Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Christine Brunet a lu "Contes bizarres 2" de Bob Boutique

Publié le par christine brunet /aloys

 

Photo Christine Brunet

 

Que dire qui n'a pas été dit avec "Contes bizarres 1"? En fait, je vais sans doute vous surprendre, mais des tas de choses, sans doute parce que ce second opus est celui des superlatifs... plus comique dans la description des situations, plus acide dans l'approche des personnages et l'étude de l'âme humaine, plus original dans l'univers qu'il aborde.

Vous savez quoi ? Bob est un conteur, plus aucun doute ! Vous souvenez-vous du contehttp://www.bandbsa.be/contes2/projetrectopetit.jpg des frères Grimm, Raiponce ? Bien sûr, tout le monde le connait ! mais l'avez-vous lu versus Bob Boutique ? caustique à souhait, marrant, bien redessiné, modernisé...

Son talent ? Vous faire passer des vessies pour des lanternes en vous faisant croire que vous seriez capable d'écrire comme lui... Mon oeil! Tout est étudié pour que vous le pensiez... et que, malgré vous, vous vous impliquiez.

Bob est un ciseleur de mots... Ses mots sont les vôtres, les nôtres: langage parlé, pensées et mots volés au fil de conversations, réactions naturelles... Croyez-moi sur parole, lecture faisant, vous vous dites forcément que vous auriez pensé comme le héros. Mais auriez-vous agi comme lui ? Evidemment pas !

Ben voyons...

Une série de contes à découvrir absolument !

Bon, vous avez compris, j'ai adoré ! Bob, à quand le numéro 3 ?" (Bob Boutique, www.bandbsa.be/contes.htm)

 

 

Christine Brunet

www.christine-brunet.com

www.aloys.me

www.passion-creatrice.com

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Elle avait une robe de grand vent, un texte de Louis Delville

Publié le par christine brunet /aloys

 

delvilletete

 

ELLE AVAIT UNE ROBE DE GRAND VENT…

Qui était-elle ? Où allait-elle ? Je vous invite à l'inventer…

 

Elle avait une robe de grand vent…

"Grand Vent", le créateur à la mode. Celui qui, depuis quelques années, fait la mode à Paris, à Milan et à Londres.

Elle, c'est Caroline Pepper, le mannequin vedette de la maison.

 

Caroline s'était levée tôt ce matin-là, vers dix heures ! Après sa douche, elle avait pris un simple café noir sortant tout droit de la machine design "Cafféo GV" (GV pour Grand Vent, évidemment). Elle avait passé cette petite robe de la dernière collection qui lui seyait à merveille et s'était dirigée vers la station de taxis toute proche. À onze heures, elle arrive au studio, salue rapidement le photographe et son assistant et commence la séance.

 

À midi, tout est "dans la boîte" et Caroline peut aller manger son plat préféré, une salade indienne.

 

C'est à quatorze heures précises, qu'elle a rendez-vous avec Gérard V. (Vander berg pour les intimes), le patron et créateur de la maison de couture.

 

Gérard lui avait téléphoné la veille pour lui demander de passer à son bureau. Il avait, paraît-il, des choses importantes à lui dire.

 

Assis derrière une grande table blanche, Gérard ose à peine la regarder. "Mauvais signe", se dit Caroline…

 

"Ma chérie, tu sais combien tu comptes pour nous et combien, grâce à toi, Grand Vent est devenue célèbre. Pourtant, j'ai décidé de me séparer de toi. Oh, je n'ai rien à te reprocher mais il me semble qu'un peu de sang neuf ne ferait pas de mal. J'ai donc décidé d'engager Olga Plozic pour te remplacer. Tu passeras chercher ton chèque à la compta et tu verras que j'ai été généreux !"

 

Gérard se leva, Caroline aussi et sortit sans dire un mot.

 

Désormais les robes de Grand Vent seraient sur les épaules de cette grande blonde qu'elle détestait ! Elle s'en fichait bien Caroline. Demain, elle rencontrait Michel H, le créateur de chez Pierre Carsin...

 

Louis Delville

http://louis-quenpensez-vous.blogspot.com/

 

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Alain Magerotte a lu "A un détail près", de Walter Macchi

Publié le par christine brunet /aloys

À UN DÉTAIL PRÈS
par Walter Macchi

 

Il y a du pet, comme on dit en argot. Comment ça ? Cela signifie que ça ne sent pas bon. Où ça ? Dans une boîte Suisse de parfum. Un comble !

La mort étrange de l’égérie d’une célèbre marque de cosmétiques, l’accident domestique bizarre survenu à la chef de marque d’une multinationale, l’incendie «non accidentel» de la galerie d’art qui abrite l’exposition d’un photographe de mode à la mode… tous ces événements ont un fil rouge.

L’auteur s’est bien documenté ou alors il en connaît un fameux rayon au niveau de la conception d’un parfum. Il nous invite par le biais de ses personnages, à suivre le parcours du 6ème sens, un parfum mystérieux, et nous entraîne ainsi dans une aventure au rythme trépidant. On ne s’ennuie pas une seconde, croyez-moi. Je ne vais évidemment pas vous raconter l’histoire, ce serait un sacrilège !

Je vais plutôt vous donner une idée de ce que pourrait être le casting si un jour, c’est dans les probabilités, ce roman était porté à l’écran.

Alors, dans le rôle du héros, Ugo Campana (tiens, Depardieu s’appelle «Campana» dans «La Chèvre»…), je verrais bien Gilles Lellouche (remarquable de crédibilité dans «A bout portant»). Eva, l’égérie, mmm… Laetitia Casta ou Alice Taglioni, j’hésite. Allez, je choisis la seconde, probablement influencé par son rôle dans «La Doublure».

Jane : Agnès Jaoui et Alice Sommers :… Juliette Binoche1° de couverture A un détail près (notamment pour son rôle dans «L’insoutenable légèreté de l’être»). Une actrice plus jeune ? Audrey Tautou…

Marco : Gérard Lanvin et Luigi, Jean Dujardin dans un rôle à contre-emploi, pourquoi pas ? Guillaume Canet pour Giulio, sympa, non ?

