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journal de bord... Karl Chaboum et Hugues Draye

Publié le par aloys.over-blog.com

chaboum

 

 

Fanfantastique

L’éléphante avait un gros ventre.

Youpi, dit le papa. On va avoir un éléphanteau.

To to… dit-elle, ne sachant pas qu’il disait vrai.

Mon ventre est que… j’ai trop mangé de fines herbes.

Ouvrir un resto sera un franc succès. Je ne me trompe jamais.

 

 

Karl CHABOUM

http://karlchaboum.blogspot.com/

 

 

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H.drayeJournal de bord, vendredi 19 novembre 2010 

 
Un état KO qui ne s'arrange pas, tout au long des jours qui viennent. En soi, ce n'est peut-être pas grave. Faut p'têt juste accepter. Faut dire : j'ai du mal à voir la différence, parfois entre "lâcher prise" et "se laisser aller" (l'éducation, quand même !). Faut dire que ... pendant longtemps, j'avais du mal à admettre que j'étais fatigué. Enfin ... je n'avais peut-être pas (trop) de mal à l'admettre pour moi, mais ... l'image extérieure, c'était une autre paire de manches. Etre fatigué, en méforme, c'était tomber en disgrâce aux yeux de ceux (ou celles) dont j'attendais tendresse, protection, soutien.
 
Je ne dis pas que je n'en ai pas eu, du soutien, de la tendresse.
Je garde quand même des marques ...
des nombreuses fois où, à la maison, je suis resté ... sans rien faire
"Mon Dieu, tu n'en as pas marre de rester oisif ?"
J'ai entendu ma mère soupirer quand je ne faisais ... rien
 
Et aujourd'hui ... eh bien, j'ai parfois encore du mal, à avancer, certains matins.
 
Et pourtant, mon corps me dit "stop"
 
Même le PC, il m'en fallait pas, ce matin. J'ai tenté de l'allumer ... mais sans grand enthousiasme. Allons, HUgues, sois pas accro !
 
HIer, je suis allé, avec ma chérie, voir une superbe expo de chapeaux, et de sacs, dans le Centre Ville, rue de Laeken. Je ne peux résister au plaisir de partager quelques photos de cette situation.
  

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Barbara Flamand : 1ère partie "Les vertiges de l'innocence", extrait de la nouvelle "La longue vue"

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes2/flamandtete.jpg
1ère partie "Les vertiges de l'innocence"

Extrait de la nouvelle "La longue vue"


 Je demandai si je pouvais ouvrir la fenêtre arrière pour admirer le parc. En acquiesçant, Madame Martin s’installa devant son piano ; elle me fit entendre quelques gammes puis m’annonça une sonate de Chopin. Les yeux mi-clos, elle se mit à jouer en balançant légèrement le haut du buste. La musique la transportait et l’embellissait, mais ce visage nouveau n’était pas l’expression du bonheur, et peut-être, ne fermait-elle les yeux que pour mieux accorder sa plainte intérieure aux accents mélancoliques de la musique. Je portai mon regard vers le ciel ; l’envolée de ces notes méritait une autre dimension que cette chambre et ses murs, elle aspirait à l’immensité bleue et aux mystères qu’elle recouvrait.


Je regardai alors le parc, sublimé par la magie de la musique, l’étang aux nénuphars, les deux statues à l’entrée de l’allée principale, le petit pavillon mangé par le lierre grimpant... Quelle bonne idée j’avais eue d’emporter la longue-vue !


Je la braquai d’abord sur les statues, deux nymphes pudiques qui ouvraient le chemin vers l’entrée du pavillon, puis sur celui-ci, plus exactement sur la fenêtre que le lierre épargnait encore. D’un coup, la lunette s’emplit des formes rebondies de Mademoiselle Martin, étalée sur un sofa. Le corsage entr’ouvert donnait le champ libre à deux pamplemousses ; une jambe repliée prenait appui sur le sofa d’où l’autre jambe avait glissé. Une main d’homme agenouillé gravissait la pente de ce genou au... fourré, terminus de « la petite bête qui monte ».

Sans lâcher prise, l’inconnu s’étira de côté pour atteindre, par la bouche, un des pamplemousses. Les mains crispées sur la longue-vue, j’étais incapable d’un mouvement ; la sonate de Chopin ne parvenait plus jusqu’à moi, j’avais oublié l’existence de Madame Martin. L’œil dilaté par la stupeur et la curiosité, je n’avais qu’une envie : connaître l’identité de l’homme et ce qu’il allait advenir du pamplemousse qu’il semblait dévorer.

Surprise. Il abandonne le fruit et la partie charnue de Mademoiselle Martin retrouve son volume initial ; il l’abandonne. Pour faire quoi ? Pour déboutonner sa braguette. Se faisant, il se met debout et de profil, me laissant ainsi reconnaître Monsieur Martin Junior. Monsieur Martin junior qui a perdu sa superbe et sort nerveusement de son pantalon un attribut que je ne connaissais qu’aux petits garçons et qui, chez Martin junior prend une dimension surprenante et inquiétante. Pas le moins du monde inquiète, Mademoiselle Martin replie sur son ventre ses deux jambes en les écartant, de sorte que son frère, en se couchant sur elle, trouve la place suffisante pour caser son bâton. Mais qu’en fait-il ? Qu’en fait-il ?

Empourprée, fiévreuse, je ne savais pas que Madame Martin avait cessé de jouer. Et quand j’ai entendu : « Que regardes-tu avec tant d’attention, Poupette ? », mon cœur s’est mis à battre si fort que j’ai cru qu’elle allait l’entendre.

Il fallait retrouver mes esprits et cacher la vérité :
– Je regardais les terrils derrière le parc.
– Tu n’as pas écouté ma musique, toi non plus.
-  Oh si ! m’écriai-je en courant vers elle.
– Tu es rouge comme une pivoine.
 

 Je me reprochais d’avoir peut-être déçu la douce Madame Martin, je répondis : « Il ne fallait pas me dire comme ça que je n’écoutais pas votre musique. Cela m’a peinée ».
– Petite Poupette, dit-elle en m’attirant, tu es sensible, toi. 
 
 J’eus les yeux humides, partagée entre la honte de lui mentir et la pitié que j’avais d’elle. Elle m’embrassa. « Je vais aussi regarder les terrils ». Et elle tendit la main vers la lunette d’approche. « Oh non, dis-je, le plus calmement possible, vous seriez déçue, ils sont plus beaux de loin que de près ». Elle me fixa ; son air scrutateur enleva toute mollesse de son visage, puis elle me dit : « Tu as raison, beaucoup de choses sont plus belles de loin que de près ».

Je me demandais si elle avait deviné mais ne devait-elle pas pour deviner, déjà savoir ou pressentir... Cette éventualité me chavira davantage et je hâtai ma sortie. Comme je refermais la porte, je vis Madame Martin se diriger vers la fenêtre, et en même temps, j’entendis Monsieur Martin faire son entrée dans le hall. Je descendis doucement en regardant par-dessus la rampe. Le commandant Martin enlevait ses gants avec précaution, laissant à Jeanne le loisir de l’examiner: 
– Avant de vous présenter chez Madame, dit-elle, voyez si les cheveux que vous portez sur votre uniforme sont bien les vôtres.
– Toujours la même sollicitude de votre part, répondit, avec ironie, l’officier. Croyez que je vous en suis reconnaissant.
 

