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Poème de Jules Cybèle... "Ballade d'un soir"

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/cybelejules.jpg

 

 

 

 

Poème extrait du recueil Deuil le Jour/Œil la Nuit :

Ballade d’un soir

Mon cœur hors de moi me laisse rêveur,
On me l’a ôté sous mes yeux bectés.
Il gît maintenant, noir de son humeur.
Bout de chair en sang, proie tant convoitée,
Te voici charogne en bas de mes pieds.
Nous deux c’est fini, un nœud nous divise,
Me brise eunuque, jouet de la bise.
Et je me détends, légume blafard,
Dans le potager de ta couardise.
J’ai connu le vide à l’ombre d’un soir.

Maître en l’échafaud, je suis bon joueur,
Ai perdu la mise au jeu de t’aider,
Me pends désormais blanc de mes erreurs.
Au son de minuit la corde a cédé,
Je l’ai convaincue de mieux m’enlacer
Que tu ne le fis avec tes mains grises,
Doigts de triste fée du jardin des schizes.
Me voici défait, sans doute un peu tard,
Des liens malades qu’avait ton emprise.
J’ai connu le vide à l’ombre d’un soir.

Mal dans notre peau, là était l’horreur
De vouloir unir nos corps dépecés.
C’était supporter la double douleur,
Sans que nous sachions comment l’apaiser.
Mon amour fêlé, tu l’as piétiné,
Je t’ai laissé choir dans ton âme en crise.
J’eus dû te quitter dès la prime incise,
Voir combien l’on souffre à rompre l’histoire,
À frapper d’estoc à coup de franchise.
J’ai connu le vide à l’ombre d’un soir.

Envoi
à celle qui pensait sans dire

Le noir c’était toi, l’amour sans couleur,
Et moi j’étais là, miroir de tes peurs.
Nuit de mes pensées, jamais ton regard
N’a croisé le mien nourri de bonheur !
J’ai connu le vide à l’ombre d’un soir.


Jules Cybèle

http://jules-cybele.skynetblogs.be/

A lire également 

http://www.aloys.me/article-jules-cybele-60433903.html

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Carine-Laure Desguin : Dans les rues de Charleroi...

Publié le par aloys.over-blog.com

desguin
Dans les rues de Charleroi ...

 
Dans les rues de Charleroi sous le ciel
Gris et bas
Tu avais déchiré tes bottines
Avais-tu faim avais-tu froid
Les chemins des usines
Paysages industriels
Au cabaret vert
Tu demandas des tartines
Et une ou deux bières
 
Je marche souvent
Depuis longtemps déjà
Dans les rues où tes pas
M'ont donné rendez-vous
Je cherche parfois
Ce cabaret vert
Une tartine de jambon
Et une ou deux bières
Vers cinq heures du soir
L'heure où les gueules noires
Déminaient les secrets
Souterrains et sans sous
 
Etait-il ici était-il là
Abri des chiens abri des loups
ce cabaret vert
Les pieds en sang
Tu t'arrêtas
Te rassasias
Bu quelques bières
As-tu écrit sur la table ?
 
Ensuite qu'as-tu fait de ta nuit ?
Sur les quais de la Sambre
Où t'es-tu endormi ?
Dans quel hôtel quelle chambre
As-tu écrit sur la table ?
Souffle-le moi dans le vent
Dans les fumées des usines
Souffle-le moi souffle les mots
Huit consonnes et cinq voyelles
Tes écrits pleuvent dans les ciels
Sur les quais de la Sambre
Les pavés te disent merci
Toi le poète le créateur de mots
Toi l'africain le surhomme
Les chemins se rappellent
Et te nomment,
 
 Arthur Rimbaud .

Carine-Laure Desguin
http://carinelauredesguin.over-blog.com

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Lunessences se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

Marie-Ange-Gonzales-Lunessences.png


Passe le temps
 
Premiers cris, premiers pleurs aussi
Tendres années, à regarder s‘enfuir la vie.
Douleurs, peines et pleurs aux quatre saisons dispersées
Attente fertile, passé exorcisé, c’est avec toi que je renais
Saison aux couleurs de feu
Tu me fais vivre intensément
Bien plus fort et encor’mieux
Que mes anciens printemps.
Mais trop vite tu vas me quitter
Et t’enfuir, et me laisser
À l’Hiver et ses fêtes
À l’Hiver et ses tempêtes.
Peupliers enflammés des couleurs de l’Automne
Lèchent le ciel noir mélancolie
Avant qu’au loin ne résonne
L’hallali de ma vie.
Sur mes cheveux la neige se posera,
Trace du temps, de mes peines et de mes joies
Mais dans mes yeux, témoins de mon bonheur
Mon amour sera pour toi, jusqu’à ma dernière heure
Peupliers enflammés des couleurs de l’Automne
Lèchent le ciel noir mélancolie
Pendant qu’au loin résonnent
Les derniers frissons de ma vie.

