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Concours 3 texte 2

Publié le par christine brunet /aloys

Magali se précipita en avant, au jugé, oubliant la dangerosité du chemin.

-On va se perdre !, criai-je.

Mais, elle n'écoutait pas et je fus bien obligée de la suivre. Enfin, essoufflées, nous nous arrêtâmes dans une grande et étrange salle où des bancs étaient dessinés dans la pierre. Je les caressai du bout des doigts comme de fragiles vestiges d'un ancien temps.

-Fanny !, appelait désespérément Magali. Seul l'écho lui répondait et cela me mettait mal à l'aise. Certes, je voulais aider cette femme, je voulais retrouver cette enfant, mais je voulais aussi profiter de cette exploration qui me faisait oublier la banalité de mon quotidien.

Cependant, nous avions démabulé deux heures entières dans ce labyrinthe et, force fut enfin de constater que nous étions perdues. Ici, cela pouvait rapidement être inquiétant...

-Les ravisseurs vous ont à l'oeil non ? Ils doivent savoir que vous êtes en chemin !

J'essayai de la rassurer au mieux mais la pauvre maman était à bout de forces... Elle sanglotait tout en tapotant les murs suintants :

-Ils lui ont fait du mal, c'est sûr...

Je l'entendis à peine, absorbée par trois ombres qui semblaient flotter dans un des couloirs. Alors qu'elles approchaient et que je devinais les longs couteaux dont elles étaient affublées, je sentis mon sang se glacer mais aucun son ne franchissait mes lèvres. Alors que les silhouettes menaçantes s'arrêtaient à moins de deux mètres de la salle aux bancs de pierre, je trouvai le courage de faire demi-tour et je me précipitai vers Magali, restée un peu en arrière. Mais, elle avait disparu, évanouie dans les dédales obscurs. Cette fois, c'en était trop. Je voulais de l'aventure, pas un film d'horreur ! Ma stupéfaction me desservit et je fus rapidement cernée par les ombres qui se révélèrent être quatre hommes cagoulés. En dépit de leurs armes pointées sur moi, ce n'était même pas eux qui retenaient mon attention. Non... C'était plutôt cette fine silhouette, haute comme trois pommes, coiffée de deux tresses et aux yeux étincelants. A son arrivée, les hommes s'écartèrent sensiblement et elle vint jusqu'à moi. C'était une enfant au visage maquillé de rouge sang et aux lèvres peintes en noir. Dans sa main droite, elle tenait une scie et, dans sa main gauche, une étrange carte dépliée.

La sueur perlait sur mon front et j'osais à peine desserrer les lèvres devant l'évidence qui se présentait à ma raison tourmentée :

-Fa... Fa... Fanny ?

La fillette esquissa un sourire diabolique et répondit :

-Puisque les présentations sont inutiles, passons de suite aux choses sérieuses. Voici un plan approximatif des catacombes.

Elle me tendait les feuillets jaunis. Je les pris en tremblant comme une feuille.

-Mes oncles que voici y ont dissimulé un diamant aux reflets irisés. Tu as trois heures pour nous le rapporter dans cette salle. Si tu n'y parviens pas, je te découperai moi-même en petits morceaux.

Je commençai à trouver la situation vraiment rocambolesque mais les regards brûlants des quatre hommes me dissuadait de toute tentative de rebellion.

-Ta... Votre mère vous cherche, Fa... Fanny.

L'enfant éclata d'un rire sardonique qui se répercuta autour de moi.

-A ta place je me dépêcherai un peu car, « ma mère » est déjà à la recherche du diamant. Et si elle le trouve avant toi, couic...

Elle accompagna l'onomatopée d'un geste significatif vers ma jambe.

-Inutile d'essayer de t'échapper, tu t'en doutes. Même une souris ne pourrait quitter ce labyrinthe sans que mes oncles soient au courant...

Sur ce, elle s'éloigna avec une élégance narquoise, suivie de près par ses quatre chiens de garde. J'étais si troublée que j'oubliai aussitôt quel couloir ils avaient emprunté. Je ne pensais qu'à une chose : rebrousser chemin !

C'est donc avec une détermination incommensurable que je m'élançais au jugé vers le couloir qui nous avait menées dans cette maudite salle aux bancs de pierre. C'est à peine dix minutes plus tard que ma lampe éclaira Magali, arqueboutée dans un virage. Mon soulagement fut de courte durée. Le visage à demi couvert d'un horrible masque sanguinolant de guerrière, elle leva vers moi des yeux que la raison avait quittés. Un filet de bave glissa à la commissure de ses lèvres lorsqu'elle hurla :

-Dégage de là ! Je dois le trouver avant toi ou ils tueront ma fille !

