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Carine-laure DESGUIN a lu "Orages" de Céline Gierts

Publié le par aloys.over-blog.com

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Cette histoire est une histoire d'amour. Une très très belle histoire d'amour.

Ma note de lecture pourrait s'arrêter ici, car tout est dit. Une très belle histoire d'amour.

 

L'auteure, Céline Gierts, ne s'encombre d'aucune fioriture, d'aucun détail pouvant nous distraire de l'émotion partagée entre elle et il ...

Une femme: elle

un  homme: il

Où ? Tout près d'un champ de blé, tantôt sous le soleil, tantôt sous l'orage...

Quand? L'espace d'un été, j'aurais presque envie de dire l'espace d'un soupir, l'espace d'une respiration...

 

Dès les premières pages, des images et une musique se sont glissées à travers ce premier roman à l'avenir très prometteur. L'été 42, vous vous souvenez de ce film ? La musique ? Une musique qui nous immerge doucement entre les vibrations d'amour  de cette femme à la robe légère et de ce jeune homme ...

 

Un mari absent pour toujours, des enfants partis en vacances pour tout l'été...

Devant sa terrasse, un champ de blé...Et un homme, un de ces hommes que le soleil rend magnifique...

 

Orages, c'est l'histoire d'un très grand amour, un de ces amours qui ne s'annonce pas et qu'il ne sert à rien de combattre, un de ces amours qui se vit dans l'instant présent et dont on garde sur le corps et pour le reste deorages---cover--.jpg notre vie, le souvenir de la douceur d'une caresse et de la profondeur d'un regard.

 

Et tout cela, sans jamais rien se dire ...Les dialogues sont quasi-absents mais l'auteure, par sa connaissance de la psyché humaine, écume si facilement les souffles des sentiments que les phrases se lisent et s'absorbent comme le sable se gonfle des petites vagues de l'océan, à petites doses ...

 

Elle, croyait que plus jamais elle ne pourrait partager la douceur d'un drap...Par ses silences, sa présence, sa compréhension de l'autre, ses gestes sensibles et délicats, il, inconsciemment, lui a prouvé tout le contraire...

Un amour généreux ...

 

L'écriture ? Légère ...Les mots sonnent justes et se cadrent sans aucune prétention dans le canevas sentimental...

Un livre de 177 pages dont je ne peux que souligner la quasi-perfection de la mise en page et mis en valeur par la couverture, une aquarelle signée Dominique Baneton.

 

Et vous ne me demandez pas comment se termine cette histoire ? Elle se termine ? Le croyez-vous ? Vraiment ?

 

Vous vous souvenez de La route de Madison, quand Clint frôle de sa belle main d'homme le chapelet accroché à son rétro et que Meryl souffre tellement, s'accrochant à la portière de la voiture ...

Les dernières images de Orages sont bien mieux. Beaucoup mieux ... 

 

P149 :...il est des amours qui n'exigent pas de "toujours" ni de présence éternelle, dont la liberté rend l'instant absolu et unique, dont la rencontre nous nourrit à jamais ...

 

 

 Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

 


Publié dans Fiche de lecture

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En quête de sens... Christel Marchal se dévoile !

Publié le par aloys.over-blog.com

 

 

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En quête de sens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En quête de sens est un roman... Mais qui est Christel Marchal ?

 

 

Je suis née un beau matin d’octobre, il y a quelques années ou peut-être est-ce quelques mois ? Une certitude, c’était dans les vallons ardennais à une encablure de petits villages de Redu.

 

J’étais une petite fille calme, aimant feuilleter les livres sans encore savoir lire.

 

J’étais une petite fille bavarde et raconter des récits drôle, triste, vrai, tendre… était ma tasse de thé. Mon bonheur et les bonnes heures de mon enfance. D’ailleurs, ma grand-mère me regardant conter mes pensées imaginaires à ma poupée pensait qu’un jour, je raconterais des histoires. Ma poupée s’appelait Clothilde et l’une de ses jambes était cassée.

Une longue scarlatine m’a plongée dans le monde du dessin pour tuer l’temps, comme on dit ! Tuer l’temps en reproduisant les photos familiales, en croquant les paysages que je regardais au travers les fenêtres de mon isolement.

 

Le moment de choisir la voie de mon avenir est arrivé, comme ça, sans crier gare ! Dieu que les années filent.

Un diplôme d’Education spécialisée en poche, j’entrais dans le monde fermé du polyhandicap. Un monde caché à l’abri des regards.

De taches de peinture en techniques adaptées, un atelier d’Art s’est installé au sein du Centre où j’ai déposé mes valises.

« Vivre, c’est s’exposer ! »

Petits et grands, nous allions tous vivre, enfin vivre et un soir de décembre 2004, nous avons convié amis, familles, personnalités,… à notre exposition ! Une vraie ! Une grande exposition pour de vrai et comme des vrais artistes !

Nous ne pouvions tourner la page de ce moment délicieux sans laisser une petite trace écrite de notre exposition : La main, la trace, l’empreinte.

Je pris donc la plume et tombais dans l’encrier.

Le fabuleux pari de l’Oiseau bleu a vu le jour un matin d’été 2007 aux Editions Le Manuscrit.com… Le fabuleux pari d’enfants extraordinaires. Un pari à destination de leur famille et amis !

