Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

textes

FLORIAN HOUDARD: "Créer, c'est crier !"

Publié le par aloys.over-blog.com


 

« Créer, c’est crier. » 

 

houdartUn crayon à la main, je relis ma « Petite femme aux cigarettes ». Je ne peux laisserblackout aucune longueur, les phrases doivent toutes virevolter comme des plumes emportées par le vent. Déjà, j'approche de la fin et les larmes me noient progressivement les yeux. Je pense qu'il n'y a rien de plus cruel que l'irruption du merveilleux dans un monde aussi désenchanté que le nôtre. Quoi qu'il en soit, je suis vraiment très heureux que Chloé des Lys ait également décidé de publier ce roman-là. Peut-être encore plus que pour le premier.

 

Celui-là, je le voulais aussi personnel qu'universel, plus accessible mais tout aussi profond. J'ignore si j'y suis arrivé mais je suis satisfait en tout cas d'avoir eu de telles ambitions. Je voulais de la poésie en images planant sur une forêt de symboles. Avec Black-out, j'avais souhaité toucher à tout : l'humour et la mélancolie, la terreur et les jeux de langue, l'héritage surréaliste et les clins d'oeil aux films de science-fiction. « La Petite femme aux cigarettes » plonge quant à lui dans l'univers des contes de fées pour mieux nous narrer la honte des vies défaites.

 

A priori, les deux récits ne se ressemblent guère mais à y regarder de plus près, c'est toujours le même plaidoyer pour la dignité humaine qui en ressort.florian3.jpg

 

Après les mots viennent les sons. Les baffles de mon ordinateur crachent les nouvelles compos des Rotten Apples, mon groupe de punk hardcore humoristique, et j'ai du mal à croire que je suis capable de hurler si fort. Notre évolution est assez nette : toujours plus de cynisme et d'expérimentations sonores. On sent l'enthousiasme avant la technique et même si le chemin reste long, je pense que c'est le bon.

 

J'en suis certain maintenant : créer c'est crier. Parce qu'il y a trop de vides à combler.

 

Revenant sur mon adolescence, j'écrivais en mars un dernier slam, sentant à raison que j'allais devoir arrêter les scènes à Mons. Dans ce texte, il y avait ces phrases : 

 

« On manquait tellement de com qu’on avait tous notre cam.

C’est comme ça qu’on avance quand rien a plus de sens : 
J’pense qu'il faut se soigner seul et sans ordonnance.
Moi, ma taff, mon shoot, c’était déjà d’écrire.

Matérialiser sur papier tous les cris et les délires.

Et imaginer cet ailleurs que je pourrais jamais visiter.
Pas d’avenir pour moi, donc je me pemettais de l’inventer. »

 

(Flaw, « Ma dernière scène »)

 

Un mois plus tard, après m'être qualifié pour le Grand Slam de Bobigny, j'apprenais que j'étais désormais persona non grata à la Maison Folie où se déroulent les scènes montoise. Au moins, en écrivant ce dernier slam, j'avais été honnête avec moi-même, contrairement aux adeptes du One Man Show pour la middle class.

Slam MonsMême si j'ai aimé concevoir des histoires abracadabrantes depuis mon plus jeune âge, j'ai commencé à écrire plus sérieusement à l'adolescence, comme beaucoup de jeunes auteurs d'ailleurs. Et, en cela pas différent pour un sou des blogueurs actuels, j'écrivais alors pour combler un vide intérieur, imaginer des autres moi dans des autres mondes. D'années en années, j'ai compris que le vide était surtout extérieur avec les arts qui dépérissent, écrasés par la culture du masse, et les gens qui dépriment, étouffés par la société de consommation et « sa loi du toujours plus ». Les germes de « Black-out » sont donc apparus avec l'éveil de ma conscience sociale.

 

Créer c'était toujours crier, mais différemment.

 

Face aux abominations de la culture de masse, ses clichés, ses histoires pré-scénarisées écoulées massivement grâce à l'implication de médias omniprésents, j'étais convaincu qu'il me fallait écrire pour faire ce qui n'avait pas encore été fait, sinon cela n'en valait pas la peine. Je n'entends pas par là quelque chose de parfaitement original, cela est impossible, on a tous nos influences, mais quelque chose qui me serait propre et en rien formaté et frelaté par le système.

 

Comme le dit si bien le groupe de metal industriel Nine Inch Nails : Art is resistance.

 

 

 

Il n'y a pas de création pure mais il y a en revanche une création vraie, celle qui déforme tous les moules et qui ne se laisse pas manipuler par les faiseurs d'opinion.

 

Créer, c'est aller contre les normes, secouer les convenances.

Il ne s'agit bien évidemment pas de faire de la provocation inutile, non, mais plutôt de se forger son cadre de création propre à partir de tout ce qui nous a particulièrement ému et inspiré.

 

Je sais que j'ai fait très peu de chemin encore mais j'ai trouvé à ma démarche un nom qui me plaît: post-surréalisme.   

