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interview

Philippe WOLFENBERG : l'écriture est "gravure d’émotions, de sentiments et de souvenirs sur le papier "

Publié le par christine brunet /aloys

Ah, curiosité, quand tu me tiens ! Dès qu'un nouvel auteur pointe son nez chez Chloé des lys, je n'ai de cesse d'en apprendre plus, de le cerner, de comprendre ce qu'il écrit et comment. Le plus souvent, cette curiosité se solde par un flop : l'auteur garde son univers pour lui et seulement pour lui. La frustration me guette alors.

Mais parfois il accepte de répondre à mes questions... Philippe Wolfenberg n'a pas hésité une seconde et je l'en remercie. Les questions se pressent comme d'habitude. Je dois faire un tri. 

Alors, commençons par le commencement : une courte présentation, histoire de faire connaissance...

 

Phil-3.jpgJe m’appelle Philippe WOLFENBERG (Philippe étant mon véritable prénom et WOLFENBERG, un pseudonyme qui veut dire « Montagne aux loups »). Je suis né à Liège, il y a un peu plus de 48 ans et j’habite à une dizaine de kilomètres de cette ville (l’avantage des espaces verts à quelques minutes de la métropole). Je travaille dans une asbl où j’occupe le poste de secrétaire. Je suis célibataire… Sans doute, mes chats sont-ils les seuls à supporter mon caractère impossible?

Pseudo original: pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que je suis proche de la nature ; donc, de la faune et de la flore et que le loup est un animal qui me fascine. J’avais donc opté, au départ, pour « Philippe WOLF »… Mais ça ne me semblait pas assez « accrocheur ». J’y ai ajouté « BERG » (montagne) et changé « WOLF » en « WOLFEN » (qui est le pluriel).

Depuis quand écris-tu ? Mes premiers textes sont vieux d’une vingtaine d’années. Du moins, ceux que j’ai gardés.

Les-etats-d-ame-de-la-lune-et-du-soleil--Philippe-Wolfenb.jpg Sinon, auparavant, j’avais déjà « griffonné » quelques ébauches, ça et là.

Tu écris en prose... Pourquoi ne pas avoir choisi la poésie, par exemple ? en as-tu déjà écrit ? J’ai débuté par la poésie… Et j’ai quelques dizaines de poèmes dans mes cartons (que je soumettrai, peut-être, à Chloé des Lys dans le futur).

Je pense que la poésie est plus esthétique que la prose mais ne permet pas de développer suffisamment un sujet.


Sans doute, oui. Définis le mot « écriture », s'il te plaît... Tâche ardue que celle-là ! Je dirais : mise des mots en musique ; thérapie ; gravure d’émotions, de sentiments et de souvenirs sur le papier ; besoin vital…

Pourquoi écris-tu ? Un déclencheur ?

Les-etats-d-ame-de-la-lune-et-du-soleil--Philipp-copie-1.jpgComme je l’ai déjà dit, c’est une sorte d'auto psychanalyse. Ca me permet, également, de vivre des vies qui ne sont pas (et ne seront, sans doute, jamais) les miennes. Enfin, il arrive que les événements m’obligent (le terme n’est pas trop fort) à martyriser le clavier. Ainsi, le premier chapitre de mon roman (en cours de publication chez Chloé des Lys) est autobiographique et ne devait, au départ, pas avoir de suite.

Ah ? Pour quelle raison ? le choix de la publication s'est-il imposé par hasard ?  Comme je considère l’écriture comme une thérapie, j’ai l’habitude de coucher sur le papier les événements (et les émotions) que j’ai des difficultés à gérer. Le premier chapitre de mon roman en est l’illustration. C’est le récit d’une soirée d’adieu. Je voulais en garder une trace écrite. Puis, l’idée d’en faire le point de départ d’une histoire plus longue s’est imposée ainsi que l’envie qu’elle soit publiée.

Ecris-tu pour toi, pour les autres ? Sans hésitation : pour moi… Mais il est vrai que voir mon « travail » apprécié par le plus grand nombre est une récompense que je ne néglige surtout pas.

Facile ou difficile d’être lu ? Trouver une maison d’édition n’est pas une sinécure. Sinon, pendant l’écriture de mon

Phil-1.jpg roman, j’avais pris l’habitude de donner à lire le résultat d’une journée de cogitation à quelques personnes de mon entourage. C’était toujours intéressant – et souvent gratifiant – d’écouter leurs « ressentis ».

Comment voit-on ta passion de l'écriture autour de toi? Je dirais que les ¾ des personnes à qui j’ai fait lire mon manuscrit ont été enthousiastes quant à la forme et au fond mais les encouragements sont rares. C’est un peu frustrant mais puisque j’écris avant tout pour moi, ce n’est pas vraiment un problème.

D’autres passions ? Lesquelles ? Ont-elles un lien avec l’écriture ? La lecture (surtout d’essais, actuellement), la photographie (mes deux sujets de prédilection étant la nature et les vieilles pierres), les balades (source d’inspiration pour l’écriture et la photographie), la musique (il ne s’écoule pas un jour sans que j’en écoute), la minéralogie, l’ésotérisme (qui, parfois, a des liens avec la passion précédente), l’informatique et le jardinage (avec une propension à collectionner les beaux bonsaïs).

Un lien entre toutes ces passions? Se retrouvent-elles dans tes écrits, les conditionnent-elles?

Phil-2.jpgLa recherche de l’esthétisme. La perfection de la nature a, sur moi, un pouvoir d’attraction extraordinaire. L’architecture et la décoration aussi. Et ça se retrouve, en effet, dans les descriptions qui parsèment mes écrits. Quelques touches d’ésotérisme sont, également, diluées dans l’ensemble. Bref, le lecteur attentif devrait en apprendre beaucoup sur mes passions (et sur moi-même) en lisant ce livre.

Quel est ton rapport avec tes personnages ? Fusionnel ! Je suis le héros de mon roman et il est moi, son créateur. Quant à sa « jumelle », je me suis inspiré d’une femme que j’ai adoré côtoyer par le passé. Je l’ai, bien sûr, rendue plus parfaite mais le souvenir que j’ai d’elle coïncide quasiment trait pour trait avec la belle méditerranéenne de mon livre. Il y a aussi une enfant qui personnifie mon regret d’avoir délibérément choisi de ne pas en avoir. Et les personnages secondaires sont, pour la plupart, calqués sur des gens que je connais (ou ai connus) et apprécie.

Nouvelle question, si tu veux bien... Peux-tu définir ton style ? J’aime que l’harmonie règne entre les mots… Que la façade soit belle et attirante. Je crois que le lecteur sera interpellé par les nombreuses descriptions (personnages et lieux) qui ponctuent le récit. Mais l’extérieur ne doit pas prendre le pas sur les émotions. Finalement, je ne raconte pas uniquement une histoire… Je tente de raconter la passion… Sans cette dernière, la vie ne vaut pas d’être vécue.

Compliqué de mettre le point final au récit ou est-ce un soulagement ? Au risque de me répéter, je suis le héros de mon roman. Et même si les aventures de mes personnages ne s’arrêtent pas au mot « fin », j’ai vécu le moment où mon index a frappé la touche « point » du clavier pour l’ultime fois comme très douloureux. Mais les nombreuses relectures que j’ai effectuées avant et après avoir envoyé mon manuscrit aux Editions « Chloé des Lys » ont été, au contraire, synonymes de renaissances multiples et bienvenues.

 

Me voilà au moment le plus délicat de l'interview, la conclusion... Allez, cette fois, ce sera un extrait choisi... Une autre approche, plus concrète de l'univers de l'auteur... Bonne lecture !

 

 

Les états d'âme de la lune et du soleil (Philippe WolfenbJe me suis levé tôt afin de profiter des premières heures de la journée. Caterina dort profondément. Au moment de quitter la chambre, je passe précautionneusement la main dans sa chevelure ébène. Cette assuétude tactile – que j’ai cultivée au fil de mes relations avec l’autre sexe – a, probablement, atteint son paroxysme depuis que cette merveilleuse strega1 m’a envoûté. J’écris un mot que je laisse à sa portée et, sans un bruit, je descends les escaliers. A mon passage, les chiens se redressent mais, sur un ordre de ma part, ne me suivent pas.

Le ciel est pervenche et vierge de tout nuage. Sous le souffle du vent, tiède et imprégné des senteurs matinales, le feuillage juvénile des arbres ondoie dans un bruissement feutré qui sied à la naissance tranquille du soleil.

Eparpillés aux quatre coins du parc, des massifs de fleurs printanières lui donnent l’apparence d’un tableau de Georges Seurat2.

Je longe l’étang, bordé de saules pleureurs et surmonté des volutes d’une brume ténue, puis remonte le cours du ruisseau qui s’y abîme après avoir donné vie à de multiples cascatelles.

A quelques mètres du pavillon, un chêne à la silhouette alambiquée protège le vieux banc sur lequel je viens de temps en temps me livrer à l’exercice délicat du retour sur soi.

Je repense à Elena. D’autres l’ont précédée mais elle incarne mon premier amour. Elle fut, en son temps, celle avec qui j’imaginais pouvoir défier les lois éternelles de la banalisation. L’aveuglement qui caractérise les esprits passionnés nous a conduits à répéter les mêmes comportements insensés jusqu’à ce qu’elle soit raisonnable pour deux. La raison… Parlons-en ! Elle conspire contre nous lorsqu’elle nous empêche d’atteindre la plénitude. C’est, du moins si mes souvenirs sont exacts, l’avis de Freud3. Et le mien aussi ! Même si Chloé a su pallier la dérobade de mon illusoire sœur incestueuse, j’ai cru ne jamais guérir.

Puis, Caterina est apparue. Les pages que nous écrivons, elle et moi, auraient dû l’être bien plus tôt. Le reste de mon existence ne suffira pas pour l’aimer comme elle le mérite. Y parvenir exigerait un millier de vies… Et encore ! Ce bonheur est tellement grand et tellement idéal qu’il est fait pour habiter les rêves et non une réalité trop étriquée qui l’emprisonne. Il fait mal tant il est impétueux, tel un océan déchaîné. Il est suffocant quand il s’insinue dans la moindre de mes respirations. Il est, surtout, l’étincelle primordiale qui me permet de trouver un chemin parmi les ténèbres où baigne ma personnalité abusivement tournée vers la démesure affective.

* Phil ?

Je me retourne. Elle porte une robe, légère et courte, aux motifs floraux variés. Par-dessus, un gilet la protège de la fraîcheur ambiante sans cacher le profond décolleté qui met ses seins en valeur.

* Viens t’asseoir…

* Pourquoi ne m’as-tu pas réveillée ?

* Tu paraissais si sereine… Et… Je voulais être seul…

* Oh ! Te fatiguerais-tu déjà de ma présence ?

* Tu le penses réellement ?

* Non ! Mais j’aime être rassurée…

* J’ai un besoin viscéral de te savoir à mes côtés… Mais, aussi singulier que cela puisse paraître, ton absence momentanée corrobore l’authenticité de cet axiome…

* Pendant que je m’habillais pour venir te rejoindre, j’ai allumé la radio… Elle diffusait la chanson de Rui Da Silva… Celle où une voix féminine suave répète « I need you so much… »1

1 J’ai tellement besoin de toi…

* Et ?

* Je pourrais passer des heures à te dire ces mots…

* Tu as déjà fait l’amour sur un banc ?

* Non !

* C’est le moment de combler cette lacune… Tu ne crois pas ?

Son rire espiègle, quand elle bascule en arrière sous le poids de mon désir, est la plus plaisante des réponses.


 

Christine Brunet

www.aloys.me

Publié dans interview

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Un projet... " Fantasmes révélés", une rencontre entre deux créateurs...

Publié le par christine brunet /aloys

 

0728-Silvana-portrait-casquette-600x400-pixelsCertains d'entre vous la connaissent déjà... Silvana Minchella est auteur chez Chloé des lys d'un premier roman, "Eveil", d'un livre à paraître "La Terre nous dit à Dieu" et journaliste occasionnelle pour l'Actu TV.

Quelle n'a pas été ma surprise en apprenant sa collaboration à un projet original, celui de "fantasmes révélés".

Mais quel est-il, exactement ?

De prime abord, il est le fruit d'une collaboration entre unjj-08-2009-02-21-Etreta.jpg illustrateur, Jean-Jacques Oppringils et une auteur, Silana Minchella autour d'un thème, la féminité. Jusque là, rien d'original, quoique...



Pour vous donner une idée plus précise du projet, je vous livre une présentation de cette oeuvre, de la démarche en tant que telle...

 

Une histoire de création...

 

Au commencement, il y a le rêve...

