Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Brigitte le Clément au petit déjeuner littéraire organisé par la bibliothèque de Marche

Publié le par christine brunet /aloys

https://youtube.com/shorts/nQDcNwrUxc4

Brigitte le Clément a perdu sa maman à deux ans et demi et a été prise en charge par sa grand-mère.

Elle a vécu une enfance solitaire, s’inventant des compagnons de jeu. La lecture est vite devenue son loisir préféré : Bibliothèque verte, collection Rouge et Or… avant d’aborder le vaste domaine de la littérature classique. Durant les années universitaires, la chimie et les sciences ont empiété un peu sur le temps consacré aux romans, sans jamais les chasser tout à fait de sa vie.

          Très vite, le goût de lire a éveillé celui d’écrire. Un premier essai de récit vers les douze ans s’est perdu en route. Puis il y a eu la tenue d’un journal intime ébauché à l’entrée dans l’âge adulte jusqu’à devenir un fidèle compagnon de vie.

          En même temps, l’écriture s’est aussi orientée vers la

transmission à d’autres. Les sciences à rendre accessibles et captivantes durant une carrière d’enseignante.

Une fois grand-mère, elle a caressé le projet d’embaucher son goût d’écrire pour léguer à ses descendants un récit de son enfance dont elle avait la sensation de n’avoir gardé aucun souvenir. Ce fut une aventure passionnante où elle a découvert le plaisir de jouer avec les mots, de relire, corriger, peaufiner les phrases pour rejoindre au plus près ce qu’elle désirait exprimer. Des années de travail et de bonheur pour aboutir à l’impression d’un premier vrai livre (« La Carapace »). Elle le confie à un imprimeur pour l’offrir à ses parents et amis, en conservant précieusement un exemplaire pour chacun de ses petits enfants.

          Ayant goûté à la satisfaction de façonner un récit, elle rêve d’explorer le vaste champ de la fiction. D’abord un court récit pour les jeunes « Le moulin de Natacha » avant de se lancer dans un récit plus long destiné aux adultes.

La station balnéaire d’Hardelot, où elle rassemble chaque année sa tribu familiale, lui en a donné le cadre. Les personnages ont pris vie dans son imagination avec des éléments glanés dans son environnement. L’histoire s’est construite jusqu’à aboutir à un premier roman (« Quand tout s’aligne… ») accepté aux Éditions Chloé des Lys qui vient de sortir. En attendant, comme publier un livre prend beaucoup de temps, un deuxième roman se termine : « Choisis la vie ! ».

On peut évoquer aussi le cours de sophrologie où nous avons été

invités à élaborer un projet à mener à terme.

J’avais déjà participé à plusieurs ateliers d’écriture et écrit quelques nouvelles jusqu’à participer pour certaines à des concours… sans être sélectionnée.

Certaines de ces nouvelles avaient éveillé en moi l’envie de poursuivre en un récit plus long. Notamment « le Moulin de Natacha » et « Tel père, tel fils ».

J’ai donc relevé le défi lancé au cours de sophro à partir de l’ébauche de « Tel père, tel fils ». Dans l’enthousiasme suscité par le projet, j’ai poussé le défi jusqu’à : « écrire un roman qui sera édité ». La pandémie de Covid à interrompu la formation en sophrologie, mais m’a donné le temps de m’atteler au projet et à prendre goût à l’entreprise. C’est devenu, après corrections et réecriture : « Quand tout s’aligne… »

 

Brigitte le Clément

 

Publié dans ANNONCES

Partager cet article
Repost0

Un article dans L'Avenir pour le roman de Philippe Hocepied "Tu sais, toi ? "

Publié le par christine brunet /aloys

Un article dans L'Avenir pour le roman de Philippe Hocepied "Tu sais, toi ? "

Publié dans Article presse

Partager cet article
Repost0

Fractale 1668, le nouveau thriller de Christine Brunet... Premier avis de lectrice !

Publié le par christine brunet /aloys

 

Tout premier retour sur ce roman, avant même sa sortie officielle ! L'avis de Carine, une lectrice de la première heure...


Bonsoir Christine ! 



Je reviens vers vous car je viens de finir Fractale 1668. Une Tuerie Mondiale... 