Publié dans concours

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Concours 3 : "Perdu... ou trouvé" texte 1

Publié le par christine brunet /aloys

C'est déjà le 1er septembre !!! Et pour bien commencer le semestre, nous démarrons sur les chapeaux de roues avec le concours n° 3 ! "Perdu... ou trouvé" !

Bonne lecture !  

L’aventurier de l’âme perdue

 

C’est un voyage que je redoutais tellement. Mais il était bien plus que temps…

Je descends un escalier. Bien que je sois aidé par la lumière, je dois faire extrêmement attention. Les marches sont très étroites. Et surtout, ne pas être absorbé par les ténèbres. Mais j’ai confiance en moi, j’ai travaillé durant tant d’années…

Je suis arrivé tout en bas. Une immense porte se dresse maintenant face à moi. Comme elle est sombre, elle aussi…  Mais encore une fois, je n’ai pas peur. Je n’ai plus peur.

« Pas besoin de clé », m’a dit une personne. Cette personne m’a beaucoup aidé. Il m’a fallu tant d’années, une nouvelle fois. Mais aujourd’hui, je suis prêt. Je ne reculerai pas, jamais !

Je pose la main sur la porte… Elle se lève.

J’entre dans la pièce. Une pièce où règne le chagrin, le désespoir et la haine de soi. Je n’ai plus peur.

Je le vois. Il est recroquevillé sur lui même, pleurant de tout son cœur. Quand je pense qu’il a réussi à tenir toutes ces années…

Je m’avance doucement vers lui. Il lève la tête, ses yeux sont remplis de détresse.

- C’est toi ? me demande-t-il.

- Oui. C’est moi, enfin…

- Comme tu brilles… me dit-il avec un sourire, un sourire on ne peut plus sincère.

 

Je lui tends la main. J’attendais ce geste depuis...

 Allez… Viens. Il est grand temps de partir d’ici. Tu as assez souffert comme ça…

- Cela vaut vraiment le coup ?

- Oui, je te l’assure. Tu peux avoir confiance en moi…

- D’accord…

 

Il s’essuie les yeux, il avance ensuite la main. Je la prends délicatement...

Nous sommes sortis de l’endroit.

-  Ça va beaucoup mieux, me dit-il.

- Je ne te laisserai jamais tomber. Nous avancerons toujours côte à côte, et jamais l’un contre l’autre. Je te le promets...

 

Il me répond par un sourire. Je souris à mon tour. Nous commençons à marcher… côte à côte...

Publié dans concours

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Bonnes vacances à tout le monde ! Au 1er septembre !

Publié le par christine brunet /aloys

 

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Christine Brunet a lu pour actutv "Quand tout s'aligne" de Brigitte le Clément

Publié le par christine brunet /aloys

 

C’est à la suite du trailer élaboré par l’auteur de ce roman que j’ai décidé de lire ce qui semblait, à première vue, être une romance : un homme, François, et une femme, Sophie, fous amoureux, vivent ensemble mais tout se dégrade lentement alors que les soubresauts de la vie sapent les fondations de leur existence.

Elle tombe enceinte, lui est au chômage et ne parvient pas à se projeter dans son rôle de futur père. Ils se séparent dans la douleur : ils ne veulent plus la même chose a priori. Mais quand le destin s’en mêle…

Au fil des pages, le lecteur comprend qu’il ne lit pas de la romance mais s’enfonce au cœur d’un drame. Personnages bien campés, avec leurs faiblesses et leurs côtés sombres. Va-et-vient entre Hardelot et Lille… Détours par Tournai, Boulogne…

Amitiés, amours, calculs, drames personnels, tout y est !

Alors n’hésitez pas ! Bonne lecture !

Christine Brunet

 

Publié dans actutuv

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"A l'aide !", une courte nouvelle signée Elisabeth Chancel

Publié le par christine brunet /aloys

 

A l'aide !

 

Je me levai pour prendre une banane dans le frigo. A peine avais-je ouvert la porte du frigo qu'une voix d'outre-tombes s'éleva des profondeurs réfrigérées : « A l'aide ! ». Je refermai la porte avec une brutalité difficile à décrire. La folie me gagnait-elle donc déjà ? Il paraît que la mauvaise alimentation accélère le vieillissement du cerveau. Je ne voyais que cette explication.

