Carine-Laure Desguin: Sans jamais se le dire... I, II et III
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Carine-Laure Desguin
Lecture, écriture, une passion... Un partage... La littérature dans tous ses états !
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Carine-Laure Desguin

À NOS ILLUSIONS
Est-il donc malvenu
D’avoir des rêves ?
Est-il donc incongru
D’y croire quand même…
Quand même tous les dieux
Nous ont frappés
D’anathème ? Est-il mieux…
De se courber ?
Moi, je n’vais pas… me prosterner
À leurs pieds
À nos illusions ;
Ces rêves qui nous hantent
À tort ou à raison…
À nos vies impatientes
À ces oracles, ces êtres aigris
Qui nous juraient : « Vous y perdrez la vie ! »
Mais quelle débâcle pour les Harpies
Quand les vents cessent ; qui, alors sourit ?
D’accord, on est poussière
Et quand bien même
Nous n’étions que poussière
Est-il blasphème…
Ce désir d’autres cieux ?
De dépasser…
L’horizon ténébreux
Presque imposé ?
Moi, je n’sais pas… me prosterner
Désolé !
À nos illusions ;
Ces rêves qui nous hantent
À tort ou à raison…
À nos vies impatientes
À ces oracles, ces êtres aigris
Qui nous juraient : « Vous y perdrez la vie ! »
Mais quelle débâcle pour les Harpies
Quand les vents cessent ; qui, alors sourit ?
ADAM GRAY
http://www.facebook.com/pages/Adam-Gray-Officiel/139154696110371?v=wall
http://adam-gray.skyrock.com/
Flotter dans les neiges
frôler tous les sortilèges
avoir le cœur serré
et quand bien même t’aimer
flotter avant que je m’enterre
une dernière fois dans l’éther
le jour est devenu rancœur
la douleur doucement se meurt
retourner les draps sans cesse
se retrouver seul de richesses
ne rien partager est mortifère
comme se laisser aller à la mer
mais il faut dormir encore
soigner nos cernes et encore
entendre tes rires nocturnes
te serrer contre ma peau diurne
tu es mon ange à présent
ma raison de dire le présent
ma saison de vivre mon enfant
Carole Merlot
http://monmaquis.skynetblogs.be
http://caroleetsesmots.skynetblogs.be
SI TU PARTAIS UN JOUR
Si tu partais un jour pour un autre univers
Me laissant harassé de mille souvenirs
Je pleurerais un jour mais là n’est pas le pire
L’amour n’est pas l’écho d’une vie à l’envers
Il est dans l’avenir comme dans le passé
Si tu partais si loin qu’au-delà de l’espace
On ne voie plus de toi que l’ombre d’un sourire
Une photo jaunie l’image du désir
Un mot un rire un geste ou même une grimace
Mais qui revient toujours solitaire et glacé
Je n’avais rien appris qu’une morale éteinte
Et de toi m’est venu un monde scintillant
Une terre promise un carrosse brillant
Je ne connaissais rien avant ta douce étreinte
Je serais mort de peur si ce n’est d’amitié
Tu m’as appris l’amour ne m’abandonne pas
Je ne suis pas de ceux qui marchent droit devant
Comme une ombelle blanche emportée par le vent
Je n’ai de port d’escale qu’au rythme de ta voix
Ton large est l’océan du monde tout entier
Dis si tu pars si loin que j’en oublie ton nom
Qu’il ne reste de toi qu’une pierre morose
Je serai chaque jour je verrai chaque chose
Comme si tu vivais au creux de la maison
Tu seras l’univers autour de ton féal
Si tu partais un jour j’y survivrais si peu
Je n’aurais pas le temps d’imaginer ta mort
Je partirais si vite je serais sans remords
Comme dans un éclair je rejoindrais le feu
Et dans l’immensité verrais mon idéal
Chansons de Roland
Georges Roland
http://www.bernardiennes.be et http://www.georges-roland.com
NOIR MOUVANT
Quand le Zéphyr prépare un sort à la nuit,
La lune moirée par la spirale fauve des sens
Vous livre mon âme qui se tortille,
Traîne sa masse fluctuante
Et esquisse une flamme
Sur les murs de votre alcôve.
La flamme, mon oppressant désir,
Suivez son sillage,
Il vous fera tomber
Dans le gouffre de mon insolence.
Je suis le spectre à la voix
Qui vous mord les vertèbres.
Allongée dans votre jardin mental,
Je passe un fil astral en l’aiguille
Des sentiers expiatoires de ma dissolution.
