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fiche de lecture

Thierry-Marie Delaunois chronique "Angela", le dernier roman de Silvana Minchella

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.thierry-mariedelaunois.com/pages/accueil/lectures-de-l-auteur/categorie-de-lectures-ii/angela-de-silvana-minchella-par-thierry-marie-delaunois.html#voPrTM4TSXTI6Rv9.03

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"La petite montagnarde est montée dans le train. Le destin d'Angela allait pouvoir être joué sur la grande scène de la Vie. Alors le rêve qu'elle faisait toutes les nuits, depuis son arrivée à la ville, se dévoila. Ce rêve récurrent était d'une extrême précision et se répétait chaque nuit. Il y avait une ambiance floutée d'avant-concert, mêlant les accords des instruments au brouhaha des gens qui s'installaient dans les fauteuils..." Mais quel rêve notre Angela faisait-elle exactement? Celui-ci était-il lié à sa destinée et qu'est-ce qui l'attendait? Une vie d'épreuves ou un parcours tranquille dénué d'obstacles jusqu'à ce qu'elle se trouve enfin et pourquoi donc soudain ce départ pour Bruxelles?

Dixième ouvrage d'une auteure inspirée, alliant habilement réalisme et ésotérisme pour un voyage dans le temps et dans l'espace se révélant être une véritable quête, roman débutant par une inquiétante harangue, se clôturant à Chypre dans la lumière de Paphos après un parcours aussi sinueux qu'un sentier de montagne, "Angela" de Silvana Minchella nous invite en fait à vivre une singulière odyssée initiatique, notre "héroïne" étant née par une nuit de pleine lune dans un village où superstitions et sorcellerie sont bien ancrées. Roman fantastique? Par certains aspects mais jamais ne tombant dans un pur délire fictionnel, la plume de Silvana nous contant adroitement le combat intérieur d'Angela, celle-ci tentant de découvrir qui elle est réellement. Peine perdue ou pas?

Née avec les yeux clairs, le corps et le visage recouverts d'un voile de graisse, Angela intrigue sa famille qui ne peut que tomber à genoux: "Dieu nous a envoyé un ange!", mais la quatrième de couverture nous apprend que l'ange est en fait une guerrière. En quoi l'est-elle et que vient faire l'archange Mikaël dans sa vie? Angela serait-elle une Super Nova?

Roman d'une écriture à la portée de tous, "Angela" nous entraîne dans le sillage d'une femme de caractère se battant quand il le faut, sentiments, émotions et sensations parsemant son voyage qui est loin d'être un long fleuve tranquille. Silvana cherche-t-elle à nous faire comprendre que tout notre bien se trouve en réalité au fond de nous, devant tôt ou tard s'écouler hors de nous? Que nous sommes en fait tous des lumières chacun à notre manière? Ou le message est-il autre?

Mais revenons-en à présent à ce rêve révélateur: "Elle attendait le moment où le chef d'orchestre lèverait sa baguette et chaque fois, elle se réveillait en sueur. Cette nuit-là, le chef d'orchestre s'exécuta et une symphonie d'une intensité et d'une beauté à couper le souffle réveilla Angela en sursaut mais elle avait eu le temps d'apercevoir le titre sur la partition..." Quel titre et pourquoi une symphonie?

"Ce que l'on voit à l'extérieur est le reflet de ce qui se passe à l'intérieur". Angela finira-t-elle par comprendre et connaître la part sombre vivant en elle afin de ne plus en avoir peur? L'oeuvre de Silvana Minchella est à découvrir tant elle est riche en enseignements, nous dévoilant également une galerie de personnages singuliers et attachants évoluant autour de notre guerrière de lumière. Angela? Authentique, Naturelle, Généreuse, Eternelle, Lumineuse, Animée!

