« Epilogue », un titre on ne peut plus évocateur lorsqu’il s’agit pour Nicole Graziosi d’interpeller l’hiver de la vie. Son hiver, celui dont elle ne veut pas. Celui qui vous fait blanchir, radoter ou clopiner, celui qui vous vaut de n’être plus qu’un prénom, ou pire, ce on qui vous réduit à l’état d’ectoplasme.
[…] Est-ce qu’on prendrait encore un petit café ?
[…] On a bien bonne mine aujourd’hui. […] (page25)
Non, elle ne l’aime pas l’hiver de sa vie, alors qu’autour d’elle le monde rajeunit… ou s’en donne l’illusion, souvent pathétique, à coup de bistouri.
Cet hiver prompt à tout prendre, jusqu’à votre dernier neurone.
Mais si l’auteure s’interroge sur son hiver, elle nous fait aussi partager d’autres engourdissements à travers le souvenir de grands-mères, les siennes ou d’autres rencontrées au cours de ses voyages.
Et puis il y a l’hiver de l’autre, qu’elle n’aime pas d’avantage. Celui de cet intru que la retraite a rendu omniprésent et qui, quelle que soit la saison, a toujours une bonne raison pour déléguer les tâches ménagères.
Entre réflexions et souvenirs, Nicole Graziosi fait un état des lieux du vieillissement. Avec humour, et non sans une pointe d’ironie, elle ausculte l’approche inévitable de cette saison de la vie, dont elle tire un constat doux-amer.
Que va-t-elle en faire de ce redoutable hiver ? Doit-elle se laisser dicter sa vieillesse ? Elle a encore tant à donner, à partager, à transmettre… Après tout, l’hiver n’est-il pas une saison comme les autres ?
Pour affronter l’hiver, en tout cas, rien de tel qu’un bon livre, alors, bonne lecture !
Brigitte le Clément a vécu une enfance solitaire, s’inventant des compagnons de jeu.Dès qu’elle est arrivée à maitriser la lecture, elle a employé une grande partie de ses loisirs à dévorer des romans. Bibliothèque verte, collection Rouge et Or pour commencer avant d’atterrir dans le vaste domaine de la littérature classique.
Durant les années universitaires, la chimie et les sciences ont empiété un peu sur le temps consacré à la lecture, sans jamais la chasser tout à fait de l’horizon.
Très vite, le goût de la lecture a éveillé celui de l’écriture. Un premier essai de récit vers les douze ans s’est perdu en route. Puis il y a eu la tenue d’un carnet intime ébauché à l’entrée dans l’âge adulte jusqu’à devenir un fidèle compagnon de vie.
En même temps, l’écriture s’est aussi orientée vers la transmission à d’autres : les sciences à rendre accessibles et captivantes durant une carrière d’enseignante.
Une fois grand-mère, elle a caressé le projet d’embaucher son goût d’écrire pour léguer à ses descendants le récit de son enfance dont elle avait la sensation de n’avoir gardé aucun souvenir. Ce fut une aventure passionnante où elle a découvert le plaisir de jouer avec les mots, de relire, corriger, peaufiner les phrases pour rejoindre au plus près ce qu’elle désirait exprimer. Des années de travail et de bonheur pour aboutir à l’impression d’un premier vrai livre (« La Carapace »). Elle le confie à un imprimeur pour l’offrir à sa famille et à des proches, en conservant précieusement un exemplaire pour chacun de ses petits enfants.
Ayant goûté à la passion de façonner un récit, elle rêve de se lancer dans la fiction. La station balnéaire d’Hardelot, où elle rassemble chaque année sa petite tribu, lui en a donné le cadre. Les personnages ont pris vie dans son imagination avec des éléments glanés dans son environnement. L’histoire s’est construite jusqu’à aboutir à un premier roman (« Quand tout s’aligne… ») accepté aux Éditions Chloé des Lys.
