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Prologue de Nid de Vipères... Christine Brunet

Publié le par christine brunet /aloys

Couverture-Nid-page-1.jpg

 

 

Hallucinations

 

 

Il rentra en taxi chez lui, prit une douche et s'allongea pensivement dans le hamac installé sur la terrasse de son chalet. Il avait pensé, un moment, se mettre à la recherche de la fille aux yeux bleus qu'il avait entraperçue quelques heures plus tôt mais il y avait renoncé : elle ne représentait que le visage de son fantasme. Il ferma les paupières et rappela l'image devant ses yeux... Impossible... Déjà son drôle de rêve s'effaçait comme tous les rêves... Il se concentra sur le souvenir lointain, en vain... Il se rassit et agacé, se prit la tête entre les mains et se laissa aller au désespoir de la perte. Peut-être que quelques verres de whisky...


Il se rallongea, hésitant, et s'endormit enfin.

 

Une douce caresse sur sa joue barbue le tira avec un gémissement de son sommeil lourd. Il ouvrit les yeux et découvrit le regard de son fantasme penché sur lui, visiblement baigné d'inquiétude. Il s'assit d'un bond, sans croire à ce retour et faillit tomber tant il fit tanguer la toile suspendue. Elle sourit en le stabilisant, le front plissé.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? lui demanda-t-elle d'une voix intriguée.

 

Assis sur le bord du filet, elle hésita un instant et lui prit la main à sa portée.

- C'est toi ? Vraiment ?

- Bien sûr, lui répondit-elle avec douceur. Ton appel m'a surprise... Après tout ce temps... 


Il passa outre la dernière remarque.

- Est-ce que tu es vraie ?


En constatant sa surprise, il ajouta :

... Je veux dire... Est-ce que ceci est la réalité ou... un autre rêve... 


Elle leva un sourcil.

- Nils, pourquoi m'avoir rappelée après toutes ces années de silence ?

 

Totalement perdu, il porta la main à ses lèvres et baisa un à un les longs doigts brûlants.

- Je ne sais plus où est la réalité et où est le rêve... Il y a quelques jours, ton nom était celui d’un homme, et...


Il se tut soudain, suspicieux. Et s'il était en fait sous le coup d'une drogue quelconque, prisonnier, victime d'une machination perfide pour le faire parler ? Le procédé n'était pas nouveau. Lui-même était passé maître en manipulation mentale... Il contempla la main qu'il tenait toujours avec une drôle d'impression dans la gorge. Un coup, il était chez lui, un coup chez elle... Ses yeux se fixèrent sur ses doigts à lui puis sur le visage de la femme à ses côtés et le paysage derrière. Il blêmit, serra les mâchoires et se rallongea.

- Nils... Dis-moi ce qui ne va pas...

- Je... Je ne sais plus qui je suis... Je... murmura-t-il d'une voix faible. Je ne comprends plus... Je... Aide-moi...


Il ferma les yeux, sa tête se déporta mollement sur le côté. Il relâcha la pression sur la main qu'il tenait toujours. Elle la lui retira sans qu'il tente de la retenir. 


Des bruits tout près : on approchait, on l'observait...

- Alors, qu'est-ce qu'on fait ? chuchota une voix féminine, celle qui lui parlait sans relâche dans ses rêves. Ça fait des jours qu'il nous balade en nous racontant des inepties sur Oswald.

- C'est un agent surentraîné, voilà tout... remarqua une voix d'homme, celle que, dans son fantasme, il avait attribuée à son équipier, John. Il ne dira jamais où est le second carnet...

- S'il le sait… On est allé avec lui plus loin qu'avec n'importe qui... Et il a joué le jeu... Il nous l'aurait avoué s’il savait quoi que ce soit...

- Encore quelques doses et...

- Son cerveau ne tiendra pas le choc... Regarde ce qui est arrivé à son chef de section... Déjà, tout s’emmêle, le vrai et le faux... Non... Notre seule chance, c'est de le ramener chez lui et de le mettre sous surveillance. S'il sait quelque chose ou s’il est impliqué, il se découvrira forcément. Dans le cas contraire, on trouvera bien une autre piste à creuser... L'un ou l'autre de ces anciens collègues, par exemple... Le fameux Mac dont il nous a parlé... 


Un bref silence suivit tandis que le cobaye, toujours immobile, tous ses muscles parfaitement relâchés, ne perdait pas une miette de la conversation.

- Je vais en référer à Meyers... Peut-être exigera-t-il son élimination... En attendant, il ne doit pas émerger...


Son corps sous contrôle total, il ralentit son rythme cardiaque lentement mais inexorablement : il devait à tout prix éviter une autre injection et reprendre en mains le cours des événements.

- Je ne crois pas que ça soit utile... Regarde le tracé...

- C'est pas la première fois que le cœur flanche... Mais cette fois, peut-être... Qu'est-ce que tu en dis ?

- Laissons-le mourir... De toute façon, il ne nous est plus d'aucune utilité... 


Le cœur s'arrêta et les électrodes fixées sur la poitrine nue lancèrent leur signal continu repris par un sifflement d'alerte. Les doigts virils appuyèrent sur la carotide puis retirèrent les électrodes sans ménagement... Il en avait partout, sur les bras, les jambes, les testicules, le visage et le crâne.


S'il n'avait pas été aussi bien entraîné, il se serait trahi lors du retrait des aiguilles implantées à même le cerveau. On l'enferma dans un sac plastique. Son cœur reprit très lentement ses battements tandis que la respiration restait contrôlée pour optimiser la maigre réserve d'air. On le transportait dans un hélicoptère... Il entendait distinctement le bruit sourd les pales...


Ean MacLeod, son chef de section, était mort, sans doute sous la torture... Même chose pour son équipier. De quoi se souvenait-il, au juste ? De la mission de sous-marin auprès de Nicolas Oswald, une grosse légume de la côte Est des Etats Unis, a priori en cheville avec les Triades chinoises. Des mecs qui leur étaient tombés dessus dans le parking souterrain de leur hôtel. Ensuite, que s'était-il donc passé ?


Il sentit qu'on empoignait le sac... Et on le balançait dans le vide... Un choc rude qui le sonna quelques instants puis une descente lente... Il était dans l’eau... Sa prison de plastique lestée. Déjà le liquide suintait dans la poche non hermétique. Son cœur retrouva un rythme normal. Il se força à attendre encore quelques secondes puis chercha l'ouverture... Une fermeture Eclair qu'il parvint à faire coulisser en retenant sa respiration. Il passa à l'extérieur et chercha des réponses sur sa situation exacte. Il était peut-être en pleine mer à plusieurs mètres de profondeur. Au-dessus, aucune trace de bateau ou d'agitation de surface. Souhaitant que ses ravisseurs n'aient pas demandé leur reste, il remonta et creva la surface avec un vrai soulagement, en manque d'air.