 

LSA-implantation-1.jpg

 


"J'aurais voulu être un Créateur. Si cela avait été possible, j'aurais réalisé au fil de mes œuvres une aventure de plus de vingt cinq milliards d'années... "

 

"Celle-ci aurait permis d'assister au passage d'un Univers tel qu'il est apparu, tel qu'il a existé, tel qu'il est vécu, à un autre ensemble sans doute totalement différent.

 fantasmes

Au départ, le chaos originel ferait place à une lente organisation de la matière provocant un Big Bang et ses destinées. L'Univers se serait refroidi, la matière se serait organisée de façon de plus en plus complexe jusqu'à former des galaxies, des étoiles et des planètes. Progressivement, l'eau source de vie serait apparue. Des océans, des continents formeraient quelque part une planète de couleur bleue. La végétation y aurait fait son apparition, devenant doucement luxuriante.

 

Les premières grandes civilisations apparaîtraient... évoluant jusqu'à aujourd'hui; la perception de la durée étant alors ramenée à l'échelle humaine durant quelques instantsthree-dimensional-feminity35-s500 pour contempler les grandes réalisations de l'humanité.

 

Inéluctablement, le fil de la vie reprendrait rapidement ses droits en quittant à nouveau notre propre espace-temps pour sans doute observer un jour l'emballement de l'ensemble du système... Cette planète et cet Univers tout entier se réchaufferaient, ils iraient inexorablement vers une disparition dans une fournaise générale jusqu'à l'éclatement sans altérer la vie d'autres univers parallèles. La matière se refroidirait à nouveau en se réorganisant d'une manière inconnue, totalement dissemblable de ce qui existait précédemment, comme si cela avait déjà été imaginé.

 

Par un nouveau geste d'une hardiesse diabolique, un Univers serait alors né, porteur de tous les possibles.

L'Art, la Musique, la Littérature, les Mathématiques et les Sciences y seront bientôt les Rois !

 

L'Anneau de l'Amour Infini n'a quant à lui pas été altéré durant ces 25 milliards d'années...

 

... Le rêve met en place une vision.... Celle de l'artiste... La création découle alors du rêve et se concrétise en une image multiple, criante de couleurs et de vie... Jean-Jacques Oppringils nous parle de son processus de création, résultat direct de sa vision...

 

Selon une vision simple de la vie, tout dans cette aventure n'y est que cycle. Une représentation artistique de ce "concept" en est l'Anneau...

 

L'Anneau de l'Amour Infini est alors celui qui englobe tous les autres. Il contient l'Anneau fini de l'Univers dans lequel tourne "l'Anneau de la Matière" dans lequel tourne "l'Anneau de la Géologie" dans lequel tourne "l'Anneau des Galaxies" dans lequel tourne celui de l'eau... et ainsi de suite jusqu'à "l'Anneau d'Humanité" dans lequel tourne "l'Anneau de Sublima" dans lequel "l'Anneau de Cerebrea" n'a lui eu qu'un seul cycle (comme cela a été le cas par exemple pour le palais de Versailles qui a perdu sa fonction)...

 

Quant à l'Anneau de la Féminité Tridimensionnelle, il représente à notre époque la

three-dimensional-feminity26-s500féminité dans notre univers.

Celui-ci communique par un Tunnel-Vortex  imaginaire vers l'autre univers de cette aventure à l'époque fort lointaine de l'Anneau de Sublima.

 

Il communique également avec L'Anneau de l'Amour Infini, celui qui englobe tout... mais aussi avec l'Anneau Diabolique !

 

C'est pour cette raison qu'il est tridimensionnel.

 

Il sera lui-même fait d'une multitude de plus Petits Anneaux en rotation en son sein et évoluant chacun dans des directions très différentes.

 

Ce dernier Anneau est celui qui permet de passer "D'un Univers à un Autre"

à partir de notre époque...

 

 

 

Mais où nous emmène l'imbrication de ces anneaux ?

 

J'interroge alors l'artiste qui me livre une autre explication... Il commence par m'éclairer sur son concept de sculpture monumentale :

 


 

Tout d'abord, il faut vous dire qu'il faudra sans doute un espace de 2 hectares de parc pour l'exposer. J'aimerais pouvoir le faire aux abords d'un château puisque cette création est, entre autres, un hommage aux grands bâtisseurs.

three-dimensional-feminity44-s500Cette sculpt
ure serait en fait réalisée à partir de mes estampes en grand format (au moins 200 x 200 cm de côté). L'ensemble de cette sculpture est constituée de près de 200 de celles-ci. D'où la grande surface nécessaire pour l'installer.

 

Je comprends mieux, en effet, le concept...  mais comment expliqueriez-vous plus simplement votre démarche artistique et la symbolique des anneaux ?

Chaque estampe de ce projet est à considérer comme un élément d'un Anneau. Vous pourrez voir un prototype d'un élément de l'Anneau de Cerebrea qui a été exposé (près d'un château) durant l'été passée en ouvrant le lien ci-après (pour cela, je vous invite à cliquer que le schéma enprojet4 vue aérienne de ce projet de sculpture et de descendre un peu plus bas dans la page qui s'ouvrira alors).

Prenons un exemple... celui de l'Anneau de Sublima. Cet anneau est constitué de plusieurs de mes estampes en grand format. Ces estampes ou éléments comme on vient de le voir sont mis verticalement par rapport au sol et donc positionnés en cercle ou, pour être plus poétique, sous la forme d'un anneau. Le plus gr
and de ces Anneaux est l'Anneau de la Féminité Tridimensionnelle qui fera plus de 40 mètres de diamètre et sera fait de 50 estampes. 

 

Je vous en livre une, exemple vivant du message que veut nous faire passer l'artiste...

 

 

 

En ouvrant le lien suivant vous pourrez aussi voir en haut de celle-ci une simulation d'un morceau d'un anneau.

http://www.oppringils.info/pages/anneaux/anneaux-info.php


Les +- 200 estampes ainsi mises en anneaux seront bifaces afin que l'on puisse "visiter" ces anneaux à l'intérieur comme à l'extérieur de ceux-ci.

En ouvrant la page suivante vous pourrez aussi voir en haut de celle-ci une simulation d'un morceau d'un anneau.

http://www.oppringils.info/pages/anneaux/anneaux-info.php

En cliquant sur le schéma
 de la sculpture vous pourrez en découvrir une à une toutes les estampes de la sculpture et aussi les 10 "vidéos" qui accompagnent cette création.


Je dois maintenant vous suggérer de découvrir le livre de l'Anneau de la Féminité Tridimensionnelle puisqu'il est une des clés de voûte de ce projet (il l'est avec l'Anneau Diabolique qui fera aussi l'objet d'un livre qui est en cours d'écriture).

projet3Ce livre vous permettra de comprendre toute la philosophie du projet. Vous y découvrirez qu'au moins 3 univers existent dans cette aventure. Tous ont été créés par l'Anneau Diabolique il y a bien longtemps... cependant personne ne sait combien d'univers ont ainsi vu le jour depuis la nuit des temps...

Vous trouverez cet ouvrage en ouvrant ce lien :http://www.oppringils.info/pages/livres/index.html (il est en seconde position).

Ensuite, toujours sur cette page, vous trouverez l'ouvrage de Silvana Minchella (Fantasmes Révélés) qui est lui un Anneau-Elément "tournant sur lui-même" au sein de l'Anneau de la Féminité Tridimensionnelle.

Je terminerais cet
te explication pour vous indiquer que ce projet tente bien modestement d'expliquer que tout n'a qu'un cycle de vie, qu'il s'agisse d'un être vivant, d'un palais, d'une ville, d'une planète, d'un soleil ou d'un univers !


projet1Il 
y a cependant des exceptions à cette règle... L'Anneau de l'Amour Infini (auquel se raccordent les "Fantasmes Révélés" de Silvana) ainsi que l'Anneau Diabolique (celui qui crée les univers) qui n'auront jamais de fin.... Ont-ils seulement eu un début alors qu'ils tournent sur eux-même sans fin ?


Mais ce n'est pas tout... Il existe encore une exception... et elle est de taille...

En effet, par ce projet et grâce à la science, l'humanité a trouvé le moyen de "vivre" sans fin elle aussi en passant lorsqu'il le faudra D'un Univers à un Autre...

C'est l'art et la littéra
ture d'aujourd'hui qui peut-être un jour inspireront nos scientifiques à chercher à mettre au point des Tunnels Heim-Jhay dont il est question dans le livre "clé de voûte" que je vous suggère de lire. La grande question restera de savoir si l'intelligence humaine parviendra à démontrer qu'il existe bel et bien des univers parallèles. Si tel est le cas et que ces univers ont des âges différents... alors... la survie de "l'humanité" et de ses pensées ou celles d'une "civilisation future" se poursuivra sans fin !


Qui sait aujourd'hui ce que la science de demain nous apportera ? Et pourquo
i pas aussi l'Anneau de l'Eternité de la Pensée ?


... je vais ici conclure par un sourire que je vous fais maintenant :

Promis, pour ma sculpture, je m'arrête à une surface 2 hectares..... et oui... cette oeuvre est 
elle aussi un Anneau Elément qui tourne dans celuiprojet2 de l'Anneau de l'Art et de la Créativité, lui-même Anneau Elément de l'Anneau de l'Eternité de la Pensée tout juste né depuis la découverte des Tunnels Heim-Jhay !


En conclusion, j'aimerais vous donner un exemple de la collaboration de deux processus de création... un reflet de l'image dans l'écriture... ou peut-être de l'écriture dans l'image ? Je vous propose, pour terminer, un texte signé Silvana Minchella...

 

Nr 44

 

Femme fleur

Corolle ouverte

Pistil dressé

Au nectar qui perle

 

Femme fruit

Que le couteau incise

Noyau éclaté

Chair dévorée

 

Femme enfant

Offrande pure

Que des mains obscures

Torturent

 

Je vous aime

 

 

 

Miroir-de-Sublime-JJO.jpg



 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com


Publié dans interview

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Alain Bustin nous dévoile son univers

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes2/albertmarathon.jpgPour moi, Alain Bustin, c'est avant tout une couverture, celle de son premier roman, et une présentation avec un autre auteur Chloé des lys, Marie-Claire Georges. Cela faisait un bon moment que je voulais en apprendre franchement plus... Voilà qui est fait... Mes premières questions puis une déferlante, un tac au tac qui en dit long sur la personnalité d'Alain Bustin...

 Alors, Alain, depuis quand écris-tu ? Pourquoi ? un déclencheur ou juste une envie en passant ?


A l'école, j'étais brillant mais absent, j'avais donc de très très mauvaises notes  sauf en rédaction.

Pour être sérieux, le départ de mon premier roman, c'est septembre 2005, un incident grave dans ma vie de père ! J'ose dire une question de survie. Mon fils, je voulais lui raconter une histoire...

 

Vraiment ! Tu attises ma curiosité ! Tu me donnes des précisions ?


Pour te mettre sur la piste : un père, c'est aussi et avant tout un homme, donc une histoire, un roman de vie... Le mien de père disait toujours (et je suis du même avis) nehttp://img.over-blog.com/300x225/2/68/57/21/P1010204.JPG jamais juger...

 

Excellente approche de la vie. Hum... Voyons... Définis le mot "écriture"...


Poser les mots, exprimer une forme de sérénité, de sincérité, la quête de soi, le chemin de vie, exprimer un message librement. Tu sais,donner, c'est recevoir...

 

Puisque nous parlons écriture, dis-moi quel type d'écrivain tu es : tu élabores une trame au préalable, tu écris au fil de la plume ? pourquoi cette démarche? par ailleurs, j'aimerais savoir (tu vois, je suis indiscrète) si tu retravailles beaucoup tes textes ou très peu. 


J'écris toujours l'histoire à l'avance et le chemin que je veux suivre  tout en acceptant (comme dans la vie) de prendre parfois un autre chemin pour arriver à la fin du message. Cette démarche, c'est l'acceptation, l'accueil des mots auquel a priori je n'avais pas pensé. C'est ainsi que j'ai modifié un chapitre important dans le second roman grâce au médecin urgentiste du peloton de gendarmerie de haute montagne de Chamonix. Je retravaille pas mal mes textes, je recherche la clarté qui permettra au lecteur de se retrouver dans mes personnages.  Les témoignages des lecteurs qui lisent et relisent Albert confirment, j'en suis heureux.

 

L'écriture est-elle une passion ? En as-tu une autre ? Si oui, sont-elles liées et en quoi ?


Oui, bien sûr. Sinon autres passions : la montagne sous toutes ses formes y compris les compétitions extrêmes auxquelles je participe (Ultra Trails). J'aime beaucoup l'opéra, la lecture  bien sûr, les musées, les voyages, le cinéma, les bonnes tables, découvrir des lieux qui ont une âme.

 

Comment écris-tu ?  le soir, la nuit, tout le temps ? Sur le papier, direct sur l'ordi ?


Sur l'ordi, presque toujours très tôt le matin. Je note aussi mes pensées, mes observations dans un carnet quand cela se présente.

 

Parle-moi de ton univers littéraire (ce que tu lis, ce que tu détestes lire)

 
Mon, maître Fernando Pessoa, Mon livre de chevet : Le petit prince, J'aime Albert Cohen,bustin1.JPG Frank Conroy,Frison Roche, Nothomb, Levy (à ses débuts), Maupassant, Paul Auster, Albert Camus, etc, etc, etc. Je ne déteste rien mais parfois j'interromps ma lecture après disons 40 pages et cela, je déteste!


