'époque, je ne détaillais pas. Mais quand j'ai vu que ça marchait plutôt pas mal, j'ai eu envie de passer à autre chose, car je me suis découvert une nouvelle passion : écrire des chroniques de livres.

J'ai donc créé mon blog WP en septembre 2016, avec pour motivation de partager mes lectures mais aussi de donner aux lecteurs un plus : les coulisses des livres lus en parlant des personnages, des lieux, de la structure de tel ou tel roman, l'auteur, etc...Plus j'écrivais d'articles, plus j'avais de retours positifs, plus j'ai eu envie de « professionnaliser » mon activité.

 

Généralement, les blogueurs se canalisent sur un seul aspect du sujet traité... Policiers, thriller, sf, etc. Toi, tu as choisi de traiter le genre policier dans son ensemble et tu vas plus loin en proposant des articles sur des affaires qui ont, par le passé, défrayé la chronique. Pourquoi ?

Ahhh, la bonne question...:) Parce que le genre policier recouvre de nombreux sous-genres, tout aussi passionnants les uns que les autres ; même remarque pour le genre appelé « thriller » ; aussi parce que je considère que les littératures policières occupent une très grande place dans le monde littéraire et donnent lieu à de nombreux romans de très grande qualité. A mon sens, écrire une bonne intrigue policière ou un bon scénario de thriller requiert de véritables qualités littéraires. Tout comme le comique au cinéma, écrire un polar ou un thriller est un exercice bien plus complexe qu'on le croit.

Je suis également passionnée par l'Histoire et j'ai eu envie d'écrire des articles sur l'histoire du genre( série bien loin d'être achevée), comprendre pourquoi et comment sont nées les littératures policières. Dis-moi ce qu tu lis, je te dirai qui tu es...en quelque sorte. Il est très éclairant de se pencher sur les goûts littéraires d'une époque ou d'une société ; on en apprend beaucoup...

L'idée d'écrire des articles sur des affaires criminelles célèbres m'est venue assez récemment, au cours d'une visite à la médiathèque de Rennes. Je suis tombée sur le rayon «  criminologie » et là je me suis dit que, vu l'engouement du public pour les polars et les thrillers, ça pourrait intéresser mes lecteurs. J'ai à ce propos d'autres projets de séries pour les mois à venir. J'ai même envisager de créer u autre blog uniquement consacré à cet aspect de mon activité...On verra ça plus tard (Rires)

 

 

Tu n'es pas seulement à la barre de ton blog... Tu collabores également à d'autres blogs ! Quels sont-ils ? Comment les choisis-tu... Et tu prends le temps où ?

Ma collaboration à d'autres blogs s'est faite d'une manière fortuite. Ça a d'abord été Zonelivre, site sur lequel je ne publie que mes chroniques de polars et de thrillers, ainsi que celles concernant les romans scandinaves. Grâce à ce site, j'ai pu nouer des contacts avec des éditeurs et des écrivains, participer à la grande aventure de la littérature...(Sourire)

Je publie également des articles sur Collectif Polar, essentiellement ceux concernant les grandes affaires criminelles ou la police scientifique. J'ai choisi  ces deux sites parce qu'ils s'intéressent au même thème que le mien ; je voulais aussi, par ce biais, m'ouvrir à la blogosphère, avoir des contacts avec d'autres passionnés et d'autres blogueurs, car j'ai conscience que j'exerce une activité très solitaire.

Je publie également sur le site Les Yeux Fertiles et SherlockStLouisetCie ; ce sont eux qui m'ont sollicitée et j'avais envie de tenter cette aventure de faire vivre un autre blog que le mien, ce qui, en réalité, ne me demande pas tant de boulot que ça étant donne que je publie des articles que j'ai écrits pour mon propre blog.

Depuis septembre dernier, je suis également chroniqueuse pour la plateforme SimplementPro dédiée aux auteurs auto-édités, activité que j'apprécie beaucoup car cela me permet d'aider et de conseiller de jeunes auteurs ( activité à l'origine du projet dont je te parlerai dans la 7e question).

Avec Sherlock et cie, c'est un peu différent : c'est un site sur lequel j'ai un espace réservé pour des rubriques plus en rapport avec ma passion pour l'histoire. J'ai par exemple le projet d'écrire une série sur des hommes d'église célèbres ou pas, ayant vécu à différentes périodes du Moyen-Age. J'y ai également un espace professionnel pour un autre projet dont je vais te parler à la question suivante.

 

 

Parce qu'en plus tu es écrivain... Explose-nous ton univers, stp... Du policier ? Parle-nous de ton bouquin... 

