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poesie

Tristesse, une poésie de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

Tristesse

 

Tapie au fond de l'antre, le cachot de mon crâne

La bête est assoupie ; j'entends le souffle court

Son haleine empoisonne l'espérance et la fane


 

Je construis la folie pour faire entrer le jour

Dans la prison où tourne ce fauve qui soupire

Et apaiser un peu son déprimant discours


 

Nourri de poésie, ronronne le martyre

De cette âme si grande mise aux fers de la vie

- Ah renaître innocent, ne savoir que sourire -


 

Assis dans un couloir, peint d'agréable ennui

Je griffonne de vers les derniers jours du monde

Du triste geôlier captif de sa folie

 

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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Albert Niko nous propose un texte "Comme la rivière peint"

Publié le par christine brunet /aloys

Comme la rivière peint

 

Je peux presque te voir comme j’écris ces mots, cependant que déjà me parvient ton haleine fétide car c’est ce qu’il nous est donné avec la définition.

Nous trouvons les mots comme les sacs en plastique trouvent nos mains. Peignant divers paysages qui nous dépeignent de ce côté coupé du pinceau. Il y a toujours ces peupliers pour se réflé-chir dans une rivière comme l’espoir de traverser la toile, mais le peintre écrit son nom, le tableau porte son mur et la galerie son adresse.

Un mauvais rêve nous projette dans ces rues où des gens reviennent de la kermesse dans leurs habits du dimanche, arborant un poisson mort dans son sac, et ces yeux en forme de cible sont ce qu’a perdu le peintre. Passent les murs, l’avenue, le nom de l’avenue, le nom avenue – les yeux ne retiennent rien.

La rivière attrapant les yeux, la rivière perdue des yeux.

La rivière, toujours. Les yeux sac, cible.

Les yeux puit.

Des oiseaux traversent nos fenêtres comme des flèches ; der-rière, le ciel papier peint. Nous vivons au rythme du mouvement oscillatoire des paupières, rejetant ce que nous ne pouvons qu’entrevoir. Nous cernons la bouteille, égarant l’eau. Incolore, disent-ils. Merveilleux ! Certains placent un mot devant l’autre, nous montrant marchant les bras ballants, ne retenant rien.

Marchant…

Continuant à marcher.

 

ALBERT NIKO

 

Publié dans Poésie

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Moi, si j'étais la mer, une poésie de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

 

Moi si j’étais la mer

 

Massive et immobile, elle tangue doucement

Penche, la tête lourde d’une pauvre cervelle

- Un livre plein d’images, trop gros pour une enfant –


 

Si, fixe est le regard, vives sont les prunelles

La lippe dégouline et le sourire pend

Sur la gencive rose que les chicots révèlent


 

Un œil s’est fermé, l’autre veille perçant

La clarté le dilate, il écoute l’appel

Dans la tête endormie une onde se répand


 

Un bob trop petit, couvre la jouvencelle

Sa vague silhouette noyée de vêtements

Fixe la pulsation ; ce bleu-là l’ensorcelle


 

La guetteuse soudain vacille sous le vent

Elle renifle absorbée une verte chandelle

La morve disparaît, torchée par le bras blanc

 

Mais l’apparence cache ce que l’œil révèle

Un couplet invisible habite de son chant

L’iris globuleux dont la joie étincelle

 

« Moi si j’étais la mer, j’aimerais l’océan

Et si j’étais poisson l’écumeuse dentelle

Si j’étais un oiseau m’emporterait le vent


 

J’ignore ce que je suis dans cette vie si belle »

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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Baroque, un poème signé Brune SAPIN

Publié le par christine brunet /aloys

Baroque

 

 

Il y a un pâle soleil qui verdoie le verglas sec.

Cassements osseux et vibratoires entre ces corps qui se craquellent.

La marelle est dépoussiérée des décombres aux semblants humains.

Un hiver sur l’hémisphère vous rappelle les poupées de chiffons.

Couche après couche les souvenirs perspicaces transpercent les fibres de ce que d’autres disent réalité.

Doutez encore braves fous, de la complexité de votre existence !

Non, rien n’a été vrai.

Nous aurait-on trompés ?

Bonheurs, douleurs, bleus au cœur, âme en transe, sens en délire, délices indécents, amours, obsessions, visages, allures physiques…

Non, rien n’a été vrai.

Nombre de générations est passé sans que nul ne soit accompli, exorcisé, alphabétisé.

Drolatique errance entre croyance et espérance, cloués au pied du mur à regarder le froid.

La solitude exacte est semblable au sablier écoulé qui sable encore de glace la buée béate qui s’exhale de notre bouche expirant les mauvaises humeurs de notre sang trop noir.

Brune Sapin

 

 

 

Publié dans Poésie

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Une poésie extraite du recueil de François Iulini 'L'ombre du reflet'

Publié le par christine brunet /aloys

 

Là-bas je ne suis rien, ici n’est plus ma place

Un pied sur l’Ile belle l’autre sur mon berceau

Ombrent sombres mes couilles un horizon limpide ;

Dans mon crâne entrouvert, nuageux mon cerveau

Rime ses borborygmes aux orages qui passent


 

Regrets en noir et blanc, douleurs polaroïds

Tristesses numériques ; je tends la blanche voile

Chagrine un scénario et le film renaît…

Avoir faim encore… l’araignée tisse sa toile…

Comme on fait son Paillasse… vous aime et puis vous vide


 

C’est ainsi ; les histoires parfois ça devient vrai

Les yeux rouges, ébahis ; le stop veut qu’on le marque

On doit si c’est possible chercher ailleurs… un arbre

Trouver sa mort ; s’arrêter au lacrymal lac

Et torcher résolu la morve des regrets

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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Salvatore Gucciardo nous propose un poème "Communion céleste"

Publié le par christine brunet /aloys

 

Communion céleste

 

 

 

Il fallait percer les desseins de Dieu

Les arcanes de la création

Tout en fuyant

Le fond des abymes

 

Il fallait assister

Au coït céleste

Afin d’honorer

Le décor impérial

D’une symphonie orbitale

 

Il fallait communier

Avec le magnétisme

Des ondes

L’éblouissement

Des comètes

Pour célébrer

La constellation

De l’essence humaine

 

 

Salvatore Gucciardo

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Dérine, un poème extrait de "L'ombre du reflet" de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

Dérive

 

Le pavé est disjoint ; dérive la pierre

De la cour ; pousse l’herbe, vert océan

Où clapotent les lauzes ; sur quelles terres

S’échouera le radeau ; île ou continent ?

