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Carine-Laure Desguin : deux poèmes... à fleurs de mots...

Publié le par aloys.over-blog.com

desguinLes oubliés
 
Le sujet est libre et pourtant ses ailes
Glanent quelques miettes de propos recueillis
La terre est si belle et les gens d'ici
Vivent fragilisés dans châteaux ou poubelles
  
Les oiseaux oxydés par les courroux chamaniques
S'effraient des fuseaux horaires et des parallèles
Ils migrent dans les ficelles inesthétiques
Des villes pleines de flux artificiels
  
Le sujet est libre et ses ailes nous entraînent
Vers les compléments dénudés de verbe
Les clochards les taiseux les romanichels
Les découronnés de fleurs et démunis de gerbes
  
Le sujet est libre et ces vers sont là
Ils appellent ils résonnent et raisonnent encore
Appellent au secours pour que ces gens-là
Respirent la vie pour chasser la mort .

  
  
Les tissus des villes
  
C'est un patchwork de rues et de ruelles
Elles s'engouffrent obligées au milieu des boulevards
Et taisent aux passants aux égouts aux poubelles
Le poids des ans la lourdeur des trottoirs
  
C'est un patchwork de pavés de bétons de façades
De fenêtres entr'ouvertes et de hautes cheminées
Des usines fumantes vers le ciel cassonnade
Des nuages amoureux des orages orangés
  
C'est un patchwork arc-en-ciel le jour et la nuit
Le riche et le pauvre flairent les filles et reniflent
Oublient les pauses les impôts les ennuis
Cuttérisent les matins et puis sortent les canifs
 
C'est un patchwork debout de bouts de gratte-ciel
De mousse sur les toits de Robinson sur son île
De sons aïgus et de nids d'hirondelles
Que l'on nomme urbain et qui s'appelle ville

Carine-Laure Desguin
http://carinelauredesguin.over-blog.com
 
 

Publié dans Poésie

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Un acrostiche d'Olivia Billington... Labyrinthe des mirages...

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes2/billingtonolivia.jpg

 

 

 

 

Labyrinthe des mirages

Chez moi, c'est ici et là
Hasard du choix
Arc-en-ciel d'émotions
Sublime frisson
Stupéfiantes cueillettes
Evanescentes paillettes
Utopie, qu'importe
Rêve qui m'emporte

Devant les rayonnages
Envolée de nouveaux paysages

Page qu'on dévore
A la recherche d'un autre univers
Yeux perdus au loin
Sur la feuille où l'encre a séché
Ailleurs comme un trésor
Gourmandise comme un dessert
Espérer un beau chemin
S'y perdre et s'y retrouver



Olivia BILLINGTON

 

desirdhistoires.canalblog.com

Publié dans Poésie

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Carine-Desguin: "Sans jamais se le dire" IV et V

Publié le par aloys.over-blog.com

desguin

SAns jamais se le dire  ( IV)

 

Dépêchons-nous d'écrire ces deux vies
Ces instants de soleil ou de vent ou de pluie
Dépêchons-nous d'écrire tous ces mots
Avant qu'ils ne s'oublient
Et finissent en sanglots

Collons - les sur les murs
Sur les portes n'importe où
Je le sais les blessures
Sonnent en coup de grisou

Collons vite ces moments de nous deux
Ces souffles courts ces instants indécis
Quand vous disiez je veux
De vous Dix minutes de sursis

Oui je voudrais monsieur les peindre sur les murs
Tous vos regards de feux je ne le savais pas
Que c'était vous le soldat sous l'armure
Celui qui maîtrisait mon corps sans le moindre faux pas ...