 

Je tombais dans l’encrier et n’en suis depuis lors plus sortie…

Je découvris très vite le monde des ateliers d’écriture, j’y croisais l’un ou l’autre auteur belge, j’y racontais des histoires, mes histoires imaginaires, inscrites dans la vie.

Cet automne, une nouvelle On n’est jamais innocent de ce qui nous arrive est parue dans la revue belge Parenthèse n°7. Nouvelle racontant mon parcours dans le monde des ateliers d’écriture.

De fils en aiguilles, En quête de sens, un micro-roman devenu un roman s’est habillé d’illustrations. Je retrouve donc mes passions de petite fille : raconter des histoires et dessiner !

Benoît Coppée m’a fait le cadeau d’en signer la préface.

 

Actuellement, vous trouverez :

Sur ma table de chevet, une pile de bouquins allant d’Onfray à Cavanna, des thrillers américains, des récits légers de Teulé ou Fournier,…

Dans mon lecteur CD, l’Intégrale de Jacques Brel… Les disques s’amusent à tour de rôle bien entendu. Ma petite Madeleine reste et restera L’Ouverture d’Egmont (opus 84) de Beethoven. Egmont dont j’affectionne la statue en ville.

Dans mon lecteur DVD, Le Roi danse.

Sur mon bureau, un mélange de pastels, de pinceaux, d’encre, de feuilles… Ce qui nourrit mes pensées et ma créativité.

Et deux roses blanches.

 

Avant de vous quittez, un dernier mot.

Il faut être l’artisan de ses propres rêves !

 

En quête de sens, son roman ...

 

En quatrième de couverture, nous pouvons y lire :


-          Madame ! Vous ne pouvez pas emmener Agathe !

Louise glisse la main de l'enfant dans la sienne. Et telle une ombre rejoint sa voiture jaune.

-          Madame ! Je préviens la police ! Agathe a besoin de soins !

Un petit nuage blanc et les voici sur les grands chemins de la vie.

Un petit nuage gris. La voiture tousse.

Un petit nuage noir. La voiture les abandonne dans la ville.

 Léo suit les traces de l'enfant et sa mère. En râlant.

-          A dix jours des vacances ! Courir après une gamine débile et sa mère suicidaire !

 Agathe dessine.

Les visages qu'elle croise sur les murs des stations de métro.

Les arbres et les fleurs qui habillent ces stations de métro.

Sainte-Catherine. Tomberg. Les mains unies de Lemonnier,...

Agathe dessine.

Les statues qui veillent sur Bruxelles.

 Léo parviendra-t-il à les retrouver avant que Louise, désespérée, ne se serve de l'arme achetée chez un armurier ?

 

couv.2.jpgEn quête de sens est donc  une course poursuite entre Léo, flic grincheux et Louise ayant enlevé d’un hôpital psychiatrique,  Agathe, sa fille.

Agathe, petite plume emportée dans le vent, dessine et tel un jeu de piste guide Léo sur sa trace au fil des indices qu’elle sème. Une poésie de couleurs et de douceurs, un voyage au cœur de ce qui nous rend humain.

 

 

 

Christel Marchal

 http://lelabodesmots.blogspot.com

Publié dans présentations

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Gauthier Hiernaux a lu "Les romanichels" d'Edmée de Xhavée

Publié le par aloys.over-blog.com

gauthier hiernaux2En commandant ‘Les Romanichels’ d’Edmée de Xhavée, je m’attendais à lire un roman sur les gens du voyage. Mais de gitan, il faut attendre les vingt dernières pages pour en entendre parler…

 
Alors quel argument pourrait-il justifier un tel titre puisque les héroïnes du livre font partie de la classe bourgeoise (et parfois nobiliaire) de la Belgique du 20ème siècle ?

 
En outre, quand on évoque les Tziganes, on a plutôt tendance à les imaginer vivre en famille alors que les problèmes relationnels des mères et des filles (Mado et la Centauresse, Adrienne et Suzanne, Suzanne etE de Xhavée Les Romanichels Olivia), leur incapacité à se comprendre et à vivre ensemble sont au centre de ce roman.


Pour ma part (et il ne s’agit là que d’une interprétation), je pense qu’Edmée de Xhavée a songé à ce titre en raison des rapports qui lient Olivia et sa mère, Suzanne. Une métaphore de deux cultures différentes qui se côtoient de loin et qui, en raison de leur méconnaissance, ont des idées aussi fausses qu’arrêtées l’un sur l’autre. Je laisse à l’auteur le soin de donner sa version, si elle en l’a pas encore fait.      


Quoiqu’il en soit, ‘Les Romanichels’ est un très bel ouvrage dont j’ai lu, avec délectation chaque soir, quelques pages.


Même si cet type de roman n’est pas mon genre de prédilection, je me suis régalé des (més)aventures des deux familles, m’arrêtant parfois sur une phrase dont j’appréciais la musicalité ou une situation que je déplorais.


L’auteur nous fait voyager et enivre son lecteur avec bonheur d’odeurs, d’atmosphères et de sensations. De l’Italie profonde aux marchés d’Aix en passant par nos vertes campagnes wallonnes, elle nous dépayse, elle nous transforme en spectateur-voyageur.