En attendant, comme publier un livre prend beaucoup de temps, un deuxième roman se termine : « Choisis la vie ! »
Quatrième de couverture
Au départ, étudiants joyeux et amoureux passionnés, François et Sophie entrent dans une crise de couple douloureuse alors que Sophie est enceinte d’un peu plus de deux mois et que François se retrouve au chômage. À la demande de Sophie, ils prennent un temps de réflexion chacun de leur côté.
Sophie, enseignante épanouie, a été très déçue de la dérive de son compagnon alors qu’elle rêvait d’une vie paisible orientée vers l’accueil de leur bébé. Elle trouve refuge chez ses parents et reprend contact avec ses copains de l’université.
François se réfugie à Hardelot dans l’appartement de vacances familial et se réconcilie avec l’équitation qu’il avait abandonnée à cause de l’indifférence de son père. L’apprivoisement d’une jument et l’amitié qui se noue avec le nouveau propriétaire du Centre Équestre l’aident à se reconstruire.
Lorsqu’ils se retrouvent après deux mois, François et Sophie sont toujours aussi amoureux, mais avec des attentes fort différentes pour l’avenir de leur couple.
Phrase accroche
Alors qu’ils sont encore profondément amoureux, François et Sophie décident de commun accord de se séparer. Que leur est-il arrivé ?
Un extrait
François a cinq jours devant lui et Sophie toute une semaine de vacances. Ils veulent tous les deux se donner la chance d’un nouveau départ et chacun de son côté est résolu à explorer le fond du problème. Ils se sont mis d’accord pour commencer par réveiller la mémoire de leur premier week-end à Hardelot. Retoucher leur parcours, leurs émotions. Malheureusement la météo de décembre ne se montre pas très coopérante pour leur rappeler le soleil printanier qui les avait réchauffés alors. De la plage aux dunes, ils confrontent avec humour la fidélité de leurs souvenirs pour retrouver le chemin d’antan. Au resto, la même table près de la fenêtre et la sole meunière, mais, grossesse oblige, seul François fait honneur au vin blanc fruité. Le soir, le pèlerinage se poursuit dans le décor modernisé de la chambre et le grand lit peut témoigner de l’apprivoisement opéré en quatre ans de complicité.
Un réveil en douceur. Que c’est bon de traîner dans la chaleur partagée ; François caresse l’abdomen de Sophie dans l’espoir de provoquer des mouvements du bébé. Quelle joie quand celui-ci vient se glisser au contact de la main de son papa ! Le petit-déjeuner qui s’étire, les jeux sous la douche, tout est prétexte à reculer le moment d’aborder les questions qui les taraudent.
Sophie ne parvient pas à chasser le malaise sournois installé en arrière-fond de ses pensées. Dans les bras de François, son corps vibre en pleine harmonie avec lui et elle s’est endormie apaisée. Mais, réveillée au milieu de la nuit, ses doutes reprennent la parole et la torturent. François, plus insouciant, espère toujours reconquérir sa bien-aimée par mille petites attentions et sa bonne humeur. Maintenant, Sophie s’impatiente et finit par lancer un pavé dans la mare stagnante des non-dits. Elle se plante devant lui, en haussant le ton :
— Il faut que nous osions regarder la situation en face et l’analyser ensemble au lieu de ruminer les difficultés chacun de notre côté.
Durement arraché à ses douces illusions, François la supplie :
— Tu as raison, c’est évident, mais cela me semble si compliqué. J’ai parfois l’impression que nos projets, nos attentes personnelles sont incompatibles, mais je ne veux pas le croire. Ne pouvons-nous trouver un terrain d’entente ?
Devant son regard d’une infinie tristesse, elle se radoucit et lui propose de s’asseoir dans le divan, car elle se sent fatiguée. Ils restent un moment en silence et elle reprend :
— Je me reproche de t’avoir forcé la main pour mettre en route cette naissance. Mais, impossible de revenir en arrière : notre petite fille est là, bien vivante. Elle a le droit d’être accueillie et aimée.