 

 

 

 

Dans Black-out comme dans la Petite femme aux cigarettes se développait silencieusement un second univers, à l'intérieur même du récit, permettant aux personnages d'échapper à la brutalité de la vie. Ce lieu serait peut-être le surréel, un endroit où l'on peut fuir tous les conditionnements et la dictature des instants. Un endroit qui transforme la souffrance personnelle engendrée par la société de consommation en une création qui permet aussi de se recréer. Ainsi mes personnages sont eux-mêmes comme des auteurs de leur propre histoire, même l'issue fatale est là, dans le temps du récit, ils peuvent goûter à l'ivresse de la liberté.

PICT-florian.JPG

 

Post-surréalisme donc parce que nous ne pouvons hélas exister que dans l'après. En attendant peut-être que le présent devienne un passé riche en enseignements...

 

 

Florian HOUDART

http://www.ombreflets.com/auteur-florian-houdart-110.html

www.facebook.com/people/Florian-Houdart/1384734528 

 

Publié sur le blog Passion créatrice le 19/09... 

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

ELLE, LA CARABOSSE ET L'AMAZONE... Un extrait du recueil "Un, Deux, Trois,Soleil"

Publié le par aloys.over-blog.com

Visuel Auteur - PDNAElle, la Carabosse et l’Amazone

 (Extrait du recueil Un, Deux, Trois, SOLEIL !- Editions Chloé des Lys, 2010)

 

 

Il a passé le seuil, Elle ne se retournera pas.


Comme chaque soir, il ne repousse pas la porte, il la claque.


Il l’agace.


Arc-boutée près de la cheminée, Elle décape la pierre grise, à jets d’acide aussi corrosif que son  humeur de fin d’après midi.


Elle feint d’ignorer sa présence et  garde le dos obstinément tourné. Les cheveux en bataille, poissés par la suie abondante qui tombe du conduit, Elle se sent  secrètement ravie de l’embarras produit.


            C’est un jour où « Elle est en dedans », mi- lasse, mi-révoltée, fatiguée, cherchant prétexte à se lamenter, et rejetant sans appel tout ce qui rendrait légères ses pensées. L’humeur guerrière d’une Amazone.

 

  « C’est moi – dit-il timidement-, je suis rentré de bonne heure… ».


            Une sorcière Carabosse sommeille, planquée sous l’amour de la femme comme un paquet de poussières noires, caché sous un tapis. Réveillée par l’humeur de son hôte, Carabosse s’enhardit et crache ses baves  d’amertume à l’oreille de la femme « Et alors quoi ? Hep ! Tu m’écoutes ? Ne te laisse pas faire. Qu’est ce qu’il croit ? Qu’il s’agit d’un exploit ? Il est rentré de bonne heure, et alors ? C’est un cadeau qu’il te fait là ? Pour un peu, il va te falloir le remercier, Lui, et pourquoi pas Dieu, Allah, Bouddha !  ».

 

            Elle frotte de plus belle la pierre réfractaire à ses efforts, s’acharnant à décider qu’elle doit être récurée ; ses doigts ripent à l’intérieur des gants trop grands et Carabosse se fait véhémente : elle glousse sournoisement et lui prédit l’état dans lequel vont se retrouver ses mains de femme, d’ordinaire douces et blanches.123soleil


            Un boulet de dynamite sarcastique s’engage dans sa trachée : elle est fin prête à ouvrir les hostilités ; les mots désobligeants et les reproches virulents piétinent impatiemment, comme les sabots des chevaux qu’on retient, contraints et fébriles, juste avant que se lève la barrière du champ de course.

 

            Elle l’entend qui se glisse quelques mètres derrière elle, penaud, dérouté par l’accueil dont il ne sait pas encore s’il vient de l’antarctique glacé ou du ventre sulfureux de l’Etna. Ses pas sont mesurés, hésitants, martelés par des chaussures qu’il n’ôtera qu’après avoir circulé dans toute la maison, inconscient des traînées de boues répandues sur le carrelage qu’Elle a, « encore », ciré. Il circulera chez eux comme dans un hall de gare dont il ne nettoie jamais les sols.  Il l’horripile. Humeur assassine.

 

            Il ne bouge plus, il attend, réalisant tout à coup que c’est pour Elle un jour où Elle est « en dedans ». Ses idées à lui se bousculent, tentent d’articuler un raisonnement pour s’excuser des méfaits qu’il ignore et qui ont transformé sa femme en cette Amazone prête à lui découdre les tripes. La tension crépite du sol au plafond. Les chiens renoncent à la danse d’accueil réservée chaque soir à leur maître et filent s’aplatir derrière les fauteuils. Le chat a l’échine arrondie, il guette une sortie.

 

            Elle se retourne enfin, se redresse, prête à tirer le premier boulet, quand ses yeux rencontrent les siens. Il a toujours le regard doux, vulnérable, de l’enfant qu’il était. Elle regarde ses mains aux doigts nerveux, qui s’étreignent à défaut de savoir comment se comporter. Il sourit. Elle envoie Carabosse valdinguer dans les douves, désarme l’Amazone. Le conflit est terminé, elle est sortie « du dedans », Elle lui rend son sourire.

