Revigorée par un canard, *
Je pars pour un lointain voyage
Où revit au travers des âges
Cette langue d’oïl, le picard.
Grâce au théâtre, tout un art,
L’héritage est mis à la page,
Les mots revêtent leur plumage,
Vont dérider les teints blafards.
Elle fait partie du folklore,
Ses empreintes, nul ne l’ignore,
Elle est l’alliée des corons.
Qu’elle soit du Nord ou de l’Oise,
Souvenons-nous de Mousseron
Et de ses poésies patoises.
Bernadette Gérard-Vroman
*Canard : morceau de sucre trempé de l’alcool (calvados, genièvre, rhum) ou dans le café que l’on fait fondre dans la bouche.
J'ai fort quièr el français, ch'est l'pus joli langache,
Comm' j'aime el biau vêt'mint qué j' mets dins les honneurs.
Mais j'préfèr' min patois, musiqu' dé m'premier âche,
Qui, chaqu'jour, fait canter chu qu'a busié min coeur.
Dins l'peine, un mot patois nous consol' davantache;
Dins l'joie, à l'bonne franquette, i corse el bonne humeur.
Il est l'pus bell' rinscontre au cours d'un long voïache,
L'pus douch' plaint' du soldat au mitan des horreurs.
L'patois s'apprind tout seul, et l'français, à l'école.
L'un vient in liberté, l'autr' s'intass' comme un rôle.
Les deux sont bons, bin sûr, mais not' patois pourtant,
Rappell' mieux les souv'nirs d'eun' jeunesse effacée.
L'patois, ch'est l'fleur sauvach' pus qu'eune autr' parfeumée...
Ch'est l'douche appel du soir d'eun' mère à ses infants.
Sonnet de Jules Mousseron, Poète mineur (1868-1943)
Carine-Laure Desguin, Album number one cinéma magique, poèmes, éd. Chloé des Lys.
Titre qui résonne comme un album de chansons, tel un collector ou une compilation du genre
…et pourtant, on pourrait presque dire que c’est le cas.
Les poèmes se suivent et ne se ressemblent pas ou pas trop.
C’est justement là le point fort de ce recueil, on croirait des textes composés pour un chanteur/ une chanteuse ou un groupe.
On y retrouve des balades, des textes qui riment, d’autres pas. C’est agréable à lire, on imagine facilement
la musicalité qui accompagne, qui n’est jamais loin.
Cinéma magique ? Les mots sont des images, les images des films, les films passent dans notre
tête lors de la lecture des textes. Un florilège de petits clips, un régal.
Bref, un recueil de poèmes qui date de 2016…mais il n’est sûrement pas trop tard pour y revenir.
Et dans la foulée, voici le commentaire de Serge Guérit
Salut Carine, je viens de lire Album number one Cinéma magique, ouf ... j'avais les mots qui dansaient devant les yeux sur le rythme de la musique de Soprano, de Maître Gims, qui dansaient à ne plus finir, à vouloir qu'ils ne finissent plus. J'ai aimé tous ces mots écrasés, ces phrases écorchées, cette vie telle que tu l'écris et que j'aime lire comme tu l'écris. Merci. Si depuis sa sortie en 2016 ça n'a pas été fait alors il faudra que quelqu'un mette des notes sur ces textes. C'est trop bien. Bonne nuit Carine.
Né en 1964 à Saint-Lô, dans la Manche, en France, je suis bachelier en 1983. J’ai déjà composé, à 16 ans, mon premier poème solide, « L’Ange », avant d’être édité une première fois chez Corlet, pour mon premier recueil de poèmes « Les anges », en 2000, suite à l’obtention du Prix de l’Espoir de la Société des Ecrivains Normands. Ce même recueil sera couronné, en 2001, du Prix Pierre Corneille, à titre exceptionnel. Il connaîtra une édition seconde chez Chloé des Lys en 2011, après plusieurs corrections.
Puis viendront mon second recueil de poèmes « Le miraculé » (chez Chloé des Lys), et, finalement, mon troisième et dernier ouvrage « La félicité » (chez Chloé des Lys), récompensé par le prix Louis Bouilhet, toujours par la Société des Ecrivains Normands.