Il regarda autour de lui, surpris. Il était au milieu d'un vaste lac volcanique, sans doute le plus profond du coin. Transis, il se secoua et nagea jusqu'à un accès plat à une centaine de mètres. Il se hissa tant bien que mal sur le basalte en grimaçant sous les coups de griffes de la roche dans sa chair nue.


Epuisé par les efforts successifs, il perdit connaissance quelques instants et ce sont les rayons brûlants du soleil qui le ramenèrent à la vie. Il se mit tant bien que mal sur ses pieds et dut s'accrocher à une branche couverte d'épines pour ne pas tomber. Les blessures infligées le ramenèrent tout à fait à la réalité. Il contempla sa main couverte de sang puis regarda autour de lui et se mit à marcher. Les roches tranchantes lui tailladaient la plante des pieds. Mais qu'importait ? La douleur lui rappelait qu'il était vivant et avait, selon toute vraisemblance, échappé à ses tortionnaires.


Il grimpa les contreforts du volcan et s'enfonça dans une jungle inextricable. Il devait être sur une île tropicale sans pouvoir se figurer laquelle. A la nuit tombée, il s'assit enfin sur une pierre, incapable de faire un pas de plus... Un petit répit pour faire le point : de quoi se souvenait-il ? Pas de grand-chose, a priori... Son vrai nom... Sheridan... Son métier...Médecin et agent infiltré attaché au MI6, pour l’heure sous les ordres exclusifs de Meyers. Et c'était lui qui avait ordonné l'interrogatoire... Il serra les dents : pourquoi ? Avaient-ils découverts le but véritable de sa mission, ses enjeux ? D’après les bribes de conversations, sans doute pas, heureusement. Quant aux dossiers, il ne se souvenait plus... Tout comme des circonstances de son enlèvement. Le black-out total... Il jura en silence et tenta de penser à la suite. A priori, ils le croyaient mort, un atout évident sinon décisif.


Maintenant, sans vêtement, ni papiers, ni arme, il ne pourrait pas aller bien loin. Pourtant, mieux valait qu'il disparaisse pour de bon, qu’il quitte cette île pour un ailleurs lointain, plus sûr... Peut-être qu'en embarquant clandestinement sur un cargo ou, ni vu ni connu, sur un voilier battant pavillon étranger... Ensuite, à l’abri, il chercherait un moyen pour reprendre sa mission et utiliser au mieux les informations qu’il avait déjà.


D'abord, les fringues... Il se remit sur ses pieds et reprit sa marche sans y voir grand-chose mais persuadé qu'il tomberait nécessairement sur une habitation. De fait, le jour était sur le point de se lever lorsqu'il déboucha sur une zone déboisée. Une cabane en bois passablement déglinguée en occupait une toute petite portion. Portes et volets étaient clos. Pas de chien... Une vieille guimbarde d'origine américaine finissait de rouiller devant et du linge battait mollement sur une corde. L’œil aux aguets, il traversa l'espace à découvert, contempla le linge en lambeaux, inutilisable, puis sur le capot du véhicule, une combinaison trouée, raide de graisse qu'il enfila avec déplaisir. Trop petite, les manches trop courtes et les jambes aux genoux, il avait l'air d'un clown mais c'était toujours mieux que rien.


Il s'éloigna rapidement et s'engagea sur le chemin de terre qui le conduisit jusqu'à un parking en bout d'une petite route goudronnée. Trois véhicules y étaient garés : une conduite intérieure grise couverte de boue, un 4x4 grand luxe et un autre plus modeste sans capote. A l'arrière de celui-ci, du matériel de camping, une glacière et un sac de nourriture. Alentour, tout était calme. Il ouvrit la portière puis la boîte à gants et y découvrit un contrat de location au nom d'une société hawaïenne établie pour une certaine Aloys Seigner, 28 ans, de nationalité française. Il fronça les sourcils, passablement interloqué puis sourit : la chance était avec lui, cette fois…


Du bruit... Il referma précipitamment le compartiment, sauta à l'arrière en se couvrant de la bâche. Il était plus que temps... Des éclats de rire approchaient.

- Sympa, cette excursion, s'exclama une voix féminine claire en français. J'ai une de ces faims... Pas vous, les filles ?

- Tu l'as dit, surenchérit une autre, plus chantante, légèrement plus grave. Vous avez vu dans quel état nous sommes ! Pour la fête de ce soir, nous allons avoir du mal à nous refaire une beauté... Nicole, tu as prévenu les garçons ?

- Tu parles ! On a rendez-vous à minuit, au Palace... Ça va être chaud... Alie, tu viens avec nous, n’est-ce pas ?

- Désolée, les filles, mais ce sera sans moi...

- Tu es désespérante, tu le sais, ça ! On fait tout ce qu'on peut pour te changer les idées et toi, tu rumines encore...

- Lâchez-moi un peu, vous voulez... De toute façon, je repars... J'ai besoin d'un peu de tranquillité.

- Tu reprends la mer ?

- Je recommence à bosser dans un mois, je vous rappelle... J'ai envie d'en profiter encore un peu...

- T'es pas marrante... se plaignit la dénommée Nicole.

- Sûr, mais profitez-en bien...

 

Quelques bruits signalèrent au témoin fortuit qu'elles s'embrassaient et la fille monta dans le 4x4. Deux minutes plus tard, ils roulaient sur l'asphalte en direction du port. Si elle prenait la mer, c'était là, sans doute, une autre opportunité à saisir.

 

Le soleil avait largement passé le zénith lorsque la voiture s'arrêta. A l'odeur d'iode et au claquement des haubans, ils étaient au port. La fille descendit et commença à décharger. Dès qu'elle s'éloigna suffisamment, il souleva légèrement la bâche pour se rendre compte de la situation : ils étaient en bout de ponton, le voilier sans doute amarré dans la zone des mouillages temporaires. Le gros des passants restait éloigné de l'endroit à l'écart des bars et des restaurants. Pour le moment, personne...


Il se glissa hors de son abri puis hors de la voiture en restant courbé pour ne pas se faire remarquer. Un coup d’œil vers la femme…. Elle montait sur le pont d'un voilier blanc en bois… puis disparut par l'écoutille. C'est le moment qu'il choisit pour se glisser à l'eau et rejoindre la chaîne d'ancrage. En haut, elle redescendait sur le quai, déchargeait la glacière et le matériel d'escalade. De l'endroit où il se trouvait, il pouvait la regarder tout à loisir : grande, mince, des formes élégantes, la chevelure ondulée châtain clair aux épaules, un visage agréable, une peau dorée, de grands yeux d'un marron très lumineux, les lèvres bien ourlées, à l'évidence métissée, elle était plus que jolie.


