poesie
Gérard Le Goff nous propose quelques Haïkus en invité d'Aloys
Extraits de Simples
52 haïkus libres pour 4 saisons de la vie
Poussées artésiennes
Bourgeons abreuvés d’azur
Le ciel s’enracine
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Demeurent les clairières
Par l’été comblées d’or vif
Les bêtes bruissent comme feuilles
■
Jonchées de feuilles rousses
L’automne fond froid de théière —
Sa chaleur en moi
Extraits de Par quatre chemins
24 quatrains octosyllabiques des 4 chemins
Le sentier indécis mène là
Où rêve de dormir le rêveur
Le lac aux fées des entrelacs
Que veillent des futaies de ferveur
■
En ces lentes journées de pluie tendre
Couchés sur le seuil du silence
Laissons les sentiers nous attendre
Nos yeux clos défient la violence
Pour en savoir plus, voir son site :
Gérard Le Goff : Amers & compas,
Gérard Le Goff nous propose une poésie !!!

Tous ces instants
Effleurer ta main
A l’endroit où l’ombre d’une rose
Coupée la colore
A la dernière pluie
Est né le sel de tes larmes
Dans un baiser simple
Nos mains d’écorce vieille
Nos pas défaits par les feuilles -
Gestes tombés d’octobre
La nacre de ton souffle
Mêlée au blanc d’un matin -
Camaïeu d’hiver
Passe ton chemin bise
Va geler la mort au loin
Oublie notre amour
Gérard Le Goff ([Recueil de haïkus] Cycle V)
Extrait de : Le reste du peu - Editions Encres Vives - Michel Cosem,
collection : Encres Blanches N°764 (juin 2019).
Bernadette Gérard-Vroman fait sa promo... Mais au fait, la poésie, qu'est-ce que c'est ?

La poésie, au fait, qu’est-ce que c’est ?
Ce sont des mots venus de loin, bien souvent en rimes, en images, un genre littéraire que personne ne cherche à lire, à comprendre, qu’on évite même, par manque de temps, bien souvent. Car pour lire de la poésie, il faut du temps : la poésie ne se lit pas, elle se savoure, elle se déguste, elle se laisse imprégner.
Ce fut mon cas, jusqu’en 2010, lorsque j’ai commencé moi-même à écrire, suite à un besoin enfoui depuis très longtemps. C’est ma fille qui ouvrira la porte vers cet espace si vaste que représente la poésie, qui vient du verbe grec polien, qui signifie créer. Créer des formes artistiques, créer des formes de vie, ou créer du lien. Voilà qui résume bien mon parcours poétique. J’ai donc, à mes débuts, commencé à m’intéresser à ses formes les plus complexes. Je m’en suis approchée, j’en ai humé les mots, je les ai bus, aimés, apprivoisés, d’abord un peu, très vite passionnément. Ils sont devenus mon pain quotidien, mes voyages, en eux j’ai trouvé ma raison de vivre.
Deux recueils ont vu le jour, et ont, à leur tour, voyagé jusqu’en France, même en Suisse.
Ils m’ont fait faire bien du chemin, avec moi-même, mais aussi avec les autres, m’ont permis des rencontres extraordinaires, avec d’autres auteurs, lecteurs, artistes, peintres, illustrateurs, chanteurs, musiciens.
L’an dernier, un premier spectacle a eu lieu à la MJC à Comines, suite à la parution de mon second recueil « Sérénade à la vie », il a prouvé que même les jeunes pouvaient s’intéresser à la poésie, allant jusqu’à lire mes textes et les mettre en scène. Ce fut un succès.
Cette fois, j’ai voulu réunir certaines amitiés issues de mes rencontres littéraires, ou d’un voyage, qui m’ont permis d’allier une fois encore poésie et musique, car ils ont tous deux quelque chose en commun : le rythme. La poésie invite au chant, et donc à la musique.
Afin de poursuivre ce partage de la poésie, encore trop méconnue du public, pour vous témoigner que même si mon âme est solitaire, j’aime le contact, j’aimerais vous proposer une soirée poétique avec lecture de poèmes extraits de mes deux recueils, cette fois. Pour vous, le temps d’un soir, le 16 novembre 2019 à 20h, au Biblio Bar Livresse à Mouscron, nous nous ferons troubadours, afin de vous communiquer mon amour pour la poésie, en espérant qu’elle vous contaminera, une fois de plus. Cette fois, certains poèmes seront mis en musique également : à découvrir ou à redécouvrir… car chaque événement est une nouvelle création, avec de nouvelles surprises.
Merci d’être témoins de ce partage, merci à tous ceux qui m’ont aidée à réaliser ce projet, qui me tenait à cœur.
Ensuite, rendez-vous au Salon Alchimie du Livre à la Bibliothèque Marguerite Yourcenar de Marchienne-au-Pont, le 8 décembre (de 11h à 18h).
"C’était un jeudi soir…" une poésie extraite de "Spirales urbaines", un recueil signé Carine-Laure DESGUIN