Il me sembla que je devais faire entendre mes pas afin de prévenir tout autre propos, regrettable devant une présence étrangère à la maison.

Je remontai doucement quelques marches, puis descendit en courant.

Le commandant tourna la tête, me regarda de haut en bas et de bas en haut, sourit légèrement : « Charmante apparition ! Inattendue dans cette triste maison ! », puis, s’adressant à Jeanne : «Quelle est donc cette petite ravissante pleine de promesses ?»
– Si vous étiez plus souvent ici, vous connaîtriez les enfants de la rue ! dit-elle d’un ton bourru. C’est Poupette, voyons !
– Mais bien sûûuûr ! Bonjour, Poupette. La prochaine fois, ne te sauve plus quand je fais mon entrée !
 

Il monta les marches, le buste bien droit et lança encore à l’adresse de Jeanne : « Il y a au moins un père chanceux dans cette stupide rue » ! 

Barbara Flamand

artsrtlettres.ning.com/events/les-vertiges-de-linnocence
www.facebook.com/people/Barbara-Flamand/1296670185

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Jules Cybèle se présente

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/cybelejules.jpgMa rencontre, vers 12 ans, avec l'heroic fantasy, dont notamment les livres dont vous êtes le héros, a immédiatement développé un rapport interactif et fantasmatique puissant entre moi et la littérature. Lire était jouer, écrire était rêver. J'ai grandi, avec le jeu, avec le rêve, avec ce besoin de vivre et de créer des mondes imaginaires. Loisirs qui ne m'ont jamais quitté.

Vers 15 ans, je découvre les grands poètes, Baudelaire surtout, et vers 18 ans, mes premiers amours et désillusions : sources inépuisables d'inspiration lyrique... et de tourments. C'est de cette tempête émotionnelle qu'est né "Le Jet", entamé il y a presque dix ans, en même temps que mon premier recueil de poèmes, hérauts d'une guerre intérieure.

Quelques années plus tard, le graduat en psychologie clinique offre une nouvelle couleur à mon inspiration, et pendant que germe le second, je décide de nommer mon premier recueil de poésie Deuil le Jour/Oeil la Nuit. Ayant seulement compris que toute ma littérature tourne autour du deuil, de la perte, du questionnement. Aujourd'hui, après m'être posé beaucoup de questions, j'en reviens à mes premiers amours : l'heroic fantasy.

Mais en attendant, le côté sombre de Jules Cybèle, bien qu'il se soit illuminé, est toujours en cours de publication !

 

Vous voulez une présentation succincte ? Jules Cybèle y a pensé !

 

Pseudonyme d'auteur : Jules Cybèle
Titre de l'œuvre : Le Jet
Édition : Chloé des Lys
Genre : fantastique/horreur/érotique
Type de récit : nouvelle (108 pages)

Ouvrages terminés qui n'ont pas encore trouvé de maison d'édition : Oeil le Jour/Deuil la Nuit (recueil de 62 poèmes) - Recueillements (recueil de 50 poèmes). Genre : lyrisme, symbolisme, érotique, horreur. Particularité : formes versifiées inventées.
Ouvrage disponible gratuitement sur Internet : "Effervescence au Palais Royal", aventure dont vous êtes le héros de 105§, sous le pseudonyme de Paragraphe 14. Téléchargeable surhttp://homepage.mac.com/siyanlis/Xhoromag.htm

Mon blog : http://jules-cybele.skynetblogs.be (où se trouve une présentation de l'œuvre et des extraits de poésie)

 

Un aperçu des écrits de Jules ?

 

Poème extrait du recueil Recueillements :

Nuée d’étaux

L’orchestre est avancé pour acculer mon aube,
Il hurle à contre vent les diables de l’opprobre
Et tourbillonne avide en un millier de robes.

Leurs tissus de poussière étouffent mes prières
Par l’écho prénatal où s’effrite leur gouffre
Au centre d’un tumulte entre murs gaufriers.

J’éternue au milieu d’un clair apothicaire,
Malade de toux voile aux vagues du cratère.
Le bruit m’a naufragé à l’odeur des tourbières.

C’est comme un air lyrique aux accords partagés
Qui se mesure au corps de l’être encouragé :
L’effort enamouré se prépare au carnage.

 

A présent, vous savez tout... ou presque !

 

A lire aussi... http://www.aloys.me/article-allade-d-un-soir-60434140.html

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Hugo Lejeune se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes2/hugolejeune.jpgPseudo ou nom réel ?

Nom réel, après avoir pas mal hésité, trouvant mon prénom assez lourd à porter pour quelqu'un qui prend la plume. Mais bon, j'assume ;o)


Quelques mots à ton propos? 

Juste quelques mots, car ce n'est pas moi que je veux mettre en avant, mais ce que j'écris. 

Plutôt littéraire, j'ai étudié les Sciences politiques. Ensuite, j'ai fait une série de petits boulots, où j'ai galéré jusqu'à m'échouer. C'est alors que j'ai entrepris d'écrire La croix et la bannière. 

Depuis, j'ai repris une formation pour me remettre à flot. Je devrais ainsi rentrer cette année dans l'enseignement des Sciences humaines au niveau secondaire. 


Pour le reste, depuis l'école, c'est essentiellement par l'écriture que je m'évade. 



Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ? 

La croix et la bannière est un roman historique, inspiré de faits et personnages réels.

J'y opère un saut dans le passé, avec un traitement qui, je l'espère, peut alimenter une réflexion sur le présent. 

Le titre La croix et la bannière exprime ce à quoi se retrouvent confrontés les esprits épris de liberté quand les pouvoirs temporel et spirituel s'épousent et donnent naissance à un pouvoir plus fort encore, un pouvoir absolu et sacré, qui s'arroge le droit de régir jusqu'aux consciences de ceux qui y sont soumis.

Le sous-titre Un récit librement inspiré de la révolte des camisards situe lui l'histoire : 

En contrepartie d'un contrôle accru sur l'Église de France, Louis XIV fait du catholicisme la seule religion de son royaume. Tous ses sujets ont l'obligation de se convertir. Qui s'y refuse est impitoyablement persécuté. 

Mais les conversions forcées ne sont souvent qu'apparentes. Ainsi, en dépit de l'abrogation de l'Édit de Nantes, nombre de huguenots restent secrètement protestants et transmettent la foi réformée à leurs enfants. 
Des enfants qui grandissent dans l'intolérance.

Moins d'une génération plus tard, leur révolte et sa répression mettent les Cévennes à feu et à sang.

La croix et la bannière relate cette révolte de jeunes paysans et artisans huguenots, en s'attachant au plus polémique de ses chefs.

Fils cadet d'une famille de laboureurs, Jean Cavalier y affronte non seulement les troupes royales et le clergé, mais aussi ses doutes et ses contradictions, jusqu'à s'abîmer dans le fossé qui sépare les idéaux d'une réalité bien plus sensible.



Pourquoi ce sujet ? 

