Dans "BRUXELLES NEWS", "La chair des nuits" de Louis Mathoux
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Lecture, écriture, une passion... Un partage... La littérature dans tous ses états !
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Des auteurs très inspirés !
Texte 1 : Carine-Laure Desguin
Texte 2 : Elisabeth Chancel
Texte 3 : Rayan Zowski
Texte 4 : Micheline Boland
Texte 5 : Edmée de Xhavée
Texte 6 : Philippe Desterbecq
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Texte 1 : III
Texte 2 : I
Texte 3 : I
Texte 4 : I
Texte 5 : II
Texte 6 : III
Et les deux gagnants sont :
Carine-Laure Desguin et Philippe Desterbecq
BRAVO !!!!! et merci à tous les auteurs qui ont participé !!! Le choix fut compliqué !
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Souvenir Saint-Nicolas
J’avais un an quand mes parents, ma sœur et moi avons déménagé pour habiter dans une petite épicerie de village que ma mère allait tenir pendant huit ans, le temps de réaliser les travaux dans la maison qu’ils avaient achetée quelques années plus tôt.
De ma chambre, la vue s’étendait sur une petite place face à l’église du village et sur le café où se retrouvaient notamment tous les colombophiles du coin.
Chaque année, Saint-Nicolas se rendait dans ce cabaret et, sponsorisé par la mutuelle socialiste, offrait des cadeaux aux enfants qui avaient la chance d’avoir des parents qui avaient souscrit à cette mutuelle. Ce qui n’était pas mon cas.
De ma chambre, je pouvais donc voir un homme entrer dans la salle qui renfermait habituellement les pigeons en attente du grand voyage et je voyais ressortir le Grand Saint à la place. Je n’ai sans doute pas compris, les premières années, que le quidam et le saint patron des enfants étaient un seul homme.
Je ne comprenais pas, à cet âge peu avancé, pourquoi certains enfants avaient droit aux cadeaux et pas moi qui m’étais pourtant efforcé d’être bien sage…
Que m’ont dit mes parents à ce propos, je ne m’en souviens pas. Ils me promettaient sans doute que le vieil homme passerait chez nous pendant la nuit et m’apporterait donc ce dont je rêvais, Il me suffisait donc de patienter jusqu’au lendemain pour découvrir les légos que j’avais commandés.
Mais un jour, ou plus justement un beau soir, j’ai vu le vieux barbu sortir du café pour entrer dans cette fameuse salle où il s’habillait. Avant que la porte ne se referme sur lui, j’ai pu voir qu’il ôtait sa grand barbe blanche mettant fin ainsi à quelques années d’illusions et à une partie de mon enfance.
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Saint Léon
J’ai vu sa main, gantée et rapide, lancer à belle force des nic-nacs et caramels dans la chambre à jeux par la porte entrebâillée. Nous étions avec Mademoiselle, dite Zézelle, et bizarrement elle était toute guillerette, jouant avec nous, l’oreille rouge sous l’effort de se décoller pour déceler un bruit s’approchant. C’est que Zézelle guettait non seulement la surprise qui serait faite à ses chers monstrets – mon frère et moi – mais le pas du grand Saint montant l’escalier.
Car le grand Saint était en fait Saint Léon,le jardinier, son amoureux. Nous, tout à notre jeu et certainement chamailleries, nous ne remarquions pas qu’elle retouchait sa coiffure, veillait à ne pas froisser son tablier, et avait une oreille virant au cramoisi.
Quand la porte s’entrouvrit prestement ce jour-là, nous - les monstrets – ne vîmes que le gant blanc sur une grosse main plus habituée à la bêche qu’aux bonbons, grosse main qui par deux fois nous canarda de douceurs interdites en temps de paix, c à d quand Saint Nicolas étrillait l’âne, lui polissait et vernissait les sabots, faisait cuire ses biscuits et massepains dans les nuages rouges, donnait ses habits à brosser à sa gouvernante, cirait ses pantoufles (il était toujours en pantoufles dans les grands-magasins, car ses chevilles enflaient) et soit préparait sa venue ou s’en reposait – après tout, porter des bonbons et des cadeaux à des milliards d’enfants avec un seul âne, ça use même un grand Saint.