Chut! Silence! Ecoutez mon chant!
Mon chant est un piège à y mourir,
Il polit votre mensonge.
Prenez et mangez
Mon ambroisie à la mandragore,
Buvez le sang de mes stigmates reflétés
Par le noir mouvant des voyelles.
Chut! Silence! Ecoutez mon chant!
Déjà, il vide les tiroirs de vos cœurs séchés.
Il déplace les meubles désolés
De vos profondeurs où l’idéal dort.
Des souterrains du verbe frémir,
Emergent les sangsues d’un amour perdu.
Elles descendent en vous et glissent
En vos veines les plus durs émois.
Séchez vos paupières!
Je me dérobe avec l’astre qui se tord.
A l’avenir, prenez garde!
N’entrez plus dans l’univers
Des nymphes sanglantes
Gisant sur l’humus de brume calcinée
Qui ampute l’azur triomphant
Comme la virginité.
Séchez vos paupières!
Je disparais avec le tumulte des temps.
Sélène WOLFGANG
http://selenewolfgang.tripod.com/
Haïti
Entre pays maudit et perle des Antilles
C’est ma vie que l’on prend et mon cœur qui oscille
Je ne veux pas pleurer mon fils ni ses amis
Qui prennent tous les risques au mépris de leur vie
J’ai peur pour eux pour tous et surtout ces enfants
En train d’agoniser…et cela prend du temps.
Si les secours sont là, utiles et présents,
Ils ont les mains liées – c’est un pays absent.
Ceux qui se succédèrent n’ont pensé qu’à eux-mêmes.
Ils étaient les nantis, et leur pouvoir extrême
N’incluait pas les gens qui hurlaient leur famine…
Qu’importent ces paysans qui vivaient de rapines
Avez-vous vu ce couple qui cherchait son bébé
Ce petit Haïtien qu’ils avaient adopté
T’en souviens-tu, Préval, tu aurais pu signer
Mais tu ne l’as pas fait. Le bébé est resté.
Pourtant tu étais là, côtoyant les soldats
Envoyés par l’O.N.U. Tu riais aux éclats !
Te souviens-tu, Préval, de passage chez nous
Où tu fus étudiant, un peu, mais pas beaucoup
Rêvant de pommes frites, rêvant de mayonnaise
Je t’ai servi ce plat et j’étais mal à l’aise
Tes idées politiques me paraissaient étiques
Le personnage entier me laissait très sceptique
Je raconte ceci car j’ai trop de chagrin
De mon défunt mari tu étais le cousin,
Le cousin par alliance – l’alliance fut rompue –
Le président restait, bien assis, bien en vue.
Mon amour est chez toi, c’est mon fils, c’est ma vie,
Il est parti chez toi pour aider son pays
Il n’a pas oublié l’idéal de son père
Il combat pour les siens et son père serait fier
Il parle de ses frères, ses frères haïtiens
C’est un homme meurtri. mais mon dieu qu’il est bien
Et s’il écrit qu’il m’aime, il n’est pas partagé
Il a trouvé sa voie, son chemin est tracé…..
Il est tellement jeune, accordez-lui la vie
Accordez-lui le temps de fonder sa famille
Françoise CASTERA
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LA BOXE
PREMIER ROUND
ils ont tous misé sur elle
parce qu’on dit qu’elle est cruelle
et que sa gauche est mortelle
je m’en fous
je me sens très bien capable
d’un uppercut imparable
de l’envoyer sur le sable
à genoux
lorsqu’au premier coup de cloche
on se pèse et on s’approche
on se guette l’anicroche
dans les yeux
c’est un nouvel abordage
nous salivons notre rage
je rassemble mon courage
de mon mieux
La boxe la boxe on en fait tous les matins
La boxe la boxe c’est notre pain quotidien
DEUXIEME ROUND
un instant on se ravise
on se tend on s’électrise
un coup dur pour ceux qui visent
notre union
ils l’acclament ils la supportent
scandent les coups qu’elle me porte
pour qu’enfin elle sorte
de ses gonds
lorsque je baisse ma garde
elle revient et me bombarde
de doublés à la pensarde
et dans les dents
peu après on nous sépare
comme sur un quai de gare
je tremble un peu des guitares
inquiétant
La boxe la boxe on en fait tous les matins
La boxe la boxe c’est notre pain quotidien
TROISIEME ROUND
je me lève et je sautille
j’ai les yeux dans ses pupilles
on s’observe et on s’épie
en dansant
elle esquisse une dérobade
me tamponne un peu l’arcade
puis me fait une accolade
dégoûtant
j’ai la chance de la faire
bien flipper de la crinière
de petits gnons dans les molaires
et sous les seins
mais je m’réjouis trop vite
et bien sûr elle en profite
pour m’oblitérer la frite
d’un parpaing
La boxe la boxe on en fait tous les matins
La boxe la boxe c’est notre pain quotidien
QUATRIEME ROUND
c’est là qu’il faut que je place
mon uppercut à la face
qui lui fait faire la grimace
rigolo
à ce moment elle ébauche
son mortel direct du gauche
et d’un coup elle me fauche
bang K.O.