 

SAns jamais se le dire (  V )

Je me souviens très bien c'était un jeudi soir
A la tv le film ne me plaisait pas trop
Je lisais je rêvais toute seule dans le noir
Je me disais princesse je vous voyais héros

Le GSM sonna c'était un sms
De vous et me voilà surprise
Vous citiez mon prénom je compris la détresse
Et vous sonnai de suite que ce silence se brise

Vous étiez tracassé pour les jours à venir
Je comprenais fort bien ce que vous me disiez
J'écoutais votre voix ce ton grave ces soupirs
Ces petits mots d'émoi que vous me réclamiez

Ce que je n'oublie pas et n'oublierai jamais
Ce sont les derniers mots que nous nous sommes dits
Puis l'un et l'autre chacun comme deux étourdis
Ne voulions être le premier à vouloir raccrocher

Le silence s'installa entre nos longs désirs
De se parler encore sans jamais trop se dire ...


 

Sans jamais se le dire (VI)


Dites  entendez- vous  quand je vous  parle

Quand je cherche les mots qui vous feront sourire

Ceux-là mêmes comme on caresse un châle

Que vous soufflerez quand je serai partie

 

Je les attends savez-vous ces quelques instants

Ces journées nous les offrent les étoiles généreuses

Couronnes électriques au - dessus des amants

Se moquant des poussières des ténébres glorieuses

 

Avant de vous voir je rêvasse j'imagine

Ombres dans la brume mes pensées sont d'azur

Les vôtres  que sont-elles rouges sang opalines

Capitaine regardez - moi  respirez ces murmures

 

Je les attends savez-vous ces moments volés 

A qui à quoi ne sommes-nous pas éternels 

Et si nous étions libres les aurait-on mêlés

Ces départs censurés prisonniers et charnels ? 

 

   


Carine-Laure Desguin
http://carinelauredesguin.over-blog.com
  
  

  

Publié dans Poésie

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François Delhaye : Lucifériennes

Publié le par aloys.over-blog.com

 

 

 

 

Lucifériennes

 

Je pense au Diable et aux Je pense aux diableries

Je pense à Lucifer qui nous emporte tôt

Je pense à Bélial à la forge à l’étau

Je pense au Diable et aux enfants de sa patrie

 

Puissant Satan domaine aux cinq étoilements

Ton nom se répercute au prisme de ta haine

Je sais compassion aux victimes des chaînes

Et toi en premier Toi premièrement

 

Je sais ton amertume en l’enfant Jésus-Christ

Je sais que tu pensas lorsqu’il poussa un cri

Ma haine pour son père est immortelle Et vaine

 

En cela même Ô que je puisse dégager

Des hommes dédaigneux du paraclet figé

En croix La sourde volonté vespérienne

 

Quand l’Humain régurgite un violent mépris

 

 

François Delhaye

Publié dans Poésie

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Béatrice Bertieaux se présente avec ce poème...

Publié le par aloys.over-blog.com

Au p'tit bonheur1Béatrice Bertieaux n'est pas un nouvel auteur chez Chloé des lys puisqu'elle a publié, en 2009, son recueil Au p'tit bonheur. Elle nous revient avec un second ouvrage, intitulé "Et toutes les autres choses manquent" en cours de publication.

 

Elle a choisi ne se présenter avec un extrait de son dernier livre mais nous reviendra prochainement avec des poésies extraites de son premier recueil.

 

"... N’importe où.

Dans ce lieu souple,

elle caresse une absence pour s’endormir aimante jusqu’au recommencement.

A l’aube,

nouveau-née,

aimée-aimante,

cet entremêlement ombrageux projette sur les murs blancs,

nus,

le tortillement de deux invisibles enlacés.

Nénuphars captifs de pages jaunies,

éclatant d’amour,

indifférents à tout.

Le cœur humide traîne,

s’attarde,

sursaute sur la respiration de cette tendre solitude.

Fascinée aimante de l’être,

l’être—non ce qu’il en fait ni ce dont il parle—

se tourne,

se retourne dans les mercredis,

les lundis,

les jeudis.

A tout moment.

Seule sans être seule,

exilée dans le silence fou d’un corps,

la soif infinie au-delà des mots.

Elle écrit.

Qu’est-ce qu’elle écrit ?

La nudité ardente." ...