J'essuyai la sueur qui perlait sur mon front et je rouvris la porte du frigo. La même voix résonna : « Tu joues à quoi ? J'ai dit à l'aide ! Cela va chercher loin la non assistance à personne en danger ! ». Je me répétai en boucle que la voix n'était que le fruit de mon imagination. J'attrapai un brocolis au lieu de la banane et je croquai dedans avec appétit. Le goût écoeurant me ramena à la réalité. La voix continuait : « Allez, vas-y, goinfre-toi ! C'est encore ce que tu fais de mieux ! ». Et là, une scène surréaliste se déroula. Je demandai en tremblant : « Qui êtes-vous ? ». «Ton voisin, abruti ! » « Jean-Jacques ? C'est, c'est vous ? » Je n'osai pas demander ce qu'il faisait dans le bac à légumes... Aussi, cette conversation irréaliste se poursuivit : « Bon tu m'aides ou pas ? » J'ouvris les bacs à légumes, je déplaçai les yaourts, je renversai la bouteille de lait, mais pas la moindre trace de Jean-Jacques tandis que sa voix sourde résonnait toujours. Il était de plus en plus en colère : « Mais arrête avec ce satané frigo ! Je suis en train de refaire la canalisation de mon évier et j'ai bloqué mon bras droit dans un tuyau ! Viens me sortir de là, imbécile ! »

 

 

Elisabeth Chancel

 

 

Publié dans Nouvelle

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Résultats concours acte 2 : "L'appel du large"

Publié le par christine brunet /aloys

Texte 1 : Elisabeth Chancel

Texte 2 : Micheline Boland

Texte 3 : Rayan Zowski

Texte 4 : Elisabeth Dubois

Texte 5 : Christina Previotto

Texte 6 : Edmée de Xhavée

Texte 7 : Carine-Laure Desguin

Texte 8 : Ani Sedent

Texte 9 : Joe Valeska

Texte 10 : Joe Valeska

 

RESULTATS :

Texte 1 : II
Texte 3 : I
Texte 4 : III
Texte 5 : II
Texte 6 : II
Texte 7 : I
Texte 9 : I
Texte 10 : I

 

Bravo à la gagnante Elisabeth Dubois !

Merci à tous les auteurs pour leur super participation ! 

Prochain concours le 1er septembre. J'attends donc vos textes !!!

Publié dans résultats concours

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Concours 2 texte 10 Dernier Texte. Votes jusqu'à 18h, ce soir. Résultats demain

Publié le par christine brunet /aloys

Vingt millions sur les mers…

 

Les néons du cabinet comptable de la rue de Rivoli grésillaient toujours de la même manière à seize heures. Depuis sept ans, mes journées se résumaient au bruit mécanique de mes doigts sur le clavier, aux dossiers suspendus couleur vert d’eau et aux tasses de café tiède bues à la hâte dans le couloir. À la trentaine effacée, je n’étais qu’une silhouette transparente sous des jupes de tailleur trop sages. Pourtant, chaque fois que je fermais les yeux, j’entendais le ressac de l’océan et je humais l’odeur iodée du large. Un rêve d’enfant, enfoui sous des tonnes de bilans financiers…

Ce mardi-là, le ciel parisien était menaçant et lourd lorsque je sortis du bureau. Mes yeux se posèrent sur un petit rectangle de papier, coincé dans une grille d’égout : un ticket de loterie abandonné. Par pure distraction, je le ramassai et le glissai dans ma poche avant que les premières gouttes ne tombent.

Le soir même, installée dans mon studio de vingt mètres carrés, j’allumai la télévision pour le tirage officiel. Lorsque les numéros s’affichèrent un à un à l’écran, mon cœur s’arrêta net. Je vérifiai une fois, dix fois, cent fois. Mes mains se mirent à trembler. Le ticket anonyme détenait la combinaison gagnante. Vingt millions d’euros !

Je ne remis plus jamais les pieds au cabinet. Le lendemain, j’envoyai ma démission par lettre recommandée, savourant chaque mot inscrit sur le papier. Ma nouvelle vie commençait, et elle aurait le goût du sel…

En trois mois d’une course effrénée, je troquai mes jupes de tailleur contre le grand air. Je passai mon permis hauturier en un temps record, investis une partie de ma fortune dans un magnifique monocoque de douze mètres et larguai les amarres depuis le port de Brest, portée par ce besoin viscéral de fuir la terre ferme. Je naviguais au hasard, guidée par le seul plaisir de voir l’horizon s’étendre à l’infini.