Tu n'aimes pas aller au bout des choses, c'est ça ?


OH, non pas du tout mais ce qui pourrait me déplaire à moi pourrait de la même manière te plaire énormément à toi. Il en est ainsi de tous y compris les auteurs, les peintres, les cinéastes, l'art et toutes choses. Tu vois le lien avec la subjectivité... A propos, pardon aux auteurs des livres que j'ai refermé. Tout cela pour te dire que je déteste les préjugés (dans le monde adulte).


Tu me parles du Petit Prince... Qu'est-ce qui te fascine dans le bouquin ? L'univers de l'enfance, l'innocence, l'écriture qui est magnifique, l'univers imaginaire du livre ? Penses-tu que ce livre t'a inspiré et en quoi ?


bustin3.jpgL'univers de l'enfance bien sûr qui est un univers qui t'accompagne toute ta vie. Mais relire le Petit Prince comme je le fais si souvent et depuis si longtemps, c'est un texte fabuleux, une écriture pleine de vie, d'espoir et de vérité. Toujours les mêmes mots mais à chaque période de te vie, un regard différent. Je pense que ce texte aide à comprendre que la vie il faut la vivre dans le moment présent tout au long de ton chemin de vie. 

Tu as raison... Ce livre est à découvrir et redécouvrir au fil du temps. Pour moi, il est source de voyage et de fraîcheur.

Présente-toi succinctement. Présente tes livres, ton univers.


Actuellement je suis au départ d'une autre vie, je change de chemin (après avoir été directeur commercial dans une multi-nationale du soleil levant. Maintenant, je vis la montagne, j'habite à 50% à Chamonix. J'ai aussi beaucoup plus de temps pour l'écriture (un 3ème roman...)

Mon premier roman, dans le titre , il y a le mot quête... Nous avons tous une histoire, un chemin à parcourir...

 

Là, franchement, tu vas trop vite ! Parle-moi de ton premier bouquin... Tu m'as dit pourquoi tu l'as écrit mais... Allez, un résumé un peu plus étayé...

 

http://img.over-blog.com/300x200/2/68/57/21/Albert.jpgUn homme court le monde, les marathons, les montagnes. De plus en plus difficile, de plus en plus haut jusqu'au jour ou... L'important, ce n'est pas le but mais le chemin. Le personnage va le découvrir ! 


Et puis, tu me zappes le second ! Une histoire de quête et de montagnes aussi, ou un autre sujet ?


Souvent dans notre vie, nous reproduisons consciemment ou inconsciemment. Là, n'est pas le chemin et puis les regrets, le "non-dit"...nos quêtes. Dans ce roman, toujours la montagne, toujours Albert, l'Ultra Trail du Mont Blanc. L'histoire, une incroyable rencontre, suite dans le roman... 

Un scoop, la préface et la 4ème de couverture seront signées Marie-Claire George ! mais voilà ce qui aurait pu être écrit sur la 4ème :

 

Albert nous fait vivre cette fois l’UTMB, la course de tous les superlatifs !

bustin2-copie-1.jpgUne description détaillée des lieux, des sensations, de l’effort tout le long de ces 166 kil … une rencontre qui permettra enfin à Albert de « sortir de l’ombre pour entrer dans la lumière » !

Tout comme Thomas Horbein dans Everest l’arête ouest : « … je me demandais si je n’avais pas fait ce long chemin pour découvrir que ce que je cherchais se trouvait en réalité derrière moi. »

Le texte provient d'une amie coureuse de montagne ! Merci Maian... 

 

Tu me définis ton style d'écriture ? 


Joker ! mais si j'en crois les lecteurs : message, émotion, sincérité, sont les mots exprimés. Souvent les lecteurs disent qu'ils s'y retrouvent...

 

Est-ce facile ou compliqué d'être lu ? Comment appréhende-ton ton travail d'écriture autour de toi ?


A mon avis facile, même si je suis très souvent relu et j'aime cela, surtout les témoignages et le mot merci pour le message ! 

http://img.over-blog.com/630x470-000000/2/68/57/21//Divers/P1000692bis.jpgPour ce qui est de mon entourage, j'écris beaucoup seul en retraite à l'abbaye d'Orval... Donc, là, pas de problèmes. J'y vais depuis presque 10 ans très régulièrement.

Sinon j'écris uniquement à Chamonix (face à la montagne) et là, c'est moi qui m'adapte pour ne pas pénaliser "l'entourage". Surtout si "l'entourage, ce sont les enfants de ma compagne (14 & 10 ans). Comment je fais ? Je concilie le mot respect et disponibilité.


Mets-tu un peu de ton entourage dans tes livres ?


Je pense que c'est le cas de beaucoup d'auteurs même si le second, c'est un vrai roman !


Comment construis-tu ton, pardon, tes romans ? Une trame, au fils de la plume, à l'inspiration?


Non, j'écris d'abord l'histoire, le cheminement. Après, je vais suivre mon chemin...

 

Sais-tu toujours où va t'emporter ton récit... tes personnages ?


En principe oui, mais je questionne beaucoup par rapport à l'histoire. Dans la vie, il fauthttp://img.over-blog.com/630x470-000000/2/68/57/21//Divers/P1000481-copie-1.jpg savoir écouter. Par exemple, une discussion avec Marc, un médecin responsable des secours en montagne à Chamonix a beaucoup influencé le cours de l'histoire du second roman... Je ne peux pas t'en dire plus... Ce sera une très bonne question après lecture.


Facile ou compliqué de poser le point final d'une histoire ?

 
Facile parce que je sais ou je veux aller et difficile car j'aime être bien compris tout en permettent au lecteur de rêver !

 

Par ailleurs, Alain, j'aimerais que tu me choisisses un extrait de l'un de tes romans.


Un Népalais écrivit alors de cette écriture magique et calligraphiée un petit mot qu’il attacha autour de mon cou avec quelques médicaments : Frère, Sœur,

Prends bien soin de cet homme. Le mal des montagnes l’a frappé. Son corps est au début du chemin de la guérison mais son âme est dans l’ombre. Donne-lui l’hospitalité, permets-lui le repos dont il a tant besoin et lorsque enfin l’expression de son visage sera pleine de légèreté, le temps sera venu pour lui de repartir sur la route de la sagesse et de sa vérité. Dieu te regarde, te remercie et te bénit.

 

 

 

Faire rêver le lecteur, l'emmener ailleurs le temps trop bref d'une histoire. C'est le voeux de chaque auteur qui a, au bout de sa plume, le pouvoir d'emporter l'esprit qui se plonge dans son univers. Le pouvoir des mots est terrible... mais bienveillant lorsqu'il apporte l'évasion.


Je te remercie, Alain, pour ce petit détour par ton univers et ce partage, peut-être pas d'une quête, mais d'un morceau de chemin sur lequel tu nous as accompagnés durant ces quelques lignes. Pour te retrouver, un blog...link

 

 

Christine Brunet

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GEORGES ROLAND : MES RECITS SONT DES DIVERTISSEMENTS

Publié le par christine brunet /aloys

http://georges-roland-auteur.wifeo.com/images/photogeorges.jpgMon premier contact avec Georges Roland fut lors de sa présentation sur le forum des auteurs de Chloé des lys... Un court texte plein d'allant truffé de mots que je ne comprenais pas... Piquée au vif, j'ai voulu en savoir plus sur ce personnage atypique qui, en guise de perruque, porte sur sa photo une perruche ... En dérogeant un tant soit peu de la trame habituelle de mes interviews, je lui ai demandé de se présenter...


 Né à Bruxelles au sortir de la deuxième guerre mondiale, je suis un parfait bâtard belge, tiraillé entre cultures flamande et francophone. Et je n'aime ni les caricoles, ni la gueuze.


Qu'est-ce que tu dis en bas de ça, fieu ? 


Tu peux dire que je suis un Brusseleir récalcitrant et mangeur de poulet, un kiekefretteranar, en quelque sorte.


Révérence parler, mon sabir belgicain vaut bien l'english pidgin qu'est devenue la langue française, ce qui ne m'empêche nullement de la défendre contre l'invasion mondialiste. Je dis nonante-neuf au lieu de quatre-vingt-dix-neuf, je mange des pistolets, du cramique, et bois de la kriek et de la faro. À mes yeux, cela vaut mieux que d'utiliser des raccourcis anglo-saxons et de se ruiner l'estomac avec des chiens chauds rebaptisés, en guise d'assujettissement à la tendance.


http://georges-roland-auteur.wifeo.com/images/nivelles.jpgJe suis chauve, mais pourquoi se couvrir la bille d'une perruque, alors qu'une perruche, en plus, est capable de chanter et de parler ? J'orne donc ma calvitie d'une calopsitte.

 

Qu'est-ce que je vous disais ? Je présume que pour un Belge, ce vocabulaire coule de source... Mais pour une pauvre provençale exilée en Auvergne, c'est "une autre paire de manche"... De toute façon, j'ai ouvert un dictionnaire bruxellois/français sur internet... je suis au point !

Tu as une bibliographie importante... Depuis quand écris-tu et quelles sont tes sources d'inspiration ?


À dix-sept ans, je m'imaginais mélange : un tiers de Hendrik Conscience, un tiers de Victor Hugo, un tiers de Paul Verlaine, et surtout, un grand tiers de Albert Camus.


On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.


L'appel de la scène fut un déclic, je m'investis dans des interprétations, des mises en scène, et enfin, l'écriture. Je montai des pièces pour enfants, pour adultes, initiai des adolescents à la magie du théâtre. J'écrivis des textes de chansons, des nouvelles, des romans. Tout le bataclan, quoi ? 


Quand on aime, pourquoi s'embarrasser plutôt que de s'embraser?

 

Tes histoires sont très ancrées dans le terroir...   Pourquoi ?

Je suis avant tout belgo-bruxellois.


Bruxelles et la province de Brabant apparaissent dans tous mes romans. Ils en sont les décors récurrents. Certains auteurs sont voyageurs impénitents, avides de découvrir la Terre. Moi, je reste sur place, chez moi, avide de connaître MA terre. C'est un peu comme si je voyageais autour de ma chambre.http://georges-roland-auteur.wifeo.com/images/BROL1.JPG

 

Est-ce que je n'ai pas intérêt à sortir de chez moi ? J'ai passé mon existence entre les USA, l'Eire et la Belgique. Ma fille habite Madrid, a épousé un Argentin de Buenos Aires. J'ai vu des villes merveilleuses, des villages inoubliables, Istanbul, Montevideo, El Djem, Colonia de Sacramento... et tout cela me ramène à Bruxelles, au Brabant. Pourquoi faire partir mes personnages de par le monde, alors qu'il se passe tant de choses dans la rue à côté ?


Tes récits jouent avec les mots, les attitudes comiques, loufoques... Pourquoi ce choix ?

 
 La farce et l'auto-dérision sont les mamelles de la bruxelloise attitude. C'est ce que nous appelons la zwanze. Notre langage est sans vergogne, criblé de rires, dégoulinant de bières incroyables, et sans doute imbuvables pour un étranger (Baudelaire a comparé la faro à de la bière deux fois bue) ; de plus, il ne faut jamais perdre de vue que notre emblème est un... Manneken Pis !


En tous temps, la fiction l'emporte dans mes récits. J'adore les fruits capiteux de l'imagination, et l'ivresse de commander le destin de mes personnages. J'aime cette phrase de Victor Hugo dans Océan : « La raison, c'est l'intelligence en exercice, l'imagination, c'est l'intelligence en érection.» Elle est le fil rouge de mon écriture. L'imagination, qui manque tant à notre époque de chroniques biographiques et de télé réalité au goût amer de déjà vécu. Créer des personnages-reflets d'êtres réels, mais sublimés par l'imagination, mis dans les circonstances les plus dramatiques, les plus loufoques, les plus tendues, par un auteur-marionnettiste, voilà où je trouve ma plénitude. Plus que de moi-même, j'ai besoin de ces gens ―non pas des héros, des anti-héros, des super-héros, simplement des ectoplasmes de l'imagination, qui me suivent partout, se trainent ou galopent dans les rues de mes délires. Ils sont conscients de vivre dans une pièce de théâtre, dans un roman, et ne se privent pas de le dire au lecteur, au spectateur. Car l'imagination doit friser le délire, elle doit être outrancière, décalée, nettement distincte de la réalité, puisqu'elle en est issue.

http://api.ning.com/files/8-p3w3RQ5y5KYJfc37d3*3kG*0B-Py-c3vt30Mf*cI6Z7tV6TUYLx*qe-8WRk2gbz6XlmWwHX8menjbewKMV*bLACNdwG0Ml/clercrecto.jpg?size=173&crop=1:1Mes récits sont des divertissements, non des compte-rendus, des dépliants de voyage ou des témoignages sur le vif. Ils sont, justement, la déraison, sans oublier que «Ex nihil, nihilo» rien n'est issu de rien, les personnages, les situations, les décors qui glissent le long de ma plume vers le clavier de l'ordinateur, sont il est vrai, bien réels, tout juste transformés.