 
Marie-Ange Gonzales (Lunessences)

 
 
 
Pour la présentation, je ne sais trop quoi vous dire... ce n'est pas si simple de parler de soi, en tant que personne, c'est je crois un peu trop banal. Je vous dirai simplement que je suis une vie qui aimerai partager avec toutes les autres vies, les beautés des émotions et leurs profondeurs. Les regrets et les remords sont douloureux mais nécessaires à la bonne construction des émotions vraies. L'amour la haine, le bonheur et la peine ne vont jamais l'un sans l'autre. 

Lunessences

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Psyché, l'autre face... Un poème de Patricia Lhommais

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Psyché, l'autre face


 

Son regard dénué de rêves

Contemple mon ego décentré.

Juste et glacial, il m'observe

Et dresse adroitement mon autoportrait.

 

Je devine à l'ombre de son œil noir

Ma laideur et ma démence.

A ma personne il fait miroir.

Humblement je reçois l'offense.

 

Je ne peux plus croiser cet œil,

Reflet de mon ego désenchanté.

De mes effrois je fais le deuil.

Ma torpeur est ensanglantée.

 

Il est le psyché de ma difformité,

Moi, méprisable et hideuse.

Chaque fois en lui je renais.

Ses mains sont de ma vie les meneuses.

 

Je suis le festival de l'horreur.

L'œil rivé sur moi me cingle,

Me rappelle que je ne suis qu'un leurre.

Enfin, il trouve la faille et l'épingle.

 

Et moi, dans un état psychédélique,

Je n'ose faire face à ce regard

Qui mon surmoi écosse et décortique.

Je reste prostrée, les yeux hagards.

 

 

Il me semble que tout à coup j'avorte

D'un passé dont il ferme la porte.

Je suis là, anesthésiée, l'âme épurée

D'un abcès jusque là surinfecté.

 

Je crache ce venin qui étrique ma gorge.

Mathématiquement l'œil éventre le kyste.

Soudain j'aime le regard de mon psychanalyste.

Et ma stupeur se désengorge.

 

 

Patricia Lhommais

patricialhommais.20six.fr

 

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Françoise Castera : Cher voisin

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amis.JPG

 

 

Cher voisin

 

 

Ah mon cher voisin comme tu vas me manquer

Nous étions tellement proches proches à nous toucher

Je te verrai toujours non sans quelque regret

Si tu m’empoisonnais si tu me harcelais

Je pouvais te comprendre je pouvais apprécier

L’impossibilité que tu établissais

De pouvoir échanger ou de communiquer

Bien sûr ce fut ardu je dirais même plus

Tu ne supportais rien surtout pas que j’existe

Mon sourire donné ne fut jamais rendu

Et à peine arrivée je reçus une liste

Des devoirs imposés dans un monde sans droit

Ah mon cher voisin comme tu vas me manquer

Tu as exagéré ce n’était pas adroit

Dans tous mes cauchemars c’est toi que je verrai

Certains souvenirs restent :  un regard globuleux

Et dans un corps étroit des pensées étriquées

Et je ne peux pas croire que tu te trouves aux cieux

Sinon pour faire de l’ordre et enfin t’imposer

Et je veux te convaincre la mort c’est merveilleux

Et c’est sans un sanglot  que je te dis adieu

 

 

Françoise CASTERA

 

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Laurent Dumortier : Le placard des illusions

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Le placard des illusions

 

 

Hier encore tu t’inquiétais

Des 160 kilomètres heure

De la chandelle que je brûlais

Au nom du bonheur

 

Tu maudis cet amour

Tu maudis ces hiers

Tu regrettes ces adieux

Sur des airs mélodieux

 

Les mensonges

Les beaux songes

Tout n’était qu’éphémère

Du sucré qui vire à l’amer

 

Tu as rangé au placard

Des illusions un vertige

D’amour qui s’érige

En un grand écart

 

Tu maudis cet amour

Tu maudis ces hiers

Tu regrettes ces adieux

Sur des airs mélodieux

 

Aujourd’hui il ne demeure

Que des bruines de douleur,

Des larmes de silence

Vidées de sens…

 

 

Laurent DUMORTIER

gsl.skynetblogs.be

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François Delhaye : Astarté

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Astarté

 

M'auras-tu délaissé pour rallier ton Baal ?

La foule penchait pour le roi de ton comté.

Par mes salmigondis j'ai déçu Astarté,

Qui dans l'obscurité reçu le coup fatal.

 

M'avais-tu délaissé pour un autre fanal ?