Un homme s'approcha d'elle, visiblement le loueur. A cet instant, elle lui tournait le dos, et le bonhomme ne s'occupait que du 4x4 et de son état général. Il en profita pour se glisser par l'amarre jusque sur le pont. D'habitude très en forme, il aurait accompli cette formalité sans même y penser mais cette fois, l'estomac vide, les plaies à vif, tout son être endolori par les perfusions et les électrodes, il eut bien du mal à atteindre le pont en bois.


Haletant, la tête dans le coton, il se dévêtit pour ne laisser aucune trace d'eau sur le bois sec puis se traîna vers l'écoutille, se glissa à l'intérieur et chercha des yeux un endroit où se cacher. Une sorte de petit coffre vide à l'avant aménagé sous des coussins, c'est tout ce qu'il trouva alors qu'au-dessus, les pas feutrés de la propriétaire résonnaient un peu.


Plié en quatre dans l'espace confiné, il ne bougea plus, le cœur battant. Elle posa quelque chose au-dessus, sur la banquette puis ressortit. Par acquit de conscience, il pesa sur le couvercle du coffre sans parvenir à l'ouvrir. Il était bloqué dans cette minuscule prison de bois sans nourriture ni eau et si peu d'air... Pris au piège comme un rat dans une ratière.


Un bruit sourd retentit : elle levait l'ancre. Le moteur gronda et il sentit le bateau glisser sur l'eau. Plus rapidement qu'il ne s'y attendait, il ressentit le ressac de la mer au milieu des craquements de la coque sous la contrainte du vent.


La fatigue, le manque d'air, la faim et le roulis eurent raison de lui et il s'évanouit.

 

 

Photo-Christine-Brunet-NB.pngChristine Brunet,

Nid de vipères, Ed. Chloé des Lys ©

ISBN : 978-2-87459-531-8

 

www.aloys.me        

 www.christine-brunet.com        

www.passion-creatrice.com

 


 

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Tangi Warhol se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

Tangi-Warhol-NB.jpgJe m'appelle Tangi Warhol et je suis à l’origine du « Rétrofutur mag », un fanzine distribué sur Brest et sa région, qui compte à ce jour trois numéros téléchargeables sur le site : www.leretrofuturmag.com.

              

Les textes que j'écris habituellement s'articulent autour de personnages plongés dans une société présentant un ou plusieurs éléments inhabituels relevant parfois de la science-fiction, parfois du fantastique.

Prenons par exemple l'épreuve du mariage sur la planète Cassis 6, un monde dans lequel il ne suffit pas, avant la cérémonie, de pousser la porte d’une bijouterie et de choisir une alliance, mais de s’armer de courage, de plonger dans le Vortex, une tornade perpétuelle, d’atteindre la haute atmosphère afin d’y récolter, au péril de sa vie, un spécimenRETROPUBE-CDL-OK-copie.jpg d’astronide, une fleur merveilleuse qui ne servira qu’à officialiser devant la loi une union entre un homme et une femme. « Astronides » comme tous mes autres textes sont des visions sombres ou humoristiques de l’avenir, et parfois du passé dans « Les mauvaises manières de Ludwig », des allégories de la société actuelle à travers des fantaisies de l’imagination…

Le mieux est, je pense, de vous laisser y goûter.

 

Voici donc un extrait de mes nouvelles écrites entre 2005 et aujourd’hui réunies dans ce premier recueil intitulé « Les piétons lunaires », qui paraîtra aux éditions Chloé des Lys courant 2011.

 

 

 

Les piétons lunaires :

 

Le 20 juillet 1969 à 20 heures 17 minutes et 39 secondes UTC, le LEM alunissait dans la mer de la Tranquillité après un voyage de 400.000 kilomètres à travers l'espace. Quelques minutes plus tard, en devenant le premier homme à marcher sur la Lune, Neil Armstrong devenait mondialement célèbre.

 

Et ensuite...

 

 

Tandis que Neil Armstrong gambadait avec une déconcertante légèreté entre les cratères lunaires, soulevant des nuages de poussière brillante à chacun de ses appuis au sol, et que derrière la visière embuée de son casque son visage radieux se fendait d'un large sourire, Buzz Aldrin, lui, s'extirpait à son tour du LEM, à reculons, par le sas encombré de câbles enchevêtrés. Son pied droit tâtonnait nerveusement à la recherche du premier barreau de l'échelle. Il s'apprêtait à poser le pied sur un monde étranger, un sol déjà couvert par les empreintes de Neil Armstrong.

Buzz descendit le cœur battant.

« Cette foutue échelle, grommela-t-il, n'est pas si courte que ça ! »

Sa gorge se noua.

Le sol lunaire, ses grumeaux blancs et ses dépressions noires, désormais si proche de lui, s’éloignait pourtant à mesure que, prudemment, l'astronaute descendait un à un les échelons métalliques. Plus il descendait et plus le nombre de barreaux qu'il comptait sous ses pieds augmentait.

« Bon sang ! s'exclama-t-il. Mais je monte ou quoi ?… »

Buzz savait pertinemment que cette impression, illogique, n'était que le fruit de son stress et de son imagination. Il ferma les yeux et respira profondément. « Je descends du toit, se persuada-t-il en songeant à la grange de sa propriété texane dont la toiture avait récemment souffert du passage d'un cyclone. Je viens de remplacer les tuiles branlantes. »

Il chassa les fantasmes déraisonnables qui embrumaient son esprit, franchit posément maquette-warhol.jpgun nouvel échelon, ouvrit les yeux et poursuivit vers le sol gris et poussiéreux de la Lu... Non ! Sa vue lui jouait des tours ! Car bien que sans équivoque il descendît, les échelons sous ses pieds étaient toujours plus nombreux… Le sol toujours plus distant.

Saisi par une insoutenable sensation de vertige, Buzz crispa ses doigts autour des barreaux de l'échelle et s'immobilisa définitivement, à un mètre cinquante du sol lunaire. Terrifié. Le sang battait furieusement dans ses tempes perlées de sueur.

« Neil ! Neil ! haleta-t-il dans le micro intégré à son casque. Je n’y arriverai jamais !!! »

 

Après s'être laissé aller à quelques plaisantes cabrioles, Neil Armstrong, redevenu sérieux et attentif à son environnement, attendait à présent avec le Stars and Stripes enroulé dans les bras, que Buzz vienne filmer le moment historique qu'il s'apprêtait à vivre, et à faire vivre à l'humanité toute entière, lorsqu'il planterait la bannière étoilée en fier étendard dans le sol lunaire. La voix paniquée de son camarade lui parvint alors par la radio. « Neil ! Neil ! Je ne peux pas descendre !... »

Neil Armstrong grogna, observa autour de lui et, se sentant bien seul, songea : « Houston, on a un problème ! »

 

« Je n’y arriverai jamais ! répéta Buzz. Jamais ! Jamais !!!… »

 

 

Jamais ! Buzz se réveilla en sursaut. Moite de sueur, son pyjama bleu à rayures blanches lui collait au dos comme un vieux pansement. Neil et l’échelle avaient disparu, la voûte céleste fut remplacée par le plâtre du plafond ; il était de retour en 1980.