J'étais en Ardèche lorsque la tempête de 1999 y a notamment brisé et déraciné des milliers d'arbres. Quatre ans plus tard, j'étais à nouveau en Ardèche. C'était une année de canicule et de gros incendies. De là où j'étais, je ne voyais les flammes qu'à la télé, mais, tous les matins, je récoltais des cendres sur la terrasse.

Ces deux événements dévastateurs m'ont fortement impressionné. Après avoir beaucoup discuté avec des fermiers et des bûcherons qui en avaient été de proches témoins, je me suis documenté sur internet dans l'idée de réaliser un petit film. Les mots entrés dans le moteur de recherche m'ont conduits à des résultats parfois fort éloignés de ce que je cherchais. 

Intrigué par l'un d'eux, j'ai découvert « l'épisode le plus apocalyptique » de la guerre des camisards, pour reprendre l'expression que j'utilise dans mon livre. 


Comment s'est déroulée l'écriture ? 

Je me suis procuré les Mémoires sur la guerre des camisards rédigées par Jean Cavalier lui-même. Puis, j'ai consulté d'autres sources. Traversant alors un passage difficile, je me suis rapidement pris d'une sorte d'engouement romantique pour ce fils de laboureurs protestants au destin si peu commun. Peu après, je me lançais dans l'écriture de La croix et la bannière. 

Au fil de l'écriture, j'ai commencé à relativiser les premières impressions que m'avait laissées la découverte de Jean Cavalier et de la guerre des camisards. Les versions se sont succédé, s'enrichissant chaque fois de nouveaux éclairages. Cela aurait pu durer toujours, mais le comité de lecture de Chloé de Lys en a fort heureusement décidé autrement. Le manuscrit que je leur ai envoyé a été accepté.

Hourra ! Mais que le mot fin est difficile à taper !

Enfin, entre identification et distanciation, j'espère être parvenu à écrire un livre moins convenu qu'ouvert à l'interprétation, où les dits et les non-dits laissent chacun libre de se faire sa propre opinion. La croix est la bannière reste toutefois un récit emporté par l'action. Une action souvent extrêmement violente, les idéaux en lutte laissent peu de place au sentiment. Et pourtant...

A celles et ceux qui s'aventureront dans cette lecture, je souhaite d'ores et déjà un bon divertissement. Smile

 

 

Hugo Lejeune

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Marie-Claire George se présente, Hugues Draye et son journal de bord... et A la Une...

Publié le par aloys

M-C georgesC'était mon premier salon, une grande première ! Le livre arrivait tout droit de l'imprimerie, juste à point pour l'événement. Ce recueil de nouvelles est le premier que je publie mais j'ai des projets pour un très long avenir !
 
"L'ange gardien", ce sont 25 nouvelles sur près de 200 pages que Thierry Ries, poète chloésien, m'a fait l'amitié de préfacer. Voici un extrait de son Avant-lire :
 
        "Marie-Claire George me semble indéniablement et avant tout, ici, conteuse : elle isole dans les multitudes de vies abordées un élément, une touche, une curiosité dont elle soutire l'essence et le sel.
        (...)
        Un alinéa, parfois une phrase suffisent à peindre une vie. La palette de l'auteur s'étale de l'humour de situation à la dérision, du tragi-comique à  l'étincelle qui ravivehttp://www.bandbsa.be/contes2/angegardienrecto.jpg doutes et demi-teintes, avec - condition humaine oblige - la lucidité de l'inéluctable, du déjà joué. Mais aussi et surtout en sauvegardant quelques éclairages qui nous invitent au spectacle haut en couleurs de la Vie."
 
Ces nouvelles nous promènent dans le monde et dans le temps. Des rives de l'Amazone à la Patagonie, des sources du Nil à l'Afrique du Sud mais aussi du crime de Caïn à la naissance d'un homme nouveau. Elles mettent en scène des hommes et des femmes dont l'ordinaire nous stupéfie ou nous amuse, des animaux ou des objets, même un ange gardien bien sûr. En les écrivant, je me suis surtout fait plaisir et je suis ravie d'apprendre que ce bonheur se sent dans l'écriture.
 
D'autres nouvelles s'accumulent doucement pour un deuxième recueil mais mon grand projet est aujourd'hui de terminer un roman, entreprise de longue haleine ! Je n'en ai pas encore arrêté le titre. L'histoire se passe en Auvergne entre les deux guerres... Je n'en dirai pas plus ici !
 

Bref, pour moi l'écriture ce n'est que du bonheur et je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin, d'autant plus qu'elle me réserve de belles rencontres et des amitiés inattendues. 

 

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H.drayejournal de bord, jeudi 25 novembre 2010
  
 J'éprouve souvent, le soir, en rentrant chez moi, une sensation comparable au trac, un sentiment d'incertitude cafardeuse, face à la journée du lend'main qui m'attend.
 
Peur du vide ?
 
Et l'abatt'ment physique, lié à la fatigue ...
 
De me dire, de me répéter ...
Je me suis efforcé de vivre chaque instant (de la journée) le mieux possible ...
pour me r'trouver, quand même ...
vers 21 heures, 22 heures, heures limites, où il est temps de rentrer parce que, demain, il faudra se lever tôt ...
 
Le sentiment d'être limité dans mon temps, dans mon espace ...
 
De ne pas avoir la possiilité de demander, de réclamer le minimum d'heures qui m'est nécessaire pour entamer le jour suivant (avec ses affres), dans les dispositions que mon métabolisme réclame.
 
D'accord, c'est l'hiver. Et ... on annonce de la neige.
Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com

******************************************* A LA UNE***********************************

 

bobclin

 

A voir sur ACTU

 http://www.bandbsa.be/contes.htm

 

======> "Quand j'étais moi" de Lisa Di Sante l' interview. " C'est un roman de fiction qui mêle le récit intime, l'intrigue et le fantastique. Un roman sur ce qui fait de nous des individus et ce qui nous relie au monde, sur Dieu, la nature humaine,http://photos-e.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs611.ash2/156389_501209242358_676387358_7218114_836626_s.jpg l'immortalité. Et les mères tyranniques...Étudiante en lettres à l’université, la narratrice partage sa vie entre ses cours et un bar mal famé ou elle est serveuse le soir pour payer ses études." Voir interview: www.bandbsa.be/contes.htm

 

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======> Encore une 'tit nouvelle chez CDL Elisa Romain "Correspondances virtuelles" " Il s'agit d'un mélange de lettres et de textes écrits pendant l'absence d'une amie chère. Les lettres lui sont destinées et expliquent en partie les textes qui suivent. Ethttp://photos-h.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs1234.snc4/156665_501171547358_676387358_7217711_6111126_s.jpg puis un jour, elle ne vient plus sur le site. Je sais qu'elle ne va pas bien. Chaque jour sans elle est un retour en solitude. Alors je lui écris et j'écris des textes sur les jours qui défilent, chargés du quotidien et de son absence. 

 


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========> "Sauvetages" Un nouveau Nadine Groenecke. Jacques Mervan, auteur à succès est plongé dans une profonde dépression lorsqu’il entend l’annonce de sa mort à la télévision, dansnadine groenecke une émission de grande écoute. Cet événement inattendu provoque chez lui un véritable http://photos-a.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs1225.snc4/155758_501597432358_676387358_7223675_5120078_s.jpgélectrochoc qui va lui permettre de sortir de son état dépressif et le conduire à fomenter une vengeance. Avec la complicité de sa mère, il décide de faire croire à son suicide et part se dissimuler dans l’île d’Oléron... 