 

            « Je t’ai acheté une fleur », dit-il en lui tendant une belle verrine où s’épanouit quelque chose. Elle chausse ses lunettes de myope. Elle n’en a pas besoin, c’est juste pour gagner du temps. De tout petits piments rouges, turgescents, se dressent au milieu d’un fouillis de feuilles vert foncé.


« Ce sont des piments, tu n’aimes pas les roses… ». Elle rit.


C’est vrai, elle n’aime pas les roses. Il n’a pas oublié. Après tant et tant d’années, elle s’est encore trompée : il n’avait pas cessé de la regarder.

 

 

JOSY MALET-PRAUD

WWW.LASCAVIA.COM

 

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

"Une belle époque" : premier chapitre du roman de Kate Milie...

Publié le par aloys.over-blog.com

http://static.skynetblogs.be/media/62221/dyn006_small150_150_160_jpeg_2664185_eb430069ffa77943989ab5f55accab50.jpg

Chapitre 1

 

 

Bienvenue dans le salon des Fous des Mots

 

 

 

« Chers poètes de la nuit, ce soir, conversation consacrée à Gustav Klimt. Je suis votre hôtesse et la grande prêtresse de ce salon, mon nom : Icône »

 

 

Jack a rejoint la conversation

 

 

Icône : Bonsoir Jack, je suis bien contente que tu sois de retour. Comment vas-tu ?

 

Jack : Bonsoir ma beauté, je suis rentré de voyage ce matin, tu vois, à peine là, déjà connecté. Quoi de neuf dans le salon ?

 

Icône : J’ai lancé, il y a quelques jours, une soirée « Gustav Klimt ». Je suis certaine que tu aimes ce merveilleux peintre.

 

Jack : Au risque de te décevoir, je ne suis pas très connaisseur. C'est toi, qui enchantes tant mes soirées que je veux découvrir.

 

Icône : Grand amoureux devant l'éternel, Jack ?

 

Jack : Oui, mais tombé dans la marmite de l'incertitude quand j'étais tout petit.

 

Icône : Jamais sûr de tes sentiments ?

 

Jack : La vie est si courte… Icône, dis-moi qui tu es et comment tu es.

 

Icône : Ce soir, cher Jack, la soirée est consacrée à Klimt et aux femmes qu'il a immortalisées.

 

Jack : Tout ce que tu veux… Dis… tu n’as pas une photo à m’envoyer ?

 

Chevalier noir a rejoint la conversation

 

Icône : Haha, je suis une gorgone déguisée, ma mémoire est rutilante et ce soir, elle se grisera aux réminiscences de ce que j'appelle «la folie dorée ». Bonsoir Chevalier noir !

 

Chevalier noir : Mes salutations, ma chère Icône. Toi, une gorgone, comment est-ce possible ?

 

Jack : Comment définis-tu la femme selon Klimt, Icône ?

 

Icône : Une belle intemporelle portant en elle des rêves incandescents.

 

Chevalier noir : Ah ! Je constate avec plaisir que la conversation s’annonce aussi endiablée que celle d’hier.

 

Icône : Mes chers amis du web, ce salon des «Fous des Mots» nous donne rendez-vous avec le plus profond de nous-mêmes. Vous ne pouvez pas savoir avec quelle intensité je vis ces instants !

 

Jack : Ma chérie, pourquoi tu ne me réponds pas ?

 

Icône : Ne me dis pas, Jack, que tu ne sais pas qui est Klimt ?

 

Jack : J’ai un vague souvenir d'une rousse aux grosses cuisses.

 

Icône : Danaé.

 

Chevalier noir : Klimt est un extraordinaire peintre de la Belle Epoque. Avec passion, il a représenté les dames et les forces d’Eros. Je ne vous dis pas le scandale ! La bourgeoisie conservatrice n’a rien compris à son oeuvre. Mais lui, imperturbable, n’a eu cesse de tourner le dos à ses détracteurs.

 

Icône : La Belle Epoque est une période que j'adore.  Les gens vivaient intensément, allaient de l’avant, croyaient en l’avenir, tout paraissait possible.

 

Jack : Chère Icône, plus je te croise dans ce salon, plus je te trouve fascinante.

 

Valmont a rejoint la conversation

 

Icône : Oh un nouvel invité ! Monsieur Valmont, soyez le bienvenu. C’est la première fois que nous nous croisons, il me semble ?

 

Valmont : Oui, en effet, mes hommages du soir, Madame.

 

Icône : Que nous vaut le plaisir de votre présence ?

 

Valmont : J’errais de salles de conversation en salles de conversation toutes plus insipides les unes que les autres. J’ai vu l’intitulé de votre salon et me suis dit : « Allons voir ». Permettez-moi de me joindre à vous ?

 

Icône : Quiconque est prêt à dialoguer de manière courtoise est le bienvenu dans mon salon. Nous nous réunissons régulièrement, et discutons poésie, littérature, peinture. Nous sommes actuellement dans une période « Gustav Klimt ».

 

Valmont : Quelle excellente initiative ! Klimt n'est peut-être pas mon sujet de prédilection, mais peu importe, je suis trop heureux de vous rencontrer. Une fois intégré, si la chose vous agrée, chère Icône, je me porterai candidat pour un sujet plus XVIIIe siècle.