Oliver : Lambert Wilson et Le Guenn, Jean-Pierre Castaldi. Quant à Bill, Mel Gibson ferait bien l’affaire.

Mes aïeux, quelle affiche ! Ça va coûter une fortune ! Oui, mais une telle palette ne peut qu’attirer du monde et puis le scénar est en béton ! D’ailleurs, je conseillerais à Walter de prendre un pourcentage sur les entrées plutôt que de demander un forfait.

Voilà une oeuvre de classe par un auteur de classe. Tout est classe, y compris la cover ! Ah, l’élégance italienne !... Ça ne s’achète pas et ça ne se commande pas, même à Noël !

«A un détail près» est à consommer d’urgence par tout amateur de «policier» ou tout simplement par tout amateur de bonne littérature.

A un détail près : Walter dédie son livre à son père… coïncidence, j’ai également dédié «La part d’ombre» (mon p’tit dernier) à mon père.         

 

ALAIN  MAGEROTTE

  

Publié dans Fiche de lecture

Partager cet article
Repost0

Sur les murs de la ville, un poème de Carine-Laure Desguin

Publié le par christine brunet /aloys

 

desguin

 

 

Sur les murs de la ville

 

 

 

Sur les murs de la ville,

Des graffitis, tatouages libertaires,

Colorent de lettres, de dessins subtils,

Les murs de béton ou ceux de pierres.

 

Ce sont les cris de nos enfants,

Leurs crachats, leurs humeurs,

Des cris d’amour, des cris de sang,

Eclaboussures de leur cœur.

 

N’effacez pas ces graffitis,

Donnez des murs à vos enfants,

De longs murs pleins de gris,

De béton désarmé, et de sables émouvants.

 

Sur les murs de la ville,

Des graffitis, tatouages libertaires,

Colorent de sang, de nicotine, et de chair

De ces enfants, héros et héroïnes.

 

 

 

 

Carine-Laure Desguin

carinelauredesguin.over-blog.com

 

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

Coran, Bible et Bénédiction nuptiale, un poème de J'Anhou

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

http://www.bandbsa.be/contes2/janhoutete.jpg

 

 

 

CORAN, BIBLE &


BENEDICTION NUPTIALE :


 

« Grand-père » en tenant dans sa main la fleur promise,


En djellaba rentrant, heureux, dans cette église ;


Il est venu dans ta maison élégamment,


C’est aussi fort qu’au souvenir de mon serment.

 


 

Tu l’as reçu, même accueilli, les bras ouverts ;


Moi j’en témoigne en quelques mots, par quelques vers.


La Célébration était toute bénie


Comme leurs anneaux d’or et ma plume jaunie.

 


 

Le prêtre était présent pour tous nous accueillir


Et permettre à chacun de bien se recueillir.


Nous avons partagé de Saintes Ecritures


Pour que chacun soit bien et sans égratignures.

 


 

Nous avons évoqué ce verset du Coran


Qui dit la multitude et le sort différent,


Nous avons écouté quelques lignes de Bible


Dont la fraternité demeure seule cible.

 


 

Je n’ai pas trop pleuré, j’ai su me retenir,


Leur Bénédiction n’était pas à ternir.


Je n’ai pas pu pleurer, c’était leur Mariage,


Trop de pleur eut souillé leur si bel alliage.

 


 

Facile il eut été d’écouter que mon cœur ;


J’aurai noyé le chœur et fait faner la fleur.


Seigneur, accorde-moi de pleurer en silence


Pour ne plus rien gâcher de leur belle innocence.

 


 

J’aurais voulu, Seigneur, toujours être à genoux


Pour prier chaque instant du sacré rendez-vous.


J’ai senti ton regard au moment du chemin ;


Quand mutuellement ils ont tendu la main.

 


 

Tu m’as tenu de bout comme un père est ému,


Je ne me souviens plus comment mon corps s’est mû.


Ta main m’a soutenu comme on aide un malade,


Si tu n’étais pas là, mon sort serait en rade.

 


 

Ta présence, Martine, a eu droit de penser


Car je ne voulais pas en l’oubli te laisser ;


Avec tante Thérèse, « un fragment où j’hésite » ;


Nous avons partagé la brume composite.

 


 

J’ai voulu rencontrer en allant vers chacun,


J’ai fait ce que j’ai pu pour n’oublier aucun.


Des amis, si nombreux, pour partager la joie,


Que l’heure n’a compté que des instants de soie.

 


 

Si j’ai souffert, tant pis par quelques décibels


Maudire je ne puis ces divers airs, si bels !


Je n’avais rien promis, juste de ma présence


Et j’ai bien partagé ce grand jour de plaisance.

 

 


 

Enfants, soyez heureux, riches de l’avenir !


Moi je n’ai désormais plus qu’à me souvenir.


Je vous dois le bonheur de ce jour de Tendresse !


Je vous dois aujourd’hui ce terme de caresse.

 


 

 

 

J'Anhou 06/2011

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

Vous avez dit oeuf dur ? une nouvelle de Micheline Boland

Publié le par christine brunet /aloys

 

boland photo

 

 

VOUS AVEZ DIT ŒUF DUR ?

 

Corentin était joueur. Il était jeune. Il était en vacances et il avait remarqué Caroline, une jolie fille qui logeait comme lui et ses parents au gîte rural.

 

Corentin aurait bien aimé proposer à Caroline de faire une partie de ping-pong, de tennis ou même de pétanque avec lui mais sous des dehors d'adolescent déluré, il avait un peu peur des filles…

 

Voilà déjà deux jours que sa petite famille prenait le petit déjeuner en même temps que Caroline et sa famille. Corentin était à l'affût de tout ce qu'elle disait. C'est ainsi qu'il apprit qu'elle aimait faire des balades à pied ou à vélo le long du lac, qu'elle avait pris plaisir à visiter les ateliers d'artisanat du centre du village. Alors, confiant en sa bonne étoile, Corentin, ce matin-là, décida de louer un vélo pour faire le tour du lac.

 

Heureux hasard, Caroline avait eu la même idée. En compagnie de sa sœur, elle faisait une pause assise sur un banc lorsque Corentin la vit.