Il clos la « Trilogie sincère de ma vie sublimée ». J’ai le désir, encore embryonnaire, d’écrire une œuvre en prose, dont j’ai déjà l’idée…
Je suis écrivain par vocation, fonctionnaire de profession, aux Finances Publiques.
Résumé de La félicité
Après « Les anges » qui était un premier essai littéraire et le romantisme mystique du « miraculé », la félicité, teintée d’amour, de bonheur et de sagesse, vient clore logiquement la trilogie en vers de ce que j’ai pu extraire en images et en pensées des événements et spectacles qui m’ont touchés, durant mon existence.
Court extrait de La félicité :
A Annie
As-tu donc un pouvoir, ma fée de Balleroy,
Pour projeter si haut mon âme, à chaque fois
Que tu m’offres ton corps, comme on offre une fleur,
Viktoria Laurent-Skrabalova est née dans un pays qui n'existe plus, la Tchécoslovaquie. Le fait d’avoir connu un régime avant de passer à un autre a très probablement influencé son écriture. Depuis l'âge de huit ans, elle écrit des courts textes nourris de son imagination. Elle a été primée plusieurs fois dans des concours littéraires en Slovaquie et en République Tchèque. De nombreux poèmes ont été publiés dans diverses revues littéraires françaises (Ce qui reste, Florilège, 2000 Regards, ...).
Elle a publié quatre livres de genres différents (recueil de nouvelles, livre pour enfants, recueil de poésie) chez des éditeurs en Slovaquie et en France.
Résumé
Le Berceau Nommé Mélancolie est une plongée dans une mélancolie palpitante, vibrante d'énergie et d'espoir. Chaque mot a sa place et son importance. Les vers dansent dans un tourbillon, dévoilent les pensées de l'auteure sans trop les dénuder. Ils peuvent être remplis de mélancolie comme ils peuvent n'être qu'un calme avant la tempête. Avant que la révolte, la volonté de surmonter les difficultés de vivre, ne reprenne leur règne.
Ce court texte d'une soixantaine de pages est déstabilisant. Nous connaissons tous le double talent de Salvatore Gucciardo : la peinture et la poésie.
Avec "Le voyageur intemporel", nous plongeons dans une fantasmagorie poétique, une longue allégorie sur la Nature Humaine. Le rêve révélateur de l'inconscient... Freud a analysé le phénomène sous forme d'expérimentation. Salvatore Gucciardo l'expose dans un enchevêtrement permanent d'oxymores, de métaphores et d'hyperboles qui explosent en couleurs et sensations charnelles.
Le rêve devient réel, se joue des conventions, des inhibitions, de la bienséance.
Le monde imaginé est à la fois monstrueux, répugnant et délectable, coloré et monochrome car la couleur qui prédomine au-delà de la chair est celle du métal, froid, représenté comme impur. Le mouvement est ondulant, représentation du serpent (péché originel), de la langue et des corps désinhibés.
"Le voyageur intemporel" est un récit poétique très visuel, pictural, un voyage au coeur d'un rêve presque cauchemardesque, une explosion de couleurs et de sens qui interpelle.
Christine Brunet
www.christine-brunet.com
Salvatore Gucciardo n'étant pas d'accord avec ma lecture de son ouvrage, je vous livre sa réponse à ma chronique :
"Je respecte tes impressions sur mon roman.
Tu as le droit de penser ce que bon te semble.
Ma vision de l'univers que je décris est différente que la tienne.
Celle-ci décrit les instincts primitifs de l'être sous la pulsion symbolique et animale
du serpent qui se mord la queue qui symbolise l'éternel recommencement
de la vie. La nudité de la nature n'est pas agréable à voir. Il suffit de faire abstraction
de notre éducation pour qu'on voit le vraie visage de la vie.
En effet, certaines images, certaines descriptions,
choquent le lecteur et j'en suis conscient.
Lorsqu'on lit le roman dans son récit romanesque, on ne perçoit pas
les messages qui se cachent dans la symbolique du récit. Tu oublies de citer
un élément important "l'Amour démesuré" du narrateur pour sa dulcinée
qui donne à cette fiction une crédibilité chaleureuse et humaine.
Ma fresque intemporelle décrit les mystères de la vie, de l'univers.
C'est un message d'amour, d'espoir dans un univers où