Les quelques cheveux qu'il gardait sur le crâne, ceux qui avaient résisté à l’épreuve du temps, étaient ébouriffés et ses joues fripées portaient encore les stries entrecroisées imprimées par l’oreiller.

Il se roula dans les draps puis les repoussa énergiquement. Toujours ce rêve ! Bon sang... Ce foutu rêve ! Buzz se frictionna le front, les sourcils et les paupières en poussant des piaillements désespérés. Y suis-je allé ? Oui ou non ?!?

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WALTER MACCHI SE PRESENTE...

Publié le par aloys.over-blog.com

1--de-couverture-A-un-detail-pres.jpgLorsque Christine Brunet m'a demandé de me présenter, je me suis dit qu'elle me confiait là une tâche plutôt ardue. Parler de moi ? Bigre ! Est-ce vraiment nécessaire ?


J'aurais préféré n'avoir à parler que de mon premier roman. Mais la démarche est intéressante puisqu'elle m'oblige à une introspection alors je vais tenter l'expérience.


J'ai quarante six ans, je suis donc venu à l'écriture sur le tard par rapport à certains mais aussi loin que remontent mes souvenirs et certainement depuis l'adolescence, j'ai toujours su que j'allais écrire. Les contraintes professionnelles m'ont d'abord fait reculer l'échéance mais l'idée s'est imposée petit à petit comme une évidence, c'était devenu urgent, il fallait que je m'y mette. Peut-être avais-je simplement besoin de grandir, de mûrir.


Il est vrai que j'ai toujours lu énormément, pour le plaisir d'abord, pour mon travail ensuite. Selon moi il n'y a pas d'écriture sans lecture, à moins que ce ne soit l'inverse, j'étais déjà sur la bonne piste.


J'ai lu et lis encore de tout, parce que je suis curieux, que j'aime la vie, les nouvelles expériences, j'aime découvrir, observer, apprendre, d'où ma passion pour les voyages et la photographie. Et comme un enfant, je continue de m'émerveiller, encore et toujours.Photo-macchi.jpg

J'aime rêver, donner libre cours à mon imagination et créer un univers. L'écriture peut être pour moi une évasion, une naissance. Lorsque je crée un personnage, il prend réellement vie, il m'arrive de m'identifier à lui, j'essaye de reproduire en mots ses états d'âme, ce qu'il ressent et éprouve au plus profond de son être, je décris ses qualités mais également ses défauts, dans ce qu'ils ont de plus "humains" ou "inhumains". Je m'amuse également à placer mes personnages dans des décors bien précis, souvent des lieux que j'ai visités et qui m'ont marqués, j'essaye dans mes romans de recréer une atmosphère pour inciter le lecteur à l'imaginaire et au voyage, ou tout au moins à la balade.


Comme en photo, en écriture, il faut savoir saisir l'instant, la vision, l'idée qui surgit et qui efface toutes les autres.


 

WALTER MACCHI

www.waltermacchi.com

 

 

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Barbara Flamand 2e partie "Les métamorphoses insolites", extrait de la nouvelle "La robe de lumière"

Publié le par christine brunet /aloys

http://www.bandbsa.be/contes2/flamandtete.jpg
2ème partie "Les métamorphoses insolites"
Extrait de la nouvelle "La robe de lumière"



Le soleil me chauffait, mes membres devenaient mous, une torpeur me gagnait.

« Tout ceci a-t-il un sens ? » dis-je faiblement en arrachant une poignée d'herbe et en la portant devant mes yeux. Marcher sous les arbres, vouloir percer le secret de leurs racines, torturer ma conscience pour qu'elle me dicte les actes essentiels ». Je répétai :
« Tout ceci a-t-il un sens ? »
 
L'air paraissait presque matériel, il vibrait en vagues scintillantes qui blessaient mes paupières. Tout à coup, il se divisa pour faire place à une longue forme d'un chatoiement aveuglant. Je fermai les yeux. Quand je les rouvris, la silhouette était toute proche. Je vis d'abord des sandales, puis une robe de lumière et enfin le visage, fin et racé, encadré de longs cheveux souples.
– Bien sûr que tout ceci a un sens, dit-il. Et il sourit d'un sourire fragile, délicat comme ses paupières allongées en aile d'oiseau.
 
Je ne répondis pas, le souffle me manquait. Alors, il se présenta : « Je suis le Maître de Vie ».
– Le Maître de Vie ! fis-je, d'un air à la fois cérémonieux et détaché, alors que l'émotion me desséchait la gorge.
– Monsieur, repris-je, après quelques secondes, je suis une femme de bon sens. Il rectifia : « Maître, si vous voulez bien ».
– Qu'est-ce que cela veut dire, Maître de Vie ?
 
Il se caressait le menton comme les gens qui en savent long mais ne sont pas décidés à parler. Je lui lançai :
« Votre robe m'éblouit ».
– Evidemment, c'est la lumière elle-même !
– Et alors, qu'est-ce que cela veut dire Maître de Vie ?
– Oh, peu de chose : un souffle, une éternité.
– Ah ! Et que voulez-vous ?
 
ll se cabra.
« Mais c'est toi, Annabelle (il savait mon nom !) qui en appelles à tout ce qui bouge, croît, verdit pour savoir ce que tu dois faire de ta vie. Tu n'es pas la seule, d'ailleurs. Je vous fais un cadeau et vous ne savez comment le déballer. Bêtes comme des oies ! Il fallait vous apporter un bonheur mâché que vous n'aviez plus qu'à digérer, c'est ça? Je vous ai donné la vie, je ne pouvais donner plus quand même !
- Ni pire !
 
Il se mit en colère et fit voler dans tous les sens sa vêture étincelante :
« Je n'y suis pour rien. C'est vous les coupables ! Je vous ai donné un monde, façonnez-le, sapristi ! Faites-en une œuvre au lieu d'en faire un gâchis. Toi, par exemple, toi, que te manque-t-il ? Tu as un joli popotin, tout à fait joli, ajouta-t-il en soulevant ma jupe, tu as une cervelle dérouillée, un cœur tendre et fondant comme les meilleures poires de mon paradis, et tu oses demander – à ce moment précis, il arracha une poignée d'herbe qu'il jeta en l'air – tu oses demander si tout ceci a un sens ? Ecoute ! J'ai mis le sang dans tes veines, l'étincelle dans ta tête et le monde devant toi. C'est à toi de jouer. Moi, je te l'ai dit, je ne suis qu'un souffle, qu'une éternité, peu de chose ».