 

 

bertieaux1.jpgBéatrice Bertieaux

http://beillaboheme.blogspot.com/

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Tu m'as dit : "Qui es-tu ?" de Martine Dillies-Snaet

Publié le par aloys.over-blog.com

Tu m’as dit : « Qui es-tu ? »

Poésie,


Je laisse  déjà échapper trop de mots,

Poissons d’argent se faufilant entre les doigts

Entre les lèvres.

Ma tête, mon esprit sont  tiraillés

 Entre le non-dire et les dires

Mais une seule façon de vivre.

En se taisant.


            Tu m’as dit « Qui es-tu ? » Réponds-moi !

Tu n’osais pas me le demander, combien de temps t’es-tu retenue ?

            Tu veux que je te parle de moi

Mais.

Je ne parle jamais de moi,

Je ne peux pas.


            Que dire de soi sachant que tout moi est continuité

Comment parler de soi sans parler des reçus,

Sans mettre à nu l’intime, l’éducation, la vie, l’émotion des manques ?

Et quel nom donneriez-vous à  ce droit qui vous autoriserait

A juger, critiquer l’ascendance ?

Je ne puis prendre cette liberté.


            Après tout, c’est la vie qui a fait de nous ce que nous sommes

Et le poète n’est que nudité d’une vie entière.

Les mots en sont les voiles, les manteaux

Dont il essaie tant bien que mal de fermer, de croiser les pans.


            Tu me demandes de parler de moi.

Je suis poète, je suis poète, je suis poète, je suis

Poète !

Et si je te le dis c’est parce  qu’on me l’a dit.

Risible ! Quel poids ai-je à côté des maîtres ?

            Non, je ne puis te parler.

Il faudra accepter. Se sentir touché ou pas

Aimer ce que j’écris ou pas

Mais pour soi

Et non  parce qu’on m’y aura cherché.

Pour soi.

Non, je ne puis te parler, raconter.

Pourtant, je te l’assure, j’y ai pensé !

            Ta question,

J’en ai fait le tour, en ai dessiné les pleins et les déliés,

Décortiqué les lettres, l’alphabet,

Je l’ai couchée sous mon oreiller

Et

Et lorsque les musiques jouaient en diapason avec mon cœur.

je l’ai entendue me murmurer.

            Mais, désolée, Criquette, Criquet,

Désolée, je n’ai pas pu lui parler.

 

                                              

Quelqu’un, un jour, après une conférence-poétique, lors de la séance de dédicaces, m’a dit :

-          On ne devrait déjà acheter vos livres rien que pour la dédicace. Après deux minutes de paroles, vous laissez couler des mots personnifiés. Jamais je n’ai vu cela. Le plaisir est immense. Merci.

 

 

J’ai souri. Ce plaisir à donner est incommensurable, mais il vous vide.

La question suivante serait : - Pourquoi donner, offrir ?

Rires ! Je te préviens, Criquette, je n’y répondrai pas.

 

 

Bien à toi.

08/10/2010

martine

 

 

 

 

Martine Dillies-Snaet

http://users.skynet.be/TheDillies/

 

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Les oiseaux des villes VII : poème de Carine-Laure Desguin

Publié le par aloys.over-blog.com

desguin
VII

Il revient quelquefois je sais que c'est lui
Sur les trottoirs des villes les oiseaux ont faim
Longeant les murs les berges le jour la nuit
Gamin poulbot bon à rien galopin
  
Où est-elle son étoile à Paris ou ailleurs
Chaque ville pleut des riens et se rit bien des choses
On se veut magicien peindre bleu peindre rose
Colorer les lumières allumer les couleurs
  
Il revient quelquefois je sais que c'est lui
Sur les pierres dans les gares il est revenu
Vous entendez sa voix ses faims et ses cris
Ses chansons riment encore et ses pieds sont nus
  
Ton corps saigne de partout et vides sont tes poches
Tes barricades sont là elles hissent tes drapeaux
C'est moi qui t'écris je ne suis pas Hugo
Des gamins survivront ils s'appellent tous Gavroche

Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

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La punaise... un poème de Pierre Rive

Publié le par aloys.over-blog.com

 

 


 pierrerive-copie-2

 

 

 

 

 

L’été

La ville de Nantes est désertée

On peut entendre les oiseaux dans les jardins

Et

Malheureusement

De temps en temps

Le bruit lourdingue

D’une machine à essence.