Mon univers d'écrivain n'a aucun rapport avec les littératures policières. Il s'agit de romans historiques. En fait, quand j'ai commencé à écrire, je voulais allier ma passion pour la littérature avec ma passion pour l'histoire. J'avais envie de raconter des événements s'étant déroulé dans le passé mais sous forme romancée, d'une part pour que la lecture en soit plus agréable qu'un essai, d'autre part pour toucher un public plus vaste.

« De Glace et de Feu » est né de mon errance dans le fonds normand de la médiathèque de Saint-Lô, dans la Manche, où je vivais à cette époque. Je suis très curieuse de nature et après avoir parcouru différents ouvrages sur la naissance du duché de Normandie, l'idée m'est venue d'en raconter l'histoire. Mais très vite, mon projet littéraire est devenu plus ambitieux : fascinée par la civilisation viking très peu ou très mal connue, j'ai eu envie de raconter leur saga en restant le plus près possible de la réalité avérée. Me rendant compte qu'une partie de leur histoire chevauchait l'histoire de l'empire carolingien, j'ai imbriqué les deux histoires en une seule. Et voilà !!

Ce projet m'a demandé presque six années de recherches, car je voulais reconstituer la vie de ces gens et les événements historiques au plus près possible de la réalité. Je voulais raconter l'Histoire tout en racontant l'histoire de personnages fictifs qui auraient pu exister tels que je les ai décrits. Le second tome est en cours de rédaction finale depuis deux ans ; quant au troisième, il est en chantier...

 

Des projets ? Des envies ? 

Oui, toujours...Mon cerveau turbine à fond , j'ai d'ailleurs beaucoup de mal à le suivre (rires)

J'ai un projet qui me tient particulièrement à cœur : la création d'un cabinet d'accompagnement littéraire prposant différents services : correction complète de manuscrit ; fiche de lecture pour permettre à un auteur d'améliorer son manuscrit ; expertise ; conseils d'écriture ; mais aussi recherches pour des écrivains qui n'en ont pas le temps ou pas l'envie.

Je voudrais également professionnaliser mon activité de critique littéraire soit en proposant mes articles à diverses revues, soit en animant une émission radio, etc.

Mes envies : trouver un autre éditeur qui prenne mon travail plus au sérieux  que Publibook qui a publié le premier tome, structure qui ne propose pas grand chose pour m'aider à promouvoir mon livre. J'avoue être dans une phase de découragement et ne plus trop m'en occuper actuellement, ce qui m'attriste car je voudrais vraiment que mon activité d'écrivain débouche sur une certaine reconnaissance, moteur pour moi indispensable à la création littéraire. J'ai pourtant des projets de romans, mais pour l'instant l'étincelle n'est plus là...

 

 

Merci beaucoup pour le temps accordé !!!

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

Publié dans présentations, interview

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Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »

Publié le par christine brunet /aloys

Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »
Interview de Marie-Noëlle FARGIER par « Secrets de Polichinelle »

 

Interview par « Secrets de Polichinelle »


 

Les titres de ses romans attisent la curiosité, il était donc temps de rencontrer Marie-Noëlle Fargier...


 

1) Peux-tu nous expliquer ce qu'est une "bukinê" et un "camaret" (Je connais "Les filles de Camaret", mais bon...) ?...

- Une "bukinê" est un mot d'origine grecque qui signifie une coquille de poisson, utilisée comme moyen de communication par les bergers (comme un sifflet). J'ai gardé ce moyen de communication dans mon roman. Dans mon histoire, la bukinê est le seul échange que peuvent avoir trois soeurs que la loi a séparées. Je voulais également traduire le son dans mon titre. Le son qui a une grande importance, d'une part pour la traversée du temps, "La bukinê d'Anna" se situe plus de mille ans avant Jésus-Christ, d'autre part, un de mes personnages principaux est musicienne. On retrouve la bukinê dans "Le Camaret d'Achille" (suite de "La bukinê d'Anna"). Cet objet est toujours là, retrouvé au pied d'une chibotte au 19ème siecle par une famille de Vals composée, elle aussi, de trois soeurs. Une rencontre va conduire l'une d'entre elles à vivre à Arlempdes, plus précisément dans un lieu-dit très proche de ce village "Le Camaret". Voilà pour répondre à ta question (eh oui, il y a plusieurs "Camaret" !)

2) "La bukinê d'Anna" est ton premier roman... tu viens de sortir un second, "Le Camaret d'Achille",... ils ont donc un lien...

