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"Petit tour en Biscornutie" : une nouvelle signée Ani Sedent

Publié le par christine brunet /aloys

 

Petit tour en Biscornutie

 

Ah, les homonymies ! toutes les mêmes dirait votre oreille, toutes des menteuses répondrait votre œil.  Mais laissons les s’exprimer ici, à l’écrit, en un absurde plaisir et parce que je n’ai, pour l’instant, rien d’autre à faire.  A ce stade, un avertissement me semble néanmoins nécessaire : les acrobaties orthographiques peuvent provoquer des malaises.  Personnes sensibles s’abstenir !

 

L’histoire se passe sous le règne d’Absurdius, dans ce pays lointain qu’est la Biscornutie où les uns ne craignent aucune araignée squatteuse de plafond et les autres aucune glissade à côté de leurs pompes.

 

Or, voici qu’un jour, sur le parvis du palais, en voyant un raplapla ténia, un panda s’écria : « Mais que ce vers est lait ! », donnant à l’intéressé assoiffé toutes les raisons de se plaindre.  L’offensé allait se mettre au verre lorsqu’un putois passant par là ajouta : « ce panda a raison, il est lai ce ver ! Puis de faire remarquer qu’il n’avait fait que poétiser ce qu’avait déjà constaté un panda mal luné.  Les témoins, eux, ne sûre quand panser (si si).

Un drôle de zèbre qui, lui, avait tout compris, affirma : « C’est pour temps vrai, qu’il est lé ce vert ! », ce que, cette conversation au mètre assurément en noir et blanc, un blaireau approuva : « Oui, ce vert est laie ! ».  Assertion   aussitôt désapprouvée par un épouvantail fourré de frais, aussi peu mature que vigoureux, voire galant à en croire cette chaire dame sanglier !

 

Mais voici que l’enfourragé ( ne cherchez pas, ce mot n’existe pas) s’écria à son tour : « Que fait ce vair au saint de ces pers ? » ( On se le demande !)  Ce à quoi répondit le bienheureux, en sauvant ses noix bleues d’un funeste destin, : « Dieu ! cacher ce seing que je ne saurais voir ! »  Le vair était notaire, c’est clerc !

Compromis, celui-ci dû passer devant la court.  Le juge, adepte des cous de ballet, refusa néanmoins de l’envoyer danser au bout d’une corde et, sang souci, le mit à l’amande pour scie sous.  Le coupable ne voulu poing payer et, pour cet outrage, se retrouva pillés et points liés (bof !)  Les chênes lui entamant la chère, il déclama avec emphase : «  Mais que suie-je Vénus fer dans sept galère(…s) ?

Au sain du public, le sein compatit et récita, à l’intention du pauvre erre, un notre paire, avant d’invoquer sa ceinte maire.  La foie est ainsi faîte qu’elle ne souffre aucun lit tige (Ceci est moins une homonymie qu’une irrépressible pulsion…)

 

Le destin du prévenu sellé, le greffier, à cheval sur la procédure, trempa sa plume dans une ancre rouge comme cent de port et acta la cent anse(…s) ! (Hum !)

« Que ce sceau soit mis au poto ( celle-ci est tordue, je vous l’accorde) », hurla un autre seau, « ne voyez-vous pas qu’il vous ballade ? ajouta-t-il un tremolo dans la voie.  Cet hêtre est un satire qui ne peut aître sauvé ! » (il ne croix pas si bien dire !)

À ce mot ment (encore !), l’inquisiteur demanda au condamné si le pêcheur avait un dernier veut à exhausser.

« Oui, monsieur le curer, répondit celui-ci, je voudrais, comme mon chaîne préféré, être confit né ( c’est le dernier, promis !) en cerf ».

« En serf ? s’étonna l’oh bla (di oh blada… je sais, j’avais promis ! mais c’est tellement tentant !)

« Oui, Mètre, car je n’ai point de vis et voudrais arriver à bon porc sans finir (c’est vraiment le dernier, juré !) tel un chant en friche, ti !