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Philippe Desterbecq a lu "Mâle en patience" de Vincent Knock

Publié le par christine brunet /aloys

Philippe Desterbecq a lu "Mâle en patience" de Vincent Knock

Quand une femme a une soudaine et très forte envie d'enfanter, de mettre un petit bout au monde, de donner à son couple une grande preuve d'amour, on parle de l'appel du ventre. 

Et quand c'est l'homme qui a très envie d'avoir un enfant, d'avoir une descendance, de souder son couple avec une nouvelle vie, ça porte un nom?

Antoine a 35 ans, est professeur de français et est marié à Camille, une avocate assez carriériste. Un jour, il entend une conversation qui résonne en lui comme un appel : un enfant, s'il faisait un enfant?

A partir de là, l'idée devient une obsession. Il en parle à sa femme qui ne veut pas en entendre parler pour le moment. Comment la persuader d'être mère? Comment lui faire comprendre qu'il manque quelque chose dans leur couple : la présence d'un enfant, d'un morceau d'eux-mêmes? Antoine fera tout pour y arriver ! 

Mais il ne suffit pas de le décider. On n'a pas (nécessairement) un enfant quand on le désire ! D'ailleurs Camille le désire-t-elle vraiment ce petit être dont Antoine ne cesse de parler? 

Et là, c'est le parcours du combattant : examens plus ou moins humiliants pour les deux protagonistes, prises de température, abstinence, "spécialistes de la fécondation en bocal",... En résumé : médicalisation de la procréation !

S'en suivent espoir et déception, encouragement et découragement, bonheur et tristesse...

Il n'y a pas à dire, ça sent le vécu ! Tous les détails sont donnés avec précision ! Vincent Knock en connait un morceau sur procréation médicalement assistée ! 

Un livre très bien écrit et très bien documenté ! 

Vincent Knock est professeur et cela se remarque, car là aussi, ça sent le vécu ! Lisez plutôt : 

"Depuis que je suis scolarisé, je souffre d'insomnie et de maux d'estomac chroniques à l'approche de la reprise des cours."

"Quand on pense à toutes ces heures grappillées sur le week-end pour  préparer des séances motivantes qui n'arrivent même pas à les intéresser!"

"Benoit doute de sa motivation à enseigner à des élèves qui n'écoutent rien et paraissent blasés de tout."

"Notre métier consiste à leur donner des repères grâce aux manuels scolaires confectionnés par des gens qui savent ce qu'est un élève (d'où leur démission de l'enseignement pour travailler comme directeur de collection chez Hachette-éducation ou Bordas)."

Merci à Vincent Knock pour ce cadeau inattendu. 

 

 

Philippe Desterbecq

D'un livre à l'autre

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Un nouveau partenariat pour Chloé des Lys : Sarah's Diary... et un premier avis : Sables de Laurent Dumortier... Episode 1

Publié le par christine brunet /aloys

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Edmée de Xhavée a lu "Nuageux à couvert" de Marcelle Dumont

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

On peut dire qu’on ne la joue pas à Marcelle Dumont, et qu’on ne lui fait pas prendre des vessies pour des lanternes, des solitudes qui se trainent pour de fantastiques accomplissements, des mariages juste un peu mieux que le suicide pour de merveilleuses conclusions amoureuses…

On suit ces créatures égarées dans le tissu des conventions sociales, dans l’aspiration au mariage, dans le langoureux soupir après l’amour, dans la séduction vénéneuse qui fait qu’une femme est une vraie femme, dans d’épuisantes représentations de femmes-enfants qu’on doit délicatement entourer, dans le courage aveugle de qui veut vivre et ressusciter d’un mariage mort-né… et on a beau savoir qu’elles ont souvent tort de se cramponner aux mauvaises bouées de sauvetages, aux mauvais rêves d’avenir, aux mauvais guides dans la vie… elles  sont un triste bouquet de chagrin, de pathétique obstination ou confiance…

Et on leur aurait volontiers souhaité un peu de jugement, un peu de chance, un peu de liberté pour que leur vie soit toute autre.

