Ani Sedent a lu "Un temps d'avance" de Peter Pen
https://youtu.be/TbtKDCtbn20
Lecture, écriture, une passion... Un partage... La littérature dans tous ses états !
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Et si nous parlions du hors série 2025 des Petits Papiers de Chloé ?
Comme vous le savez certainement déjà, en 2025, dans le cadre de l’évènement annuel : « Fureur de Lire », Chloé des Lys a décidé d’initier sa propre opération sur le thème des lectures extraordinaires : « Fureur de Lire, Fureur d’Écrire », car, comme le dit Laurent Dumortier dans son édito, l’un ne va pas sans l’autre ! Et c’est ainsi que fut lancé, par Christine Brunet, rédactrice en chef des Petits Papiers et administratrice du Blog Aloys, un grand concours d’écriture en cinq actes.
Les Petits Papiers de Chloé nous en livre les textes gagnants en nous dévoilant une lecture qui ne manque ni d’humour ni de de piquant ni d’extraordinaire. De l’émoi d’une petiote de quatre ans devant son premier livre, à la colère épique d’un personnage envers son créateur, en passant par les plus folles aventures à dormir debout et l’acidité d’histoires mitonnées au vitriol, le lecteur se voit plongé dans l’imaginaire débridé des auteur(e)s.
Cerise sur le gâteau, l’acte cinq, entièrement confié aux élèves de 4eme année du collège de La Vésubie-Jean Salines de Roquebillière, en France, offre au lecteur trois textes supplémentaires. Il faut dire que ces petits jeunes (environ 13 ans) n’ont pas manqués, eux aussi, de faire preuve d’une belle imagination dans leurs contes fantastiques.
Et puis il y a Chloé a dit… : « Sur le métier d’écrivain remettez cent fois votre ouvrage », ce que n’ont pas manqués de faire certaines plumes inspirées.
Mais la revue Les Petits Papiers de Chloé c’est aussi celle des auteurs qui y présentent leur livre, paru ou à paraître ; c’est aussi celle des coups de cœur des chroniqueuses de l’ActuTV … et il y en a eu quelques uns !
Alors, n’hésitez plus et découvrez ce hors série de 34 pages, tout en papier glacé, riche en illustrations colorées et en textes échevelés.
Bonne lecture !
Ani Sedent
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BIOGRAPHIE
Depuis sa plus tendre enfance, Micheline Boland (née en 1946) a toujours aimé inventer des histoires. Puis elle s’est passionnée pour les contes, les nouvelles et les haïkus. Maître-praticienne en P.N.L., elle a écrit divers articles de psychologie pour des revues belges et françaises et a publié un manuel sur ces méthodes de développement personnel.
Elle fut psychologue, conteuse, improvisatrice, choriste et tireuse à l’arc.
Ce recueil est le dix-septième livre qu’elle a sorti aux Éditions Chloé des Lys. Elle a également collaboré à de très nombreux recueils collectifs chez d’autres éditeurs.
Elle a obtenu le premier prix section française au concours de haïkus 2025 de la Société Roumaine de Haïku avec ce poème :
Matin de juillet
pas d’enfants juste un pigeon
dans la cour d’école.
RÉSUMÉ
Le haïku et le tanka sont des poèmes courts d’origine japonaise qui évoquent au présent des émotions et des réflexions.
Les haïkus sont classés selon les saisons. Cependant, un petit chapitre est réservé à des haïkus du Pays Noir où vit l’auteure. Les tankas sont rangés pour la plupart au rythme des saisons, mais certains sont estimés « hors saison ».
EXTRAITS
Quelques haïkus
Mies de biscottes
sur le miroir du bouillon
voyage d’hiver.
Un douze janvier
tu as rejoint les étoiles
l’orchidée fleurit.
Début de printemps
la pelle à tarte en argent
devient transplantoir.
Un fil d’araignée
relie des chocolats
Pâques au jardin.
Dans la nuit d’été
le chant d’un moustique couvre
mon chant intérieur.
Dans le champ de blé
l’épouvantail me ressemble
il prend le soleil.
Le jour de Toussaint
un vieux chien conduit son maître
à la bonne tombe.
Sous le vent d’automne
les feuilles vont se noyer
dans l’étang tout proche.