Le vair clair venait du Nord.

« Qu’il en soie ainsi, toutefois, je ferai dire pour vous un hobbit, hobbit, hobbit.

Le ter du milieu étant le bon ! (Ouille !)

« Cela ne ferret d’ailleurs de mal à personne de l’égoutter ! » sexe clama (cette fois, c’est vraiment la dernière !) le juge enrhumé.

Et ainsi fût fée !

 

Addenda : L’auteure a définitivement arrêté le café.

 

Ani Sedent

 

Publié dans Textes

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"Twins à l'école des dragons bleus" d'Hubert Mulkens : une chronique signée Ani Sedent

Publié le par christine brunet /aloys

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Dans Bruxelles Culture, le roman de Marie Klimis "La maison"

Publié le par christine brunet /aloys

Dans Bruxelles Culture, le roman de Marie Klimis "La maison"
Dans Bruxelles Culture, le roman de Marie Klimis "La maison"

Publié dans Article presse

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Résultat du concours n°4 : Bêtises d'enfants

Publié le par christine brunet /aloys

Auteurs qui ont participé :

1- Carine-Laure Desguin

2- Ani Sedent

3- Elisabeth Chancel

4- Philippe Desterbecq

5- Claude Colson

6- Micheline Boland

 

Résultats :

Texte 1 : IIII
Texte 2 : III
Texte 3 : I
Texte 4 : I
Texte 5 : I

Et les deux gagnantes sont : Carine-Laure Desguin et Ani Sedent !! BRAVO !!! 

Et merci à tous les participants !!!!!

 

Publié dans résultats concours

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Concours 4 : texte 6- Dernier texte ! A vous de voter jusqu'à 18H sur ce post !

Publié le par christine brunet /aloys

DE VILAINES TRACES

 

 

C’est le début des grandes vacances. Je suis une fillette assez aventureuse dont la grand-mère maternelle assure régulièrement la garde durant les périodes de congé. Mes parents sont en effet  fort occupés par leur commerce de meubles. Je vais atteindre bientôt mes sept ans et demi et viens de marcher sur la bande de terre arrosée un peu plus tôt par ma grand-mère. La terre humide ne m’a pas semblé dure, mais plutôt souple. Je l’ai arpentée avec facilité. C’était ma première expérience de ce genre. Soudain, je repère la petite balle jaune sur la pelouse. Sans doute s’agit-il d’une des petites sphères avec lesquelles aime jouer Stéphanie la fille des voisins ? Je ne peux m’empêcher d’aller au plus vite chercher ce jouet.

Tout va très rapidement. Lorsque je m’en suis accaparée, je n’ai qu’un désir, celui de rentrer dans la maison pour la montrer à ma mamy avant de pouvoir me rendre chez Stéphanie.  À chaque pas que je fais sur la terrasse, puis dans la cuisine, mes chaussures laissent de petites traces brunâtres, mais cela je l’ignore bien entendu.

Ces petites traces brunâtres sont immédiatement repérées par ma grand-mère, occupée à préparer de la mousse au chocolat. « Mais Alexandra quand seras-tu raisonnable ? Pourquoi n’as-tu pas essuyé les semelles de tes chaussures sur le paillasson ? J’avais nettoyé le sol de la cuisine il y a moins d’une heure et tu le salis déjà !… » Les remarques pleuvent. Dans l’esprit de ma mamy, empreintes de pas et maison bien tenue ne font vraiment pas bon ménage.

Je tente alors vainement de bafouiller une bonne excuse dont ma grand-mère n’a évidemment que faire. Que lui importe cette balle jaune qui se trouvait sur la pelouse !  Que lui importe que je voulais juste agir au plus vite en espérant  partager ensuite des moments agréables avec Stéphanie !