 

Icône : En fait, cher Valmont, nous sommes des amoureux du XIXe siècle, de la fin du XIXe siècle plus précisément. Ceci dit, toute proposition des participants est la bienvenue, alors pourquoi pas une petite entorse et un saut vers votre époque. Mais ce soir « soirée Klimt » et les rêves des belles aux visages renversés.

 

Valmont : Les échanges auxquels vous vous livrez me semblent bien attrayants, je suis partant pour l’aventure.

 

Jack : Hé… Je me permets de dire que je ne suis pas vraiment amoureux du XIXe siècle, je suis amoureux d'Icône, ce qui explique ma présence si assidue dans ce salon.

 

Chevalier noir : Nous sommes tous amoureux d'Icône. Et moi, je suis aussi un grand passionné du XIXe siècle.

 

Clea a rejoint la conversation

 

Icône : Oh quelle chance, Clea est là. Salut toi, comment vas-tu ?

 

Jack : Yeah, ma Clea est là.

 

Chevalier noir : Bonjour Clea, en forme ?

 

Clea : Bonsoir les petits loups ! Je vais très bien et suis ravie de vous rejoindre.

 

Icône : Clea, je te présente Valmont, un nouveau participant. Valmont, Clea est ma grande amie virtuelle.

 

Valmont : Enchanté, quelle est l’origine de ce charmant pseudonyme ?

 

Clea : Oh il n’y a pas de quoi se faire une prise de tête avec le choix de mon pseu. Quand j’ai découvert ce salon, je relisais la « Chartreuse de Parme ». J’ai juste ôté le « li » de Clélia Conti. Vous, votre pseu est on ne peut plus suggestif…

 

Jack : Clea recherche un amoureux sur le net. Elle nous l'a confié hier soir.

 

Clea : On est tous en recherche d'amour, non ?

 

Icône : Bien, si nous reprenions le fil de notre conversation. Jack, tu es trop indiscipliné.

 

Clea : Oh les petits loups, ce qu’on s’est follement amusés la nuit passée ! Vous savez, après vous avoir quittés, je n’ai pas pu dormir, j’ai continué à faire des phrases dans mon lit !

 

Chevalier noir : Tu étais, en effet, particulièrement inspirée…

 

Clea : J'étais, heu… en effet, très en forme… Je dois vous avouer, Valmont, que j'avais bu trois petits verres de vin blanc et j'ai mis le salon à mes pieds en me faisant passer pour la Nuda Veritas que Klimt a peinte en 1899. Vous verrez, multiplier nos identités est très amusant.

 

Valmont : Multiplier nos identités ? Mais où va donc nous conduire le net ?

 

Chevalier noir : Il nous conduira là où nous déciderons qu’il nous conduise et nulle part ailleurs.

 

Clea : A voir, à voir…

 

Icône : Clea, j’ai oublié de te dire que notre nouvel ami n’aime pas le XIXe siècle. Klimt est mort en 1918, cela vous fait dix-huit années en-dehors du siècle, Valmont.

 

Valmont : C'est pire ! Je le répète, je ne m’intéresse qu’au XVIIIe, mais je sens que je vais bien m’amuser avec vous.

 

Icône : Mes amis, revenons à Klimt, de quoi allons-nous parler ce soir ?

 

 

 

Kate Milie 

http://kate-milie.skynetblogs.be/

 

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Emilie DECAMP : "24 heures pour la fin d'un monde ?"... Extrait

Publié le par aloys.over-blog.com

site-1-.jpg« Il se tient dans l’ombre du couloir. Mais malgré cela, je peux voir la veine de son cou palpiter de rage. Ses sourcils se froncent et ses poings se serrent. Mon cœur aussi, j’ai peur. Je tremble. Il est comme une bombe à retardement, mais je ne peux pas voir le temps défiler ni savoir à quel moment il va exploser. Je suis stoïque face à lui et je sens les larmes prêtent à jaillir. Elles ont l’habitude et se tiennent prêtes. C’est triste. C’est lamentable. J’ai l’impression que cela fait une éternité qu’on se fixe. J’ai envie de baisser les yeux, mais je n’ose pas. Toujours garder son ennemi à l’œil. J’entends son souffle rauque, entrecoupé. Il a du mal à respirer avec la colère qui s’engouffre en lui. Pitié, qu’il s’étouffe avant de m’atteindre.


Il avance pas à pas. Que fait-il ? C’est un non-sens. Sa démarche ne colle pas à son humeur. Il devrait se précipiter et étaler sa rage. Mais que ça passe vite. Au lieu de ça, il fait durer en longueur comme s’il avait compris que c’était la meilleure façon de me torturer.


Il se penche en avant. Son visage est juste en face du mien et je vois ses lèvres frémir, un rictus s’inscrire sur son visage et un sinistre « Toi… », tremblant et haineux, sortir de sa bouche.