Deux tankas
Retour du travail
seule une araignée m’accueille
dans le hall d’entrée
m’effleure la superstition
de l’espoir qu’elle apporte.
Le vieux bouledogue
n’accorde pas un regard
à la tour Eiffel
même moi je m’attendais
à quelques aboiements.
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Extrait
Mardi 18 Décembre, 20:30
« (… ) trop excité pour dormir ce soir si tu continues à manger ces saloperies ! »
« On ira là où ils font le homard. Tu sais, là où tu peux demander deux préparations… »
« … tes cadeaux à la fin ! Si ça continue, ton père va finir par se… »
« … de boire un verre. Ils ont de la Triple d’Anvers dans ce bar et tu devrais la goûter avant de mourir… »
Les bribes de conversation l’effleurent sans s’y accrocher, comme si leurs doigts, malingres et malhabiles glissaient sur une armure. Depuis son nouveau départ, les gens n’ont plus de prise sur lui. Il est invulnérable, il n’a plus rien à craindre de la vie désormais.
L’odeur des churros, des barbapapa, des amandes enrobées de sucre, tout ce charivari odorant ne l’écœure même plus. Pourtant, le mois dernier, il n’aurait même pas été capable de se mêler à la foule de peur que ses narines captent l’un de ces fumets. Il craignait de vomir, le front collé à un mur, le corps cassé en deux comme l’un des fêtards intempérants de Saint-Géry. Il a toujours redouté le regard des uns et encore davantage la compassion des autres. Depuis qu’il est malade – mais est-ce réellement un repère temporel, il l’est depuis tellement longtemps – il a développé une allergie aux bons sentiments, l’obligeant à fuir ses amis, et même sa famille alors qu’il n’a, tout au plus, que des cousins éloignés dont il n’a plus de nouvelles depuis qu’il a fait sécession avec la société.
Disséminées un peu partout à grands frais par le bourgmestre et sa clique de menteurs, les enceintes diffusent une daube sirupeuse tout à fait consensuelle et dans l’air du temps. Ça dégouline d’esprit de Noël, d’amour et d’autres conneries absolument insupportables. Il a la tentation de s’éloigner, de contourner les cabanes outrageusement illuminées où les commerçants ont l’air de bouder, mais cela signifierait effectuer un détour considérable. Il aime aller droit au but, c’est dans sa nature. Il fend donc la foule sans se presser, s’écartant uniquement pour laisser passer les poussettes – une idée de dingue ! Quel genre de personne s’encombre de ce type d’engin pour se noyer dans la masse ? – évitant les gamins bourrés de sucre et les couples enlacés qui se croient seuls au monde.
Sur son dos, le sac pèse une tonne, il lui scie les épaules et les reins. Bientôt, il le déposera et il se sentira bien mieux. Sisyphe bientôt débarrassé de sa pierre…
« (… ) du manège, mon chéri. Celui du Vismarkt est bien plus beau, je t’assure. »
Il passe devant l’un des carrousels qu’on nomme « steampunk », il tourne chaque hiver depuis qu’il est gamin. L’homme a toujours eu un peu peur de ces monstres mécaniques, surtout de l’improbable batracien flanqué d’une coque sur le dos, ses yeux fixes et flous l’ont toujours terrifié. La première fois qu’il l’a vu, il a cauchemardé une semaine entière.
Quel est le dangereux névropathe qui a un jour décidé de remplacer les gracieux chevaux de bois multicolores par ces horreurs ?
« (…) Grande roue après ? Il paraît qu’on voit toute la ville. Mais quel froid de gueux, par contre. La dernière fois, j’ai failli perdre mon portable… Heureusement que… »
Devant le stand de confiseries, il y a du monde. Les gens sont indisciplinés ; au lieu de se placer en file, les gourmands se massent anarchiquement par grappes. Pauvre société ! Ça bouffe, ça picole, ça gueule, ça n’a aucune allure. Il s’occuperait bien de ceux-là s’il en avait le temps.
C’est alors qu’il pose les yeux sur ELLE, celle pour qui il a fait tous ces efforts.