 

Corentin s'arrêta, salua Caroline et prononça quelques phrases banales qui à tout âge permettent d'établir le contact. "Quel coin agréable. Que de belles fleurs. On se croirait en Suisse…" Caroline sourit. Alors, côte à côte ils reprirent la promenade à vélo.

 

L'après-midi, ils jouèrent au ping-pong. Une partie de Trivial Poursuit fut au menu de la soirée.

 

Décidemment, Caroline et lui aimaient les mêmes activités. Mis en confiance, Corentin se montra sur son meilleur jour celui de l'humour et de la bonne humeur. Caroline riait de ses jeux de mots et de ses histoires. Pour sûr, ce serait une belle semaine de vacances.

 

Le surlendemain, comme ils faisaient la queue au buffet, Corentin au petit déjeuner prit un œuf dans un des plateaux et s'osa à le casser sur la tête de Caroline qui le précédait. Il faisait cela couramment, il s'amusait à le faire sur la tête de son frère aussi bien que sur celle de cousins. Hélas, ce qu'il croyait être un œuf dur était un œuf cru. Rouge de confusion, Corentin s'excusa. Caroline regagna vite sa chambre pour se laver les cheveux et se changer.

 

Heureusement, elle n'était pas rancunière. Pour se faire pardonner, Corentin lui offrit un bouquet de fleurs des champs. Voyez-vous, être gentilhomme ne dépend pas de l'âge…

 

 

Micheline Boland


Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0

Un poème de J'Anhou : "Grand projet" Ambre et François

Publié le par christine brunet /aloys

 

mariage11.jpg

 

 

 

 

« GRAND PROJET »

AMBRE ET FRANCOIS :

 

Ils ont dans leurs projets de venir jusqu’à Toi

Ils partagent déjà, tu sais le même toit.

Je viens me recueillir, c’est juste une prière

Je me mets à genoux pour goûter ta lumière ;

 

Ils vont venir tous deux jusqu’au pied de l’autel

Je serai parmi tous je ne serai « qu’untel »

Depuis déjà longtemps mais avec ma Colombe

J’emprunte ce chemin qui finit dans la tombe.

 

Seigneur vais-je trouver les mots à mettre en vers

Pour te le dire aussi « bonheur en mots divers ».

La Promise et mon fils font ce choix d’alliance

Avec toi dans le cœur et avec confiance.

 

Reçois auprès de toi la foi de leurs parents

Qui les ont élevés, avec soin, dans les rangs.

J’en pleure devant toi tant mon âme pétille

Les valeurs quelque part ont cet art qui frétille.

 

Laisse-nous revenir au pied de ton autel

Toujours cœur amoureux mais d’un bleu plus pastel

Laisse-nous revenir au chœur de ton église

Avant d’être Colombe, elle était ma Promise.

 

 

 

J'Anhou     06/2009

Publié dans Poésie

Partager cet article
Repost0

L'Amour au-delà, une nouvelle d'Adam Gray

Publié le par christine brunet /aloys

adam2 001

 

L’Amour au-delà…

 

– Non, coupa Helen, de grosses larmes affluant, pareilles à la marée aux pieds du Mont Saint-Michel, dans ses grands yeux gris-vert.

– Ne vous méprenez surtout pas… Je comprends ce que vous ressentez. Je le comprends parfaitement mais… ce n’est pas sa volonté, répondit le chirurgien d’une voix bien trop mécanique pour simuler une réelle empathie. Vous devez le laisser partir. Demain, il nous faudra débrancher Aidan. Demain, Helen.

– Je ne suis pas prête, répondit-elle irritée.

 

Le praticien tourna les talons et quitta la chambre 408, où seule une photo d’un couple très heureux, ceinte d’un cadre rococo couleur camion de pompier, donnait à la pièce immaculée, blafarde, un dérisoire semblant de chaleur. Les fleurs dans le vase, des roses rouges, étaient mortes de soif depuis déjà plusieurs jours ; Helen avait complètement oublié de s’arrêter en acheter chez le fleuriste dans le hall de l’hôpital, au rez-de-chaussée.

Se penchant sur son jeune et bel époux, elle posa une joue sur son torse athlétique abîmé par une longue cicatrice, l’embrassant, tout d’abord, et se remit à pleurer, dans le plus pur silence que la pluie sur les vitres, un peu grasses, ne tarda pas à venir briser. Cruellement.

 

La journée défila, s’égrainant avec les allers et retours du personnel hospitalier, plus ou moins impassible, et, avec cette nouvelle et sombre journée, défilèrent les souvenirs…

La soirée était bien avancée.

La pluie avait cessé.

Helen se cala dans son fauteuil, ne cessant de veiller son époux, immobile dans son lit et relié à d’horribles et froides machines, imperturbables et menaçantes. Elles semblaient bien plus vivantes que son Aidan dans sa mortifère pétrification. Méduse n’aurait pas fait mieux…

 

Au moment de cesser sa lutte contre Hypnos et son fils, Morphée, Helen, les cheveux quelque peu défaits, prononça quelques mots. Ces mots : « Je ne veux pas te laisser partir. Je ne peux pas. »

Et, finalement, elle se mit à rêver…

De leur rencontre, alors qu’ils étaient tous deux étudiants en droit – lui, pour faire plaisir à sa famille car tout ce qui l’intéressait, dans la vie, c’était de devenir, clamait-il : « Un dieu du surf ! »

Lui revinrent leurs premiers mots échangés à la cafétéria, un jour de décembre ; il venait, se prenant les pieds dans le sac qu’elle avait négligemment jeté à terre, de lui renverser son plateau sur le pull-over blanc tout neuf qu’elle s’était acheté la veille. Revinrent, bien sûr, le tout premier fou rire et, surtout, le tout premier baiser quelques jours après dans la voiture d’Aidan. Elle rêva même du tout premier repas avec ses parents – ses parents à elle –, et se souvint à quel point sa mère avait été séduite. Et pour cause : Aidan était très avenant et plein d’humour, grand et beau garçon. Le gendre idéal, en somme. Helen, très belle avec un beau visage ovale encadré d’une longue chevelure blonde, et Aidan formaient un fort plaisant couple, alliant beauté et gentillesse, générosité, avec des rêves plein la tête. Entre autres, partir un jour à la découverte du Kilimandjaro. Peut-être Shanghai… Et surfer sur les vagues australiennes ! Ils auraient fait plein de photos pour ennuyer leurs familles avec des : « Ça, c’est Helen dans le jardin Yuyuan ! », et des : « Ça, c’est Aidan qui est tombé de sa planche à Bondi Beach ! »

Ils auraient fait un enfant, un soir, après le coucher du soleil, sur une plage de carte postale, derrière une dune… Un petit James ou une petite Kristen.