Sa voix avait changé, elle était douce, harmonieuse, caressante, elle venait de toutes les directions pour m'envelopper et me bercer.
« Oh, Maître, dis-je en fermant les yeux. Oh, Maître ». Et je restai ainsi quelques secondes, immobile, sous le charme. Quand je revins à la réalité, la robe de lumière flottait loin de moi et s'engageait dans l'allée des arbres sévères.
 
Je m'élançai à sa poursuite en criant Maître ! Maître ! Ma voix emplissait le bois et me faisait peur. Il me semblait qu'elle allait courroucer les dryades, seules autorités reconnues et légitimées en ces lieux avec le garde forestier.
 
Tout à coup, j'entendis une grosse voix : « Qu'est-ce qui se passe ? »
Le garde forestier, justement. Il tombait bien. Je lui demandai d'une voix saccadée en essayant de reprendre mon souffle :
– Vous ne l'avez pas vu ? Vous avez certainement dû le voir. Il est passé par ici. Il a une robe chatoyante, une robe de lumière.

Barbara Flamand

www.facebook.com/people/Barbara-Flamand/1296670185
artsrtlettres.ning.com/events/les-vertiges-de-linnocence

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Danièle Deyde se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

Tête deydéQui suis-je ?
Ma biographie:

Je suis née en Algérie. J'y ai passé mon enfance alors que se déroulait la guerre qui a conduit à l'indépendance du pays. Ma famille a quitté Alger pour venir s'installer en France, dans la banlieue Parisienne. C'est là que j'ai fait mes études secondaires; puis des études supérieures en Psychologie à Paris. Ensuite, je suis entrée à l'Education Nationale où j'ai exercé en tant qu'enseignante avant d'être psychologue dans les écoles, en région parisienne, puis dans le sud de la France où je vis actuellement. En 2007, j'ai quitté l'Education Nationale et je me suis mise à l'écriture de romans.
" Histoire en paroles" est mon premier roman. Il a été suivi de deux autres qui ne sont toujours pas publiés. J'en termine un quatrième.
Je suis mariée et j'ai un fils.
 
Résumé de mon roman:

" Histoire en paroles" est mon premier roman. Fortement inspiré par les rencontres que j'ai faites au cours des dernières années de mon activité de psychologue, c'est une histoire à trois voix. Tour à tour, les membres d'une même famille: le fils de quinze ans, la grand-9782874594793 1 75mère, puis la mère prennent la parole pour raconter leur histoire, chacun avec ses mots. L'un après l'autre,les personnages se heurtent à des silences qui pèsent sur leur vie. Il est des mots impossibles à dire; mais aussi des mots qui sauvent."

Et quelques extraits... histoire d'en parler...
 
Le fils:  "Voilà! Aujourd'hui, c'est le quinze octobre, c'est mon anniversaire: j'ai quinze ans. Quinze ans, c'est déjà pas mal! J'ai fini ma journée de collège, je rentre à la maison à pied et seul comme d'habitude. Il commence à faire froid,il me tarde de retrouver la maison et maman. Y en a qui, pour leur anniversaire, invitent leurs potes chez eux pour faire la fête; moi, je serai seul avec ma mère. Je sais qu'elle a fait un gâteau pour moi; ça sentait bon dans toute la maison, ce matin. Elle m'a surement acheté un cadeau; et, ce soir, je vais souffler mes quinze bougies. C'est mieux que quand j'étais petit; il y avait jamais de fête chez ma grand-mère et jamais de cadeau non plus."

 
La mère:  "Aujourd'hui, Mica a quinze ans. Il n'est plus un enfant et je sais que je vais devoir lui parler, lui dire le passé; ce que je n'ai encore jamais pu faire. C'est tellement difficile de trouver les mots adaptés quand ils s'adressent à son propre fils, de ne pas travestir la vérité et de ne pas lui faire encore mal.
Je vais lui parler, je sais qu'il est plus que temps de le faire, mais il va me falloir beaucoup de courage. Je ne peux me cacher davantage. Il faudra que je remonte bien loin dans le temps, à ma propre enfance pour qu'il comprenne...  peut-être."

Danièle Deyde

 

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journal de bord... Karl Chaboum et Hugues Draye

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chaboum

 

 

Fanfantastique

L’éléphante avait un gros ventre.

Youpi, dit le papa. On va avoir un éléphanteau.

To to… dit-elle, ne sachant pas qu’il disait vrai.

Mon ventre est que… j’ai trop mangé de fines herbes.

Ouvrir un resto sera un franc succès. Je ne me trompe jamais.

 

 

Karl CHABOUM

http://karlchaboum.blogspot.com/

 

 

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H.drayeJournal de bord, vendredi 19 novembre 2010 

 
Un état KO qui ne s'arrange pas, tout au long des jours qui viennent. En soi, ce n'est peut-être pas grave. Faut p'têt juste accepter. Faut dire : j'ai du mal à voir la différence, parfois entre "lâcher prise" et "se laisser aller" (l'éducation, quand même !). Faut dire que ... pendant longtemps, j'avais du mal à admettre que j'étais fatigué. Enfin ... je n'avais peut-être pas (trop) de mal à l'admettre pour moi, mais ... l'image extérieure, c'était une autre paire de manches. Etre fatigué, en méforme, c'était tomber en disgrâce aux yeux de ceux (ou celles) dont j'attendais tendresse, protection, soutien.
 
Je ne dis pas que je n'en ai pas eu, du soutien, de la tendresse.
Je garde quand même des marques ...
des nombreuses fois où, à la maison, je suis resté ... sans rien faire
"Mon Dieu, tu n'en as pas marre de rester oisif ?"
J'ai entendu ma mère soupirer quand je ne faisais ... rien
 
Et aujourd'hui ... eh bien, j'ai parfois encore du mal, à avancer, certains matins.
 
Et pourtant, mon corps me dit "stop"
 
Même le PC, il m'en fallait pas, ce matin. J'ai tenté de l'allumer ... mais sans grand enthousiasme. Allons, HUgues, sois pas accro !
 
HIer, je suis allé, avec ma chérie, voir une superbe expo de chapeaux, et de sacs, dans le Centre Ville, rue de Laeken. Je ne peux résister au plaisir de partager quelques photos de cette situation.
  

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Barbara Flamand : 1ère partie "Les vertiges de l'innocence", extrait de la nouvelle "La longue vue"

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http://www.bandbsa.be/contes2/flamandtete.jpg
1ère partie "Les vertiges de l'innocence"

Extrait de la nouvelle "La longue vue"


 Je demandai si je pouvais ouvrir la fenêtre arrière pour admirer le parc. En acquiesçant, Madame Martin s’installa devant son piano ; elle me fit entendre quelques gammes puis m’annonça une sonate de Chopin. Les yeux mi-clos, elle se mit à jouer en balançant légèrement le haut du buste. La musique la transportait et l’embellissait, mais ce visage nouveau n’était pas l’expression du bonheur, et peut-être, ne fermait-elle les yeux que pour mieux accorder sa plainte intérieure aux accents mélancoliques de la musique. Je portai mon regard vers le ciel ; l’envolée de ces notes méritait une autre dimension que cette chambre et ses murs, elle aspirait à l’immensité bleue et aux mystères qu’elle recouvrait.