— Bien sûr ! Elle est en train de m’apprivoiser, fais-moi confiance, prends patience. S’il te plaît, implore François en la prenant dans ses bras. Essayons d’aborder le problème autrement. Ne partons plus de ce que nous ne voulons absolument pas lâcher : moi, ma formation et mon job au manège, toi la sécurité de rester à proximité de ta famille et la continuité de ton travail à Lille.
— C’est dur à entendre, mais je crois que tu as raison si nous sommes vraiment décidés à poursuivre la route ensemble.
François, atterré, a lâché Sophie pour la regarder en face en cherchant à croiser son regard fuyant et il l’implore :
— Ne l’es-tu pas, Sophie ? N’as-tu pas, comme moi, envie de tout faire pour offrir une famille heureuse à notre enfant ?
— J’avoue avoir pensé que ce serait plus simple et peut-être plus sage de nous séparer, dit-elle en se reculant. Mais quand on se retrouve, je n’arrive plus à l’envisager sérieusement, je suis pleine de doute, conclut-elle sans oser le regarder.
Dans un sursaut, François tente encore de la convaincre que tout n’est pas perdu.
— Moi, je ne peux pas l’imaginer même si je suis bien conscient des difficultés qui nous attendent. Jusqu’à l’accouchement, nous devons nous en tenir au programme que nous avons élaboré ensemble. Peux-tu accepter que nous rêvions un peu de l’après-naissance de manière réaliste, mais sans dramatiser avec toutes nos peurs respectives ?
— Je veux bien essayer ! lâche-t-elle avec lassitude.
Ce que j’ai aimé dans « Ayma » de Sophie Vuillemin, c’est la sensibilité qu’a mise l’auteure à nous conter une histoire dramatique sans tomber dans le pathos ni l’accumulation. Une écriture d’autant plus intelligente que c’est cette retenue qui nourrit le cœur du roman. Un roman où l’émotion affleure pourtant à chaque page.
Depuis cinq ans Emma vit aux Etats-Unis où, en épousant Ryan, elle est devenue Ayma. Seul point noir pour la jeune femme, accéder à la maternité semble moins simple que prévu. Si elle vit assez mal la situation, une lettre de sa mère lui apprend que son père ne va pas très bien, lui non plus. Emma décide donc de rentrer en France, parmi les vignes de la région Nantaise où elle a grandi entre son frère Theo et sa sœur Louise. Mais ça, c’était avant la fuite.
En phrases courtes, Sophie Vuillemin, esquisse les décors, dresse les portraits de ses personnages, les anime, leur insuffle des émotions enfouies sous les non-dits. Sans s’égarer, passé et présent se mélangent ; avec tendresse les souvenirs racontent, laissent s’affirmer les caractères, inspirent les regrets « A treize ans, mon frère ressemblait à une grenade. Je voulais le retenir. Qu’il reste le petit gars à la pelle bleue, celui qui était mon double […] ».
Ce roman, j’ai vraiment pris plaisir à le lire. Parce qu’il y a beaucoup de douceur dans la plume de Sophie Vuillemin. Parce que l’auteure exprime beaucoup sans excès. Parce qu’elle parvient à mettre de l’émotion dans une pelle en plastique, un pull oublié sur une chaise ou un petit carnet à spirale. Parce que son écriture coule comme un ruisseau frais, dessine des personnages attachants et nous entraîne parmi les remous de leur histoire pour abreuver notre désir d’en découvrir le dénouement.
Un joli coup de cœur que je n’hésite pas à vous recommander.
- Dis, Papy, c’était comment, quand t’étais petit ?
Le plus grand s’est fait le porte-parole des autres encore en peine de s’exprimer, mais qui manifestent leur soutien inconditionnel à la démarche de l’aîné par un silence approbateur. Même les garçons adorent qu’on leur raconte des histoires avant d’aller au lit. Toutes les tactiques sont bonnes pour retarder le moment fatidique.