J'avais un doute au début sur Clovis... Et quand le doute vous prend en tenaille jusqu'à la dernière page...  [😂] [😂]


Ça démarre au quart de tour, les meurtres pleuvent sans apparemment aucun lien... Et plus il y a d'explications plus c'est flou. C'est trop fort ça... Mais finalement c'est tellement logique et facile de brouiller les pistes !! 

 

Nao a une personalité trouble dès le début mais une carrière exemplaire, et Neal Laclos est parfait de mystère  jusqu'à la fin... Le manque de confiance du début entre les personnages est limite gênante pour le lecteur et surtout pour le bon déroulement de l'enquête, mais finalement les poussent à agir de concert avec brio. Les autres personnages prennent leur place au fur et à mesure de l'histoire et des découvertes des lieux incroyables. Nao et Clovis sont intelligents, discrets et complètement imprévisibles ! Le commissaire Sheridan (personnage que je ne m'attendais pas à retrouver, je dois l'avouer!!) est égal à lui même, professionnel en tout temps et sûr de lui en choisissant ses collaborateurs. Ibana est spectaculaire de finesse, de professionalisme,  sait faire la part des choses et prendre les bonnes décisions malgré les sous entendus et les conséquences...

 

Et le final surprenant est digne d'un film hollywoodien Oscarisé :  dès le départ je m'en doutais...


J'ai adoré me plonger dans ce thriller car le fait de me demander si j'avais raison dès les premières pages me poussait à le dévorer pour finalement... Avoir Raison...  [😎] Kel kiff...  [😁]

 

Carine O.

Partager cet article
Repost0

Rayan Zowski nous propose une nouvelle : "Le plus beau jour de ma vie"

Publié le par christine brunet /aloys

Le plus beau jour de ma vie

 

Le ciel est bien gris en ce dimanche matin. La pluie est aussi au rendez-vous. Pourtant, nous sommes au mois de mai.

Dans le parc communal, un homme se promène. Il tient un parapluie dans la main droite. Le jour vient de se lever, il aime profiter de la matinée, surtout celle du dimanche. Depuis son enfance, il le sait, les dimanches matins possèdent une atmosphère très spéciale. Pour lui, c’est le meilleur moment du week-end.

L’homme continue de marcher… et l’aperçoit, le kiosque. Il ne sait pourquoi, mais il ressent l’envie de s’en approcher. Comme s’il avait été envoûté...

L’homme se trouve juste en bas des escaliers. Il n’y a personne dans le parc. Et la pluie continue de tomber. L’homme pose un pied sur la première marche, le second sur la deuxième…

Arrivé à l’intérieur, l’homme aperçoit une silhouette. Elle est toute blanche. Et il lui semble la connaître.

La silhouette s’approche de lui. L’homme n’a pas peur. Au contraire, il ressent en lui une certaine flamme, un certain bonheur…

L’homme et la silhouette sont face à face. Elle lève lentement les mains… et enlève son voile. L’homme sourit, évidemment que c’est toi… Il s’approche d’elle et ferme les yeux, ses lèvres sont tellement douces…

L’homme rouvre les yeux. Elle n’est pas là. Elle n’est plus là. Elle s’est envolée. Depuis six ans déjà. La flamme s’est éteinte, le bonheur a disparu. L’homme lève les yeux vers le ciel, la pluie est toujours aussi violente…

L’homme est prêt à quitter le parc. Il se retourne, le kiosque est toujours présent. Toi par contre, qu’est-ce que tu me manques...

Je rêvais tellement de ce jour. Je rêvais tellement de ce jour… avec toi.

 

 

Publié dans Textes

Partager cet article
Repost0

Résultats Concours n°1 "Quand l'aventure frappe à notre porte"

Publié le par christine brunet /aloys

Texte 1 : Carine-Laure Desguin => 2 votes

Texte 2 : Joe Valeska                  => 3 votes

Texte 3 : Edmée de Xhavée       => 1 vote

Texte 4 : Christine Brunet          => 1 vote

Texte 5 : Elisabeth Chancel        => 1 vote

Texte 6 : Joe Valeska                  => 2 votes

Texte 7 : Micheline Boland        => 3 votes

Texte 8 : Ani Sedent                => 4 votes

Texte 9 : Christina Previotto

 

Bravo à Ani Sedent qui arrive en tête de vos votes avec 4 voix. Merci à tous les auteurs qui ont participé à ce premier acte avec brio !