Mademoiselle Alberte, par exemple, celle qui ouvre le défilé dans ce recueil de nouvelles. On la voit resplendir comme une pivoine fraîche dont la floraison sera aussi éphémère que magnifique. On la suit jusqu’à son seul réel combat, bien tardif après avoir tout perdu sur son chemin. Elle m’a rappelé une certaine Mimi de mon enfance, que ma mère et ses frères appelaient « La fiancée du curé » parce qu’elle ne ratait pas une messe, et s’y rendait vêtue avec dix ans de retard sur la mode et vingt ans de trop pour la coupe et la coquetterie…

Les fiancés épistolaires enfermés dans une guerre sont tellement touchants, ces cartes dont l’espace est trop petit pour dire du superflu et dont chaque phrase en contient d’autres, secrètes et palpitantes… Que deviendront-ils ?

Et Christine,  qui ne peut faire face à son veuvage, et n’y fait d’ailleurs pas face, jouant à d’autres réalités aussi longtemps qu’elle le peut.

Toutes ces femmes sont véritables, nous les avons connues, en pièces détachées parfois, et assemblées autrement, mais nous les avons connues… Et Marcelle Dumont sait ce qu’elle voit, au-delà des falbalas, rires, coupes de champagne et bonheur affiché…

Une belle écriture, une observation précise, et des histoires dont chacune reste étonnante en fin de lecture.

EDMEE DE XHAVEE

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Jean-François Foulon a lu "Sables" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

"Sables" de Laurent Dumortier

Dès la première phrase qui est une sorte d’exergue, le ton est donné : « Chaque grain du sablier qui s’écoule est un morceau de vie qui tombe, une chute dans le néant du passé. Le futur est là, sous nos yeux, mais il est irrémédiablement condamné… »

On l’aura compris, les textes que l’on va lire ne brilleront pas par leur optimisme. L’auteur nous dit que la vie (notre vie) nous file irrémédiablement entre les doigts. A peine vécu, le moment présent est déjà du passé et ne nous appartient plus. Quant au futur, inutile de se réjouir, il sera bientôt, lui aussi, du passé. La vie (notre vie) nous apparaît donc comme illusoire. Privés de futur, nous ne sommes déjà plus que du passé avant même d’avoir été. 

J’adore ce genre d’approche, qui fait réfléchir tout en nous donnant une gifle pour nous réveiller. Car la littérature, cela me semble aller de soi, n’est pas là pour nous raconter des histoires (dans les deux sens du terme) mais pour nous amener à la conscience. On peut dire que Laurent Dumortier y arrive pleinement car on ne sort pas tout à fait indemne de ses textes.

Ceux-ci sont courts, très courts même, et l’auteur s’en explique au début de son petit recueil. Il ne veut pas, ici, s’embarrasser de la psychologie de ses personnages (sans quoi il aurait écrit un roman) mais nous présenter « un instantané, une photographie d’un événement ». Dès lors, le genre littéraire adopté doit correspondre à ce qu’il veut exprimer. Ses récits voulant aller à l’essentiel, une ou deux pages suffisent amplement pour nous montrer que la mort n’est jamais loin et qu’elle nous guette au tournant.

Le thème du sable (celui du sablier, qui symbolise le temps qui fuit) est le leitmotiv qui traverse toutes ces petites nouvelles, aussi sombres que percutantes. Sable du désert, rose des sables un peu magique, sable avec lequel on fabrique le verre, sables mouvants dans lesquels on s’enfonce désespérément sans espoir d’en ressortir, sable qui envahit l’espace et qui risque de nous étouffer, sable des plaines de jeux où les enfants disparaissent… Tous ces sables sont inquiétants et nous rappellent que notre vie actuelle, que l’on croit bien stable, peut  très vite basculer dans l’horreur.