C'est le lot du surréalisme.


J'ai laissé tomber depuis un moment mon dictionnaire bruxellois/français, happée par les mots de Georges Roland... Et je me surprends à imaginer ses ectoplasmes de l'imagination qui peuplent  des décors rocambolesques...


Le texte qui va paraître chez CDL est-il de la même veine?CDR-couv24.jpg

 

Justement... Je veux insister sur le fait que le récit (roman anarchronique) qui va paraître chez CDL est écrit en "bon français" et que je n'utilise le dialecte bruxellois que dans certains romans (entre autres la suite de polars humoristiques "Roza et le commissaire Carmel"). Un peu (en toute humilité) comme Pagnol avec sa trilogie. Je te signale que César- Fanny- Marius lui ont été inspirés par une pièce jouée en bruxellois, et qui a eu un succès considérable (on la joue toujours chaque année à Bruxelles) "Le Mariage de Mademoiselle Beulemans".


A une époque où il faut un dictionnaire anglo-saxon pour comprendre sa propre langue, il me paraît rassurant d'apprendre qu'il existe aussi sur Internet un dictionnaire de bruxellois (bien que, souvent, il soit composé par un non-zinneke(né à Bruxelles) et donc erroné).


Cart1eR.jpgJe dois ajouter que ma langue maternelle est le Flamand, que j'ai appris le Français à l'école, et que c'est sans doute pour cela que je la révère tant.

 

Un nouveau tournant dans ton processus de création?

Je te déçois tout de suite, il ne s'agit PAS DU TOUT d'une évolution dans l'écriture, plutôt une trajectoire parallèle.

 


Textes comiques, humoristiques, surréalistes mais aussi poèmes... Toute une panoplie qui permet à Georges Roland d'exprimer librement son ressenti, de jouer avec le style et les mots pour donner une autre dimension à ses textes et proposer au lecteur un univers aux sensations plurielles...

Auteurs, musiciens, sculpteurs (...) ne sont-ils pas amenés  à multiplier peu à peu les formes d'expression pour atteindre le plein épanouissement de leur passion créatrice ?

 

Il ne reste plus qu'à lire ses textes... avec ou sans dictionnaire... parfois avec un petit sourire aux lèvres en laissant notre imagination faire le reste.

 

C'est tout ce que je demande à un auteur: me faire rêver, me faire voyager... Pas vous ?

 

Allez à la rencontre de Georges Roland sur son site link

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

Publié dans interview

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Philippe Desterbecq: 'L'écriture invente un monde, la photographie le fixe pour l'éternité"

Publié le par christine brunet /aloys

Philippe D. ... Voilà comment j'ai fait sa connaissance. En apprenant qu'il avait écrit un conte pour enfant, ma curiosité a fait le reste... voilà un genre qui m'a toujours attiré, peut-être parce que toute mon enfance a été baigné de contes que je relisais en boucle jusqu'à les connaître par coeur. Plus grande, je me suis toujours demandée comment naissaient les ogres, les sorcières et les chats parlants...

 

Aujourd'hui, j'ai l'opportunité de croiser la route et les mots avec l'un de leurs concepteurs... Alors je m'arrête et je le questionne, bien évidemment.
http://www.bandbsa.be/contes2/etoilemagiquerecto.jpgDepuis quand écris-tu ? Quoi et pourquoi ? Un déclencheur ?

Je serais tenté de dire que j’écris depuis toujours : des poèmes, une histoire d’indiens que j’ai illustrée en découpant des photos dans des magazines. Mais je me suis arrêté d’écrire dans mon adolescence à part un journal intime que je cachais bien de peur qu’il ne soit lu.

J’ai retrouvé l’envie d’écrire vers 20 ans, seul en vacances à l’étranger, pour passer le temps d’abord, par goût retrouvé ensuite.

N’ayant pas trouvé d’éditeurs pour mes trois  premiers romans, j’ai encore abandonné l’écriture me disant « à quoi bon ? » jusqu’au moment où j’ai découvert les concours de nouvelles en 2001. Le genre me convenait (j’avais peu de temps pour écrire, une nouvelle est vite bouclée).  Je n’ai plus arrêté d’écrire depuis cette année-là.

Dernier genre littéraire : les textes de slam. J’en suis aux balbutiements.


Décris ton univers littéraire

Je lis beaucoup essentiellement des romans. La plupart du temps, la poésie me laisse dedester1.jpg marbre mais je me soigne. J’en lis, j’espère toujours qu’elle me touchera au fond de moi.

Je lis des polars, des romans d’amour, des récits historiques, des romans du terroir et d’autres écrits susceptibles de me toucher.

Citer mes auteurs préférés serait trop long. Quand je découvre un auteur, je lis toutes ses œuvres. Ma bibliothèque gémit et pleure ; elle crie « stop, je craque ! » mais je n’ai aucune pitié pour elle. Les livres continuent à s’entasser.

De par mon métier, je découvre aussi la littérature enfantine. Là, je peux vous citer mon auteur préféré : « Yaël Hassan ».


 Ton rapport à l'écriture : comment écris-tu ? Ordi, papier, la nuit, le jour ?

J’écris quand je suis seul et quand j’ai le temps c’est-à-dire pas souvent.  J’écris essentiellement sur papier. Je ne tape pas assez vite à l’ordi pour coucher toutes les idées qui me viennent. Les mots défilent dans ma tête. Si je ne les note pas à la vitesse où ils viennent à moi, ils m’abandonnent lâchement.


Comment tes proches appréhendent-ils ton côté auteur ?

J’ai peu de discussions avec mes proches au sujet de mes écrits. On dirait qu’une certainetextes-et-nouvelles-de-moi.jpg pudeur nous empêche d’en parler.  Par contre, mes collègues sont très contents pour moi et me le font remarquer.


Beaucoup de corrections ?

Je vais sans doute t’étonner mais je ne corrige presque rien lors de la relecture de mon texte. Quelques mots, quelques répétitions , lorsque je tape mon histoire, un temps mal employé mais c’est à peu près tout. Mais j’ai un correcteur : mon père qui, même s’il me fait rarement un commentaire sur le fond, surveille la grammaire et l’orthographe.


Où puises-tu tes idées ?

Je trouve rarement une idée toute seule. En général, je pars sur un thème donné, une phrase de départ.  Dans les concours de nouvelles, le sujet est rarement libre.

Une idée m’arrive parfois comme ça sans que je m’y attende. Il faut alors que j’écrive le texte tout de suite ou que je note le sujet sinon il risque de s’envoler pour ne plus revenir.

Lorsque je me mets à écrire, j’ai l’impression qu’un être posé sur mon épaule me souffle les phrases. Ce n’est pas vraiment moi qui écris. Quand je relis un texte bien des années après lêtre posé sur mon épaule me souffle les phrases. Ce n’est pas vraiment moi qui écris. Quand je relis un texte bien des années après l’avoir écrit, je me dis souvent :  « Ce n’est pas possible, ce n’est pas moi qui ai écrit ça ! »


Comment parviens-tu à te glisser dans la peau de tes jeunes lecteurs ? Pas compliqué pour un adulte ?

C’est sans doute très compliqué pour un adulte, beaucoup moins pour un instituteur. Je sais ce qui plait aux enfants. Je sais, par expérience, qu’ils aiment  mon « Etoile magique » et je sais aussi que cette histoire ne plait pas nécessairement aux adultes ; du moins à ceux qui ont fini de rêver et qui ne savent plus entrer dans les contes.


Justement, ton rapport aux lecteurs. Pour toi, instit, aller vers les enfants, ce doit être desterbecq3.jpgun exercice facile... Ecris-tu pour eux ou avant tout pour toi ?

J’ai écrit pour moi, uniquement pour me faire plaisir. Ensuite j’ai testé mon histoire en la lisant à mes élèves sans leur dire que j’en étais l’auteur. Devant leur réaction enthousiaste, je me suis dit qu’elle mériterait peut-être d’être éditée. L’aventure a commencé comme ça.

 

Tu me donnerais une définition... ta définition de l'écriture, s'il te plait ?

photo-phD1.JPGL'écriture est un voyage dans un autre temps, une plongée dans un monde imaginaire, irréel où on peut s'amuser avec les personnages et prendre avec eux toutes les libertés qu'on désire. On peut transformer quelqu'un en monstre poilu ou en montgolfière (ce que j'ai fait dans "L'étoile magique"), lui casser une jambe ou même le trucider sans autre forme de procès. L'écriture est donc la liberté des mots, le vent qui nous entraine là où on le désire (même si les personnages semblent jouer leur propre rôle).

Tu as une autre passion, la photo à laquelle tu dédies un blog... Tu m'en parles ? 

J'aime énormément la nature et le seul moyen de la garder intacte, c'est dephotoD3.JPG l'immortaliser sur une photo. Une fleur est bien éphémère, un paysage devant lequel je tombe en extase s'évanouit bien vite. La photographie est un moyen de les immortaliser.
J'aime les voyages qui sont une fuite, un saut en dehors de la réalité, du quotidien et qui me permettent de découvrir le monde. Les souvenirs s'effacent vite. La photographie me permet de les retrouver.
Je ne suis qu'un simple amateur, je n'ai aucune connaissance photographique.

Crois-tu qu'il existe un lien entre l'écriture et la photo ?

Je n'en vois pas. L'écriture invente un monde, la photographie le fixe pour l'éternité.

 

Difficile de conclure après pareille phrase... Tiens, du coup, je vais mettre un extrait de L'étoile magique", choisi par les élèves de Philippe... Juste quelques phrases pour réveiller votre âme d'enfant...

 

" Lulu, qui se levait toujours dès la première sonnerie, accourut dans la chambre de son frère.

Lève-toi, il est l’heure pour …

Mais il s’interrompit aussitôt et fit demi-tour.

Où es-tu ? cria-t-il.  Maman ? Tu n’as pas vu Pierrot ?

Je suis ici idiot ! répondit l’aîné.

Lulu ouvrit à nouveau la porte de la chambre.  Son œil scruta les quatre coins de la pièce mais il ne vit rien.

Où te caches-tu ? lança le petit.

Mais je suis ici, juste devant toi ! Tu es aveugle ou quoi ?

Pierrot comprit alors immédiatement la situation.  Il courut vers son miroir mais son image ne s’y refléta pas.

Lulu ?

Maman, j’ai peur ! hurla le petit.

Que se passe-t-il encore ? cria maman de la cuisine.  Dépêchez-vous ou vous serez à nouveau en retard.

Ne bouge pas, dit Pierrot à son frère et surtout, ne dis rien.  Je suis là.  Avance ta main et touche-moi.  Tu me sens ?

Lulu hocha la tête sans ouvrir la bouche.

Je suis invisible, continua l’aîné.  Tu ne peux pas me voir mais je suis bien là et tu peux m’entendre.  C’est l’étoile, tu comprends ? Je lui ai demandé … Allons, ne pleure pas ! J’ai besoin de ton aide.  Tu vas dire à maman que nous n’avons pas faim, qu’il est tard et que nous partons tout de suite.  Dis-lui que je suis déjà sur le chemin et que je t’attends.  Ne lui dis surtout rien d’autre. O.K. ?

Lulu hocha à nouveau la tête sans mot dire.  Il n’était toujours pas rassuré.

Pierrot ne prit même pas la peine d’ôter son pyjama et descendit l’escalier en prenant bien garde de ne pas faire grincer les marches.  Il attendit son frère sur le chemin.

 

Pierrot et son frère arrivèrent à l’école dix minutes après huit heures.

Eh, les copains, vous êtes là ? cria Pierrot.

Ah ! Enfin ! répondit la voix de Jojo.  Nous sommes tous là sauf Luc.  Il a dû lui arriver quelque chose.

Je suis là, répondit celui-ci mais il faut absolument qu’on redevienne visibles.

Tu es fou, intervint le petit Michel.  On n’a pas encore commencé à s’amuser !

Moi si, dit Charles le gros.  Je me suis réveillé très tôt ce matin, il faisait encore noir.  Je me suis levé pour aller aux toilettes et, stupeur, je n’avais plus de corps ! Enfin, je n’avais plus de reflet dans la glace.  Je me suis alors recouvert d’un drap blanc et j’ai réveillé mes frères et sœurs.  C’était la première fois qu’ils voyaient un fantôme.  Ils ont eu la trouille de leur vie ! Ce que je me suis marré ! Je vous jure que je me suis bien vengé de toutes ces années où ils se sont moqués de moi et de mon embonpoint !

Moi, c’est pas si drôle, l’interrompit Luc.  Ma mère, ne me voyant pas dans mon lit ce matin, a averti la police.  Ils ont lancé un avis de recherche.

Mes parents croient à une fugue, dit Fred.  Ils ont dit qu’ils avertiraient la police si je n’étais pas rentré ce soir.

Les miens se disputaient tellement fort qu’ils n’ont rien remarqué, dit Charles le mince.

