interprétée par Antonia Iliescu, sur l'un des poèmes issus du premier recueil "Aux tréfonds de mon âme", de Bernadette Gérard-Vroman
https://www.youtube.com/watch?v=ZuEnQaVL6ok&feature=youtu.be
Lecture, écriture, une passion... Un partage... La littérature dans tous ses états !
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Le merveilleux…
Elle venait d’entrer dans ma boulangerie,
Une coupe en brosse, des yeux noisette,
Altière, portée à la rêverie
Mais à présent elle contemplait les baguettes!
Pour moi, c’était clair: elle était là pour du pain
Et j’attendais de savoir ce qu’elle désirait:
Couques, brioches, pistolets, pain sans levain,
Sous ses yeux un bel assortiment s’étalait!
“- Pardon mais j’hésite, lâcha-t-elle soudain,
Ce que vous présentez là est si délicieux,
Je ne suis donc pas venue ici en vain!
Des petits pains au chocolat, des merveilleux!
Votre magasin, on me l’a recommandé,
Vous êtes, paraît-il, un boulanger hors pair
A qui l’on peut sans conteste tout demander
Six jours sur sept, cela il faut vraiment le faire!
- Madame, je dois vous… - C’est Mademoiselle!
- Toutes mes excuses… - Ne vous en faites point!
- Un grand merci! Evitons toute querelle!
- Très bien! Je prendrai deux merveilleux et ce pain!”
Tomba le silence, nos yeux s’accrochèrent;
Quelque chose se passait mais de quel ordre?
Surgit en moi un souvenir de fougères,
D’une émotion! Dans mon esprit, le désordre!
Ces yeux, ce petit air, cette intonation,
Ici et maintenant? C’était impossible!
Et après un si long temps de séparation?
Pourtant...était-ce de l’ordre du crédible?
Tout en la servant, je me mis à sourire:
Oui, ce devait être elle vingt ans plus tard!
Quelle surprise! Que pourrais-je lui dire?
Calme, elle attendait, me fixant du regard.
“- Voilà, Mademoiselle, votre commande!
- Merci, Monsieur...si je vous appelais Clément?
Oui, c’est moi Chloé, la gamine gourmande!
Je viens de te reconnaître, le garnement!”
Là, j’étais cuit, découvert, reconnu, coincé!
Le souvenir du jardin public remontait…
Les rires aigus et les jouets amochés,
Le soleil, son sourire que je revoyais!
Se souvenait-elle de ce baiser volé!
Un merveilleux atterrit sur mon visage,
Cela signifiait qu’elle n’avait pas oublié!
Mon baiser avait causé des dommages!
Vingt ans plus tôt, elle n’avait pas réagi,
Probablement stupéfaite et en émoi,
Et en très peu de temps, elle avait rougi
Avant de filer et de rejoindre les bois.
“- ça, tu ne l’as pas volé! s’écria-t-elle,
Et je pense que maintenant, on est quitte!
Hasard, chance ou destin? précisa-t-elle,
Pensive, qu’importe, ici pas de fuite!
Quand j’étais jeune, j’étais plutôt timide!
Un merveilleux à la place d’une gifle
Ou d’une griffe, là je suis souple, fluide!
Jolie tête! D’admiration, je siffle!”
A coup sûr j’avais mérité ce châtiment,
Pépites de chocolat et crème fraîche
Sur le nez, les joues, les yeux, quel traitement!
C’était un jour où je n’avais point la pêche!
“- Alors, Clément, je prends ici ma revanche
Et n’est-elle pas belle et...merveilleuse?
Lâcha-t-elle alors qu’on était dimanche,
Et j’estime avoir été généreuse!
- Mais en quoi, Chloé? Tu parles de la crème?
Tu t’es privée d’une pâtisserie
Que les villageois trouvent d’un goût suprême!
De l’artisanat en ma boulangerie!”
A nouveau un grand silence! Bénéfique?
Je saisis ma chance, tendit un doigt crémeux,
Me souvenant de ses goûts; ce fut magique
Car elle en profita sans que ce soit douteux:
Elle s’approcha bientôt pour recueillir d’un doigt,
De manière pudique mais souriante,
Ce qui lui revenait en effet de plein droit
Et je ne pus que la trouver éblouissante!
Clément et Chloé, tous les deux, là, si proches,
Plus des enfants mais des adultes consentants!
La situation n’était vraiment pas moche!
Dans sa façon de faire, rien de percutant!
Chloé récupérait sa pâtisserie
Etalée sur le visage de Clément,
A l’instant personne en la boulangerie!
Sinon on aurait pu nous prendre pour amants!
L’acte était intime et d’ordre privé,
Les gestes de Chloé mesurés, sensuels;
Immobile, j’en frémis, les sens activés!
Si elle poursuivait, je pourrais voir le ciel!
“- Clément, qu’as-tu fait? Pourquoi m’as-tu embrassé?
- Pardon, Chloé, je me suis laissé emporter!
- Clément, sache que c’était vraiment très osé!
- Sache, Chloé, que ce n’était point calculé!
- N’éprouvais-tu pas pour moi quelque sentiment
A cette époque lointaine, mon cher Clément,
Pour oser ainsi m’embrasser si tendrement?
Eh bien, moi, je t’aimais, sais-tu, sincèrement!
- Ah bon, Chloé? Quel doux aveu car moi aussi!
- Toi aussi, Clément? A notre âge? Que dire?
- Au jardin public, j’y ai songé moi aussi!
- Bon sang, Clément, là je ne sais point que dire!
Tout à coup, un nouveau baiser et point volé
Dans la boulangerie au milieu des pains
Cette fois tous nos sens s’étaient bien activés!
Aurions-nous tous les deux un merveilleux destin?
FAIM, pardon...FIN!
THIERRY-MARIE DELAUNOIS