Car, après tout, les Romanichels, c’est peut-être tout simplement nous, ses lecteurs…

 

 

Gauthier HIERNAUX

grandeuretdecadence.wordpress.com

Publié dans Fiche de lecture

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Christine Brunet a lu "Changements" de Laurent Dumortier

Publié le par christine brunet /aloys

ma photo

 

J'ai lu Changements de Laurent Dumortier...

 

La quatrième dimension, vous connaissez, bien sûr... avec Changements, inutile d'allumer votre téléviseur... Elle est là, entre chaque page, au fil des nouvelles qui égrainent les situations inquiétantes ou surprenantes.

 

Tout commence comme un jour normal... juste le temps de s'installer confortablement dans le récit comme on s'installe dans un bon fauteuil... Tout se passe bien... enfin jusqu'àL Dumortier Changements un certain point... 

 

On arrive alors au point final de la nouvelle avec étonnement en se demandant ce qu'on a raté et quand... Vous savez, c'est comme au début de la série... écran noir et parasites... La première fois, on se lève et on va voir ce qui ne cadre pas, on teste la prise...

 

Avec ces histoires, même réflexe la première fois puis on passe à la seconde nouvelle plus méfiant en se demandant à quel moment la situation va nous échapper. Inévitablement elle dérape à nouveau et nous reprend au piège...

 

Un livre que j'ai lu d'un trait, le sourire aux coins des lèvres et les sourcils froncés...

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

 

www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

Publié dans Fiche de lecture

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Christian Van Moer a lu "un, deux, trois, soleil!" de Josy Malet Praud

Publié le par aloys.over-blog.com

http://www.bandbsa.be/contes/chrismellone.jpg

 

J’ai lu Un, deux, trois, Soleil ! le recueil de Josy Malet-Praud édité chez Chloé des Lys.

 

par Christian VAN MOER

 

 

Un, deux, trois… Soleil !

Le starter vous lâche dans la course. Au trésor ? Au bonheur ?...

Comme l’écrit justement Marie-Claire George-Janssens, qui préface joliment l’œuvre de Josy Malet-Praud :

Il est certes des ciels plombés d’injustice, de misère, de menaces, d’hypocrisie, de colère, des ciels sans espoir, des ciels de mort et de vengeance. Viennent aussi les jours de soleil, de soleil d’après l’orage, de soleil espéré, les jours de rire, de cœur en balade. 

Il est bien réconfortant d’espérer avec l’auteur que le soleil finira bien par faire revenir le beau temps après la pluie.

Sous le titre Un, deux, trois, Soleil ! sont réunis 22 textes de facture variée, de longueur inégale, émouvants, surprenants, originaux qui, sans jamais l’enfermer dans l’édification ou la moralisation, déroutent le lecteur vers une réflexion ou une rêverie.

 

LES PRINCIPAUX THÈMES

 

- Le soleil après l’orage :

Honneur au titre du recueil donc… Le thème de l’orage – meurtrier ou salvateur, vaincu ou triomphant – est bien présent chez Josy. Du sommet de l’Olympe, par la foudre, Zeus se rappelle au bon souvenir des hommes et trace toujours les messages divins au tableau noir du ciel.

 

- L’ange gardien :

Il illumine l’univers de Josy, et j’ai trouvé les récits qui illustrent ce thème particulièrement émouvants.

Divin ou humain, homme ou femme, objet de respect ou de dérision, l’ange gardien est là quand il le faut, mais ses pouvoirs sont limités : il fait ce qu’il peut.

Ainsi le père Gautier éloigne la jeune prostituée de l’avilissant trottoir ; Denis le S.D.F. sauve son jeune compagnon d’infortune de l’hypothermie fatale ; Galeo Ligalei – lisez Galileo Galilei, bien sûr –123soleil dessille les yeux de la « sage » Gabrielle dont le vote doit déterminer l’avenir de l’Humanité ; et saint Joseph empêche le crash d’un A320.

Par contre, malgré ses efforts, la doctoresse n’est pas parvenue à sauver le petit Juan et la maman de Sofia pourra-t-elle éviter à sa fille de mourir de son cancer du sein ?

 

- L’émancipation de la femme :

Pour la femme dans l’ombre, effacée, soumise, trompée ou exploitée, la lumière peut un jour venir.

Ainsi, la tapineuse retrouve la joie de vivre dans sa Pologne natale ; la jeune maîtresse d’un médiocre employé de banque est désabusée grâce à une facétie du Destin ; une femme au foyer modèle trouve la force de se libérer d’un tyran domestique ; une autre épouse parfaite, jusque-là uniquement préoccupée par le bien-être des siens, découvre enfin l’existence et l’importance de son « moi ».

 

- La condition humaine :

Pour décrire la condition humaine, l’auteur reprend, sous la forme d’une allégorie originale, le mythe du paradis perdu, du jardin d’Eden dont l’homme, créature divine, est violemment expulsé.

Dans le ventre de la mère – Nidville  – Moha est un fœtus  divin ; c’est « le Tout, la Conscience, la Connaissance, la Mémoire, le Mystère de l’Origine et de l’Avenir de l’Humanité. Mais avec le traumatisme de l’accouchement, tout bascule. En devenant homme, l’image de Dieu voit « sa conscience s’effilocher rapidement et sa mémoire égarer une à une toutes les clés du mystère ». 