- Comme je viens de le dire, un des liens est la bukinê, cet objet étrange qui a défié le temps (on voit bien que c'est une fiction !). D'autre part, on retrouve ces trois soeurs avec des noms différents mais des traits psychologiques identiques. D'une certaine façon, l'environnement, l'évolution, etc. auront-ils la mainmise sur leur comportement ou vont-elles garder ce qui fait leur différence, leur originalité, leur individualité ? Un autre lien capital est l'intrigue qui se déroule tout au long du roman. Des destins se croisent mais est-ce vraiment un hasard ? Des lieux se ressemblent (le Crouzas appelé la Cité d'Hélios dans "La bukinê d'Anna" et le Camp d'Antoune qui surplombe Arlempdes), des rêves étranges ou des visions, mais est-ce vraiment le hasard ? Sans quoi "Le Camaret d'Achille" peut être lu sans sa grande soeur "La bukinê d'Anna". Le changement d'époque, etc. m'a donné cette liberté.

3) "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine... un roman qui frôle le fantastique, donc il est légitime de prendre une certaine liberté avec la réalité...

- Oui, "La bukinê d'Anna" est une réflexion sur la nature humaine. Je trouve intéressant de l'observer dans ce qu'on appelle "son évolution" et avec toujours les mêmes questionnements, quelle que soit l'époque. Cette nature humaine fidèle à la pyramide de Maslow où parfois les besoins sont perturbés et renversent la pyramide. C'est peut-être là le côté "fantastique" de mes romans. J'utilise le rêve, l'illusion pour les cartésiens et le reste au bon vouloir du lecteur. Mon roman "La bukinê d'Anna" a été dénoncé parce que, à l'instar d'Albert Boudon Lashermes, j'ai fait des chibottes un lieu d'habitation. Quelle impertinence ! Je ris, car oui, je suis romancière...

4) Déjà de nouveaux projets ?...

- Si les Dieux le veulent... oui, la suite va voir le jour avec encore plus de liberté puisque le côté fantastique va prédominer. Un conte pour enfants est en cours...

5) Sur une île déserte, quels sont les 7 (chiffre magique) livres que tu emporterais ?...

- Si j'étais sur une île déserte, j'amènerais Troyat (j'adore son univers), Baudelaire, Verlaine pour la musique de leurs mots. Zola pour me rappeler que la vie en société n'est pas si rose et une île déserte n'est pas si mal, un livre de photos avec des paysages, la faune, la flore et les grandes oeuvres humaines d'architectes, de peintres, etc. pour ne pas oublier que l'homme peut être extraordinaire. Et puis un livre de chansons pour continuer à chanter et enfin un livre aux pages blanches pour écrire. Pour le chiffre 7, j'aime la magie 

 

Publié dans interview

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Une interview de Christine Brunet pour "Les secrets de Polichinelle"

Publié le par christine brunet /aloys

Si l'année 2017 a été fort chargée pour Christine Brunet, l'année 2018 ne s'annonce pas moins riche en activités diverses pour l'auteure/présentatrice...


1) L'année 2017 s'est terminée avec une "grande dis" pour toi... Le blog "Legere/Imaginare/Peregrinare" (Cathie Louvet) place ton roman "Convergences" en deuxième position dans le classement des thrillers d l'année... et Bob Boutique obtient la troisième place avec "2401"...
- Petite erreur de classement : Bob deuxième avec "2401" et moi, troisième avec "Convergences"... Super cool. Cathie Louvet, c'est une super blogueuse très impliquée auprès des auteurs, une passionnée qui chronique également pour "Zonelivres", etc. etc. et... qui est également auteure !


2) Ainsi Actu-Tv change sa programmation... 3 émissions tous les deux mois ! En qualité de présentatrice, c'est un surcroît de travail, non ?...
- ... Oui et non... Moins de raccords mais je dois être plus dispo. Pas grave, c'est toujours du plaisir et de la découverte ! Et puis l'émission va être plus dynamique et ça, c'est bien !


3) Tu sors des romans à une cadence infernale, comment fais-tu ?...
- ... Infernale ? Non... Un par an... Certains auteurs de thrillers en sortent deux comme Chattam par exemple. J'en sors un lorsqu'il est prêt, lorsque j'en suis "contente". Je suis chanceuse, mes lecteurs sont toujours à l'affût. Pour le prochain, ce pourra être début 2019... ou fin 2018 pour Noël si j'y arrive. Mais je ne veux pas me mettre la pression : pas question de bâcler mon bouquin !


4) Que prépares-tu en ce moment ?...
- Deux thrillers... Voilà pourquoi ça prend plus de temps... L'un avec mon héroïne légiste et l'autre avec Axelle. Et puis, j'ai une autre idée... Mais là...


5) Sur une île déserte, quels sont les 7 (chiffre magique) livres que btu emporterais ?...
- "Le Comte de Monte-Cristo" et "Les Trois Mousquetaires" d'A. Dumas, "Le bouchon de cristal" de M. Leblanc, "L'eau des collines" de M. Pagnol, "Le Seigneur des Anneaux" de Tolkien, "Chaos" de B. Boutique, "Dracula" de B. Stoker. Mais je demanderais une petite rallonge... 7 livres, c'est peu !