 

 

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Quelques photos en avant-première du marché de Noël par Lunessences

marche-lunessence.JPG

 

marche-lunessence2.jpg

 

 

Allez jeter un oeil sur le blog de lunessences pour d'autres photos !.......             lunessences.unblog.fr


 

*************************************************FLASH********************************************************

Et je vous livre le flash d'Hugues Draye...

 


 

et avant de franchir le passage vers 2011

deux soirées poésie et chanson

VENDREDIS 10 et 17 DECEMBRE 2010, dès 20 h



AUDE,
avec ses poèmes et des chansons
  
 
 
 HUGUES DRAYE,
sa guitare, son harmonica,
ses chansons

CERCLE DIOGENE
avenue Eudore Pirmez, 36
B-1040 ETTERBEEK (Bxl)

 

PAF : 5 euros

renseignements/réservations : 0479 30 01 56

 

 

une assiette campagnarde est prévue
 le vendredi 17 décembre, sous réservations
au 0479 30 01 56 ...
  
pour arriver sur place : avec le tram 81,
s'arrêter à la Place Saint-Antoine,
juste devant l'église
  
en pièce jointe :
texte : "IGNORANCE ADOREE" (Hugues DRaye)
si ce texte éveille en vous des émotions, des images,
n'hésitez pas à les communiquer ...
 
CONTACT AUDE VAN DIEST : 0473 473 393
CONTACT HUGUES DRAYE : 0478 40 34 17
 
 







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Damien se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/damienpetit.jpg

 

Damien est le pseudonyme de Gousset Damien, un auteur belge né le 4 juillet 1980 à Lessines.

Vers l'âge de 15 ans, il découvre l'écriture, pris de fascination et de passion pour les textes de Nick Cave. Sa passion durera jusqu'en 2001, lorsqu'il découvrit Tom Waits et Jack Kerouac , véritable ouverture de ses esprits à la lecture et l'écriture, auteurs à qui il doit son inspiration.

Damien écrit son premier texte, en rim(aill)es, vers l'âge de de 15 ans, sur les bancs de l'école, commence à écrire des nouvelles, et ses premiers romans vers l'âge de 20 ans. En novembre 2003, il fait partie des lauréats d'un concours organisé par les éditions Luc Pire,Couverture-de-Tout-est-dans-la-Conviction--1-.jpg et se décide à entamer l'écriture de romans.

Son tout premier texte humoristique date de l'âge de 6 ans, inspiré par un texte entendu dans l'émission La Classe. Il prétend avoir écrit ses premiers textes en prose spontanée, sans le savoir en ce temps-là, à partir de l'âge de 15 ans.

 

Vous voulez tout savoir sur ses deux bouquins ?????

 

Tout est dans la Conviction est l'histoire d'un homme que tout excède. Il combat ses défauts en s'efforçant de les considérer comme des atouts. La moitié de sa personnalité est débile tandis que l'autre moitié est consciente de son état : De résigné et aigri, il devient soumis à lui-même et malheureux, puis la vie lui montre que sa révolte intérieure ne vaut rien face à ce que sa nature lui impose : il n'a d'abouti que sa taille.


ET TOUJOURS :

http://www.bandbsa.be/contes/affairedego.jpg
Mon premier roman Affaires d'Ego, Ed Chloé des Lys. 


Affaires d'ego est un épisode de la vie de Lauretta, lesbienne folle et acariâtre, sexiste et colérique, qui n’aime que sa copine.
Pour faire cesser le débit d’idées naît une idée exutoire, un projet, dans sa tête, son esprit, par amour, entre autres...


Damien

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Journal de bord...

Publié le par christine brunet /aloys

H.draye
journal de bord, mercredi 24 novembre 2010

 Et le budget qui s'amincit, s'amaigrit. Il reste encore cinq (non : six) jours à tirer. Y a des matins où, rien que d'y penser, c'est, mental'ment, intenable.
 
Tiens ! Pour certaines personnes, "un rouge" équivaut à un paquet de cigarettes.
 
"Hugues, connais-tu le prénom de la femme idé"ale ?", me demande un serveur de bistrot.
"Non"
"Eh bien, c'est Ikéa ... car elle est suédoise ... elle ne coûte pas cher ... tu peux l'emporter chez toi ... et tu la montes en dix minutes ..."
Merci pour l'info.
Car ... jusqu'à présent, j'avais beaucoup de mal à trouver le prénom de "ma" femme idéale.
 
"Ma" femme idéale peut avoir des cheveux frisés, des cheveux très courts, blonds miel, châtain,
être grande, moyenne, petite,
être forte, être mince,
porter un pull à col roulé noir, une chemise écossaise avec des p'tits boutons blancs,
habiter Namur (rue de Fer, un appart' près des gal'ries), Arlon (ou un village "lorrain" des alentours), Gembloux, le long de la Moselle
je peux la rencontrer, la retrouver, assez systématiqu'ment ... lors d'une soirée anniversaire, ou dans une maison en Gaume, ou dans un kot pour étudiants ... selon les jours, les saisons, les heures, les humeurs qui me sont familiers.
 
Mais, en général ...
 
Je n'arrive pas à lui trouver un prénom.
 
Quant à son visage ...
 
Je n'arrive, pour ainsi dire, jamais à la détailler (je ne connais rien de son nez, par exemple).
Mais ...
Sa lumière, son expression globale me suffisent.
 
Bientôt : le marché de Noël.

Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com
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desguinStand Chloé des lys à Tournai la page …A ma gauche, Laurent Dumortier et Josette Lambreth, on ne les présente plus …A ma droite, Didier Fond, Damien Gousset, Alain Bustin, Marie-Claire George…

Une dame d’une cinquantaine d’années s’arrête devant la pile de Grand-père va mourir et discute avec l’auteur, Didier fond …

L’intéressée pose des questions précises et s’entretient un certain temps avec l’auteur : un régal !

Ah et vous êtes facilement inspiré ?

………..

Ah bon, donc dans ce livre, on voyage ? En Sicile ! C’est merveilleux ça !

…………

Pendant ce temps, je distribue mes petits flyers aux courageux venus dans ce salon après avoir bravé une tempête et d’autres éléments récalcitrants …Ils méritent bien un sourire et un papier, c’est la moindre des choses …

 

La future lectrice et l’auteur ne s’arrêtent pas : ça cause ça cause ça cause  …Je reste en admiration devant l’éloquence et la simplicité de Didier Fond …C’est vrai que pouvoir partager ses émotions d’écrivain avec une inconnue portant un réel intérêt, ça reste un des buts de ces rencontres …

 

La dame sourit, retourne le livre dans tous les sens et puis demande une dédicace …

 

Ensuite, ravie de son achat et songeant sans doute aux belles heures qui l’attendent en lisant ces pages, elle s’arrête devant la pile toute jaune de Rue Baraka

 

Le scénario n’est pas le même, je n’ai pas de questions…La dame prend un livre, le retourne dans tous les sens…Elle lit la quatrième de couverture et après deux secondes…oui oui, deux secondes, vous lisez bien :

Je ne vais pas plus loin dit-elle, toujours aussi souriante …

Comme vous voulez, dis-je , sur un ton presque résigné …

Je le prends, continue-t-elle, avec une certitude dans le regard et dans le son de la voix !