Car certaines des nouvelles de ce recueil sont à la limite du fantastique, ce qui leur donne un petit côté original que personnellement j’ai adoré. Bon, je ne vais pas ici vous donner trop de détails, mais retenez que ce côté fantastique sert surtout à nous montrer que notre vie confortable peut basculer à tout moment. Comme je le disais au début : nous n’avons pas de futur, le temps de nous apercevoir que nous sommes éphémères et déjà nous avons passé.

L’illustration de couverture (merci à France Delhaye !) est en elle-même un résumé du livre, puisqu’elle nous montre un squelette dont les os sont déjà partiellement éparpillés sur un lit de sable. Beau raccourci pour dire que chaque grain de sable qui s’écoule du sablier nous rapproche de l’instant fatal. « Vulnerant omnes, ultima necat » (Toutes blessent, la dernière tue), disaient les anciens Romains en parlant des heures. Voilà une formule que Laurent Dumortier aurait pu faire sienne, assurément.

Bonne lecture, ne traînez plus pour vous procurer ce livre, car le temps presse, je vous assure !

Jean-François Foulon

http://feuilly.hautetfort.com/archive/2016/05/24/sables-de-laurent-dumortier-5805897.html

 

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J'ai lu... "Parallèlement votre", une nouvelle d'Emaëlle Slechten extraite du recueil "Récits d'une boule de papier"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Tic-tac. Tic-tac.

 

Emaëlle Slechten, vous connaissez... Elle est la chroniqueuse, blogueuse talentueuse de La patate bouquine

Passionnée de lecture, elle s'est lancée dans l'aventure de l'écriture aux côtés des Narratonautes, un atelier d'écriture qui regroupe dans le recueil "Récits d'une boule de papier" les textes de huit auteurs débutants de 13 à 20 ans, Emaëlle étant la plus... jeune ! 

"Parallèlement votre", voilà le titre de sa nouvelle... Difficile de prime abord de faire un lien entre cette "boule de papier chiffonné" "lancée dans les airs", qui "rebondit sur le bord de la corbeille, roule sur le plancher"... (Accroche de 4e de couv). 

 

Tic-tac. Tic-tac.

Un texte sous forme d'un dialogue théâtral. Dix actes, dix scènes, dix étapes d'un processus psychique. Des images comme des flashes, des mots qui se bousculent dans la tête, qui se disputent mais pour quoi ou pour qui ? Des "ils" qui basculent en "je". Un bruit qui affole...

 

Tic-tac. Tic-tac.

Le temps... Avec lui, tout bascule lentement, inexorablement dans une folie fantasmagorique. Peu à peu, - tic - la réalité s'étiole, - tac - la folie prend le pas. Seule image de la réalité peut-être, le docteur Franchipane... Enfin, peut-être... 

 

Tic...

" Je sais que je ne suis pas normale, personne ne l'est "

Tac...

" Le mal reprenait possession de moi. Il était en moi. Tellement beau, tellement fort."

 

Boum !

Faudra lire ! 

Chapeau bas, Emaëlle, pour ce texte d'une grande maturité ! Désormais je comprends le lien avec cette boule de papier chiffonné... déchiré...

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

 

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Delphine Schmitz, "Les morts marchent !"... Mon avis...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Cela fait des mois que j'ai ce livre sur ma table de chevet... J'ai eu envie de le lire dès sa sortie (2014 !) et je l'ai fait venir. Mais...

Parce qu'il y a un "mais" : on ne le dira jamais assez, la première de couverture est d'une importance absolue, un a priori à la lecture, comme un petit bout de l'univers à découvrir. Ben là... J'ai détesté... (et je déteste encore), ce qui fait que le livre est passé du dessus de la pile au dessous... manip renouvelée encore et encore. A chaque fois que j'arrivais à ce titre, à chaque fois je repoussais le moment où j'aurais à l'ouvrir... 

Et pourtant...