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ACTU-tv entame sa huitième année ! Bob Boutique fait le point. Une interview de Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

ACTU-tv entame sa huitième année !  Bob Boutique fait le point.    Une interview de Christine Brunet

 

ACTU-tv entame sa huitième année ! le site

Bob Boutique fait le point.

 

Une interview de Christine Brunet

 

C- Huit ans déjà ! A dix on organise une grande fête ?

 

B- Ce n’est pas exclu, surtout que d’ici là, sur le plan privé, pas mal de choses auront évolué et changé en bien en ce qui me concerne. J’y songe.

 

C- Au fond tu es un indécrottable optimiste ?

 

B- Vrai, j’ajouterais même à la limite de la naïveté. Je ne me demande jamais si ce qu’on entreprend va réussir. Dans mon esprit c’est garanti, à condition de bosser bien sûr. Il faut prendre « réussir » entre guillemets of course, mais monter quelques gradins de l’échelle me suffit. En fait je commence à me poser des questions que lorsque j’ai l’impression qu’on fait du sur place, qu’on pédale dans la choucroute.

 

C- Ben 2017 s’est bien passé dans l’ensemble ?

 

B- Oui sans conteste. On est passé sur YouTube, on a trouvé de nouveaux chroniqueurs de marque comme Marc Quaghebeur, Richard Miller ou Sylvie Godefroid… On a récupéré la petite Anne-Sophie Malice et surtout, surtout, on a confirmé les piliers de l’émission comme Edmée De Xhavée et Carine-Laure Desguin qui commencent même à devenir de vraies pros ! Sans t’oublier toi Christine… mon avis : tu as réussi à trouver et imposer ton style, tu es devenue l’image indispensable de l’émission et… bon je ne vais pas en rajouter. Je te connais tu vas supprimer des phrases !

 

C- Hummm... Et puis on a fait des essais, des tentatives…

 

B- On n’arrête pas ! Parfois ça ne convainc pas vraiment comme « ça passe ou ça casse », « Le Concombre Masqué » ou nos séquences sur la littérature flamande qui ont connu peu d’écho… je le regrette. On y reviendra… et parfois ça marche là où on ne s’y attendait pas. Je songe à nos clips musicaux par exemple.

 

C- Tu parles des compositions originales d’Aurélien Belle, Michel Azaïs, Fabienne Coppens etc…

 

B- Oui, même si ces vidéos ne sont pas encore tout à fait au point. Le clip est une formule qu’on ne domine pas encore, notamment au niveau du lipping (la synchronisation parfaite entre le mouvement des lèvres du chanteur et les images). Mais je parie qu’on va y arriver cette année, tout s’ apprend et on est très têtus.

 

C- Surtout toi ! Pourquoi cette idée de créer des clips ?

 

B- Parce qu’on a toujours cherché à renvoyer l’ascenseur. Beaucoup d’artistes acceptent qu’on diffuse leurs musiques gratuitement et méritent donc qu’on les aide en retour. Un clip, ça coûte une fortune à la réalisation, plusieurs milliers d’euros ! Je ne parle pas d’une vidéo filmée à la sauvette sur une scène. Ca, n’importe qui peut le faire avec un téléphone. C’est très souvent mauvais et perso je trouve que ça nuit plus à l’interprète qu’autre chose… non je parle ici d’une vraie réalisation de film, avec un scénario, une ambiance etc… c’est super amusant à créer mais ça prend un temps fou… à tourner et encore plus à monter.

 

C- Et les exposés quasi pédagogiques de Marc Quaghebeur sur la littérature belge ?

 

B- Nous en sommes très fiers ! Non seulement ces conférences de niveau universitaire sont remarquables mais utiles et cadrent parfaitement avec la niche de téléspectateurs dans laquelle nous nous sommes installés. Celles et ceux qui s’intéressent à la littérature et ce que nous appelons les arts associés… peinture, bédé, médias… la culture quoi. Avec un petit « c », on se méfie de l’autre.

 

C- Et le Polichinelle ?

 

B- C’est un personnage que nous avons créé pour 2018 et qui prend rapidement de l’ampleur. Il sait tout sur tout et on ne sait pas comment ? On verra comment il évolue mais je suis assez confiant. C’était une bonne idée.

 

C- Je le crois aussi ! Parlons un peu de ces « visionneurs », comment se caractérisent-ils ?