L’enroulement des rêves
Toutes les sensations
S’enroulent comme des lierres
Sur les immenses troncs d’arbres
Situés dans l’épaisseur du bois
Tous les éléments
Se heurtent
S’entremêlent
S’accouplent
Communient
Sous le regard du ciel
De ce chaos
Surgit le souffle de la vie
Éblouissant
Et fragile
Au centre du monde
L’homme s’interroge
Se recroqueville
Se remet en question
Comment résoudre
L’énigme du bonheur
La ferveur de l’amour
L’attrait du sublime
Le combat de la survie
Sur l’océan brumeux
Tous les rêves
Se mélangent
Pour renaître
Aux lueurs de l’aube
Ferveur blessée
Grelots d’albâtres
Nuits blanches
Sur fond noir
Le sang de la méduse
Se répand
Sur l’écorce de l’orme
La nébuleuse aspire
Les soupirs du lys
Griffures du temps
Crépitement de feu
Magma astral
Les êtres invisibles
Fustigent
La ferveur
Des oppressés
Salvatore Gucciardo
C:\Users\Salvatore\Searches\Documents\Pégase n° 339 mars 2018.jpg

Le ressenti
Je connais le hurlement du vent
Dans les plis de la pierre
L’épaisseur de la brume
Dans la profondeur des yeux
Je connais le poids de la nuit
Au sein de l’écume
Le frissonnement de la terre
Dans la sève de l’écorce
L’attrait des nuages
Sur l’onde vagabonde
L’embrasement des sentiments
Dans la rougeur de la cendre
Je connais la fusion du ciel
Avec le feu de la roche
L’ondulation des ondes
Dans la chair des vagues
Je connais l’exaltation de l’argile
La fragilité des bourgeons
Dans la dérive des âmes
L’étalement de la fange
Dans la carte du rêve
Les nœuds de l’espérance
Dans la bouche du volcan

Le regard lumineux
Une myriade
D’êtres
Aux cheveux d’or
Surgis
Des nuages
Flamboyants
Le visage
Resplendissant
Les corps célestes
Brandissent
Une colombe
Scintillante
Les ailes déployées
Le regard imposant
Ils lorgnent
Les lointains
Rougeoyants
Habité
Par une Force
Les âmes
Scintillantes
Répandent
L’énergie lumineuse
Pluie d’étincelles
Sur la toile noire
Les astres solaires
Illuminent
L’océan
De ténèbres

L’encre de la vie
Rosée matinale
Larmes de sel
L’ombre caresse
Une gerbe de lumière
Sur les dunes de l’âme
Aux premières
Lueurs de l’aube
Un volume gonflé de plumes
Emprisonne
Un corps
Lacéré
Il porte en lui
Le poids du silence
L’éclat du soufre
La rougeur du feu
Le souffle du cyclone
La profondeur du gouffre
La fragilité du monde
Le mystère l’univers
Le buvard
De l’espoir
Absorbant
L’encre
De la vie
Les arbres
À présent
Les arbres
Se sont dénudés
Ils se sont recroquevillés
Dans l’espace intemporel
Au sein de la sève sphérique
Loin des âmes mortes
En fusion
Avec la terre
Les éléments
Charrient
Le souffle
De la germination
Aux sources
Régénératrices
Aux croisements
Des mandalas
La métamorphose
Aura lieu
Au cœur du sous-sol
Embrasements
Des soupirs
Maelström
D’atomes
Embryons
De racines
Loin de l’agitation
Du monde
Dans un recueillement
Sacral
La vie renaitra
De ses cendres
SALVATORE GUCCIARDO


Pour arrêter le temps
P rendre la vie du bon côté. Pour arrêter le temps…
O rganiser ses journées sans excès. Pour arrêter le temps…
U tiliser ses charmes. Pour arrêter le temps…
R aconter de belles histoires. Pour arrêter le temps…
A imer à perdre la raison. Pour arrêter le temps…
R ire tous les jours de sa vie. Pour arrêter le temps…
R assembler plein d'amis. Pour arrêter le temps…
Ê tre à l'écoute des autres. Pour arrêter le temps…
T enir un bébé dans les bras. Pour arrêter le temps…
E nfermer ses soucis à double tour. Pour arrêter le temps…
R evenir sur son lieu de naissance. Pour arrêter le temps…
L ibérer un chien de sa laisse. Pour arrêter le temps…
E mprunter un livre et ne pas le rendre. Pour arrêter le temps…
T irer à l'arc sans fatigue. Pour arrêter le temps…
E nrubanner un cadeau. Pour arrêter le temps…
M ettre de l'ambiance à une fête. Pour arrêter le temps…
P asser sa vie avec ceux qu'on aime. Pour arrêter le temps…
S ourire comme la Joconde. Pour arrêter le temps…
Louis Delville