Le reste sembla se passer au ralenti. J’ai vu sa main qui se levait et s’abaissait lentement mais violement sur ma face de gamine. Je l’ai vu retirer sa ceinture et la claquer sur mon dos avant de réfléchir et de la retourner. Avec la boucle, c’est plus marrant. Et elle s’enfonça dans mon dos. J’ai vu des gouttes de sang perler sur le sol. J’ai vu sa main se relever et tomber de toutes ses forces sur ma tête. Après, je ne me suis plus relevée. Je ne voyais plus rien avec les larmes. J’avais tellement mal, tellement mal,…


Qu’ai-je fait pour qu’il ne m’aime pas ? »

 

Elle était une victime, mais s’en rendait-elle seulement compte ?


Elle alla devant le miroir, se retourna afin de voir le reflet de son dos et souleva son t-shirt jaunâtre. La trace de la boucle était encore visible comme pour montrer que jamais elle ne pourrait oublier cette journée, celles qui ont suivies et celles qui ont précédées.


Encore aujourd’hui, l’éternelle question tourne dans sa tête. Qu’avait-elle fait pour qu’il la haïsse à ce point ? Surement une chose horrible. Une larme perla sur sa joue.


Elle tourna un cahier entre ses doigts. Tous les textes qu’elle avait écrits étaient dedans. Il était vert avec une reliure noire. Sur la couverture était dessinée une maison. Une grande maison entourée d’une clôture, avec une cheminée d’où sortait de la fumée. Devant se tenaient quatre personnes. Deux grandes personnes, un homme et une femme, se tenaient la main. Un grand sourire s’étirait de part et d’autre de leur visage. A droite, un peu éloigné, se tenait un garçon qui avait l’air assez basé. Enfin, dans les bras de l’homme, une petite fille. Au-dessus d’eux, une multitude de cœurs. La famille parfaite. Sa famille idéale. Celle qu’elle n’aurait jamais.

 

 

EMILIE DECAMP

www.emiliedecamp.com

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Pierre Rive se présente... et nous propose un extrait de son livre "Ville"

Publié le par aloys.over-blog.com

pierreriveAuteur français né en 1960 à ST Nazaire en Loire-Atlantique (FR). Il vit actuellement à Nantes. Il s’intéresse de bonne heure à la littérature et il a écrit déjà des textes dès l’adolescence.

 

Il revient réellement à la plume dans les années 94 et commence à publier ses écritures dans les revues littéraires à partir de 2000. De nombreuses publications dans celles-ci pendant dix années.

 

Les textes poétiques qui ont pris naissance entre 1994 et 2004 ont été réunis dans les deux volumes intitulés « Ecriture vol 1 et vol 2 » aux éditions Chloé des Lys en Belgique (parutions 2006).

 

Puis viendront d’autres ouvrages chez ce même éditeur. Le livre « Parcs » qui s’alterne de nouvelles et d’images poétiques (souvenirs et réflexions d’un homme qui marche à dans les parcs) parution en 2007.

 

Le livre« Mélange » ouvrage constitué de sketches et de proses burlesques (parution 2008). Toujours dans la même veine de ce dernier «  Eternelle Mythologie » dont la composition se rapproche du théâtre, pamphlet sur les systèmes de vie de notre société sur fond de guerre de Troie, en langage argotique français (parution 2009).


Enfin un sixième ouvrage intitulé « Ville » dont la facture reste beaucoup plus sobre. (Parution 2010)

 

Son travail en écriture libre est basé sur l’image, le contraste, la réflexion, la critique sur notre civilisation, le burlesque…

 

  http://www.pierre.rive.cowblog.fr

 

 

Un court extrait du livre "Ville"

Prélude

 

Ecrire enfin ! Se laisser bercer par les vagues de l’encre;  les ourlets des flux sur le sable des lettres. Non, je n’ai rien oublié de ta soif, femme oiseau qui me picorait le cuir chevelu quand la nuit avait mangé depuis longtemps les lumières crépusculaires. Et, combien de fois tes ailes déployées sur mon front ? Et, combien de fois tes ergots labourant une terre lunaire ?

 

Ecrire enfin ! Ne plus entendre les doigts mélancoliques de la pluie sur les vitres, ni le vent humide sur les fleurs flétries, ni la sueur des voitures sur l’asphalte. Simplement les ourlets des flux sur le sable des lettres. Et pourtant, il y aura toujours l’enfer et le paradis, semblable à une statue aux courbes voluptueuses le ventre troué d’azurs et d’excavations profondes. Certainement parce que nous vivons dans un monde agressif, avec de temps en temps le geste du recul.

 

Mais, écrire enfin… Pour le plaisir des phrases… aussi.

 

 

 

Pierre Rive

http://pierre.rive.cowblog.fr/

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Philippe Desterbecq se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

 

Phil DDans un livre que j’ai lu récemment « Le monde de Sophie » de Jostein Gaarder, l’héroïne reçoit une missive avec ces simples mots « Qui es-tu ? ».  S’il y a une question à laquelle il est bien difficile de répondre, c’est bien celle-là. Qui suis-je vraiment ? Se connaît-on soi-même ? La question mérite réflexion.


J’ai frappé à la porte des éditions Chloé des Lys et j’ai eu l’heureuse surprise de voir la porte s’entrouvrir. Quand on entre chez des inconnus, on se présente. Il faut donc que je réfléchisse à la question « Qui suis-je vraiment ? ».