Quelques minutes plus tard, je commence à écrire dix fois sur une page blanche lignée : « Ne pas oublier le paillasson. » J’ajouterai que je réalise cette punition avec le zèle d’un calligraphe, car je ne suis en rien préparée à perdre de vue que ma grand-mère fut une directrice d’école qui, paraît-il, était crainte aussi bien par les enseignants que les élèves.

Publié dans concours

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Concours 4 : Texte 5

Publié le par christine brunet /aloys

Mes bêtises d’enfant

Une  première : c’était dans la seconde moitié des années 50, où la vie était tout autre. J’avais un camarade dont les parents étaient agriculteurs, dans ma région on disait fermiers. Dans sa grange se trouvait un énorme amas de ballots de paille empilés qui paraissait gigantesque à nos yeux d’enfants ; il était peut-être d’environ quatre mètres de haut. Comment nous vint l’idée saugrenue de tenter le parachutisme ? Je ne sais. Toujours est-il que nous nous emparâmes chacun d’un sac de jute vide destiné à recueillir les grains sous la batteuse  lors des moissons ;  je sens encore aujourd’hui le contact rugueux du tissu sur mes mains. Sans hésiter nous gravîmes aussi prestement que possible mais cahin-caha cette montagne grâce aux ballots qui formaient sur le côté une sorte d’escalier aux marches bien hautes, de 50 ou 60 centimètres et, inconscient, saisissant dans chaque main deux coins du pseudo parachute, je m’élançai le premier dans le vide. Evidemment le dispositif ne fonctionna pas et la vitesse de la chute fit que je me reçus en pliant un genou qui vint heurter ma bouche. La griserie initiale fit vite place à la quasi panique quand je constatai que le choc avait fait en sorte qu’une de mes dents avait percé la peau sous ma lèvre inférieure. Le sang fit vite irruption,  heureusement modérément. Penauds et apeurés, pressant un mouchoir en tissu, assez rapidement sanguinolent, sur la plaie, nous courûmes aussitôt chercher le secours de ceux dont bien souvent nous pensions qu’ils ne nous comprenaient pas… les adultes !

Une deuxième bêtise, à la même époque.

Près de chez moi vivait une vieille dame seule, toujours vêtue de noir, à l’embonpoint conséquent et à l’hygiène douteuse, Augustine. Sa maison était un vrai capharnaüm ! Elle possédait un jardin qui jouxtait celui de la ferme de mes petites voisines et camarades de jeu. Cet été-là y trônait un magnifique cerisier chargé de fruits luisants et tentateurs. Avec quelques camarades nous ne résistâmes point à la maraude et franchissant le grillage de clôture, nous nous emparâmes de généreuses poignées de ce butin et le ramenâmes chacun chez nous. Ma mère m’en demanda la provenance et, moi ne sachant trop mentir, je lui avouai le larcin. Elle souligna notre stupidité et nous conseilla de proposer à la vielle Augustine de lui cueillir ses cerises, ce qu’elle ne pouvait plus beaucoup faire seule. Sans doute qu’alors elle nous en offrirait !

Ni une ni deux, dès le lendemain matin, nous nous exécutâmes, et poliment nous fîmes notre proposition. Aussitôt Augustine entra dans une colère noire et éructa en son patois : « Baind’ de vacabones (bande de vagabonds, voleurs), ché vous quia vé volé mé c’risses ; j’va aller quer (chercher) l’gard’ champèt’, vous allez vir (voir) !

Immédiatement, nous effectuâmes un repli stratégique désordonné et regagnâmes nos pénates, n’en menant pas large. La peur des représailles de l’Autorité ne nous quitta qu’après plusieurs jours : Augustine n’avait pas donné suite !

Publié dans concours

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Concours 4 : texte 4

Publié le par christine brunet /aloys

Doit-on punir son enfant quand il a essayé de vous aider, quand il a tout gâché, mais qu’il était de bonne foi, quand il vous a fait sortir de vos gonds, mais qu’il n’a pas compris pourquoi ?