Ecoutez les gars, on sonne, coupa Jojo.  Il paraît qu’on a un nouveau prof.  Allons lui faire sa fête !

 

Les enfants s’installèrent à leur place. 

Mes enfants, je m’appelle Monsieur Cournebuche, dit l’instituteur étirant légèrement les lèvres du côté droit ; je suis le remplaçant de Monsieur Ansiau.

Monsieur Tournebouche ? lança Marco qui se trouvait à l’extrême droite de la classe.

Des rires commencèrent à fuser.

Silence ! tonna le nouvel enseignant.  Je vous prie de lever le doigt pour demander la parole.  Et je rectifie, je m’appelle Monsieur Cour-ne-buche, articula-t-il.  Qui a parlé ?

Tous les regards se tournèrent vers le côté droit du local mais personne n’était assis de ce côté-là.

Monsieur Tournebouche ? lança Fred assis à l’extrême gauche de la classe.

Les regards se tournèrent de ce côté.  Mais là encore, ils ne rencontrèrent que le vide.

Qui a parlé ? demanda l’instituteur rouge de colère.

Aïe ! cria Géraldine, la fille assise au premier banc.

Que se passe-t-il mademoiselle ?

On m’a pincée, monsieur !

Petite sotte ! Comment pouvez-vous donc dire une chose pareille ? Il n’y a personne à côté de vous.  Si c’est pour distraire vos camarades, je vous préviens que …

Il ne put terminer sa phrase.  Une craie venait d’atterrir sur son bureau.

Qui a lancé ce projectile ? demanda-t-il.

Cette craie a bougé toute seule, monsieur, dit Géraldine.  Je l’ai vue se déplacer.  Elle était dans la rainure du tableau.  Tout à coup, elle s’est soulevée et … Regardez !

Géraldine montrait du doigt le frotteur qui se soulevait lentement.

Monsieur Cournebuche se retourna et vit le frotteur tomber sur le sol.

Ce frotteur était mal placé, c’est tout ! dit l’enseignant intrigué.

Mais je vous assure qu’il s’est soulevé ! répondit Géraldine.

Je l’ai vu aussi, dit Julien, le frère jumeau de Géraldine.  Nous sommes dans une école hantée.  Vous ne le saviez pas ?

Taisez-vous, je ne crois pas aux …

A ce moment, toutes les lampes s’allumèrent et s’éteignirent d’un coup.

C’est un faux contact, assura Monsieur Counebuche.  N’ayez aucune crainte !

Il fut interrompu par un cri.  C’était Lucie, la première de classe, la plus sage et la plus attentive, qui se débattait avec un agresseur invisible.  Celui-ci lui défaisait son chignon si bien placé sur sa tête.

Mais que faites-vous mademoiselle ? demanda l’instituteur.

Mais je vous assure, monsieur, que …

Et elle tomba dans les pommes.  Monsieur Cournebuche se précipita pour la relever mais, au moment où il fit le premier pas, un pied invisible le fit trébucher et il s’étala de tout son long.  Les rires retentirent dans toute la classe.

L’instituteur se releva et se planta devant le tableau.  Tout rentra dans l’ordre.  Monsieur Cournebuche commença sa leçon.  Il prit une craie, écrivit au tableau mais, au fur et à mesure qu’il copiait, ses écrits s’effaçaient.  Il n’avait pas le temps d’écrire une ligne complète que celle-ci disparaissait mystérieusement.

Le pauvre homme ne se laissa pas démonter.  Il était décidé à percer le mystère.

Prenez votre cahier de dictées et copiez : « L’automne.  L’automne est ma saison préférée, … ».

A ce moment, la porte extérieure s’ouvrit toute grande ; un vent froid s’engouffra dans la classe, amenant avec lui une grande quantité de feuilles mortes qui recouvrirent quelques bancs.

C’est l’automne qui entre, cria une voix venant de la cour.

L’instituteur se précipita dehors mais il ne vit pas une âme.  La porte claqua dans un grand fracas et des forces invisibles la maintenaient fermée.  Il avait beau pousser de toutes ses forces, elle ne cédait pas.  Tout à coup, il entendit une voix qui disait : « Lâchez tout ! ». La porte s’ouvrit d’un coup et Monsieur Cournebuche se retrouva le visage contre terre… "

 

Philippe Desterbecq, "L'étoile Magique", Editions Chloé des lys, 2011

 


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Christine Brunet

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Marie-Claire George : pourquoi écrire ? C'est une vie en plus...

Publié le par christine brunet /aloys

Marie-Claire George, auteur de L'ange gardien, édité aux Editions Chloé des Lys... Une fiche qui serait restée anonyme si... Oui, parce qu'il y a deux "SI"...

9782874595103_1_75.jpgSI je n'avais pas remarqué le drôle de petit objet en première de couverture... Vous ne l'avez pas encore vu? Qu'à cela ne tienne, n'est-ce pas...

Voilà une bonne entrée en matière pour l'interview: un objet mystère. J'interroge alors l'auteur à ce sujet:

La couverture de l"L'ange gardien" a été réalisée par une amie, Roseline Deback. Elle a photographié un petit objet à suspendre au sapin de Noêl, qui représente un ange aux traits sud-américains. Il va comme un gant à la première nouvelle du recueil, celle qui donne son titre au livre. Il y est en effet question d'un ange gardien qui ne trouve plus de protégé à son nom chez nous et s'en va chercher en Colombie. J'étais ravie !

Mais je vous ai parlé de deux "SI"... le second, c'est le petit résumé qu'elle m'envoie. Elle y parle voyages et, une fois de plus, je ne peux résister...

Pourquoi tous ces voyages dans mes nouvelles ? Je n'y avais jamais réfléchi mais c'est vrai, mes personnages bougent beaucoup  ! Les voyages, je les ai toujours aimés même si les circonstances aujourd'hui ne me permettent plus de courir le monde. Ce qui m'attire dans un voyage, ce sont les ambiances dépaysantes, les gens, un quotidien souvent bien éloigné du nôtre mais des aspirations qui au fond se ressemblent. Je suis fascinée aussi par des personnalités intrépides qui bravent les difficultés matérielles et le qu'en dira-t-on pour aller à la découverte des autres... et ainsi d'eux-mêmes.

Il ne reste plus qu'à faire plus ample connaissance... Je vois que son "Ange gardien" est un recueil de nouvelles. je prends alors mon interrogatoire à l'envers...

Pourquoi as-tu choisi d'écrire des nouvelles ?

J'aime beaucoup lire et écrire des nouvelles. C'est un genre qui exige de la concision, l'économie de mots, qui oblige donc à suggérer et laisse ainsi une part active au lecteur, surtout si la fin est ouverte. Pour cela, il faut beaucoup travailler : cerner rapidement le cadre et les personnages, ne pas laisser de temps morts dans le déroulement de l'histoire, choisir le terme exact, la phrase qui porte, amener une chute... Mais j'aime faire tout cela ! C'est aussi l'art de l'élagage : "less is more" !
Et maintenant un roman. L'idée m'est venue de plusieurs personnes qui avaient lu une de mes nouvelles et s'étaient déjà attachées aux personnages. Le danger de se baser sur une nouvelle pour écrire est roman est de tomber dans le délayage et de finir par lasser le lecteur. Mais pour une fois, les circonstances que vivaient mes héros leur ouvraient grand la porte sur une vie peu banale et je me suis lancée... sans savoir où ils allaient me mener.Tournai-la-page-MC-George.jpg Ecrire un roman, c'est une entreprise !  Il faut accepter que les personnages vivent leur vie et nous mènent où on ne l'imaginait pas. Cela oblige aussi à tenir une chronologie stricte des événements, à se renseigner sur les lieux où se déroulent l'histoire, éventuellement le mode de vie à l'époque (cela va de la façon de faire ses courses ou de manger à la dispositition d'une maison, aux moyens de transport, aux expressions locales...) C'est beaucoup de recherches, il ne faut pas être pressé, mais beaucoup de plaisir aussi ! J'espère que, quand il sera fini, il procurera aussi un bonheur de lecture !
Pour moi, la nouvelle et le roman sont deux genres différents qui n'ont en commun que de proposer une histoire complète. C'est une autre écriture et je me fais plaisir en passant de l'une à l'autre !

Puisque tu parles depuis un moment de tes personnages, quels sont tes rapports avec eux ?
 Je les crée volontiers à partir d'une photo que j'observe attentivement. Photo choisie dans une revue, un album, ... Je dispose ainsi de caractéristiques physiques (que je modifie évidemment parfois), j'imagine leur personnalité, leur cadre de vie habituel, les circonstances qui entourent le moment de la photo. Je peux aussi tomber sur une réflexion, dans mes lectures, dans la vie ou dans mes cogitations, et l'imaginer dans la tête ou dans la bouche de quelqu'un. Après quoi, je pense à leur créer un entourage. Une famille, des voisins. Et souvent, les choses viennent alors toutes seules : un drame dans leur existence, une faiblesse, des aspirations... L'aventure commence ! Du moins pour un roman. Pour les nouvelles, c'est différent. Je pense plutôt à un thème et je collecte des mots, ou je choisis au hasard une phrase dans un livre et qui me sert d'incipit.

        Je serais tentée de dire que mes personnages n'ont rien de moi. Je me refuse en effet aux textes autobiographiques, ce n'est même pas une tentation. Pourtant, on glisse forcément une part de soi-même dans ses écrits : dans le thème, le comportement de certains personnages, le cadre choisi pour l'histoire, dans la façon d'écrire aussi...

        Je n'ai pas encore beaucoup d'expérience : je n'ai encore publié que des nouvelles et je suis seulement en train de terminer mon premier roman, mais j'ai déjà le début de deux autres sur papier. Pour celui que j'achève, oui, les personnages me sont proches : voilà un an et demi que je vis avec eux ! J'aurai en effet du mal à les abandonner ! Ce que j'espère, c'est que les lecteurs s'attacheront à eux autant que moi !

Est-ce que tu crois qu'écrire crée-t-il des liens ?
Je ne compte plus les bonnes relations et les amis que je me suis faits depuis que je me mêle d'écrire ! Partager la même passion nous met facilement sur la même longueur d'ondes. On se comprend, on fait part de ses doutes, on échange des impressions, des conseils, des tuyaux... Internet facilite les échanges mais on a aussi plaisir à se rencontrer en vrai, c'est même parfois l'occasion de voir du pays !

Quel est le regard des autres sur ta passion d'écrire ?
Positif, à cent pour cent. Même si au départ je sentais un peu de condescendance de la part de certaines personnes, je crois que tous ceux qui les ont lues ont pris plaisir à découvrir les nouvelles de mon "Ange gardien". Etre éditée est aussi une "reconnaissance publique". Et puis, je ne me présente pas comme candidate au prochain Goncourt : j'ai du plaisir à écrire, je veux le partager donc j'écris "de mon mieux". Et les lecteurs lisent mes écrits pour ce qu'ils sont : sans prétention mais je l'espère, intéressants (à l'un ou l'autre titre) et bien tournés.

Est-ce que que ça veut dire que tu écris avant tout pour toi ou pour être lue ?

   D’abord pour moi, je n’avais jamais pensé à publier mes nouvelles jusqu’à ce qu’un ami m’y incite. Mais il est évident qu’être lue est une satisfaction, une reconnaissance. Et qu’il faut respecter le lecteur en ne lui balançant pas n’importe quoi. Il ne faut pas le décevoir, donc pour moi cela implique de lui offrir une histoire intéressante, de susciter chez lui une émotion (le rire, la peur, la tendresse, le chagrin, ...) et de mettre mon écriture au service de tout cela. Je travaille beaucoup mes textes mais j’espère que cela ne se voit pas.

Tu parles de faire passer tes émotions à tes lecteurs... Comment ? Définis ton style...

  Classique. Ce n’est pas moi qui figurerai un jour dans les anthologies pour avoir expérimenté de nouvelles formes d’écriture ! Pour moi, ce qui compte ce n’est pas le style en soi, mais le style au service de l’histoire. Mais classique ne signifie pas banal, j’espère, et j’ai le souci de le rendre vivant et agréable.

  

Ton univers littéraire ?

  J’admire les grands auteurs du XIXe siècle : Balzac, Zola, Maupassant, ... Bien sûr, l’époque a changé et tout doit aller plus vite, mais voilà des gens qui savaient raconter. Plus proches de nous, je citerai Henri Troyat, Bernard Clavel, Jeanne Bourin, Isabel Allende, Thrity Umrigar (« Tous ces silences entre nous »), Khaled Hosseini (« Les cerfs-volants de Kaboul »), Irène Nemirovsky (« Suite française »), Eric-Emmanuel Schmitt, Françoise Chandernagor, Catherine Hermany-Vieille, Anny Duperey, ... Mais je m’en veux de ne pas lire assez...

Retravailles-tu beaucoup tes textes ?


