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Une chronique sur le site "HebdoFrance.com" pour le roman de Céline Estelle "Fractales de l'inoppiné"

Publié le par christine brunet /aloys

Une chronique sur le site "HebdoFrance.com" pour le roman de Céline Estelle "Fractales de l'inoppiné"

Pendant une douzaine d’années, elle a recueilli les histoires des autres, en tant que journaliste-reporter, puis comme rédactrice en chef. Aujourd’hui, c’est à travers ses romans singuliers et ses guides de développement personnel originaux qu’elle poursuit sa quête : « Saisir ce qui se joue derrière les apparences ». Romancière, sophrologue et praticienne en relation d’aide, installée à Vichy, Céline Estelle explore les territoires où l’intime frôle l’Universel. Dans ses livres, l’amour côtoie le deuil, les blessures sont des rituels de pouvoir, et les personnages, hypersensibles, avancent entre doutes, espoir et un réel « besoin de sens ». Oui, les livres de Céline Estelle échappent à toutes les catégories habituelles ! À la fois ancrés dans l’expérience humaine et ouverts à tous les mystères de la Conscience, ils invitent moins à « lire » qu’à Ressentir. Son nouveau roman, Fractales de l’Inopiné, une épopée entre monde terrestre et mondes astraux, vient de paraître, chez Chloé des Lys.

 

Bonjour Céline. Quel objet de votre bureau contient secrètement tout votre nouveau livre, Fractales de l’Inopiné, un roman imaginaire de 386 pages ?

Bonjour. Je savais que cette entrevue me réserverait des surprises… J’aime le thème des objets car certains ont véritablement une âme. Pour vous répondre, je pense notamment à cette petite machine à écrire rouge, rétro, que m’a offerte mon mari. Il est comme ça : j’ai toujours rêvé d’un homme qui offre des antiquités plutôt que des objets tendance souvent vite oubliés. Je ne m’entends pas avec les gens très superficiels, soucieux de se plier aux tendances et aux lieux à la mode. Pour notre premier anniversaire, il m’a offert une boîte à bijoux musicale des années 1920, surmontée d’une mandoline, sans connaître mon attirance pour ce type d’objets réellement chargés d’histoire et sans savoir que j’étais aussi compositrice et parolière. Et pour notre premier Noël, un camée de 1900 à l’effigie de Joséphine de Beauharnais, sans savoir que j’avais étudié, au lycée, dans ce qui fut sa demeure, à Noisy-le-Grand… Les coïncidences sont éclairantes disons. Cette machine à écrire a, elle aussi, une âme particulière. C’est un objet rétro, très mignon, presque vivant, en tout cas il a son caractère. Tous ceux qui le voient dans mon cabinet s’exclament : « Comme elle est mignonne !», et oui elle est inspirante ! Je ne l’utilise pas au quotidien, l’ordinateur reste plus pratique sans aucun doute mais elle m’a profondément inspirée. Elle m’a également confortée dans ce statut étrange d’auteur. L’auteur est celui qui a toujours un besoin impérieux de recommencer, de reprendre, de réécrire pour se sentir exister, vibrer et, d’une certaine manière, « validé ». Quand je regarde ma petite machine à écrire rouge, je sais que si j’ai une mission de passeuse (aider les gens à franchir des caps et des étapes) j’ai aussi une véritable mission d’autrice depuis toute petite. J’ai lu le livre « Lullaby » de Le Clézio, au CE1, et c’est là que je me suis dit que je voulais écrire un jour. Quand je vois la petite machine à écrire rouge, je me dis : « Je dois corriger mon prochain livre et avancer ». Je ne suis pas en quête de validation et la validation est vraiment l’ennemi que nous combattons avec mes clients, en sophrologie et en coaching. Je me sens profondément à ma place dans l’écriture car j’ai écrit mes premiers livres vers 14-15 ans. Pour moi l’écriture c’est la maison ! Mon souffle vital… Mais c’est vrai que lorsqu’un livre est paru, après la promo, tout reste à refaire, c’est ainsi, c’est parfois frustrant. Et c’est à cet instant que ma petite machine à écrire me fait de l’œil… On la retrouve d’ailleurs, presque telle quelle, à la fin de mon roman, à travers la petite machine à écrire rouge héritée de Mildred, dans la maison des Cascades de Yosemite, pour ceux qui ont lu ou liront mon livre. Mon héroïne Pauline, elle, commence son écriture sur son ordinateur portable de journaliste, à Maisons-Alfort, avant de finir par écrire son best-seller avec cet objet-ci aux USA.