Mon père était passionné de jardinage. Il cultivait son potager pour nourrir la famille, mais sa joie, son bonheur quotidien, c’était de planter des fleurs. Des roses, des œillets, des pois de senteur ; mille plantes embaumaient le jardin et leurs couleurs éclataient dès la venue du printemps.

Tout son temps libre, il le passait dans son jardin : sarcler par ci, planter par là, enlever une mauvaise herbe qu’il n’avait pas vue la veille, couper une rose qui « avait perdu cette vesprée les plis de sa robe pourprée » etc.

Lorsque le temps le permettait, mon père m’emmenait dans son enclos fleuri. Il me permettait de goûter une fraise ou une framboise, de cueillir du raisin ou des haricots. Mon paternel était un homme patient et il me montrait comment devenir un as du jardinage.

Mais ce jour-là, les oiseaux chantaient l’arrivée du printemps, les perce-neige déployaient leurs corolles, et mon père sifflait appelant dans le jardin le merle chanteur. Il avait un peu la tête ailleurs, les premiers rayons du soleil l’avaient toujours rendu un peu fou et, après quelques mois sans jardinage, il redoublait d’effort.

Je pense qu’il m’avait oublié, qu’il avait oublié que son fils était là avec lui et comme il ne s’occupait pas de moi, j’ai décidé de l’aider à enlever les mauvaises herbes que je trouvais bien nombreuses à cette époque de l’année.

Je me suis donc mis à les arracher sans vergogne et j’ai jeté le tout sur le tas de compost au bout du jardin.

Lui s’affairait toujours sans faire attention à moi. Il coupait les plantes que les morsures de l’hiver avaient rendues malades. Il leur fallait une bonne coupe pour qu’elles puissent reprendre du poil de la bête et retrouver leur jeunesse d’antan.        
Son seau rempli des ces frêles tiges rabougries, il se dirigea à son tour vers le compost.

Tout à coup, il se mit à hurler. J’ai cru qu’il avait découvert un essaim d’abeilles et qu’elles l’avaient piqué à plusieurs places.     
Ma mère accourut de sa cuisine pour voir ce qu’il se passait. Elle n’avait jamais entendu sortir autant de gros mots de la bouche de son tendre mari. Il vociférait sans que j’en comprenne la raison.

Il s’arrêta de hurler pour retirer du tas de légumes et de branchages en décomposition, toutes les « mauvaises herbes » que j’y avais jetées. Je ne comprenais plus rien !

Ma mère m’expliqua par la suite que ce que j’avais pris pour des herbes indésirables étaient les tulipes que mon père avait plantées sous la forme de bulbes avant que le froid de l’hiver ne nous tienne éloignés du jardin.

Les premiers rayons de soleil avaient réveillé ces plantes hollandaises qui comptaient nous offrir leurs jolies corolles colorées en avril. Rien ne fut perdu, finalement, puisque j’avais arraché les plantes avec leurs bulbes et mon père put les replanter dans un sol meuble réchauffé par le souffle du printemps naissant.

Peut-être ont-elles juste eu quelque retard dans leur floraison, mais je les ai trouvées magnifiques lorsqu’elles nous ont fait l’honneur d’ouvrir leur pétales au soleil.

Finalement, cette bêtise enfantine bien involontaire m’a donné une leçon de science et c’est peut-être ce jour-là que j’ai décidé de devenir jardinier, un métier dans lequel je m’épanouis pleinement.

Publié dans concours

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Concours 4 : Texte 3

Publié le par christine brunet /aloys

Des vertes et des pas mûres !

 

Si aujourd'hui l'écriture est ma passion, ce n'est pas avec orgueil que je clame que mon imagination a été fertile depuis mon enfance, et pas seulement pour le bien commun !