- Dis, Papyyy !!!
- Il était une fois un temps que vous, les petits, ne pouvez pas connaître.
Un temps, vous ne sauriez l’imaginer une seconde,
Sans portables, ni consoles, ni jeux vidéo.
Où les seules tablettes étaient en chocolat.
- Les soirs d’été, le journal parlé de l’INR bouclé et le souper terminé, le voisinage se réunissait
devant chez Parrain dont la maison avait le plus large perron. On sortait les chaises et chacun prenait place. C’était parti pour la vesprée. Il y avait Maria la voisine, toujours bien emmitouflée en raison d’un rhumatisme agressif, le Maître de l’école communale des garçons, représentant le savoir laïc, un fonctionnaire retraité et son épouse incarnant la respectabilité, Catherine une autre voisine d’une rurale jovialité, et des parents montés du bas du village.
- Papa avait la singularité, devenue curieuse au XXIe siècle, d’être à la fois père biologique, géniteur, social, nourricier, légal et légitime. Cela nous évita de pénibles démarches pour retrouver nos racines identitaires, voire biologiques, nous les avions sous les yeux au quotidien.
- Au sud des barrières nationales, c’est l’étranger, et même l’exotisme. L’accent y est bizarre, le verbe haut, les phares des voitures sont jaunes (à l’époque). On mange différemment, on y déjeune lorsque nous dînons, et ils dînent lorsque nous soupons. Leur pain a une forme bizarrement allongée, contrairement au bon pain normal, bien rond, à la rigueur carré. Ils l’appellent baguette ; nous l’appelions très logiquement le pain français, ce qui faisait bien rigoler leurs boulangers.
- « Sa vocation se dessina très tôt ». Tel est le lieu commun de rigueur dans les discours officiels et les éloges funèbres. Pourtant, non, je n’ai pas fait partie de ces nouveau-nés qui, au terme de leur première tétée, se sont exclamés : « Moi, quand je serai grand, je serai PDG, trader, avocat pénaliste, PELÉ, Président…, ou Chirurgien … (rot libératoire) spécialisé dans la cure de hernie …(courte interruption pour un deuxième rot jubilatoire et expiratoire) droite non étranglée. Na ! Areu ! ».
BIOGRAPHIE
Né à Namur dans un autre siècle. Docteur en médecine, chirurgien et enseignant (à la retraite). Et petit-fils, fils, époux, père, beau-père et grand-père.
Également l’auteur de S’il te plaît ! Dessine-moi un stéthoscope (Éditions namuroises, 2009), Ô Lazaret (Editions Publibook, 2010), Curieuse histoire de la médecine (Éditions Jourdan, 2019), et La Satanique Covidie (Editions Vérone, 2022).
RESUME
Les petits-enfants, cousins égaillés en divers coins de la planète, se retrouvent périodiquement pour les vacances.
« Dis, Papy ! Comment c’était, quand tu étais petit ? » L’auteur essaie de répondre à leur question par un regard amusé sur trente années glorieuses, quarante années professionnelle et quelques années de grand-père, en de multiples tableaux proposés aux petits-enfants et aux moins petits. Avec quelques apartés entre « grands » et quelques réflexions sur la façon dont l’univers de l’enfant et son éducation ont évolué. Était-il vraiment différent d’aujourd’hui, le monde de l’après-guerre ?
Avec « Ta mémoire, pareille aux fables incertaines », Christian Eychloma nous invite dans un extraordinaire voyage spatiotemporel. Stimulé par un moteur quantique, ce roman aborde des thèmes complexes aptes à remettre en cause notre perception de la réalité.
2589, une famille embarquée à bord d’un vaisseau spatial en provenance d’Atlantis, se rend sur Ouranos, une colonie pénitentiaire où le père doit prendre un poste dans l’administration.