 

B- En chiffres, on approche des 300.000 vues sur YouTube auxquels il faut ajouter les milliers de visiteurs de notre site et de tous les autres blogs de plus en plus nombreux qui acceptent de nous relayer, comme Aloys en première loge. C’est beaucoup et en même temps peu si on songe qu’un buzz même insignifiant peu totaliser un million de vues sur internet. Mais on parle d’autres contenus et puis notre chiffre progresse tout le temps, lentement, sûrement. Nous, on croit à la durée et puis par défaut… qu'est-ce qu'il y aurait sur ce plan si on n’était pas là ? Rien ou presque.

 

C- Vous savez qui sont ces téléspectateurs ?

 

B- En gros, selon nos dernières statistiques, 42% de belges, 38% de français (en hausse constante) et le reste divers ou indéterminés. 72% d’hommes ??? Je trouve ça étrange mais c’est comme ça ?

 

C- Bizarre, en effet ! En gros, qu’est-ce qui a changé depuis les débuts et qu’est-ce qui va changer en 2018 ?

 

B- Le point le plus marquant : la facilité que nous avons aujourd’hui de contacter les acteurs culturels. Il y a cinq ans, il nous fallait des mois pour obtenir l’accord d’un écrivain connu ou d’un responsable audiovisuel. Aujourd’hui, on commence à avoir un carnet d’adresses intéressant et puis on connaît de plus en plus de monde ce qui facilite grandement les contacts.

 

C- On vous prend au sérieux ?

 

B- On peut le dire comme ça. Je crois surtout que le petit monde littéraire belge (en France on ne représente pas encore grand-chose) a compris qu’on faisait de notre mieux pour être professionnel et aussi que nous sommes impertinents (parfois) mais justes. On n’a qu’une parole, on peut nous faire confiance, on tient nos engagements et tous les membres de l’équipe ne parlent que d’une seule voix.

 

C- Jamais eu de disputes ?

 

B- Non jamais. Une seule défection en huit ans avec un ami qui reste un ami mais n’a pas réussi à s’intégrer. Le principe est simple, chacun (bénévole rappelons-le au passage) entre et sort librement comme il veut et quand il veut. On se critique parfois (tu en sais quelque chose) mais toujours dans un sens positif, pour mieux faire et à la longue ça nous améliore.

Sur 1020 reportages, trois seulement ont posé problème car l’interviewé voulait modifier des choses ce que nous avons toujours refusé… et quand on entre tête baissée dans un problème qui agite le petit monde culturel, on veille toujours à présenter les versions des diverses parties.

 

C- Pas de politique ?

 

B- Sûrement pas, ni politique ni religion. Je t’avoue même que j’ignore les opinions politiques des membres de l’équipe et c’est très bien comme ça.

 

C- Des améliorations techiques ?

 

B- Oui, on travaille depuis 2017 avec des fonds d’écran, on multiplie les jingles et surtout (mais ça c’est vrai depuis cinq ans) on est passé à la haute définition. J’aimerais bien passer à un logiciel de montage plus pro mais il faudrait le temps de s’y consacrer et d’apprendre… je croise les doigts.

 

C- Il y a enfin un changement de programmation ?

 

B- Oui, on a décidé de passer d’une émission d’une heure et demie par mois, à trois émissions d’une heure tous les deux mois. Ca fait longtemps qu’on y pensait sans arriver à se décider, car ça remettait l’organisation en cause… mais réflexion faite, ce sera une bonne chose. On collera mieux à l’actualité et l’ensemble sera plus dynamique, du moins on l’espère. On va écourter également tes interventions entre chaque séquence, ça fait des années que tu le demandes. Tu vois, à force de taper sur le clou…

 

C- Une dernière chose : beaucoup d’auteurs nous demandent ce qu’ils ou elles doivent faire pour passer dans l’émission ?

 

B- Là notre réponse est claire et précise : RIEN. C’est nous, en fait un comité de programmation, qui prenons contact avec les acteurs qui nous intéressent ou ont réussi à attirer notre attention. Que chacun continue évidemment à essayer d’exister comme à se mettre dans la lumière, c’est non seulement de bonne guerre mais nécessaire, on appelle ça une ambition positive, mais il est inutile de nous envoyer 36 mails ou de nous engueuler… le comité analyse, s’informe et prend ensuite l’initiative.

 

C- Avec un avantage pour les auteurs de Chloe des Lys ?

 

B- Non, même si Laurent Dumortier nous aide et nous suit depuis la première heure. On reconnaîtra plus souvent des écrivains de cet éditeur parce qu’ils composent une partie importante de nos amis et amis de nos amis mais sans autre raison. D’ailleurs nous ne cessons de parler des autres maisons d’édition, petites, moyennes ou grandes…

 

C- Bien compris. On se revoit en 2019 ?

 

B- Je ne te répondrai pas « si dieu le veut » car je ne suis pas croyant, mais oui, si « le ciel ne nous tombe pas sur la tête. »

MERCI Bob !!!

