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Brune SAPIN nous propose un poème...

Publié le par christine brunet /aloys

Brune SAPIN nous propose un poème...

« Ô fil de l'eau »

Le péché non absout.
A la pêche aux étoiles.
Les sirènes n'atteignent pas les rives.
Pécheur de rêves.
L'océan ne rugit pas. Il afflue.
En cédant sa place.
Il ne surgit pas. Il s'étire.
Quelque chose l'attire puis l'effraie.
Inassouvissement permanent.
Un flux d'aller-retour.
La masse pesante et majestueuse se décortique.
Les vagues pécheresses osent pénétrer le sable, et creuser la digue, et élargir le champ de vision.
Retenue de pudeur.
L'eau vivante, l'eau écume, lotissements creusés.
Empêchement.
Impossibilité de stabilité.
Fluctuation.
Elle se retient.
Rythme de berceuse.
Empêchée, en pêche et, poussée à la faute contre le pouvoir, la loi naturelle.
Alors l'océan déborde. Menace.
Le vent l'ébruite, le caresse, l'estompe.
Jamais plus qu'une tempête.
Les embruns qui s'échappent d'une cour orchestrée.
Le trône est vacant.
Rien n'est prévu.
Et les rendez-vous se manquent.
Toujours tiraillés.
Toujours pris au piège d'un filet.
Et pourtant.
Ne faut-il pas ? Essayer du moins ?
Aucune contrainte sauf la liberté.
La liberté empêchée.
Les algues et les coquillages échoués.
Marée haute.
Les flots se heurtent.
Giflent la berge.
Spectateurs inconscients d'un spectacle qui transit, qui frissonne.
Une obligation ailleurs.
Élan de dignité.
Se retirer avant que. Avant de.
Déjà trop avancée.
Excuses irritables.
L'océan s'est tu.
Tu es pardonné.
De l'horizon a percé une apparition.
Les gouttes dans les nuages bas.
Passer outre, forcer, pousser.
En vain.
Au creux des Limbes.
Un entre-deux éternel.
Faute de.
Les sirènes n'atteignent pas les rives.

BRUNE SAPIN

Publié dans Poésie

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Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier
Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier
Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22... L'averse, la poésie de Laurent Dumortier

Laurent Dumortier et Patrick Beaucamps dans le nouveau numéro de Catarrhe n°22

http://catarrhe.skynetblogs.be/archive/2016/07/26/catarrhe-n-22-8632654.html

L’averse

Sais-tu qu’hier soir

Sous l’averse

J’ai pu voir

Dans tes yeux ta détresse ?

*

Abrités près du conservatoire

J’ai découvert dans ton regard

Des souvenirs d’ivresse

Et surtout la peur de me perdre…

*

Ainsi, notre histoire…

Tes larmes qui percent

Un éclat d’ivoire

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

Des souvenirs qui hébergent

Un peu de tristesse

Tandis que le vent et l’averse

Vers nous convergent

*

Tu voudrais ralentir

La fuite en avant, sentir

Le ciel qui se déverse

Car le temps presse…

*

Ainsi, notre histoire…

Tes larmes qui percent

Un éclat d’ivoire

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

De nous, c’est tout ce qu’il reste…

*

Crois-tu qu’il y aura

Aussi une averse

Quand il faudra

Que je disparaisse ?

Laurent Dumortier

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Ces petits, un poème de Marie-Thérèse Carlier

Publié le par christine brunet /aloys

Ces petits, un poème de Marie-Thérèse Carlier

CES PETITS

Tous ces petits

A la vie mal affermie,

Trop tôt anéantis,

Pourtant sans dédits

Ni sans vils compromis

Qu'ont-ils fait, honnis

En leur courte vie?

Est-ce un oubli

Venu de l'infini

Qui les a trahis ?

Ou peut-être maudits ?

En quelle envie

Du mal se sont ils-mis ?

Hors de leurs nids,

Innocence bannie

Ils n'ont pas menti

Ils n'ont pas gémi

Juste des non-dits

Comme du vin la lie

Ils connaissent le mépris

Pourquoi sont ils-affadis

Au fond de leur lit

Ces petits génies

Qui n'auront jamais grandi

De quels puissants la déontologie

*

De la normalité les a bannis ?

Quel crime ont-ils commis

Pour être de la sorte punis ?

Aux jours où les enfants rient

Ceux-ci sont sans amis

A quelles règles sont-ils soumis

Réfugiés dans leurs replis?

Ils n'ont pourtant jamais rugi

Ni se sont enhardis

A pousser de rage leurs cris

Ce ne sont que des petits bandits

Aux joues pâlies,

Aux silences d'une violence inouïe,

Aux regards nus où se lit

Toute l'indifférence qu'ils reçoivent à l'envi

Ils sont à peine nés qu'ils entrent en agonie,

Ces petits à un destin fatal déjà soumis.