Peut en témoigner mon pauvre lapin en peluche, cadeau de ma chère grand-mère. J'avais bien conscience pourtant qu'il n'était pas vivant mais, pour ma cervelle d'enfant, cela ne signifiait pas pour autant que son pelage ne pouvait pas pousser par lui-même ! Un jour, j'entendis une maman dire qu'elle avait coupé les cheveux de son bébé afin qu'ils repoussent plus beaux. Et me voilà, le soir même, cachée sous ma couette, une paire de ciseaux à la main, coupant à ras les poils de cette peluche. J'étais persuadée que le pelage serait bientôt magnifique, qu'il repousserait encore plus doux et que ma Mamie serait fière de moi. Tous les jours, pleine d'espoir, j'inspectais ce pelage inerte...

Et que dirait mon frère ? Lui que j'entraînais dans nombre de mes bêtises ! L'immeuble qui jouxtait notre maison était le Graal de la grimpeuse que j'étais. Je l'y ai entraîné ! Nous avions 9 ans et 7 ans. J'en ai escaladé une partie (assez haute pour ma taille d'enfant !) en m'aidant d'une remise qui permettait d'accéder à la paroi du premier étage. Puis, toute fière mais craignant de me faire prendre, j'ai regagné l'allée de l'immeuble, je l'ai parcourue à toute vitesse et j'ai rejoint ma maison en passant par la rue. J'avais l'impression d'avoir vécu une aventure incroyable lorsque je rejoignis mon frère resté en arrière !

Et mes enseignants ? L'un d'eux en aurait une belle à raconter ! Un jour, âgée d'une dizaine d'années, j'ai voulu tricher à un devoir d'histoire. J'avais écrit quelques réponses sur mes paumes. Classique, me direz-vous ?! Sauf que j'avais utilisé un feutre noir à mine épaisse ! Plus visible, ce n'était pas possible ! Je fus, bien sûr, grillée en quelques secondes...

Que dire des prunes, si difficilement produites par mes grands-parents, que je dévorais toutes en cachette en une prise ? De ma robe neuve que je laissais traîner dans une flaque de boue en Maternelle afin que la maîtresse soit obligée de me la nettoyer à la place du prochain cours ? De ma langue qui s'amusait à toucher celle de mon ami Jean alors que nous n'avions que cinq ans ?  De la fois où mon père me surprit sur le toit de notre maison, vivant une aventure des plus folles ? Des mouches que je harcelais afin de parvenir à les embrasser ? Des conversations d'adultes que j'espionnais, mes jambes se balançant sans bruit le long de la rambarde de l'escalier ? Des explorations, totalement illicites mais si excitantes, de souterrains abandonnés et de cuves remplies d'eau ? Des compotes que je mélangeais avec des yaourts pour obtenir de belles couleurs mais un goût infâme ? Des jardins dans lesquels j'entrais sans permission ? Des maisons abandonnées que je visitais, la boule au ventre mais les yeux brillants ?

Ah... Mes bêtises d'enfant... Elles étaient bien plus mémorables que mes bêtises d'adulte !

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Concours 4 : Mes bêtises d'enfant. Texte 2

Publié le par christine brunet /aloys

Les bêtises, petit manuel pratique.

 

  Comment approcher la couronne quand on est enfant au royaume des bêtises ?  Nombre d’études ont probablement déjà été réalisées à ce sujet, mais l’essentiel à retenir est qu’il faut commencer tôt !  Quand ? Au cours de sa première année de vie serait judicieux.  Comment ? Par exemple, en utilisant sa bouche comme centre d’analyse ; coquillages à la mer ou crottes de chien au jardin, tout est bon ! (Hum…)  Autre point important : ne jamais lésiner sur les moyens ;  grimper aux arbres, gratter dans son nez ou jouer les vahinés un mop à frange autour de la taille, ne suffira pas.

Dès les premiers pas, l’escapade non autorisée, à pied ou en cuistax, fera toujours son petit effet.  Comme l’indémodable carottage du jardin, sans carotte mais avec beaucoup d’eau pour que la gadoue, lisse et soyeuse, vous monte jusqu’aux aux genoux, aux coudes, voire les deux !