 

 

Publié dans résultats concours

Partager cet article
Repost0

Concours 1 Texte 9. Dernier texte. Vote jusqu'à ce soir 20h sur ce post

Publié le par christine brunet /aloys

Le carrefour en T

 

Une jeune fille aperçue dans la rue a ému Harry au-delà de toute prévision. Aucune fille, jusqu’à présent, ne l’a encore autant troublé, cette démarche, ce sourire ! Qui est-elle ? Personne n’a emménagé récemment dans le quartier. Curieux, il sort et l’aperçoit au loin ; elle est déjà au carrefour en T, là où la route passe devant la résidence du ‘Val vert’. Mais arrivé au croisement, il n’y a plus personne en vue… Où à-t-elle pu passer ?

Il s’arrange pour la croiser et un jour, il l’aborde, apprend qu’elle se se nomme Sonia et qu’elle se rendra chaque samedi, au ‘Val vert’ où sa tante séjourne depuis peu. Yes ! Super ! Il pourra donc la croiser à nouveau ! Il en est déjà bleu, accroché, épinglé. À présent, il l’accompagne parfois, mais il se pose des questions : pourquoi passe-t-elle systématiquement sur le côté du home par l’entrée du parc ? Elle semble éviter sciemment l’entrée principale. Et elle ne vient que le samedi alors qu’elle travaille de jour, en horaire classique Il ne peut toutefois pas la harceler de questions.

Ses amis, le voyant rêvasser, l’ont raillé : Tu nous la présente quand, Harry ? » Le garçon a haussé les épaules en rougissant.

De fil en aiguille, il a proposé à Sonia une rencontre ailleurs que dans la rue : « Une sortie resto, par exemple ? » La réponse a été un ‘oui’ instantané qui l’a enchanté ! Ce soir-là, Sonia  s’est glissée dans une robe ajustée et, chaussée de talons hauts, elle arrive devant un Harry médusé. Il ne l’a jamais vue autrement qu’en jeans et baskets et la trouve resplendissante. Elle lui fait beaucoup d’effet et elle, de son côté, parait sensible à ses attentions… Une romance quoi !

Romance qui tourne court le jour où Harry a posé trop de questions. Sonia lui a dévoilé l’existence d’une sœur dont elle ne veut rien dire Et pour quelle raison lui demande-t-il : C’est une reprise de justice ? Une méchante fille qui te veux du mal ? Tout cela est bien mystérieux.

Aujourd’hui, Sonia n’est pas venue, Harry craint de l’avoir froissée, sa nuit se passe mal et, une intuition subite le pousse à regarder par la fenêtre. Il n’en croit pas ses yeux ; cette silhouette c’est bien elle ! Vêtue tout de noir, avec capuche et masque sur le nez, elle se faufile comme une voleuse ! Il sent qu’elle va faire une énorme bêtise. Il la suit dans le parc de la résidence. Elle circule déjà à l’intérieur de l’établissement, éclairée d’une lampe de poche. Hélas, l’alarme se déclenche, Sonia s’élance pour quitter les lieux, emportant avec elle un panneau plat emballé d’un plastique à bulle, mais la grille du parc s’est refermée...

La suite ressemble à une série télévisée : descente de la directrice en catastrophe, sirènes de police et Sonia épaules affaissées, avec l’air tellement coupable ! Harry s’est approché doucement, surprise, elle s’est écriée : « Lui, il n’y est pour rien, je vous le jure ! ». Comment ne pas sourire devant cette réaction ? Les policiers eux-même se sont mordu la joue… Les conséquences n’ont pas été trop lourdes car la directrice n’a pas porté plainte en apprenant la suite. Livia, la sœur de Sonia, étudiante en  art, aime beaucoup peindre, mais à présent, elle souffre de raideur dans le bras et garde des difficultés d’élocution suite à un AVC récent. La peinture lui manque et son moral était au plus bas lorsqu’au cours d’une visite à leur tante, elle a été troublée par un tableau, au point d’exprimer clairement des mots pour marquer son émotion.