 

Hommes ou femmes, avec leurs qualités et leurs défauts, les personnages de Josy sont attachants. Si quelques-uns viennent de l’ailleurs, vous reconnaîtrez aisément tous les autres pour les avoir déjà croisés ou côtoyés. Et ce qui vous sera peu à peu dévoilé, à travers leur histoire, c’est l’espérance derrière l’inquiétude, la sensibilité, l’humanisme de l’auteur.

 

L’ÉCRITURE

 

L’écriture de Josy Malet-Praud est impeccable. Sa langue est irréprochable et son style, travaillé sans outrance, élégant et attrayant. Josy a le don de dévoiler pudiquement le fond de sa pensée et maîtrise l’art de la métaphore pour typer un personnage ou décrire une situation.

Jugez plutôt.

 

- La pensée :

 

… il est des jours et des lunes, des saisons et des années où la poussière et la misère s’inclinent devant la dignité.

 

Elle laisse ses canaris voleter en liberté dans le logement. Madame Chapman porte un numéro à l’encre noire sur son poignet. Elle ne supporte pas les cages.

 

Les scientifiques donnent des clés pour ouvrir des portes. Mais… derrière se tiennent le bien de l’Humanité et le pire qui puisse lui arriver. Il suffit de si peu pour que les bonnes intentions débouchent sur l’enfer. L’Histoire sait de quoi je parle.

 

… l’Humanité crève de la vanité de croire en son éternité.

 

Et parce que cet Ancien aurait échappé à la peste de l’amertume et du renoncement, il sourirait.

Il dirait aux hommes de demain qu’ils ont encore le choix.

 

Alors, comme aux temps incertains de l’enfance, je convoque la lumière des jours plus heureux, l’antidote au poison lancinant des blessures tragiques.

 

Chassé de l’Olympe, tombé dans le Chaos, je suis né, m’acquittant du droit de passage dans l’Existence par la perte irrémédiable de la Conscience.

 

… dans les favelas d’Amérique Latine, des enfants qui n’ont rien, trouvent sous nos yeux déroutés par l’incompréhension, du bonheur à chanter en chœur et à danser au milieu de l’inconcevable.

 

… au milieu des sondes, des perfusions de la chimio, des petites têtes aux cheveux disparus, ce sont eux, enfants au destin peut-être éphémère, qui mènent la fête, nous rassurent et nous soutiennent dans – leur – épreuve.

 

-L’image :

 

Herbert, à moitié couché sur le tapis vert, maintint sa position précaire, grosse otarie en équilibre sur le rebord du billard noir.

 

Judith, une belle fille ronde à l’âge des moissons, cheveux longs ramassés en un faux négligé sur le haut de la tête. Echappées de l’ouvrage, des mèches rousses projettent des reflets mordorés sur un visage au teint de lait.

 

Un boulet de sarcasmes s’engage dans sa trachée : elle est prête à ouvrir les hostilités.

Les mots désobligeants et les reproches piétinent comme les sabots impatients des chevaux, juste avant qu’on soulève la barrière du champ de course.

 

Dans les yeux de Maria Rosa, j’ai vu passer la flèche incendiaire qui vise le cœur et le marque à jamais au fer rouge. Dans ses iris d’ébène, les cratères du désespoir se former.

 

Aux aguets derrière les meurtrières de ses rideaux faits main et jaunâtres comme la peau asséchée de son visage batracien, elle faisait le plein des petits riens de la rue qu’elle passait au tamis de son acidité, et rejetait aussitôt en paquets de scandales sous les portes des maisons du quartier.

 

J’ai su que c’était Lui et l’amour contenu sous la trappe de l’absence a jailli du fond des temps comme les laves incandescentes d’un volcan.

 

- Le mot de la fin :

 

Derrière la fenêtre,

Le soleil, la pluie, la neige, les saisons me sourient,

Derrière la fenêtre, le bonheur d’être toujours moi.

Toutes fenêtres ouvertes,

Je ris aux étoiles, aux comètes, aux oiseaux,

Je respire, je sens, je vois, j’écoute, je frémis.

J’aime le monde et je bois ses lumières,

Je laisse ma trace sur les lignes de la vie.

 

 

Bravo, Josy : Un, deux, trois, Soleil ! offre un bon moment de lecture.

 

 

Christian Van Moer  

christianvanmoer.skynetblogs.be

                                                                       

 

Publié dans Fiche de lecture

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Jean-Philippe Querton nous parle de son nouveau livre "La méthadone m'a tué"

Publié le par aloys

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Chers Ami(e)s,

 

Je crois que certains d’entre vous ont entendu parler d’un livre sur lequel je travaille depuis un certain temps, un livre intitulé « La méthadone m’a tué ».


Je plante le décor.


En 2007, je suis contacté par Giovanna, une personne du Forem qui me raconte l’histoire dramatique de son fils de 21 ans, décédé d’une overdose de méthadone alors qu’il n’est pas toxicomane.


Cette dame, en totale souffrance cherche à assumer son deuil en réhabilitant son fils dans sa dignité. En effet, à l’époque, les médias font leur une de ce fait-divers dramatique en titrant « Mort d’un toxicomane ».