Enfin, je me suis décidée à en lire la première page, un peu à reculons, et... je ne l'ai plus lâché ! 

"Les morts marchent !" : un livre surprenant, superbement écrit, rempli d'humanité et d'inhumanité, une histoire où magie, sorcellerie, liens du sang, et esprits malins se côtoient pour le malheur de tous. 

Dès le départ, trois puis deux temporalités cohabitent et s'imbriquent, le passé s'invitant dans le présent sous différentes formes. 

Delphine Schmitz nous fait remonter le temps et nous propulse au coeur de la Roumanie passée. Va-t-on alors parler vampires ? Que nenni... L'auteur ne tombe pas dans la facilité mais tisse lentement, inexorablement un écheveau de causalités qui nous entraîne dans une fébrilité de lecture. 

Et si les esprits maléfiques existaient ? Brrrrr... 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

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Edmée de Xhavée nous fait découvrir "Les landes endormies" d'Yves Oliver

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

J’ai lu « Les landes endormies » d’Yves Oliver – Edmée De Xhavée


 

Embarquement pour le fantastique subtil du monde d’Yves Oliver. Non, pas le fantastique des studios Disney mais bien le tendre et dangereux fantastique des brouillards, de la mousse des bois, des illusions des rêves et souhaits, des guides invisibles aux formes pourtant mouvantes et aux humeurs qu’on ne sait apprivoiser… De la peur que l’on sait devoir affronter et que l’on redoute.

Sept nouvelles, sept promenades poétiques et intimes, sept rencontres insolites avec le monde de ce que nous ne connaissons pas de nous-mêmes.

J’ai été surprise et parfois très émue de certaines phrases ou descriptions inattendues et qui trouvent pourtant exactement la place qui est la leur dans l’imaginaire du lecteur qui est enveloppé par la beauté de ces images :

Le vent passait dans les branches, son carillon s’alliant aux grincements des écorces les unes contre les autres.

Du bout d’un doigt je touchais la mousse sur le tronc d’un vieux chêne : le flux et reflux des marées se firent entendre dans le lointain. Je fermai les yeux : les légendes de l’histoire m’apparurent.

Dans les celliers des manoirs, les rats arrêtèrent leur course folle. L’eau des océans se mit à bouillonner, comme poussée par un formidable souffle venu des abysses.

Sur le mur de la maison, d’étranges fleurs se sont mises à pousser, exhalant le parfum, âcre et capiteux, du Royaume des Morts. A une distance proche, une rivière s’est remise à couler et, dans l’éclair d’un clignement de paupières, des rêves se sont perdus.

Il y avait des servantes aimables aux sourires de nénuphar. Les parents paisibles ne connaissaient pas la douleur.

Le brouillard, vicieux comme un loup humant sa proie, avait pris possession du front de mer ! Il était venu rapidement, se frayant un chemin dans les méandres de la nuit, sa complice.

Ce petit livre de 89 pages contient toute cette magique poésie, ces arrêts sur image d’un monde souvent menaçant, imprévisible, fort et mortel, dans un décor aux effrayantes beautés. Envoûtantes beautés. La mouvance des temps, de la réalité et de ses racines oniriques. Le cauchemar n’est jamais loin… l’engloutissement, le retour au néant. Le fantastique ici est bien celui que la nature nous sussurait dans l’enfance, avec ses troncs moussus et tordus comme des suppliciés, les pierres aux formes de légendes, le vent et les brumes, le bruit de la mer même loin de ses rives… Le battement du cœur de la vieille terre qui ne vieillit pas….

 

 

Edmée de Xhavée

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Philippe De Riemaecker nous propose de découvrir "Cape verte", le dernier roman de Patricia Fontaine

Publié le par christine brunet /aloys

 

Des plumes de talent, il en existe jusqu'au cœur du Brabant Wallon. Preuve en est, le roman écrit par la Jodoignoise Patricia Fontaine. Difficile de le rater, la presse avait souligné la qualité de l'ouvrage.