J’ai déjà répondu, en partie, à cette question, lors d’une interview réalisée par des étudiants. C’était le 14 novembre 2009 (http://philippedester.canalblog.com/)


Vincent, « le Petit Belge » a reproduit sur son blog l’interview parue dans le journal « Jeudi soir ». C’était le 30 mars 2009 (http://ecrivainsbelges.blogspot.com/2009/03/premier-livre-de-philippe-desterbecq.html).


Ces réponses suffisent-elles pour bien me connaître ? Certainement pas ! Que dire d’autre ?


Richard Anthony chantait, dans les années 70 : « Qu’est-ce qu’il m’arrive, aujourd’hui, je suis amoureux de ma femme ? ».  Je suis, moi aussi, un grand amoureux et pas seulement de ma femme. Un amoureux de la nature (la création me fascine) mais, avant tout, un amoureux des mots. Les mots que je lis me transportent dans une autre dimension, les mots que j’écris et qui me sont, j’en ai l’impression, quelquefois soufflés par un être invisible, m’aident à vivre pleinement ma vie. Comment me passer de ces mots qui chantent, qui dansent, qui virevoltent autour de moi ? Puisqu’ils sont là, il faut que je les attrape, que je les unisse pour former des phrases, un texte, une histoire.

 

 Sittelle : http://lejardindutemps.over-blog.com/article-philippe-desterbecq-textes-et-nouvelles-de-moi-54977895.html

Fanchon : http://les-photos-de-fanchon.skynetblogs.be/archive/2010/06/23/un-peu-de-lecture-pour-les-jours-pluvieux.html

Ptitsa: http://graines-d-esperance.over-blog.com/article-35384835.html

Vous pourrez lire un extrait de ce recueil de textes sur mon autre blog : http://philibertphotos.over-blog.com/article-le-cygne-noir-jardin-du-waux-hall-mons-45385024.html

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Adam Gray se présente...

Publié le par aloys.over-blog.com

PHOTO pour 4me de COUVERTURE (ADAM GRAY)
Bonjour à toutes et tous,




Avant même de me présenter, je saisis l'occasion qui m'est donnée afin de remercier très chaleureusement le Comité de lecture, Laurent Dumortier, toute l'équipe... d'avoir fait de mon rêve une "très prochaine réalité". C'est un immense honneur, un réel plaisir, d'être ainsi accueilli dans cette grande famille qu'est Chloé des Lys. En effet, j'ai reçu la bonne nouvelle - que mon recueil de textes, "...EUPHORIQUES & DESESPEREES", avait été sélectionné - fin juin.

Ce n'est pas le nom qui figure sur ma carte d'identité mais j'ai choisi d'écrire sous ce pseudonyme: Adam Gray (mélange de mon prénom masculin préféré et du nom de l'un de mes personnages victoriens préférés, Dorian Gray).

Je suis né à Marseille, dans le Sud de la France, et c'est de là que j'écris ces lignes.

J'écris depuis très longtemps, depuis mes 13 ans. Cela a commencé par des poèmes, que j'ai rapidement transformés en paroles de chansons, et c'est cela, en fait, que vous découvrirez dans ...EUPHORIQUES & DESESPEREES (ainsi qu'un "prologue" expliquant bon nombre de mes textes). Après avoir gardé cela pour moi des années durant, j'avais envie d'essayer de proposer mes chansons à des artistes. Donc, wait and see...
 
Pour l'heure, je suis infiniment heureux de la sortie future de mon recueil en tant que tel. C'est un rêve inespéré qui se réalise, pour bien des raisons, que je ne vais pas développer ici... (Tout, ou presque, est écrit dans mon recueil.)

A force de lectures, fantastiques, la plupart du temps, de subir l'influence positive de professeurs passionnés et passionnants au collège et au lycée, je ne pouvais qu'avoir ce désir (explosant en chaque auteur comme le Big Bang), que j'allais nourrir, et laisser mûrir... jusqu'à la découverte d'Anne Rice, l'auteur mondialement acclamé d'ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE, et de dizaines d'autres romans tout aussi captivants, mêlant le fantastique et la religion (le sexe, parfois). Ce fut le déclic: il me fallait concrètement m'y mettre. Et c'est ce que j'ai fait, en 2005, reprenant mes lectures, passant par la case théâtre (j'ai écrit une pièce jouée sur scène, un soir unique, mais jouée quand même!), écrivant un scénario de film pour un grand concours, auquel j'ai échoué, et essayant toujours d'étendre mes connaissances sans chercher, à travers mes écrits, à faire faire au Lecteur une overdose de descriptions pompeuses. Il faut un juste milieu. Il est nécessaire, pour moi, que le Lecteur puisse aussi faire travailler son "imaginaire". En tant que Lecteurs, il nous faut cette liberté. Qu'en pensez-vous? J'aime les belles descriptions, mais j'aime aussi, et surtout, imaginer moi-même l'écran cinématographique qu'a esquissé un écrivain sur ses pages. C'est et ce sera ma façon d'écrire, en tout cas. Car je travaille déjà, bien avant sa sortie, sur l'après...EUPHORIQUES & DESESPEREES.
 