Quel objet a refusé d’entrer dans votre histoire ?

Fractales de l’Inopiné est un roman qui explore un amour qui ne s’éteint pas avec la mort : un lien invisible, qui est persistant et probablement rassurant… Il relie les vivants à certains de leurs défunts et à ceux qui veillent sur eux, en tout cas depuis l’au-delà. Mais c’est aussi une histoire d’amours très humaines, multiples, parfois même très contradictoires… Pauline a aimé Jacob d’un amour profond, éternel, platonique, une présence qui demeure, structurante, parfois envahissante, mais essentielle à son cheminement intérieur et surtout spirituel. Elle aime aussi Peter, ce Canadien installé à Yosemite, qui chante du Johnny Cash avec un accent spécial, elle l’aime avec une autre intensité, plus incarnée probablement, bien moins volage. Elle est liée également à sa meilleure amie Ingrid, à Madame Zénitude, figure à la fois guide et « disciple », et même au gardien de sa résidence, « le gardien du seuil ». Avec lui,  elle partage une complicité nourrie par une passion commune pour la musique et la nonchalance des années 80… C’est un roman où il a une dose énorme d’amour.

Dans cet univers où l’amour prend toutes ses formes et traverse chaque chapitre, il m’apparaît que l’objet le plus étranger à cette histoire pourrait être un objet de pure apparence ou de séduction sociale : une montre hors de prix j’imagine, un costume acheté à crédit, quelque chose qui relève du paraître plutôt que du véritable lien. Un objet très « monde », en décalage total avec cette quête d’amour sincère, essentiel, parfois inconfortable, mais profondément nécessaire à mon héroïne.

Quel objet représente le mieux votre façon d’écrire ?

Lorsque je suis devenue journaliste en 2005, à la suite d’un enchaînement de circonstances assez singulier, puisque j’étudiais alors la théologie tout en travaillant à mi-temps en hôpital, j’ai répondu à une offre d’emploi dans la presse spirituelle. Tout s’est accéléré ensuite. Je me suis offert un coffret de stylos rétro Leica. Je me revois écrire mes premiers articles l’été, allongée dans l’herbe du parc du Moulin brûlé à Maisons-Alfort. Il y avait une simplicité heureuse dans ce moment-là. D’ailleurs, une partie de Fractales de l’inopiné prend racine dans ce même lieu, comme si l’écriture avait continué d’y poindre. Je suis quelqu’un de simple. J’ai tendance à me détacher des objets, à donner facilement ce que je possède, l’encombrement matériel ne m’est jamais nécessaire. Et même vider, trier m’offre un souffle régénérateur… J’aime le minimalisme, mon but ultime… Chaque semaine je prends un grand panier en osier et je fais le tour des étagères, des placards, je donne tout ce qui ne me sert pas, les vêtements et chaussures que je ne mets plus, les livres lus etc. Et pourtant, il existe quelques objets auxquels je reste profondément attachée. Le coffret de stylos de mes débuts, bien sûr, comme une trace mémorielle de mes premières lignes. La petite machine à écrire, témoin silencieux d’un autre rythme d’écriture. L’autoharp que mon mari m’a achetée à Albuquerque, chargée d’un souvenir fort. Mon exemplaire de L’Histoire sans fin, compagnon d’imaginaire. Et ce Book of Nonsense ancien – je peux mourir de rire en le lisant – acheté à Camden, dans lequel s’était glissée une lettre d’amour très drôle, tombée à mes pieds dans le Thalys. J’ignore si le libraire ignorait ou non son existence. Cet écrit a influencé le personnage de Jacob dans Fractales de l’inopiné, car Jacob a un sens de l’humour fin et développé.

Lequel de vos personnages pourrait vivre dans un objet ?