 Je travaille beaucoup mes textes, oh oui ! Même en écrivant le premier jet, je rature déjà beaucoup ce qui fait que je n'avance pas vite. Je me dis qu'à ce stade, je ne devrais pas me préoccuper de détails mais c'est plus fort que moi. Puis, par la force des choses (mes droits d'auteur ne me permettent pas encore d'engager une gouvernante pour prendre en charge les viles tâches ménagères), le texte se repose et quand je le relis, les défauts m'apparaissent mieux : répétitions inopportunes, longueurs, manque de vivacité du récit, ... C'est aussi une partie du travail que j'aime bien, me corriger, et je peux revenir dix, quinze, vingt fois sur un texte pour en changer un détail. Certaines personnes (celles qui n'écrivent pas, ou peu) estiment que le premier jet a nécessairement plus de force qu'un texte retravaillé. C'est loin d'être mon avis. Je pense à ces mannequins faussement débraillés qui semblent sortir de leur lit mais dont le négligé est le résultat de bien des heures de travail pour une équipe de maquilleurs, coiffeurs,... Que de travail pour donner l'illusion du naturel !

        Pour la trame de l'histoire, je n'y pense pas vraiment au départ. Ou si j'ai l'une ou l'autre idée, je m'en éloigne fatalement au fil de l'écriture. Ce sont les personnages qui vivent leur vie, c'est à moi de les suivre et il peut arriver tellement d'"accidents" que bien malin est celui qui peut prédire leur évolution, en tout cas pas moi. J'ai l'impression (mais d'autres conçoivent les choses autrement, il n'y a pas qu'une recette) que si je prévois tout des personnages dès le début, il n'y aura jamais de surprise et l'histoire sera sans intérêt.

        Ca, c'est mon travail... Il faudra juger sur pièces du résultat !

A présent, la question que je pose toujours au début, celle que j'avais oubliée et qui, pourtant, est sans doute la plus importante : pourquoi écris-tu ?

J’ai toujours aimé écrire, à l’école j’adorais les rédactions : elles me valorisaient davantage que le système métrique ou les démonstrations de géométrie ! A l’école primaire, j’ai d’ailleurs remporté deux concours insignes : l’un sur les biscuits Delacre, l’autre sur le drapeau belge... Puis j’ai enseigné et me suis davantage penchée sur la prose de mes élèves que sur la mienne, avec le souci de leur donner le goût de la lecture et de l’écriture. Bref, je n’ai plus rien écrit pendant des années jusqu’au jour où j’ai appris l’existence d’un cours par correspondance de créativité écrite organisé par la Communauté française. Un révélateur ! Ces cours, très bien conçus, variés et progressifs, m’ont permis de renouer avec le plaisir d’écrire et aussi de mieux me connaître au point de vue littéraire. J’ai alors participé à quelques concours où je ne me suis pas montrée mauvaise.

Alors, pourquoi écris-tu ? 


   C’est surtout pour me faire plaisir. Plaisir d’inventer une histoire, des personnages, d’essayer de les faire vivre. ; c’est pour moi une vie en plus. Mais aussi plaisir de chercher la phrase la plus percutante, le mot le plus juste, le ton le plus efficace, les sonorités les plus adéquates ou les plus harmonieuses. Et aussi plaisir d’être lue, de partager quelque chose avec le lecteur. Ecrire crée aussi des liens d’amitié !


            Je ne suis pas poète, même si j’ai le goût des images et des sonorités. Jusqu’ici, j’ai surtout écrit des nouvelles et des contes. Je préfère être dans la fiction et dans l’action, qu’il se passe quelque chose. Je suis d’ailleurs en train de terminer un roman, mon premier. Depuis un an et demi que j’y travaille, je me suis attachée aux personnages que j’ai créés. J’espère qu’un éditeur voudra bien d’eux et que les lecteurs les aimeront....


            Un déclencheur ? Je ne dirai pas qu’écrire est pour moi un besoin irrépressible, qu’une journée sans écriture est une journée manquée. Il y a d’abord la vraie vie avec les autres et, même si cela me manque, je reste parfois une ou deux semaines sans écrire une ligne (sauf à mes amis, la correspondance tient une grande place dans ma vie.) Je cherche donc ces déclencheurs : un atelier d’écriture, une proposition de concours, une exposition, une photo. Ou bien j’ouvre un livre au hasard et j’y choisis une phrase qui me sert d’incipit...
 
J'ai commencé par la première de couverture, je termine logiquement par la quatrième... 

Marie-Claire George a longtemps enseigné le français, en Afrique et dans la région du Centre. 

Elle se consacre aujourd’hui à l'écriture, mêlant dans ce recueil des textes aux tonalités variées dont la tendresse est le fil conducteur.

"A votre âge, Arthur, vous pouvez prendre vos responsabilités. Je vous laisse quarante-huit heures pour découvrir une nouvelle vie à accompagner. Hâtez-vous, nous n'avons que faire d'anges oisifs. Le monde est aujourd'hui d'un danger ! Croyez-moi, il y a de l'ouvrage pour tout le monde au paradis !"

 

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

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Olivia Billington : l'écriture fait partie de moi, impossible d'y résister, impossible de me cacher, elle me débusquera toujours !

Publié le par christine brunet /aloys

http://storage.canalblog.com/49/77/684498/58842624.jpgPour moi, Olivia Billington, c'est une couverture de livre, celle d'"Elle, une autre", une vidéo... dont nous reparlerons, forcément, et un blog, "Désir d'histoires". Etes-vous déjà allés y jeter un oeil ? Non ? desirdhistoires.canalblog.com...

 

Olivia, tu nous en parles en guise d'introduction ?

Mon blog, Désir d'histoires, est avant tout axé sur l'écriture : des petits textes que je rédige au jour le jour, car je participe à des ateliers d'écriture sur la toile; et un carnet de bord via lequel j'informe mes lecteurs à propos d'Elle, une autre et des romans à venir. J'y confie parfois mes coups de cœur livresques, musicaux, de peinture et de cinéma.

Des mots, une histoire est parti d'un jeu auquel je me livrais lorsque j'étais petite : je piochais des mots dans le dictionnaire et je rédigeais un texte à partir de ces vocables. A présent, chaque mardi, j'invite les lecteurs de mon blog à me laisser en commentaire un mot, un seul. Je clôture la récolte le mercredi à minuit et le vendredi le texte comprenant ces mots est publié. D'autres blogueurs se sont joints à moi et participent à ce défi. C'est très sympa de voir ce que nous inspirent les mêmes mots.

 

Sans doute, oui... et les résultats sont parfois étonnants. Tiens justement, et si nous 50commencions l'interview à proprement parler ?


Olivia, depuis quand écris-tu ?
Depuis que j'ai 8 ans. Oui, c'est précis. J'ai gardé les quatre petits textes rédigés à l'époque. Mon premier recueil de nouvelles a vu le jour lorsque j'avais 12 ans. Un premier roman est né de ma plume à 14 ans. "Elle, une autre" fut rédigé lorsque j'avais 15 ans, je l'ai bien évidemment remanié avant publication. Depuis, j'ai écrit deux recueils de nouvelles, quelques romans et plus récemment, des acrostiches en rimes.

Un auteur précoce. Pourquoi écris-tu ? et comment (ordi, stylo, le soir, la journée...)
Par besoin, par envie. Parce que j'aime écrire, tout simplement. J'écris un premier jet à l'ordinateur. Impression, relecture, corrections au stylo : j'aime le contact du papier, la pointe du stylo qui gratte sur la feuille, les mots barrés, les petits dessins griffonnés dans les marges, je peux ainsi voir que le récit avance, se construit petit à petit. Et je recommence le processus. Avant, corriger était ardu pour moi, j'avais tendance à esquiver. Maintenant, j'aime ce travail, j'apprécie de travailler sur la musicalité du texte, je relis des passages à haute voix. Je fais également des recherches, pour Elle, une autre, j'ai été en contact avec un Inspecteur Principal de Police. J'écris dès que j'ai un moment de libre.

Il s'agit donc d'un besoin ?
Oui, l'écriture fait partie de moi, impossible d'y résister, impossible de me cacher, elle me débusquera toujours !

Un déclencheur ?
Tout et n'importe quoi. J'écris quand je dors, j'écris quand je pense, j'écris quand je mange, j'écris par réflexe.

Quel est ton univers littéraire ?
Du noir, du noir, du noir, avec une touche de rose en ce qui concerne mes lectures. Et je me plonge volontiers dans d'autres genres.
Pour l'écriture, je reste très proche de mon univers de lecture.

Pourrais-tu définir ton style... Pourquoi avoir écrit un policier ? Que t'apporte la poésie et ne peut pas t'apporter la prose (et vice-versa)?
Pour reprendre le commentaire d'une lectrice, "un style qui allie recherche et simplicité". Je désire que mes phrases coulent de source, sans être banales pour autant. Pourquoi un policier ? Pour exorciser mes doutes, mes peurs, peut-être. Tant poésie que prose m'apportent du bonheur, du réconfort. Je dirais que ma prose est plus cynique, mes poèmes sont plus légers. 

Parle-moi de ta relation avec tes personnages : as-tu du mal à les lâcher ? du mal à mettre le point final ? Comment les construis-tu ? à partir de personnes réelles ? ont-ils un peu de toi ?
Mes personnages vous diront que je les hais, puisque je leur fais subir d'ignobles choses, mais ce n'est pas vrai : j'éprouve de la tendresse pour eux. Je n'ai pas de mal à les lâcher, car mes personnages, une fois inventés, ont leur vie propre. Je n'ai aucun mal à DSC00222.JPGmettre le point final. Je ne prends pas de modèle, du moins pas consciemment. Je n'ai jamais vraiment réfléchi à la manière dont je les construis, ils me viennent, tout simplement, c'est une rencontre entre eux et moi. Par contre, pour la suite d'Elle, une autre, j'ai dressé des petits tableaux des personnages, car j'ai envie que ce roman soit plus peuplé et le passé des personnages encore plus fouillé. Je suppose qu'ils ont un peu de moi, mes proches pourraient répondre à cette question...

As-tu d'autres passions ?
La lecture, bien évidemment.

 

Revenons à ton livre... Pourquoi avoir choisi d'écrire un polar ?

Parce que je lis énormément de polars, de romans noirs, même si je me promène avec bonheur dans d'autres styles. J'ai l'air calme, réservée, douce... Je n'ai pas envie que le côté sombre empiète sur ma vie personnelle, alors je le couche sur papier. C'est un peu une délivrance. Je peux alors rédiger des textes plus joyeux, pour revenir à des récits plus ténébreux par la suite.

N'y a-t-il pas opposition entre le petit jeu sur ton blog et l'écriture de plus longue haleine d'un roman ? 

Pas du tout. J'écris des nouvelles - courtes ou longues, des romans, des acrostiches, des chansons,... Ecrire me suffit, peu importe le résultat. J'aime mener plusieurs projets de front, pour ne pas me lasser de l'un ou l'autre récit. Le petit jeu sur mon blog me donne une satisfaction immédiate, le texte est écrit en quelques minutes et je m'amuse beaucoup. Oui, bien sûr, un roman est un travail de plus longue haleine, on développe une intrigue, des personnages mais après tout, un roman naît à partir d'une simple idée, je pense que je pourrais développer des petits textes pour en faire des récits bien plus longs. Il n'y a pas de réelle opposition. Cela dit, je ne me sens pas capable d'écrire un roman fleuve.

Nous avons parler de ton bouquin, de ton blog, de l'écriture et toi... Tu me raconterais la façon dont ta vidéo est née, comment tu l'as construite ? qu'est-ce qui t'a poussée à faire pour ton roman une promo visuelle ?

 

C'est un autre auteur de Chloé des Lys, Florian Houdart, qui a initié le mouvement. Puisque ma meilleure amie est camerawoman, je n'ai pas hésité une seule seconde. J'avais une idée bien précise de ce que je voulais voir dans ce clip de présentation. Outre les plans du roman proprement dit, je devais parler devant la caméra. Et là... ne s'improvise pas présentateur qui veut : je n'ai pas calculé le nombre de prises ratées, pour cause de rires,http://external.ak.fbcdn.net/safe_image.php?d=4574afe31af51977118e1e8b6366e12d&w=90&h=90&url=http%3A%2F%2Fstorage.canalblog.com%2F28%2F34%2F684498%2F59281096_p.png de "j'ai oublié mon texte", de mots avalés, de "mince, je me suis plantée", de roulages d'yeux, de blancs lorsqu'il n'en fallait pas... De quoi se taper le crâne avec un rouleau à pâtisserie ! Heureusement, je me suis améliorée (si si !) et les dernières séquences étaient bonnes. De longues heures de travail et au final, une heure de rush.
Nous avons passé une autre soirée au montage. Près de cinq heures de travail pour monter trois petites minutes ! Oui, tant que cela ! Pourquoi ? Parce que la camerawoman est une pro, tout simplement, et perfectionniste, avec ça !
Mettons en scène :
- Là, ton regard a légèrement dévié, il faut supprimer ceci.
Moi, interloquée :
- Où ça ?!
Ah tiens, oui, pendant une nano seconde, mes prunelles n'ont plus regardé la caméra. Mais l'oeil de la pro l'a repéré !
- Flûte, la caméra a bougé.
Moi, comme précédemment, étonnée :
- Euh, où ça ?
Ah tiens oui, petit mouvement d'un millimètre vers le haut, bon, on coupe et on vire.
Sans compter les "bon, là, cette séquence va mieux avec celle-ci, oh, mais attends, celle-là ne serait pas mal, on essaye", pour passer par "on remet la première pour comparer" et "on refait avec l'autre" pour finir par "en fait, c'était mieux la première". N'oublions pas les "ici, tu vois, la voix de la chanteuse s'arrête trop tôt par rapport à l'image, il faudrait une image qui finisse en même temps, voyons voir..." et les "un fondu-enchaîné ou une autre transition, alors on essaye les deux, on verra, et pourquoi pas celle-ci, tiens ?". C'est du chipotage ! Faire et défaire... J'avais un peu l'impression d'être un hamster en train de cavaler dans une roue. J'avoue qu'après cinq heures à regarder et écouter mon double audio-visuel, j'avais envie de me flanquer des baffes !