 

Helen dormait profondément.

 

Inconsciente d’être dans les bras de Morphée, elle poussa une porte qui venait de se matérialiser devant ses yeux, s’ouvrant, étrangement, sur le campus où ils avaient étudié…

– Aidan ? C’est… C’est toi ? s’étonna-t-elle, quoique très heureuse.

– Bien sûr, répondit ce dernier d’une voix enjouée. Ça me fait tellement plaisir de te voir ! Tellement de choses à te montrer… Comme tu es belle…

– Belle ? Tu parles !… À me montrer, dis-tu ? À quoi diable fais-tu allusion ?

– Ah ! Tu vas voir ! Ce soir, amour, nous allons faire le plus beau des voyages… Féerique ! Fantastique ! Magique !

Helen se mit à rire.

– C’est une nouvelle robe ? enchaîna-t-il rapidement.

– Elle te plaît ? s’enquit-elle en tournant sur elle-même.

– Beaucoup. Tu es merveilleuse. Mais comme toujours. L’heure tourne… Allez ! Ne perdons pas une minute…

– Ton côté énigmatique, derrière ce sourire qui te rend si sûr de toi, c’est peut-être cela que j’aime le plus chez toi. Et quand tu relèves ton sourcil gauche, également…

Aidan, alors, prit sa moitié par la main et la pria de fermer les yeux.

– Tu as confiance en moi, n’est-ce pas ? demanda-t-il. Où aimerais-tu être, en ce moment ?

– Où j’aimerais être ? Hum… Laisse-moi réfléchir. Ah ! Oui ! Sur cette plage dont tu m’as si souvent parlé, en Australie.

– Très, très, très bon choix, se satisfit-il. Ouvre les yeux et… regarde !

Helen hallucina, littéralement. Aidan et elle y étaient : à Bondi Beach. Le soleil se couchait, donnant une belle couleur vermeille et dorée au pays des kangourous, et ils étaient seuls au monde. Complètement.

– Je dois rêver, murmura-t-elle, se blottissant contre le corps tout chaud de son époux.

– C’est bon de rêver, affirma-t-il. Et ton maillot de bain est… très sexy…

– Ça alors ! s’exclama Helen en baissant les yeux. Mais… c’est de la magie !

Réalisant que son époux était dévêtu lui aussi, elle lui murmura qu’il était… très viril dans le sien…

– Tu veux qu’on aille affronter les vagues ? la pressa-t-il avec l’impatience d’un enfant.

– Quoi ? Les vagues ? Tu es fou ! J’ai bien trop peur des requins ! C’est plein de requins et de crocodiles, ici ! Et pas des petits !

Aidan se moqua gentiment.

– Puis il fait nuit… Et des vagues, des vagues… il n’y en a pas ! poursuivit-elle.

Il releva les yeux, claqua des doigts… et le soleil chassa brusquement les ténèbres naissantes. Il faisait jour, à nouveau, et un vent idéal faisait se soulever les vagues de l’océan Pacifique.

– Satisfaite ? Il fait jour, y a des vagues… et il n’y a aucune bestiole affamée dans l’eau.

– Mon Dieu… Ou je rêve ou je deviens folle…

– Mais tu n’es pas folle, Helen, rassure-toi. Sinon de moi, j’espère bien !

Souriant, Aidan se pencha sur sa femme et l’embrassa passionnément, comme la toute première fois, quand deux corps étrangers se touchent et se découvrent, fusionnent, explosent, provoquant les plus intenses, les plus incroyables et les plus inoubliables des frissons…

Deux anges sur le sable.

Du doré et du bleu à perte de vue ; véritable paradis anamorphosé, comme un acrylique qui prendrait vie…

– Je t’aime, dit Helen sur le ton de la confidence.

– Moi aussi, dit Aidan. Plus que tout au monde.

Helen surfait sur de hautes vagues avec l’homme qu’elle aimait. Son dieu du surf à elle toute seule… Ils glissaient, tous les deux, sur la même planche. Sur le Pacifique. Aidan se mit à crier d’excitation et de bonheur. Helen, d’ordinaire sage, l’imita. Ils étaient heureux. Le monde leur appartenait.

– Je n’ai jamais éprouvé un tel bonheur, avoua Helen en resserrant ses bras autour de la taille d’Aidan. On devrait faire cela bien plus souvent !

– On le fera, promit-il. Mais ferme les yeux, maintenant.

Helen s’exécuta, exaltante. Lorsqu’elle les rouvrit enfin, ils avaient atterri en plein milieu… d’un carnaval… Dans les rues de la Nouvelle-Orléans ! Et des airs de jazz fusaient ! Et des gens costumés s’amusaient tout autour.

– Tu aimes ?

– C’est incroyable, dit Helen.

– Alors… pense très, très, très, très fort à un costume, n’importe lequel, et claque des doigts ! Je vais faire la même chose.

– Tu es sérieux ?

– Ai-je l’air de plaisanter ? (Il releva son sourcil gauche.)

Helen baissa les yeux, amusée, et pensa très fort à cette actrice dont elle avait oublié le nom mais qu’elle avait adorée dans les trois premiers volets de Pirates des Caraïbes. Puis elle claqua des doigts.

– Mademoiselle Swann ! s’exclama Aidan. J’adore…

Helen se mit à rire en découvrant le costume sur son corps tout fin, apparu, encore une fois, comme par magie. Aidan claqua des doigts et se retrouva, lui, dans le costume de Brad Pitt dans Troie.

– Mon Achille ! s’écria Helen.