 

Les voitures sont stockées

Dans les campings

Les Motels

Et

Les enfants sucent des glaces

En vidant le sable de leurs chaussures

Sur les grands boulevards du sel.

Il y aura quelques attractions le soir

Pour faire cracher la monnaie aux vacanciers.

Les filles perdront leur pucelage

Autour d’un feu de camp

Tout en écoutant

Les cordes d’une guitare

Les rires

Et les bouteilles qui s’entrechoquent.

 

L’été

La ville de Nantes est désertée

La chaleur arpente le bitume

Et écrase le toit des maisons

Qui baillent les yeux fermés.

 

Ma solitude

Tu le sais

Je ne suis pas fait pour le bruit.

A peine audible

Ma cigarette

Qui  se consume !

 

Mais soudainement

Dans ce désert

Alors que je change de rue

Une femme en face de moi

Une femme au sein nu

Qui oscille de la tête

Dans une chevelure embrasée.

Elle roule ses épaules

Branle des hanches.

Déclenche ses membres

Dans tous les sens.

 

Puis

Me regarde fixement

Me cloue

Dans la moiteur.

 

 

Cette punaise d’écriture

Ne me lâche plus d’un poil.

 

 

 

La punaise
extrait du livre "Ville"

 

 

 

 

Pierre Rive 

http://www.pierre.rive.cowblog.fr

      

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Yannick Torlini: extraits de son recueil Polaroïds

Publié le par christine brunet /aloys

http://chloedeslys.buygoo.net/users/1913/52/32/14/avatars/305-66.jpg

 

 

 

 

Du fond de ces jours nous voudrions
Semer les grisailles qui moutonnent
Au pied du lit

Regards perdus entre les fenêtres
Nous délimitons la pièce l'enclave sonore
De nos intérieurs faméliques

Ombres informes perdues dans les rideaux sans lumière

La vie comme une cavité

Passés les murs l'éclatement du bourgeon
–Boules blanches dans le soir rouge–
Et le pincement qui nous saisit
Lorsque le vent claque contre la présence
De l'arbre

Perspectives tronquées d'un jardin
Nous crevons comme la fleur qui naît


Poème de l’immobilisme (extraits)

 

 


La pierre sur laquelle
Buttent
Peu à peu nos vies acides :
Nous n’érigeons
Aucun mur
Dans la serre de l’œil

 

             ***


Prendre la courbure de l’instant

Ces insectes qui bourdonnent
Entre nos côtes blanchies sous
Nos vêtements défraîchis :

La semblance d’un matin
Dans un semblant

        De lumière

Et nos langues de tôles
Froissées comme
Des oiseaux au petit jour
Prennent le pli de l’attente
Apprennent à
Parfaire la mort vraie

 

             ***


Il n’y a pas de sens à nos dilutions
Cette vie fade suintée sur un trottoir

(Matins noirs perdus sur les étagères
En désordre)

 

 

             ****


Journées mortelles où l’on attend la pluie

La signifiance sourde d’une voiture
Qui passerait toujours dans une rue autre

Perchée en nous l’obscurité éclate en dedans
Sur elle-même ailleurs

L’existence lente
Arrêtée comme l’aiguille dans
La ventripotence des dimanches
Lointains

(La table qui nous est interdite)

On subsiste dans la pièce

À la fenêtre se heurte
La persistance du peuplier

L’ondulation d’un corps sur ses racines

 

 

             ****

 


Sans doute la langue comme une courroie
Qui ne transmet plus alors
Chaque instant nos lits hérissés de clous
Dans des chambres en suspens