Je regardai alors le parc, sublimé par la magie de la musique, l’étang aux nénuphars, les deux statues à l’entrée de l’allée principale, le petit pavillon mangé par le lierre grimpant... Quelle bonne idée j’avais eue d’emporter la longue-vue !


Je la braquai d’abord sur les statues, deux nymphes pudiques qui ouvraient le chemin vers l’entrée du pavillon, puis sur celui-ci, plus exactement sur la fenêtre que le lierre épargnait encore. D’un coup, la lunette s’emplit des formes rebondies de Mademoiselle Martin, étalée sur un sofa. Le corsage entr’ouvert donnait le champ libre à deux pamplemousses ; une jambe repliée prenait appui sur le sofa d’où l’autre jambe avait glissé. Une main d’homme agenouillé gravissait la pente de ce genou au... fourré, terminus de « la petite bête qui monte ».

Sans lâcher prise, l’inconnu s’étira de côté pour atteindre, par la bouche, un des pamplemousses. Les mains crispées sur la longue-vue, j’étais incapable d’un mouvement ; la sonate de Chopin ne parvenait plus jusqu’à moi, j’avais oublié l’existence de Madame Martin. L’œil dilaté par la stupeur et la curiosité, je n’avais qu’une envie : connaître l’identité de l’homme et ce qu’il allait advenir du pamplemousse qu’il semblait dévorer.

Surprise. Il abandonne le fruit et la partie charnue de Mademoiselle Martin retrouve son volume initial ; il l’abandonne. Pour faire quoi ? Pour déboutonner sa braguette. Se faisant, il se met debout et de profil, me laissant ainsi reconnaître Monsieur Martin Junior. Monsieur Martin junior qui a perdu sa superbe et sort nerveusement de son pantalon un attribut que je ne connaissais qu’aux petits garçons et qui, chez Martin junior prend une dimension surprenante et inquiétante. Pas le moins du monde inquiète, Mademoiselle Martin replie sur son ventre ses deux jambes en les écartant, de sorte que son frère, en se couchant sur elle, trouve la place suffisante pour caser son bâton. Mais qu’en fait-il ? Qu’en fait-il ?

Empourprée, fiévreuse, je ne savais pas que Madame Martin avait cessé de jouer. Et quand j’ai entendu : « Que regardes-tu avec tant d’attention, Poupette ? », mon cœur s’est mis à battre si fort que j’ai cru qu’elle allait l’entendre.

Il fallait retrouver mes esprits et cacher la vérité :
– Je regardais les terrils derrière le parc.
– Tu n’as pas écouté ma musique, toi non plus.
-  Oh si ! m’écriai-je en courant vers elle.
– Tu es rouge comme une pivoine.
 

 Je me reprochais d’avoir peut-être déçu la douce Madame Martin, je répondis : « Il ne fallait pas me dire comme ça que je n’écoutais pas votre musique. Cela m’a peinée ».
– Petite Poupette, dit-elle en m’attirant, tu es sensible, toi. 
 
 J’eus les yeux humides, partagée entre la honte de lui mentir et la pitié que j’avais d’elle. Elle m’embrassa. « Je vais aussi regarder les terrils ». Et elle tendit la main vers la lunette d’approche. « Oh non, dis-je, le plus calmement possible, vous seriez déçue, ils sont plus beaux de loin que de près ». Elle me fixa ; son air scrutateur enleva toute mollesse de son visage, puis elle me dit : « Tu as raison, beaucoup de choses sont plus belles de loin que de près ».

Je me demandais si elle avait deviné mais ne devait-elle pas pour deviner, déjà savoir ou pressentir... Cette éventualité me chavira davantage et je hâtai ma sortie. Comme je refermais la porte, je vis Madame Martin se diriger vers la fenêtre, et en même temps, j’entendis Monsieur Martin faire son entrée dans le hall. Je descendis doucement en regardant par-dessus la rampe. Le commandant Martin enlevait ses gants avec précaution, laissant à Jeanne le loisir de l’examiner: 
– Avant de vous présenter chez Madame, dit-elle, voyez si les cheveux que vous portez sur votre uniforme sont bien les vôtres.
– Toujours la même sollicitude de votre part, répondit, avec ironie, l’officier. Croyez que je vous en suis reconnaissant.
 

Il me sembla que je devais faire entendre mes pas afin de prévenir tout autre propos, regrettable devant une présence étrangère à la maison.

Je remontai doucement quelques marches, puis descendit en courant.

Le commandant tourna la tête, me regarda de haut en bas et de bas en haut, sourit légèrement : « Charmante apparition ! Inattendue dans cette triste maison ! », puis, s’adressant à Jeanne : «Quelle est donc cette petite ravissante pleine de promesses ?»
– Si vous étiez plus souvent ici, vous connaîtriez les enfants de la rue ! dit-elle d’un ton bourru. C’est Poupette, voyons !
– Mais bien sûûuûr ! Bonjour, Poupette. La prochaine fois, ne te sauve plus quand je fais mon entrée !
 

Il monta les marches, le buste bien droit et lança encore à l’adresse de Jeanne : « Il y a au moins un père chanceux dans cette stupide rue » ! 

Barbara Flamand

artsrtlettres.ning.com/events/les-vertiges-de-linnocence
www.facebook.com/people/Barbara-Flamand/1296670185

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Jules Cybèle se présente

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/cybelejules.jpgMa rencontre, vers 12 ans, avec l'heroic fantasy, dont notamment les livres dont vous êtes le héros, a immédiatement développé un rapport interactif et fantasmatique puissant entre moi et la littérature. Lire était jouer, écrire était rêver. J'ai grandi, avec le jeu, avec le rêve, avec ce besoin de vivre et de créer des mondes imaginaires. Loisirs qui ne m'ont jamais quitté.

Vers 15 ans, je découvre les grands poètes, Baudelaire surtout, et vers 18 ans, mes premiers amours et désillusions : sources inépuisables d'inspiration lyrique... et de tourments. C'est de cette tempête émotionnelle qu'est né "Le Jet", entamé il y a presque dix ans, en même temps que mon premier recueil de poèmes, hérauts d'une guerre intérieure.

Quelques années plus tard, le graduat en psychologie clinique offre une nouvelle couleur à mon inspiration, et pendant que germe le second, je décide de nommer mon premier recueil de poésie Deuil le Jour/Oeil la Nuit. Ayant seulement compris que toute ma littérature tourne autour du deuil, de la perte, du questionnement. Aujourd'hui, après m'être posé beaucoup de questions, j'en reviens à mes premiers amours : l'heroic fantasy.