Une nouvelle soirée a été consacrée à refaire les voix-off car nous n'avions finalement pas utilisé les plans face caméra et à changer quelques petites choses. Je trouvais l'un des passages fort long, j'ai pensé à lire quelques petits extraits de Elle, une autre, en chuchotant. La camerawoman a eu l'idée d'en superposer deux, l'effet est vraiment sympa!
J'ai choisi, comme bande-son, une chanson d'un duo musical, The Good Darlings, dans laquelle la voix de la chanteuse est 'double'. Ceux qui ont déjà lu Elle, une autre comprendront. Le duo a d'ailleurs trouvé que j'avais fait le bon choix.

Voilà comment est né mon clip de présentation !

 

Une aventure en soi, cette vidéo par ailleurs prenante qui donne envie de découvrir le livre et l'univers d'Olivia... 
Je vais laisser le mot de la fin à Olivia... La connaissant, je pense qu'elle me réservera une surprise... Voilà sa fin à elle... je vous laisse déguster...

Ecrire, noircir les pages
Créer un monde, des personnages
Rédiger une nouvelle, un roman
Inventer des paroles, des serments
Taper sur le clavier à toute vitesse
Unir violence et tendresse
Raconter les larmes, le rire, le sang
Ecrire pour vivre, tout simplement

Olivia BILLINGTON

desirdhistoires.canalblog.com



Christine Brunet

www.christine-brunet.com
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www.aloys.me

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Karl Chaboum : "je crée et véhicule la musique des mots"

Publié le par christine brunet /aloys

Donne-moi une définition de l'écriture.

La brouette jpg


Définis ton style d'écriture. Définis ton univers littéraire...

Je n’en ai pas. Je peux rire ou faire pleurer, selon ce qu’il y a dans ma peau, mes tripes. Je ne force jamais la note pour sortir de mon enclos. Je suis. Je ne fais pas l’extravagant pour me faire remarquer. Mon but n’est jamais de me faire remarquer. Comme c’est écrit sur l’endos de mon livre « Le sol à l’envers » : Chaboum n’y va pas de main morte quand il a quelque chose à dire. Quand il n’a rien à dire, il n’écrit pas. Il n’y a pas de clôture dans l’univers, il n’y en a pas non plus dans ma tête. Quand  j’ai envie d’écrire un alexandrin, j’en écris un, mais je ne me cantonne pas dans des rimes qui sont plus que souvent des clôtures. Écrivain ludique est une étiquette qui me va sur mesure. Je ne me prends pas au sérieux mais je suis sérieux en faisant sourire.

 
La scène... Une autre passion, je suppose... Qui est le complément de l'autre ? écriture, complémentaire de la scène ou scène complémentaire de l'écriture?

Comme je suis implanté cochléaire, je suis un solitaire. Je me vois sur scène en solo, entouré de techniciens sympathique comme semble l’être l’équipe de Chloé. J’ai servi des cours d’improvisation à l’Université de Montréal : j’étais comme un poisson dans un aquarium. J’ai publié quelques livres; des centaines nagent dans mon aquarium. C’était parhttp://www.bandbsa.be/contes2/solenversrecto.jpg défaut. Me voir offrir la scène où se mêleraient textes, visuel et improvisation feraient mon bonheur : je ferais barrer les portes pour garder l’auditoire jusqu’à la fin (si je répète, c’est pour que cela entre dans le subconscient de mon futur public).


Ecris-tu pour toi, pour les autres ? le regard des autres sur ton univers littéraire.

J’écris toujours pour les autres mais c’est toujours pour moi et moi, dans le sens que mon écran ne m’a jamais embrassé pour me dire qu’il aimait mes textes. Si je me présente devant un public, je m’attends à être embrassé par plusieurs, sinon c’est moi qui irai les embrasser.


Comment choisis-tu tes sujets d'écriture... Pourquoi illustrer tes petits textes ?

À partir de mon vécu, qui peut reculer à loin en arrière, à loin en avant. Mon cerveau est toujours allumé, les synapses me conduisent à Balzac, La Fontaine. Je n’ai pas de recette préconçue. L’illustration est une nouveau dans mon monde d’écrivain. Quand j’ai entendu parler Robert Paul il y a quelques jours d’un nouveau style d’écriture, le stichou, en cinq lignes courtes, et que monsieur Paul nous a mis au défi d’en écrire, l’idée m’a boucoup plus. J’en ai huit d’écrits, tous imagés. Illustrés ? Parce que cela parle, un va et vient entre texte et illustration.


Comment écris-tu ? Impromptu, sur un coin de table ? Tu retravailles beaucoup tes textes ? développe...

Parfois j’arrête de conduire sur le bord de la route et j’écris, toujours d’un jet, après y avoir pensé pendant des jours parfois, mais généralement j’ai une idée en tête et je plonge. Je ne choisis mon titre qu’à la toute fin, rarement au début. Je retravaille avec letrottier-tete-chaboum.pngdictionnaire; il y a tellement de y et de rr, ll, nn; je me demande qui a inventé ça. Es espagnol… peut-être qu’ils ne donnent pas de dictée. Ma devise : cela doit toujours couler : s’il y a en trop un et, mais, pour, j’efface.

Pour mettre une boucle à tous ces mots de Chaboum, le vers solitaire est fait pour le poète inconnu; j’en suis à la phase de brouette souhaitant aller sur les planches, pas rester dessous.

 

Que t'apporte l'écriture et que ressens-tu quand tu écris ?

Elle m’emporte. C’est le jeu des synapses : incroyable ! Je n’ai pas besoin d’être membre du Circle du Soleil pour en faire le cercle, l’étirer, lui faire embrasser la lune dans un long baiser sombré. Je suis vraiment une brouette Christine. Je suis en train de découvrir un pan de Voltaire avec Micromégas dont Voltaire décrit la hauteur : « Il avait huit lieues de haut : j’entends, par huit lieues, vingt-quatre mille pas géométriques de cinq pieds chacun. »

Ludisme de haute voltige, et il n’arrête pas. Je m’en nourris, comme un veau tête sa mère.


Tu es, à l'évidence, un auteur ludique (ta propre définition et je le pense également): qu'apporte cette approche que n'apporterait pas le sérieux de vers purement satiriques, par exemple.

L’an dernier, deux éditeurs français, un belge, huit québécois ont refusé mon manuscrit que plusieurs ont aimé (sic). Pourquoi ? Parce qu’ils avaient une tonne de livre à fouiner dedans (je coule moins dans ces cas-là). Un Français m’a dit : « La poésie ne se vend pas en France. » Avec tout ce que j’ai lu, je comprends – tu peux prendre un autre de mes carte-chaboum.pngpseudonymes pour me protéger des poètes). On ne voit pas les couilles – écrire en plus petit si tu veux), on  ne soit pas la souffrance, ou si on la voit, ça n’en finit plus. La lecture est là pour ressourcer l’humain. Quand je n’aime pas ce que j’écris, je le jette aux poubelles. Je suis de nature pince sans rire, on me compare souvent à Louis de Funès. Quand j’écris, je m’éclate de rire – pas chaque fois quand même . Vu que mon public est moi-même, il faut que j’aime ça.  J’ai aussi des périodes crues, sensuelles, petite dose grande dose. Ce n’est pas pour tout de suite le temps du dévoilement.


Penses-tu que ces petites strophes ainsi que ton approche de l'écriture se rapprochent d'un univers un peu particulier de l'écriture qui est celui des chansonniers ? " Je ne me prends pas au sérieux mais je suis sérieux en faisant sourire": n'est-ce pas, justement, le propre du chansonnier de faire passer par le jeu des mots, de la physionomie parfois, des messages plus caustiques...

Christine, mon désir est d’apprendre à poser ma voix. J’ai enregistré un vidéo, ce que je referai bientôt, La conscience de Victor Hugo. Caïn poursuivi par un œil immense, à en devenir dément. J’en frissonnais de vivre la peau du premier meurtrier de la race humaine. Je laisse la chanson aux chansonniers. Un spectacle solo avec support visuel, musique appropriée – avec La conscience c’est le Boléro de Ravel en crescendo, de quoi perdre ses cheveux-, un mentor pour que je passe plus mon temps à tout et rien faire, cela ferait mon affaire.


Tu expliques l'affiche avec tous tes masques ? (fallait bien que je te pose la question ! )

« Les masques tombent » furent pour moi un délice à présenter devant des amis. Des maîtres du XIX’sièce comme Victor Hugo, La Fontaine, Jacques Prévert, Edmond les-masques-chaboum.pngRostand : un texte de chacun avec un masque pour chacun. En deuxième partie, Karl ChaBOUM, sans masque, avec ses textes (cette semaine, un ami de longue date m’a dit : Tu t’appelleras dorénavant ChaBOUM – je vais faire du ménage dans tout ça, je reviens à l’ordre). J’ai mangé du XIX’ pendant… un siècle. J’ai vu, et transmis, l’actualité de ces hommes qui s’adressaient au peuple. Je suis un vulgarisateur Christine. Conférencier pendant 20 ans je m’adressais aux enfants… leurs parents comprenaient.


Pourquoi multiplier les noms ? tentes-tu de te cacher derrière des mots ?

C’est certain, tout comme la majorité des humains se cachent derrière leur mutisme chronique. Balzac avait une panoplie de personnages, il leur faisait dire ce qu’il voulait, ilhttp://www.bandbsa.be/contes2/trottiezbarbu.jpg se cachait derrière un, derrière l’autre. Pourquoi pas ? Quand une femme se teint le cheveux et passe du noir au blond, que fait-elle ? Elle veut attirer, se faire remarquer. Quand je porte une grosse barbe et qu’aujourd’hui je suis chauve, non seulement je ne me cache pas, je me révèle plutôt. Carl du Toit a été crée en souvenance de Charles Dutoit, grand chef d’orchestre  de réputation internationale qui a passé plusieurs années à Montréal. Je crée et véhicule la musique des mots, ce qui explique Mots + Art = MotzArt.


Comment t'es venue l'idée du site acrostiche ?

B atifoler est ta marque visagesque : tu es un contagieux professionnel.

O rchestrer est de ton calibre, sans chercher les fausses notes comme des puces.acrostiche-chaboum.png

B ombeur tu mets ta griffe partout. Si c’est trop, tu cloé la porte en liste.


Ce que je viens de pondre. De nombreux psaumes écrits il y a trois mille ans par le roi David étaient des acrostiches écrits en hébreu. Tout au long des siècles des acrostiches ont été écrits.

Une vague de prénoms/cartes de souhaits ont inondé le marché. Puis sont disparu. Saturation. B comme dans « belle » - C comme dans « courageuse ». Etc comme dans etc. Cela me sortait par les oreilles, redondant. Un grossiste en cadres m’a encouragé à écrire une collection, ce que j’ai fait avec 6-8 dictionnaires autour de ma table. Nous avons rompu. Ma tête n’est pas rompette à relever le défi : j’ai une banque de 275 prénoms ainsi que l’offre de service d’écrire n’importe quel prénom de n’importe nationalité – style Bichnouwa – en français.


J’ai vidé mon sac Christine. Tu avais de bonnes questions.

 

 


Publié dans interview

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Lunessences : "Ma passion ne me rapportera jamais rien matériellement, mais elle m'enrichit tous les jours."

Publié le par christine brunet /aloys

visage-lunessences.jpgIl est des interviews qui sont plus compliqués à mener que d'autres... celui-ci en est un. Pourquoi ? Parce que Lunessences est du genre hyper dynamique et multifacettes. Poète, photographe, créatrice de photomontages originaux, novelliste, et bientôt romancière... Sa passion est partout et donc difficile à cerner... au début... Mais vous allez pouvoir le constater, l'univers créatif de lunessences, certes éclectique, est surtout très homogène... Un paradoxe ? Jugez-en plutôt... 