– Plutôt cool, non, tous ces gros muscles ? plaisanta-t-il. Allez ! Profitons de la fête et… dansons !

Les deux amoureux virevoltaient, insouciants, pris dans la folie nocturne de ce carnaval étourdissant de couleurs et de sons.

Les rues de la Nouvelle-Orléans étaient très colorées et ornées d’accessoires de fêtes et de ballons de toutes les formes. Il y avait des cracheurs de feu, des clowns et des acrobates, des cajuns qui marchaient sur des échasses et l’on pouvait admirer, de-ci de-là, un James Bond, une Angélique, un Robin des Bois et même… des morts-vivants ! Quelques enfants, d’ailleurs, étaient déguisés en Michael Jackson et lui rendaient hommage en exécutant, plus ou moins bien, la célèbre chorégraphie de Thriller.

– Je voudrais que cette nuit ne s’achève jamais !!!!!! hurla Helen, s’efforçant de couvrir le son des instruments de musique.

– IDEEEMMM !!!!!! cria Aidan encore plus fort.

Il la serra dans ses bras, très fort contre son cœur, et caressa sa chevelure, s’enivrant de sa douce odeur de miel.

 

Toute la nuit, Aidan emmena Helen dans des lieux réellement exceptionnels : aux pieds des Pyramides, sur la Grande Muraille de Chine, au sommet de l’Himalaya et, bien sûr, du Kilimandjaro, pour finir dans un somptueux jardin japonais.

Tout était définitivement possible : nager au milieu des dauphins ou prendre le thé en plaisantant de bon cœur avec la Reine Mère… Pourquoi s’en étonner, après tout ?

 

– Es-tu heureuse ? demanda Aidan. Je veux dire… As-tu assez de belles images, dans ta tête ? Dis-moi…

– Que dois-je comprendre, Aidan ? s’inquiéta-t-elle alors, revenant immédiatement à la réalité.

– Parce qu’il est l’heure.

– L’heure ? L’heure de quoi ? marmotta-t-elle. Mais elle savait.

– L’heure de nous dire au revoir, Helen. Un ange m’a accordé cette nuit. Tout ce condensé de souvenirs avec toi. Il nous a offert ce qu’aurait dû être notre vie, de beaux moments et même… davantage. Tout cela en quelques heures à peine.

– Tais-toi, supplia-t-elle.

– Tu dois me laisser m’en aller, poursuivit-il. Tu dois me débrancher et continuer ta vie sans moi… Tu m’entends ? Helen ?

Les lèvres rouges carmin de la jeune femme furent prises de tremblements. Elle se mit à pleurer.

– Je ne peux pas, Aidan. Je ne peux pas… Comment je pourrais ?

– Il le faut, amour. Je ne suis déjà plus ici. Ce n’est plus que mon corps, et ce corps est vide…

– Arrête, je t’en supplie. Tu me brises le cœur. Pourquoi tu me brises le cœur ?

– Un cœur si plein d’amour ne peut se briser, Helen. Pourquoi tant de désespoir ? Ce n’est pas un adieu, tu le sais bien. Quand l’heure sera venue, nous nous retrouverons. Je serai là. Je t’attendrai.

– Mais moi ? Que vais-je faire, toute ma vie, sans toi à mes côtés ? Que vais-je faire, toute ma vie, sans jamais plus entendre le son de ta voix ? Sans venir t’embrasser le matin quand tu te réveilles ? Sans cet enfant que nous ne ferons jamais ensemble ?

– Je vois, dit-il.

Il fronça les sourcils et se remit à parler.

– N’as-tu pas remarqué des changements, ces derniers temps, Helen ?

– Des changements ?

Elle réfléchit, fébrile.

– Tu t’en souviens, de cette nuit ? Il y a deux mois avant mon accident de moto. Tu t’en souviens ?

Helen fronça les sourcils. Hésita… Puis elle toucha son ventre, le caressa, et réalisa… Elle portait leur enfant. C’était une certitude. Il sourit, tout en versant une larme qui vint effleurer sa lèvre supérieure. Elle éclata en sanglots, tout en souriant d’une joie paradoxalement… « retrouvée ».

– Tu vas vivre une longue et belle vie, amour. Avec notre James, ou notre Kristen. Tu seras une mère exceptionnelle et ça, vois-tu, je le sais. Je le sais comme un et un font deux. Tu vas aimer notre enfant et il va t’adorer, comme moi je t’ai adorée. Tu vas être forte pour lui, pour moi. Mais moi, mon heure est venue. La tienne, non… Promets-moi d’être heureuse. Promets-le-moi.

– Je suis triste… Je suis en colère !… Comme je t’aime, Aidan. Comme je t’aime… Je te le promets, oui, sanglota-t-elle. Mais pourquoi diable ne peux-tu pas te réveiller ?

– Ça va aller, n’ai pas peur. Embrasse-moi une toute dernière fois, s’il te plaît. Nous n’avons plus beaucoup de temps, elle arrive…

Helen, désemparée, embrassa son Aidan une dernière fois. Elle sentit une incroyable chaleur l’envahir, douce et bienfaisante. Régénératrice…

Une intense lumière dorée entoura le corps d’Aidan et le souleva du sol, l’arrachant des bras d’Helen. Elle voulut crier mais il lui sourit. On aurait dit le dieu Apollon prenant place sur son char solaire… Alors, elle s’obligea à être forte. À son tour, elle esquissa un sourire, comme un ultime geste d’amour. Le corps d’Aidan devint une image évanescente et il disparut.

Pour de bon…

 

Dans la matinée qui suivit, quand l’infirmière de jour se présenta dans la chambre 408, Aidan, libéré, souriait dans son repos éternel, ses parents à ses côtés.

Helen, elle, s’était éclipsée, rassérénée, les laissant dire au revoir à leur fils, leur Aidan, et se préparer, déjà, au premier jour du reste de sa vie avec son James. Car c’était un p’tit mec, dans son ventre ; elle en était sûre. Et ce serait un dieu du surf.

 

Dehors, le soleil brillait de mille feux.


 

 

Adam Gray

 

 

Publié dans auteur mystère

Partager cet article
Repost0

Le jeu d'aloys... Mais qui a écrit cette nouvelle ?