Zézelle, elle, elle vit la main aimée, la bonne grosse main aimée et calleuse dont les gants blancs cachaient les ongles fissurés et un peu terreux. Elle en fut presque plus extasiée que nous qui, après un moment de stupeur, nous sommes dressés avec un ressort de lapin de garenne pour le rattraper – on entendait son auguste cavalcade sur le tapis d’escalier, boum boum boum, et nous devions faire vite ! – mais Zézelle a poussé un cri d’indignation : on ne devait jamais regarder Saint Léon – heuh… Nicolas ! – quand il venait par surprise, sinon il ne revenait plus jamais. Mais on pouvait lui crier merci.
On a hurlé à pleins poumons Merci Saint Nicolaaaaaas ! et une fois l’oreille de Mademoiselle rafraichie et pâlie ainsi que nos joues, nous avons pu descendre calmement au salon de notre mère qui fut stupéfaite de la nouvelle extraordinaire. Non, elle ne l’avait pas vu passer mais la porte du salon était fermée et elle écoutait Tino Rossi et son petit papa Noël à la radio, on le voyait bien… Ceci dit, il lui avait bien semblé entendre les sabots d’un âne s’éloignant sur le trottoir. Il faudrait penser à lui mettre une belle carotte près de la cheminée ce soir. Oui, on pouvait manger un caramel, un.
Je me souviens qu’à mon école une petite fille m’a demandé ce que « le petit Jésus » m’avait apporté pour Noël, je l’ai regardée avec étonnement : comment pouvait-elle croire que le petit Jésus, un bébé ou un petit enfant, pouvait même porter autant de cadeaux. Pour moi, il y avait Saint Nicolas, et puis le bedonnant père Noël, sans doute son cousin, mais le petite Jésus… enfin ! Il ne sait pas conduire un traineau ni guider un âne, passer par les cheminées, se souvenir des adresses de tout le monde. Ce n’est pas le petit Jésus, enfin ! C’est le père Noël !
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Père Noël et sa vigilance de protecteur
C’était une fin d’après-midi plutôt douce de la mi-décembre. Ma voisine Anne-Marie, m’avait emmenée avec elle jusqu’au centre-ville pour que je puisse faire des achats chez un parfumeur et un confiseur afin de gâter un peu des membres de ma famille et des relations à l’occasion des fêtes de fin d’année. J’avais près de quatre-vingts ans et Anne-Marie environ quinze ans de moins que moi. J’avais simplifié les choses en effectuant plusieurs fois les mêmes achats et avais choisi des présents peu encombrants tels que des petits savons, des petits flacons d’eau de Cologne, des sujets en massepain,…
Anne-Marie était entrée chez un bijoutier pour acheter des breloques de fantaisie. En l’attendant, je faisais quant à moi lentement les cent pas dans le piétonnier et remarquai que Père Noël faisait de même. J’avais salué fort poliment ce gentil monsieur, je lui avais adressé ce que j’espérais être mon plus large sourire et il m’avait répondu d’un aimable « Bonne journée à vous, Madame !».
Après quelques minutes, je fis le choix de m’asseoir sur un banc. Je déposai mon sac de courses à mes côtés et suspendis mon sac à main au dossier du banc. Je prenais plaisir à observer les allées et venues. Soudain, j’entendis un grand cri assorti de paroles : « Va-t’en ! Comment tu oses ! ». Père Noël se fâchait bel et bien et faisait tout un tintamarre comme s’il s’en était pris à un molosse.