L’esprit farceur, je pense. Il pourrait attendre des siècles dans une bouteille de cristal ou une vieille guitare, dans la pochette d’un vieux vinyle peut-être… Le temps ne se compte plus dans le monde des esprits. Mais je sais que les esprits farceurs n’existent pas… C’est une très mauvaise formule « farceur », comme s’ils étaient mignons et drôles… Hélas, nous n’avons que le Bien et le Mal. Et dans le monde du Mal il n’y a pas de farces possibles. Aucun doute là-dessus !

Quel objet symbolise votre rapport au temps ?

Aucun. Je ne m’attache pas aux montres ni aux sabliers. Par contre, chacun de mes voyages lointains constitue pour moi un repère temporel : je sais que nous sommes deux ans après l’Inde, trois mois après l’Utah, six mois avant la Floride, deux semaines avant la Corrèze (rires).

Quel objet aimeriez-vous transmettre à un lecteur ?

Un coquillage gravé à l’année de sa naissance, pour qu’il écoute la mer à l’intérieur, comme mon personnage Véro dans le livre (rires)…

Quels objets devraient être exposés dans un musée consacré à votre imaginaire ?

Des marionnettes du Rajasthan. J’en ai acheté deux, on m’en a offert deux autres – elles fonctionnent en couple – car l’Inde me fascine. Elles ont quelque chose de magique. On se fait tous gentiment avoir avec ça, les étrangers, quand on arrive à Delhi, je pense (rires)…

Quel objet vous ressemble le moins ?

Les sacs et accessoires branchés vus sur tout le monde. Le vélo hollandais pour aller danser la salsa sur les quais de Seine en été (ce cliché est une horreur pour moi même si j’adore la danse). Les jeans hors de prix pour avoir l’air branché alors qu’il y en a à 3 euros à la recyclerie.

Quels objets résument votre vie actuelle ?

Mon agenda noir, très chargé. Mes carnets aussi, où je note toutes mes idées tout au long de la journée. Les bougies dans mon cabinet de sophrologue, j’en fais une consommation excessive pour créer une ambiance à la fois sereine et vacances (fragrances de sable chaud et de monoï, très relaxant)… C’est ma seule dépense pour mon entreprise, avec le papier, bien-sûr. J’ai souvent un panier acheté en vacances pour trimballer mes affaires, je l’utilise généralement de juillet à novembre, avant de stocker des maillots de bain ou des chaussettes à l’intérieur (rires)…

Si vos objets pouvaient parler entre eux lorsque vous quittez la pièce, que diraient-ils de vous ?

S’ils pouvaient parler entre eux lorsque je quitte la pièce, ils diraient probablement :
« Tu as vu, elle parle toute seule… Et elle s’imagine encore que tout ce qui prend moins d’une minute à être rangé doit être fait immédiatement et elle y passe sa journée ! » (rires). J’aime que chaque objet soit à sa place mais j’y passe du temps, oui.

Y a-t-il un objet que vous avez perdu et qui continue pourtant à influencer votre manière d’écrire ou de penser ?

Oui. On m’avait offert un Chappy, une petite moto chromée rouge, lorsque j’avais vingt ans. C’était un véhicule simple, presque joyeux, porteur d’une immense sensation de liberté. Un jour, un ex l’a revendu derrière mon dos, en mon absence, pour se rembourser d’une somme que je lui aurais, selon lui, due… Je l’ai vécu comme un vol ! Je crois d’ailleurs qu’il m’a été impossible d’estimer cette personne par la suite. J’ai dit « Basta, qu’elle se tire ! » (rires)… Je crois profondément que chacun naît avec une âme neutre mais qu’il choisit ensuite la lumière ou l’obscurité. Je me détache toujours des gens qui ne vivent que pour les possessions, qui jugent les autres à l’aune de leurs revenus. J’ai souffert de ma vie différente, une vie d’artiste car ça crée beaucoup de jaloux, qui par ailleurs demeurent totalement ignorants de la difficulté liée de ce style de vie. Certains vous en voudront éternellement de ne pas accepter de vivre dans le même moule qu’eux ou  d’avoir la « prétention » de vivre de votre art… Et au-delà de l’objet, cette petite moto est devenue, pour moi, le symbole concret de la cupidité qui abîme quelque chose de plus précieux que la valeur des choses elles-mêmes : la sensibilité, une forme de naïveté précieuse propre à la jeunesse, qui tend à vous faire croire que mêmes les âmes viles seraient gentilles… J’ai aujourd’hui une âme sœur intègre et généreuse. Une Goldwing bleue de 1970 a remplacé le petit Chappy rouge, nous avons parcouru la Nationale 7 avant que je ne sois de nouveau maman. Une autre manière de rouler dans la vie, plus ample, plus partagée, mais avec la même sensation de liberté retrouvée. Mais les objets sont tous remplaçables, bien sûr. Les âmes non ! Les pertes humaines et leurs conséquences constituent un parcours du combattant pour moi. Mais je sais que je finis souvent victorieuse, heureusement. Voici aussi pourquoi je me suis formée par deux fois au deuil pour accompagner mes clients.