Publié le par christine brunet /aloys

point d'interrogation

 

L’Amour au-delà…

 

– Non, coupa Helen, de grosses larmes affluant, pareilles à la marée aux pieds du Mont Saint-Michel, dans ses grands yeux gris-vert.

– Ne vous méprenez surtout pas… Je comprends ce que vous ressentez. Je le comprends parfaitement mais… ce n’est pas sa volonté, répondit le chirurgien d’une voix bien trop mécanique pour simuler une réelle empathie. Vous devez le laisser partir. Demain, il nous faudra débrancher Aidan. Demain, Helen.

– Je ne suis pas prête, répondit-elle irritée.

 

Le praticien tourna les talons et quitta la chambre 408, où seule une photo d’un couple très heureux, ceinte d’un cadre rococo couleur camion de pompier, donnait à la pièce immaculée, blafarde, un dérisoire semblant de chaleur. Les fleurs dans le vase, des roses rouges, étaient mortes de soif depuis déjà plusieurs jours ; Helen avait complètement oublié de s’arrêter en acheter chez le fleuriste dans le hall de l’hôpital, au rez-de-chaussée.

Se penchant sur son jeune et bel époux, elle posa une joue sur son torse athlétique abîmé par une longue cicatrice, l’embrassant, tout d’abord, et se remit à pleurer, dans le plus pur silence que la pluie sur les vitres, un peu grasses, ne tarda pas à venir briser. Cruellement.

 

La journée défila, s’égrainant avec les allers et retours du personnel hospitalier, plus ou moins impassible, et, avec cette nouvelle et sombre journée, défilèrent les souvenirs…

La soirée était bien avancée.

La pluie avait cessé.

Helen se cala dans son fauteuil, ne cessant de veiller son époux, immobile dans son lit et relié à d’horribles et froides machines, imperturbables et menaçantes. Elles semblaient bien plus vivantes que son Aidan dans sa mortifère pétrification. Méduse n’aurait pas fait mieux…

 

Au moment de cesser sa lutte contre Hypnos et son fils, Morphée, Helen, les cheveux quelque peu défaits, prononça quelques mots. Ces mots : « Je ne veux pas te laisser partir. Je ne peux pas. »

Et, finalement, elle se mit à rêver…

De leur rencontre, alors qu’ils étaient tous deux étudiants en droit – lui, pour faire plaisir à sa famille car tout ce qui l’intéressait, dans la vie, c’était de devenir, clamait-il : « Un dieu du surf ! »

Lui revinrent leurs premiers mots échangés à la cafétéria, un jour de décembre ; il venait, se prenant les pieds dans le sac qu’elle avait négligemment jeté à terre, de lui renverser son plateau sur le pull-over blanc tout neuf qu’elle s’était acheté la veille. Revinrent, bien sûr, le tout premier fou rire et, surtout, le tout premier baiser quelques jours après dans la voiture d’Aidan. Elle rêva même du tout premier repas avec ses parents – ses parents à elle –, et se souvint à quel point sa mère avait été séduite. Et pour cause : Aidan était très avenant et plein d’humour, grand et beau garçon. Le gendre idéal, en somme. Helen, très belle avec un beau visage ovale encadré d’une longue chevelure blonde, et Aidan formaient un fort plaisant couple, alliant beauté et gentillesse, générosité, avec des rêves plein la tête. Entre autres, partir un jour à la découverte du Kilimandjaro. Peut-être Shanghai… Et surfer sur les vagues australiennes ! Ils auraient fait plein de photos pour ennuyer leurs familles avec des : « Ça, c’est Helen dans le jardin Yuyuan ! », et des : « Ça, c’est Aidan qui est tombé de sa planche à Bondi Beach ! »

Ils auraient fait un enfant, un soir, après le coucher du soleil, sur une plage de carte postale, derrière une dune… Un petit James ou une petite Kristen.

 

Helen dormait profondément.

 

Inconsciente d’être dans les bras de Morphée, elle poussa une porte qui venait de se matérialiser devant ses yeux, s’ouvrant, étrangement, sur le campus où ils avaient étudié…

– Aidan ? C’est… C’est toi ? s’étonna-t-elle, quoique très heureuse.

– Bien sûr, répondit ce dernier d’une voix enjouée. Ça me fait tellement plaisir de te voir ! Tellement de choses à te montrer… Comme tu es belle…

– Belle ? Tu parles !… À me montrer, dis-tu ? À quoi diable fais-tu allusion ?

– Ah ! Tu vas voir ! Ce soir, amour, nous allons faire le plus beau des voyages… Féerique ! Fantastique ! Magique !

Helen se mit à rire.

– C’est une nouvelle robe ? enchaîna-t-il rapidement.

– Elle te plaît ? s’enquit-elle en tournant sur elle-même.

– Beaucoup. Tu es merveilleuse. Mais comme toujours. L’heure tourne… Allez ! Ne perdons pas une minute…

– Ton côté énigmatique, derrière ce sourire qui te rend si sûr de toi, c’est peut-être cela que j’aime le plus chez toi. Et quand tu relèves ton sourcil gauche, également…

Aidan, alors, prit sa moitié par la main et la pria de fermer les yeux.

– Tu as confiance en moi, n’est-ce pas ? demanda-t-il. Où aimerais-tu être, en ce moment ?

– Où j’aimerais être ? Hum… Laisse-moi réfléchir. Ah ! Oui ! Sur cette plage dont tu m’as si souvent parlé, en Australie.

– Très, très, très bon choix, se satisfit-il. Ouvre les yeux et… regarde !

Helen hallucina, littéralement. Aidan et elle y étaient : à Bondi Beach. Le soleil se couchait, donnant une belle couleur vermeille et dorée au pays des kangourous, et ils étaient seuls au monde. Complètement.

– Je dois rêver, murmura-t-elle, se blottissant contre le corps tout chaud de son époux.

– C’est bon de rêver, affirma-t-il. Et ton maillot de bain est… très sexy…

– Ça alors ! s’exclama Helen en baissant les yeux. Mais… c’est de la magie !