Pour eux, jamais on ne prie,

Ils ne connaîtront que l'oubli

D'une vie non accomplie

D'eux aucun ouvrage ne se publie

Ils disparaîtront sans amis,

Dans un de ces hôpitaux de la non-vie,

Derrière les portes de l'oubli

Où ils gisent dans leur imposé dédit,

Même les anges ne voient d'aussi petits,

Dans leur souffrance induits.

*

Pour ces anges, l'enfer vite s'oublie

Ils s'envolent vers d'autres êtres sans félonie,

Leurs tombes ne seront bénies,

Pas de place pour eux au Paradis

A moins qu'un être de lumière d’amour pétri

Leur offrent un coin d'amour hardi

Leurs âmes seront peut-être sauvées de tout ennemi

Un carré de fleurs par leurs cendres sera enrichi,

Sublimé par cette quintessence amie

Celle de l'aube du monde, quand le bonheur n'était interdit...

Bon vent, petits amis !

Marie-Thérèse Carlier

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Les saisons, 4 poésies de Jean Destree

Publié le par christine brunet /aloys

Les saisons, 4 poésies de Jean Destree

LES SAISONS

Printemps

Printemps de fleurs

Printemps de joie

Printemps de mai

Printemps d'espoir

Printemps de Prague

La rose est noire

*

Le chêne a reverdi

Les moutons sont sortis

Les loups aussi

Printemps de joie

Printemps d'espoir

La rose est noire

****

Eté

Eté de feu

Eté des jeux

Eté, c'est rouge

Plus rien ne bouge

Et la lumière

Aveugle

*

Brûle les yeux

Eté de sable

Eté du diable

Le clairon sonne

Faux

Le soleil cogne

*

Là-haut

****

Automne

Tourbillonne

Tourbillonne

Feuille d'automne

Le vent se lève

La pluie achève

De mouiller l'herbe

*

Automne pâle

Automne sale

La maison triste

Se tait

Le coeur s'ennuie

Et sait

*

Que le temps presse

Je n'ai de cesse

Que de t'aimer

***

Hiver

Hiver glaçant

Hiver trop blanc

Hiver soufflant

De vent violent

Je me calfeutre

Dessous mon feutre

*

Hiver de froid

Hiver de feu

Hiver de guerre

Hiver de joie

Hiver de fête

Soleil blafard

Jean Destree

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Brune Sapin nous propose un poème

Publié le par christine brunet /aloys

Brune Sapin nous propose un poème

Et quand bien même ne resterait que la tempête
Quand bien même devant un autel aux cierges en candélabres
Quand bien même un nouveau renouveau
On peut toujours
Toujours plus fort
Le temps du printemps
Chaque jour passant
Comme se soufflent les pissenlits
Les fleurs chantent et les oiseaux ne sont pas craintifs
Que revienne plus paisiblement
La symphonie des doux instants
Célébrée par la pureté d'un sourire d'enfant.

BRUNE SAPIN

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Le perroquet d'Auguste, un poème de Thierry-Marie Delaunois

Publié le par christine brunet /aloys

Le perroquet d'Auguste, un poème de Thierry-Marie Delaunois

Le perroquet d’Auguste

*

Il avait appelé son perroquet César,

Auguste, mon singulier voisin de palier

Et ce n’était point par le plus grand des hasards

Car les deux énergumènes étaient très liés.

*

“Ave, Ave!” proclamait parfois l’animal,

Un vrai petit chef, arrogant et fier de lui,

Auguste le jugeant souvent tel un rival

Mais devait-il à ce point se méfier de lui?

*

Quand, le dimanche, je leur rendais visite,

“Laver, laver!” semblait jeter le perroquet,

Un César moqueur, selon un certain rite,

Auguste saisissant alors un bâtonnet.

*

Menacé, l’oiseau, se baladant au salon,

Délivré chaque dimanche par son maître,

Ne tardait point à regagner son cabanon,

Auguste, en empereur, l’envoyant paître.

*

Mais pourquoi le chasser après l’avoir lâché?

César ne me causait jamais aucun souci!

Je voyais ensuite Auguste se fâcher

Car l’oiseau plongeait sur sa lessive, ravi.

*

“Laver, laver!” s’expliquait donc facilement!

“Je vais t’apprendre la vérité”, criait-il,

Courroucé, César se repliant vivement;

“La vérité! La vérité!” répétait-il…

*

Quelle vérité? Pourquoi un tel langage?

De quoi parlait donc le maître de cet oiseau?