Ah !

Oui, j’aime cette phrase …vous dites que vous aimez dire bonjour aux gens qui passent … Pour cette phrase, j’achète votre livre ! Si vous voulez me le dédicacer …

 

Comme quoi ….

 

Merci madame ! Une inconnue passe et achète un livre sans presque lire le résumé de l’histoire et sans poser de questions à l’auteur planté devant elle…

 

Depuis la parution de ce premier roman, Rue baraka, des anecdotes comme celle-ci fleurissent de temps en temps …

J’aime ça, ces attitudes inattendues et c’est avec plaisir que je vous en lancerai une, parfois, comme ça …

Une façon comme une autre de vous dire bonjour

 

carinelauredesguin@gmail.com

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On est jamais si bien servie... Un interview de Micheline Boland

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ON N'EST JAMAIS SI BIEN SERVIE...

 

Il y a toujours des choses que l’on voudrait savoir à propos d’un auteur de livres. A fortiori quand il s’agit d’une amie !


Les journalistes spécialisés ont toujours tendance à poser les mêmes questions. C’est pourquoi Louis, mon mari, a eu l’idée de demander à de nombreuses personnes de notre entourage quelle question elles voudraient me poser.


À ma grande surprise, plus de trente personnes ont répondu à son appel. Bien sûr, certaines questions ont été posées plusieurs fois et certains de nos correspondants n’ont pas hésité à multiplier les questions…


Voici celles qui ont retenu notre attention et auxquelles je réponds le plus honnêtement possible.


Micheline (une condisciple d’humanité) :

Qu'est-ce qui ou qui est-ce qui t'a fait découvrir un jour que tu avais un don certain pour l'écriture ?

Quel âge avais-tu ?


Micheline :

En cinquième puis en sixième primaire, l’institutrice demandait assez régulièrement d’écrire des rédactions. J’avais plus ou moins onze ans. Il s’agissait de sujets tels que ‘la cuisine de maman’, ‘entre chien et chat’, ‘une panne de voiture’. Ces sujets étaient développés, en classe, sur une ardoise, dans un silence quasi religieux alors que nous étions plus de trente élèves. La lecture de ces rédactions suscitait des éloges aussi bien à l’école qu’à la maison car je mettais beaucoup de vie dans ces petits tableaux. Ces textes étaient des sortes de mini nouvelles dont je n’ai gardé aucune trace, hélas, mais les encouragements reçus m’ont incitée à écrire pour le plaisir. Mes lecteurs étaient surtout des camarades de classe et mes parents. En 1963, j’avais dix-sept ans, j’ai participé à l’anthologie ‘Poésie -20’, réalisée par Pierre Coran. À cette époque, j’ai adressé aussi des poèmes au journal Le Soir qui, chaque semaine, consacrait une rubrique aux jeunes poètes. Un poème a été retenu. Être lu par les lecteurs d’un grand quotidien, c’était le rêve et ce rêve s’était réalisé...


Isabelle (une amie conteuse) :

Comment fais-tu pour écrire autant ?


M :

Un mot, une image, un bruit, un parfum que je fais résonner en moi et c’est parti sauf quand j’ai un souci domestique ou autre. Dans ce dernier cas, la page reste blanche ou presque. Le plus souvent, j’arrive à laisser courir mon imagination sans exercer de censure dans un premier temps. Il en résulte beaucoup de premiers jets que j’ai tendance à laisser en l’état… Le plus difficile, c’est de me relire encore et encore. En ce qui me concerne, corriger, c’est la partie la moins agréable de l’écriture.



Jo (une amie animatrice d’atelier d’écriture) :

Ma question concernerait la prise de notes. Où ? Quand ? Dans quelles circonstances ? Dans un petit carnet? Sur des bouts de papier ?


M :

Les gens qui me connaissent savent que j’ai toujours à portée de main un papier et un crayon. Quand l’idée survient, je la note. Un simple ticket de caisse suffit parfois à écrire ce qui m’a traversé l’esprit. On ne sait jamais, toute idée est bonne à prendre, au supermarché, au restaurant, en rue… Dès que j’ai l’occasion, je tape quelques phrases sur le clavier de mon ordinateur pour ne pas perdre ce qui se cache derrière les quelques mots griffonnés sur le papier. Inutile de dire qu’il m’arrive de jeter par mégarde ou de perdre l’un de ces précieux papiers…



Geneviève (une ancienne collègue psychologue en PMS) :

Quel a été le rôle de ta vie professionnelle dans le développement de tes productions littéraires : un incitant, un frein... ou... rien du tout ?

M :

Parfois, une réflexion, une confidence d’enfant ou de parent me conduit à écrire un poème, une nouvelle ou un conte. Bien entendu, je déforme ce qu’on m’avait dit, je le situe, dans un autre contexte, je modifie la réflexion. Un exemple : un enfant de cinq ans m’a parlé de son intérêt pour l’origine des carnavals et peu après, j’ai écrit ‘Réveil printanier’. Un autre exemple : un adolescent m’a parlé de sa tristesse suite à la mort de son chien et cela m’a amenée à écrire un conte qui met en scène un vieil homme veuf et son chien.


Jean-Marie (mon beau-frère) :

Quand tu commences à écrire un conte ou une nouvelle sais-tu à l’avance comment cela finira ou bien te laisses-tu guider par ton imagination ?


M :

Le plus souvent, je me laisse conduire par mes personnages. Je ne sais donc pas d’avance comment cela finira. Cela dépendra des rencontres que feront mes personnages et ces rencontres me sont plutôt inspirées par ce que la vie m’offre (une belle photo dans un magazine, un mot entendu qui fait des ricochets, le souvenir d’une chanson ancienne…) Parfois encore, la réflexion d’un lecteur qui a lu certaines de mes histoires, me pousse à aller dans une direction plutôt que dans une autre (par exemple : si un lecteur me dit qu’il apprécie quand je suggère une fin indécise ou qu’il a aimé telle nouvelle où la fin est plutôt noire !)



Évelyne (une amie de l’impro) :

Comment naissent tes histoires ?


M :

Mes histoires naissent du quotidien. Un exemple : un éclat dans le bois d’une porte suite à un cambriolage à la maison m’a conduite à écrire la rencontre entre une dame et un réparateur, ce réparateur ayant ce don de s’incruster qu’avait manifesté, chez une amie, un plombier que je connais. Le coup de foudre ressenti à la vue des jardins de Villandry m’a entraînée à me documenter à leur sujet et à développer une histoire qui se passe là-bas. Il suffit de petits riens pour que mon imagination s’emballe…



Bob (un ami écrivain et libraire) :

Peut-on être une petite fille curieuse de tout et un peu polissonne dans sa tête et une dame respectable, raisonnable et bardée de diplômes dans la vie ?


M :

Comme en tout individu, il y a de nombreuses facettes en moi. J’ai en moi une part enfantine à l’enthousiasme facile, un peu facétieuse, un tantinet joueuse et cette part se manifeste dans ce que j’écris.



Thérèse (une amie des ateliers d’écriture) :

Comment fais-tu pour avoir autant d'imagination tout en traitant des préoccupations quotidiennes ?