Flanquée du logo de la société des jeux la plus célèbre d’Europe, la grande roue se voit de très loin comme un hideux phare urbain. Autrefois, dans son ancienne vie, il y grimpait, ne fut-ce que pour ressentir un peu d’adrénaline. Désormais, il la voit comme un furoncle immonde sur le dos de la capitale. Il ne la supporte plus, rien que sa vue l’exaspère, elle est le symbole de cette société putréfiée.
Dans son sac à dos, enroulé autour de ses épaules, il a calé entre des mètres de papier-bulle, une bombe artisanale. Il n’aura qu’à déposer ses charges dans l’une des nacelles sous les sièges – le sac est blanc, il sera presque invisible – qu’il quittera après le tour de rigueur. Ensuite, après s’être éloigné suffisamment, il n’aura qu’à actionner le détonateur.
En s’approchant de la monstruosité de métal, un doute l’assaille. Et si les charges n’explosaient pas ? Il se met à transpirer. Que ferait-il si cela ne fonctionnait pas ? Son pas ralentit alors qu’il s’approche de la file de celles et ceux qui attendent devant la grande roue en dévorant des churros, des gaufres et autres immondes sucreries. Aucun garde n’est posté à l’entrée pour demander aux gens d’ouvrir leur sac. En revanche, deux agents postés non loin de là portent sur la foule un regard las. Ils sont sans doute de faction pour rassurer le peuple, mais ils ont l’air de s’ennuyer plus que des gamins à un repas de charité.
Il braque ses yeux vers le sol afin d’éviter leur regard, puis il se rend compte qu’il fait tout pour attirer leur attention, il doit faire l’effet d’un acteur de cinéma mal dirigé. Il ne doit pas se faire pincer, pas si près du but.
L’homme se redresse, pas trop car le sac est pesant, puis se place en bout de file. À vue de nez, il ne montera pas dans la nacelle avant une dizaine de minutes, si pas davantage. Il se demande si, tout compte fait, il ne devrait pas actionner ses charges maintenant. Il n’aurait qu’à déposer discrètement son bagage et faire semblant de prendre un appel en s’éloignant lentement, il possède un vieux portable qui le fonctionne plus depuis belle lurette, mais il ferait sans doute illusion quelques instants.
Soudain, tout lui parait beaucoup moins évident que lors de l’élaboration du plan. A-t-il la berlue ou les flics se sont rapprochés de lui ? Il trouve que l’un d’eux le regarde avec trop d’insistance et porte la main à sa ceinture, sans doute pour appeler des renforts.
L’individu ne tient plus et rompt les rangs, trop vite, il n’a pas eu trop le temps de réfléchir… Il fait un pas, suivi d’un autre, son cœur pompe à toute berzingue, ses mains sont tellement moites qu’il serait incapable de tenir quoique ce soit, il sent les veines de ses tempes pulser. Il en est sûr, il va exploser avant sa bombe.
Auteur de nombreux romans et recueils de nouvelles parus chez différents éditeurs, Gauthier Hiernaux est un auteur belge francophone né à Mons en 1975 et résident à Bruxelles depuis les années 2000.
Il est licencié en Langues et Littératures romanes de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et possède une agrégation de l’enseignement supérieur.
Il est formateur en informatique depuis plus de vingt-cinq ans et partage sa vie entre sa famille, son travail et ses activités littéraires.
Bruxelles, 18 décembre, Plaisirs d’Hiver (Marché de Noël de Bruxelles)
Un engin explosif provoque la mort de dizaines de citoyens, dont la fille de la Ministre de l’Intérieur.
À un an de la retraite, le Commissaire-divisionnaire Abel Van Dockx se voit confier les rênes d’une cellule extraordinaire destinée à arrêter le coupable. Cette traque le mènera à côtoyer de nombreux milieux, des bas-fonds de la capitale aux nobles familles belges.
Tandis que Van Dockx remonte péniblement la piste, il combattra un autre adversaire qui lui dévore peu à peu les poumons et contre lequel il ne peut rien.
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BIOGRAPHIE
La biographie que je propose dans la fiche de référencement est à la troisième personne, concise et en lien direct avec mon livre. En voici une plus personnelle et développée :
Je suis né en Flandre, comme plusieurs membres de ma famille. Je suis né en 1963, un 3 mars, à Courtrai, mais j’ai vécu mes 10 premières années à Mouscron. C’est sur les planches d’un théâtre de cette ville wallonne que mes parents se sont rencontrés. À ma naissance, ils ont renoncé aux planches, mais ils m’ont donné le goût des mots et de la lecture.