Cette œuvre n’étant pas à vendre, Sonia a tenté cette aventure impensable en temps normal. Elle voulait ‘dérober’ l’œuvre (ni vu, ni connu) et en faire réaliser une copie de qualité pour ensuite la rapporter ‘incognito’ Ce projet frisait l’utopie !

À présent, Livia progresse grâce à son programme de revalidation et elle s’entend fort bien avec Harry qui la distrait par ses pitreries. Quand à Sonia et Harry, ils vont souvent se promener au départ du carrefour en T. Et Harry, chaque fois qu’il le peut, se vante de côtoyer la plus exécrable cambrioleuse de notre temps.

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0

Concours 1 Texte 8

Publié le par christine brunet /aloys

 

Généalogiquement vôtre

 

  Je la regardai fixement, à m’en brûler les yeux, comme tous les jours depuis bien trop longtemps.  Avec un soupir je me levai et me dirigeai vers la cuisine où m’attendait un reste de café.  La tasse entre les mains, j’enfilai le couloir, passai rapidement, sans m’arrêter, devant le bureau et me réfugiai dans le salon comme le lâche que j’étais.  Affalé dans un fauteuil, je me laissai envahir par des pensées sombres et improductives, cultivant le masochisme comme d’autres l’orchidée.  Ma vie était à l’arrêt, paralysée par une virginité devant laquelle, jusque là, je n’avais jamais reculé.  Cherchant du réconfort dans mes succès passés, je coulai un regard du côté de la bibliothèque et n’y trouvai que des regrets.  Désabusé, je portai le café à mes lèvres.  Il était froid.  De ce même froid qui m’envahissait un peu plus chaque jour.  Je puisai alors dans la seule source de chaleur couvant encore au fond de moi et lançai rageusement la tasse vers ce qui avait fait ma vie.  La porcelaine éclata sur un montant de bois, couronnant de liquide brun les œuvres complètes de Yan Rebbel, auteur fini.  Las, je me levai et, jetant un coup d’œil à l’horloge, assistai à la fin d’une nuit aussi blanche que la page qui me narguait depuis l’écran de mon ordinateur.

J’avais besoin d’air frais et sortis courir, une activité devenue nécessaire à ma santé mentale.  Au petit trot, je me lançai à l’assaut du pâté de maison.  J’en avais quasiment fait le tour lorsque je vis ma jeune factrice, pressée comme toujours maintenant, rabattre le clapet de ma boîte aux lettres et galoper vers la maison des voisins.  Peu après, je récupérai son offrande : beaucoup de publicités, une ou deux factures et une lettre.  Je rentrai chez moi, abandonnai le tout sur une console et gagnai la salle de bain.  Une demi-heure plus tard, ayant bassement opté pour la cuisine, j’ouvris les enveloppes à l’aide d’un couteau à steak.  Si les factures furent sans surprise, la lettre me laissa pensif.  Le cabinet écossais Murray Kerr & Sinclair m’avisait du décès d’un certain Alistair McLachlan.  L’homme, passionné de généalogie, nous ayant découvert un lien de parenté, m’avait couché sur son testament ! Une lettre qui sentait l’arnaque et dont je me méfiai immédiatement.  J’allai la mettre à la poubelle lorsque, pris d’un doute, je me ravisai.  Dégainant mon portable, je tapai dans le moteur de recherche noms et adresse du cabinet d’avocats.  À mon grand étonnement celui-ci semblait bel et bien exister.  Ce qui ne prouvait rien, bien sûr.  Je me laissai aller sur le dossier de ma chaise.  Et si je me rendais là-bas ? Une folle idée pour un bon gros casanier, mais voilà, je n’avais rien d’autre à faire, n’est-ce pas ? À peu près ravi de ma décision, je me précipitai dans ma chambre, emplis une petite valise et réservai un vol pour Edimbourg.