M :

J’envisage plusieurs issues possibles aux problèmes rencontrés au jour le jour. L’issue sera, en effet, différente selon l’humeur de départ du personnage dont je parle, selon les événements qu’il a pu vivre, selon les embûches qu’il va rencontrer, selon l’endroit où il va devoir faire face… Cela m’amuse d’imaginer, par exemple, ce qui va arriver si un invité laisse une brûlure de cigarette sur une belle nappe en lin.

 


Gérard (un ancien collègue psychologue en PMS) :

Que représente pour toi l'écriture ?


M :

L’écriture est mon loisir favori. C’est une activité qui m’est nécessaire. Elle permet à la fois de m’évader, de faire rêver, de surprendre, de remettre en question.



Olivier (un ancien de l’impro – metteur en scène) :

Tes qualités aujourd’hui connues et reconnues t’ont ouvert bien des portes. Chacun sait qu’il est difficile, d’abord d’oser imaginer présenter son œuvre à un éditeur, ensuite, de faire les démarches vers cet éditeur, d’y être reçue afin de défendre son bébé et enfin d’être éditée. Avec ta sensibilité, qu’est-ce qui a été le plus difficile ? Comment as-tu osé faire publier ton 1er livre ?


M :

L’écriture est un moyen de faire passer des ‘messages’ comme ceux-ci :

- Plusieurs chemins peuvent conduire là où l’on désire aller,

- Chacun perçoit son environnement d’une manière différente de celle de son voisin,

- Il est, la plupart du temps, possible de rendre sa vie plus agréable et de faire un meilleur usage de ses talents.

Faute de grands discours, je tente de faire passer mes idées par l’écriture. Je vis ainsi une sorte de tête-à-tête avec le lecteur.

Comme la plupart des auteurs, je crois, j’aime être lue. J’ai recours à tous les supports possibles pour arriver à ce but : blog, sites, journaux publicitaires, livres.



Louis :

Peux-tu nous parler de ton prochain livre ?


M :

Celui qui sortira début 2011 sera encore un recueil de nouvelles intitulé "Humeurs grises, nouvelles noires".

Pour vous mettre l'eau à la bouche voici déjà la quatrième de couverture :

Jalousie, possessivité, nostalgie, vengeance, rancune, rancœur, suspicion. En quelques mots, voilà les ingrédients principaux de ces dix-huit histoires.

Dans ce recueil comme dans les précédents, Micheline Boland analyse finement ce que vivent ses héros.  

Et en exclusivité un (court) extrait d'une des nouvelles intitulée "La balle magique" :

"Moi l'enfant comblée, j'ai ressenti l'envie de m'approprier le bien d'autrui juste pour lui faire du mal et non pour en disposer moi-même. Cette balle, je la voulais, je l'aurais, je la prendrais et puis, je la jetterais dans une poubelle. Giovanni pleurerait et tout rentrerait dans l'ordre…"

 

 

 

Micheline BOLAND


 

 http://homeusers.brutele.be/bolandecrits

http://micheline-ecrit.blogspot.com/

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Georges ROLAND nous propose un extrait de "C'est le Brol aux Marolles"

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rolandtete  

 

 Extrait de « C’est le Brol aux Marolles »

(voir le lexique à la fin)

 

Ce matin, on a eu une drache carabinée, que Jef ne voyait plus rien à travers mon pare-brise ! Rien que le temps de rouler du dépôt jusque dans mon tunnel, et j'étais mouillée comme une loque à reloqueter ! Ça a duré deux heures, avant que je sois séchée. C'est ça que j'aime pas, dehors : la drache. Quand je dois faire la ligne d'Auderghem, je sors dehors à Delta et alors, je roule dans la pluie. Ça est pas gai, moi je te dis.

    Madame Gilberte, elle a un espèce de capuchon en plastique transparent, qu'elle a toujours avec dans sa sacoche, et qu'elle met sur ses cheveux mauves pour mettre sa permanente à l'abri, quand il pleut. Ça est une maline, madame Gilberte. Si tu savais tout ce qu'elle met dans sa sacoche, tu tomberais paf. Moi, je l'ai vu le jour où elle l'a laissée tomber sans le faire en exprès, et que tout son bazar est roulé par terre, sur mon plancher.

    Le capuchon en plastique était bien plié en accordéon, pour pas prendre de la place, mais il y avait aussi son porte-monnaie avec une pince qu'on sait refermer pour mettre les nickels et un soufflet derrière pour ranger les billets et sa carte d'antiquité, un parapluie replié aussi comme son capuchon. Eh, il pouvait pleuvoir, hein ? Elle avait tout ce qu'il faut ! J'ai vu aussi une espèce de bonbonne de laque pour ses cheveux, et des petites boîtes de poudre, du rouge à lèvres, un paquet de mouchoirs en papier, la liste des commissions, un téléphone portable ... Je te dis que ça ! Mais il n'y avait pas de raton laveur.

    Et elle porte tout ça à son bras partout où elle va. Même quand elle va au cabinet, elle prend ça avec. Je te pose la question : qu'est-ce que tu sais faire avec un parapluie, un porte-monnaie, et de la laque au cabinet ? Hein, dis-le moi.

    Quand je te répète qu'il sont un peu maft !

    Ça y est de nouveau une fois ! Je sais pas arrêter de zieverer sur les gens ! Tu vas croire finalement que je les aime pas. Et c'est pourtant pas vrai, ça. C'est pas car on trouve quelqu'un bête qu'on l'aime pas ça tu dois quand même savoir.

    Ici, je peux te dire que j'ai vu des choses que tu oserais pas raconter à ton voisin. Tu sais ce que c'est un receveur ? Non, excuse, pas un receVeur, mais un receLeur ? Un receveur, ça est un qui prenait l'argent sur le tram, et que maintenant il est à la poste car au tram on veut plus de lui. Un receleur, ça est un peï, ou bien une meï, ça arrive aussi, où les voleurs vont échanger leur brol contre de l'argent.

    Parfois, on trouve un bazar au Vieux Marché, c'est quand ils sont sûrs que la police le reconnaîtra pas. Sinon, ils vendent ça loin d'ici. De l'exportation, si tu veux. Le commissaire l'appelle la filière. Moi, je croyais qu'une filière, ça est une machine pour faire des filets pour mettre des nouvelles vis, quand j'ai un morceau qui joue schampavee. Comme on sait se tromper, quand même !

    Madame Gilberte disait l'autre jour contre Saïd qu'on a beau se donner de la peine, il y a les vis et situdes de la vie. Ça, c'est encore des mots que je comprends pas bien, mais je te l'ai dit, madame Gilberte elle cause sur son trente-et-un. Surtout avec Saïd, qu'elle veut toujours faire de son nez contre.

    Et Saïd il s'en fout : il comprend pas le parisien.

 

 

 

LEXIQUE

drache  : averse

loque à reloqueter :  serpillère

maline :  maligne

tomber paf : être étonné

faire en exprès : faire à dessein

des nickels : de la monnaie

carte d’antiquité : carte d’identité

cabinet : les toilettes

maft : cintré

zieverer : bavasser

peï , meï : homme, femme

jouer schampavee : se faire la malle

faire de son nez contre qq’un : faire de l’esbrouffe

 

 

Georges ROLAND

 

http://bernardiennes.wifeo.com  et  http://www.georges-roland.com

Extrait de "C'est le Brol aux Marolles"

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Le jeu d'ALOYS : Journal d'un cachalot II...LA SUITE !