Mais en attendant, le côté sombre de Jules Cybèle, bien qu'il se soit illuminé, est toujours en cours de publication !

 

Vous voulez une présentation succincte ? Jules Cybèle y a pensé !

 

Pseudonyme d'auteur : Jules Cybèle
Titre de l'œuvre : Le Jet
Édition : Chloé des Lys
Genre : fantastique/horreur/érotique
Type de récit : nouvelle (108 pages)

Ouvrages terminés qui n'ont pas encore trouvé de maison d'édition : Oeil le Jour/Deuil la Nuit (recueil de 62 poèmes) - Recueillements (recueil de 50 poèmes). Genre : lyrisme, symbolisme, érotique, horreur. Particularité : formes versifiées inventées.
Ouvrage disponible gratuitement sur Internet : "Effervescence au Palais Royal", aventure dont vous êtes le héros de 105§, sous le pseudonyme de Paragraphe 14. Téléchargeable surhttp://homepage.mac.com/siyanlis/Xhoromag.htm

Mon blog : http://jules-cybele.skynetblogs.be (où se trouve une présentation de l'œuvre et des extraits de poésie)

 

Un aperçu des écrits de Jules ?

 

Poème extrait du recueil Recueillements :

Nuée d’étaux

L’orchestre est avancé pour acculer mon aube,
Il hurle à contre vent les diables de l’opprobre
Et tourbillonne avide en un millier de robes.

Leurs tissus de poussière étouffent mes prières
Par l’écho prénatal où s’effrite leur gouffre
Au centre d’un tumulte entre murs gaufriers.

J’éternue au milieu d’un clair apothicaire,
Malade de toux voile aux vagues du cratère.
Le bruit m’a naufragé à l’odeur des tourbières.

C’est comme un air lyrique aux accords partagés
Qui se mesure au corps de l’être encouragé :
L’effort enamouré se prépare au carnage.

 

A présent, vous savez tout... ou presque !

 

A lire aussi... http://www.aloys.me/article-allade-d-un-soir-60434140.html

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Hugo Lejeune se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes2/hugolejeune.jpgPseudo ou nom réel ?

Nom réel, après avoir pas mal hésité, trouvant mon prénom assez lourd à porter pour quelqu'un qui prend la plume. Mais bon, j'assume ;o)


Quelques mots à ton propos? 

Juste quelques mots, car ce n'est pas moi que je veux mettre en avant, mais ce que j'écris. 

Plutôt littéraire, j'ai étudié les Sciences politiques. Ensuite, j'ai fait une série de petits boulots, où j'ai galéré jusqu'à m'échouer. C'est alors que j'ai entrepris d'écrire La croix et la bannière. 

Depuis, j'ai repris une formation pour me remettre à flot. Je devrais ainsi rentrer cette année dans l'enseignement des Sciences humaines au niveau secondaire. 


Pour le reste, depuis l'école, c'est essentiellement par l'écriture que je m'évade. 



Quel ouvrage vas-tu publier ? Quel genre ? Résumé ? 

La croix et la bannière est un roman historique, inspiré de faits et personnages réels.

J'y opère un saut dans le passé, avec un traitement qui, je l'espère, peut alimenter une réflexion sur le présent. 

Le titre La croix et la bannière exprime ce à quoi se retrouvent confrontés les esprits épris de liberté quand les pouvoirs temporel et spirituel s'épousent et donnent naissance à un pouvoir plus fort encore, un pouvoir absolu et sacré, qui s'arroge le droit de régir jusqu'aux consciences de ceux qui y sont soumis.

Le sous-titre Un récit librement inspiré de la révolte des camisards situe lui l'histoire : 

En contrepartie d'un contrôle accru sur l'Église de France, Louis XIV fait du catholicisme la seule religion de son royaume. Tous ses sujets ont l'obligation de se convertir. Qui s'y refuse est impitoyablement persécuté. 

Mais les conversions forcées ne sont souvent qu'apparentes. Ainsi, en dépit de l'abrogation de l'Édit de Nantes, nombre de huguenots restent secrètement protestants et transmettent la foi réformée à leurs enfants. 
Des enfants qui grandissent dans l'intolérance.

Moins d'une génération plus tard, leur révolte et sa répression mettent les Cévennes à feu et à sang.

La croix et la bannière relate cette révolte de jeunes paysans et artisans huguenots, en s'attachant au plus polémique de ses chefs.

Fils cadet d'une famille de laboureurs, Jean Cavalier y affronte non seulement les troupes royales et le clergé, mais aussi ses doutes et ses contradictions, jusqu'à s'abîmer dans le fossé qui sépare les idéaux d'une réalité bien plus sensible.



Pourquoi ce sujet ? 

J'étais en Ardèche lorsque la tempête de 1999 y a notamment brisé et déraciné des milliers d'arbres. Quatre ans plus tard, j'étais à nouveau en Ardèche. C'était une année de canicule et de gros incendies. De là où j'étais, je ne voyais les flammes qu'à la télé, mais, tous les matins, je récoltais des cendres sur la terrasse.

Ces deux événements dévastateurs m'ont fortement impressionné. Après avoir beaucoup discuté avec des fermiers et des bûcherons qui en avaient été de proches témoins, je me suis documenté sur internet dans l'idée de réaliser un petit film. Les mots entrés dans le moteur de recherche m'ont conduits à des résultats parfois fort éloignés de ce que je cherchais. 

Intrigué par l'un d'eux, j'ai découvert « l'épisode le plus apocalyptique » de la guerre des camisards, pour reprendre l'expression que j'utilise dans mon livre. 


Comment s'est déroulée l'écriture ? 

Je me suis procuré les Mémoires sur la guerre des camisards rédigées par Jean Cavalier lui-même. Puis, j'ai consulté d'autres sources. Traversant alors un passage difficile, je me suis rapidement pris d'une sorte d'engouement romantique pour ce fils de laboureurs protestants au destin si peu commun. Peu après, je me lançais dans l'écriture de La croix et la bannière. 

Au fil de l'écriture, j'ai commencé à relativiser les premières impressions que m'avait laissées la découverte de Jean Cavalier et de la guerre des camisards. Les versions se sont succédé, s'enrichissant chaque fois de nouveaux éclairages. Cela aurait pu durer toujours, mais le comité de lecture de Chloé de Lys en a fort heureusement décidé autrement. Le manuscrit que je leur ai envoyé a été accepté.

Hourra ! Mais que le mot fin est difficile à taper !

Enfin, entre identification et distanciation, j'espère être parvenu à écrire un livre moins convenu qu'ouvert à l'interprétation, où les dits et les non-dits laissent chacun libre de se faire sa propre opinion. La croix est la bannière reste toutefois un récit emporté par l'action. Une action souvent extrêmement violente, les idéaux en lutte laissent peu de place au sentiment. Et pourtant...