Tu es une artiste auteur : comment te définirais-tu ? plus artiste? plus écrivain, plus poète ?
Première question difficile pour répondre, mais ni une chose ni une autre, je suis une femme qui essaie de traduire comme elle peut donc avec des outils différents tout ce quiIMGP2854.JPG lui passe par le coeur. La poésie est une arme à double tranchant elle est faite de mots qui en disent bien plus qu'on ne le voudrait parfois, mais c'est aussi le plus sûr moyen de toucher l'humanité de chaque être.
L'écriture, c'est très difficile alors j'écris très peu de nouvelles, j'essaie pour l'instant de mettre en forme un essai, une réflexion sur l'amour et le sentiment d'attachement.
Artiste je ne sais pas, par la photo, je veux capter éternellement l'instant...
  

Depuis quand écris-tu et pourquoi ? Un déclencheur ? Mêmes questions pour la photo.
Décembre 1999 exactement, puis 2000 a été une année qui a tout déclenché, c'est la meilleure façon que j'ai trouvé pour dire à l'homme combien la femme peut aimer, combien sa sensibilité est grande. Je voulais que l'homme sache que l'Amour d'après la femme est un don de soi et que la douleur d'aimer existe même si le couple est heureux. Le déclencheur fut l'impossibilité de croire et d'être prise au sérieux dans ma relation amoureuse. Le deuxième déclencheur a été mes enfants, je voulais leurs laisser quelque chose par peur qu'ils m'oublient. C'est bête hein !! Mais c'est comme ça !
La photo c'est autre chose, quand je regarde un paysage une personne j'ai envie de faire partager la beauté que je vois, beauté qui peut parfois être différente selon la vision et les filtres (critères d'éducation, de culture, d'environnement) que l'individu utilise pour voir. Quelquefois, je réussis à montrer la beauté telle que je la vois...

Penses-tu qu'il existe une interactivité entre ces deux processus créatifs ? ou bien dualité ?
emotionsessence.jpgPour moi c'est complémentaire, mais toujours dans ce que je veux transmettre. Quand je n'arrive pas à montrer en photo, je le dis en mot.
Exemple, j'ai vu un arbre l'autre jour tout nu, normal en hiver, mais pour moi il sortait du lot, on aurait dit qu'il avait froid, alors je l'ai écrit, un autre avait l'air d'avoir eu la peur de sa vie, il me le montrait par son tronc et ses branches s'enfuyant vers le ciel de façon très régulière, et il y a une grande folle de saule pleureur, qui parfois ne se peigne pas le matin, c'est rigolo, mais des choses comme ça parfois ne peuvent pas se montrer mais se dire, c'est pourquoi pour moi photo et écriture sont complémentaires.

Donne-moi ta définition de l'art... et ta définition de l'écriture.
Je n'en ai pas ou je pense déjà l'avoir exprimé dans les réponses précédentes. Honnêtement je n'ai pas de définition, sauf une, peut-être, l'art est une façon autiste d'exprimer le trop plein de sentiment humain.

Tes créations sont éclectiques: photos, photo-montage, poésies, nouvelles... est-ce que chacune de ces "catégories" correspond à une émotion particulière ? pourquoi le photo-montage ?
 
Le photo-montage pour permettre à mes yeux de regarder ce que j'aime. Il existe tellement de belles choses autour de nous que les réunir sur une même photo me ravie l'esprit. Exemple, j'aime l'océan et ses couleurs au lever du jour, mais j'aime aussi les cités médiévales, et je ne connais aucun endroit réunissant les deux , pas de château sur laemotions2.jpg plage, alors je l'ai crée!
Mais c'est aussi pour faire vivre mes rêves d'enfant, les fées, les dragons, le bien le mal, tout est réunis en un seul cliché. J'ai aussi besoin de montrer des contrastes, actuellement je travaille sur une photo de rue à New-york avec des ordures répandus c'est un cliché fort de la négligence humaine, de son irresponsabilité, je vais donc la transposer sur une beauté naturelle ! Effet choc que j'espère donner pour frapper fort dans la connerie des gens, leur insolence, etc... Beaucoup de colère dans mon coeur par rapport à ça ! Pourtant je ne suis pas une engagée écolo !
Et pour te répondre,  toutes les émotions passent par tout ce que je fais, la colère contre ceux qui manient la langue de bois, l'hypocrisie, la méchanceté, la pédanterie, sont très difficiles alors pour traduire ça j'écris.
Je ne suis peut-être pas tendre, et surtout pas obséquieuse, les courbettes, les flatteries ne sont pas dans mon humanité, mais j'essaie d'être moi.

Fleur d'huitreTu es une artiste passionnée: c'est ce qui ressort de tes premières réponses. L'écriture est un genre qui demande beaucoup de travail et de relectures : ces relectures ne tuent-elles pas la passion ?

La relecture m'agace parfois, mais elle ne tue en rien ma passion au contraire, je veux exprimer le mieux possible, au plus près de ce que je veux faire ressentir alors parfois les mots me semblent faibles et pour cela je dois ajouter de la couleur de la force, c'est pour cette raison que la relecture est nécessaire, pour cette raison aussi que cela m'agace, j'aimerai tellement être parfaite la première fois

D'où une autre question : comment écris-tu ? beaucoup de ratures, de travail sur ton écriture ? Du premier jet ?

Du premier jet parfois, mais c'est très rare, c'est un peu comme faire une pâte à crêpe parfois elle est trop lourde et il faut rajouter un peu d'eau.
Mes écrits sont des plats de pâtes à crêpes qui ne sont jamais parfaites, mais tout de même pas si mauvaises que ça !


Tu es en train de travailler sur un roman: il s'agit d'un travail de longue haleine : n'est-ce pas opposé à l'approche de la photo (vision immédiate, tangible), opposé également à faire perdurer une passion ?

Qui a dit qu'une passion était obligatoirement éphémère? J'ai une grande passion que je nourris tous les jours et cela depuis plus de 30 ans, et une autre depuis 5 ans qui se nourrit toute seule au fil des jours qui passent.
Écrire un roman est extrêmement dur pour moi non pas à cause du temps que cela peut prendre, mais tout simplement parce que les idées sont trop nombreuses et les mettre en place est un véritable travail de titan


J'aimerais que tu me parles de ton rapport aux lecteurs (crées-tu pour eux ou pour toi avant tout). Est-ce que ce rapport est le même avec les fans de photos et photomontages que tu crées ?

Tous les "artistes" sont des gens égoïstes avant tout, ils créent pour eux, mais garder leurs créations au secret rimerait à rien, alors que l'on soit auteur, peintre, photographe nous créons tous pour nous d'abord, pour les autres ensuite. Mais ceux qui vivent de leurs arts sont des "hommes d'affaires" qui se sont donnés l'opportunité de vivre avec leur temps et de répondre  à la demande pour pouvoir un jour ne créer que pour eux .

Voilà, c'est tout sauf que j'aimerais te laisser le mot de la fin... Ta vie et ton/tes passions artistiques...

IMGP3018.JPGMa passion ne me rapportera jamais rien matériellement, mais elle m'enrichit tous les jours. Chaque instant qui passe même lorsque je répond à ces questions, j'apprends à connaître de plus en plus l'humain, car l'humain est ma passion. Ses défauts, ses qualités, le pourquoi des émotions qui l'assaillent et le tenaillent.
Ces sentiments qui le font réagir. Voilà ma passion...
J'ai intitulé mes deux recueils "Émotions essences de vie" car c'est l'émotion, le sentiment qui rend vivant, si un jour l'humain arrive à vivre sans émotion, il ne sera plus ma passion.
Pour retrouver Lunessences sur son blog lunessences.unblog.fr et sur son site http://www.conjugaisonsdarts.fr/... Soyez curieux !

Christine Brunet

www.christine-brunet.com
www.aloys.me
www.passion-creatrice.com

Publié dans interview

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Béatrice Bertieaux : La poésie. Un jardin. Pas si grand. Un mouchoir de poche

Publié le par christine brunet /aloys

 

Béatrice Bertieaux était d'accord pour un interview... Je lui ai posé mes questions... J'étais loin de m'attendre à sa réponse...

 

Je vous livre son texte sans rien y ajouter... que le plaisir de le relire encore...

 

 

 

 

http://www.bandbsa.be/contes2/bertieaux2.jpg

 

 

 

 

 

Depuis quand écrivez-vous?

 

Ce pourrait tout aussi bien être hier comme pas encore.  Lorsque j'écris, je suis cette autre.

La Poésie. Un Jardin. Pas si grand. Tout juste. Un mouchoir de poche. Rattrapé au P'tit Bonheur d'un recueil. Au hasard d'allées et venues de paroles. De départs et de retours. De lits de fleurs. De baisers. Du lilas de la glycine. De chardons et d'orties.

 

De peines à en mourir.

 

Ce pourrait tout aussi bien être un cagibi. L'on est la page. Un froncement de sourcils. Des embruns sur la couverture d'un livre.

 

Un songe. Celui d'un autre.

 

Ce pourrait tout aussi bien être. Mon atelier. Des dizaines de carnets éparpillés sous une armoire. Dans quelques tiroirs. Collés au plafond. Derrière un masque. Sur le front de ma poupée. Une boîte de feutres colorés. Des monticules de brouillons surchargés.

 

Des fourmis travailleuses. Des cahiers qui se feront oublier.

 

 

 

Pourquoi?

 

La Poésie s'enlove par le vent rassurant d'hiver. Ces soirs si froids. Quand la rêverie est si pleine. Quand  l'on est décidément cette autre.

 

 

Ce pourrait tout aussi bien être ces p'tits papiers de comptoir. Le rinforzando des silences. Des lettres rouges écrites sur un poignet. Des p'tits bonshommes maigres dessinés à même la paume pour se souvenir. Se souvenir des petits cœurs. Tous ceux-là s'éclairent à la lueur des bougies, au feu dans l'âtre. Dans ma maison tout là-bas du bord du lac.

 

 

Tu la connais, dis? Cette intimité? C'est ici que je te reçois lorsque tu me lis.

 

 

 

Un déclencheur?

J'écris de long en large. Multitudes insectes de tracés. D'arabesques. De ratures pour ne garder que l'essentiel. Le silence intuitif. Une pensée. Qui déjà n'est plus tout à fait la même. Ni tout à fait une autre.

 

 

 

Des poèmes? Des romans? Des nouvelles?

Ce pourrait tout aussi bien être un souffle. La rive d'une larme. Le bord d'une ligne. Une illusion. Comme un enfant qui sait mais qui fait semblant. Et même qu'à force de faire semblant …


 

Que vous apporte l'écriture?

Une poignée de sourires. Une étreinte de cœurs. Un lien entre étranges étrangers. Ces toujours inconnus. Une ivresse. L'abandon dans sa nudité ardente.

 

 

 

Décrivez-moi votre univers littéraire …

CHRISTIAN BOBIN en grand, en majuscules !!!: "Il n'y a rien dans l'attente, que la vie seule, nue et pauvre. (…) Elle nous apprend que l'amour est impossible et que, devant l'impossible, on ne peut réussir ni échouer, seulement maintenir un désir assez pur pour n'être défait par rien.

 

(…) Et cependant l'on écrit: c'est bien qu'il y a encore quelque chose à donner, mais on ignore ce que c'est. On le donne pour savoir ce que c'est. "(Lettres d'Or)

 

René Char: "J’ai cherché dans mon encre ce qui ne pouvait être quêté: la tache pure au-delà de l’encre souillée."

"N’ayant rien à contempler (cela m’ennuie), je me tends et me détends dans l’encoignure des braises."

"Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir, comme deux pavots font en amour une anémone géante."

 

"Les enfants et les génies savent qu’il n’existe pas de pont. Seulement l’eau qui se laisse traverser."


Cioran: Le Livre des Leurres : "(…) On ne revient pas de la poésie, de la musique et de la mystique à la philosophie. Un poète, un compositeur ou un mystique philosophent seulement dans des moments de fatigue, qui les forcent à revenir à une condition inférieure. (…) "

 

Baudelaire: Les Fleurs du Mal:

"(…) J'entends le crâne à chaque bulle

Prier et gémir:

- Ce jeu féroce et ridicule,

Quand doit-il finir?"

 

Arthur Rimbaud et ses Illuminations

"Veillées – C'est le repos éclairé, ni fièvre, ni langueur, sur le lit ou sur le pré. C'est l'ami ni ardent ni faible. L'ami. C'est l'aimée ni tourmentante ni tourmentée. L'aimée. L'air et le monde point cherchés. La vie.

Etait-ce donc ceci?

Et le rêve fraichit."

 

"Angoisse – (…) Rouler aux blessures, par l'air lassant et la mer; aux supplices, par le silence des eaux et de l'air meurtriers; aux tortures qui rient, dans leur silence atrocement houleux."

 

 

 

Et puis, tant et tant que je ne puis tous les citer … Le Livre du Saphir de Gilbert Sinoué, le Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, …  Styron, Whitman, Fante,  …

 

 

 

A ce jour, rien ne nous permet de dire que l'univers soit, soit fini, soit infini ….

 

 


 

Béatrice BERTIEAUX

 

http://beillaboheme.blogspot.com/

 

 

Publié dans interview

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