Le septième jour, en plein océan Atlantique, la houle se fit plus lourde. C’est là que j’aperçus un homme cramponné à une simple planche de teck, vestige d’un naufrage. Je manœuvrai avec précision, lui lançai une bouée de sauvetage et l’aidai à se hisser à bord, épuisé mais vivant. Malgré ses traits tirés et sa barbe de plusieurs jours, son charisme était indéniable. Ses yeux d’un bleu scandinave croisèrent les miens alors que je l’enveloppais d’une couverture en laine. Il s’appelait Christian.

Réfugiés dans l’étroite cabine pour échapper aux morsures du vent, le temps suspendit son vol. À mesure que je soignais ses engelures, mes mains tremblaient légèrement au contact de sa peau chaude. Christian ne me quitta pas des yeux, un léger rictus reconnaissant adoucissant ses traits fatigués lorsqu’il me demande mon prénom. En entendant « Clara », il sourit. Le silence de la mer laissa place à un trouble brûlant, exacerbé par la promiscuité de notre abri de bois. Plus tard, blottis l’un contre l’autre sous les étoiles pour veiller sur le cap, nos visages se rapprochèrent. Ses lèvres capturèrent les miennes dans un baiser sauvage, impérieux. Ce fut au matin, alors que l’aube pointait, qu’il me révéla sa véritable identité : il était le prince héritier de Norvège, rescapé du naufrage de son trimaran. Loin des protocoles et du monde, notre idylle allait devenir un amour fou et sincère.

Aujourd’hui, la grisaille parisienne est bien oubliée. J’ai repris le large au bras de mon prince, désormais prête à savourer chaque instant de cette vraie vie, loin de l’artifice des royaumes…

Publié dans concours

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Concours 2 texte 9

Publié le par christine brunet /aloys

 

Le Secret de Willy le Borgne (Les Goonies 2, une fanfiction)

 

Vingt-cinq ans après nos aventures, le passé nous replongea dans le danger !

L’appel du large s’était rappelé à nous de la pire des manières : Mama Fratelli, à peine sortie de prison — encore une fois —, avait enlevé Jenny, ma fille avec Andy. Cette chipie intrépide, suivant l’exemple de son oncle Mikey, avait fouillé les combles de notre ancienne baraque et déniché un ultime secret du pirate Willy le Borgne : une carte menant à un second trésor englouti sur une île déserte. Surprise à vélo par la vieille sorcière et ses fils, ma fille avait détruit le parchemin sous leurs yeux. Mama l’avait alors capturée pour la forcer à les guider, car Jenny avait mémorisé les coordonnées.

Sur notre vieux chalutier soulevé par la tempête d’Oregon, la bande était au complet. Mon frère, Mikey, tenait la barre, les yeux brillants de cette ferveur que l’âge n’avait pas éteinte.

— Willy n’a pas tout dit à l’époque, Brand ! C’est reparti ! s’écria-t-il contre le vent.

À la proue, Bagou hurlait pour masquer sa frousse, tandis que sa femme, Steph, l’inspectait d’un regard exaspéré derrière ses lunettes.

— Ferme-la et accroche-toi, Bagou, ou c’est moi qui te jette à l’eau ! cria-t-elle par-dessus le fracas des vagues.

Dans la cale, Data, devenu ingénieur, tentait de réparer le moteur à coups de pinces rétractables et de « double-gants à ressorts » qui lui repeignaient le visage de graisse sous l’œil terrifié de Choco, lequel s’empiffrait de chocolat pour calmer son angoisse, en mettant plein sa chemise hawaïenne.

L’océan Pacifique hurlait mais notre détermination était totale ! Au bout d’une course-poursuite de trois heures, et après avoir échappé à une pieuvre géante qui manqua de tous nous gober — C’est encore pire que dans mes souvenirs ! souffla Choco dans un sanglot —, l’île rocheuse surgit des vagues, ainsi que le yacht volé des Fratelli. Mama tenait Jenny par le bras, tandis que Jake et Francis, toujours aussi abrutis, se disputaient les premières pièces d’or déterrées dans une grotte, après avoir arraché les coordonnées à ma fille.

— Rends-nous Jenny, Mama ! hurla Andy en sautant sur la plage.