Puis il vint se figer face à moi et me dit : « Madame, vous êtes imprudente. Cet individu qui s’encourt cherchait à prendre votre sac ! Rien n’est simple de nos jours. Il ne faut pas faire confiance aux inconnus. » Je remerciai le brave Père Noël. Il me fit un discours sur l’évolution de la société, sur les arnaques, sur le manque des respect envers les personnes les plus fragiles. Il me décrivit aussi l’espèce de désespoir qui au fil des années l’habitait de plus en plus : « On ne croit plus en moi, on ose me critiquer. Dans quelques années, je me retrouverai sans doute au chômage ! » Pour le consoler, je laissai agir mon empathie et je lui offris un flacon de deux cents cinquante millilitres d’eau de toilette. Pour me remercier, il se pencha vers moi, me fit la bise et la voix un peu tremblante me dit : « Ce n’est plus de Père Noël que notre monde a besoin, c’est de mamies comme vous ! ». Il m’offrit ensuite une boule de Noël qu’il avait sortie rapidement de sa poche. Sur cette boule, je reconnus son visage. Je remarquai alors qu’il avait le même regard bleu que notre ancien concierge !
Bientôt, Anne-Marie me rejoignit et conclut : « Eh bien Ginette, on en apprend chaque jour ! J’ai vu la petite scène. Je ne savais pas que tu étais l’amie du Père Noël ! »
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La déception
Mon neveu Tom et moi marchions dans le centre commercial de la ville. Comme il y avait du monde ! En même temps, quelle drôle d’idée de vouloir faire des courses dans un centre commercial, un samedi de décembre.
- Tonton, on peut aller à la librairie ?
- Désolé, bonhomme. Il est grand temps de rentrer. On reviendra une prochaine fois, c’est promis.
Nous nous dirigions vers la sortie... quand je le vis. Tom le remarqua, également.
- Oh ! C’est Saint-Nicolas ! Tonton, s’il te plaît, on peut aller le voir ? J’aimerais lui commander mes cadeaux.
- Désolé, nous devons rentrer.
- Mais...
- ON FOUT LE CAMP !
Tout le monde nous regardait. Je commençai à trembler.
- Allez, on s’en va...
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Cela faisait déjà cinq minutes que je roulais. Il régnait un lourd silence dans la voiture. Je jettai un regard à ma droite, Tom était plus que déçu.
- Je suis vraiment désolé, bonhomme. Il... Il ne m’a jamais apporté ce que je désirais le plus au monde.
Tom ne dit rien. Je me reconcentrais sur la route.
- On lui écrira. me dit mon neveu.
Un grand sourire se dessina sur mon visage.
- Ça marche !
Tom sourit à son tour. Nous étions de nouveau ensemble.
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Le Père Noël, mon héros
J'y croyais autant que peut croire le cœur naïf et spontané d'une enfant de six ans. Le Père Noël existait et aucune démonstration scientifique ne m'avait départie de cette croyance pleine et entière. Contrairement à nombre de mes amis, ce n'était pas les cadeaux qui me plaisaient le plus chez ce vieux bonhomme à la barbe blanche et au sourire bienveillant. Non, la seule chose qui me ravissait et enchantait mon âme, c'était de l'imaginer sur son traîneau, tout de rouge vêtu, guidant joyeusement ses rennes fidèles, traçant sa route au milieu d'un océan d'étoiles. Tous les soirs précédant la belle fête de Noël, je contemplais le ciel, insensible au froid, le regard perdu dans la pénombre nuageuse.
L'année de mes sept ans, nous fêtions le réveillon de Noël avec cousins et cousines, tous plus âgés que moi. Mes tantes et oncles apportèrent une ambiance gaie et entraînante. Mes parents ponctuaient leurs phrases en riant aux éclats et, nous, les enfants, échangions nos hypothèses endiablées quant à nos futurs présents. Au moment du dessert, il était déjà plus de vingt-trois heures et, la fatigue aidant, je ne remarquais même pas que mon oncle Fred avait disparu. Le front appuyé contre la fenêtre, les yeux tournés obstinément vers l'horizon céleste, je résistais de mon mieux à la fatigue qui m'envahissait. Finalement, je glissai jusqu'au tapis en velours et je m'endormis au pied du sapin illuminé.