Merci, Céline, de vous être prêtée au jeu de cette interview décalée ! Vous nous donnez le mot de la fin ?

Je crois qu’il vaut toujours mieux aimer, rire, apprendre, évoluer et recommencer que de s’attacher aux choses, maisons, motos, gadgets ou objets de mode. En général, il est bon de ne pas trop s’y accrocher. La vie terrestre est traversée par l’impermanence, et c’est peut-être cela qu’il faut apprendre à regarder en face. Triste celui qui, par exemple, choisit son partenaire pour son argent ou son statut ! C’est une façon détournée de rater sa vie comme il faut je crois…

Nos véritables forces ne se révèlent pas seulement quand tout va bien, mais surtout lorsque tout se complique, lorsqu’il pleut, lorsque le confort disparaît. C’est souvent dans ces moments-là que l’on grandit, que l’on s’expand réellement. Et si tout cela a un sens, c’est peut-être bien celui-là : apprendre à traverser le temps, les époques, tout en restant fidèle à soi-même. Et c’est aussi le combat de mon héroïne, Pauline, dans le livre Fractales de l’inopiné.

Publié dans avis de lecteurs

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Le blog "la toile de l'un" chronique le livre de Philippe Minot "le ciel est à la traîne"

Publié le par christine brunet /aloys

Le blog "la toile de l'un" chronique le livre de Philippe Minot "le ciel est à la traîne"
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Joseph Bodson chronique " Contes et légendes " sur le blog de AREAW

Publié le par christine brunet /aloys


Joseph Bodson

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Rayan Zowski nous propose une nouvelle "Les amoureux"

Publié le par christine brunet /aloys

Les amoureux

 

C’est une histoire qui s’est passée un lundi matin.

Assis sur l’un des longs bancs de la gare de Tournai, je jetai un œil à l’horloge, elle indiquait sept heures et vingt-deux minutes. Je n’allais donc pas trop tarder à me lever, un rendez-vous important m’attendait.

La gare était bondée. Que de gens… En même temps, nous étions au moins de septembre. Chacun suivait sa propre route… Quant à moi, je profitais de ma petite pause pour observer toutes ces personnes. Dans la vie, je suis auteur. Je suis donc toujours à la recherche de l’inspiration, et donc de l’émotion.

Tout à coup, je les remarquai, un homme et une femme se tenaient debout face à face. Lui sur le quai. Elle sur le bord du train. Tous les deux se regardaient dans les yeux, cela veut dire tellement de choses… J’imaginai qu’elle devait partir loin, très loin d’ici. Et qu’elle ne reviendrait peut-être jamais. Ainsi, il entendrait ce train siffler toute sa vie. Je ne pus m’empêcher de ressentir une grande tristesse, l’existence peut parfois se montrer cruelle et injuste.

L’accompagnateur de train siffla, les portes allaient se refermer. « Adieu », devaient-ils penser. Mais contre toute attente, il se passa quelque chose. Quelque chose de formidable, d’extraordinaire et de magnifique… Elle sauta dans ses bras. Ils s’embrassaient parmi les gens dans leur monde à eux, rien qu’à deux. J’étais soulagé, mais surtout, j’étais heureux.

Un jour, j’ai lu quelque part que les baisers exprimés dans les gares étaient plus sincères et plus forts que ceux donnés dans les mariages. C’est tellement vrai...