 

Midi ; coule le plomb du ciel ; fond la mer,

Verdâtre fiel ; une gerbe de ciment

Sourd, dégueule le joint, mousse la crinière

Paille ; la cour glisse et tangue incontinent…

 

Où errent les pensées du lecteur distrait,

Son œil s’est noyé sur la page immobile ;

Le monde alentour est-il faux, est-il vrai ?

 

Divague le point d’orgue d’une pensée

De rive ; rêve vague d’un sol figé,

Heureux, secret ; une cachette, un asile...

 

François Iulini

Publié dans Poésie

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Un poème extrait du recueil de "L'ombre du reflet" de François Iulini

Publié le par christine brunet /aloys

Le climat réchauffé les traboules a bruni

Continents en dérive s’entassent en ville prime

Les riches jouent aux pauvres et les pauvres paressent,

Riches ; l’air de rien invisible l’or s’exprime,

Ma joie traîne la grolle ; un canon rouge rit


 

Je vous retrouve enfin opiniâtres caresses

Effrayées par la nuit, vous hululez l’amour

Des maux non inventés, le gazouillant chaos,

Branleurs d’édifices où s’empilent tant de jours ;

Lourde de trop de vie, choira la forteresse


 

J’ai trimbalé ma carne sur mes ruines en travaux

Mais les yeux de la lionne rivés sur son portable

N’ont pas su reconnaître cet amant peu loquace

Qui hésitait jadis à se montrer aimable

S’effrayant des invites à grimper sur son dos

 

 

François Iulini

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L'homme si beau, un poème de Marie-Noëlle Fargier

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

 

L’homme si beau

 

L'Homme si beau

A la mode Rousseau

Doté d'un titanesque cerveau

Il parle, compte, écrit, construit jusqu'aux étoiles

Il sait, pense, agit jusqu'au fond des mers

Il aime, sent, respire jusqu'au cœur de la terre

C'est l'Homme et sa flatteuse Toile !

 

Du primate à l’homo-sapiens

Comme il devient, comme il devient !

Quelle métamorphose !

Et ses créations grandioses !

N’est-ce pas Monsieur Darwin ?

Et pourtant, J’ai un sacré spleen

Quand je vois cet animal évolué et pelé

Et son air de supériorité

Ecraser de son orteil

Tout être pour un peu d’oseille

 

Je me demande si du capucin

Ou de l’humain

Qui est le plus sain(t) ?

 

Y-aurait-il une faille, un oubli, une malfaçon génétique ?

Quelques données effacées d’une mémoire un peu trop éclectique ?

Quelques prières mal dites

Rendant l’âme… maudite ?

 

Je me réjouis tout de même,

Il reste le primate….

 

M-Noëlle Fargier

 

 

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Albert Niko dans l'Inédit Nouveau n°281 avec ces "apparitions"...

Publié le par christine brunet /aloys

Paul Van Melle a publié ce qu'Albert Niko appelle des "apparitions" dans son dernier numéro 281 d'Inédit Nouveau (d'oct./nov./déc 2016). Ce sont, comme l'indique son auteur, des "Haïkus qui ne disent pas leur nom pour leur non-respect des 17 syllabes usuelles, découpées en trois vers."

Albert Niko dans l'Inédit Nouveau n°281 avec  ces "apparitions"...
Albert Niko dans l'Inédit Nouveau n°281 avec  ces "apparitions"...
Albert Niko dans l'Inédit Nouveau n°281 avec  ces "apparitions"...

18 apparitions

 

 

Une course, deux boîtes, trois bananes

 

***

 

Comme la vie entre et sort – fumée de cheminée

 

***

 

Consolation de la pluie, personne à qui dire bonjour

 

***

 

Sorti de ma vie revient en rêve un ami

 

***

 

Les arbres étendent leurs branches dans la vie

 

***

 

Nulle part de brebis que j’ai entendue bêler

 

***

 

À la lumière du réverbère, par deux fois, un homme revient sur ses pas

 

***

 

Les voix vibrantes des enfants jouant dans le soir d’été

 

***

 

Un visage en chaque rocher de la montagne

 

***

 

Je jette un œil sur le journal, puis au revoir

 

***

 

Sa béquille, quand il marche, le suit comme elle peut

 

***

 

Premiers jours de printemps : l’homme se hâte de se débarrasser de son sac poubelle

 

***

 

Le cycliste sourit encore avant l’ascension

 

***

 

Épluchant les poils de mon balai par la fenêtre, souvent me reviennent les poussières

 

***

 

La vieille dame mal aimée qui part tous les jours au bout de son bâton

 

***

 

En arrière-plan de la cheminée, un cheval, de sa queue, en chasse la fumée qui ne sort pas

 

***

 

Son chien à l’entrée du magasin : elle dont je ne sais rien

 

***

 

L’arbre me cachant l’homme tondant sa pelouse

 

 

 

Publié dans Poésie

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