1889, une famille embarquée à bord d’un navire à vapeur en provenance d’Alger, se rend en Nouvelle-Calédonie où le père doit prendre un poste de commis dans l’administration pénitentiaire.
Deux familles, deux filles, Anaïs et Camille, deux destins aux similitudes troublantes.
Au XXIème siècle, Lucien, arrière petit fils de Camille, va à la rencontre d’un hypnothérapeute, un peu particulier, en quête de réponses à ses incertitudes. L’homme lui présente son ami, un physicien à la recherche d’un nouveau collaborateur, un cobaye. Ensembles, ils vont mener une expérience qui ne sera pas sans conséquences.
Si la colonie pénale de Nouvelle-Calédonie sous le second Empire et sa similitude avec celle d’Ouranos donnent la couleur de fond à ce roman, l’adéquation entre ces mondes permet aussi à l’auteur de mettre en lumière le propos principal du livre : la physique quantique. Un sujet aussi complexe que passionnant que l’auteur aborde armé de nombreuses connaissances.
Nos choix, nos actions, nos émotions, résonnent-ils à travers le temps et l’espace en un écho sans fin ? Et si oui, pourquoi ? Pour répondre à ces questions, Christian Eychloma aborde, entre autres, des théories comme le multivers, les univers parallèles ou encore les annales Akashiques (sorte de banque de données mémorielles et émotionnelles commune). D’une plume factuelle et patiente, par un jeu de dialogues et d’analogies simples, il nous entraîne dans un univers aux nombreuses facettes, dont la complexité n’a d’égale que l’étrangeté. Et même si ce roman reste une fiction, les théories de physique quantique qui y sont décrites sont elles bien réelles.
Un roman qui m’a rappelé « Le secret des secrets » de Dan Brown, qui aborde lui aussi, bien que de manière différente, en passant par la noétique, une idée similaire aux annales Akashiques. Toutes lectures passionnantes que je recommande à ceux qui, comme moi, pensent que l’univers est bien trop grand pour avoir la vue courte.
Alors, ne craignez pas d’élargir votre horizon et bonne lecture !
« Il la saisit, colle une main contre sa bouche et immobilise son corps contre le sien. Elle ne peut rien contre sa force : ni crier, ni se débattre. Elle est comme emmurée. Si elle jubile de n’avoir jamais été aussi proche de lui, elle sait aussi qu’elle a atteint le bord du précipice, celui au-delà duquel la force devient de la violence. Là, comprimée sur lui, entre sa main et son torse, elle sait que tout peut advenir. Il peut faire ce qu’il veut d’elle. A la jubilation se substitue la peur, une peur immense qui la fait trembler. »
Biographie :
Amélie Colelli, née Thomas en 1982, vit et travaille à Paris. Elle est maman de deux enfants. Diplômée en philosophie (MASTER 2) et critique d'art (www.articlesdart.com), elle est l'auteure de La débutante (2016 – Editions Chloé des lys) qui met Laure, jeune diplômée en histoire de l'art, face aux codes de ce monde particulier, ainsi qu'à ceux de la société. Une vie très douce est son second roman.
Résumé :
Laure s’est construite une vie à elle. Elle habite dans un appartement près de Ménilmontant, avec son mari et ses deux enfants. Mais son rêve d’une vie douce est rapidement terni par ce qui s’appelle « la vraie vie ». Il y a cet homme qui fut jadis son mari et d’autres conquêtes a priori bienheureuses. Mais il y a aussi ses voisines et ses amies, des amitiés parfois juste de circonstances, des femmes qu’elle envie, qu’elle déteste ou qu’elle admire, des femmes qui la soupçonnent du pire, qui se moquent d’elles ou qui lui enjoignent de se battre. Dans ce contexte houleux, se profile un sacré règlement de comptes.