A celles et ceux qui s'aventureront dans cette lecture, je souhaite d'ores et déjà un bon divertissement. Smile

 

 

Hugo Lejeune

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Marie-Claire George se présente, Hugues Draye et son journal de bord... et A la Une...

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M-C georgesC'était mon premier salon, une grande première ! Le livre arrivait tout droit de l'imprimerie, juste à point pour l'événement. Ce recueil de nouvelles est le premier que je publie mais j'ai des projets pour un très long avenir !
 
"L'ange gardien", ce sont 25 nouvelles sur près de 200 pages que Thierry Ries, poète chloésien, m'a fait l'amitié de préfacer. Voici un extrait de son Avant-lire :
 
        "Marie-Claire George me semble indéniablement et avant tout, ici, conteuse : elle isole dans les multitudes de vies abordées un élément, une touche, une curiosité dont elle soutire l'essence et le sel.
        (...)
        Un alinéa, parfois une phrase suffisent à peindre une vie. La palette de l'auteur s'étale de l'humour de situation à la dérision, du tragi-comique à  l'étincelle qui ravivehttp://www.bandbsa.be/contes2/angegardienrecto.jpg doutes et demi-teintes, avec - condition humaine oblige - la lucidité de l'inéluctable, du déjà joué. Mais aussi et surtout en sauvegardant quelques éclairages qui nous invitent au spectacle haut en couleurs de la Vie."
 
Ces nouvelles nous promènent dans le monde et dans le temps. Des rives de l'Amazone à la Patagonie, des sources du Nil à l'Afrique du Sud mais aussi du crime de Caïn à la naissance d'un homme nouveau. Elles mettent en scène des hommes et des femmes dont l'ordinaire nous stupéfie ou nous amuse, des animaux ou des objets, même un ange gardien bien sûr. En les écrivant, je me suis surtout fait plaisir et je suis ravie d'apprendre que ce bonheur se sent dans l'écriture.
 
D'autres nouvelles s'accumulent doucement pour un deuxième recueil mais mon grand projet est aujourd'hui de terminer un roman, entreprise de longue haleine ! Je n'en ai pas encore arrêté le titre. L'histoire se passe en Auvergne entre les deux guerres... Je n'en dirai pas plus ici !
 

Bref, pour moi l'écriture ce n'est que du bonheur et je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin, d'autant plus qu'elle me réserve de belles rencontres et des amitiés inattendues. 

 

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H.drayejournal de bord, jeudi 25 novembre 2010
  
 J'éprouve souvent, le soir, en rentrant chez moi, une sensation comparable au trac, un sentiment d'incertitude cafardeuse, face à la journée du lend'main qui m'attend.
 
Peur du vide ?
 
Et l'abatt'ment physique, lié à la fatigue ...
 
De me dire, de me répéter ...
Je me suis efforcé de vivre chaque instant (de la journée) le mieux possible ...
pour me r'trouver, quand même ...
vers 21 heures, 22 heures, heures limites, où il est temps de rentrer parce que, demain, il faudra se lever tôt ...
 
Le sentiment d'être limité dans mon temps, dans mon espace ...
 
De ne pas avoir la possiilité de demander, de réclamer le minimum d'heures qui m'est nécessaire pour entamer le jour suivant (avec ses affres), dans les dispositions que mon métabolisme réclame.
 
D'accord, c'est l'hiver. Et ... on annonce de la neige.
Hugues Draye
huguesdraye.over-blog.com

******************************************* A LA UNE***********************************

 

bobclin

 

A voir sur ACTU

 http://www.bandbsa.be/contes.htm

 

======> "Quand j'étais moi" de Lisa Di Sante l' interview. " C'est un roman de fiction qui mêle le récit intime, l'intrigue et le fantastique. Un roman sur ce qui fait de nous des individus et ce qui nous relie au monde, sur Dieu, la nature humaine,http://photos-e.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs611.ash2/156389_501209242358_676387358_7218114_836626_s.jpg l'immortalité. Et les mères tyranniques...Étudiante en lettres à l’université, la narratrice partage sa vie entre ses cours et un bar mal famé ou elle est serveuse le soir pour payer ses études." Voir interview: www.bandbsa.be/contes.htm

 

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======> Encore une 'tit nouvelle chez CDL Elisa Romain "Correspondances virtuelles" " Il s'agit d'un mélange de lettres et de textes écrits pendant l'absence d'une amie chère. Les lettres lui sont destinées et expliquent en partie les textes qui suivent. Ethttp://photos-h.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs1234.snc4/156665_501171547358_676387358_7217711_6111126_s.jpg puis un jour, elle ne vient plus sur le site. Je sais qu'elle ne va pas bien. Chaque jour sans elle est un retour en solitude. Alors je lui écris et j'écris des textes sur les jours qui défilent, chargés du quotidien et de son absence. 

 


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========> "Sauvetages" Un nouveau Nadine Groenecke. Jacques Mervan, auteur à succès est plongé dans une profonde dépression lorsqu’il entend l’annonce de sa mort à la télévision, dansnadine groenecke une émission de grande écoute. Cet événement inattendu provoque chez lui un véritable http://photos-a.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc4/hs1225.snc4/155758_501597432358_676387358_7223675_5120078_s.jpgélectrochoc qui va lui permettre de sortir de son état dépressif et le conduire à fomenter une vengeance. Avec la complicité de sa mère, il décide de faire croire à son suicide et part se dissimuler dans l’île d’Oléron... 

 

 

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Quelques photos en avant-première du marché de Noël par Lunessences

marche-lunessence.JPG

 

marche-lunessence2.jpg

 

 

Allez jeter un oeil sur le blog de lunessences pour d'autres photos !.......             lunessences.unblog.fr


 

*************************************************FLASH********************************************************

Et je vous livre le flash d'Hugues Draye...

 


 

et avant de franchir le passage vers 2011

deux soirées poésie et chanson

VENDREDIS 10 et 17 DECEMBRE 2010, dès 20 h



AUDE,
avec ses poèmes et des chansons
  
 
 
 HUGUES DRAYE,
sa guitare, son harmonica,
ses chansons

CERCLE DIOGENE
avenue Eudore Pirmez, 36
B-1040 ETTERBEEK (Bxl)

 

PAF : 5 euros

renseignements/réservations : 0479 30 01 56

 

 

une assiette campagnarde est prévue
 le vendredi 17 décembre, sous réservations
au 0479 30 01 56 ...
  
pour arriver sur place : avec le tram 81,
s'arrêter à la Place Saint-Antoine,
juste devant l'église
  
en pièce jointe :
texte : "IGNORANCE ADOREE" (Hugues DRaye)
si ce texte éveille en vous des émotions, des images,
n'hésitez pas à les communiquer ...
 
CONTACT AUDE VAN DIEST : 0473 473 393
CONTACT HUGUES DRAYE : 0478 40 34 17
 
 







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