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Interview à bâtons rompus avec Alice Masson... France Net Infos... Mais de quoi s'agit-il ?

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

 

J'ai rencontré au 26e Carré des Ecrivains Marseillais Alice Masson, stylo et carnet à la main, le regard rivé sur les bouquins puis sur les auteurs... Conversation engagée, j'apprends qu'elle intervient pour un journal d'info qui publie sur le NET, FRANCE NET INFOS. 

 

Je dois avouer que je ne connaissais pas... Elle ne me connaissait pas non plus, voilà qui tombait à pic ! Quelques échanges plus tard, cette interview est née... 

 

France Net Infos... Il s'agit donc d'un média en ligne mais encore ? Effectivement, c'est un web journal qui propose des articles par secteur géographique et par thèmes (sport, culture, beauté, voyage, etc...).

 

Sa date de création ? 

Le journal a été créé en 2000, c'est une association à but non lucratif.

 

Créé par qui ? Par Mikaël Buffard qui est le rédacteur en chef.

 

Créé dans quel but ? Pourquoi ce support "web" ? Mikaël est un passionné d'information et de journalisme, il a su fédérer autour de lui d'autres passionnés, chacun dans sa branche, qui relaient des informations dans de nombreux domaines.

 

Une idée du nombre d'intervenants ? Nous sommes 80 rédacteurs.

 

Wouah ! La zone géographique touchée ? Toute la France.

 

Fantastique ! Une idée de la portée de votre média ? Notre site a compté 100 000 visites pour 2017 (et ce n'est pas encore la fin de l'année !, un record...).  

 

C'est clair ! Pourriez-vous me parler de l'équipe ? De vous ? Votre rôle, votre démarche...
 
Nous travaillons de manière très autonome, l'équipe est constituée de bénévoles qui peuvent s'emparer des sujets qu'ils veulent dans la mesure où il y a une information à transmettre bien évidemment. Vous pouvez lire mes chroniques ici :
 
 
Pour ma part, j'ai vu une annonce sur le net disant que FranceNetInfos recherchait des rédacteurs, j'ai postulé et j'ai été admise. C'était fin 2012 et mon projet était de couvrir l'événement Marseille capitale européenne de la culture 2013. J'ai commencé comme ça et puis j'ai continué. A ce jour, j'ai publié plus de 650 articles sur de très nombreux sujet, surtout sur les événements concernant Marseille et les alentours. Dès la création de la rédaction Littérature, j'ai intégré l'équipe pour publier des chroniques littéraires.
Je suis passionnée par la lecture et l'écriture. Travailler dans cette rédaction me permet de recevoir des livres de la part des services de presse, d'échanger avec les auteurs par mail ou sur FB (dernièrement j'ai eu un très bel échange avec l'auteur Gilbert Sinoué qui m'a dit que mon article sur son dernier roman l'avait beaucoup touché), ces marques d'intérêt sur mon travail sont très importantes pour moi. Certains auteurs m'envoient leurs livres à mesure qu'ils sortent parce qu'ils savent que j'aurai une lecture attentive et bienveillante sur eux. Je suis très attentive à ne pas froisser les auteurs car je sais le travail colossal que demande l'écriture d'un livre et je le respecte.
J'essaie dans la mesure du possible d'aiguiller les lecteurs sur tel ou tel ouvrage selon leurs goûts pour qu'ils ne soient pas déçus, je ne sur-vends pas, j'essaie d'être objective tout en expliquant les émotions que m'ont procuré la lecture de l'ouvrage en question.

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Un interview de Jean-François Foulon signé Jean-David Herschel pour la revue ONUPHRIUS

Publié le par christine brunet /aloys

Un interview de Jean-François Foulon signé Jean-David Herschel pour la revue ONUPHRIUS

 

Conversation avec Jean-François Foulon

Posted on  Revue n°7

http://onuphrius.fr/conversation-avec-jean-francois-foulon/

« Ecrire, c’est chercher des réponses et y arriver rarement. »


 

Onuphrius – Jean-François Foulon, vous êtes très attaché à la terre et à la forêt wallonnes de votre enfance. L’enfant que vous étiez, qui s’est exercé à la version grecque et latine sur Homère et sur Virgile, a-t-il également reçu une culture littéraire spécifiquement belge ?