C’était un jeudi soir…
Je me souviens très bien c'était un jeudi soir
A la tv le film ne me plaisait pas trop
Je lisais je rêvais toute seule dans le noir
Je me disais princesse je vous voyais héros
Le GSM sonna c'était un sms
De vous et me voilà surprise
Vous citiez mon prénom je compris la détresse
Et vous sonnai de suite que ce silence se brise
Vous étiez tracassé pour les jours à venir
Je comprenais fort bien ce que vous me disiez
J'écoutais votre voix ce ton grave ces soupirs
Ces petits mots d'émoi que vous me réclamiez
Ce que je n'oublie pas et n'oublierai jamais
Ce sont les derniers mots que nous nous sommes dits
L'un et l'autre comme deux étourdis
Ne voulions être le premier à vouloir raccrocher
Le silence s'installa entre nos longs désirs
De se parler encore sans jamais trop se dire ...
"D’écrire ces deux vies…", une poésie signée Carine-Laure Desguin, extraite de son recueil "Spirales urbaines"

D’écrire ces deux vies…
Dépêchons-nous d'écrire ces deux vies
Ces instants de soleil ou de vent ou de pluie
Dépêchons-nous d'écrire tous ces mots
Avant qu'ils ne s'oublient
Et finissent en sanglots
Collons - les sur les murs
Sur les portes n'importe où
Je le sais les blessures
Sonnent en coup de grisou
Collons vite ces moments de nous deux
Ces souffles courts ces instants indécis
Quand vous disiez je veux
De vous dix minutes de sursis
Oui je voudrais monsieur les peindre sur les murs
Tous vos regards de feux je ne le savais pas
Que c'était vous le soldat sous l'armure
Celui qui maîtrisait mon corps sans le moindre faux pas ...
Carine-Laure Desguin
"Monsieur qu’aimez-vous donc de moi ?", une poésie extraite du recueil signé Carine-Laure DESGUIN "Spirales urbaines"

Monsieur qu’aimez-vous donc de moi ?
Monsieur qu'aimez-vous donc de moi
Dites-le une fois au moins que je le sache
Livrez ces secrets avant qu'ils ne s'arrachent
Tous seuls et trébuchent vers un autre trépas
Vous aimez regarder et languir et attendre
Ces instants désirés aux humeurs de printemps
Ces instants vous savez ce sont eux qui m'enchantent
Ils me forcent à écrire ce que mon coeur ressent
Nous n'en savons pas plus vous et moi
L'un de l'autre
Que ce matin de juin quand le soleil entra
Et que la porte close
Vous comprîtes mais pas moi
Que cette première fois
En attendait bien d'autres ...
Carine-Laure Desguin
Micheline Boland nous propose un poème "SOIE"

Je garde sous les doigts,
La paresse de la soie,
Celle qui fait les fleurs
Des plus beaux rêves,
Celle qui ouvre le passage
Sur les vagues de tendresse,
Celle dont on tapisse
Le nid des nuits blanches,
Celle qui chante
Dans l'ombre des parfums,
Celle qu'on emporte avec soi,
Ailleurs,
En d'autres saisons,
Et qu'on cueille
Comme un fruit velouté
Tout au cours de sa vie.
Micheline Boland
"Capitaine regardez-moi", un poème extrait de "Spirales urbaines", un recueil signé Carine-Laure DESGUIN

Capitaine regardez-moi
Dites entendez-vous quand je vous parle
Quand je cherche les mots qui vous feront sourire
Ceux-là mêmes comme on caresse un châle
Que vous soufflerez quand je serai partie
Je les attends savez-vous ces quelques instants
Ces journées nous les offrent les étoiles généreuses
Couronnes électriques au - dessus des amants
Se moquant des poussières des ténèbres glorieuses
Avant de vous voir je rêvasse j'imagine
Ombres dans la brume mes pensées sont d'azur
Les vôtres que sont-elles rouge sang opalines
Capitaine regardez-moi respirez ces murmures
Je les attends savez-vous tous ces moments volés
A qui à quoi ne sommes-nous pas éternels
Et si nous étions libres les aurait-on mêlés
Ces départs censurés prisonniers et charnels ?
CARINE-LAURE DESGUIN
"De vous monsieur j’aime ces silences", une poésie extraite de 3spirales urbaines, un recueil signé Carine-Laure Desguin

De vous monsieur j’aime ces silences
De vous monsieur j'aime ces silences
Ils devinent ce que nous ignorons
Soulèvent votre audace cachent votre arrogance
Derrière les rideaux de ces moindres soupçons
De vous monsieur j'aime les regards
Ils se déposent sur moi et puis me déshabillent
Notre rencontre c'est donc le hasard
Celui qu'on nomme amour et qui s'appelle vie
De vous monsieur j'aime ces maladresses
Vous osez deux mots et puis vous hésitez
Vous cherchez en moi une femme et aussi la maîtresse
A qui l'on ne dit rien avant de caresser
De vous monsieur j'aime tout ce que j'ignore
De votre vie d'avant ces rendez-vous fidèles
De vos désirs ardents et de vos petites morts
Quand la lune s'endort
Et que le jour se lève...
Carine-Laure DESGUIN
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