je me retrouve en compote
j’ai l’estomac dans la glotte
les sourcils en papillotes
et tout en sang
me voilà je le redoute
au bout de ma longue route
l’arbitre crie Il est out
à qui le gant
La boxe la boxe on en fait tous les matins
La boxe la boxe c’est notre pain quotidien
Georges Roland
« Papiers magiques »
Il est temps d's'faire la malle,
Mais oublie maillots d'bain, ch'mises à fleurs,
Ray Ban miroirs ou sandales,
Là où tu vas aucun b'soin d'accessoires pour nager dans l'bonheur !
Ok, tu veux pas trop t'projeter mais il est difficile
Finalement d'pas tirer deux-trois plans sur la comète :
Y aura-t-il des crimes, des bagarres, des idylles ?
Les intrigues sauront-elles bien s'ancrer dans ta tête ?
Tu t'installes à ton aise, respires un grand coup,
Et dis au revoir à « hic et nunc ». Destination inconnue !
Fais confiance au pilote, même s'il est un peu fou,
L'essentiel au final est d'vivre un périple qui t'troue l'cul !
Moi, j'les ai découverts sur le tard,
Et d'puis j'les kiffe, pas d’danger qu’on s’sépare
Poésie, littérature blanche, noire, romans de gare,
Escort'ront ma vie jusqu'au bout.
L'heure du départ approche. Pour qu'ton voyage démarre,
Faut qu'les mots soient lancés et l'décor planté.
Enfin tu t'décides à larguer les amarres.
Pour ça, suffit juste d'tourner la première d'couv'illustrée !
Les livres sont des charmes, des passeports, des passerelles,
Et si c'est pas d'la magie, faudra quand même m'expliquer
Comment on atterrit dans toutes sortes de pays, d'univers parallèles,
En lisant simplement des papiers imprimés...
ROMANO VLAD JANULEWICZ
http://blogoscriptorium.canalblog.com/
UNE RESPIRATION
Train de fraîcheur en matin-pluie.
Aux rameaux touffus le vert se fait plus profond.
La tuile frôle le marron, trône là, brun recuit.
Les toits de zinc luisent, s'anoblissent en ardoise.
Quelle beauté aussi, ce jour plus sombre !
Le vif ambiant a ragaillardi les gens.
La langueur a cédé.
Aux jupes et chemises légères popelines ont succédé.
Aux bras des passagers les parapluies s'égouttent.
Doucement.
Rien n'est triste.
La nature seulement reprend son élan
Pour bientôt à nouveau ses splendeurs nous offrir.
Tu médites, ébahi.
Peu de mots pour cela :
E guapa la vida.
CLAUDE COLSON
http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr/
Toi et moi Nous étions hier comme aujourd’hui
C’est comme si on n’avait pas vieilli
Comme si les automnes
Étaient nos printemps
Comme si on avait perdu le temps
Le nôtre avait l’air réconfortant
De ces jours qui passent insolemment
Sans grincer les portes
Sans claquer les dents
Regardant mûrir l'œuvre de la vie
Nos miroirs ne sont pas déformants
Mais tes yeux auront toujours vingt ans
Leur éclat l’emporte
Sur le voile blanc
Rien n’efface l’être pas même l’esprit
Et je veux graver l’ombre
De ces mots suprêmes
Je t’aime
Si quarante ans nous ont unis
Que l’on nous dit au déclin du sursis
Comme si nos automnes
Perdaient leur allant
Comme si nous n’avions plus le temps
Notre entente fut riche à tout moment
Et nous avons ri insolemment
Sans grincer les portes
Sans claquer les dents
A quel intrigant faisons-nous donc envie
Ce n’est pas dans les mots qu’on se comprend
Un regard suffit naturellement
Notre union l’emporte
Sur les impotents
Nous serons les princes de l’amour grandi
Et je veux graver l’ombre
De ces mots suprêmes
Je t’aime
GEORGES ROLAND