J'espère que NOUS découvrirons tout cela ensemble, le moment venu (aucun de mes deux romans en cours n'est terminé mais j'y travaille dur).

Je ne sais pas quoi ajouter de plus pour l'instant (peut-être les paroles d'une chanson...), sinon que je suis très heureux, un sentiment qui m'était étranger jusqu'alors. Cela dit, tout reste à écrire. Tout reste à faire...
 
Pour finir, je vous adresse mes sentiments les meilleurs, avec mes remerciements les plus sincères àChloé des Lys.
 
Amicalement, 

 
Amicalement,
Adam Gray

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Yannick Torlini: présentation et extraits de son recueil Mezza Voce

Publié le par aloys.over-blog.com

http://chloedeslys.buygoo.net/users/1913/52/32/14/avatars/305-66.jpgYannick Torlini est un jeune poète lorrain, avec déjà trois recueils à son actif.

La littérature – il baigne dedans depuis tout jeune – va devenir pour lui un principe vital : étudiant en lettres modernes, fervent lecteur de John Fante, William Faulkner, Céline, Milan Kundera et tant d'autres, il dévore également la poésie, aussi bien contemporaine (Charles Pennequin, Bernard Noël, Michel Valprémy, Emmanuel Laugier, Antoine Emaz ou Ghérasim Luca, sur lequel il rédige un mémoire), que médiévale.
Tiraillé entre la France et l'Italie, pays dont sa famille est originaire, ses poèmes deviennent, au fur et à mesure des recueils, une recherche de L'Autre, de l'Ailleurs, de la terre originelle qui voudrait devenir un Ici où les mots prendraient consistance.

L'écriture devient dès lors une volonté d'incarner la voix, la tentation de se réinventer soi-même par le poème, comme le préconisait Ghérasim Luca. Car parler c'est être, et toute poésie se doit d'être un acte ontologique.

Le quatrième recueil de Yannick torlini, La Métamort, est à paraître aux éditions Chloé des Lys.
Seriez-vous curieux de lire quelques vers de Yannick ?

Voici alors trois extraits de son recueil, Mezza Voce...

 

ll y avait la question
De la présence :

L’ombre démesurée
Des passantes dans
La persistance des matins

Fugacité

Les corps comme des persiennes
Dans les rues trop blanches

Nos vies comme des jeux de lumière

 

            ****


On n’y voyait pas grand-chose
Malgré tout :

Des petites masses de chairs
Aveugles
Qui se heurtaient
Sans se rencontrer

(On avançait
Le cœur en pente douce
Les instants désertés)

 

 

             ****


Avancer comme un long bégaiement
Cette langue toujours autre
Perdus dans la géographie
De nos propres syntaxes

Il y avait toujours une sorte
De solitude incertaine dans la phrase
Un grand vent de sirocco
Entre nous

Et l’envie de se réfugier
Sous une pierre

 

 

 

 

 

Yannick Torlini

http://tapages.over-blog.fr

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

UNE BONNE CUVEE... Un texte d'EDMEE DE XHAVEE

Publié le par aloys.over-blog.com

Edmee-chapeauUne toute bonne cuvée

 



Je l’ai déjà dit, et redit, et on m’y prendra encore. Mais ma petite maison d’édition est un bassin de culture. Comme une bonne gueuze artisanale, elle semble bien calme dans la cuve de cuivre, mais on s’active dans tous les recoins de l’alambic, au point que oui, le bouchon, il faut bien le fixer, car dessous … ça bouillonne. Petite maison dont le goût se définit, les arômes se précisent, et l’étiquette fait un clin d’œil. Un grand cru ? Essayez donc un Cholé des Lys !

 

Et ça ne se passe pas sans efforts et passion. Celle de Laurent Dumortier http://gsl.skynetblogs.be/ , notre père à tous, auteur primé lui-même et champion de la littérature à frais d’éditeur. Entouré d’une équipe d’autres champions comme lui et soutenu par l’imperturbable Jenny son épouse (car un champion sans gente dame, ce n’est pas un vrai champion…), il a ouvert la porte à son rêve, permettant à d’autres auteurs de réaliser le leur. Et puis peu à peu, les années passant, l’enthousiasme montant, d’autres auteurs se sont demandés ce qu’ils pourraient faire pour aider cette joyeuse petite maison à mériter sa notoriété.

 

Tel Jean Vigne http://jean.vigne.free.fr , auteur français de la belle région de Grenoble. Entre deux livres où l’action fait exploser les pages, il a mis en place le fameux forum, qui doit être le seul du genre. Tous les auteurs de Chloé des lys s’y retrouvent et interviennent s’ils le veulent, ou se contentent de parcourir les nouveaux sujets en silence. Car c’est là que se trouvent les dates importantes de la maison, les appels à concours, les idées – que ce soit pour comment corriger son texte, le logiciel à employer pour la couverture, un trait de génie marketting -, les bonnes et mauvaises expériences, les questions alarmées des nouveaux venus et les réponses, sérieuses puis s’égayant bien vite vers un gentil délire dès que l’essentiel a été abordé, les notes de lecture. Ce forum est réservé aux auteurs et à l’équipe de Chloé des lys et a pour résultat d’éviter la jalousie, le chacun pour soi. Ou la satisfaction facile, car la participation des uns à certains concours et surtout leurs succès encourage les autres à s’y mettre aussi. Le triomphe personnel est applaudi et considéré comme un succès commun, et le plaisir de constater qu’il n’y a pas que le comité de lecture de Chloé des lys qui aime ce que nous faisons est un renforcement de la qualité de la maison, une joie de plus d’avoir été retenus.