— Tu n’auras ni la petite ni cet or, la pimbêche ! Tout est à moi ! éructa la vieille harpie en brandissant son revolver.

C’était sans compter sur notre arme secrète : le troisième fils Fratelli ! Surgissant du chalutier dans un hurlement titanesque, Sinok, habillé de son maillot de Superman, fonça dans le tas. Il attrapa Jake et Francis par les pieds, les faisant tourner comme des hélices, avant de propulser Mama Fratelli directement dans un buisson de cactus exotiques.

— Maman, tu es toujours aussi méchante ! gronda-t-il.

Je récupérai Jenny pendant que Data immobilisait le yacht des bandits grâce à une bombe collante de son cru.

— Boum j’t’attrape ! Ça ne rate jamais ! lâcha-t-il avec fierté.

Alors que nous reprenions la mer, le trésor de Willy à bord, nous jetâmes un dernier regard vers la plage. Mama Fratelli, couverte de piquants et coincée dans les branches, gesticulait pendant que Jake et Francis agitaient les poings vers notre bateau en hurlant en chœur qu’ils se vengeraient et que la prochaine fois… ils tueraient les Goonies.

Mais les Goonies ne meurent jamais, et l’aventure recommençait !

Publié dans concours

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Concours 2 texte 8

Publié le par christine brunet /aloys

Le défi

 

J’ai eu si souvent envie de relever ce gant.  Pour certain l’idée semblerait n’être que bagatelle, mais pour moi c’est une véritable aventure.  Cent fois, mille fois déjà j’ai voulu me lancer, laisser tomber le filet de sécurité et sauter dans le vide, mais à chaque fois j’ai reculé, me tournant vers la facilité et ses nombreux refuges.

Aujourd’hui, je n’ai pas le choix, je suis coincée.  Je ne l’ai pas vraiment cherché, bien sûr, seules les circonstances sont coupables.  À moins que… aurais-je pu, inconsciemment, me mettre dans cette situation pour m’obliger à faire face ? La question mériterait que je m’y attarde, mais l’introspection menant souvent sur des chemins pavés de stress, je préfère m’abstenir.  Inquiète, malgré tout, je me rassure en convoquant le souvenir de cette soirée de bivouac où un vieil ami avait tenté l’aventure, me laissant admirative du résultat ainsi que de la nonchalance avec laquelle il avait relevé le défi.

Si Nico l’a fait, je le peux aussi… non ?

Le doute persistant, j’enfourche ma Kawasaki Ninja et m’en vais diluer mon anxiété sur le circuit d’entraînement.  Grisée part la vitesse, je surmonte l’inquiétude croissante qui me dévore à mesure qu’approche le moment fatidique.  Courbes, virages en épingles, chicanes, lignes droites, tout me va.  Rassérénée par cet apport d’adrénaline, je réintègre lentement la civilisation… et ses tentations.  Parce que même si je me refuse à l’admettre, ce retour me donne aussi l’occasion de trouver une échappatoire.  Et ce ne sont pas les possibilités qui manquent, infernales tentatrices promptes à m’aguicher de leurs atouts, à m’enivrer de leurs parfums.  Pourtant, je résiste.  Il est hors de question de céder à la facilité.  Je suis une athlète, j’ai un mental d’acier et ne puis accepter le compromis.  Rapidement, je m’éloigne.  J’ai un combat à mener et l’heure approche.

À quelques minutes de l’heure H, contre toute attente, je me sens en forme.  J’ai la niaque et plus encore en entrant sur le ring au son de « Eye Of The Tiger ».  Non, je n’ai rien laissé au hasard et surtout pas mon entrée !

Bien résolue à gagner le match, je toise mon adversaire principal d’un œil blasé.  S’il croit me faire peur, c’est raté.  Le pas conquérant j’investis l’aire de combat, jauge les lieux.  Tout est prêt, l’acier et les chromes luisent, l’espace est dégagé, l’ordre et le silence règnent, du moins, pour le moment.  Depuis son coin, de sa monolithique immobilité, mon rival me défie.  Sans crainte, bien qu’il fasse au moins deux têtes de plus que moi et ait les épaules carrées, je fais de même.  En moi résonne l’appel du large, ce besoin de liberté qui ne peut que m’apporter la victoire !