 

Rayan Zowski

 

Publié dans Nouvelle

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Jean-Michel Bernos (Merci Monsieur Leacock aux Ed. Chloé des Lys) en invité du blog Aloys

Publié le par christine brunet /aloys

Jean-Michel Bernos (Merci Monsieur Leacock aux Ed. Chloé des Lys) en invité du blog Aloys
Jean-Michel Bernos (Merci Monsieur Leacock aux Ed. Chloé des Lys) en invité du blog Aloys

L’horloge écarlate

 

Présentation de l’ouvrage

 

L’Horloge écarlate raconte l’itinéraire d’un jeune Irlandais du XIX è siècle dont la vie bascule lorsqu’une boîte ouvragée, chargée de symboles et de secrets, apparaît entre ses mains. À travers ce récit, le lecteur découvre comment un simple mécanisme peut devenir un témoin silencieux des drames, des fidélités et des transmissions qui traversent les générations. L’ouvrage interroge la manière dont les objets portent la mémoire humaine, et comment l’artisanat, loin d’être un simple savoir-faire, devient un langage, une manière d’habiter le temps. Les thématiques abordées — la filiation, la réparation, la résilience, la place du sacré dans le quotidien — invitent à réfléchir à ce qui nous relie les uns aux autres. Ce qui rend ce livre singulier, c’est son angle : une histoire intime qui s’ouvre sur une dimension symbolique, presque initiatique, sans jamais perdre la simplicité du réel. L’horloge écarlate, avec sa clef octogonale, devient un personnage à part entière, un miroir où chacun peut reconnaître ses propres fractures et ses propres élans. J’ai écrit cet ouvrage à un moment où la nécessité de rassembler les fragments de nos vies m’est apparue essentielle. Publier ce texte aujourd’hui, c’est offrir au lecteur un récit qui réconcilie la précision du geste et la profondeur du sens, dans un monde où tout va trop vite. C’est aussi une manière de rendre hommage à ceux qui, par leur patience et leur humanité, réparent plus que des objets : ils réparent des êtres.

https://www.lestroiscolonnes.com/auteur/bernos-jean-michel/lhorloge-ecarlate/

Publié dans ANNONCES

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Deux poésies de Laurent Dumortier ont été publiées dans Les dossiers d'Aquitaine

Publié le par christine brunet /aloys

Deux poésies de Laurent Dumortier ont été publiées dans Les dossiers d'Aquitaine
Deux poésies de Laurent Dumortier ont été publiées dans Les dossiers d'Aquitaine

Publié dans Poésie

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Résultat du 4e concours !

Publié le par christine brunet /aloys

Texte 1 : Ben Nappier

Texte 2 : Carine-Laure Desguin

Texte 3 : Edmée de Xhavée

Texte 4 : Ani Sedent

Texte 5 : Elisabeth Chancel

Texte 6 : Ani Sedent

Texte 7 : Carine-Laure Desguin

Texte 8 : Liza Luze

Texte 9 : Joe Valeska

Texte 10 : Joe Valeska

Texte 11 : Philippe Desterbecq

 

Les votes !!!

Texte 1 : II
Texte 2 : I
Texte 3 : I
Texte 4 : II
Texte 6 : I
Texte 7 : I
Texte 9 : I
Texte 10 : I
Texte 11 : II
 

Donc ex aequo : Ben Nappier, Ani Sedent et Philippe Desterbecq !

BRAVO et merci à toutes et à tous pour votre/vos participations !

Reste à s'atteler à la conception et à la mise en page de ce nouveau hors série !!!

Publié dans résultats concours

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Concours 4 texte 11. C'est le dernier ! Vous avez jusqu'à 18h pour voter sur ce post !

Publié le par christine brunet /aloys

 

 

Une ascension de trop

 

L’aventure a un coût qui ne figure sur aucun catalogue de voyage ! Pierre Germain en a fait les frais !

Tout petit, Pierre aimait se trouver en hauteur. Il grimpait sur tout ce qu’il trouvait : les chaises, les tables et, plus tard, les arbres du jardin. Son père disait que, dans une autre vie, il avait sûrement été un singe.

Quand il fallait cueillir les fruits du verger ou élaguer un arbre, c’était Pierre qu’on appelait et il se faisait un plaisir de monter le long des plus hautes branches. Et même si sa mère craignait le pire, le petit garçon ne s’était jamais cassé la figure.