Au réveil je compris ton goût pour la clarté.

Le songe se mêlait à la réalité,

Et je pensai chercher ton monument tombal.

 

J'angoissai, la nuit noire élit les tons d'un pleur,

Mais les mines de sel sont à cent lieues des flots,

Sur lesquels mon bateau sans rame et sans rameur

 

Vogue. Ai-je le désir de joindre Serepta,

Le diamant au cœur et la larme aux falots ;

Connus-je la limite où ton feu s'arrêta ?

 

 

François Delhaye

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Claude Colson : Spectatrain - Noctitrain

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claude colson

 

SPECTATRAIN - NOCTITRAIN


             
Train de nuit, lent trait orangé.
Monde extérieur gommé.
Obscurité.
Les vitres noires reflètent des ombres de visages :
Les nôtres !

Le tien te semble presque étranger.

Dans les campagnes ennoirées
Quelques brûlots, lampadaires égarés.
Sifflement du convoi. Il approche d'une gare,
Moteurs quasi coupés ;

Semblant de vie aux néons sales, blanc cassé.

Passagers taciturnes qu'on dirait accablés,
Plus tôt levés, harassés, inquiets du retour.
Jour de grève. RER C.

Un pont. En bas on devine un carrefour.
Blanc, rouge, orange, en pointillés ;
Les voitures, elles, restent cachées.
Le feu tricolore est vert,

Avec le rouge touche de gaieté.


Bientôt les fêtes, la fin d'année.

 

(Octobre 2010)

 

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

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Georges ROLAND nous propose : LE CAUCHEMAR

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rolandtete.jpg

 

 

 

 

 

 

LE CAUCHEMAR

 

Si j’écrivais un jour sur le flot d’un ruisseau

Une phrase un bon mot qui ne soit pas d’un sot

Un beau trait callipyge

Que ce verbe s’en aille au galop du courant

Chahuté trimballé comme un épi au vent

Un pin de haute tige

Ce ruisseau deviendrait un rapide un torrent

Et ma phrase suivrait toujours en bondissant

En gagnant du prestige

L’écriture enflerait irait en crescendo

Sur l’écume on verrait étinceler les mots

Mieux que je les rédige

Et le temps d’un quatrain le flot se radoucit

Devient calme serein royal épanoui

On dirait qu’il se fige

Le bon mot suit son cours dans la même logique

A quoi bon résister à l’éclat hystérique

Et lui faire la pige

Il se mue en sentence en cas mathématique

Au trait grandiloquent orgueilleux emphatique

Mais ça me désoblige

Ce petit bout de phrase que j’avais écrit

Me contraint de paraître plus que je ne suis

D’être son homme lige

Après tout je ne suis pas académicien

J’écris plutôt pour les chats et pour les chiens

Bien sûr je me néglige

Mais pour balancer son luth à la postérité

Rançonner les potaches de l’université

A grands coups de rémige

Ce n’est ni mon credo ni mon confiteor

Je n’écris pas pour luire ou pour chercher de l’or

Simplement je voltige

Ma chanson restera un petit ru discret

Abreuvant les grenouilles les vaches et les gorets

Je le veux je l’exige

 

 

 

Georges ROLAND

 

http://bernardiennes.wifeo.com et http://www.georges-roland.com

Extrait de "Chansons de Roland"

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Françoise Castera : Adoption

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Adoption

 

 

Ce bel enfant que tu nous fis dans ton pays

Il traîne à nous venir il traîne en Haïti

Nous étions en attente que le vent souffle ou vente

Une famille sans toi  une famille absente

Et nous guettions à deux sans pleurer mais sans rire

Une trace invisible annonçant ton sourire

Mais la route était lente et parsemée d’embûches

Ton petit cœur soupire et le nôtre trébuche

Ton petit cœur s’essouffle le nôtre désespère

Vas-tu   trouver bientôt et ta mère et ton père

Vas-tu dire maman vas-tu dire papa

À ces deux inconnus ne rêvant que de toi

 

Ah que de souvenirs que d’amour et de foi

Quelle magie l’enfance et quel amour en toi

 

Aujourd’hui c’est fini et de notre famille

Il reste cependant trois êtres encore aimants

Ton père fut un roseau qui jamais ne se plie

Sa force et sa faiblesse nous garderont vivants

La trace de tes pas exprime sa chaleur

Son empreinte est en toi je retrouve sa voix

Je reconnais un mot je ressens une odeur

Si c’est toi face à moi c’est lui que je perçois

Tu as été ma force tu as été ma vie

Je veux rester maman et aussi ton amie

 

 

Françoise Castera

http://www.facebook.com/profile.php?id=1814167205&ref=ts

Publié dans Poésie

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