  Malgré un ciel bas, la ville était très belle avec son atmosphère « Auld Reekie ».  De plus, la Law Society of Scotland m’ayant confirmé l’existence, dans l’Old Town, du prestigieux cabinet d’avocats, j’en profitai pour flâner un peu.  La Law firm occupait un bâtiment de pierre qui sentait bon l’Histoire et le prestige, comme l’intérieur tout en bois ciré et moquette feutrée.  Je n’avais pas de rendez-vous, mais une réceptionniste diligente me permis de rencontrer un secrétaire qui, ayant pris connaissance de la lettre, m’introduisit à son tour dans le bureau d’un associé.  L’homme, sanglé dans un costume taillé sur mesure, me reçut avec une vigoureuse poignée de main, ravi de rencontrer l’auteur français, à succès, ‒ s’il savait ! ‒ qui, sans le savoir, avait fait la fierté testamentaire d’un vieillard excentrique.  Amusé par mon incrédulité, l’avocat confirma le lien de parenté ‒ une lointaine ramille, certes un peu scandaleuse mais bien réelle ‒ qui m’unissait au sieur McLachlan et faisait de moi le dominus proprietatis d’un manoir… en Normandie ! Mieux, j’héritais d’une bâtisse dotée d’une réputation ! Soumis à une nature inquiète, je m’abandonnai d’abord à la réticence que ce mot m’inspirait.  Puis de faire front, voyant dans ce qui m’arrivait un signe du destin qui tenterait, d’un baiser fleurant bon le Whisky et le camembert, d’éveiller une muse sclérosée dans ses habitudes banlieusardes.

Je ne le savais pas encore, mais le pantouflard que j’étais venait de mettre le pied dans le genre d’aventure que, d’habitude, je ne réservais qu’à mes personnages !

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0

Concours 1, texte 7

Publié le par christine brunet /aloys

 

VIVE LES RESEAUX SOCIAUX

 

 

La sonnerie vient de retentir. Je me lève, j’emprunte le hall d’entrée, je me hisse un peu difficilement sur la pointe des pieds, regarde par le judas, puis j’ouvre. Ils sont là à quelques centimètres du seuil de porte. Ce sont deux garçons d’une dizaine d’années. Le regard bleu, le sourire espiègle, la voix chantante, c’est le plus petit qui parle  : « Bonjour Madame. A la fin de la semaine prochaine, c’est la fancy-fair à l’école du Chemin Vert, il y a aura un spectacle. Voici une invitation à venir voir le spectacle ? » Il me tend un papier jaune qu’il tenait à la main. Le plus grand ajoute : « C’est un super spectacle. Après, vous pourrez goûter et visiter les stands. L’école n’est pas loin d’ici. Vous connaissez peut-être… »   

J’ai l’impression qu’il s’agit d’un petit discours bien appris et répété plutôt qu’un propos spontané. J’ai l’impression que l’invitation sur le papier jaune, légèrement chiffonné, a été imprimée en peu d’exemplaires. Je les remercie. Je les regarde s’éloigner, je les entends papoter et rire. Je regagne le salon. Je réfléchis…

C’est le printemps. Il y a eu le semi-marathon organisé par la ville,. Il y a eu la fête du premier mai. Ma voisine Christiane m’a fait savoir qu’elle comptait aller en pèlerinage à Lourdes en guise de vacances. Mon filleul s’est offert un week-end à Barcelone. Le samedi, jour du spectacle, est un jour proche de l’anniversaire de mon amie Annie. Soixante-quinze ans, ça mérite un spectacle, un goûter, un cadeau, une petite sortie, me semble-t-il ! Je tente d’imaginer un après-midi où je pourrais me distraire agréablement en apportant du bonheur à une fidèle copine.

Le samedi, Annie et moi assistons au spectacle puis nous régalons de crêpes et d’un cappuccino avant de nous offrir des petits sujets réalisés en terre cuite. Après ces bons moments, Annie prend congé de moi pour se rendre sur le parking où son fils est censé l’attendre depuis près d’un quart d’heure.