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( ...) Jonas Helmd vint le rejoindre.

- Tu voudrais me dire quelque chose ?

 

Les doigts de Dikhe effleurèrent longuement les reliefs de la toile.

- Pas pour l’instant. Continue ton histoire, s’il te plaît, Jonas.

 

L’autre respira un grand coup avant d’obtempérer.

- Ce que je voulais dire, c’était que les œuvres de Bernaerdt étaient similaires à celles de Wagner, si ce n’est que les siennes dégageaient quelque chose de plus… violent si tu veux mon sentiment, une certaine agressivité sous-jacente… J’ai eu, pour ma part, l’impression qu’on arrachait mes émotions au lieu de les stimuler. C’est un processus assez inhabituel en peinture.

 

Il attendit la réponse de son compagnon, lequel resta silencieux.

- J’étais face à des variantes de l’art d’un autre, des variantes bien meilleures que les originales mais l’œil de l’expert ne pouvait faire autrement que d’y voir une même pensée. Le public n’y a vu que du feu et je suis prêt à parier que mes confrères et les professeurs de l’académie eux-mêmes s’y sont laissés prendre.

- Seuls les trois compères de Mark Wagner ont soulevé le coin du voile.

- Non, Tom, pas du tout. Enfin, je veux dire qu’ils l’ont peut-être découvert –sans doute même – mais ils se sont tus. Que pouvaient-ils dire ? Le ‘cachalot’ a piqué les toiles de notre ami Wagner dont personne n’a de nouvelles et s’en est inspiré pour produire des œuvres plus puissantes, peut-être les plus époustouflantes de ces dernières années ? Soyons sérieux.

 

Il happa deux coupes de champagne qu’un serveur présentait et en une tendit à Tom Dikhe.

- Bois, ça te fera du bien.

 

Il vida sa coupe en deux gorgées sous le regard bienveillant de Jonas qui, à son tour, en avala une lampée. L’alcool fit revenir les couleurs sur les joues de Tom qui osa enfin poser une question :

- Penses-tu que la disparition de Wagner et la subite maîtrise de ce tâcheron a été le sujet de la conversation entre le ‘cachalot’ et le trio lors du vernissage ? 

 

L’homme se contenta d’acquiescer. Une réponse verbale aurait été inutile. De toute manière, ils n’auraient jamais la réponse : Borms et Müller étaient décédés. Quant à Ulrich Ärmstad, il suffisait de le voir, bavant dans la chaise roulante, pour comprendre qu’il n’avait plus le moindre pied dans cette réalité.

- Nous ne saurons donc jamais, soupira Jonas Helmd en vidant le reste de sa boisson pétillante.

 

Ils restèrent muets quelques instants, observant le ballet des admirateurs aux pieds de la déesse froide.

- Ulrich ne se souvient même plus de son prénom, railla une voix de vieille fumeuse dans leur dos, provoquant un hoquet de surprise des deux hommes.

 

La personne qui intervenait avait entendu leur conversation. Revenu de sa surprise, Jonas cligna des yeux comme si sa mémoire tentait de faire le point pour reconnaître ces traits fanés.

 

La vieille dame – plus âgée que les deux critiques d’art en tous cas – avait été belle autrefois et tenait de garder les vestiges de son succès en s’habillant très élégamment. Du reste, ses cheveux encore longs, étaient teints pour la rajeunir mais les nombreuses rides de son visage et l’état de ses mains la trahissaient cruellement.

 

Elle leur sourit.

- Je suis Ana Ostermann. L’ex-épouse d’August Müller.

 

Jonas Helmd lui tendit la main en s’excusant de ne pas l’avoir reconnue plus tôt mais elle le fit taire d’un geste de la main.

 

Elle était coquette mais elle ne semblait pas avoir de temps à perdre.

- Ulrich a un Alzheimer très avancé. Je suis sûre qu’il ne sait même pas pourquoi il est là… C’est son fils qui l’a amené ici. Il a dû penser que Brenaerdt était un vieil ami et que cela raviverait ses souvenirs !

 

Elle ricana de manière sinistre et tendit son verre au serveur qui passait par là. Il le lui remplit de champagne qu’elle avala d’un trait avant de le tendre à nouveau. Elle n’aurait pas procédé autrement si elle n’avait pas décidé de se saouler. D’ailleurs, en y regardant de plus près, Tom se rendit compte qu’elle avait déjà du mal à se tenir sur ses hauts talons.

 

Elle alluma une cigarette et souffla un rond de fumée.

- J’étais aux côtés de mon mari quand le ‘cachalot’ nous a parlés. Ca a été une surprise, je vous prie de le croire ! Hans-Erik Brenaerdt, puisque c’est ainsi qu’on l’appelle aujourd’hui, n’était pas un homme prolixe, August m’avait prévenue. Il était certain de ne l’avoir jamais entendu ouvrir ses grosses lèvres. Quand j’ai vu leur tête lorsque le ‘cachalot’ a parlé, j’ai compris que c’était vraiment un choc pour eux.  

 

Elle tira sur sa cigarette si fort qu’elle en loucha un instant.

- Pouvez-vous nous dire quel a été le sujet de cette conversation, Frau Ostermann ? questionna Jonas d’un ton quelque peu hésitant.

 

L’ex-femme d’August Müller aspira la fumée et la recracha avec un long soupir.

- Tout ça est si loin à présent...

 

Le critique coula un regard plein de sous-entendus vers elle et Frau Ostermann finit par céder.

- Et puis non, je ne pourrais jamais oublier ça… Mais je…

 

Sa tête pivota dans tous les sens. Sans doute cherchait-elle à déterminer les risques d’être entendue par les personnes présentes au vernissage. Elle dut estimer que le danger était quasi nul car elle se pencha vers les deux hommes et leur souffla :

- Je ne suis pas folle, quoi qu’on en dise. Si Ulrich Ärmstad avait encore toute sa tête, il aurait pu confirmer mes propos...

- Est-ce que le ‘cachalot’ a fait du mal à votre ami Mark Wagner ? demanda Jonas d’un ton fébrile.

 

Il avait envie de secouer la vieille dame pour qu’elle leur livre enfin la vérité et cesse de tourner autour du pot mais il savait parfaitement qu’il obtiendrait l’effet contraire s’il s’abandonnait à ses pulsions. D’un autre côté, il comprenait les réticences de Frau Ostermann. Comme elle leur avait signalé, il n’y aurait personne pour confirmer ses dires. Mais il semblait à Jonas que cette dame avait besoin de se confier. Elle gardait ce secret depuis tant d’années et l’homme était prêt à parier qu’il était à l’origine de sa séparation avec August Müller.

 

Elle chercha à prendre appui contre un mur à défaut de trouver une chaise mais son état rendait ses gestes gauches et si Tom Dikhe n’avait été là pour la rattraper, elle aurait fini en bas des escaliers, dans la jarre garnie de fleurs. Elle le remercia puis leur proposa de prendre un peu l’air.