Malheureusement, dans son combat, elle se heurte à un médecin bien connu et, manifestement bien protégé qui ne sera jamais condamné pour l’erreur qu’il commet en prescrivant ce produit qui s’avère mortel pour une personne non-héroïnomane !


À l’époque, elle souhaite me rencontrer parce qu’elle est persuadée qu’un livre pourrait contribuer à la faire avancer sur le chemin d’une certaine forme de guérison.


C’est ainsi qu’un lien s’est tissé entre elle et moi.


Nous avons mis des mots sur sa douleur et écrit ce livre qui fut refusé par la plupart des éditeurs parce qu’il mettait en cause une personne bien connue.


Nous n’avons pas voulu faire le procès de ce toubib, mais réfléchir à la souffrance d’une mère…

 

Il s’agit d’une belle aventure qui se concrétise enfin, puisque début mars, le livre sortira de presse…

 

Parce que c’est aussi un livre sur l’écoute, j’avais envie de vous en parler.

Parce que la raison d’être de ce témoignage, c’est d’être lu…

 

Amitiés et à bientôt.


 

Jean-Philippe

  

Plus d'infos sur http://jeanphilippequerton.e-monsite.com/


 
   

Publié dans Textes

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Bertrand Saint-Songe : aux envolés de SENDAI

Publié le par christine brunet /aloys

Bon Jour , Christ In,
 
L'empathie envers cette population nippone touchée en plein coeur ne m'a laissé insensible, fort au contraire, m'interroge en profondeur et m'a bouleversé même tant les images médiatisées ont été impressionnantes...
 
Livre de la Vie (aux envolés de SENDAI)
 
Au livre bien né

LES PERSONNAGES sont invités à danser

Le  Jour de chaque matin nouveau

malgré les peurs

 

Leurs bras semblent des fleurs

Leurs forces un bruit de douceur

Un flux de feuilles dans le vent

                                                                      La liberté est un pont sur nos gouffres

Sur les sources de nos sommeils

La neige des mots

                                  L 'âcre rosée

                                                                      Et la Vie - elle s'obstine à l'infini...

 

                                                                      Les paroles sont des ailes

                                                                      Un soudain

                                                                      d'envol

                                                                      que nous regardons filer vers les sources

 

Une brebis de toutes les cascades qui bêle(nt)

                                                                                      Halte au Livre

                                                                                      Le monde s'écoute autrement

                                                                                      Il est adossé au Néant

Murmure mon souffle, ô corps de l' Absence des vivants

en la demeure des Trésors, murmure, je passe de biais les ténèbres,

aux mots-coulis de la Poésie dont les pages sont couvertes de silence....

 

Pour qui est ce ciel soudainement dessus SENDAI ?

Pour qui sont ces flots qui se sont déchaînés ?

Pour qui cette terre meurtrie sous de multiples failles,

les enciellés, les envolés, ont-ils leurs pages dans les nuages parsemés ?

 

Bertrand   Saint-Songe

bertrandelporte-yahoo.fr.over-blog.com

Publié dans Poésie

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Clef de sol : une nouvelle de Nadine Groenecke

Publié le par christine brunet /aloys

 

nadine groenecke

 

Clef de sol

 

 

 

J’m’appelle Raoul… J’suis en taule. J’en ai pris pour perpète. Alors croyez-moi, c’est pas facile tous les jours ! Les mauvaises langues diraient que j’ai pas à m’plaindre, que j’suis nourri, logé. De ce côté-là, elles ont pas tort, plus besoin de galérer pour pouvoir casser la graine ou trouver un endroit pour crécher en nocturne. Mais la liberté dans tout ça, elles en font quoi ? Si elles pouvaient « tâter de l’incarcération » comme on dit, elles comprendraient vite que la liberté, c’est bath !

 

A travers mes putains d’barreaux, j’fixe les deux seuls trucs que j’peux encore mater : la cime des arbres et un bout d’ciel. Pas d’quoi avoir la banane ! Moi qui kiffe la nature, j’suis grave en manque. J’rêve de  r’voir les p’tites fleurs dans les prés avec les vaches bien grasses qui s’remplissent tranquillement la panse et aussi les jolis ruisseaux qui s’baladent dans les sous-bois avec leur eau si fraîche qu’on croirait qu’elle sort d’un frigo. J’voudrais encore entendre le vent siffler dans mes esgourdes ou sentir les rayons du soleil m’taper sur l’bocal. Et m’remplir la cage à soufflets des bonnes odeurs qui s’trimballent dans les champs dès potron-minet. Ouais, j’peux dire qu’j’étais à mon article dans la cambrousse. Maint’nant, tout ça, c’est plus pour bibi. Faut qu’j’me contente d’mon carreau de ciel. C’est pas une vie !