Lorsqu’à mon tour, je m’apprête à quitter l’école après un dernier coup d’œil à l’espace réservé à la brocante, je suis  interpelée par un homme aimable, élégant, aux cheveux gris. Il pose le regard sur moi, il m’interroge « Janine ? Janine ? ». Je  le dévisage un instant. Il dit alors « Tu ne me reconnais pas ? Je suis Raymond… Raymond Lénart… Ton père et le mien ont travaillé ensemble. Nous avons été voisins durant quelques années. J’ai même fait, souviens-toi, des dessins dans ton cahier de rédactions. Je t’ai retrouvée grâce aux réseaux sociaux. Tu vois, je suis toujours aussi malin et curieux. »

Raymond m’explique comment il s’y est pris pour obtenir des détails à mon sujet, quelles stratégies il a utilisées pour me revoir, comment a germé en lui l’idée d’envoyer ses petits-fils pour m’inviter à la fancy-fair. Aujourd’hui, c’est jour de fête, c’est une journée quasiment estivale, c’est un temps de rencontres bienveillantes dans une optique de bienfaisance, pourquoi ne pas partager de bons souvenirs en buvant un thé et qui sait aborder ensuite d’autres  étapes ?

Je suis veuve, Raymond est veuf. Je n’oublierai pas le passé, mais vivrai peut-être de délicieux moments marqués par une innocence qui est restée tapie en moi.    

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0

Concours 1 : texte 6

Publié le par christine brunet /aloys

DE L’AUTRE CÔTÉ DU VERROU

 

 

La factrice ne passe jamais à cette heure-là. Le choc contre le bois de la porte, sec et autoritaire, déchire le silence du couloir. Je repose ma tasse, la vapeur s’élevant encore en volutes légères. Personne sur le palier. Juste un paquet, enveloppé d’un papier kraft jauni.

L’étiquette mentionne mon nom en lettres capitales, d’une écriture qui m’arrache un frisson : la mienne. Pourtant, je n’ai aucun souvenir d’avoir posté quoi que ce soit. Je ramène l’objet à l’intérieur, son poids me paraissant extrêmement lourd. À l’intérieur : un carnet de cuir vert dont l’effluve de cire ancienne imprègne immédiatement la pièce.

Je l’ouvre au hasard. La page est datée de cet instant précis.

« À 10 heures 05, le téléphone sonnera. Ne décroche pas. C’est le signal. La porte derrière toi s’ouvrira. »

Un battement de cœur sourd cogne dans ma poitrine. Feuilletant nerveusement les pages précédentes, je découvre des récits que j’aurais dû être le seul à connaître : le café renversé ce matin sur mon manuscrit, la couleur de la cravate du voisin, mes doutes au moment de verrouiller la serrure. Tout est transcrit avec une rigoureuse exactitude. Mon regard se fige sur une encre encore luisante :

« Tu t’arrêtes de lire, observant la mouche posée sur le rebord de ta tasse refroidie. »

L’insecte est là. Ses ailes vibrent sur la porcelaine. Ce carnet ne se contente pas de prédire, il m’observe…

Soudain, la sonnerie du téléphone retentit, stridente, marquant le début de l’irréversible. Je ne bouge pas. Je fixe la porte de bois. Une dernière phrase, griffonnée en vert au bas de la page, attire mon regard :

« La porte ne s’ouvre que pour ceux qui acceptent de se perdre. »

À peine ai-je énoncé ces mots à voix haute que le battement de mon cœur s’accorde au tic-tac de l’horloge. Derrière moi, la porte d’entrée, celle-là même où la factrice avait frappé, s’entrouvre d’elle-même. Ce n’est plus le couloir sombre et étroit du palier qui m’attend.

Une clarté émeraude, presque aveuglante, inonde immédiatement mon salon. Je m’approche, franchissant le seuil de ma réalité pour fouler un sol insolite : une route de briques jaunes qui s’étire à perte de vue. Au loin, les flèches étincelantes d’une cité de verre scintillent sous un soleil idyllique.

Quatre silhouettes se détachent sur l’horizon, m’attendant avec une patience infinie. Une jeune fille au regard doux chaussée d’escarpins rouge rubis, suivie d’un petit chien, un lion qui redresse fièrement la tête, un épouvantail au sourire de paille et un homme de fer dont le poitrail luit sous l’éclat vert de l’horizon. Ce dernier fait un pas vers moi, sa main de métal marquant un geste d’accueil.