Soyons honnêtes, ce roman, "Cape Verte", ne se lit pas d'un simple regard distrait. Ce serait prendre le risque de se perdre au creux de l'intrigue

"Cape verte" fait partie de ces ouvrages qui nous saisissent la main pour un voyage peu ordinaire. Ce n'est plus une lecture, c'est un rebondissement, un moyen de remonter le temps, les siècles, pour suivre deux destins au féminin. Des chemins qui se tracent séparés par les ans et pourtant, sont ils si différents ? Histoire(s) de femmes écrite par une femme et : c'est bien réussi ! Ne me demandez pas de vous dévoiler l'intrigue, je m'y refuse pour préserver votre plaisir.

J'ai aimé me laisser porter par le courage de ces filles d'Ève. J'ai adoré percevoir ces sensibilités et parfois, pourquoi pas, une pointe de fantasmes distillée avec pudeur.

J'ai vibré, me laissant entraîner au cœur d'un lieu de distraction que l'on jugerait aujourd'hui d'un regard fripé par la bienséance.

Certes, autre époque, autres mœurs. Il était un temps ou ces établissements portaient enseigne sans que l'on ne parle de vice. Oui, je me suis laissé porter par les respirations d'une jeune fille perdue dans ce tumulte et qui découvre l'amour sans reconnaître le visage de ce bouleversement.

Mais de résumer ce livre serait vous mentir. Nous approchons les sectes, nous sommes amenés au cœur de réunions insolites. Manipulation et Machiavel se cachent entre les lignes. Une femme doctorante qui découvre que son entourage devient source de méfiance. Ce n'est pas qu'un roman, c'est une toile d'aranéide qui nous englue dans une sorte de labyrinthe démoniaque. Éternel combat entre le bien et le mal, à condition de pouvoir les différencier sans se tromper.

Patricia Fontaine, votre livre est beau, bien écrit, il mérite nos regards et notre admiration. Il est digne de notre concentration. Cape Verte, se l'offrir pour préparer l'automne, c'est peut-être ainsi que le printemps s'apprête.

Je gage qu'une suite ne saurait tarder... Si ce pressentiment venait à se vérifier, je serais probablement le premier à me précipiter.

 

Philippe De Riemaecker

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Vincent Knock a lu "Le boiteux de Grattebourg de Rolande Michel

Publié le par christine brunet /aloys

Vincent Knock a lu "Le boiteux de Grattebourg de Rolande Michel


"Avec Le boiteux de Grattebourg, Rolande Michel nous livre un texte à mi chemin entre le fantastique et le roman de terroir où l’on se plait à suivre les pérégrinations malchanceuses de son héros, Anselme, dit le boiteux, un être profondément laid mais également profondément bon. Et on se laisse vite happer par le style travaillé qui transpire dans l’écriture de l’auteur, où l’on semble tomber dans un village inquiétant en proie aux manifestations mystérieuses de dame nature. Par l’atmosphère rurale et les réactions animales de certains autochtones, habités et féroces envers Anselme, on se croirait embarqués dans une nouvelle histoire de David Lynch où le lecteur est en insécurité permanente, à la merci des rumeurs et peurs d’un autre temps. On découvre une multitude de personnages étranges (le rebouteux, Maria, le curé…) aux prises avec des phénomènes surnaturelles qui s’amplifient à mesure de l’avancée de l’histoire.

Parce que c’est là que réside le tour de main de ce livre de 219 pages, d’avoir su créer un univers inquiétant (une campagne reculée) et intemporel (cela pourrait se dérouler au moyen âge, au début du siècle, voire de nos jours), dans lequel on est immédiatement happé jusqu’au dénouement final qui relève sa part de mystère.

Une belle lecture".

Vincent Knock a lu "Le boiteux de Grattebourg de Rolande Michel

Vincent Knock

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