 

La vue du ‘cachalot’ la rendait mal à l’aise.

 

Dehors, il faisait un temps superbe et ils se promenèrent longuement dans le parc qui jouxtait la salle.

 

C’est lors de leur troisième tour qu’Ana Ostermann leur livra ce qu’elle avait sur la conscience depuis trente-cinq ans.

 

***

 

Il avait disparu quatre mois avant l’exposition d’Hans-Erik Brenaerdt.

 

Son ex-femme pensait que, suite à son échec, Wilhem De Jaeger était rentré en dépression et avait quitté le pays.

 

Ses amis (ou du moins le peu de gens qui prétendaient le connaître) étaient certains qu’il avait trouvé une maîtresse et qu’il coulait des jours heureux en sa compagnie alors qu’une minorité d’entre eux craignait qu’il n’ait pas supporté l’échec et qu’il ait mis fin à ses jours.

Seule la police qu’il avait été interroger n’avait pas d’avis sur la question. De Jaeger était un adulte responsable de ses actes et, sans demande explicite d’un membre de sa famille, aucune recherche ne serait effectuée pour le trouver.

 

On n’avait mis la main sur aucune lettre expliquant son départ et aucun de ses proches (ou l’ayant été) ne le décrivait comme quelqu’un de suicidaire. Il n’y avait donc pas matière à enquête.

 

Mais Tom Dikhe et Jonas Helmd, savaient, grâce à Ana Ostermann, ce qui s’était passé, bien qu’ils aient préféré l’ignorer.         

 

C’est Tom qui avait le courage de sonner.

 

Son compagnon avait eu le corps paralysé au moment même où il avait vu le nom de l’artiste sur la plaque. C’était comme s’il avait soudain pris conscience de la raison de leur présence ici alors que c’était lui qui avait organisé la rencontre.

 

C’était lui qui avait tendu le piège au ‘cachalot’ mais, à présent que la confrontation allait avoir lieu, il était terrorisé.

 

Il savait ce que l’homme avait fait à Mark Wagner, puis à Wilhem De Jaeger.

- Je… je crois que je ne peux pas, avait-il déclaré.

 

Son compagnon s’était tourné vers lui, le sourcil interrogateur.  

- Alors j’irai seul, avait-il décidé puis il avait sonné.

 

Cela faisait une heure que Tom Dikhe était monté dans l’appartement et que Jonas exhortait ses muscles atrophiés à sortir de leur léthargie. Brenaerdt lui avait ouvert la porte. Peut-être les avait-il repérés au vernissage et les attendait-il.

 

Ils avaient réussi à faire sortir de loup de sa tanière mais il redoutait d’en connaître le prix. Il savait qu’il devait appeler la police, que le ‘cachalot’ ne pouvait pas faire disparaître le corps de son ami si vite et si facilement.

 

Il réussit à bouger une jambe. Puis une autre.

 

Quand son esprit réussit à sortir de son état cotonneux et qu’il commença à se demander où était le poste de police le plus proche, la porte de l’immeuble habité par Hans-Erik Brenaerdt s’ouvrit lentement et il ne put réprimer un cri.

 

Mais au lieu de se retrouver face au ‘cachalot’, c’était la tête de Tom Dikhe que le critique d’art avait face à lui.

 

Il lui fallut un temps insensé avant de retrouver sa salive et ce qui jaillit de sa bouche fut d’abord une sorte de borborygme.

- Qu’est-ce que… qu’est-ce que tu as fichu là-haut ! Ca fait presque deux heures que je t’attends !

 

Tom rectifia le port de sa cravate, acte passablement inutile puisque son état général aurait eu besoin d’un coup de peigne. Ses mains tremblaient légèrement mais, dans un premier temps, Jonas ne le remarqua pas.

- J’ai… discuté avec Brenaerdt, dit-il très sobrement.

- Discuté avec le ‘cachalot’ ??? s’étrangla l’autre qui n’aurait pas réagi avec plus d’étonnement si on lui avait signalé une vie extraterrestre dans le siphon de sa baignoire.

- Enfin, se reprit Tom Dikhe, c’est moi qui ait parlé et Brenaerdt m’a prêté une oreille attentive…

- Comment a-t-il réagi à nos accusations ?

 

Dikhe le gratifia d’un regard plein de sous-entendus.

- J’aurais aimé que tu sois présent, Jonas. J’ai vécu dans cet appartement la pire honte de ma vie ! Franchement, j’aurais dû rester en bas avec toi.

- Mais que…

- Ana Ostermann est folle à lier ! Nous avons marché dans son jeu comme deux gamins !

 

Alors que Helmd ouvrait la bouche pour protester, son compagnon tendit sa main pour l’arrêter.

- Je sais ce que tu vas dire, Jonas mais, conseillé par Hans-Erik Brenaerdt, j’ai téléphoné au Docteur Wiseman qui suit l’ex Frau Müller depuis des années. Il n’a pas pu rentrer dans les détails mais Ana Ostermann est pensionnaire d’un hôpital psychiatrique depuis dix ans. Comprends-tu que j’ai accusé Brenaerdt de je ne sais quelles horreurs sur base d’allégations d’une malade mentale ?!?

 

Son corps paru se dégonfler et son visage prendre dix ans.

- S’il porte plainte, je peux dire adieu à ma carrière, Jonas. Voilà où ton imagination débridée m’a mené !

 

Il s’avança de quelques pas et contourna son ami. Comme Helmd ne réagissait pas, il ne s’arrêta guère.

 

L’homme resta un moment interdit. Il ne savait pas à quoi il s’était attendu mais certainement pas à se faire remonter les bretelles par ce brave Tom Dikhe qui était une crème d’homme.

 

Il le regarda s’éloigner, les épaules voûtées, jusqu’à ce qu’il ait disparu dans une rue perpendiculaire.

 

Jonas jura intérieurement.

 

Il avait pris le ‘cachalot’ pour une sorte d’ogre qui se nourrissait de la chair et du talent des jeunes auteurs en devenir. Ses soupçons avaient été confirmés par une folle mais Tom n’avait-il pas lui aussi reconnu dans la dernière production de l’artiste la patte d’un certain Wilhem De Jaegere aujourd’hui porté disparu ?

 

Il avait été victime des circonstances mais se félicitait de ne pas avoir vécu la cuisante honte de celui qui était monté. Il essaierait de se faire pardonner. Après tout, cela n’était pas si grave.

 

Tom était un vieux briscard et Brenaerdt n’était pas du genre à appeler la police pour des queues de cerises. Il essaya d’en rire. Mais il n’y arriva pas.

 

 

***

 

 

Il regarda l’homme s’éloigner, le pas plein de fureur.

 

Il attendit que l’autre le rejoigne car il savait qu’ils étaient venus à deux. Il avait hâte qu’il s’en aille, il avait besoin de calme pour réfléchir.

 

Il attendait un homme, une sorte de marginal dont le talent s’exprimait sur les murs de la ville. Il l’avait invité prendre un repas chez lui, ce soir.

 

Et, en prévision du repas, Hans-Erik Brenaerdt se pourlécha les babines.

 

 

Alors, alors... Qui est l'auteur, en fin de compte ?


 

GAUTHIER HIERNAUX

grandeuretdecadence.wordpress.com

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