— Il est temps, magicien, murmure-t-il d’une voix qui résonne comme un souvenir enfoui. Il est temps de retrouver la mémoire et de rentrer chez toi, dans notre belle Cité d’Émeraude.

L’aventure n’était pas devant moi. Elle était restée là, de l’autre côté, patientant que je me souvienne enfin de qui j’étais avant que le sort de la sorcière de l’Ouest ne m’expulse dans cet exil gris et solitaire.

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0

Concours 1 texte 5

Publié le par christine brunet /aloys

Une soirée de rêve : plongée dans la nouvelle saison de ma série préférée, un chocolat chaud à la main.

Mais le destin n'avait visiblement pas décidé de m'accorder ce répit. Je faillis lâcher ma tasse au sol lorsque l'agressive sonnerie de la porte d'entrée retentit... Que me voulait-on à cette heure tardive ? Qui avait encore ouvert la porte d'entrée de l'immeuble à un démarcheur ?

 

-Bonsoir ! Tout va bien, ne vous inquiétez pas. Je me présente : Magali. Je travaille pour Effelec et je viens vous proposer un contrat d'électricité

Bingo ! J'aurais dû parier avec moi-même... Il est vrai qu'après une éreintante journée de travail, un jeudi soir à vingt heures trente, on meur tous d'envie de se plonger dans d'incompréhensibles contrats d'électricité...

-Aujourd'hui, à combien s'élève votre facture mensuelle ?

Je réajuste ma robe de chambre. Mon visage doit clairement exprimer que je n'en ai aucun souvenir car Magali enchaîne :

-Chez Effelec, les factures sont simplifiées, claires et vous parviennent directement par SMS.

Sa voix est douce, un peu lasse, un peu triste, mais si douce. Elle doit avoir environ une cinquantaine d'années. Ses longs cheveux noirs et bouclés évoquent l'Orient. Sa peau légèrement tannée et ses yeux noirs en amande font d'elle une jolie femme. C'est en tout cas ce que je remarque du haut de mes vingt-neuf ans.

-Entrez, je vous en prie.

Qu'est-ce qui m'arrive ? C'est bien la première fois que je réagis ainsi avec un démarcheur. Habituellement, je leur ferme presque la porte au nez, non sans un poli « bonsoir » bien sûr.

 

Surprise, Magali entre sans hésiter.

Je remarque alors que ses épaules frissonnent.

-Vous avez froid ?

Son sourire s'accentue. Sourire de façade. Il n'y a pas de doute.

-L'air est un peu frais. J'imagine que vos factures faramineuses d'électricité vous obligent à baisser le chauffage. Tout cela va changer.

Nous rions toutes les deux. Elle est douée pour éviter les sujets douloureux.

 

Mais, elle tremble et, cette fois, c'est flagrant.

-Asseyez-vous, je vous en prie.

L'émotion qui se dégage d'elle me touche. Je la sens soudain si fatiguée. J'ai envie de faire quelque chose pour elle, sans trop savoir pourquoi.

-Je vais vous servir un thé bien chaud pendant que vous me montrerez vos contrats !

La pauvre femme n'est visiblement pas habituée à cette gentillesse. Ou bien, il en fallait peu pour ouvrir cette frêle carapace dont elle s'est revêtue...

-Vous êtes sûre que vous allez bien ?

Elle éclate en sanglots, là, sur cette chaise au milieu de ma salle à manger. J'ai envie de la prendre dans les bras, de lui dire que tout ira bien, mais je ne la connais pas et je ne sais rien de sa vie...

Alors, je me contente de poser une main sur son épaule en murmurant :

-Vous pouvez rester ici autant que vous voulez.

Au milieu des larmes, Magali bredouille des excuses.

-Etes-vous souffrante ? Avez-vous besoin de quelque chose ?

Je m'accroupis près d'elle, à l'écoute, émue.

Alors, soudain, elle se libère de ce poids qui l'étouffe. Je m'attendais à beaucoup mais certainement pas à une telle bombe... Comme l'on jette un fardeau à terre, elle s'exclame entre deux sanglots :

-Ma fille a été enlevée mais je dois continuer ma vie comme si de rien n'était ou elle mourra !

Publié dans concours

Partager cet article
Repost0