A l’adolescence, Pierre s’était inscrit dans une salle d’escalade. Puis, il a eu la chance de pouvoir participer à un stage d’alpinisme et c’est là, en haut d’une montagne, qu’il a eu LA révélation : il ne mourrait pas avant d’avoir escalader les sommets les plus hauts de la planète.

Lors de vacances avec des amis, il s’est retrouvé au pied du Pic du Midi d’Ossau. Ce géant de pierre culmine à près de 3000 m d’altitude et Pierre eut l’occasion de lui caresser les cheveux. Il trouva cette escalade facile au milieu de cheminées mythiques. La vue était à couper le souffle !

Plus tard, il fait l’ascension du Mont Cervin, en Suisse, une course d’arête classique, exigeante techniquement, et réservée à des alpinistes aguerris. Il franchit les 4478 m sans aucun problème !

Toutefois, Pierre ne consacra pas toute sa vie à l’alpinisme. Il rencontra Aurore, une jeune femme qui arriva à le séduire et à le détourner de ses chères montagnes, enfin, pas tout à fait. En effet, chaque été, il partait seul à la découverte de l’un ou l’autre sommet mythique, C’est ainsi qu’il se trouvait sur le toit de l’Europe, le Mont Blanc, plus exactement sur l’Aiguille du Goûter lorsque son premier fils naquit. Il rata donc l’accouchement d’Aurore ! La jeune femme lui en voulut beaucoup ! Pour son deuxième accouchement qui se révéla d’ailleurs périlleux, Aurore avait son mari à ses côtés.

Mais le démon des montagnes ne le lâchait pas et, c’est avec des amis qu’il entreprit l’ascension du Kilimandjaro. Du haut de son perchoir, Pierre dominait la savane africaine, Il n’avait jamais rien vu de plus beau.  
C’est lorsqu’il était en Afrique que Pierre eut ses premiers doutes sur la fidélité de l’épouse délaissée. Sur Facebook, elle publiait des photos où elle s’affichait avec un jeune collègue. « Il n’y a rien entre nous », lui affirma-t-elle à son retour.

Malgré tout, il partit pour le Népal. L’Himalaya serait la réalisation de son dernier rêve. Cette ascension demande une vraie maîtrise de l’alpinisme de grande altitude, mais Pierre s’en sentait vraiment capable.          
Avant qu’il ne débute la grimpette, il trouva, dans sa poche, une lettre de sa femme. Elle lui expliquait qu’elle était malheureuse, qu’elle avait l’impression d’élever seule ses enfants, que ces derniers disaient à leurs amis qu’ils n’avaient pas de père.

C’est à ce moment qu’il se rendit compte que le prix de l’aventure, c’était le temps, le temps volé à ceux qui l’attendaient. Il avait conquis les sommets du monde, mais il était en train de perdre sa place au centre du sien. Le jeu en valait-il la chandelle ?

L’expédition himalayenne serait son ultime rêve, Pierre le jurait sur la tête de sa femme et de ses enfants. Dans la vie, il y des priorités. Il faut faire le bon choix !

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Concours 4 texte 10

Publié le par christine brunet /aloys

 

Les vapeurs d’une chicha frelatée flottaient encore dans sa mémoire alors qu’il errait sans but dans le dédale des souks de Bagdad. Échoué au beau milieu de vacances solitaires qu’il venait de s’offrir en quatre fois sans frais avec PayPal, et miné par une fatigue chronique, il finit par s’effondrer sur un banc vermoulu. C’est là qu’un vieillard aux manières mielleuses s’enquit de son état d’âme, ce qui le poussa à confesser l’escroquerie de ses prétendus producteurs. Ces derniers s’étaient volatilisés avec toutes ses économies, anéantissant son rêve d’enregistrer son album. L’inconnu l’exhorta alors à formuler son vœu le plus cher avec une netteté absolue. Par pure bravade, il réclama un triomphe planétaire qui éclipserait la carrière de Michael Jackson, avant de sombrer dans un sommeil léthargique.