Jean-François Foulon – Non, on n’étudie pas spécialement les auteurs belges en Belgique francophone, du moins quand j’étais sur les bancs du lycée (qu’on appelle collège ici). On peut le regretter, car il y en a de bons. Je dirais même qu’on peut s’étonner de la vitalité littéraire qui existe en Wallonie et à Bruxelles. Mais si on réfléchit à la diffusion de cette littérature, on va vite tomber dans des problèmes politiques (au sens étymologique de πόλισ, la cité, l’assemblée des citoyens). Alors que la Flandre a une identité forte, ce n’est pas le cas en Wallonie francophone, puisqu’elle est voisine de la France et qu’elle est de culture française (avec certes des particularités, mais comme on peut en avoir dans n’importe quelle région de France). Difficile donc de s’affirmer comme différent dans un tel contexte.

Ajoutez à cela que toutes les grandes maisons d’édition se trouvent à Paris. Etre édité à Liège, à Charleroi, à Perpignan ou à Rennes a moins de prestige que de sortir un livre à Paris. Un écrivain « belge » va donc apparaître comme mineur aux yeux de ses compatriotes, tant qu’il restera en Belgique ; et il ne sera vraiment reconnu que lorsqu’il sera chez Gallimard, Grasset ou quelques autres. Tout cela explique sans doute pourquoi le milieu scolaire s’intéresse relativement peu à la production locale. Le Québec, îlot francophone dans un univers anglo-saxon, a davantage tendance à privilégier ses auteurs. Si la Wallonie était indépendante, on peut supposer que la situation évoluerait (c’était un peu le récent rêve de la Catalogne), mais elle est sous la coupe de la capitale fédérale. Pour le dire autrement, le drame de la Wallonie, c’est qu’elle a une capitale administrative qui est Bruxelles et une capitale culturelle qui est Paris.

Tout cela pour dire que ma formation littéraire à l’école (au lycée comme à la faculté) a été axée sur la littérature de France, ce que personnellement je ne regrette pas puisque ma mère était française et que je suis à l’aise dans les deux pays. Je me sens très peu belge, en fait, et à ce titre la belgitude, comme on dit, ne me « parle » pas. Et puis la littérature est universelle, elle traite de l’homme et de la femme en général, de leur place dans le monde, de leurs amours, de leur désespoirs, de leurs rêves. Ne la cantonnons pas à un morceau de territoire.

O. – Plus généralement, quels sont les auteurs qui ont été décisifs pour former votre sensibilité de lecteur, puis d’écrivain ?

J.-F. F. – Bonne question. On peut lire des centaines de livres, il y en a toujours quelques-uns qui sortent du lot. Pour ceux-là, on sait au moment où on referme le volume qu’on n’est plus le même qu’avant, tant on a été marqué au plus profond de soi.

Le premier livre de vraie littérature que j’ai lu, c’était Les Misérables de Victor Hugo. J’avais treize ans et j’avais été impressionné par cette plume qui courait sans effort apparent sur le papier, et qui vous racontait des histoires si bouleversantes. Après, il y a eu Dostoïevski, dont j’ai pratiquement tout lu ; Malraux et La Condition humaine ; puis ce fut Céline et son Voyage, incomparable par son style et d’une humanité bouleversante. Je citerai également Garcia Marquez et Cent ans de solitude. Ce livre m’avait tellement marqué que je suis parti à la découverte des auteurs latino-américains, notamment Cortazar et Alvaro Mutis (Mutis, qui m’a certainement inspiré pour mon livre de poésie Le temps de l’errance, avec ses récits de marins qui prennent le large pour des aventures improbables). Dans le domaine anglo-saxon, je citerai Styron (La proie des flammes), Penn Warren (Les eaux montentLes fous du roi), McCarthy, et Malcolm Lowry (Au-dessous du volcan). N’oublions pas Boulgakov du côté russe (Le maître et Marguerite) et Pavese pour l’Italie. Dans le domaine français, j’évoquerai Camus, qui a marqué mon adolescence, Cioran pour sa lucidité et son désespoir, Flaubert pour le style, Fromentin pour Dominique et tout Giono. J’ai adoré les livres de Mauriac, qu’on présente de manière réductrice comme un écrivain catholique alors que c’est avant tout un auteur torturé. Les Essais de Montaigne sont eux aussi fondamentaux, comme les Rêveries de Rousseau. Pour terminer, je proposerai aussi les noms de Yourcenar pour l’intelligence et de Jules Vallès pour sa révolte. Du côté de la poésie, il y a d’abord Rimbaud, mais aussi Guy Goffette (un Belge) et Jaccottet.

Et puis il y a tous les autres, évidemment, qu’on a oubliés, mais qui sont restés en nous et qui doivent eux aussi guider notre plume à notre insu.

O. – Vous écrivez aussi bien des poèmes que des nouvelles, de longs récits et des romans. Ces différentes disciplines influent-elles les unes sur les autres pour donner son cachet particulier à votre écriture ?