Réalisant que son époux était dévêtu lui aussi, elle lui murmura qu’il était… très viril dans le sien…

– Tu veux qu’on aille affronter les vagues ? la pressa-t-il avec l’impatience d’un enfant.

– Quoi ? Les vagues ? Tu es fou ! J’ai bien trop peur des requins ! C’est plein de requins et de crocodiles, ici ! Et pas des petits !

Aidan se moqua gentiment.

– Puis il fait nuit… Et des vagues, des vagues… il n’y en a pas ! poursuivit-elle.

Il releva les yeux, claqua des doigts… et le soleil chassa brusquement les ténèbres naissantes. Il faisait jour, à nouveau, et un vent idéal faisait se soulever les vagues de l’océan Pacifique.

– Satisfaite ? Il fait jour, y a des vagues… et il n’y a aucune bestiole affamée dans l’eau.

– Mon Dieu… Ou je rêve ou je deviens folle…

– Mais tu n’es pas folle, Helen, rassure-toi. Sinon de moi, j’espère bien !

Souriant, Aidan se pencha sur sa femme et l’embrassa passionnément, comme la toute première fois, quand deux corps étrangers se touchent et se découvrent, fusionnent, explosent, provoquant les plus intenses, les plus incroyables et les plus inoubliables des frissons…

Deux anges sur le sable.

Du doré et du bleu à perte de vue ; véritable paradis anamorphosé, comme un acrylique qui prendrait vie…

– Je t’aime, dit Helen sur le ton de la confidence.

– Moi aussi, dit Aidan. Plus que tout au monde.

Helen surfait sur de hautes vagues avec l’homme qu’elle aimait. Son dieu du surf à elle toute seule… Ils glissaient, tous les deux, sur la même planche. Sur le Pacifique. Aidan se mit à crier d’excitation et de bonheur. Helen, d’ordinaire sage, l’imita. Ils étaient heureux. Le monde leur appartenait.

– Je n’ai jamais éprouvé un tel bonheur, avoua Helen en resserrant ses bras autour de la taille d’Aidan. On devrait faire cela bien plus souvent !

– On le fera, promit-il. Mais ferme les yeux, maintenant.

Helen s’exécuta, exaltante. Lorsqu’elle les rouvrit enfin, ils avaient atterri en plein milieu… d’un carnaval… Dans les rues de la Nouvelle-Orléans ! Et des airs de jazz fusaient ! Et des gens costumés s’amusaient tout autour.

– Tu aimes ?

– C’est incroyable, dit Helen.

– Alors… pense très, très, très, très fort à un costume, n’importe lequel, et claque des doigts ! Je vais faire la même chose.

– Tu es sérieux ?

– Ai-je l’air de plaisanter ? (Il releva son sourcil gauche.)

Helen baissa les yeux, amusée, et pensa très fort à cette actrice dont elle avait oublié le nom mais qu’elle avait adorée dans les trois premiers volets de Pirates des Caraïbes. Puis elle claqua des doigts.

– Mademoiselle Swann ! s’exclama Aidan. J’adore…

Helen se mit à rire en découvrant le costume sur son corps tout fin, apparu, encore une fois, comme par magie. Aidan claqua des doigts et se retrouva, lui, dans le costume de Brad Pitt dans Troie.

– Mon Achille ! s’écria Helen.

– Plutôt cool, non, tous ces gros muscles ? plaisanta-t-il. Allez ! Profitons de la fête et… dansons !

Les deux amoureux virevoltaient, insouciants, pris dans la folie nocturne de ce carnaval étourdissant de couleurs et de sons.

Les rues de la Nouvelle-Orléans étaient très colorées et ornées d’accessoires de fêtes et de ballons de toutes les formes. Il y avait des cracheurs de feu, des clowns et des acrobates, des cajuns qui marchaient sur des échasses et l’on pouvait admirer, de-ci de-là, un James Bond, une Angélique, un Robin des Bois et même… des morts-vivants ! Quelques enfants, d’ailleurs, étaient déguisés en Michael Jackson et lui rendaient hommage en exécutant, plus ou moins bien, la célèbre chorégraphie de Thriller.

– Je voudrais que cette nuit ne s’achève jamais !!!!!! hurla Helen, s’efforçant de couvrir le son des instruments de musique.

– IDEEEMMM !!!!!! cria Aidan encore plus fort.

Il la serra dans ses bras, très fort contre son cœur, et caressa sa chevelure, s’enivrant de sa douce odeur de miel.

 

Toute la nuit, Aidan emmena Helen dans des lieux réellement exceptionnels : aux pieds des Pyramides, sur la Grande Muraille de Chine, au sommet de l’Himalaya et, bien sûr, du Kilimandjaro, pour finir dans un somptueux jardin japonais.

Tout était définitivement possible : nager au milieu des dauphins ou prendre le thé en plaisantant de bon cœur avec la Reine Mère… Pourquoi s’en étonner, après tout ?

 

– Es-tu heureuse ? demanda Aidan. Je veux dire… As-tu assez de belles images, dans ta tête ? Dis-moi…

– Que dois-je comprendre, Aidan ? s’inquiéta-t-elle alors, revenant immédiatement à la réalité.

– Parce qu’il est l’heure.

– L’heure ? L’heure de quoi ? marmotta-t-elle. Mais elle savait.

– L’heure de nous dire au revoir, Helen. Un ange m’a accordé cette nuit. Tout ce condensé de souvenirs avec toi. Il nous a offert ce qu’aurait dû être notre vie, de beaux moments et même… davantage. Tout cela en quelques heures à peine.

– Tais-toi, supplia-t-elle.

– Tu dois me laisser m’en aller, poursuivit-il. Tu dois me débrancher et continuer ta vie sans moi… Tu m’entends ? Helen ?

Les lèvres rouges carmin de la jeune femme furent prises de tremblements. Elle se mit à pleurer.

– Je ne peux pas, Aidan. Je ne peux pas… Comment je pourrais ?

– Il le faut, amour. Je ne suis déjà plus ici. Ce n’est plus que mon corps, et ce corps est vide…

– Arrête, je t’en supplie. Tu me brises le cœur. Pourquoi tu me brises le cœur ?