Le lendemain, les rayons du soleil filtraient à travers les stores quand un vacarme assourdissant déchira le silence. Il ouvrit les yeux, hébété, sur les murs familiers de son propre appartement, à des milliers de kilomètres de Bagdad. Son impresario déboula dans la pièce, hurlant que son single, celui qu’il n’avait pourtant jamais enregistré, caracolait en tête des ventes et qu’il fallait de toute urgence préparer une tournée mondiale. En ouvrant la fenêtre, il découvrit une foule compacte qui scandait son nom avec une ferveur démente, brandissant des bannières à son effigie. Les caméras des chaînes d’information en continu retransmettaient déjà l’émeute en direct. Dès qu’il mit un pied dehors, cette marée humaine le prit en chasse avec la furie de zombies affamés.

La suite s’accéléra dans un tourbillon étourdissant de flashs : la limousine blindée assiégée, puis les coulisses surchauffées d’une arène immense. Lorsqu’il apparut sous les projecteurs, la salle entière chavira dans une hystérie collective indescriptible. Les barrières de sécurité cédèrent sous la poussée des fans qui envahirent la scène et se jetèrent sur lui. Des centaines de mains frénétiques happèrent ses habits et le mirent en pièces au milieu d’un pandémonium inhumain.

Au seuil de l’agonie, tandis que son corps volait en éclats sous la curée, il croisa le regard cruel du vieillard. Ses yeux brillaient désormais d’un éclat de braise et de fumée. Dans un ultime souffle glacé, le Djinn lui murmura que l’aventure exigeait toujours son dû… et que son vœu avait été exaucé avec une netteté absolue.

Publié dans concours

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Concours 4 Texte 09

Publié le par christine brunet /aloys

 

L’or de la cité aztèque brillait encore sous la patine des siècles lorsqu’elle s’enfonça seule dans les profondeurs de la jungle mexicaine, guidée par une ambition dévorante. Archéologue passionnée, elle cherchait le tombeau oublié d’un souverain pour inscrire son nom au fronton de l’histoire, ignorant les avertissements des guides locaux qui évoquaient des divinités jalouses. Autour d’elle, la forêt se refermait comme un piège végétal, étouffant les bruits du monde sous un concert de cris d’oiseaux invisibles. Ses semelles s’enfonçaient dans une boue poisseuse tandis qu’elle gravissait les marches moussantes d’une pyramide sacrée dévorée par les lianes, chaque pas lui coûtant un effort surhumain. Au sommet, un autel de pierre noire dressait sa masse menaçante sous un ciel de plomb. Une silhouette énigmatique surgit de l’ombre des stèles pour l’interroger sur ce qu’elle était prête à sacrifier pour percer ce secret millénaire. Grisée par la découverte, elle affirma qu’elle donnerait tout, corps et âme, pour posséder la relique flamboyante qui reposait au creux du sanctuaire.

L’inconnu hocha la tête en esquissant un sourire énigmatique avant de s’effacer dans la pénombre. Elle s’empara du précieux artefact, mais le sol se déroba sous ses pieds dans un grondement sinistre. Des dalles pivotèrent pour l’aspirer dans un dédale souterrain où l’air empestait le sang séché et l’encens rance. Des torches s’embrasèrent d’elles-mêmes, projetant des ombres grotesques sur les parois sculptées de glyphes menaçants. Des guerriers squelettiques, armés de lames d’obsidienne et parés de plumes de quetzal, sortirent des alcôves pour l’encercler avec une lenteur implacable. Le claquement de leurs ossements résonnait contre les murs, brisant le silence de cette tombe oubliée.

Elle tenta de fuir, mais ses jambes refusèrent de lui obéir, pétrifiées par une terreur glaciale. L’artefact, toujours serré contre son cœur, devint soudainement brûlant, lui consumant la chair sans qu’elle puisse le lâcher.  Les spectres l’empoignèrent sans brutalité pour la traîner jusqu’à un autel sacrificiel. Tandis que la lame rituelle s’abaissait sur sa poitrine, elle croisa une dernière fois les yeux de l’inconnu, qui trônait désormais dans l’ombre comme un dieu satisfait. Elle comprit, trop tard, que les dieux anciens réclamaient toujours le paiement intégral de l’aventure…

Publié dans concours

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