À dix ans, j’ai déménagé à Bruxelles, qui est très vite devenue ma ville de cœur. Depuis maintenant 25 ans, j’habite à Ogy, un village aux portes du très beau Pays des Collines, entre Flobecq et Lessines.
Je considère que je n’ai aucun talent particulier, mais au fil du temps, en dehors de la lecture, j’ai développé une affection particulière pour l’architecture ; la politique et les réflexions sur l’environnement. Je me suis d’ailleurs impliqué pendant 18 ans dans la vie politique lessinoise.
Tu sais, toi ? est la première histoire que je publie. C’est un très court roman. Certains diront même que c’est plutôt une longue nouvelle ou plus précisément une « novella ». J’en ai écrit la première ligne peu après le décès de mon père, en 2004 (sa disparition brutale m’avait ébranlé comme jamais je n’aurais pu l’imaginer). Pour diverses raisons, j’ai pris mon temps pour l’écrire. Pendant quelques années, je l’ai aussi laissé au fond d’un tiroir car il fallait que le temps passe et que je fasse mon deuil, comme on dit.
Tu sais, toi ? est le titre que je lui ai trouvé spontanément, dès que j’ai écrit la première ligne. Il a un côté candide et profond qui m’a tout de suite plu : c’est une question que pose Jérémie, le petit garçon de mon histoire, à sa peluche, à lui-même et au lecteur. C’est une question qui en couvre plein d’autres !
Tu sais, toi ? n’est pas un texte autobiographique, mais avec lui, j’ai pu faire revivre l’enfant que j’étais. Grâce à lui, j’ai pu faire remonter à la surface des liens invisibles que j’avais noués avec mon père, que par pudeur, par bêtise aussi, je n’avais pas voulu voir.
EXTRAIT DU LIVRE :
« Maman trempe une tartine grillée dans son café. Elle la tient avec ses deux mains et regarde les gouttes de café tomber. Elle ne me voit pas arriver. Quand elle relève la tête, son visage est fripé comme si elle avait passé la nuit en boule dans son lit… Je m’approche. Elle me sourit, dépose sa tartine et m’ouvre grand ses bras. Je me serre contre elle. J’aimerais l’embrasser mais c’est elle qui me couvre de baisers. Ai-je passé une bonne nuit ? Je devine que la sienne a été difficile. Par solidarité, j’aimerais lui dire que non. Je ne veux ni mentir, ni lui faire de la peine, alors je lui dis que ç’a été. Elle me dit qu’elle me fera un chocolat chaud. Le couvert est mis ; je n’ai qu’à m’installer et à me tartiner une belle tranche de pain avec la confiture aux prunes de Mamie en attendant. Son visage se défripe peu à peu. Elle s’active, sort le chocolat, le lait, un poêlon, une cuillère en bois. Pour un peu, elle chantonnerait car ce chocolat semble lui faire encore plus plaisir à elle qu’à moi. À défaut de notes enchantées dans mes oreilles, c’est la douce odeur du chocolat qui vient me caresser les narines. Elle ajoute le lait sur le chocolat fondu et touille avec la cuillère. C’est bientôt prêt. Le téléphone sonne dans la pièce d’à côté. Maman me demande de prendre le relais quelques instants, le temps de répondre. »
RÉSUMÉ DU LIVRE :
À dix ans et demi, Jérémie perd brutalement son père. Il découvre la mort, des rituels vides de sens, et voit les adultes sous un autre jour. Refusant que les cendres de son père soient soustraites au cycle de la vie, il prend la folle décision de « les libérer ». Il fugue, dérobe l’urne au cimetière et prend la route vers la ville côtière où il passe habituellement ses vacances. Ce voyage va le transformer. Sur le chemin, Jérémie ment pour avancer, découvre de nouvelles sensations libératrices et sent grandir en lui l’amour qu’il porte à son père. Arrivé au bord de la mer, il ne comprend pas tout, mais il sait que son père sera à jamais avec lui.
« Tu sais, toi ? » est un texte tendre et lumineux sur le deuil, l’enfance et la puissance des liens invisibles.