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"L'oiseau perdu n'affame pas que les chats", une poésie signée ALBERT NIKO !

Publié le par christine brunet /aloys

l’oiseau perdu n’affame pas que les chats

 

Je suis censé faire mon chemin dans cette ville mais je ne sais que m’effriter aux alphabets des vivants.

On m’a donné un nom et des trottoirs où les arbres distillent la peine, et où l’ombre enseigne à la lumière, mais je serais bien inspiré de céder ma place à celui qui me suit parce que l’oiseau perdu n’affame pas que les chats – et je me suis laissé dire que lui travaillait dur et qu’il n’avait, pour seules distractions, que sa moto et sa télévision.

Mais j’ai vu un vieil homme passer de sa démarche chaloupée devant ma fenêtre, et le bâton dansait.

Et je me saisis d’un banjo qui n’a plus qu’une corde pour battre l’air.

Et j’édicte ma loi physique au bout de cette clef qui ouvre la porte qui n’existe pas.

J’étais parti, je crois, pour me faire coudre les paupières…

 

ALBERT NIKO

 

Publié dans Poésie

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Eric Dargenton nous présente son recueil "A mes heures gagnées"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Eric Dargenton est né en 1984 en Meurthe et Moselle.                                   

 

A 15 ans, au lycée, il découvre la poésie à travers l’œuvre de Victor Hugo. Elle ne l’a plus quitté depuis.

 

Après des études d’histoire et divers emplois, il est aujourd’hui chargé de l’accompagnement scolaire d’élèves en situation de handicap.

 

Passionné de littérature et d’écriture, féru de vers classiques, il publie en 2017 chez Chloé des Lys son premier recueil de poèmes intitulé A mes heures gagnées.

 

Il vit à Metz, la patrie de Verlaine.

 

 

 

Extrait :

 

A contresaison (extrait)

 

(…)

Je devrais être heureux, oiseaux, à vous entendre ;

A vous respirer, fleurs, je devrais être heureux ;

J’assiste à vos concerts, je vous regarde tendre

Aux ivrognes ailés vos vases liquoreux.

 

C’est l’heure où le poète à son aise délivre

Les quatrains épuisés du carcan de ses maux

Comme l’arbre dénoue un lourd corset de givre

Pour offrir aux regards ses plus tendres rameaux ;

 

L'heure d'aller à deux où l'on va solitaire,

D'un pas sûr, confiant, rythmé comme le Sien,

De ne troubler la paix du ciel et de la terre

Qu’avec l’allègre archet de son cœur musicien.

(…)

C’est l’heure où chacun veut, dans sa gaîté crédule,

Ne plus savoir qu’un verbe et sa conjugaison,

Mais la pluie a vêtu de rouille la pendule

Où mon cœur déréglé bat la contresaison.

(…)

Publié dans présentations, Poésie

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Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage

Publié le par christine brunet /aloys

Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage
Joël Godart nous présente "Entre deux rives", son nouvel ouvrage

Joël Godart nous convie à une promenade poétique dans les allées du Père Lachaise à Paris. Pour capter le regard de tous ces disparus, rendre à la vie ces visages de pierre  afin qu'ils nous parlent à nouveau, l'auteur a utilisé son objectif et tenté joindre ces deux mondes, en toute humilité, en toute discrétion. Puis il a dû s'effacer...

 

 

        «  Jeudi matin au Père Lachaise.                     

           Tout est silence autour de moi.

           J'ai très vite l'impression d'être

           entouré de lambeaux de vie qui

           flottent dans l'espace et parfois

           me traversent – comme si j'étais

           un être transparent. Tous ces morts

           qui essaient de me parler.

           Je me sens petit, très petit.

           Il est temps de regagner l'autre rive»

 

Joël Godart

Publié dans présentations, Poésie

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Albert Niko nous propose de courts poèmes...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Pour Vincent

 

Je garde cette chaise devant moi comme quelque chose qui ne fume ni ne sourit, et chance lui est pareillement donnée d’égarer mon visage une fois que je serai parti. Je ne pourrais pas peindre.

J’ai vu assez de natures mortes comme ça.

Tout ce qu’ils ont fait de leur vie s’étale sous mes yeux.

Ces mots flottent entre nous, comme une mouche indécise.

 

*

Un nouveau jour

 

Pour ces heures lasses où croire est ce nouveau jour par la fenêtre, je descendrai un moment mon miroir le temps que le monde saute à l’intérieur, et de retour là-haut je le montrerai à ma fenêtre, et tous deux riront bien ensemble.

 

*

Le commerce de l’ombre

 

Je suis entré et j’ai traversé le magasin jusqu’au fond, où j’ai laissé l’ombre prendre mes mesures.

J’ai payé ce qu’il me coûtait en lumière, et l’ombre m’a tendu trente nouvelles années.

C’était des standard.