– Un cœur si plein d’amour ne peut se briser, Helen. Pourquoi tant de désespoir ? Ce n’est pas un adieu, tu le sais bien. Quand l’heure sera venue, nous nous retrouverons. Je serai là. Je t’attendrai.

– Mais moi ? Que vais-je faire, toute ma vie, sans toi à mes côtés ? Que vais-je faire, toute ma vie, sans jamais plus entendre le son de ta voix ? Sans venir t’embrasser le matin quand tu te réveilles ? Sans cet enfant que nous ne ferons jamais ensemble ?

– Je vois, dit-il.

Il fronça les sourcils et se remit à parler.

– N’as-tu pas remarqué des changements, ces derniers temps, Helen ?

– Des changements ?

Elle réfléchit, fébrile.

– Tu t’en souviens, de cette nuit ? Il y a deux mois avant mon accident de moto. Tu t’en souviens ?

Helen fronça les sourcils. Hésita… Puis elle toucha son ventre, le caressa, et réalisa… Elle portait leur enfant. C’était une certitude. Il sourit, tout en versant une larme qui vint effleurer sa lèvre supérieure. Elle éclata en sanglots, tout en souriant d’une joie paradoxalement… « retrouvée ».

– Tu vas vivre une longue et belle vie, amour. Avec notre James, ou notre Kristen. Tu seras une mère exceptionnelle et ça, vois-tu, je le sais. Je le sais comme un et un font deux. Tu vas aimer notre enfant et il va t’adorer, comme moi je t’ai adorée. Tu vas être forte pour lui, pour moi. Mais moi, mon heure est venue. La tienne, non… Promets-moi d’être heureuse. Promets-le-moi.

– Je suis triste… Je suis en colère !… Comme je t’aime, Aidan. Comme je t’aime… Je te le promets, oui, sanglota-t-elle. Mais pourquoi diable ne peux-tu pas te réveiller ?

– Ça va aller, n’ai pas peur. Embrasse-moi une toute dernière fois, s’il te plaît. Nous n’avons plus beaucoup de temps, elle arrive…

Helen, désemparée, embrassa son Aidan une dernière fois. Elle sentit une incroyable chaleur l’envahir, douce et bienfaisante. Régénératrice…

Une intense lumière dorée entoura le corps d’Aidan et le souleva du sol, l’arrachant des bras d’Helen. Elle voulut crier mais il lui sourit. On aurait dit le dieu Apollon prenant place sur son char solaire… Alors, elle s’obligea à être forte. À son tour, elle esquissa un sourire, comme un ultime geste d’amour. Le corps d’Aidan devint une image évanescente et il disparut.

Pour de bon…

 

Dans la matinée qui suivit, quand l’infirmière de jour se présenta dans la chambre 408, Aidan, libéré, souriait dans son repos éternel, ses parents à ses côtés.

Helen, elle, s’était éclipsée, rassérénée, les laissant dire au revoir à leur fils, leur Aidan, et se préparer, déjà, au premier jour du reste de sa vie avec son James. Car c’était un p’tit mec, dans son ventre ; elle en était sûre. Et ce serait un dieu du surf.

 

Dehors, le soleil brillait de mille feux.

 

 

Publié dans auteur mystère

Partager cet article
Repost0

Jour de pluie, une nouvelle de Claude Colson

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

  claude colson-copie-2

 

Jour de pluie.


Comme elle se levait, elle alla à la fenêtre, tira le rideau et, bien qu’encore à demi endormie, elle ne sut réprimer une moue de dégoût. La pluie s’écrasait en larges gouttes qui, poussées par le vent, cinglaient la vitre en un bruit que modulait la violence des rafales. C’est ce qui l’avait réveillée.

 
La journée ne s’annonçait pas bien. Elle avait juste le temps de se préparer, de s’habiller et à dix heures le notaire l’attendait, elle et ses frères, pour la lecture du testament de leur père.


C’était incontournable et cela la révulsait. Elle n’avait que faire de ces formalités, de l’argent, tout comme du reste de sa famille.


Mais le vieux l’avait désignée exécutrice testamentaire et à ce titre le notaire lui avait fait savoir que sa présence était requise lors de l’ouverture.


Elle sortit donc, en maugréant contre son géniteur et sa dernière blague, douteuse à son goût.


La pluie diluvienne avait chassé toute âme des rues et tournoyait sa furie autour des bouches d’égout avant de s’y engouffrer. Le flot brunâtre dévalait les pentes, emportant de menus objets, et çà et là escaladait les trottoirs pour venir mourir aux marches des portes d’entrée. Parfois il parvenait à s’insinuer par les soupiraux et alors il envahissait
les caves.


Merde, se dit-elle, le taxi que j’ai commandé ne sera pas à l’heure. Ça va me faire rater le rendez-vous.


Le vent chargé d’eau lui mordait le visage et ses vêtements dégoulinaient, piteux ; de vraies loques. Elle commençait à songer qu’elle n’était plus guère présentable.


Il y a longtemps que son parapluie, retourné, s’était transformé en faisceau de ferraille inutile, et de rage elle le jeta derrière elle tout en essayant de préserver ses chaussures de l’eau omniprésente en restant tant bien que mal au plus haut du trottoir. Echevelée, elle devait avoir l’air d’une sorcière. Jamais elle n’aurait dû sortir.

« Mireille, mais que fais-tu dehors par un temps pareil ? »

Elle se retourna et vit avec délice Ronan, son premier amour, qui avait d’une main empêché le parapluie de le gifler et de l’autre lui offrait le secours, afin de la pousser dans le camion de pompiers tout proche et dont la tempête lui avait masqué l’approche.
Pleurant encore de rage, mais de moins en moins, elle se pelotonna contre la poitrine rassurante de Ronan, à présent bien à l’abri sur le siège.

Soudain et contre toute attente la vie devenait très belle.

Au diable le vieux et merde pour mes frères et cet abruti de notaire, pensa t’elle.

« C’est toi, Ronan, je ne t’avais pas reconnu. »……

 

 

Claude Colson

claude-colson.monsite-orange.fr

Publié dans Nouvelle

Partager cet article
Repost0