J.-F. F. – Un poème, même en prose, ne se rédige pas de la même manière qu’un roman. Dans un récit court on est surtout concentré sur l’intrigue et sur l’intensité du message qu’on veut faire passer, tandis que dans un roman, on prend plus le temps de flâner, de faire des digressions. Mais il est parfois difficile de faire des distinctions. Ainsi, mes nouvelles sont généralement très longues, et sont plutôt de courts récits. Elles servent aussi parfois de point de départ à des romans. Le chapitre premier d’Obscurité était à l’origine une nouvelle. Même chose pour un roman actuellement en cours de lecture.

O. – Sans nouvelles d’elle se rattache à la littérature fantastique. Est-ce un cas isolé parmi vos œuvres ?

J.-F. F. – Non, j’ai écrit plusieurs nouvelles qui se rapprochent du fantastique. J’aime bien mettre le doigt sur cette ligne ténue qui sépare le monde réel d’un autre, qui est peut-être celui de nos rêves ou de nos cauchemars.

O. – Cette nouvelle nous transporte dans l’atelier d’un peintre. On a le sentiment que la peinture est un thème très important pour vous. Pouvez-vous nous en dire plus sur la place qu’elle occupe dans votre vie, et si le peintre-narrateur de cette aventure étrange s’inspire d’un personnage réel ?

J.-F. F. – J’adore la peinture mais serais absolument incapable de tenir un pinceau. Mais la peinture est fascinante car elle doit fixer sur la toile un moment unique et, à partir de là, faire comprendre toute une intrigue ou tout un ressenti. C’est un tour de force. L’écrivain, lui, est dans la description minutieuse d’une succession d’événements. Avec lui, le temps se déroule, avec le peintre, il se fige.

Pour revenir à la présente nouvelle, j’ai choisi un peintre comme héros pour honorer une démarche artistique différente de la littérature. Ce peintre est inventé et ne fait référence à personne. Yseut, par contre, a existé. Des affinités incroyables peuvent se révéler à travers une correspondance, et que celle-ci se fasse sous forme de courriels n’y change rien. S’ils vivaient aujourd’hui, Héloïse et Abélard échangeraient des emails !

« Je dois être à mon insu une sorte de troubadour… »

O. – Une scène poignante nous montre le peintre à la recherche éperdue de son inspiratrice inconnue, sur les routes, auprès des commerçants, ne sachant vers qui se tourner pour trouver celle qui toujours se dérobe. Parfois le rire s’invite au beau milieu de la difficulté – ainsi de la remarque du cafetier : « Ce n’est pas d’artistes qu’ils ont besoin, les gens d’ici, mais d’un vrai peintre en bâtiment, pour rafraîchir un peu les façades ! » Cette idée d’une poursuite exaltée, d’une quête douloureuse se trouve également, quoique différemment, au centre de votre roman Obscurité

J.-F. F. – Oui, en effet. Ecrire, c’est chercher des réponses et y arriver rarement. C’est vrai que mes personnages sont souvent en déplacement, probablement à la recherche d’eux-mêmes. C’est vrai dans Obscurité, mais aussi dans les poèmes2. Soit il s’agit de marins partis bien loin, malgré les tempêtes, vers des îles paradisiaques qui relèvent plus du rêve que de la réalité, soit il s’agit de poèmes d’amour qui sont une quête de la femme aimée, à jamais inaccessible. Je dois être à mon insu une sorte de troubadour…

O. – La quête trouve-t-elle parfois, chez vos personnages, une issue heureuse ?

J.-F. F. – Rarement. Je suis assez pessimiste de nature parce que foncièrement lucide. Obscurité se termine mal. Les six premières nouvelles d’Ici et ailleurs3, regroupées sous le sous-titre Afrique, tournent autour d’un amour impossible et d’un assassinat. Par contre, une nouvelle comme Le Temple du soleil montre l’engagement politique et social d’une femme déterminée. Elle agit, même si elle sait que son action sera sans doute vouée à l’échec (« C’est bien plus beau lorsque c’est inutile ! » comme disait le Cyrano de Rostand).

O. – Est-il indiscret de vous demander à quelle œuvre nouvelle vous êtes actuellement attelé ?

J.-F. F. – Un roman est actuellement en comité de lecture. S’il voit le jour, il devrait s’intituler Ardenne ; il raconte le cheminement intérieur et géographique (encore !) d’une femme dont le compagnon est décédé. Elle essaie de le retrouver à travers les souvenirs et les lieux où ils se sont connus. Cela l’amène à découvrir l’Ardenne, qu’elle ne connaît pas, mais qui était le pays natal de l’homme qu’elle a aimé.

Un autre roman est en cours d’écriture et traite, lui, de l’enfance malheureuse.

Propos recueillis par Jean-David Herschel

 

Publié dans interview

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