 

Quand j’étais pas en cabane, m’arrivait d’faire un saut en ville, surtout en hiver à cause qu’à cette saison la becquetance court pas les rues dans la parpagne. Et moi, suis pas du genre à faire régime ! J’trouvais de quoi boulotter dans les poubelles des citadins. Qu’est-ce que j’ai pu m’mettre dans l’buffet les lendemains de fête ! J’me bâfrais à m’en rendre malade. Et, pour c’qui est de la meuf, en ville, y avait d’quoi r’luquer. J’pouvais même m’en taper une à l’occasion. Sont un peu moins farouches là-bas les greluches. Mais l’ramdam à tire-larigot, la pollution et l’manque d’arbres m’filaient vite le bourdon. Aujourd’hui pourtant, j’en f’rais bien mon affaire de la cité. Mais vlà, j’suis au gnouf et j’broie du noir. Y a même des jours où j’pense à avaler mon bulletin de naissance. J’ai bien songé à m’faire la belle, mais j’vois vraiment pas comment. J’suis pas très futé. « Cervelle de moineau » m’serinait ma daronne. Si elle était encore de c’monde, elle supporterait pas d’me savoir embastillé. Faut dire qu’elle a tout fait pour bien nous élever moi et les frangins, frangines. Six qu’on était. Comme l’paternel s’était tiré, c’était pas rose tous les jours. Alors, dès qu’j’ai été en âge de m’démerder tout seul, j’ai mis les bouts. J’ai su m’ner ma barque un bon  moment et puis j’me suis fait choper. La faute à pas d’chance !

 

Faut pas trop que j’pense à tout ça, ça m’fout les boules et en taule, la gamberge, ça vaut rien. Tiens, la porte s’ouvre… c’est l’heure d’la gamelle déjà ? Tant mieux, j’ai les crocs. Eh ben non, pas d’bouffe. Au lieu d’ça, un zig qui, à peine entré, m’fusille du regard. J’en reste scotché. Qu’est-ce qu’il vient foutre là çui-là ? Merde, me dites pas que j’vais devoir partager ma piaule ! Bordel, ça m’en a tout l’air ! Non vraiment y  manquait plus qu’ça ! J’déteste la compagnie et j’aime pas partager, suis comme qui dirait un bourru. Et la promiscuité, c’est pas mon trip non plus ! Ai bien eu deux ou trois potes, comme ce fermier, gros proprio dans un bled au fin-fond de la Lorraine qui m’laissait dormir dans sa grange et qui m’apportait un peu de boustifaille. Le brave gars qui s’la jouait pas, mais l’envie d’rouler ma bosse a pris l’dessus sur les attaches. Pas d’sentiments, pas d’emmerdes ! Pourtant, faut qu’j’vous dise qu’j’ai quand même réussi à fonder une famille. Papa, maman, les mômes. Un chouette beau foyer, quoi. Mais les concessions, l’amour toujours, c’est des conneries tout ça ! L’indépendance, y a qu’ça de vrai. J’y peux rien, c’est l’Bon Dieu l’fautif si j’suis fait comme ça !

 

Pas question d’dérouler le tapis rouge au nouveau v’nu… c’est pas l’Palais des Festivals ma piaule ! Va vite comprendre de quel bois je m’chauffe ! J’me r’dresse d’un coup, l’air mauvais, comme j’sais faire pour terroriser l’pauv’monde. Mais l’autre, au lieu de s’la jouer modeste, se rengorge et, vous allez pas l’croire… s’met à pousser la chansonnette ! Une rossignolade à vous vriller les tympans, de quoi vous faire regretter de pas être sourdingue ! Non mais y s’fout d’ma gueule ! D’la pure provoc ! Comment qui pourrait en être autrement ? Chanter les deux pieds dans la merde ! Un comble ! Avant, moi, j’adorais chanter. Sans m’vanter, j’peux même dire qu’j’étais doué. Pas comme cet hurluberlu qui se prend pour Pavarotti alors qu’y maîtrise même pas l’contre-ut. En tout cas, si y pense m’impressionner, c’est râpé.

 

J’suis à cran, j’vais péter un câble si ça continue. Deux jours que l’chanteur de mes deux braille. S’arrête juste pour becqueter ou pioncer. Soit il a un grain, soit il a décidé d’me pourrir la vie ! Ah, j’en ai connu des barjots et des emmerdeurs mais là j’vous garantis qu’c’est du lourd, il remporte la palme ! J’me r’tiens de lui rentrer dans l’lard pour lui clouer le bec. Il va bien finir par la fermer quand même !

 

Le lendemain, toujours l’même cirque.

 

J’ai l’carafon qu’explose comme un melon en plein soleil. J’vais passer l’arme à gauche si j’trouve pas une solution pour lui couper le sifflet.

 

J’prends mon r’gard de killer.  Faut qu’y comprenne qu’y doit me foutre la paix. Peine perdue ! S’égosille encore plus. S’fout de moi l’animal ! J’vais lui voler dans les plumes à c’gros con !

 

C’est parti pour la baston.

 

J’suis plus moi-même. J’vais l’buter, j’sens plus ma force ! J’cogne encore et encore. Le chanteur de pacotille fait pas le poids. Y s’effondre. Y l’a bien cherché ! Vainqueur par KO…

 

L’silence… enfin. Quel panard ! Ça fait un bien fou l’silence !

 

Ça s’voit qu’j’ai pu l’habitude de la castagne, j’suis vraiment vanné, lessivé de chez lessivé. J’vais m’pieuter une heure ou deux, histoire de m’remettre.

 

Pas moyen d’être tranquille dans l’secteur, v’là encore la porte qui s’ouvre. Des mains m’débarrassent d’la viande froide. C’est sûr ça f’sait pas propre.