Enfin, je cède, me rue sur mon adversaire, lui ouvre le ventre, le vide de ses entrailles.  Une lame à la main, je coupe et découpe, m’applique, fais appel à mes sens, mes souvenirs, mon bon sens, pour me fondre dans cette inconnue qu’est le libre style.  Je me surprends à éprouver du plaisir, fini le stress et l’angoisse, je me sens comme ma Ninja, invincible !

Le combat dure trente-sept minutes, je suis en nage lorsqu’il se termine.  Le ring est un véritable champ de bataille, l’acier est taché, les chromes maculés, mon adversaire vidé.  Au milieu de tout ce bazar, au centre d’un minuscule espace épargné par le chaos, tel le Graal dans toute sa splendeur, repose ma victoire, la personnification du défi remporté : une assiette de pâtes au pesto de tomates séchées, mozzarella (en sachet) et basilic (surgelé)!

Du coude, je repousse la porte du réfrigérateur restée entrouverte, redresse les magnets posés dessus.  Le brave s’est bien battu, il a tout donné et, à ma grande fierté de chalengeuse, ce n’était pas grand-chose, à peine quelques restes.  Pas peu fière, je prends une longue inspiration, la relâche lentement.  L’aventure n’est pas totalement terminée, un dernier défi m’attend : la dégustation !

Publié dans concours

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Concours 2 texte 7

Publié le par christine brunet /aloys

Et Fibonacci dans tout ça ?

 

— Tu dors pas et alors ? J’m’en balance à fond de tes insomniiiiies ! Compte les moutons, connard ! Tout l’monde connaît ce truc-là quand même ! Sauf tes vioques ! Pour eux les chiffres et les lettres c’est du chinois carabistouillé ! Compte les moutons, j’te dis, p’tit intello d’mon cul !

  Tout s’éclaircit ce jour-là. La phrase incisive de sa daronne résonna en lui, comme ça, d’un seul coup.  Quattro Septouille décida alors, afin de contrer ses insomnies, de compter. Compter, compter, compter. Bien vite, les moutons ne suffirent plus. Les chiffres devinrent pour lui une réelle obsession. D’après lui, c’étaient les chiffres qui s’offraient à lui chaque nuit, les chiffres le houspillaient pour être mis à jour et … être comptés ! Une histoire de dingue !

  Lorsque ces gentils moutons commençaient à sautiller, Quattro comptaient leurs sauts. Puis son regard zoomait sur un mouton en particulier, le cinquième du troupeau, par exemple. Combien de kilos de laine sur ce mouton ? Et ses globules ? Combien de globules rouges dans le corps entier d’un mouton et celui-là en particulier ? Combien de globules blancs ? Combien de secondes ce mouton mâchouillait-il une brindille avant de l’avaler ? En combien de temps la brindille serait-elle digérée ? Et chaque nuit, c’était le même scénario. Ou presque. La situation devînt critique lorsque Quattro compta les brindilles de la prairie. Et ensuite les arbustes qui bordaient la prairie. Combien de feuilles sur chaque arbuste ?

  Durant la journée, les chiffres se bousculaient dans sa tête. Une force insurmontable le poussait à compter, compter toujours plus. Quattro Septouille se mit à compter ses pas. Treize pas de la cuisine jusqu’à la salle de bain et vingt-deux pas pour atteindre la porte de sa chambre. Dans la rue, il comptait les briques de chaque maison. Il comptait de plus en plus vite. Il avait l’impression qu’à travers ces chiffres, il cherchait quelque chose d’inattendu. Il essaya toutes sortes de formules, chercha même des suites de Fibonacci dans tout ce qui l’entourait : les fleurs en plastique, les coquilles hélicospirales des escargots ramenés par son daron avant la cuisson (des gastéropodes), etc.

  Le matin d’un premier septembre, à la deux-centième gouttes de pluie, il bouscula une meuf.

— Désolé, excusez-moi, je suis distrait … , Quattro Septouille !

— Ce n’est pas grave, je suis distraite également …, Sixtine Seize !

— Sixtine Seize … Seize … Un plus six égalent sept. Comme moi, Septouille ! lâcha-t-il tout enchiffré.

— Oui mais … Sixtine et Quattro égalent dix donc un. Qu’allons-nous faire de ce un ? s’enquit-elle, tout à coup déchiffrée.  

— Un plus sept plus sept égalent quinze. Un plus cinq égalent six …

Et un six à l’envers, c’est un neuf ! Et un œuf, c’est un enfant ! Oh le destin, quand même !

Publié dans concours

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