L’omelette à douze œufs réalisée directement sur le pavé de la cuisine ne manquera pas non plus de vous poser là (surtout n’oubliez pas de pleurer, maman aime ses œufs salés !).  Exploser une bouteille de soda au même endroit aura le même effet.

Soyez inspirés, c’est important.  Commettre une bêtise est un art qui demande du travail et de la constance.  On n’atteint pas les sommets en restant timidement à l’écart de toute occasion.  Il faut savoir faire feu de tout bois et de tout lieu ! La maison reste évidemment privilégiée, mais ne craignez pas d’étendre votre territoire.

En effet, si jouer à déambuler les yeux fermés reste un classique, pratiquer dans un grand magasin ne peut qu’enrichir l’expérience.  Bien sûr, le résultat dépendra de l’investissement de l’artiste… et de la pyramide de tasses et assiettes placée sur son chemin par un innocent décorateur.

N’hésitez pas à remplir le chariot des parents de tout ce qui vous fait envie, ils adorent ça !

Si vous en avez l’occasion, il est bon de constater, pour l’édification de tous, l’absence de dents chez une vendeuse ou encore la présence d’une moustache sur la lèvre d’une autre.

Il est à noter que, parfois, les grands-parents peuvent eux aussi se montrer une source d’inspiration.  Ecoutez toujours ce qu’ils disent, cela peut servir ; comme dans le cas de ce petit garçon qui, très poliment, avait pris congé de la boulangère avec un : « Au revoir, Grosse Douille », ainsi que la nommait sa grand-mère… en dehors de la boulangerie, bien sûr.

Comme vous  le constatez, notre couronne est déjà bien chargée en joyaux.  Mais une couronne ne se construit pas sur quelques perles, pour resplendir il lui faut du lourd, du brillant, du carat d’exception.  Et pour l’obtenir, l’artiste va devoir se faire téméraire.

Imaginez une balançoire…  Non ! ne vous asseyez pas dessus.  Empoignez les montants et hop ! tournez cul par-dessus tête.  Facile.  Maintenant, montez sur une petite chaise pour élever le niveau.  Tournez… vous le sentez, le dossier de la chaise dans le plexus ? Maman aussi, en appréciant la couleur schtroumpfement intéressante prise par votre visage.

Pour les adeptes des bêtises de l’extrême, il y a les pétards.  Si elles existent encore, les petites sphères rondes et colorées, qui éclatent joyeusement quand on les jette par terre, feront parfaitement l’affaire.  Le tout étant de s’en coincer une dans la narine.  Quand ce sera fait ne paniquez pas, il sera trop tard !

Pour les plus aventureux, omettez de débrancher la prise, fourrez vos doigts dans les mystères de l’électricité et, bientôt, ceux-ci n’auront plus de secrets pour vous !

Enfin, pour les inconscients il reste le brin de paille que l’on « fume », en compagnie d’autres artistes, sans hésiter à jouer de l’allumette non loin d’une bombonne de gaz…

Comme vous pouvez le constater, s’il travaille dur et s’applique bien, au pays des bêtises, l’enfant peut certainement devenir roi, ou reine.

Et si certains ou certaines, parvenus à l’âge adulte, continuent occasionnellement à entretenir cette part d’eux-mêmes pour ne pas perdre la main, évitons cependant de les confondre avec ceux pratiquant la Bêtise, ces derniers cas relevant d’un autre domaine de recherche considérablement plus vaste, celui-là !