 

Ouah, la solitude, quel pied ! Et si j’en profitais pour zieuter mon bout d’ciel bleu entre les barreaux ?

 

Ben…

 

…la porte est restée ouverte !? Ça c’est d’la balle !!! J’vais pouvoir m’faire la malle… Tiens, j’me mets à faire des rimes maint’nant ! La liberté, ça rend poète !

 

Allons-y ! Pas question de moisir plus longtemps dans c’trou à rats ! Il faut mettre les voiles et vite. Un coup d’œil à droite, à gauche et me v’là sorti. J’ai la tocante qui s’emballe et la tête qui tourne. Cool Raoul, pas l’moment d’tomber dans les vapes ! Longer le couloir sans s’faire repérer. Putain, il est long… Fenêtre entrouverte. J’y crois pas… Trop de bol ! J’mets la gomme. Encore quelques mètres…

 

J’me shoote à l’air libre. Allez, j’prends une bonne inspiration avant de m’tirer.

 

Foutu gosse qui beugle : « Maman, viens vite !  La cage est vide, Raoul s’est envolé ! »

 

 

Nadine Groenecke

nadinegroenecke-auteur.over-blog.com

Publié dans Nouvelle

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Qui a écrit cette nouvelle selon vous ???

Publié le par christine brunet /aloys

 

point d'interrogation

 

 

Clef de sol

 

 

 

J’m’appelle Raoul… J’suis en taule. J’en ai pris pour perpète. Alors croyez-moi, c’est pas facile tous les jours ! Les mauvaises langues diraient que j’ai pas à m’plaindre, que j’suis nourri, logé. De ce côté-là, elles ont pas tort, plus besoin de galérer pour pouvoir casser la graine ou trouver un endroit pour crécher en nocturne. Mais la liberté dans tout ça, elles en font quoi ? Si elles pouvaient « tâter de l’incarcération » comme on dit, elles comprendraient vite que la liberté, c’est bath !

 

A travers mes putains d’barreaux, j’fixe les deux seuls trucs que j’peux encore mater : la cime des arbres et un bout d’ciel. Pas d’quoi avoir la banane ! Moi qui kiffe la nature, j’suis grave en manque. J’rêve de  r’voir les p’tites fleurs dans les prés avec les vaches bien grasses qui s’remplissent tranquillement la panse et aussi les jolis ruisseaux qui s’baladent dans les sous-bois avec leur eau si fraîche qu’on croirait qu’elle sort d’un frigo. J’voudrais encore entendre le vent siffler dans mes esgourdes ou sentir les rayons du soleil m’taper sur l’bocal. Et m’remplir la cage à soufflets des bonnes odeurs qui s’trimballent dans les champs dès potron-minet. Ouais, j’peux dire qu’j’étais à mon article dans la cambrousse. Maint’nant, tout ça, c’est plus pour bibi. Faut qu’j’me contente d’mon carreau de ciel. C’est pas une vie !

 

Quand j’étais pas en cabane, m’arrivait d’faire un saut en ville, surtout en hiver à cause qu’à cette saison la becquetance court pas les rues dans la parpagne. Et moi, suis pas du genre à faire régime ! J’trouvais de quoi boulotter dans les poubelles des citadins. Qu’est-ce que j’ai pu m’mettre dans l’buffet les lendemains de fête ! J’me bâfrais à m’en rendre malade. Et, pour c’qui est de la meuf, en ville, y avait d’quoi r’luquer. J’pouvais même m’en taper une à l’occasion. Sont un peu moins farouches là-bas les greluches. Mais l’ramdam à tire-larigot, la pollution et l’manque d’arbres m’filaient vite le bourdon. Aujourd’hui pourtant, j’en f’rais bien mon affaire de la cité. Mais vlà, j’suis au gnouf et j’broie du noir. Y a même des jours où j’pense à avaler mon bulletin de naissance. J’ai bien songé à m’faire la belle, mais j’vois vraiment pas comment. J’suis pas très futé. « Cervelle de moineau » m’serinait ma daronne. Si elle était encore de c’monde, elle supporterait pas d’me savoir embastillé. Faut dire qu’elle a tout fait pour bien nous élever moi et les frangins, frangines. Six qu’on était. Comme l’paternel s’était tiré, c’était pas rose tous les jours. Alors, dès qu’j’ai été en âge de m’démerder tout seul, j’ai mis les bouts. J’ai su m’ner ma barque un bon  moment et puis j’me suis fait choper. La faute à pas d’chance !

 

Faut pas trop que j’pense à tout ça, ça m’fout les boules et en taule, la gamberge, ça vaut rien. Tiens, la porte s’ouvre… c’est l’heure d’la gamelle déjà ? Tant mieux, j’ai les crocs. Eh ben non, pas d’bouffe. Au lieu d’ça, un zig qui, à peine entré, m’fusille du regard. J’en reste scotché. Qu’est-ce qu’il vient foutre là çui-là ? Merde, me dites pas que j’vais devoir partager ma piaule ! Bordel, ça m’en a tout l’air ! Non vraiment y  manquait plus qu’ça ! J’déteste la compagnie et j’aime pas partager, suis comme qui dirait un bourru. Et la promiscuité, c’est pas mon trip non plus ! Ai bien eu deux ou trois potes, comme ce fermier, gros proprio dans un bled au fin-fond de la Lozère qui m’laissait dormir dans sa grange et qui m’apportait un peu de boustifaille. Le brave gars qui s’la jouait pas, mais l’envie d’rouler ma bosse a pris l’dessus sur les attaches. Pas d’sentiments, pas d’emmerdes ! Pourtant, faut qu’j’vous dise qu’j’ai quand même réussi à fonder une famille. Papa, maman, les mômes. Un chouette beau foyer, quoi. Mais les concessions, l’amour toujours, c’est des conneries tout ça ! L’indépendance, y a qu’ça de vrai. J’y peux rien, c’est l’Bon Dieu l’fautif si j’suis fait comme ça !