Auguste m’apprit un beau jour, sans ambage,

Qu’il l’avait adopté, trouvé dans un tonneau!

Frissonnant, amaigri, il l’avait attrapé,

Puis enveloppé dans un tissu souple et chaud,

Ensuite emmené chez lui, emmitouflé,

L’appelant dans un premier temps Calimero.

*

Ce qu’il devait à Auguste, le perroquet,

Il n’en avait cure car une fois libéré,

Le jour de la lessive, le tissu douillet,

César ne pouvait que, heureux, le retrouver.

*

De Calimero à César, c’était couru!

“Ave, Ave!”, était-ce une reconnaissance?

Notre Auguste avait-il enfin tout vu?

Sans doute point car avec cette aisance…

*

Grandeur et Coco-tance...ou caquettance!

Thierry-Marie Delaunois

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Brune SAPIN nous propose un poème...

Publié le par christine brunet /aloys

Brune SAPIN nous propose un poème...

Paysage urbain
Dans l'obscur crépuscule
Pluie continue
Matin gris
Désinvolture du fil du temps qui nie l'évidence
Fleurs arrachées pour en faire des bouquets
Il sera trop tard
Ne l'est-il pas déjà
Rien, rien, rien,
Les portes sont closes
Mensonges et désillusions en déchéance
A force de s'inventer une vie
On flotte à mer perdue
Et on échoue avec les bouteilles qui n'ont plus de sens
L'indicible étouffe les souffles courts
Que l'espoir s'évade de notre silence
Lourd emprisonnement
Et s'élance vers les fumées des pots d'échappement
La liberté commence par là
Lève toi et marche!

BRUNE SAPIN

Publié dans Poésie

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Brune SAPIN nous propose un poème...

Publié le par christine brunet /aloys

Brune SAPIN nous propose un poème...

J'entends sa voix dans l'étagère
Tous mes livres chuchotent son nom
Il hurle dans mes rêves
Il sanglote dans mes insomnies
Je le vois des murs au plafond
Mais il ne revient pas encore
Le temps de quoi ?
Le temps, le temps
Il passe et rejoue sans cesse
La même tragédie romantique
C'est pitoyable le manque
C'est c?ur perdu la solitude
Je brûle et redevient poussière
Sur laquelle il marche souffrant
Sans savoir qu'à ses pieds
Il y a mon monde entier.

BRUNE SAPIN

Publié dans Poésie

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Brune SAPIN nous propose un poème...

Publié le par christine brunet /aloys

Brune SAPIN nous propose un poème...

La maison est rose et les tuiles aussi
Le lierre a recouvert le grillage et les murs
La terrasse est brinquebalante, de carreaux fendus en affaissements du sol
Mais à l'intérieur on distingue encore la cuisine, les couloirs, et la cheminée devant laquelle il faisait bon lire le soir après les devoirs, ou même à la veillée de Noël entre deux amuse-gueule
Des framboisiers ont envahi la chambre du fond, du lilas, des plants de tomates, des rosiers
Les lauriers roses ont bien poussé et sont fleuris en bas
La piscine est bâchée mais à travers quelques trous d'usure on aperçoit une eau verte peuplée de têtards
L'escalier ne mène plus à l'étage mais au ciel
Et dans les débris s'entremêlent jouets rouillés et statuts écaillées de la Vierge Marie
Pélerinage innocent
On sent presque l'océan et l'appel des bateaux sur les tableaux bleus et verts qui se décomposent
Des porcelaines et du cristal traînent en morceaux
Au devant la haie de chalefs ne laisse rien apercevoir de la rue qui passait là
Je souris, je faiblis, puis je fais quelques pas vers l'ancienne balançoire
La cabane de bois a été grignotée par l'olivier
Vestiges de bien des souvenirs
Et dans l'herbe drue, des myosotis qui chantent que la vie continue.

BRUNE SAPIN

Publié dans Poésie

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Brune Sapin nous propose un poème

Publié le par christine brunet /aloys

Brune Sapin nous propose un poème

La cavalcade s'essouffle
Mais la tempête n'est pas calmée
Le paysage suffoque et crache ses poumons
Quelle course effrénée entre les jardins secrets et les talismans !
Si l'on avait été à vélo on n'aurait rien remarqué
On aurait traversé les nuages de moustiques
Mais les griffures des ronces sont peu profondes
Les forêts de pins cachent des farfadets en embuscade
Pas d'impulsion pulsionnelle vers la découverte
Juste regarder
Cette petite aventure
Et la laisser passer
Une fée, puis deux, puis c'est la cour de la reine qui parade
Dans le micocoulier où se reposent les vers à soie.

Brune SAPIN

Publié dans Poésie

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