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Concours 4 : Mes bêtises d'enfant. Texte 1

Publié le par christine brunet /aloys

       

                                       

 Une bien drôle de bêtise

 

   Je devais avoir quoi ? Douze ans je crois. Oui, c'est ça, douze ans. J'étais en quatrième secondaire. À l'avance de deux ou trois ans. Et encore, je ralentissais le bazar et simulait. Je jouais au p’tit con, celui qui ne pige rien ou presque. Mais voilà, douze ans et la trigono, l’astronomie, la physique quantique, c’était un jeu d'enfant. Je ne pouvais pas cacher grand-chose de mes surprenantes connaissances, ça pétait aux yeux.  Ce lundi-là, la prof de français était sans doute tombée sur sa tête. Elle lança le sujet de rédac de la semaine tout en jetant vers moi un regard perplexe, interrogateur. Que j'avais traduit par, Alors mon Tom, j'attends ton texte avec impatience, je suis curieuse de connaître tes bêtises d'enfant ! Car le thème, vous l'avez deviné, c'était : Mes bêtises d'enfant. 

   Tout à coup, le trou noir. Aucun souvenir. Et ce terme, enfant. Enfant, c'était de quel âge à quel âge au juste ? Pour nous aiguiller, la prof avait suggéré tout en me lorgnant d'une façon étrange : Allez tourner les pages d'un album-photos ou questionnez, si les idées vous échappent, vos parents et grands-parents. Ou encore des voisins, pourquoi pas ?

   J’ai creusé. Rien. Nada. Aucun souvenir d’une quelconque bêtise. Je n’ai jamais déposé un poisson rouge dans le bol de lait du chat, jamais ouvert la cage des perruches, ni même fait griller un chiot dans le micro-ondes. Parce que d’après mes recherches, une bêtise d’enfant, c’était plutôt ce genre de truc. Alors, un soir que les parents étaient absents, j’ai feuilleté des albums-photos. Aucune photo de moi. Des photos des parents, ça oui, de leur jeunesse, de leurs séjours chez les scouts, etc. Mais leurs visages, leurs yeux surtout, comment dire ? tout cela était très bizarre. J’ai pensé que ce n’était pas grave, que toutes les « vraies » photos se trouvaient sur les ordinateurs. Et là encore, aucune photo de moi. Comme si je n’existais pas. J’ai alors fouillé toutes les armoires du grenier et les vieux coffres. Je n’ai trouvé aucun objet qui aurait pu concerner la moindre parcelle de ma petite vie. Rien. Pas même un sac avec des vêtements usés, ou une pile de jeux usagés. Je me suis assis sur un tabouret bancal entre deux malles en bois. Bêtises d’enfant, ces mots me martelaient la tête. J’étais prêt à les inventer, ces bêtises-là. Couper les tresses d’une cousine ? Je n’avais aucune cousine. Dégonfler les pneus du vélo d’un voisin ? Mettre du sucre sur les frites de mon père ? Inventer des bêtises, ça, je peux, mon imagination répond à ma demande. Je pourrais en écrire des mille et des mille. Mais ce serait des mensonges. Je n’ai aucun souvenir de ma petite enfance. Une scène me revient.

   Une route, une lettre et deux chiffres. N53. Une voiture. Un homme conduit cette voiture. Une femme est assise à ses côtés. Sur la banquette arrière, c’est moi. L’homme et la femme se parlent. Leur voix est métallique, presqu’irréelle.

  •  Pourquoi donc avons-nous accepté cette mission, Diégo ?
  •  C’est notre boulot. Nous avons réfléchi et accepté. Trop tard pour    

renoncer. Nous avons dix ans de leur temps pour étudier le       comportement de l’enfant.

  •  L’enfant ? Tu appelles ça un enfant ?
  •  Oui, Ariane, c’est un enfant, malgré tout. Relis le dossier. Un

humanoïde reste un humanoïde, mais celui-ci est un enfant. Il s’appelle Tom. Désormais, c’est notre fils. Toi et moi, nous avons signé le contrat. Si dans dix ans de leur temps, tout se sera passé nickel, nous resterons tous les trois sur cette planète et nous continuerons cette étude. Dix ans encore. Dix ans de leur temps, Ariane.

  • Tom ne se souviendra de rien ?
  • C’est le point crucial de cette étude. Cependant, il est l’heure,

recharge-le, Ariane.

Publié dans concours

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