 

Pas question d’dérouler le tapis rouge au nouveau v’nu… c’est pas l’Palais des Festivals ma piaule ! Va vite comprendre de quel bois je m’chauffe ! J’me r’dresse d’un coup, l’air mauvais, comme j’sais faire pour terroriser l’pauv’monde. Mais l’autre, au lieu de s’la jouer modeste, se rengorge et, vous allez pas l’croire… s’met à pousser la chansonnette ! Une rossignolade à vous vriller les tympans, de quoi vous faire regretter de pas être sourdingue ! Non mais y s’fout d’ma gueule ! D’la pure provoc ! Comment qui pourrait en être autrement ? Chanter les deux pieds dans la merde ! Un comble ! Avant, moi, j’adorais chanter. Sans m’vanter, j’peux même dire qu’j’étais doué. Pas comme cet hurluberlu qui se prend pour Pavarotti alors qu’y maîtrise même pas l’contre-ut. En tout cas, si y pense m’impressionner, c’est râpé.

 

J’suis à cran, j’vais péter un câble si ça continue. Deux jours que l’chanteur de mes deux braille. S’arrête juste pour becqueter ou pioncer. Soit il a un grain, soit il a décidé d’me pourrir la vie ! Ah, j’en ai connu des barjots et des emmerdeurs mais là j’vous garantis qu’c’est du lourd, il remporte la palme ! J’me r’tiens de lui rentrer dans l’lard pour lui clouer le bec. Il va bien finir par la fermer quand même !

 

Le lendemain, toujours l’même cirque.

 

J’ai l’carafon qu’explose comme un melon en plein soleil. J’vais passer l’arme à gauche si j’trouve pas une solution pour lui couper le sifflet.

 

J’prends mon r’gard de killer.  Faut qu’y comprenne qu’y doit me foutre la paix. Peine perdue ! S’égosille encore plus. S’fout de moi l’animal ! J’vais lui voler dans les plumes à c’gros con !

 

C’est parti pour la baston.

 

J’suis plus moi-même. J’vais l’buter, j’sens plus ma force ! J’cogne encore et encore. Le chanteur de pacotille fait pas le poids. Y s’effondre. Y l’a bien cherché ! Vainqueur par KO…

 

L’silence… enfin. Quel panard ! Ça fait un bien fou l’silence !

 

Ça s’voit qu’j’ai pu l’habitude de la castagne, j’suis vraiment vanné, lessivé de chez lessivé. J’vais m’pieuter une heure ou deux, histoire de m’remettre.

 

Pas moyen d’être tranquille dans l’secteur, v’là encore la porte qui s’ouvre. Des mains m’débarrassent d’la viande froide. C’est sûr ça f’sait pas propre.

 

Ouah, la solitude, quel pied ! Et si j’en profitais pour zieuter mon bout d’ciel bleu entre les barreaux ?

 

Ben…

 

…la porte est restée ouverte !? Ça c’est d’la balle !!! J’vais pouvoir m’faire la malle… Tiens, j’me mets à faire des rimes maint’nant ! La liberté, ça rend poète !

 

Allons-y ! Pas question de moisir plus longtemps dans c’trou à rats ! Il faut mettre les voiles et vite. Un coup d’œil à droite, à gauche et me v’là sorti. J’ai la tocante qui s’emballe et la tête qui tourne. Cool Raoul, pas l’moment d’tomber dans les vapes ! Longer le couloir sans s’faire repérer. Putain, il est long… Fenêtre entrouverte. J’y crois pas… Trop de bol ! J’mets la gomme. Encore quelques mètres…

 

J’me shoote à l’air libre. Allez, j’prends une bonne inspiration avant de m’tirer.

 

Foutu gosse qui beugle : « Maman, viens vite !  

La cage est vide, Raoul s’est envolé ! »

Publié dans auteur mystère

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Marcelle Pâques: "L'âme des choses et des lieux"

Publié le par aloys

 

http://www.bandbsa.be/contes2/paquestete.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'âme des choses et des lieux

 


 
Vieille barque de pêcheurs
dans un jardin retraitée
dont le bois gémit et pleure
sa jeunesse envolée
 
Chapeau de paille déformé
couvrant les vilaines pensées
d'un jardinier guilleret
et de sa voisine esseulée
 
Tache d'encre irrévérencieuse
dans un cahier d'écolier
témoin de la fuite silencieuse
de l'élève prisonnier
 
Jardin fou, lieu enchanté
havre de paix, de poésie
d'où mon esprit sort rassasié
des milles saveurs de la vie
 

 

 

Marcelle Pâques

Publié dans Poésie

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