 

             ****

 


Temps déraisonnables gonflés d’inerties :
La nuit et ses remous jusque dans la chambre

Nous nous absorbons
La vie détachée de la vie et
Ces pierres que l’on entasse dans l’ornière

Des instants

Survivances d’autres instants

Et ce peu d’ombre que l’on traîne

(Plus la peine de)

Le corps comme un origami de chairs

 

             ****


Et le mot qui se fait soudain
Désir de mouvement :

Nos béances se refusent
À la voix

 

             ****


La simple idée de crever
Sans un bruissement de paupières

Voici l’immobilisme de la pièce

 

 

Yannick Torlini

http://tapages.over-blog.fr

 


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Carine-Laure Desguin: Sans jamais se le dire... I, II et III

Publié le par aloys.over-blog.com

 

desguin
Sans jamais se le dire ...( I )

Sans jamais se le dire
Et tout savoir pourtant
Des ardeurs des désirs
Des attentes des tourments

Dès le troisième jour
Je le savais déjà
Vous ne le cachiez pas
Je m'amusais de vous

Pour dix minutes en plus
Vous avez tout demandé
Voulez-vous un café
Un chocolat un thé
Et peut-être un peu plus
Si affinités ...

Je m'amusais de vous
C'était drôle vous savez
Voir un homme piétiner
Et le rendre jaloux

On vous attend quelque part ?
Oui bien sûr suis-je idiot
Vous attendre me rend sot
Et puis tout nous sépare

Les années ce n'est rien
Le reste qu'en est-il ?
ces gens que l'on dit bien
Qui ne sont que futiles
Dans mon coin je rêve et je construis
Vous vous passez un quart d'heure tout au plus
Je vous aime et désire vous le dire
Ces minutes sont cruelles et parfois même injustes


C'est quelques jours plus tard
Au cadran de ma montre
Aux battements de mon coeur
A la crainte d'un retard
Au désir de vous voir
Que j'ai su de mon coeur
Ce que je vous raconte ...

J'aurais voulu rester
Et le boire ce café
Nous voilà maladroits
Par où donc commencer

La vie est belle n'est-ce pas monsieur ?
Quand on sait sans même se le dire
Que l'espoir d'un baiser
D'une caresse d'un sourire
Vivent pour nous deux
Au-delà de l'été ...


 


 
Sans jamais se le dire ( II )

De vous monsieur j'aime ces silences
Ils devinent ce que nous ignorons
Soulèvent votre audace cachent votre arrogance
Derrière les rideaux de ces moindres soupçons

De vous monsieur j'aime les regards
Ils se déposent sur moi et puis me déshabillent
Notre rencontre c'est donc bien le hasard
Celui qu'on nomme amour et qui s'appelle vie

De vous monsieur j'aime ces maladresses
Vous osez deux mots et puis vous hésitez
Vous cherchez en moi une femme et aussi une maîtresse
 A qui l'on ne dit rien avant de caresser

De vous monsieur j'aime tout ce que j'ignore
De votre vie d'avant ces rendez-vous fidèles
De vos désirs ardents et de vos petites morts
Quand la lune s'endort
Et que le jour se lève...

 

Sans jamais se le dire   ( III )
  
Monsieur qu'aimez-vous donc de moi
Dites-le une fois au moins que je le sache
Livrez ces secrets avant qu'ils ne s'arrachent
Tous seuls et trébuchent vers un autre trépas
 
Vous aimez regarder et languir et attendre
Ces instants désirés aux humeurs de printemps
Ces instants vous savez ce sont eux qui m'enchantent
Ils me forcent à écrire ce que mon coeur ressent
 
Nous n'en savons pas plus vous et moi
L'un de l'autre
Que ce matin de juin quand le soleil entra
Et que la porte close
Vous comprîtes mais pas moi
Que cette première fois
En attendait bien d'autres ...



Carine-Laure Desguin

http://carinelauredesguin.over-blog.com

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