Je suis ressorti et j’ai commencé à mordre dedans.

Elles étaient à point.

 

*

Fleurs d’un jour

 

Ils rentrent tous deux de leur petit tour, les yeux pleins de ces sourires qu’ils ont reçus en chemin.

Chacun retire les yeux de l’autre et les dépose dans un vase avec un fond d’eau au centre de la table.

Avant de prendre place autour.

 

 

Albert Niko

Publié dans Poésie

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Thierry Ries a lu le recueil de poésie de Christian Nerdal "L'homme à tête de taureau"

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

CHRISTIAN NERDAL, L’homme à tête de taureau, éd. Chloé des lys, 2015.

 

 

Cet homme, à tête de taureau, n’est pas donneur de leçons. Pas plus que le poète. Christian Nerdal se regarde du dedans, observe plaies, sel sur les lèvres, antimatière de ce monde et passe le mot. Tout y surgit, vie, famille, alchimies, mythes et foi (que serait un poète sans une matrice de spiritualité ?), amour et mort.

Puis la langue, ses sonorités cocasses, lancinantes, étranges, parfois coquines, accidents heureux, coïncidences à saisir. Tout trouve grâce et désir d’apaisement dans L’homme à tête de taureau - un tableau et son titre de Picasso qui avaient frappé le poète-, pourvu que cela vibre et fasse écho, pourvu que tout se recoupe, se détache, ou plutôt vienne augmenter et mettre en mots la panoplie complexe des perceptions sur la condition humaine. Pourvu que le texte ou le poème, ainsi que l’humour, absurde, bien sûr, tendre aussi - Ah ! Ces irrésistibles Paulette, Petite Paule et Paulinou !- permettent d’en saisir la pointe acérée, trop lucide souvent.

À peine couchée, la page assoiffée laisse place à une voie de mues et de détachement possibles, avant l’épurement. Avant le retour obligé du réel, donc du duel. Pour Nerdal, toutefois, la dérision reste apaisante, l’animisme incontournable, afin justement de dépasser, subjuguer ce monde tangible : L’Homme à tête de taureau, s’est mis en quête du fameux Cimetière des éléphants, suivant, solennel corbeaux, rossignols et marabouts. Que ce soit avec la gravité d’un félidé vieillissant ou avec la légèreté bienfaisante de cet hilare portrait de nous dans Drôle de faune, drôles d’oiseaux. Que ce soit dans l’amour, le corps, entre identité et altérité, que ce soit dans les arts les limbes, la mythologie et la langue, que ce soit tout cela à la fois, notre poète se veut fusionnel, sans compromis.

Christian Nerdal se décline, se débat, se « démesure ». Il nous parle beaucoup de naissances, débarquées sur terre comme une part de divine offrande qui saute aux yeux, au cœur, à l’âme. Ces miracles disent leur nom, leur essence ne peut être que d’ailleurs, de merveille. Il dit l’enfance, qu’il prend par la main, comme dans la pureté clamée, scandée de A Ghlin sous la terre, pour nous jouer un air de slam « underground », dans les allées d’un autre cimetière où pères, pierres et repères ne sont plus que feux follets insaisissables ; ou gravés à jamais. Triptyque du temps qui échappe à tout. A tout, vraiment ?

Pour notre poète, le langage, toujours lui, prolonge, quand il ne les transcende, l’expérience, la tentative de discernement du passant qu’il est, que nous sommes. Parfois au-delà de l’entendement, parfois dans la crudité de l’élégance. Plus encore, la syntaxe française se rend à la frontière ténue qui se décide au carrefour de la destinée, comme dans Tu es. Ou encore comme dans La condition humaine, où l’ivresse et l’irrésistible absurde se disputent le gouvernail de notre frêle et trop rapide embarcation. Des tableaux défilent, prières aux visages de femmes, qui laissent le poète au bord d’une plage, nanti d’un souffle lyrique, communiant avec une hypothétique épouse gitane, sur des Variations sur un vers de léonard Cohen.

Et la quête de se poursuivre ; d’aquarelles en frissons, de contes et comptines en éclats et brisures, l’image et la musique se muent en mots de brume où Nerdal marche d’instinct, là-bas où, quelque part, sursautent les voix de naguère. Des souvenirs publics d’une autre décennie, intenses, bidonnants ou spirituels, de café-théâtre harvengtois ou de vie de château écaussinoise, me reviennent délicieusement, ici, à la relecture des poèmes Quand et Si l’on comparaît. Le recueil se décline en quatre parties de longueur inégale, faisant la part belle à l’été comme à l’hiver, autour des quatre saisons de la terre et de la vie : Aurore, printemps, écriture ; Jour, été, amour ; Crépuscule, automne, idéal ; nuit, hiver, mort. Avant, un dernier sursaut intitulé : Sacrifice, un dernier poème, l’élan religieux de celui qui relie, une forme de testament qui referme ce livre dans les profondeurs du temps, entre éblouissement et puissant dépouillement de l’abandon final. Si Christian Nerdal n’est pas donneur de leçons, que voici donc pourtant une somme de vie où, entre naissance et mort, naître et renaître.