 

Et puis Christian Van Moer, http://christianvanmoer.skynetblogs.be  poète et auteur Tournaisien récompensé de plusieurs prix a un jour demandé « comment puis-je aider, puisque j’ai un peu de temps ? » et s’est retrouvé en charge de trier les emails des auteurs vers la maison et de les adresser au bon département. Et plumé de son temps, comme l’alouette. Céline Marseaut-Hernould, http://c-mh.skynetblogs.be/ douce et secrète auteure d’histoire de vampires comme sa discrétion ne le laisse pas supposer – encore que … les vampires sont discrets le jour - , s’est offerte pour mettre en ligne toutes les œuvres parues et leur présentation.

 

Ensuite est née la Web TV, Actu TV (en haut à droite sur ce site http://www.bandbsa.be/contes.htm ), sous la baguette de deux maestri : Commandant Danofsky et http://www.danofsky.be/wordpress/Bob Boutique (plus leurs nombreuses petites mains, car ce n’est  pas une mince affaire !) et bien entendu la maison. Les émissions présentent les auteurs de Chloé des lys et leurs amis, leurs coups de cœur. Des interviews astucieuses, différentes. Avec un chat qui délire aussi un peu et où on est ravis de se retrouver. Car on finit par s’attacher au groupe, plaisantant beaucoup, nous donnant des surnoms complices. Titine, Edmàpattes, Le Glaude, Marie-French, Jacques petit de, Bobichou… Quotidiennement pour certains, et même plusieurs fois par jour pour certains comme pour une dose de vitamines on se rencontre et se consulte, se bouscule et se fête sur le forum. Et c’est sans aucune rivalité que l’on achète les œuvres des compagnons auteurs, car au fond… on a cette chaleureuse impression de les connaître un peu, et le désir d’en savoir plus sur leur imagination.

 

Et puis récemment une Française très bourlingueuse, j’ai nommé Christine Brunet, http://recreaction.over-blog.org a décidé de tuer le temps de l’attente de la sortie de son roman en faisant la promotion des autres auteurs et leurs oeuvres ! Elle a donc créé la communauté Les auteurs de Chloé des lys http://www.over-blog.com/com-1161952264/LES_AUTEURS_DE_CHLOE_DES_LYS.htmlet le blog Aloys http://aloys.over-blog.com/qui s’y activent.  Et comme Christine tue beaucoup dans ses livres, il valait mieux qu’elle tue le temps plutôt qu’une nouvelle victime.

 

Tout celà pour vous dire … il y a des auteurs heureux, qui ne se jalousent pas, et une maison d’édition qui a réussi un exploit : les auteurs l’aiment tant qu’ils font le brassin !

 

 

 

EDMEE DE XHAVEE

 

http://edmee.de.xhavee.over-blog.com/

 


Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

CLAUDE COLSON : Réflexions tout à trac Chapitre 1

Publié le par aloys.over-blog.com

claude-colson.jpg  Réflexions tout à trac*

 

Chapitre 1 

 

Un malaise inattendu

 


  Ce matin, aux stations, le train s'arrête beaucoup plus longuement que d'ordinaire. D'interminables minutes. Et c'est l'anormal, le figé. Comme si la vie était sortie de son lit.


Chez les voyageurs on devine alors une sorte de sourd malaise. On se regarde furtivement ; après tout, on ne se connaît pas. On pense pourtant à peu près la même chose. Vite détourner les yeux. Comme si de rien.


Se réfugier dans la normalité de l'indifférence. Pourtant, l'extra-ordinaire nous amène aux bords de l'humanité. Il s'en faudrait de peu pour.


Ce malaise va au-delà de la crainte du patron, bientôt furieux du retard. Dans le non-dit général c'est la vie qui s'enlise, prend en gelée. Les cerveaux sont soudain envahis par l'obligation de penser. Quel scandale ! Il était si commode de se laisser porter par le train-train, d' "être vécu" en quelque sorte, plutôt que de vivre. Nous revoici sujets !


La fraternité, depuis longtemps battue en brèche, est sur le point de revenir. On pourrait presque se parler, je ne veux pas dire faire semblant, émettre des sons creux, paraître, se protéger, briller mais se parler vraiment .


Eh bien non, l'incident est réglé, le train reprend sa marche normale ; les gens peuvent à nouveau, dans la promiscuité, s'ignorer tranquillement. On l'a échappé belle ! Moi compris.Il est de ces dérisions ordinaires...

 

 

CLAUDE COLSON

*cdr_bouton.gif

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre29492.html#page_1

http://claude-colson.monsite.wanadoo.fr/



Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

<< < 10 20 30 40 50 51 > >>