J'ignore combien de temps s'était écoulé lorsque je rouvris les yeux, soudainement réveillée par des « Ho, ho ! » graves et chaleureux. Le salon n'était plus éclairé que par deux lampes de chevet. Toute ma famille semblait endormie, les uns sur les deux canapés, les autres, les plus jeunes, sur le tapis à mes côtés. A cet instant, transperçant l'obscurité comme une apparition, apparut au salon la silhouette si reconnaissable du Père Noël. Mille questions me venaient aux lèvres mais je n'osais pas bouger. Mes cousins s'éveillèrent à leur tour et demeuraient bouche-bée devant le nouveau-venu, paradoxalement autant attendu qu'inattendu. L'une de mes cousines, âgée de dix ans, s'écria soudain : « Papa ! Maman ! Le Père Noël est là ! ».
Aussitôt, le salon fut plongé dans la lumière, et, le Père Noël resta immobile, debout, surpris en flagrant délit, les bras chargés de paquets colorés. On aurait dit qu'il ne savait pas comment réagir : nous aurions dû être tous endormis ! Il nous dévisageait étrangement. C'est à ce moment-là que j'ai compris que quelque chose n'allait pas. Sous son épaisse barbe, il se mordait les lèvres comme s'il essayait de ne pas éclater de rire. Son visage se déformait en une grimace des plus cocasses. Soudain, il se mit à rire de toutes ses forces, bientôt rejoints par les autres adultes et les aînés des cousins. Figée, je mis un peu de temps à reconnaître oncle Fred sous ce déguisement trop grand pour lui... Soudain, la vérité m'apparut comme une évidence et tous les raisonnements des rageurs me revinrent en mémoire jusqu'à me conduire à cette terrible révélation : le Père Noël n'existait pas ! Mes parents m'avaient menti durant toutes ces années ! Combien de complices avaient-ils ? Difficile de les dénombrer entre les grands-parents, les maîtresses, les cousins, les grands frères... Ils m'avaient tous pris pour une idiote et je me rendais compte à quel point je m'étais montrée crédule.
Je ne saurais dire si j'étais davantage vexée que malheureuse. Les larmes aux yeux, je me réfugiai dans ma chambre en me promettant de ne plus jamais croire aux histoires racontées par les adultes.
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Ma dernière mission
Ce fut ma dernière mission. Jamais je ne l’oublierai. J'avais le choix. Soit une intrusion dans le monde des auteurs des éditions Chloé des Lys. Soit une enquête au sein même d’une galerie commerciale, les aficionados de ces lieux seraient atypiques. Ou alors accompagner saint Nicolas de Myre dans son boulot, vers la mi-novembre. J'ai cliqué sur la barbe du Grand Saint et aussi sur un lieu, Bruxelles. Mon boss m'avait briefé. Bruxelles, c'était la capitale du petit royaume de Belgique mais aussi la capitale de l'Europe. Dans le dossier il était stipulé que cette giga ville était une plaque tournante. Plaque tournante ? j’avais demandé. Le boss était resté silencieux et puis avait lancé, Vous savez, les traductions … et puis la Belgique possède un vocabulaire assez spécial. J’ai donc débarqué dans les souterrains bruxellois, sous l’église Saint-Jacques-Sur-Coudenberg, à deux pas du palais royal. Qui dit royaume dit palais, dit roi. Philibert de Belgique. Je vous passe les détails. Saint Nicolas eut l’air surpris. Non pas à cause de mon apparence physique, ça non, il était habitué avait-il précisé à côtoyer des trolls, là-haut. Mais bien parce qu'il n'avait aucune visite dans ces sous-sols humides, de nébuleux labyrinthes. Il a quand même spéculé ma combinaison en polyuréthane et a rigolé en disant, Bien pratique ce truc, plus facile que cette espèce de nappe dont je suis affublé. Je comprends, ai-je répondu. Saint Nicolas triait son courrier et sa mitre balançait dans tous les sens tellement la sueur perlait de sa tête et dégoulinait même tout le long de son lourd manteau rouge. Il a dialogué avec moi tout en triant le courrier. Compliqué de lui révéler la raison de ma visite. J’ai inventé :
— Je suis venu vous aider, cher saint Nicolas.