 

THIERRY RIES

 

Publié dans Fiche de lecture, Poésie

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"J'ai vu passer...", un poème signé Alfred HERMAN

Publié le par christine brunet /aloys

J'ai vu passer...

 

J'ai vu passer d'étranges visages

A Ostende, un jour de carnaval,

J'ai entendu d'étranges langages,

J'ai vu, d'Ensor, l'affreux festival.

 

J'ai vu cet homme aux longues oreilles,

J'ai vu la femme au nez retroussé,

J'ai vu le gosse aux lippes vermeilles

Sur un singe au regard d'enfoiré.

 

J'ai vu l'homme au masque de squelette,

J'ai vu la femme au masque chinois,

J'ai vu le gosse au masque à sonnettes,

Taquinant Pierrette au frais minois.

 

J'ai vu passer le cortège aux masques,

Comme un régal de saintes horreurs,

Le vent l'éructait dans ses bourrasques,

La mer digérait mal ces clameurs.

 

J'ai vu passer les mêmes visages,

Chaque jour, après le carnaval.

J'ai reconnu les mêmes langages,

Chaque jour, après le festival.

 

La vie est cet étrange cortège

Qui passe devant nous sans arrêt,

Et chacun, dans ce sot cortège,

Fait, de son masque, son vrai portrait…

 

Alfred HERMAN

Publié dans Poésie

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Albert Niko nous propose un court poème...

Publié le par christine brunet /aloys

 

Vers le Dakota

 

Le sens réside dans une brouette.

Ou dans la manière qu’à cet homme de tenir sa brouette, et ce qu’il reste du jour est ce qu’il en rapporte.

Le sens réside dans un paquet de riz crevé.

Et cette mouche décrivant une même boucle autour d’une ampoule.

C’est une vieille femme que tu n’as jamais vue sans son chien, sans son gilet rose, sans autre image d’elle-même qu’une vieille dame sortant son chien et qui, rendue en haut de la côte, a toujours ce regard pour la fuite des jours vers le Dakota.

Dix fois par jour.

C’est un bus qui s’éloigne, un train qui t’arrive et que tu prends juste parce qu’il n’a jamais été question qu’il en soit autrement.

Et, tournant la tête, tu rencontres ces deux seules chaussettes noires pendant du séchoir, ainsi qu’une batterie de pommes qui jamais ne rêvent d’une autre vie.

Et tout ce que tu peux voir au-delà, de ta fenêtre – les maisons, les voitures garées, toutes ces petites créatures qu’un soleil aveugle affole – est mort en apparaissant.

 

Albert Niko

Publié dans Poésie

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Albert Niko nous propose cinq nouvelles apparitions

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Les fourmis dévalant du quignon de pain que s’octroie le chien

 

***

 

Les klaxons incessants d’un mariage : à mon tour j’aboierais si j’étais chien

 

***

 

Passée l’averse, il commence à pleuvoir sous l’arbre

 

***

 

Le sentier qui part à l’embranchement – ce sentiment

 

***

 

Le chien me regarde quand lui regarde son chien

 

Albert Niko

Publié dans Poésie

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Paul Maakad lit l'un des textes du recueil de poésie "Bouillonnement"

Publié le par christine brunet /aloys

https://youtu.be/PprpxPf5w7c

Paul Maakad lit l'un des textes du recueil de poésie "Bouillonnement"

Publié dans vidéo, Poésie

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"Je ne verrai plus...", un poème signé Alfred Herman

Publié le par christine brunet /aloys

 

Je ne verrai plus...

 

Je ne verrai plus la Mer du Nord,

Je n'entendrai plus rugir la houle.

Comme ils semblent loin ces petits ports

Sentant bon les frites et les moules.

Ostende larguait depuis ses quais

Ses grosses "malles" vers l'Angleterre,

Ses quais où pendaient les poissons frais,

Son vieux port aux navires de guerre.

 

Blankenberge, aux bateaux de pêcheurs,

Etalait ses marchés populaires.

L'estacade où les flots en fureur

Aspergent le passant solitaire.

 

Zeebruges dorlotait ses voiliers,

La Panne aux tapis de coquillages,

Knokke et ses villas d'éclat princier,

Un vrai paradis pour troisième âge.

 

Partout rugissait la Mer du Nord,

Léchant le sable fin des plages,

Les brise-lames portant pieux morts,

Algues brunes et moules sauvages.

 

Ce plat pays, était-ce le mien?

Non, ses plaines étaient trop flamandes.

Face au lac, je m'en souviens,

Ce soir sur cette terre romande.

 

 

Alfred HERMAN

Publié dans Poésie

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