Ma collègue éprouva quelques difficultés à monter. Je dus donc la tirer. Elle me tend la main pour la descente. J’avais enfin rencontré la femme de ma vie dans cette cathédrale naturelle.
Biographie
Gérard BRIGODE, ingénieur, a connu plusieurs vies.
* Professeur de physique, ensuite co-directeur d’une école technique en R.D.C. : 10 ans d’Afrique.
* En Belgique, ingénieur. Simultanément délégué syndical au niveau régional.
* Écrivain et dessinateur.
Résumé du livre
R.D. du Congo à Goma en 1970-71.
Sur les flancs du volcan, une rencontre improbable.
Laurent Robert est né en 1969 à Chimay. Il vit dans la région de Mons.Docteur en langues et lettres, il enseigne la littérature et la didactique du français dans l’enseignement supérieur.Il est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes où des formes fixes traditionnelles (haïku, tanka, sonnet) ou moins traditionnelles (morale élémentaire) se confrontent à des sujets inattendus ou contemporains. Parmi ses principales publications se comptent Guerres (Le chasseur abstrait, 2017), Gorgonzola (Le chasseur abstrait, 2018), Sonnets de la révolte ordinaire(Æthalidès, 2020), Précis de survie (Maïa, 2022) et Sans morale (Éditions Toute Chose, 2023).
Présentation du recueil :
Rien ébranlé est un recueil de sonnets en vers courts, voire très courts. Les contraintes du sonnet et celle de la brièveté sont en réalité une liberté : elles portent le poème aux limites de son rythme, de son souffle, de son sens – sinon de son statut et de sa gravité. L’enjeu de Rien ébranlé ne tient pas seulement à l’écriture : derrière le masque de la forme, un homme regarde le monde comme il va, s’en amuse ou s’en navre.
On le comprend, j’ai aimé… Difficile pourtant de décrire l’œuvre, mais je vais essayer. Imaginons un papillon dans un rêve, voletant de ses ailes poudreuses et déposant un peu de ses couleurs lors de ses pauses sur l’une ou deux fleurs de vie.
Le temps de refermer et ouvrir les ailes, comme un balayage de lumière, sur un moment court ou plus long d’un personnage-fleur, qui sait si choisi au hasard ou ciblé par notre joyeux lépidoptère. Et voilà que toute la richesse, la tension, la valeur de ce moment court ou plus long nous apparait. L’effort, la persévérance, l’espoir, la confiance en soi.
L’enfant qui court après son ballon emporté par le vent et sait qu’il ne s’arrêtera pas sans l’avoir récupéré « Soudain, son ballon glisse sur le sable lentement, soupiré par le vent. Le gamin tressaille. Son bonheur s’est mis à rouler. Si paisiblement que toujours il semble vissé à sa main ». La pianiste qui affronte sa première performance en public « Elle songe à l’opérateur, à ce public accouru pour juger de son Art, le disséquer, en faire écho, un écho qui amplifie, qui sublime mais aussi qui déforme, qui détraque ». Le nageur pris d’une crampe et sauvé par une jeune femme « Elle balaie ses épaules dorées. Une oreille sur son cœur elle l’écoute respirer. Ses yeux s’ouvrent elle lui prend la main. Il lui sourit, ignorant encore qu’ils se sont trouvés ». La louve qui ne voit pas revenir son mâle et le trouve mourant près de la tanière au matin « La louve est sortie, s’est couchée au flanc de son mâle, lèche ses plaies, pose son museau sur son abdomen meurtri, puis reprend méthodiquement son balayage de salive. Fidèle jusqu’à la mort il lui est revenu. Elle le savait, l’a toujours su ».
Le papillon papillonne donc d’un éclat fulgurant de vie à l’autre, parlant toujours de volonté, de courage, de force, de vérité. On traverse les murs du doute, on escalade les sommets de la peur, on ose, on s’abandonne. On vit.
Dois-je vraiment insister et conclure que … j’en conseille la lecture ?