— Vous tombez à pic. Comment vous appelez-vous ?
— Aucune importance, je suis là pour vous aider.
— Je suis débordé. Comme chaque année, je décortique le courrier comme un dératé et je note, je note, je note. Nom et prénom de l'enfant. Son adresse. Ses souhaits. D’année en année, ça se complique, ils sont exigeants, ces marmots.
— J’imagine.
— Là-bas se trouve la machine 18D. Elle fabrique toutes les demandes des enfants, toutes. Le gosse qui demande pour son père une meuf avec cheveux roux qui cuisine comme une déesse le lapin aux pruneaux, eh bien, hop hop hop, voilà la gonzesse qui se pointe côté ouest de la machine.
— Je comprends.
— Vous comprenez tout, vous. Étonnant. Car là-haut, je veux dire en ville, ceux qui vivent-là, c’est pas des lumières. Faut tout expliquer cent fois. À propos vous d'où venez-vous ? D'un bal masqué ? Car votre accoutrement … et par où êtes-vous passé ? Personne ne connaît la cachette du Grand Saint! Tout le monde me croit au ciel ! À part Philibert de Belgique qui m’a fait l’honneur de sa visite mais il s’est paumé et s’est retrouvé dans les serres de Laeken !
— Bizarre tout ça. Comment puis-je vous aider ? Peut-être en décortiquant les courriels ?
— Oui ! Les ordinateurs sont deux labyrinthes plus loin.
— Et pour la distribution ?
— Ah, ne m’en parlez pas ! J’avais un pote, le Père Fouettard. Il m’accompagnait partout, ça m’aidait du tonnerre. À présent, pour d’étranges raisons, il est devenu personna non grata.
— Et votre âne ?
— Polémique aussi avec mon âne. Le pauvre. Ses braiements intempestifs dérangeaient. Et certains lui préparaient des carottes ogémifiées. Ah non alors !
— Tout fout l’camps, saint Nicolas.
— Ah ça oui. Mais dites-moi, d’où venez-vous ?
Je vous fais grâce de la suite du dialogue. La mite a glissé et la barbe blanche s’est allongée jusqu’à ses bottillons. J’en ai profité pour réaliser les prélèvements, le but de ma mission.
Et moi ? Après cette belle œuvre, je suis rentré chez moi, sur ma planète, Carambatétracube. Par téléportation quadragiga. Mon boss m’a félicité. Saint Nicolas fut cloné des milliers de fois. Chaque année, ses clones s’affairent désormais sur la planète Terre de maison en maison.
Et depuis ce jour, tous les mimômes de Carambatétracube reçoivent eux aussi la visite du Grand Saint Nicolas et des jouets par milliers sont distribués.
Ville de cœur
Mon esprit vogue dans ses rues,
Sans arrêt, il s'y prélasse ;
Amoureux de ses vertigineuses vues,
Incapable de céder cette place.
Submergée par l'habituelle routine,
Je tente de dompter mes pensées.
La nuit, à nouveau, elles me serinent
Que j'appartiens à cette ville enchantée.
L'existence m'a contrainte à la quitter,
Et me voilà loin d'elle, triste exilée,
Enfouissant en moi cette cruelle carence.
Hélas ! J'ai tant hâte de la revoir,
De savourer les saveurs de son terroir,
Seules capables d'étancher mon avidité...
Élisabeth Chancel
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Carine-Laure Desguin
https://carineldesguin.canalblog.com
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